‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 104 sur 143 · MALADIES DU NERF DE LA CINQUIÈME PAIRE, ETC · texte numérisé non relu

MALADIES DU NERF DE LA CINQUIÈME PAIRE, ETC

Dans les cas rhurnalismaux ou arlliriliqucs , les symptômes sont souvent amendés par rexli-aclion de dcnls cariées (1) et de mauvaises racines, ou par rexloliation de portions d'alvéole, montrant, ainsi que cela se voit aussi dans les cas traumati(|ues, combien les elîets d'une maladie agissant sur une portion du trijumeau peuvent être rélléehis sur une autre.

Lorsque, conjointement avec la névralgie, il existe des symptômes de paralysie aiïectant les muscles du globe de l'œil, des paupières ou de la lace, il est probable qu une compression est exercée sur les nerfs moteurs, aussi bien que sur la cinquième paire, par quelque épaississcment de la dure-mère ou du crâne, par des aiguilles osseuses projetées par la table interne, ou par quelque autre cause semblable (2). Parmi les altérations anatomiques qu'on trouve à la dissection, dans les cas chroniques, on peut mentionner les anévrysmes des vaisseaux du cerveau, celui de la carotide au niveau de la partie latérale de la selle turcique, comprimant le ganglion de Gasser, des tumeurs squirrbeuses ou autres dans le pont de Varole, et l'atrophie du tronc de la cinquième paire (5).

Dans ces sortes de cas, il est ordinairement évident, pendant la vie, que la névralgie ne constitue pas la maladie primitive, et que le mal ne réside pas dans les branches des nerfs auxquels on rapporte la douleur, mais qu'elle a son origine dans le cerveau ou tout au moins dans la cavité du crâne. Dans la plupart de ces cas, la dissection a montré que la maladie n'était point située dans les tubes nerveux, mais au milieu de la substance grise de quelqu'un des centres nerveux. En examinant le commémoratif , on y trouvera parfois des raisons suffisantes de soupçonner l'existence de nodus syphiUtiques ou d'exostoses à l'intérieur du crâne ; dans chacun de ces cas, l'on doit diriger son attention non-seulement sur les symptômes spéciaux pour lesquels le malade cherche du soulagement, mais sur l'état de toutes les fonctions. Si les symptômes sont obscurs, il faut en surveiller, avec encore plus de soin qu'à l'ordinaire, le développement ou la disparition sous l'influence des remèdes prescrits.

Traitement. — C'est l'expérience seule qui paraît avoir révélé les moyens les plus efficaces. Bien que quelques-uns agissent aussi empiriquement comme spécifiques contre la fièvre intermittente, c'est indépendamment de celte action qu'ils exercent sur la fièvre , que les médecins paraissent y avoir eu recours dans les névralgies.

1 . Les fomentations chaudes, surtout dans les cas aigus, paraissent soulager beaucoup. On place sur une table devant le malade un assez

M) EMMEnicn. Médical Gazette, April 7, 1818, p. 613. , „ „ i„„,„Vv mii-

Ci) Ham'okd's EssaysandOralions, p. 59; Lo.ulo.N 1851 : Traver'* Furlher Inquiry con ccrninc ConsliUilional Irrilalion, p. 551 ; London, 185;}. ,. , . iq«

(3) RoMBERc's Manual of Ihe Ncrvous Discascs of Man, vol. 1, p. 41 ; London, ISM.

AFFECTIONS DOULOUnr.USF.S DE LA CINQUIÈME PAIUE.

iïraïul bassin coutcnantdc rcau bouillanle, cl qu'on recouvre d'unchàle, ;iiiisi que la tète du malade; celle-ci doit èlre disposée de laçon à ce (|uc la vapeur qui s'élève de l'eau bouillanle vienne loucher la pai'lie douloureuse. Lorsqu'il ne s'élève plus de vapeur, le malade plonge dans le li(|uide une époui^e, la comprime, cl rap|)li(ine sur le siège de la douleur. On conlinue l'usage de ce moyen jusqu'à ce qu'il délermine du soulagcmeul, et on le renouvelle lorsque le paroxysme menace de reparailre.

On peut employer en l'omenlalions la décoclion de lèles de pavots, le laudanum avec l'eau, la décoclion de camomille, etc.

