‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 13 sur 143 · II. Q · texte numérisé non relu

II. Q

98 opirriiALMiES.

() griiiiis do caloiriel avec 12 de jalnp. - 8- Pouls à m. C.oiilinualion des poudres. — 1). lligidilé dans les deux l)ras; le délire eonUnue, i)ouls à i^iO; les yeu\ sont Irès-gonllés 01, saiUanls hors de Torhile. Douze sangsues à la lèle, conlinuallon des poudres. — 10. Alïaisseiuenl, pouls à 1-20, Irails lirés; on aperçoit un dépôt de matière purulente dans les deux yeux. Mort dans la soirée.

Examen cadavérique. La dure-mère est épaissie; on découvre, le long du sinus longitudinal supérieur, un petit corps inégal, de l'orme irrégulière, osseux et du volume de la moitié d'un pois. Cerveau plus mou qu'à l'ordinaire. Poumons engorgés, lironclies rouges. Aucune maladie do l'estomac ni des iiilestins. Pas de traces de pus dans les veines. Les yeux, qui auparavant étaient si saillants, ont presque repris leur position normale dans les orbites. — OEil (/anche. Le tissu cellulaire et adipeux qui entoure l'œil est indure, tumellé et inliltré de sérum; la cornée transparente; la sclérotuiue rouge, molle et épaissie, surloul au niveau de l'entrée du nerl' opli(|ue. La eliamlirc antérieure contieni un fluide rougeàlre avec quelques llocons blancs. L'iris est aminci et mou, libre de toute adliérence. La choroïde est unie plus inlimemeiit que de coutume à la sclérotique; la surface interne présente quelques taches rouges entremêlées de points blancs qui paraissent être de la lymphe plastique qu'on ne peut en détacher et qui semble incorporée avec elle. Le corps ciliaire n'a subi aucun changement. Le pigment manque complètement en certains points, et ce qui en reste dans d'autres, se sépare facilement de la choroïde; il n'en existe plus traces sur la face postérieure de l'iris ; les légères parcelles qui recouvrent encore les procès ciliaires s'enlèvent facilement, de manière à ce que ces parties restent d'un blanc uniforme. La choroïde est séparée de la réline par une quantité considérable de fluide rougeàlre et contenant des flocons blancs pui iforines; ce fluide existe depuis l'entrée du nerf optique jusqu'à la zonule de Zinn. Il s'écoule au dehors lorsque l'on ouvre la cho- - roïde. La rétine ainsi détachée de la choroïde adhère fortement à la membrane liyaloide et à la zonule de Zinn ; de sorte que ces tissus forment une masse blanchâtre épaissie, renfermant une petite quantité d'un fluide rougeàlre, reste de l'humeur vitrée. Les lamelles membraneuses du corps vitré ont complètement disparu vers le centre. L adhérence el l'épaississemeni delà réline, de la zonule de Zinn el de l'hyaloïde semblent dus a un epanchemenl .le lymphe plastique, surtout an niveau de la zonule et de l'entrée du nerf optique. Le cristallin et sa capsule sont transparents. - Œil droiL Les altérations sont les mêmes qu'à gauche, à l'exception des particularités suivantes : 1- 11 y a dans la partie inférieure de la chambre antérieure une mince lamelle de lymphe plastique qui s étend en haut jusqu'au bord de la pupille. 2- 11 existe vers le milieu de l'œil une zone de la reline et de a membrane hyaloïde si peu épaissie et si transparente, qu'on aperçoit « 1^ ■ en laissant passer la lumière par le cristallin, le fluide rougeàlre qui occupe le centi e d clrps vitré. 3° 11 reste sur la zone lisse postérieure du corps ciliaire une couche de pigment mince el uniforme, el une autre très dislincle sur la face postérieure de 1 iris.

