GROUPEMENT DES SYMTPÔMES DES TUMEURS DE LA BASE ENCÉPHALIQUE
1° Tumeurs cle la partie antérieure de la base .
Sens 1
Sensibilité, sens 2
Sensibilité, sens, mouvement 1
Sensibilité , sens, intelligence 4
Sensibilité, sens, mouvement , intelligence. . . . 1
2° Tumeurs de ta région pituitaire.
Sensibilité, sens . . . 3
Sensibilité, digestion 1
Sensibilité, sens, mouvement 1
Sensibilité , sens , mouvement, digestion. .... 1
Sensibilité, mouvement , intelligence , digestion. 1
3° Tumeurs de la région de la protubérance annulaire.
Mouvemement. 3
Sensibilité, mouvement, sens 3
Sensibilité, mouvement, intelligence . 1
Sensibilité, mouvement, digestion 4
Sensibilité , sens , mouvement , intelligence. . . . 4
4° Tumeurs de plusieurs régions de la base à la fois.
Mouvement 1
Sens, mouvement 3
Sensibilité , sens , mouvement 1
Sens, mouvement, intelligence. ........ 1
Sensibilité , sens , mouvement , intelligence ... 5
Sensibilité, sens , mouvement, digestion 2
Total
GROUPEMENT DES SYMPTÔMES DES TUMEURS DE LA BASE ENCÉPHALIQUE DANS LEUR TOTALITÉ.
Sens 1
Mouvement 4
Sensibilité, sens 5
Sens , mouvement 3
Sensibilité , digestion 1
Sensibilité, sens, mouvement 6
Sensibilité, sens, intelligence 1
Sensibilité, mouvement, intelligence 2
Sensibilité, mouvement, digestion \
Sensibilité , sens, mouvement , intelligence ... 7
Sensibilité, sens, mouvement, digestion 3
Sensibilité, mouvement, intelligence, digestion. . \
Total 35
6° Tumeurs uniques dans le cerveau et accompagnées cl' épanchements apoplectif ormes ailleurs qu'au siège de la tumeur. Nous avons fait une catégorie à part de cette série de faits , parce qu’évidemment la corrélation entre les symptômes et les lésions ne pouvait plus y être ni aussi simple, ni aussi directe que dans les groupes précédents, et nous avons vu que des faits de ce genre ont souvent donné lieu à de la confusion par rapport à l’action croisée dans la paralysie. Nous n’avons que 5 observations de cette espèce. Dans l’une, il existait une tumeur à la base , entre la troisième et la quatrième paire des nerfs cérébraux, et, en outre, une apoplexie méningienne de la convexité ; les symptômes cérébraux avaient été nuis , ce qui s’explique par l’absence de toute compression un peu notable constatée à l’autopsie. Chez le second malade de cette classe , nous trouvons la sensibilité et la motilité altérées ; la céphalalgie est surtout intense par accès et s’accompagne chaque fois d’insensibilité générale; une hémiplégie droite survient lentement , et la mort a lieu d’une manière assez brusque à la suite d’un accès apoplectiforme ; à l’autopsie , on trouve une tumeur dans l’hémisphère droit, un épanchement sanguin avec ramollissement tout autour, et , en outre , une induration étendue de la partie antérieure de l'hémisphère gauche , induration sur la nature de laquelle nous ne trouvons pas de détails suffisants dans l’observation. Chez2 malades, la sensibilité, le mouvement et l’intelligence avaient subi des atteintes ; chez l’un de ces malades surtout , on avait pu préciser l’époque de trois attaques
