‹ Traité pratique des maladies chroniquesChapitre 23 sur 86 · ATROPHIE DU FOIE · texte numérisé non relu

ATROPHIE DU FOIE

était enveloppé de fausses membranes très-épaisses^ qui semblaient avoir exercé sur lui une véritable compression (i).

Frerichs a trouvé que les cellules du foie qui, en certaines parties de l'organe, ont complètement disparu, restent visibles dans d'autres endroits, mais sont pâles, dénuées de contenu granuleux, diminuées de volume, leurs parois plissées, leurs contours anguleux. Souvent elles contiennent des granules bruns de pigment qui remplissent entièrement la cavité cellulaire ; ou bien des fragments de la matière biliaire brune. Dans plusieurs cas on a vu des cellules pleines de graisse, tantôt réunies en foyers isolés, tantôt éparses dans toute l'étendue de l'organe. Les conduits biliaires ne renferment qu'une faible quantité d'une sécrétion décolorée, souvent chargée d'albumine (2).

On a observé des atrophies partielles du foie attribuées à la constriction du corset, à la pression exercée par le cœur hypertrophié (3), par une dilatation considérable et persistante du gros intestin. M. Cruveilhier pense même que le liquide d'une ascite peut agir sur le foie de la même façon, ce qui me parait peu vraisemblable, même dans le cas d'adhérences du foie avec les parois abdominales.

Frerichs décrit une atrophie produite par l'imperméabilité des capillaires résultant de l'inflammation de la capsule de Glisson, dans laquelle les divisions de la veine porte sont dilatées jusqu'à leurs extrémités, et aussi celles des veines hépatiques dans une moindre proportion (^), et une atrophie consécutive à l'oblitération des capillaires hépatiques par du pigment : l'injection de la veine porte, dont les divisions sont fortement dilatées, ne pénètre que dans une partie des capillaires, les autres renfermant du pigment noir qui les rend imperméables ; au pourtour de ces vaisseaux, les cellules hépatiques sont ou atrophiées, ou remplies de graisse (5).

M. Gintrac attribue l'atrophie du foie à l'oblitération du tronc de la veine porte, et a publié plusieurs observations à l'appui (6).

Enfin les lésions organiques du foie, les tumeurs qui s'y développent, les kystes, les kystes hydatiques, déterminent toujours une atrophie partielle du foie, atrophie qui peut aller jusqu'à la disparition presque complète du parenchyme hépatique.

Il paraît fort difficile de tracer une symptomatologie afférente à l'atrophie chronique du foie : dans la plupart des observations publiées à son sujet, la majeure partie des symptômes peuvent être attribués à des altérations concomitantes. L'inspection locale peut cependant fournir des

(1) Vernois, Bulletins de la Société anatomiquey t. IX, p. 46.

(2) Frerichs, Traité des maladies du foie ^ p. 211.

(3) Cruveilhier, Anatomie pathologique générale, t. III, p. 208.

(4) Frerichs, loc, cit., p. 210.

(5) Frerichs, eod» loc., p. 21 6t

(6) E. Gintrac, Observations et recherches sur V oblitération delà veine porte et sur les rapports de cette lésion avec le volume du foie et la sécrétion de la bile, 1866.

données assez importantes : a La percussion fait entendre un son clair dans une étendue plus ou moins considérable qui, dans l'état sain, donne un son mat, puisqu'elle est remplie par le foie. On peut, à l'aide de ce moyen, reconnaître les points que cesse successivement d'occuper l'organe, tracer les limites nouvelles de celui-ci à chaque examen, et suivre ainsi la marche de la maladie dans ses différentes périodes. La palpation confirme les signes fournis par la percussion. Lorsque le foie est réduit à un très-petit volume, le poumon droit, ne trouvant plus de résistance à sa base, augmente quelquefois un peu de volume et descend plus basque dans l'état sain ; l'auscultation et la percussion font encore reconnaître cette disposition importante à constater (1). »

Dans toutes les observations on remarque des symptômes de dyspepsie stomachale et de dyspepsie intestinale ; les matières fécales sont généralement peu colorées ; la diarrhée et une diarrhée profuse et terminale s'observe souvent. L'ictère se montre dans le plus petit nombre des cas ; mais toujours une cachexie anémique à laquelle s'ajoute, dans la presque totalité des cas, une ascite ou une anasarque considérable.

Page 1