La phlébite accompagnant la fièvre typhoïde est sans doute un fait rare mais le docteur Cowan m'a dit Tavoir rencontré plusieurs fois. Cet accident survient vers l'époque de la convalescence, et non au début de la maladie, comme chez Bell. Ainsi, un honime âgé de 2d ans fut considéré le 15 mai comme convalescent; le 24, li éprouva aes frissons et le 29 il mourut. On trouva du pus dans la veine fémorale oauche. Outre le cas de Bell, le docteur Cowan a vu des affections ocuîaires résultant probablement de la phlébite, dans deux autres cas (1).

la science possède u. la P''l^^^^^/'' ,ue celle phrase que nous empruntons à MM. Monueret ''T " "1 rr " 5. ^ ^'îi- éS.,e. ..^oÀ^u.,^^ ce pu,., n serait

et Fleury : « Les vaisseaux et les , ^.^.i^es e, ,ics lymphatiques, surloul

cependant ù désh^er qt, on 'r'^^^::,^}:^^^ lus mèn.es deux eJ.nAcs, et qui dans les cas semblables a ceux don nous i ns i alli ibue au passage des ma-

nousonl offert les lésions propres a la PV"'' ' ■.■j^^;^"^ „,:,,es t.leérées, la pro

lières septiques el putrides dans le sang, el a le.ir ab.o, pl.on pa. le.

OIMITII.M.MITIS l'Ill.KItlTigUK.

D uls l'un ilo ceux-ci, les cornées s'ulcérèreiil le jour de la niorl; el dans raiilre, le (Ux-neuvième jour de la lièvre, les cornées élaieni lesiège d'un dépôt purulent et d'ulcérations.

Il y a lieu de croire que certains cas considérés comme des |)lileljiles, suite de (ièvre typhoïde, ne sont que des cas de phlébite provoquant des symptômes analogues à ceux de la lièvre typhoïde. « Je me rappelle, dit le docteur Todd, avoir vu dans ma pratnpic particulière un cas d'ans lequel du pus se montra dans la chambre antérieure de l'œd. Le malade présentait tous les caractères de la lièvre typhoïde, et j'en jugeai ainsi i)endant quelque tem|)s. Je lus un jour fort surpris de voir le pus déposé dans la chambre antérieure augmenter très-rapidement de quantité; du pus lut ensuite trouvé dans les articulations du coude et de l'épaule. A l'auiopsie de ce malade, nous trouvâmes un ulcère dans le cœur à la base de l'une des valvules milrales(l). »

Le lecteur n'ignore pas sans doute que la phlébite est susceptible de donner lieu dans les organes à ce que l'on a appelé des dépôts purulents, accidents que l'on a généralement attribués à la circulation du pus dans les vaisseaux sanguins. On a cependant aujourd'hui abandonné l'idée que le pus trouvé dans les poumons, le foie, le cerveau, le tissu cellullaire et ailleurs, fût le même que celui qui s'était formé dans la veine primitivement blessée ou enflammée. Le pus que l'on trouve dans les organes enflammés secondairement se sécrète, sans aucun doute, dans ces organes eux-mêmes; et il est probable que ces afl'ections secondaires sont dues à l'inflammation des veines de ces parties. Loin d'attribuer au simple dépôt du pus en circulation dans le sang les abcès secondaires que l'on rencontre dans la phlébite, l'opinion des observateurs modernes (2) est que ce pus n'agit qu'en irritant les parois des veines capillaires des dilTérentes régions du corps, et en en déterminant l'inflammation, et que ces veines enflammées produisent autour d'elles une suppuration circonscrite. Ceci n'est point une hypothèse, mais une opinion établie sur des observations variées et soigneusement faites.

Appliquant ces idées à l'œil, on ne doit pas croire que dans les cas de phlébite, ce soit le même pus, qui a traversé les veines utérines ou celles des extrémités, qui vienne se déposer entre la choroïde et la réline, ou dans les chambres de l'humeur aqueuse; on doit penser plutôt que les tissus dans le voisinage desquels on trouve de la lymphe ou du pus dans l'ophthalmitis phlébilique, ont été eux-mêmes enflammés ; et, d'après l'état de nos connaissances sur ce sujet, il est probable que les plus petites veines de ces tissus sont les parties dans lesquelles le

(ludion (les accideiils de la fi(ivre lyplioïile, recevi'ail peiil-êlre (jnelque limil(3re de ces nouvelles invcsligaiions. Compendiiim de mcidcciiie prati((iie, t. 8, p. 181. Paris, T. W.] (1) Médical Times and (lazelle, Fcbniary 21, ISM, p. 182.

