‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 11 sur 143 · RÉTINITE PRODUITE PAU LA LACTATION TROP PROLONGÉE. (UNDUE LACTATION · texte numérisé non relu

RÉTINITE PRODUITE PAU LA LACTATION TROP PROLONGÉE. (UNDUE LACTATION

Les praticiens sont souvent consultés par les femmes qui nourrissent, pour une diminution de la vision à laquelle les malades donnent le nom de faiblesse des ijeux. Le plus souvent cette affection consiste en une véritable inflammation chronique de la réline. Presque tous les autres tissus de l'œil peuvent néanmoins être pris, de sorte qu'on pourrait la considérer comme une ophlhalmilis, si elle n'avait généralement plus de tendance à se terminer simplement par une amaurose, qu'à offrir celle désorganisation générale de l'organe de la vision à laquelle on a réservé le nom d'ophthalmitis. M. Middlemore (5) décrit cette affection comme attaquant principalement le bord des paupières et la conjonctive; il la désigne sous le nom d'irritable ophthalmia. Le

n'abusenl pas liu labac conslilucnt de nos jours une infime minorité; on n'aperçoil cependant point d'augmcnlaliou corresiiondanle dans le nombre des opiillialniiques, et les fumeurs n'en sont pas plus IVéquemment alleinis que les auli'es. M y a largement autant de maladies d'yeux parmi les l'eninies, ([ui ne l'uincnl ])oint, t]ue [larini les liomuies. T. \V. ]

(1) Lv.sycux à imçjc aeeroisscnt aussi le pouvoir de la vision, ce ([ni l'ait que les Esquimaux y ont mécaiiiquernenl l'ceours lorsqu'ils veulent distinguer un objet éloigné. On a donné des deserii)lions diverses d(^ la l'ente ou des l'entes qu'oll'i'cnt ces instruments. Quelques-uns, en eflel, prétendent qu'il n'y en a qu'une seule longue et étroite à chaque pièce oculaire ; d'autres disent qu'au conlrairc il y en a deux à eliacuuc, d'un quart de pouce de long. Il est probable que cela esl réglé par la l'anlaisie de celui qui l'ail usage de rinstrunienl.

(2) Consulte/, sur la rctiiiite : Hocki-n. Transactions of tlie Provincial Médical and Snrgical A.ssociation, vol. XIII, p. 241. London,

(5) Treatiscon tlie Diseases ol'tlic Eyc, vol. I, p. 297. London. 1853.

OI'HTIIAI.MIKS.

(loclour Nasse (1) la considère comnu! étant surtout une inflammation (le la cornée, et le docteur Asliwell (2) comme une amauiose.

La maladie |)eut n'adecter qu'un seul œil, mais ordinairenuMitelle les . attaque tous deux. Il existe une irritation générale évidente autour des organes de la vision ; les paupières sont un peu gonflées et leurs bords rouges. La conjonctive, surtout dans sa portion palpébrale, est le siège d'une inflammation calarrhale, le plus souvent légère, mais sullisante pour produire le matin l'adhésion des i)aupières. Il y a souvent un certain degré de sclérotilis rhumatismale, accompagné de douleurs lancinantes dans le glohe de l'œil et la région orbitaire. La rougeur de la conjonctive ou de la sclérotique est rarement considérable. Les symptômes externes de la maladie revêtent assez souvent la forme de (a conjonctivite phlycténulaire ; il y a alors de la photophobie, et la cornée commençant à se prendre, présente vers son centre un petit dépôt opaque qui se transforme souvent en ulcère. La malade se plaint de mouches volantes, et d'un tel obscurcissement de la vue, qu'elle ne peut même distinguer les lettres d'une page de titre. La perte de la vision s'étend quelquefois jusqu'à mettre dans l'impossibilité de distinguer une personne dune autre. D'abord la pupille est contractée, mais après un certain temps elle se dilate et devient un peu paresseuse; en même temps la cornée et la sclérotique cèdent facilement sous le doigt qui les presse, et c'est là un signe diagnostique de la rétinilc auquel on doit ajouter une grande importance. Le pouls est petit et fréquent, et la malade se plaint de malaise et de faiblesse générale; elle est amaigrie. L'inappétence, le dérangement des fonctions intestinales, des frissons, des rougeurs subites de la face, de la céphalalgie, des verligcs, une sensation de tiraillement dans le dos, et la diminution de la sécrétion laiteuse, accompagnent généralement cette aff"ection.