2. On doit beaucoup à M. Ilulchinson, de Soulhwell, pour l'introduction dans la pratique du sous-carbonate de fer obtenu par précipitation, comme remède contre la névralgie. J'en ai fait un très fréquent usage tant dans les cas aigus que dans les cas chroniques. Il m'a presque toujours réussi dans les premiers. Il m'a aussi rendu des services dans les allectious douloureuses de la région circum-orbilaire, qui accompagnent le glaucome et l'amaurose. Il ne m'a semblé produire aucun ellel dans les cas qui paraissaient dus à quelque altération organique grave de l'intérieur du crâne.

Comme le sous-carbonate de fer est un médicament innocent, on peut débuter par une dose élevée. J'en prescris généralement d'un, demi-gros à un gros toutes les heures, dans un verre d'eau. La mélasse est un bon véhicule, parce qu'elle contre-balance l'action resserrante du fer. M. Ilulchinson rapporte un cas dans lequel un demi-gros, trois fois par jour, ne déterminait que peu d'effet ; il poussa la dose jusqu'à un gros deux fois par jour. Après trois jours, on remarqua une diminution très sensible dans le nombre et la violence des paroxysmes. Il fiugmenta de nouveau la dose jusqu'à quatre scrupules deux fois par jour, quantité que le malade prit régulièrement pendant dix semaines, à l'expiration desquelles il n'existait plus le moindre vestige de la maladie. Il cite plusieurs autres observations dans lesquelles il n'obtint que peu ou pas d'effet avec des doses moindres de quatre scrupules deux fois par jour. Le mémoire de M. Hutchinson mérite beaucoup d'être lu (1).

4. Lorsque le carbonate de fer échoue, je prescris d'habitude d'assez larges doses de sulfate de quinine. On doit en prescrire deux ou trois grains, et quelquefois cinq ou six grains deux fois par jour ou même plus souvent. C'est dans les cas intermittents que ce médicament se montre le plus efficace (2). J'ai vu une dose de 24 grains, prise pendant quelques jours de suite, guérir la maladie qui avait résisté au fer d'abord, puis à la belladone.

(1) Cases of Neuralgia Sposmociico, commonly callctl Tic Douloureux, succcssfuUy lrenloil ; London, 1822.

(2) Van Swieten. Comracnlaria in Bocrhaavii Aphorisinos, l. II, § 757.

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5. l)n autre remède qui est aussi très utile dans le traitement de cette allection, c'est la belladone, conseillée par M. liailey,d'llarwich. C'est un médicament très actil' et qu'il ne l'aut em])l()ycr ([u'avec précaution. La l'orme sons laquelle je l'emploie queUiuelois, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, est une leintuie vineuse préparée en faisant macérer pendant quatre jours une once d'extrait dans une pinte de vin blanc. Je l'administre à la dose de cinq gouttes trois fois par jour, et je l'augmente graduellement jusqu'à quinze gouttes. Employé de cette façon, le vin de belladone adoucit souvent ou fait même disparaître la névralgie de la cinquième paire, surtout dans les cas supposés rhumatismaux ou arthritiques. Ce médicament, toutefois, détermine une sensation particulière de sécheresse et de constriction à la gorge; à des doses plus élevées que celles que nous avons indiquées, il détermine des crampes d'estomac, la dilatation des pupilles, la cécité temporaire, des vertiges, et une sensation très alarmante de faiblesse et d'aHaissement. 4

Les observations rapportées par M. Bailey (1) sont extrêmement intéressantes. Il se hasarde à prescrire deux ou trois grains d'extrait de belladone d'un seul coup; il paraît avoir été amené à ce mode d'administration par la difficulté qu'il éprouvait à obtenir de ses malades qu'ils voulussent bien continuer pendant un temps suffisant l'usage de petites doses, à cause des ellels désagréables qu'elles produisent, tandis que beaucoup d'entre eux se trouvaient guéris d'une façon définitive par la prise d'une seule dose élevée. Je me suis bien trouvé de la belladone dans presque toutes les variétés de névralgie; mais, dans ces derniers temps, je l'ai prescrite moins souvent qu'autrefois à cause des succès que m'a procurés le carbonate de fer.

6. Bien que, dans beaucoup de cas, toute irritation de la bouche, produite par le mercure, aggrave les symptômes de la névralgie, on a néanmoins recommandé le calomel avec l'opium, et parfois avec succès. Lorsque la cause du mal réside dans un épaississemeut des os ou des membranes du crâne, le calomel avec l'opium présente plus de chances de réussite qu'aucun autre remède. Dans un cas accompagné d'une ulcération de la cornée qui se développa sans inllammaliou active, et en apparence comme conséquence d'un étal morbide de la cinquième paire, je me trouvai bien du calomel avec l'opium à l'intérieur, tandis que la solution de caustique lunaire amena la cicatrisation de l'ulcère. J'ai vu aussi la salivation faire disparaître la douleur. Ayant eu l'occasion d'administrer à un noble, pour une ophthalmie rhumatismale, le calomel avec l'opium, une névralgie intense du nerf occipital, dont d était tourmenté depuis longtemps et qui avait résisté à toute sorte de

(1) Observations rdalivc lo Iho Use orUclladonna in Painfull Disordcrs of li.c Ilead and Face; London, 1818.