(2j Ciiuvi;ii,iiiKii. Aiialoinio palhuloiiiiqui-. tome I, livraison II : Dielionnaire de ni(idecinect de chirurgie pratiques, an. /'Wciiie. Douglas Inaugural Essay on l>hlel)ili.s. Glasgow, 1853.

OIMITIIALMIES.

pus S "arrête d abord, cl dans losqucllos aussi se dovcloppcnl. priiniiivcment rirrilalion cl rinllanimalion secondaires. M.Dcsniarrcs (1) cile néanmoins plusieurs cas d'opliliialmilis phicbiliquc, dans lesquels, à la dissection, on li'ouva la veine ophthalmiquc enflammée el remplie de caillots.

On peut distinguer les elfels produits par rinflanunation d'une veine en primitifs et secondaires, ou locaux cl éloignés. Jl ne faut pas conlondre ces divers ellets. Prenons pour exemple rinflammation suppurative des veines de l'utérus après raccoucliement. Les ciïets primilîfs consistent dans l'accroisscmen't de l'épaisseur des luniqucs de la veine malade, des fausses membranes sur leur surface interne, la coagulation graduelle du sang qu'elles contiennent, le dépôt de pus dans leur cavité, et la destruction coniplcle de leur tissu. Les effets secondaires sont des abcès dans le foie, des coUeclions purulentes dans la poitrine, rinflammation et l'ulcération des membranes synoviales et l'opblhalmilis. Les eflets que nous venons d'énumérer sont aussi des eflcts éloignés, tandis que le gonflement de la jambe, ou phlegmasia doleus, est un exemple d'eiTet secondaire local; il n'est que la conséquence de l'état d'obstruction des veines iliaque cl fémorale, produit par l'extension jusqu'à ces vaisseaux de l'inflammation primitive. Il serait donc inexact de parler de phlegmasia dolens de fœil pour désigner l'inflammation secondaire de cet organe, qui n'est qu'un elTel éloigné de la circulation iu pus dans le sang.

Symptômes locaux. — L'ophtbalmitis pblébitique présente le cortège des symptômes que j'ai énumérés dans la dernière section. Elle débute lentement et d'une manière insidieuse dans certains cas, brusquement et avec intensité dans d'autres. Un seul œil ouïes deux peuvent être pris. Parfois rinflammation semble commencer dans la conjonctive oculaire, d'autres fois elle part du tissu cellulaire de l'orbite. Souvent aussi la rétine paraît être le point de départ de la maladie. Le malade ressent dans l'œil et dans l'orbite une douleur pulsative qui s'étend au front et à la tempe, s'accompagne d'une sensation de chaleur brûlante, de tension, de plénitude, comme si l'œil ne pouvait plus être contenu dans l'orbite. Il y a de la photopbobie et de la photopsie. Le plus léger rayon de lumière provoque une vive douleur. Ce symptôme se montre surtout au début et disparait lorsque la rétine devient insensible. Le globe de l'œil, le tissu cellulaire intrà-orbilaire et les paupières sont gonflés. Il ne manque que récoulement puriforme abondant, pour que la maladie présente tous les symptômes extérieurs d'une attaque interne d'opblhalmie purulente. La paupière supérieure est quelquefois gonflée au point de pendre au-devant de l'inférieure. Le globe de l'œil est dur, incompressible et poussé presque compléte-

(1) ïrailc (les maladies des yeux, p. 2U. P;ii'is, 1847.