Il est rare de rencontrer de très jeunes femmes atteintes de rétinite à la suite d'une lactation trop prolongée. Celles qui en sont atteintes ontgénéralementdépassé la trentaine, et ont eu plusieurs enfants qu'elles ont nourris longtemps. Quand elles commencent à se plaindre de l'état de leurs yeux, on constate qu'elles ont presque toujours nourri depuis plusieurs mois, de douze à dix-huit; mais le mal peut aussi survenir peu de temps après qu'elles ont commencé à nourrir, ou d'autres fois seulement après qu'elles ont sevré leurs enfants. Elles disent quelquefois qu'elles n'ont jamais été robustes, et qu'elles ont toujours eu les yeux faibles pendant qu'elles nourrissaient. Elles sont souvent en proie à la diathèse scrofuleuse ou rhumatismale, et présentent des signes évidents qui annoncent que leur sang est appauvri et irrégulièrement distribué. Assez souvent elles ont été atteintes de chlorose avant leur mariage, ou aflaiblies par une hémorrhagie ou un écoulement leucor-

(1) Animoirs Monalssclirifl, vol. 111, p. 622. Leipzig, I8/.0.

(2) Praclical Trealisc un llic Diseascs peculiar lo Womeii, p. 72î). London, 1844.

RKTINITIC PnODUITK PAU LA LACTATION TUOl' PllOLONGICE.

rluMquc. Kilos se soiil beaucoup laliguées à soigner leur enlanl, en le nourrissant exelusivenienl de leur lail-, el, en le laissant prendre le sein

„i,it pendant Mu'elles donnaient; elles n'ont point pris elles-mêmes des aliments sullisamment variés et nulrilil's, vivant presque cxclusivoment de thé et de pain, et recourant pour soutenir leurs forces aux boissons alcooliques. Un excès de latigue des yeux employés a coudre ou à (luebpie travail de ce i^enre, le maïuiue de sommeil la nuit, des iiuiuiéludes d'esprit et d'autres causes, concourent fréquemment, avec la laclalion inopportune ou prolongée, à produire la maladie. Des mois et même des années peuvent être consacrés à un traitement le mieux approprié, avant qu'on i)uissc réussir à arrêter les symptômes et à rendre (juelque force à la vision.

Quant au trailement, la première chose à faire est d'arrêter la lactation. Les symptômes sont souvent si pressants qu'il faut la faire cesser brusquement; sans cela tous les autres moyens ne serviraient à rien. Malgré l'état de faiblesse générale, on ne peut négliger les symptômes de congestion locale, la réaction vers les organes de la vue, et rinflammalion existante de la rétine. Il ne saurait être question de la saignée générale ; mais les symptômes sont souvent tels qu'ils exigent qu'on tire du sang de la région des tempes à l'aide de sangsues ou de ventouses scarifiées. Une contre-irritation produite à l'aide de petits vésicatoires derrière les oreilles, à la tempe ou au front, est aussi convenable. Des compresses trempées dans l'eau froide et appliquées au front et aux tempes procurent un grand soulagement.

xVprès avoir vidé les intestins à l'aide d'un laxatif, on doit avoir recours à quelque préparation mercurielle douce, telle que les pilules bleues ou le mercure à la craie, avec de petites doses de sulfate de quinine, le tout deux ou trois fois par jour jusqu'à ce que les gencives s'afléctent.