AFFECTIONS DOULOUREUSES DE l.\ CINQUIÈME l'AlUE.

IniitcniciU, disparul pcMidant tout le temps que laclion du mercure se lit seiilir.

7. On a souvent essayé dans celte maladie l'arsenic combiné généralement avec l'opium , cl l'on a rapporté de nombreux exemples de son ellicacité (1). Ou l'ait un mélange d'une demi-once de soluliou de Fowler avec une demi-once d'eau, et l'on fait prendre trois Cois par jour, immédialcment après les repas, seize goutles de celle mixture dont on conlinue l'usage jusqu'à ce que les eflels spécifiques du médicament se manilestcnl.

8. On a employé dans la névralgie, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, des narcotiques de toute espèce. Il est souvent nécessaire de les combiner avec d'autres classes de remèdes, spécialement avec les toniques.

Les préparations d'opium déterminent en général un soulagement temporaire. Sir Henry Halford rapporte néanmoins un cas dans lequel les opiacés ne procuraient de soulagement que durant la nuit; les plus fortes doses échouaient pendant le jour.

On a proposé de maintenir le malade pendant' plusieurs jours dans le narcolisme. On a vu l'administration d'un demi-grain d'acélate de morphine, avec trois grains de camphre toutes les quatre heures, pendant trois ou quatre jours, rendre les paroxysmes plus supportables, et cet effet s'est produit d'une manière conlinue (2).

M. Lawrence (o) dit que le seul narcotique en qui il ait confiance est la ciguë. Donnée à haute dose et à de courts intervalles, de façon à provoquer quelques-uns des effets spéciaux qu'elle détermine sur le système nerveux, il l'a vue arrêter les paroxysmes pour un espace de temps si long, qu'il en avait conclu qu'elle avait guéri la maladie. Il ajoute que, dans plusieurs cas, les malades qui avaient pris de la ciguë sont restés exempts d'attaques pendant plusieurs mois, et même pendant plus d'un an , et que, bien que les douleurs soient revenues, l'intensité n'en a pas moins été considérablement diminuée par ce médicament.

La teinture d'aconit de Fleming, prise à l'intérieur ou appliquée eu frictions sur la peau, possède des propriétés anti-névralgiques très marquées. On mélange im gros de la teinture avec sept grammes d'eau, et l'on débute par dix goulles trois fois par jour; on augmente chaque dose d'une goutte tous les jours, jusqu'à ce que l'on voie paraître les effets physiologiques de l'aconit (4).

L'extrait de semences de stramonium à la dose d'un demi-grain

(1) Gracfc unil Walllicr's. Journal der Cliinirgic und Augenhcilkiindc , vol. IV, p. C76 ; Berlin, 1822 : Colicclions from llic unpublishcd Médical Wrilings of C. II. Parry, M. D., vol. 1, p. iiGO ; London, 1825.

(2) Brilish and Foreign Médical Review pour 18M, p. iH.

(5) Lectures on Surgery, Médical Gazelle, vol. VI, p. GW ; London, 1830.

(4) Fleming, luquiry into ihe Properlics of llic Aconiluni Napellus, p. 25; London, 184!).

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deux heures avant Tacees, paraît avoir réussi, même dans des cas où le suUalc de quinine et d'autres remèdes avaient échoué (1).

Des cnipU'iIres narcoliciues l'éussissenl parfois à modérer la douleur; on les compose d'opium, de ciguë, de helladone, etc. On en a recommandé un, composé de savon céralé, d'extrait de helladone et d'acélale de plomh (2).

Ansiaux (o) rapporte deux cas dans lesquels la guérison fut ohlenue par l'application journalière d'acétate de morphine sur la surface dénudée d'un petit vésicatoire appliqué près du siège du mal.

9. Les émissions sanguines, au moyen de sangsues placées sur ou près du lieu de la douleur, ont quelquefois été utiles (4).

