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MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

aient à entrer en ligne de compte pour l'interprétation des symptômes observés.

11 n'est donc permis que de présenter quelques considérations générales, touchant les formes diverses sous lesquelles se groupent les symptômes de ces tumeurs.

La céphalalgie est habituellement un des premiers symptômes, comme un des plus constants, des tumeurs encéphaliques. Elle peut se montrer seule, pendant des mois et môme des années, continue ou par paroxysmes violents. H peut s'y joindre par intervalles du vertige ou du trouble dans les idées. Il est rare que la parole soit atteinte avant l'apparition des symptômes de paralysie. Quelquefois des attaques apoplectiformes ou épileptiformes surviennent et laissent de longs intervalles entre leurs réapparitions. Ou bien les malades accusent des engourdissements, des secousses convulsives, des faiblesses passagères dans un membre ou dans un côté du corps. En résumé, ce qui domine en général dans ce qu'on pourrait appeler la première période de la maladie, c'est l'apparition et la rémission des accidents à longs intervalles. Cependant les troubles de la vision, l'amblyopie, ou la paralysie de la paupière supérieure, ou le strabisme^ se montrent quelquefois de bonne lieure et d'une manière définitive, mais avec une marche lente et progressive.

Les premiers symptômes définitifs sont ordinairement des altérations graves de la motilité. Gela débute quelquefois par une attaque d'apoplexie suivie d'hémiplégie, ou par des convulsions épileptiformes. Cellesci peuvent se résoudre absolument, ou elles se combinent avec l'hémiplégie. Dans d'autres cas, l'hémiplégie survient lentement, et il est rare alors que l'on observe des convulsions. Des vomissements se montrent par intervalles, ou isolés, ou accompagnant les exacerbations de la céphalalgie, ou des vertiges apoplectiformes, ou des convulsions. L'intelligence s'altère à son tour. C'est d'abord la mémoire qui se perd, puis la faculté de coordonner les idées; puis survient de l'indifférence, de l'hébétude, rarement des phénomènes d'excitation. En môme temps la physionomie s'éteint, devient étonnée, puis inerte. Souvent la face se dévie, soit du côté correspondant à la paralysie des membres, soit du côté opposé.

A une époque avancée de la maladie, la paralysie ou l'affaiblissement des membres, ou la contracture, tendent à se généraliser; et les malades succombent ou dans la cachexie habituelle des maladies cérébrales de longue durée, ou à l'exaspération des accidents apoplectiques ou convulsifs, plus rarement par suite d'inflammations franches survenues dans le cerveau on dans les méninges.

Je n'ai pas cherché à reproduire les traits de détails qui peuvent résulter des conditions différentes de siège de ces altérations, mais seulement les caractères les plus généraux que l'on peut assigner à la marche de la maladie. Je reviendrai, à propos du diagnostic, sur la valeur particulière qu'il est permis d'attribuer à chacune des manifestations symptomatiques que je viens de rappeler.

La durée de la maladie peut être fort longue. M. Lebert a trouvé que^

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pour 11 cas du cancer du cerveau, la durée moyenne avait élé de dix-sept mois, et, pour 20 cas de tumeurs cancéreuses (fibro-plastiques), de deux ans. Pour les uns et les autres, les termes extrêmes ont été également trois mois et cinq ans. La durée de la plupart des cancers n'aurait pas cependant excédé un an ; celle des tumeurs fibro-plastiques aurait été, pour la moitié des cas, de dix-huit mois à qtiatre ans (1). Mais ces appréciations n'ont pu être faites que d'après l'apparition des preoiiers symptômes caractéristiques, et il est probable que la durée moyenne de ces altérations est beaucoup plus longue en réalité qu'elle n'est indiquée ici. La durée des tumeurs tuberculeuses est moindre en général que celle des tumeurs cancéreuses ou fibro-plastiques, h cause de l'âge moyen des sujets, de leur marche plus rapide, de leur plus grande multiplicité, de l'existence plus fréquente de méningites et de la coexistence commune d'une tuberculisation générale.

Le cancer paraît se montrer dans le cerveau plus tôt que dans les autres organes. M. Andral, sur U^ cas de cancer du cer\'eau, en a trouvé 8 avant vingt ans, dont 5 de deux à sept ans (2). M. Lebert en a trouvé 3 de cinq à vingt ans, 9 au-dessous de quarante ans, sur 23 cas. Cependant c'est entre quarante et soixante-cinq ans que' le plus grand nombre (12) ont été rencontrés. Sur 78 cas de tumeurs cancéreuses et fibro-plastiques, la majorité (/il) s'est montrée entre quarante et soixante-dix ans (3).