Lorsque la vue s'éclaircit sous l'influence de ces remèdes, la principale indication est alors de redonner du ton au système à l'aide des ferrugineux et autres toniques. La malade doit alors recourir à un régime doux et nutritif, moitié animal, moitié végétal, mais éviter, en général, l'usage du vin, de l'aie et des spiritueux. Ou doit régler avec soin les fonctions de l'intestin, et prescrire l'éloignement de toute cause de fatigue, d'excitation et d'inquiétude. Les yeux doivent rester en repos, et n'être ejiiployés à aucun usage l'alignant. L'exercice en plein air et l'habilalion à la campagne sont des moyens auxiliaires fort importants.

Les syinptônu's externes qui accompagnent si souvent celte aiïectiou réclament l'emploi des moyens recommandés d'ordinaire contre l'ophtlialmic larsienne, la conjonclivile phlycténulaire et la cornéile. L'usage d'un collyre contenant de l'extrait de belladone ou de l'atropine

OI'IITII.VL.MIIÎS.

adoucit la plupart do ces symplôincs. Quand la maladie commence à céder, on instille avec avantat^e, de temps en temps, quehjues gouttes de vin d opium dilué dans l'oeil.

slXllo^ XXXIV.

INFLAMMATION DU CRISTALLIN ET DE SA CAPSULE (i). Syn. — Cristalliiio-cupsulilis el lenlitis.

La cataracte lenticulaire commune, qu'elle soit molle ou dure, paraît être la conséquence d'un obstacle à la nutrition ou d'un trouble de cette fonction, dont les causes sont encore peu connues; les opacités de la capsule, au contraire, sont probablement le résultat de l'inflammation, et ressemblent sous ce rapport aux taches de la cornée. Les cataractes capsulaires et capsulo-lenticulaires ne se présentent ordinairement à notre observation qu'après que l'inflammation qui y a donné naissance, s'est apaisée; mais on peut quelquefois être assez heureux pour rencontrer la maladie à la période aiguë. Walther (2) a minutieusement décrit les particularités que l'on observe alors, et j'ai eu maintes fois l'occasion de vérifier l'exactitude de sa description.

Walther dit que l'inflammation de la capsule du cristallin se rencontre en général vers l'âge moyen de la vie et sur des sujets légèrement cachectiques. Cela est parfaitement exact ; cependant, dans plus d'un cas de syphilis congéniale, j'ai vu une inflammation si intense de la capsule, qu'à l'œil nu cette partie paraissait complètement recouverte de vaisseaux rouges; état observé assez fréquemment chez le cheval (3), mais que je n'ai jamais rencontré chez l'homme adulte.

On observe fréquemment l'inflammation de l'hémisphère antérieure de la capsule du cristallin, tandis que la postérieure parait exempte de la maladie. Comme ces deux hémisphères sont anhystes et privées de vaisseaux dès l'instant de la naissance, ceux qui y

[(1) Rien n'est moins déinoniré que l'exislence de la capsiililc et de vaisseaux développés dans la capsule. Tous les travaux modernes sur la ealaracle capsulaire Icndent, au contraire, fi démontrer qu'il ne s'en développe jamais dans celle membrane. Nous avons nous-mêmes examiné minutieusement une trentaine de capsules malades, el jamais nousn'y avons pu reconnaîlrc la moindre trace de vaisseaux sanguins. (Testelin. Note sur quelques points de la structure du cristallin et de sa capsule. Annales d Ociilistique, t. XXXIV, p. 109; t. XXXV, pp. 61, 109.)

Nous sommes convaincus que les vaisseaux que l'on a remarqués sni- la capsule, el que l'on a cru appartenir à celle membrane, appartenaient à des exsudations de Tii'is déposées sur elle, et dans lesquelles des vaisseaux sanguins s'étaient constitués L'erreur tient sansdouleà ce que les auteurs qui ont admis rettc altérai ion patbologiquc n'ont point examiné les capsules au moyen du microscope. Celte reclierelie ne laisse, à cet égard, aucune espèce de doute. L'auteur aurait pu sans nuire, nous semble-t-il, faire disparaître de son livre toute cette section qui consacre de noudjreuscs erreurs trop longtemps accrédilées. T. W.]

