‹ Traité pratique des maladies chroniquesChapitre 3 sur 86 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il faut entendre par gastralgie la névrose douloureuse de Vestomac.

Son caractère essentiel est la douleur, se montrant avec ou sans rapport avec la présence des aliments dans Testomac.

a Les deux ordres de nerfis, cérébro-spinaux (pneumogastrique) et ganglionnaires (plexus cœliaque), auxquels Testomac doit sa sensibilité, sont-ils également intéressés dans tous les cas de gastralgie? C'est là une question insoluble par voie d'expérimentation et à laquelle il semble bien difficile aussi de trouver une réponse dans les faits pathologiques. Cependant on a prétendu distinguer Thyperesthésie pneumogastrique de la névralgie cœliaque i et Romberg consacre une description particulière à chacune d'elles. Cet auteur attache surtout une grande importance, pour caractériser l'hfperesthésie ganglionnaire, à la nature de la douleur, à cette sensation à la fois vague et intense, syncopale, analogue à celle du testicule comprimé. Nous ne pouvons qu'indiquer ces distinctions où l'analyse physiologique semble poussée jusqu'à la subtilité. 11 y a dans l'estomac^ comme en général dans les organes splanchniques, un mélange si intime de filets sensitifs et moteurs ; il se produit, en santé, des actions réflexes si rapides des uns aux autres, et, à l'état morbide, les phénomènes douloureux et convulsifs sont souvent tellement confondus, qu'il paraît fort difQcile de séparer l'étude de la gastralgie de celle du spasme de l'estomac; de là le nom de crampe d'estomac donné comme synonyme de gastralgie. Pourtant il est digne de remarque que de ces deux éléments, douleur et spasme, l'un n'implique pas forcément l'autre et qu'ils sont loin xl'ôtre réciproquement proportionnels. Qui ne sait qu'il y a des gastralgies violentes sans vomissement, comme il existe des vomissements nerveux incoercibles sans douleur bien intense d (1), môme sans aucune douleur?

Nous avons vu que la dyspepsie est caractérisée par des manifestations

(i) Étémenti de pathologie médicale^ par Requin : Névroses^ par 11. Axanfeld, t. IV, p. 249,

STMPTÔMBS. 47

non douloureuses, ou au moins dans lesquelles la douleur est toute secondaire, mais en rapport constant avec l'introduction des aliments.

Mais de ce que la douleur de la gastralgie se développe indépendamment de cette dernière circonstance, il n'en résulte pas que l'introduction des aliments ne puisse dans aucun cas en déterminer l'apparition. Mais elle n'en est alors que l'occasion, tandis que, dans la dyspepsie, elle en est la cause unique et absolue. Et, circonstance capitale et toute caractéristique, la douleur gastralgique consécutive aux repas est tout à fait compatible avec l'accomplissement régulier de la digestion.

Comme toutes les névralgies, la gastralgie se montre sous des formes variées, c'est-à-dire par accès, ou d'une manière habituelle, ou d'une manière continue : de là les trois types suivants : '

Page 1