812 CANCER ET TUMEURS NON CANCÉREUSES DES CENTRES NERVEUX, successives d’apoplexie, suivies d'hémiplégie du côté droit, d’abord passagère, puis permanente. La face de ce côté fut aussi paralysée vers la fin. Le malade se plaignait en outre de céphalalgie, l’intelligence pendant les derniers temps était obstuse et la langue embarrassée ; à l’autopsie, on trouva une tumeur sur le milieu de l’hémisphère gauche, et trois petits foyers apoplectiques à la partie postérieure et supérieure de la protubérance annulaire. Les altérations étaient plus compliquées encore chez l'autre de ces deux malades. Pendant la vie, l'intelligence avait été peu à peu abolie; le côté droit s’était notablement affaibli , et le bras de ce côté était contracturé ; la face avait été successivement déviée à gauche, puis à droite; l’ouïe était devenue obtuse; le malade était très agité jusqu’aux derniers jours où il tomba dans un état comateux, précédé d’une paralysie du pharynx et de l’œsophage. A l’autopsie , on trouva une tumeur à la base du cerveau , en arrière de l’apophyse cristagalli , beaucoup de sérosité méningienne, et, en outre, un épanchement apoplectique dans la cavité de l’arachnoïde et un dans la substance de chaque hémisphère. Les altérations fonctionnelles étaient plus compliquées encore dans le cinquième cas de ce groupe. La sensibilité, les sens, le mouvement et l'intelligence étaient à la fois altérés ; la céphalalgie siégeait surtout à gauche dans la région occipitale, et s’accompagnait souvent d’étourdissements; des convulsions fréquentes eurent lieu dans le bras droit qui s’engourdissait et se paralysait à la fin. Plus tard, l’intelligence se troubla, le malade se plaignit de diplopie et d’une surdité de plus en plus complète. Pendant les derniers temps , survint une hémiplégie du côté gauche accompagnée de roideur et de secousses fréquentes dans les membres paralysés. La tumeur principale prenait son origine dans la partie gauche de la tente du cervelet, et repoussait le lobe postérieur gauche du cerveau ; le lobe correspondant du cervelet était déprimé et induré. Il existait enfin un vaste épanchement sanguin dans l’hémisphère droit.
Un simple coup d'œil sur ces faits , dont nous venons de donner une esquisse rapide, suffira pour prouver que nous aurions évidemment porté la confusion dans toute notre symptomatologie, si nous n’avions pas placé ces cas à part. Il en est de même de la catégorie que nous allons analyser.
7° Tumeurs multiples de l’ encéphale . Le nombre des faits de ce genre est de 15 , et nous y trouvons une multiplicité correspondante de manifestations symptomatologiques. Ce qui nous frappe , avant
.tout, c’est l’absence de tous symptômes cérébraux dans 3 de ces cas, auxquels nous pourrions ajouter un quatrième que nous avons tout rrécemment observé; mais ne l’ayant étudié qu’ après avoir fini l’analyse de nos observations, nous n’avons pu l’y faire entrer. Il nous a ;paru que cette absence de symptômes se rencontrait surtout lorsque les tumeurs cancéreuses multiples dans le cerveau étaient le rrésultat d’une infection générale fort étendue. Quant au siège des Humeurs dans les trois cas dont nous parlons, elles étaient une fois situées à la surface interne et externe de la dure-mère, et le lobe i-antérieur gauche du cerveau était bien notablement déprimé. Chez lie second sujet, il y avait trois tumeurs cancéreuses, dont une dans ichaque corps strié, et la troisième dans le lobe postérieur droit toucchant le corps frangé. Dans le troisième cas, les tumeurs existaient .aussi à la surface interne et externe de la dure-mère. Chez le premnier et le troisième , elles avalent perforé la voûte crânienne , ce qui prouve de nouveau que cette perforation, loin d’augmenter les tàymptômes cérébraux , les diminue plutôt. Chez 2 malades , la sensibilité seule était en souft’rance : il y avait surtout une forte cépha- . algie dont l’intensité croissait par accès. Plusieurs tumeurs existaient diez l’un autour de la faux , ainsi qu’une tumeur dans l’hémisphère qauche, tandis que, chez l’autre, la partie supérieure de 1 hémisphère 'i droit et