(2) Abliandlungen ans dein Gebiete der pracliselien Medicin ; vol. I, p. 55. Landsluit, 1810.

(5) Li:iit.ANC. Traité <los maladies des yeux observées sur les principaux animaux domestiques, p. m. Paris, 1821.

IM-LAMMATION

nu CUISïAl.l.liS KT l)K SA CAPSULE. 81

(levieiiiuMil visibles pcndaiil la maladie iic peuvonl, èlrc que des |)roloimeiiuMils que les vaisseaux voisius euvoieiil à leur sui faee, ou de ceux de uouvelle loi'uialiou doul la lyuiplie épaucliéc csl Toriglue.

1. [ii/ïammalion de l'hémisphère antérieiire de la capsule. — Elle se rencoutre plus souveul daus les yeux à leinle claire que dans ceux à teinte loncée, et s aceonipai^ne toujours d'un léger elianf,^einenl dans la couleur de l'iris et dans la forme de la pupille ; l'iris devient un peu plus foncé et la pupille irrégulière. Les mouvements de l'iris sont d'abord vifs et étendus, mais deviennent ensuite lents et bornés. La pupille est généralement plus petite qu'à l'état sain, mais elle est quebpu'fois irrégulièrement dilatée. On voit ordinairement apparaître autour de sa circonférence un cercle noir ou rougeàtre, de largeur variable, dû au pigment de l'uvée ((ui devient apparent, ou à des productions vasculaircs de l'iris.

Outre ces symptômes, un grand nombre de vaisseaux rouges se montrent dans la pupille elle-même ; les plus gros sont quelquefois visibles à l'œil nu, mais le plus grand nombre ne s'en peuvent voir qu'à l'aide d'une loupe ou du microscope oplulialmique. Ce qui, au premier abord, n'apparaît que comme un point rouge, prend sous le microscope l'aspect d'un lacis délicat de vaisseaux. Si l'on fait usage pour cet examen d'une lentille simple, celle-ci doit avoir environ un demi-pouce de loyer, et le malade être placé, par rapport à la lumière, de façon à ce que les parties situées dans la pupille soient bien illuminées et que la lentille et la tète de l'observateur n'y portent point d'ombre. On peut, afin d'obtenir la plus grande dilatation possible de la pupille, introduire quelques gouttes d'une solution d'atropine entre les paupières de l'œil all'ecté, une heure avant rexamen ; l'autre œil doit rester fermé. La sensibilité n'étant pas fort augmentée dans cette ophthalmie, le malade peut supporter sans malaise l'accès d'une lumière vive dans la pupille dilatée.

Les vaisseaux rouges, dans l'inflammation de l'hémisphère antérieure de la capsule, constituent un réseau vasculaire que Ton aperçoit à environ un quart de ligne de distance du bord pupillaire de l'ii'is. Ce réseau constitue un cercle concentrique à l'inté rieur de la pupille, formé non-seulement par un petit nombre de vaisseaux disposés circulairement, mais par un grand nombre de houppes vasculaircs. (La //</. 5 montre, amplifié, l'aspect de ces altérations.) On voit de noml)rcux vaisseaux, partant de la circonférence de l;i capsule, se porter en rayonnant vers ce réseau. D'autres vaisseaux paraissent ^"'i"""'^^«''^vauiu.r. provenir de l'uvée; mais ils ne sont pas constants, et ne se montrent que lorsque la maladie a duré assez longtemps. D'autres Ibis , suivant Wallhcr, les vaisseaux semblent plutôt se porter de la capsule à la

OI'IITIIALMIKS.

l'iicc posln'ioui'C de l'iris. Ceux qui se porleiil de Tins à la capsule iic pi'oyionnonl jamais du hord de la |)upille, mais de la face posléi-ieure de 1 iris; de sorle (|ue, dans la largeur d'une ligue environ, la circonlérenee de la pu|)ille esl dépourvue de ces prolongemenls vasculaires.