10. Les révulsifs déterminent quelquefois une amélioration. On fait lever un vésicatoire en plaçant sur la partie la couverture d'une u hoîle à pilules contenant un peu de charpie humectée avec de l'ammoniaque liquide. On s'est aussi hien trouvé d'un emplâtre émélisé qui ^ provoque le développement de pustules et d'ulcères sur la partie malade. I

11. Dans les cas incurables, qui dépendent de changements orga- || niques survenus à l'intérieur du crâne, il faut employer des palliatifs. Les bains de vapeur locaux, la vapeur de choroforme en douche (S), , l'inhalation de la vapeur d'élher sulfurique ou de chloroforme (6) ) les applications externes de ciguë ou de helladone, et les linimenls ' stimulants combinés avec le laudanum, procurent un soulagement momentané, mais ne sont pas tous également sûrs. L'inhalation de chloroforme, par exemple, dans les cas d'aiïection cérébrale, pourrait être dangereuse. Ces remèdes font parfois disparaître la douleur d'une façon permanente, bien que l'affection organique dont elle dépendait continue de marcher lentement. Des frictions avec le goudron sur la partie malade ou dans le voisinage ont parfois été utiles (7).

12. La section des nerfs malades à leur sortie de l'orbite, qui, pendant un certain temps, était généralement adoptée, semble maintenant abandonnée, le bénéfice de l'opération n'étant que temporaire. Comme ce moyen a quelquefois fait cesser pour des mois entiers des douleurs excessives, on est néanmoins justifié d'y recourir dans certains cas.

15. Lorsqu'il existe des dépôts tuberculeux ou calcaires dans les nerfs de la face, il est évidemment indiqué d'en pratiquer l'extraction (8).

{\] Journal complémentaire du dictionnaire des sciences médicales, t. VIII, p. 182;

(2) Mcdico-Chirurgical Review. January, 18o7. p. J.o'a.

(3) Clinique Cliirurgicale, p. 306; Liège, 1829.

4) Vaidy Journal complémentaire, etc., t. VIII, p. 180; Pans, 1820.

(5) Hardy. Dublin Médical Press, April 19, 1854. ^

(6) SiDsoN. Médical Gazette, Marchôl, 1848, p. Sm. , ^ „ qa» r^ïnWffl, «SU 7 roLviLLE Edinburgl. Médical and Surgical Journal, vol. X, p. 288 ; Edinbnrgl , 1814.

R Jo^sult z su la névralgie: Essay on the Ucmitlent and Inlermiltenl D.s.^ascs, by , ^ ^ Aurr n .nrn M D Z\ 11, p. 1 i Londou, 1828 ; Analomy, Pl.ysiology, and D.scascs of JoMN M ccuLLOCH, • D-;'" ' P" ^ , ^^.^ç^ B,,,, p,aciical Essays, Part. I,

Ed!:?L:;XlSt^'[î^anf Jnelte Ajoutée par nous à la section = 0„.na,.nic inur-

AFFECTIONS DOULOUnEUSF.S DF. I,\ CINQUIÈME l'.VIllE.

§ II. — HémiorAnie.

Syn. — 'Hémicn'lnic,(Icïi(J.iauî, nwiiié, et xpâvov, la léle. Migrniiie, Fr. Ncvniljjiii ci'i'cbi'ulis, Ruvibvrg.

Ccsl une aiïcclion (louloiii'ousc, très voisine de la ncvralgie, qui s étend parfois au Iront et à la l'ace, et surtout à l'orbite et au globe de

millenle (p. 133), nous avons exprimé l'opinion que celte malndie n'est, lu piupiirl du temps sinon toujciui's, qu'une névralgie de la cin([iiiènie paiie. La leclure ntlenlive des oi)servations ([ue leurs auleui's ont cru devoir considérer eoniine celles de cas d'oplillialmie interniittenle, nous conlirrne pleinement dans celte pensée. Nous ne croyons pas devoii' examiner ici chacun de ces faits en particulier; cet examen serait li'op long, et nous nous bornerons à renvoyer aux princi]>alcs observations publiées (a , le lecteur ilcsireiix de contrôler notre appréciation. Nous donnons cependant ci-après la relalion d'un cas décrit par M. Van lîoosbroeek (6) sous le nom d'opliibalmie iuterinillente, et qui n'est pour nous qu'un exemple des plus intéressants de névralgie traunialique :