Les tumeurs encéphaliques aboutissent toujours à la mort, dans les limites de temps qui ont été indiquées. Si la mort est le fait de l'altération cérébrale elle-même, elle survient, comme il a été dit plus haut, par une cachexie lente, ou brusquement par l'apparition d'accidents violents dont on ne trouve pas toujours l'explication dans des altérations récentes du cerveau ou des méninges. Les sujets atteints de tumeurs cancéreuses ou tuberculeuses succombent souvent par le fait d'autres cancers ou de la tuberculisation pulmonaire généralisée. C'est surtout dans le cas de tumeurs d'une autre nature, que l'on voit la marche et l'issue de la maladie livrées à elles-mêmes.

DiagnoBtlc.

Les divers problèmes que présente le diagnostic des tumeurs de l'encéphale sont les suivants : reconnaître l'existence d'une lésion organique de l'encéphale ; distinguer les tumeurs des autres altérations, c'est-à-dire da ramollissement cérébral qui peut à peu près seul être l'objet d'une confusion ; déterminer le siège de la tumeur. Quant à la nature de celle-ci, il serait inutile de chercher à l'établir d'après la considération des symptômes, lesquels en sont tout à fait indépendants ; on ne peut que la con-

(1) Lebert, loc. cit., p. 819.

(2) Andral, loc. cit., t. V, p. 636.

(3) Ubert, toc. dt., p. 821.

jeclurer d'après des circonstances étrangères à la sémiologie cérébrale elle-même.

Nous avons vu que les symptômes des tumeurs du cerveau peuvent faire défaut, ou ne se montrer que d'une manière très-incomplète. Celui qui manque le moins souvent est la céphalalgie. Une céphalalgie de longue durée, à paroxysmes violents, occupant un seul côté de la tête ou la région occipitale, et se montrant toujours à la môme place, ne saurait guère suffire à elle seule pour faire reconnaître une tumeur encéphalique, bien que tels soient les caractères propres qui lui appartiennent en pareille circonstance. On s'assurera qu'elle n'offre point la marche des migraines névralgiques, lesquelles laissent généralement des rémissions complètes et offrent un siège d'élection dans la région sus-orbitaire; on recherchera si les douleurs de tête ne sont point consécutives à des troubles digestifs dont elles pourraient dépendre; les névralgies céphaliques suivent en général le trajet de rameaux nerveux déterminés et se reconnaissent à la sensibilité diffuse ou circonscrite de la région douloureuse; les goutteux, les rhumatisants et les herpétiques offrent quelquefois des céphalées intenses et tenaces que l'on devra toujours parvenir à rattacher à l'affection diathésique.

Cependant, en l'absence de telles circonstances qui seront l'objet en pareil cas d'une investigation minutieuse, l'opiniâtreté d'une telle céphalalgie et sa résistance aux moyens en apparence les mieux indiqués appelleront l'attention vers les régions profondes de l'encéphale. Je crois qu'il arrivera rarement que l'on ne découvre certains indices qui lui prêteront une signification mieux déterminée : ainsi, quelques troubles fugitifs de la mémoire, du jugement, ou quelques engourdissements des membres ou de la face, quelques troubles de la vue, quelque altération frappante et inexpliquée de la santé générale. 11 est beaucoup de symptômes vagues et passagers que les malades n'accusent que si leur esprit est fixé sur leur sujet, et l'absence des symptômes n'est souvent qu'un défaut d'observation.

Lorsque de tels symptômes ont été formellement constatés, et surtout qu'ils ont revêtu des caractères déterminés, on ne doutera plus de l'existence d'une altération quelconque de l'encéphale. C'est alors qu'il s'agit d'en déterminer la nature.

Je dois rappeler que la céphalalgie est beaucoup moins commune dans le ramollissement que dans les tumeurs encéphaliques. Sur 68 observations de tumeurs que j'ai ressemblées, la céphalalgie avait été constatée 61 fois; sur 53 cas de ramollissement chronique, 24 fois seulement. Mais les caractères de la douleur sont encore plus significatifs que son degré de fréquence. Dans le ramollissement, elle apparaît en général concurremment avec les désordres du mouvement, de la sensibilité et de l'intelligence ; elle est presque toujours générale ou frontale, rarement intense, et ne présente que des exaspérations supportables. La céphalalgie des tumeurs précède le plus souvent, et de longtemps, les autres symptômes; elle est très-souvent localisée à un côté de la tête ou à la région occipitale

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elle est très^yioiente, très* paroxystique, et dans ses etacerbations assex aiguë pour arracher des cris.

La paralysie débute le plus souyent d'une manière violente et apoplectique dans le ramollissement ; elle apparaît au contraire lentement dans la plupart des tumeurs. Les attaques apoplectiformesde ces dernières sont en général passagères, comme des attaques çongestives, et, dans les premiers temps surtout, ne laissent pas après elles d'aggravation dans les symptômes. Dans le ramollissement, au contraire, elles sont le point de départ de l'établissement des symptômes définitifs ou d'aggravations formelles.