Du réseau vasculaire donl nous venons de parler, d'autres v^aisseaux s'éleudenl vers le cenire de la capsule antérieure, où ils forment de nouveaux amas et de nouvelles houppes. La conlinuilé des vaisseaux que l'on aperçoit dans diverses |>arties de la pupille, parait interrompue dans certain points ; cependant elle n'est pas douleuse. Leur ])etile dimension fait qu'on ne les distingue que lors(|u'ils sont dilatés et que plusieurs en sont réunis ensemble.

2. Injlammation de Vhémisphère postérieure de la capsule du cristallin. Cette maladie est beaucoup plus rare que l'inflammation de riiémisphère antérieure. On la reconnaît facilement à la situation l)rofonde occupée par l'opacité et à la disposition éloilée des vaisseaux. Les deux hémisphères de la capsule peuvent être enflammées ; en pareil cas, derrière les vaisseaux rouges que l'on aperçoit dans la capsule antérieure, on voit un réseau de vaisseaux plus délicats qui paraissent situés dans le cristallin lui-même. Les troncs les plus volumineux de ce réseau viennent évidemment, suivant Walther, de la surface postérieure, se portent directement en avant, et se divisent alors en branches. (La pg. k fait voir ces ,,i„ ^ vaisseaux amplifiés.) La distribution de ces vais-

seaux ressemble à celle qu'allecte l'artère centrale du corps vitre sur 1 hémisphère postérieure de la capsule, chez le fœtus.

5. Comme /e cristallin est nourri par la capsule, il n'y a pas à s'étonner que lorsque celle-ci s'enflamme, des vaisseaux se portent de sa surface à l'intérieur de la lentille. L'existence de vaisseaux se portant dans le cristallin est tout à fait morbide, et Wallherla compare à ce qui se passe dans l'inflammation thoracique, où des vaisseaux se prolongent de la plèvre à la pseudo-membrane qui se forme à sa surface. Il dit que, de même que les vaisseaux de l'hémisphère antérieure se portent en avant sur la face postérieure de l'iris, de même ils s'enfoncent aussi en arrière dans le cristallin , et qu'il en esl de même relativement à l'hémisphère postérieure de la capsule. Suivant lui, on voit venir les vaisseaux les plus volumineux du cristallin enflammé d'arrière en avant. Il semblerait aussi que toutes les inflammations du cristallin débutent dans la capsule; circonstance que Walther considère comme l'analogue de l'extension de l'inflammation des procès ciliaires ou de l'iris à la capsule. Il est probable que la congestion des vaisseaux de la zonule de Zinn accompagne toujours l'inflammation de n'importe quelle partie de l'appareil cristallinien.

INFLAMMATION DU CIUSTAl.LIN ET DE SA CAPSULE.

Oïl npciToit dislinclcmcnl, à la Icnninaison aiipai-cntc de plusieurs des vaisseaux dans la capsule, de pelils nœuds d'une substance d'un I blanc m-isàlre et seini-lnnispai-enle, qui n'esl autre chose que de la I lymphe coayulable, et dont la présence révélerait, d'après Walther, lia manière dont l'inllammation détermine roi)acilé de la capsule cl du I cristallin. L'hémisphère antérieure de la capsule, là où les vaisseaux sont «ouvenl très nombreux, revèl quclîiiicrois un aspect particulier, comme velouté on lloconneux, et présente dans un ou plusieurs points ,de son étendue une couleur i^risàlrc ou brunâtre. Ces |)oints bruns paraissent n'être (pielqueCois que de la lymphe épanchée ; mais d'autres lois ils semblcnldus à ce que l'iris a été réuni à la capsule par des adhérences partielles qui se sont séparées, soil par des mouveinenls , plus étendus cl spontanés de dilatation de l'iris, soil par une violence mécanique, soil enlin par suite de l'adion brusque de la belladone ou de quelque mydrialique du même genre, l'iris ayant laissé une partie de son pigment adhérent à la surface antérieure de la capsule.

