HYSTÉRIE
lants que sédatifs dans leur application directe^ les sinapismes, Thnile de croton ou la teinture d'iode. Les vésicatoires morphines sont d'un effet plus sûr.
Mais c'est à la faradisation surtout que Ton devra recourir en pareil cas; et, bien qu'elle ne réussisse pas toujours, c'est encore le moyen qui fournit le plus de résultats, et dont l'application est en définitive la plus simple. Voici comment M. Duchenne (de Boulogne) agit dans le cas d'hyperesthésie cutanée, a La peau étant sèche, tantôt une fustigation électricjue énergique est pratiquée ; tantôt les rhéophores métalliques pleins ont été promenés sur la région douloureuse, pendant que l'appareil marchait avec les intermittences les plus rapides. L'intensité du courant était proportionnée au degré d'énergie et d'excitabilité du sujet. L'opération durait de deux à cinq minutes. L'hyperesthésie cutanée a été souvent enlevée ou diminuée de cette manière ; la peau n'était plus sensible au fh)ttement, et les malades disaient ressentir une sorte d'engourdissement, de bien-être, dans le point fustigé et jadis douloureux. Dans certains cas, l'hyperesthésie cutanée ne reparaissait plus ; mais plus fréquemment elle revenait plusieurs heures après l'opération. Alors tantôt elle était plus modérée ou plus supportable et guérissait après quelques séances ; mais tantôt elle se montrait aussi intense qu*avant l'opération ;(1). » L'hyperesthésie musculaire sera traitée de la même manière ; mais elle offre plus de résistance que l'hyperesthésie cutanée. Quant à l'anesthésie, la faradisation cutanée en triomphe en général avec beaucoup plus de facilité.
La paralysie suit en général les vicissitudes de la maladie, et disparaît facilement, soit après une courte durée, soit après une durée assez longue, alors que l'état hjrstérique vient à s'amender considérablement. Mais quelquefois la paralysie demeure comme phénomène isolé, et offre une grande ténacité. Les eaux minérales de Gasteîn et de Tœplitz (Bohème) revendiquent à ce sujet des applications assez spéciales ; mais en général les médecins hydrologistes se sont montrés très-peu explicites au sujet de la nature des paralysies traitées près des différentes stations thermales, et il est fort difficile de préciser quelque chose relativement au traitement thermal des paralysies hystériques.
Mais la faradisation fournit surtout ici une médication d'une ^ema^ quable efficacité, principalement pour ce qui concerne Thémiplégie, car la paraplégie est beaucoup plus résistante. J'emprunte à M. Briquet quelques détails pratiques sur ce sujet important.
En général, quand la faradisation doit réussir, on s*en aperçoit dès la première séance, attendu qu'il se produit très-promptement une notable amélioration. Le plus ordinairement la disparition de la paralysie est rapide (il s'agit ici spécialement de Théraiplégie). Une première séance est consacrée à faire cesser l'anesthésie de la peau, qui se voit si fréquem-
(1) Duchenne (de Boulogne), De Vilecirisatim localisée et de son application à latkérapeutiquey 1861, p. »73.
ment dans ces cas, en promenant le pinceau métallique sur cette mem* brane. Les séances suivantes servent à dissiper la paralysie des musdes. Si un membre seul est paralysé, il suffît de le faradiser ; si au contraire tout un côté est atteint, il est le plus souvent nécessaire de faradiser successivement chacun des deux membres, et alors on y consacre trois ou quatre séances.
L'application de la faradisation à la paralysie des muscles demande beaucoup plus d'attention que pour les autres phénomènes hystériques. Il faut avoir un appareil en bon état, et il peut être nécessaire d'employer les deux piles. Le multiplicateur doit être tiré de manière que le courant soit à son maximum de tension. Les fils conducteurs doivent être bien garnis de soie, et il faut autant que possible éviter leur contact réciproque» lequel fait perdre au courant une grande partie de sa tension. Les points d'attache des fils conducteurs aux godets qui contiennent les éponges doivent être tenus dans un contact bien intime. Les éponges elles-mêmes doivent être suffisamment mouillées, tout en évitant que la surface de la peau le soit aux endroits où le contact n'a pas lieu. Les deux éponges doivent être placées sur la peau, Tune à la partie supérieure du membre, où elle reste fixe, l'autre sur les différents points de la longueur de ce membre. Les contacts de Tune des éponges doivent être répétés toutes les deux ou trois secondes, et il faut presser assez vivement et assez rapidement l'éponge contre la peau. Le courant doit être dirigé soit dans le sens transversal, soit dans le sens longitudinal des fibres musculaires. Il n'est pas indifférent de placer les éponges sur un point quelconque du membre paralysé; elles doivent toujours être mises sur les muscles principaux, et l'on fera bien de choisir les lieux où les nerfs pénètrent dans les muscles^ pour placer l'éponge supérieure sur cet endroit.
Quand la paralysie résiste aux premières faradisations, il faut appliquer l'une des éponges sur le nerf principal du membre, et l'autre à l'extrémité de ce membre. De cette manière, on gagne considérablement en puissance excitante. Il faut savoir que les courants par induction, dirigés dans l'intention de les faire pénétrer dans les muscles, ont, malgré tout ce qu'on peut faire, une grande tendance à glisser sur la peau, et que le meilleur moyen d'obtenir cette pénétration est de faire suivre au courant les ramifications nerveuses qui le conduiront jusque dans l'intimité des muscles. On augmente encore l'action excitante du courant en détermi^ nant, à l'aide de la partie de l'appareil destinée à cet usage, des intermittences qu'on rend à volonté plus ou moins rapides.
Une séance de faradisation doit durer de huit à dix minutes, et îl faut toujours avoir soin de s'informer du malade s'il éprouve la sensation que doit produire le courant en traversant les muscles. Cette sensation n'est pas précisément de la douleur, mais elle est assez pénible à supporter ; elle se compose d'une série successive de petites décharges isolées, constituant une sorte de chaîne qui occupe l'intervalle compris entre les deux éponges. On s'aperçoit du succès de l'opération en ce qu'à chaque con-«
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tact de répoage mouillée il se produit à l'instant même une contraction brusque des ûbres musculaires, qui bientôt détermine le mouvement de la partie du membre .où va se rendre le muscle faradisé (i).