le lobe inférieur du cervelet contenaient chacun une tumeur cancéreuse. Les sens seuls étaient en souffrance chez un malade dont la vue et l’ouïe avaient été successivement abolies ; des tumeurs cancéreuses existaient dans le lobe supérieur de l’hémisphère droit , lansla partie antérieure de la base et à l’entrée des deux conduits mditifs internes. La sensibilité et les sens , une céphalalgie vive et m affaiblissement de tous les sens avaient existé chez un malade, •hez lequel on trouva un l’ongus qui remplissait le quatrième venricule etun autre qui comprimait la face supérieure du lobe droit lu cervelet. Chez 4 malades, la sensibilité et le mouvement étaient imultanément atteints. Chez l’un, une céphalalgie habituelle, de la :;êne dans la déglutition , de l’embarras dans la parole, et une paalysie incomplète générale, étaient dus à plusieurs tumeurs cancé- : euses de la dure-mère et du diploé crânien. Ces dernières tumeurs .vaient perforé le crâne et comprimé le cerveau. Chez un second naïade, une hémiplégie droite, accompagnée de douleurs vives générales et d’accès épileptiformes, tenait à une tumeur fronto-parié- | ale perforante avec coexistence de tumeurs à la surface des hémisphères et dans les sinus longitudinaux. Dans le troisième cas, la
céphalalgie occipitale, accompagnée de paralysie de la jambe gauche, tenait à deux tumeurs situées sur la base du cervelet. Dans le quatrième cas, lacéphalalgie, accompagnée d’accès convulsifs fréquents, reconnaissait pour cause une tumeur située à la partie postérieure de la moelle allongée et une autre tumeur située dans le lobe gauche du cervelet. Chez un malade, Insensibilité, le mouvement et l’intelligence avaient souffert. Une tumeur située sur l'hémisphère droit et une autre dans le lobe cérébral droit avec ramollissement ambiant et augmentation du liquide céphalo-rachidien , avaient donné lieu à de la céphalalgie, à l’affaiblissement de l’intelligence et à une faiblesse générale des membres plus prononcée à gauche , à des mouvements convulsifs dans le bras gauche, et à une respiration bruyante et accélérée, sans désordre matériel dans les voies respiratoires. Chez un autre malade, qui portait des tumeurs dans les deux lobes du cervelet, il y avait , en outre, la céphalalgie et les convulsions, des accès fréquents de vomissements et une dyspepsie habituelle. Nous arrivons enfin aux deux derniers cas de ce groupe dans lesquels la sensibilité, les sens, le mouvement et l’intelligence étaient simultanément altérés. Chez l’un , une céphalalgie intense , surtout frontale, des fourmillements dans les membres, des convulsions dans la face, des vertiges épileptiformes , l’abolition de l’olfaction, l’affaiblissement des facultés intellectuelles, et, pendant les derniers temps, des urines et des selies involontaires avec ralentissement notable du pouls (40 pulsations par minute), tenaient à deux tumeurs situées de chaque côté de la dure-mère , au-dessus de l’apophyse crista-galli , avec destruction des bandelettes olfactives et ramollissement ambiant. Dans le dernier cas enfin , deux tumeurs étaient situées à la surface du pont de Varole, dont l’une s’étendait au pédoncule cérébral droit, tandis que l’autre était placée dans la moelle allongée ; elles avaient donné lieu pendant la vie à des douleurs occipito-cervicales et à des vertiges fréquents ; le côté gauche du corps s’était peu à peu affaibli, puis, survinrent successivement des accès fréquents de stupeur, la perte de la mémoire, l’abolition de la vue du côté droit , et, en dernier lieu, une paralysie des quatre membres.