Les attaques de convulsions épileptiformes sont très-caractéristiques des tumeurs. On peut, il est vrai, en rencontrer de semblables dans le ramollissement; mais ce cas est relativement fort rare. Les vomissements sont également très-fréquents et très-caractéristiques par leur retour répété, dans les tumeurs, et très-rares dans le ramollissement. Il en est de même des troubles de la vue qui ne s'observent guère dans le ramollissement, non plus que le strabisme. La paralysie de la paupière supérieure ne se rencontre qu'avec une hémiplégie faciale, correspondant à rhémiplégie des membres; tandis que, dans les tumeurs encéphaliques, l'amblyopie à des degrés divers, la paralysie de la paupière supérieure, le strabisme, se montrent souvent et isolément, et la paralysie faciale est souvent opposée à la paralysie des membres. L'anesthésie est beaucoup moins prononcée dans les tumeurs que dans le ramollissement. Les troubles définitifs de l'intelligence ou de la parole, qui accompagnent si souvent, dans le ramollissement, les premières atteintes subies par la motilité, ne se montrent guère que dans les périodes avancées des tumeurs. Quant à la contracture et aux douleurs des membres, elles ne sauraient servir à ce diagnostic différentiel.

En résumé, les principaux phénomènes qui peuvent servir à distinguer les tumeurs encéphaliques du ramollissement cérébral sont les suivants: une céphalalgie intense, limitée à un côté de la tête ou à la région occi* pitale, sujette à de violents paroxysmes, de l'amblyopie, du strabisme, une paralysie isolée de la paupière supérieure, des convulsions épileptiformes avec ou sans paralysie, des vomissements, une hémiplégie graduelle, une hémiplégie faciale opposée à la paralysie des membres, des troubles tardifs de l'intelligence ou de la parole.

Je résumerai succinctement les signes propres à faire distinguer le siège particulier des tumeurs encéphaliques, sujet sur lequel je me suis étendu précédemment.

Les tumeurs du cervelet entraînent peu de troubles de l'intelligence, déterminent de l'incertitude dans les mouvements, un défaut particulier de coordination des mouvements de locomotion» une tendance à la rotation. Ce sont celles qui donnent le moins lieu à des symptômes de paralysie déterminée.

Les tumeurs de la protubérance ne s'accompagnent presque jamais d€ convulsions épileptiformesé Klles déterminent souvent une paralysie des

membres croisée en même temps qu'une paralysie faciale directe. Les altérations de Tintelligence sont aussi communes dans les tumeurs de la protubérance que dans celles des hémisphères.

Les troubles de la vue et les troubles musculaires de l'appareil de la vision accompagnent habituellement les tumeurs de la base et celles de la protubérance ; ils paraîtraient se montrer plus particulièrement dans ces dernières, combinés avec les troubles des autres sens.

La céphalalgie occupe souvent la région occipitale dans les tumeurs du cervelet et celles de la protubérance.

On supposera Texistence d'un cancer chez les individus ayant dépassé Tàge de quarante ans^ et surtout portant d'autres cancers, extérieurs ou viscéraux. Cependant le cancer cérébral se montre dès T&ge le plus tendre.

On supposera l'existence de tubercules encéphaliques chez les jeunes sujets^ chez les scrofuleux et chez les phthisiques.

« M. Louis, dit M. Lebert, nous a communiqué de vive voix plusieurs exemples de malades qui, après avoir présenté pendant quelque temps les signes rationnels des tumeurs cérébrales, avaient éprouvé une amélioration prolongée sous l'influence d'un traitement fondant et dérivatif. Nous pouvons confirmer cette opinion par notre propre expérience. »

Si l'on considère que les symptômes des tumeurs encéphaliques, aiors môme qu'ils ont revêtu un caractère déterminé, offrent souvent pendant longtemps une marche oscillante, avec des alternatives de paroxysmes et de rémissions, on pensera que l'on pourra réussir quelquefois à atténuer les uns et à prolonger les autres. Mais on ne saurait, en présence d'altérations qui paraissent absolument irréductibles, concevoir d'autres ambitions. On n'a point encore constaté, dans les tumeurs tuberculeuses encéphaliques, celles dont la marche serait peut-être le moins nécessairement fatale, de vestiges d'évolution régressive. •

On ne peut en réalité traiter ici que les accidents paroxystiques à titre d'accidents congestifs. Les émissions sanguines générales ou locales, les sangsues à l'anus, ou en très-petit nombre et réitérées derrière les oreilles, ou des ventouses scarifiées autour du cou, les révulsifs sur les extrémités, les laxatifs, les exutoires à la nuque, cautères profonds, moxas ou sétons, font la base de ces sortes de traitement.

On n'oubliera jamais qu'il importe de ne pas amoindrir les forces de l'organisme, si l'on veut qu'il résiste le plus longtemps possible à la cause profonde de destruction qu'il porte. Le régime diététique et affectif sera aménagé de telle sorte que les digestions s'accomplissent régulièrement, et que les fonctions d'innervation se trouvent exposées le moins possible i des causes de trouble ou d'excitation.

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