Obs. 3t;0. Je pratiquai, il y a quelques années, l'opération de la cataracte par abaissement aux deux yeux d'une dame d'une cinquanlaine d'années cl d'une excellenle santé. Après l'opération, la malade fut eonllée aux soins d'un médecin habitant dans le voisinage, et qui devait la visiter plusieurs l'ois par jour. Pendant les trois premiers jours, je lui fis égalemcnl une visite quotidienne; mais le quatrième, je crus pouvoir me dispenser d'aller m'assurer de son ol;il, aucun symptôme ni même aucune apparence quelconque d'inflammation ne s'étant montrés. A ma visite du cinquième jour, le médecin traitant m'apprit que, la veille, l'œil droit était devenu tout à coup très larmoyant, que les paupières s'étaient gonflées et que la malade avait accusé de très vives douleurs dans l'œil et dans la léte. Craignant le début d'une inflammation de l'iris, il avait pratiqué une saignce.au bras et lait appliquer douze sangsues à la tempe. Lorsque j'examinai les deux yeux, il me l'ut impossible de découvrir quel était l'œil qui avait soufl'ert la veille. Je félicitai le médecin d'avoir attaqué le mal avec assez d'énergie pour en avoir fait disparaître jusqu'aux moindres traces. Depuis ce moment, la convalescence de la malade marcha aussi régulièrement que possible, mais le huitième jour après l'ojjération, c'est-à-dire quatre jours après le premier accident, l'inflammalion survint de nouveau et avec une telle intensité, que le médecin, qu'on avait requis à la hàle, conçut des inquiétudes sérieuses, institua encore un traitement aniiplilogistique et me fit immédiatement part de l'accident. Lorsque le lendemain j'arrivai auprès de la malade, tout était encore si bien rentré dans l'ordre, les symptômes inflammatoires avaient si complètement disparu, qu'il me lui aussi impossible que la première fois de distinguer quel était l'œil qui avait souffcrl. Jusqu'alors nous . n'avions point soupçonné une opbthalmic périodique, attribuant l'accident à un courant d'air, et recommandant à la malade de prendre les plus grandes précautions pour s'en préserver. Quatre jours plus lard, je trouvai la malade dans un état tellement satisfaisant, qu'il l'ut convenu qu'elle descendrait ce jour même, et que son régime serait rendu moins sévère. Pendant que je causais avec la famille, la malade poussa tout û coup un léger cri, et me dit qu'elle venait d'éprouver à l'instant la même sensation qu'elle avait ressentie les deux fois que son œil s'élait enflammé, qu'il lui semblait qu'on venait de lui porter un coup de couteau dans l'œil : elle ajouta qu'elle se trouvait mal à l'aise et commençait à ressentir des douleurs dans l'œil et dans la têle. Je lui conseillai de se mettre immédiatement au lit. Il s'était à peine écoulé un quart d'heure depuis la sensation du coup de couteau, que déjà l'œil élirait une rongeur des plus vives dans la conjonctive; le larmoiement était des plus abondants, la photophobie tenait l'œil fermé. Une heure plus tard, alors que les douleurs devenaient exirèmes, les deux paupières étaient gonflées, œdématiées; une poche remplie de sérosité s'était formée à la paupièi-e inférieure; la paupière supérieure ayant été soulevée, un chémosis séreux très épais et entourant toute la cornée vint l'aire saillie enti'e les paupières. La malade se plaignait des douleurs excessives qu'elle ressentait dans l'œil et dans la tèle. Aucun de ces trois accès n'avait été précédé de frissons, mais pendant leur durée le pouls était fébrile. La brusque invasion, la marche cxlraordinaircment rapide de cette inflammation, et les douleurs excessives qui l'accompagnaient, me firent soupçonner une ophilialmie périodique. Je résolus d'observer l'accès jusqu'à la fin. Pendant deux heures, le nud alla en

[(a) MoKOEitAZ. Monograpliic des Irritations inlcrmiltcntes, t. I, cliap. 1", p. 73-81; Pnris, 183!). — Maiade b'Anuuze. ObsciviiUons (l'oplillialmie intermillciUc, Annales d'OculiMlqiie, l. XX, p. 1S9; cl diverses aulr.;s observalioiis publiées dans le inèiiie recueil : t. I, p. 527 (Sïokalski) ; l. X, p. 4li (Fai lot) ; t. XV, p. 269 (LuiiMAS) ; I. XVII, p. 313 (Cunieii); l. XVIII, p. 3'.l (l'AVicriOT) ; i. XVIll, p. lil (Bi;<ai<d); t. XVlll,p. I7.i (VVKrii.E); t. XXII, p. 13 (IUv.ud Lanuuau) ; t. XXXII, p. I9i (Jksni).

(6) Cours d'oplilbalmologie enseigné il l'Univcrsllé de Uaiid, l. Il, p. 4S0-2îii; Gand, 185J. T. W.]

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