0P1IT11A1.M1TIS IMILKBITIQUE.

incnl hors de lorbite, surloul par suite de répaiieliemonl iiiflaininatoire qui se iail dans la capsule oculaire. Une personne qui ne connaît point celte alleclion est portée à croire à lexislence d un abcùs ou d'une tumeur située derrière Tœil. La texture lihreuse de la co(iue oculaire, par son inexlensibililé, est cause de la douleur inlense (|ui caractérise rophilialniilis. Elle cède néanmoins, et le globe de l'œil se distend : son volume augmente ainsi que celui de son contenu ; mais beaucoup moins, toutelois, que la saillie excessive (pi'il lbrme ainsi que la tension qu'il exerce sur les paupières, ne porterait à le supposer.

Au premier abord, la conjonctive est plutôt œdémateuse que Iresrouge. L'humeur aqueuse est sanguinolente; l'iris change de couleur et se revêt de lymphe plastique; la pupille est contractée , le fond de l'œil rougeàtre ou verdàlre. L'œil reste involontairement fixe, la douleur et le gonilement en rendant inq)ossibles les mouvements ordinaires.

Symptômes généraux. — Les symptômes généraux qui accompagnent une phlébite déterminant des symptômes secondaires comme l'ophllialmitis, ont ordinairement un caractère typhoïque; ce sont des frissons fréquents, la prostration des forces, un pouls faible et rapide, une respiration laborieuse, l'insomnie, l'anxiété, un délire vague et tranquille, des attaques de vomissements et de diarrhée, la teinte plombée et ictérique de la peau, une langue brune et parcheminée.

Terminaisons. — L'ophthalmitis phlébitique, ainsi que la variété idiopathique, a des terminaisons diverses.

1. La guérison complète est extrêmement rare. Si le malade survit, les fonctions et la forme de l'œil sont généralement détruites. La maladie se termine par l'amaurose, comme dans le cas que j'ai rapporté et qui avait été produit par un érysipèle. L'œil peut conserver son volume presque normal ou s'atrophier. La capsule du cristallin reste opaque et la pupille petite et adhérente.

2. L'ophthalmitis phlébitique peut se terminer par la suppuration et la rupture de l'œil. La cornée s'infiltre de pus et s'ulcère ; elle se rompt et laisse échapper les humeurs de l'œil mélangées de portions de pigment et de matière purulente ; quelquefois elle se gangrène, et il s'en détache une eschare distincte. D'autres fois, la sclérotique s'élève en pointe et s'ouvre, de sorte que du pus s'en échappe. C'est quelquefois la capsule qui se rompt, accident qui simule la rupture de l'œil.

5. La maladie de l'œil peut se calmer; mais l'infection purulente du sang continuant, peut amener l'inflammation pyohémique de quelque autre organe, tel que la plèvre ou le péricarde (1). Le malade peut succomber ou échapper à cette nouvelle infection.

(1) Voyez un cas (Vophtlialmilis plilcbiliqiie, conséciilif ù une ampiilalion, suivi de pleurésie, et dans lequel Paulopsie a élé iiratiquéi!. bowMAN, Leeturcs, etc., p. 125, [el Annales d"0culislique, l. XXXI, p. 9, ISui.] Un cas buccédanl ù la scarlalinc, suivie d'une alleclion l'csscniblanl

OPirniALMIES.

4. L'itlTeelion se Icrniinc par la mort. Celle lerminaison serail certaiiieinenl plus IrcViueiile si l'œil el la capsule ne s'ouvraienl pas sponlanéineul. Le velàchcmenl dclenniuc par la ruplurc de l'œil ou de sa capsule diniiiuie la \ioleiice de rinnaiinnalioii, el la maladie s'amende exaclemeiU comme un panaris dans lecpiel on a pratiqué une profonde incision. Mais si l'aelion inllammaloire n'est point arrêtée dans sa marche, elle se propage au cerveau ou à ses membranes, se termine par un coma mortel , ou le patient succombe d'épuisement, par suite des symptômes lypboïques.

Pronosiic. — Le danger de voir la maladie se propager au cerveau, ou le malade s'afl'aisser, soit sans symptômes nouveaux, soit par suite d'une alleclion des membranes synoviales ou d'autres organes, doit rendre extrêmement réservé sur le pronostic.

