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CHAPITRE III

VAGINITE CHRONIQUE.

La vaginite chronique est caractérisée anatomiquement par la rougeur de la muqueuse, rougeur moins vive qu'à l'état aigu, plutôt blafarde, avec épaississement général ou partiel de la muqueuse et sécrétion mucoso-purulente.

Elle revêt quelquefois une forme particulière, dépendant du développement des follicules muqueux du vagin, et que M. Deville a étudiée avec beaucoup de soin, sous le nom de vaginite granuleuse. Voici la description qu'en donne cet auteur : «Anatomiquement, la vaginite granuleuse n'ofi*re qu'un seul symptôme, mais il est caractéristique : ce sont les granulations. Celles-ci consistent en de petites saillies rougeâtres ou d'un rouge vif, d'un diamètre qui varie entre un demi-millimètre et deux millimètres. Leur forme est le plus souvent celle d'une demi-sphère adhérente par sa base, mais quelquefois elles s'allongent et prennent la forme de petits cylindres. Toujours très-nombreuses, ces granulations sont tantôt éparses dans le vagin, tantôt rapprochées et confluentes. Leur siège est d'habitude dans toute la hauteur du vagin. Lorsqu'elles sont peu nombreuses, on ne les trouve quelquefois qu'en haut et à la partie postérieure du vagin, mais on les voit aussi quelquefois apparaître dès les caroncules myrtiformes. » Ces granulations envahissent assez souvent le col utérin; mais M. Deville assure ne les avoir jamais vues s'étendre jus-

VAGINITE CHRONIQUE. ti6l

qu'au museau de tanche. Le doigt introduit dans le vagin sent quelquefois une surface dure, rugueuse, chagrinée, et peut ainsi servir à en reconnaître l'existence (1).

Il existe toujours, dans la vaginite chronique, un écoulement non visqueux, épais, crémeux, verdâtre ou rougeâtre, puriforme, moins abondant que dans beaucoup de leucorrhées. La matière de ces écoulements tapisse le vagin (omme d'une couche crémeuse peu épaisse, que, à l'examen par le spéculum, ou retrouve surtout au fond de ce canal.

La vaginite chronique ne s'annonce guère par d'autres symptômes que cet écoulement mucoso-purulent. Il n'y a point de douleur à proprement parler, et le coït lui-même ne parait pas être habituellement douloureux.

Tous les auteurs sont d'accord sur ce sujet, qu'il est extrêmement difficile d'assigner de causes directes à la vaginite chronique. M. Deville considère la vaginite granuleuse comme se montrant surtout dans l'état de grossesse. M. Bennett l'a rencontrée rarement et parait disposé à croire que les granulations du vagin ne seraient pas, dans ce dernier cas en particulier, un phénomène pathologique, mais un simple résultat du développement naturel des follicules par le fait de la grossesse (2). Un examen plus attentif des fj^its particuliers permettra certainement de reconnaître que la vaginite chronique, granuleuse ou non, se montre surtout chez des femmes scrofuleuses, ou de mauvaise constitution, originelle ou acquise, peut-être chez des femmes herpétiques, et qu'elle succède' souvent à des blennorrhagies, virulentes ou non. Mais cette maladie occasionne si peu de symptômes par elle-même, qu'elle est le plus souvent confondue avec de simples écoulements leucorrhéiques, et négligée, au moins en ce qui concerne la constatation de ses caractères sémiologiques.

L'écoulement de la vaginite chronique n'est pas plus virulent que celui des simples leucorrhées. Si l'on peut observer quelques exceptions à cette règle, ces exceptions existent au même titre que la virulence tout exceptionnelle de l'écoulement menstruel à sa terminaison. 11 est clair qu'il ne saurait être ici question des blennorrhagies virulentes communiquées par un homme atteint de la même maladie. Seulement il faut remarquer que la virulence de la blennorrhagie spécifique chez la femme, passée à l'état chronique, s'éteint beaucoup plus rapidement que chez l'homme affecté d'urétrite chronique blennorrhagique.

Le traitement de la vaginite chronique rentre complètement dans celui de la métrite catarrhale. Je renvoie donc au chapitre qui concerne ces dernières. Cependant il convient de signaler d'une manière particulière les vaginites où la rougeur, la sensibilité, et surtout l'état granuleux de la membrane muqueuse persistent avec opiniâtreté. On n'arrive guère à s'en débarrasser qu'au moyen de la cautérisation. On recourra alors au badigeonnage du vagin avec une solution plus ou moins concentrée

(1) DeTiUe, De la vaginite granuleuse {Archives générales de médecine, 1844, à* série, t. V, p. 436).

I (2) H. Benoett, lue. cit,, p. 223.

k6i DÉPLACEMfiHTS DE l'uT^BUS.

de nitrate d'argent, pratiquée tous les deux, trois ou quatre jours. Un semblable traitement réclame beaucoup de persévérance, et Ton n'obtient quelquefois la guérison qu'après plusieurs mois de cautérisatioiu assidues.

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