En définitive, la multiplicité des tumeurs cérébrales ne saurait être reconnue pendant la vie que dans des cas exceptionnels , vu qu’elles peuvent exister sans donner lieu à des symptômes , et entraîner, d’un autre côté, des accidents très variés. De plus, nous avons vu que les tumeurs du voisinage de la protubérance, lors même qu’elles
taient uniques, pouvaient donner lieu aune paralysie plus ou moins énérale et à des altérations multiples des fonctions sensorielles. On e serait donc en droit de soupçonner cette multiplicité, que lorsque as signes plus particulièrement propres aux cinq premiers groupes 'existaient pas d’une manière nette et tranchée , et se compliuaient en outre de troubles très variés. Dans la généralité des cas, ^pendant, ce diagnostic sera toujours d’autant plus difficile, qu’on era bien rarement en droit de le poser d’une manière rationnelle; ce tera presque toujours d’une façon dubitative qu’on devra se prononcer. Quant aux tumeurs uniques non compliquées d’épancheiients sanguins éloignés , nous avons vu , au contraire , que leur iagnostic était fort possible , et nous avons la confiance que , sous 3 rapport, la science est susceptible de faire encore de grands rrogrès.
Nous terminerons cet aperçu par trois tableaux généraux , dans ■squels nous passerons successivement en revue les symptômes îîlon les régions , selon leur fréquence relative et selon leur grouement ; c’est de cette façon que nous arriverons à poser les bases une classification symptomatologique rationnelle.
Tableau synoptique des symptômes et des altérations fonctionnelles selon le
siège des tumeurs.
A. TUMEURS CRANIENNES.
Tumeur seule. . .• %
Tumeur, sensibilité 1
Tumeur, sensibilité , sens , mouvement 1
B. TUMEURS INTRA-CRANIENNES.
4° Tumeurs de la convexité.
Motilité : 3
Sensibilité et motilité 3
Mouvement, intelligence 1
Sensibilté , sens 4
Sensibilité , sens , mouvement >. 4
Sensibilité, mouvement, intelligence 3
Sensibilité, mouvement, digestion 1
816 CANCER ET TUMEURS NON CANCÉREUSES DES CENTRES NERVEUX. 2° Tumeurs des pallies profondes des hémisphères.
Absence de symptômes 1
Sensibilité 2
Sens, mouvement 1
Mouvement, intelligence 2
Sensibilité , sens, mouvement 1
Sensibilité, mouvement, intelligence. . . . i . 2
Sensibilité, mouvement , digestion \
3° Tumeurs de la faux cérébrale.
Absence de symptômes ’ 1
Mouvement 1
Sensibilité , sens , mouvement , intelligence . . . 1
4° Tumeurs du cervelet.
Sensibilité 1
Sensibilité , mouvement 2
Sensibilité , sens , intelligence 1
Sensibilité, sens, digestion 1
5° Tumeurs de la base de l’encéphale.
Sens 1
Mouvement 4
Sensibilité , sens. . . . * 5
Sens, mouvement. ............... 3
Sensibilité , digestion ■ 1
Sensibilité, sens, mouvement 6
Ssnsibilité , sens , intelligence. ......... 1
Sensibilité, mouvement, intelligence 2
Sensibilité, mouvement , digestion 1
Sensibilité, sens, mouvement, intelligence. ... 7
Sensibilité, sens, mouvement, digestion 3
Sensibilité, mouvement, intelligence, digestion . 1
6° Tumeurs uniques compliquées d'une, autre altération éloignée.
Absence de symptômes 1
Sensibilité, mouvement. Z'1 1
Sensibilité, mouvement, intelligence 2
Sensibilité , sens , mouvement, intelligence. . . . 1
f.ANCIÏR ET TUMEURS NON CANCEREUSES 1)1 CERVEAU.
7" Tumeurs multiples.
Absence de symptômes 3
Sensibilité 2
Sens 1
Sensibilité , sens 1
Sensibilité , mouvement 4
Sensibilité , mouvement , intelligence 1
Sensibilité, mouvement, digestion 4
Sensibilité , sens , mouvement , intelligence. . . . 2
Total 90
i II. Tableau synoptique de In fréquence des troubles fonctlounels par rapport
ntt siège des tumeurs.