Traitement. — La tendance à l'adynamie s'oppose ici aux déplctions abondantes; mais, à tous autres égards, on doit adopter la môme ligne de conduite que dans l'ophlbalmitis idiopathique. On a recommandé le colchique, mais je crois que le calomel avec l'opium constitue la meilleure prescription interne. Les sangsues et les fomentations sur Vœil sont très utiles.

SECTION XXXVIIL

OPHTHALMITIS POST-FÉBRILE.

Syn. — Oplilhalmia posl l'cbrcm.

Les cas d'après lesquels j'ai établi la description suivante de l'ophthalmitis post-fébrile, se sont manifestés pendant le cours d'une fièvre épidémique qui a régné à Glascow pendant la plus grande partie des années 1843 et 1844, où elle avait remplacé le typhus exanthémalique qui venait d'y sévir.

Cette nouvelle fièvre avait un caractère rémittent et s'accompagnait souvent de jaunisse; son premier paroxysme aboutissait à une crise dans l'espace du premier septénaire ; il survenait presque toujours une récidive, le malade ayant rarement plus de deux paroxysmes, et la mortalité ne dépassait pas 2 1/2 p. c. Je ne saurais dire si celte fièvre s'était déjà montrée à Glascow; mais à l'époque où elle existait dans cette ville, elle régnait aussi à Édimbourg, à Dundee, et dans plusieurs autres villes d'Écosse. Ce qui démontre qu'elle a existé plusieurs fois en Irlande, c'est que l'on a remarqué que la marche suivie par certaines épidémies irlandaises correspond exactement avec celle de la lièvre de Glascow. Quant à la complète identité de cette fièvre avec

m. rluiinalismc et de péricanlilc, par Porthi». American Journal of Uie Médical Sciences, Jniiiiary I8/ij, p. 80.

OPIITIIALMITIS POST-FÉBRILE.

celle quia régné à Dublin en 1826, elle est élablie par l'ideniiié de sa inarcbe et par celle de ralleclion oculaire qui dans les deux cas s'est I montrée à la suite de la maladie.

On a déjà observé depuis longtemps que diverses espèces de fièvres I peuvent réagir sur les organes de la vision. Tluicydide (1) lui même, I dans le récit qu il nous a laissé de la peste d'Atbènes, maladie que l'on I suppose avoir été le typlius, rapporte que plusieurs malades perdirent les yeux par suite de celte maladie. Le 'typhus est quelquel'ois suivi j de mouches volanles ou même d'amaurosc, et, dans quchpies cas ' rares, d'ophthalmitis générale. J'ai vu la maladie comme sous le nom I de fiay fcver (lièvre de Coin), être suivie d'ophlhalmie intermittente 1 dans laquelle l'iris était pris, et se terminant par amaurose. Le docteur Lawrie m'apprend qu'aux Indes, la fièvre rémittente est quelque- Ibis suivie de cornéile et de la mortification des cornées. Ce qu il y a de sur, c'est que jamais dans ce pays, aucune des fièvres qui nous étaient connues n'avait clé suivie d'une aflcction inflammatoire de l'œil semblable à celle que je vais décrire.

! Symptômes de la fièvre rémittente. — La maladie débutait par les i symptômes ordinaires : fièvre, frissons, céphalalgie et maux de cœur. Un caractère remarquable, c'était la fréquence des vomissements ou des vomiturilions, qui s'accompagnaient, dans tout le corps, de douleurs ressemblant à celles du rhumatisme. Il n'y avait souvent aucun symplôme précurseur; l'attaque était très-brusque et mari quée par une excessive faiblesse. Un petit garçon, que j'ai vu, fut atteint dans la rue, tomba à terre et il fallut le reporter chez lui. Dans quelques cas , rafl"ection ressemblait beaucoup au mal de mer, tant sous le rapport de la prostration des forces, qui accompagnait les vomissements, que sous celui de l'indifl'érence absolue des malades au sujet de leur exislence. Le pouls était fort accéléré ; il s'élevait souvent, la nuit qui précédait la crise, à 140 pulsations à la minute; puis il tombait tout d'un coup à 84, ou au-dessous. La langue n'était I pas fort chargée; au bout d'un certain temps, elle devenait brune I et sèche. Les malades déliraient surtout la nuit, étaient afleclés de : soubresauts des tendons, ne pouvaient dormir, s'agitaient conlinuelle- I ment et voulaient se lever.