Un faiUjni conlirme l'exactilude de la description de l'iiinammation de la capsule cristalline donnée par Wallber, c'est que, dans la calaracte capsulaire antérieure, les taches ou les lignes se portent généralement en rayonnant de la circonférence de rhémisi)bère antérieure vers son centre; tandis que, dans la calaracte postérieure, elles paraissent partir du cenlre de l'hémisphère postérieure en se ramifiant, suivant ainsi la direction des vaisseaux représentés par Walther (1).

Quant à la vision du malade, elle est confuse lorscjuc la maladie est intense, et surtout lorsque l'œil est dirigé vers des objets éloignés. Les objets rapprochés sont vus comme à travers une gaze line qui ne parait point rouge, pas plus que les objets examinés. J'ai observé, en même temps que l'inflammation de la capsule, un tel obscurcissement de la vision, que j'ai été conduit à supposer qu'il y avait ou qu'il y avait eu rétinile.

Celle opbthalmie suit presque toujours une marche chronique très lente, et s'accompagne d'une douleur légère qui parfois manque tout à fail. Lorsqu'elle existe, elle se fait sentir au fond de l'orbite, dans le front, ou au sommet de la tète. Quand la maladie a duré longtemps, les vaisseaux deviennent variqueux et restent dans cet état. 'Walther a observé, chez un homme d'un âge moyen, les vaisseaux du cristallin, devenus variqueux, persister dans cet état pendant un an sans éprouver le moindre changement. J'ai vu cette maladie suivie ou accompagnée d'amaurose incomplète dans un cas compliqué de tremblement de l'iris. L'épanchement d'un liquide entre le cristallin et sa capsule el la dissolution de la lentille sont des conséquences assez fréquentes de rinllammation de ces parties ; dans quelques cas même, la maladie

(I) Mt'dico-CliirupgicalTraiisaclioiis, vol. IV, pl. Il,fig. 9. Lomloii, 1815.

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pyniîUilloi' jiisqiril produire lu suppuruliou, cur c esl à l'iiiflaminalion <liio nous devons rapporter la variété de eataracte désignée sous le nom de ealuracla ciim bursà ichorem conlinenle , et dans laquelle, outre Topaeité du cristallin et de sa cai)sule, on ti-ouve un kyste rempli de pus.

On na pas sunisammcnt étudié les causes de celte aiîection. Dans un cas que j'ai eu à traiter, elle occupait l'œil droit d'un chasseur, el dépendait peut-être de l'excès d'excitation auquel l'œil était soumis chaque année à la saison de la chasse. Dans un autre cas, le malade accusait un excès de travail à la lueur du gaz. Il avait eu longtemps au cuir chevelu une éruption qui, étant venue à disparaître, avait été remplacée par une crislallino-capsulite, sur un œil d'ahord, puis sur l'autre.

L'inflammation du cristallin et de sa capsule resscmhie beaucoup plus à l'iritis qu'à toute autre ophlhalmie. Elle est toutefois d'un caractère beaucoup moins aigu, et le traitement a sur elle beaucoup moins de prise.

Traitement. — Les déplélifs, les révulsifs, les altérants au début, les toniques à une période plus avancée, tels sont les moyens qui se présentent d'eux-mêmes comme olîrant quelque chance d'être utiles dans cette alTection. J'ai quelquefois réussi à guérir complètement l'inflammation aiguë de l'hémisphère antérieure de la capsule. Dans un cas que j'ai traité récemment, on apercevait, le premier jour, deux petits points rougeâtres paraissant provenir de derrière la circonférence de la pupille. Dans l'espace d'une semaine, tous les symptômes disparurent sous l'influence de la saignée, des sangsues, du calomel avec l'opium et de la belladone. La bouche fut rendue très malade. A l'état chronique, je dois avouer que cette ophthalmie s'est montrée entre mes mains l'une des plus rebelles. On m'a envoyé en consultation un très grand nombre de cas, que le plus souvent on avait confondus avec l'iritis, et qui avaient été traités pendant longtemps au moyen de remèdes variés, parmi lesquels figurait le mercure, mais sans aucun résultat avantageux.

SECTION XXXV

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