ANOMAI,IES UT ALTÉRATIONS DIVERSES DE LA VISION
pour le côté droit des deux rétines, de la moitié droite du cerveau, et vice versa, les autres libres ne remplissant que le rôle de commissure ou d'organe consensuel.
2. Toutefois, ce n'est point à l'aide du raisonnement seul que l'on peut arriver sur un pareil sujet à une conclusion solide. Le plus grand nombre des faits relatifs à cette question, que nous fournisse l'anatomie pathologique, que l'on pourrait aussi appeler anatomie expérimentale, tend à prouver que les lésions Iraumatiques ou les maladies qui aiïectent un seul côté du cerveau, au lieu de déterminer l'hémiopie dans les deux yeux, déterminent seulement l'amaurose de l'œil du côté opposé (1). Ce fait aussi, que nous avons mentionné au commencement de cette section, que l'on observe une liémiopie horizontale aussi bien qu'une perpendiculaire, ne paraît guère pouvoir se concilier avec l'hypothèse du docteur WoUastou. Il n'en est pas de même toutefois de cette autre variété de la maladie' dans laquelle les objets placés de chaque côté du centre sont obscurcis, tandis que ceux placés en avant et en dedans d'un certain angle sont seuls perçus ; car, suivant la théorie de la semi-décussation, si une tumeur comprimait le bord antérieur du chiasma des nerfs optiques, elle aurait pour effet de paralyser seulement la moitié interne de chaque rétine. J'ai donné des soins à un malade, affecté d'amaurose de la moitié interne de chaque réline; cette affection s'accompagnait de la perte totale du sens de l'odorat et d'une diminution du sens du goût. Ce malade ne présentait pas d'autres signes d'affection cérébrale ; je pensai que probablement l'imperfection du goût dépendait de la perte de l'odorat, et que celle-ci, aussi bien que l'hémiopie, était la conséquence de quelque compression des nerfs optiques, dont la cause siégeait immédiatement au-devant du chiasma et sur les nerfs olfactifs.
Traitement. — L'hémiopie n'étant qu'une forme particulière de l'amaurose, doit être traitée d'après les mêmes principes. L'état pléthorique ou la débilité de la constitution du malade, la présence ou l'absence de symptômes cérébraux, tels que céphalalgie, vertige, etc., doivent être pris en très grande considération et guider dans le choix des remèdes (2).
(\) Serres. Analomie comparée du cerveau, t. I, p. 551 : Paris, 1827.
2 Consultez sur l'hémiopie : Araco, Annales de chimie, l XXVII, p. 109 = Crawfobd, London Médical and Physical Journal, vol. LUI, p- 48 : Pravaz, Archives générales de Médecine, t. \ III, p. 59; t. IX, p. 485.
AFFECTIONS DOULOimii USES DE LA CINQUIÈME PAIRE. 747