L'épistaxis chez quelques uns, et la jaunisse chez d'autres, se mon- I traient fréquemment. Lorsque la maladie attaquait des femmes sur I le point d'avoir leurs règles , celles-ci étaient très-abondantes ; presque toutes les femmes enceintes qui en furent prises avortèrent quand leur j grossesse était peu avancée, ou accouchèrent prématurément. Lorsqu'une femme enceinte arrivait à terme, souvent l'enfant venait mort, ou, s'il venait vivant, la mère n'asait pas de lait, et son rétablissement

(I) Debcllo Pcloponncsiaco, Lil). II.

opirniÂLMiEs.

(Hail long el enlravé par des accidenls, tandis que le plus souvent l'enfant itiourait, soit par le manque de nourriture, soit par la fièvre. Au plus haut période du mal, les symptômes étaient les mêmes qu au début, si ce n'est ([u'ils étaient plus intenses. Les convulsions n'étaient point rares immédiatement avant la crise. Ouelquclois elles amenaient la mort.

La première crise ne survenait à aucune époque fixe. La maladie durait plusieurs jours, cinq ou six, et alors une transpiration abondante, survenant la nuit et précédée d'un Irisson intense, amenait un (diangement marqué. Le lendemain matin, le malade se disait comme transporté dans un monde nouveau; la langue s'était humectée, la soif avait beaucoup diminué, et il était débarrassé du mal de cœur et de la céphalalgie. Chez les vieillards, il ne survenait que peu ou pas de transpiration pendant la crise; mais le changement s'annonçait par une expression de contentement répandue sur la physionomie et par la manière de parler.

Quelques malades n'éprouvaient qu'une courte rémission ; chez les autres, elle avait une durée considérable. Elle ne durait parfois que trois ou quatre jours, d'autre fois deux ou trois semaines. Très-peu échappaient à un retour de la fièvre. Soit qu'ils se levassent et sortissent, soit qu'ils restassent confinés au lit, dix-neuf sur vingt rechutaient. Lorsque la première attaque était légère, la seconde était ordinairement plus intense, et vice versâ. Si pendant la rémission le malade s'était permis quelque écart de régime, le second paroxysme était généralement plus intense que le premier.

Les symptômes de la rechute étaient identiquement les mêmes que ceux de la première attaque. Nous retrouvions le malade que nous avions quitté la veille avec toutes les apparences de la convalescence, en proie à une fièvre intense, excessivement faible, l'air abattu a un point qui rappelait la période de collapsus du choléra malin, et la peau recouverte d'une transpiration visqueuse.

La durée de la seconde attaque était à peu près celle de la première, la seconde crise survenant après deux ou trois jours, mais le plus souvent pas avant quatre ou cinq. S'il y avait quelque différence entre les deux attaques, c'est que les douleurs musculaires étaient plus intenses dans celte dernière. La miction était aussi très difficile. La dyssenterie survenait dans cette seconde attaque, et l'on pouvait assez souvent en faire remonter la cause à l'usage des spiritueux pendant la

rémission. ... , .

Il était rare qu'il survînt une seconde ou une troisième rechute; mais quelques malades, qui avaient eu cette affection avec tous ses caractères paroxystiques bien marqués, et qui par conséquent s en croyaient'u'abri, en ont été repris après un intervalle de plusieurs mois et ont passé de nouveau par toutes ses périodes; circonstance

OPIITIIALMITIS POST-FlhUUI.K.

lOo

qui, jointe à d'aiilres que nous avons déjà mcnlionnées, servait à établii- une ligne de démarcation bien tranchée entre celte fièvre et le ly- I plms exanlhémalique.

Celte (lèvre laissait après elle des li-oublcs divers, tels que des douleurs dans les arliculalions, de la faiblesse dans les membres, de ' raulème aux pieds, l'cingorgemeiU des glandes du cou, des furoncles I dans diverses parties du corps, et une faiblesse qui se prolongeait long- I temps. Mais le plus remarquable était raffeclion amaurotiqueet inllammatoire de lœil, dont nous allons nous occuper.

Celle lièvre paraissait extrêmement conlagieuse. Partout où plusieurs individus, mal nourris, mal habillés, habitaient en commun des appartements petits, sales et mal ventilés, la maladie attaquait promptement jeunes et vieux.

1 Le chillVepeu élevé de la mortalité, comparé à la gravité des symptômes et à la débilité que la maladie laissait après elle, fut un sujet delonnement (1).

Slatislifiiie d'ophihalmitis post-fcbrile. — Voici quelques détails slalisliques dignes j d'inlérèl :

Depuis ieSaoùt jusqu'au 31 octobre 1843, époque à laquelle finit ma période quaternaire I de service au Glasgow Eije hijinnanj, 36 cas d'oplitlialmitis posl-l'ébrile avaient été I inscrits sur les registres. Pendant les années 1843 el 1844, sur 1,877 malades admis, 261 étaient affectés de cette maladie. Les cas les plus fréquents s'observèrent sur des sujets de 17 à 20 ans; mais elle n'épargna ni les jeunes enfants, ni les adultes, ni les vieillards. Les caractères généraux de celte affection étaient en partie ceux de l'amaurose, en partie ceux de rinflammation. Dans le plus grand nombre de cas, les yeux attaqués étaient sains auparavant, mais dans quelques cas ils avaient souffert d'autres maladies, el 1 dans l'un d'eux ils étaient déjà en grande partie désorganisés.

Sur les 36 cas que j'ai traités en août, septembre et octobre, 27 appartenaient à des sujets du sexe féminin, 9 à des sujets du sexe masculin. Voici l'âge des 36 malades : audessous de dix ans, 2; de dix à vingt, 17; de vingt à trente, 9; de trente à quarante, 2; de quarante à cinquante, 3; de cinquante à soixante, 3. L'œil droit était seul affecté dans 18 cas; dans 10, le gauche était seul pris, et dans 8, les deux yeux furent pris ensemble ou successivement. L'opbthalmitis se déclarait à des périodes variables I depuis trois jusqu'à seize semaines à partir du début de la fièvre. Plusieurs fois elle survint deux semaines après la convalescence de la rechute, mais généralement un peu plus tard.

La même affection oculaire se montra à Dublin après l'épidémie de 1826, et fui décrite ' par M. Hewson (2), le docteur Reid (3), le docteur jacob (4) et M. Wallace (5). Ce dernier I auteur a signalé la fréquence plus grande de celte maladie à droite qu'à gauche. « Sur I quarante cas que j'ai notés, dit-il, la maladie n'existait que quatre fois à gauche, et deux fois elle occupait les deux yeux. » Sur dix cas oij je l'ai observée à gauche, sept fois les

(1) Consullez sur la fièvre rémittcnle: Cohmack's Nalural Ilistory, Paliiology and Trcalnieul of the Epidémie Fcvcr, elc. Edinbiirç;h, 18/p5. Wardell. Oii llie Scutcii Fever of IS-io, iii London Médical Gazelle for 1847. Sur les fièvres du même lype observées en Irlande, consullez : Huttv's Hislory of tlic Discases of Dublin, diiring forly years. London, 1770. Iîkid and O'Biukn. Transactions ofllie Association ofl'cllows and Licenlialcs ofllie King and Quceu's Collège of Pliysicians in Ireland, vol. V. pp. 2G6, 5l'i. Dublin, 18-28.

(2) Observations on llie Ilistory andTrealmcnt of Ihe Ophthalmia accompanying llio secondary l'ornis of Lues Vencrea, pp. 54, 109. London, 1814 .

(3) Transactions ofllie Associaiion, etc., vol. V, p. 20/i.. Dublin, 1828.

(4) Il.id., vol. v, p. 2G8.

(ij) Medico-Chirurgieal Transactions, vol. XI V, p. 286. London, 1828.

lOG UPUTIIALMIKS.

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