OPUTHALMIES TR AU M AT I Q L'E S
Fig. Wardrop. pl. M, f.g. 1. Dalrymple, pl. Xn, fig. 1. [Sieliel, p. I, lig. 2, 3, l, 3 et B.]
Dans les sections pi-écédentes de ce chapitre, nous avons expliqué comment chaque tissu de l'œil soudre à sa façon de l'inflammation qui s'y développe sans lésion mécanique ou chimique apparente ; la conjonctive est soumise à des flux puro-muqueux et à des afl'ections éruplives; la sclérotique au rhumatisme et au ramollissement; l ins a
rn Vove.pour .les ol.srrvnlions .lélaillccs d-..pl.llialmilis posl-fcl.rilo : I.on.lon Mc.lioal Gazelle, Nov.24, I8'..ô,elk' travail ilii .locleur Anokkson, qui- nous avons .Irja cile.
OPirniALMIKS TUALMATIQLKS. M')
riiilliimmatioii iulliésivc; la conit'O à la porlc do sa transparence, à Tinlillralion pnrulenle et à rulccration ; la elioroïde à des épanehemciits lihrineux et séreux, et à la hernie à travers la sclérotique amincie ; la réline à la perle eoniplèle de toute sensibilité à la lumière; clia(|ue lissu en un mot éprouve des altérations dillerentes.
L'inllamnuUion délerniinée par des lésions cliinii(|ues ou mécanicpies évidentes, et dont nous avons examiné les ellels immédiats dans la seconde et dans la troisième sections du clui|)itre IV, et dans le clia|)itr(' peut attaciuer un ou plusieurs de ces tissus. Ainsi, l'on peut rencontrer des eonjonetiviles, des eornéilesel des iritistraumatiques, etc., cl, ce qu'il y a de remarquable, c'est ([ue rinllammation Iraiimatique lies divers tissus de Tieil imite, si Ton peut s'exprimer ainsi, les opbllialmies que nous avons déjà décrites.
On voit quelquefois une lésion Iraumatique provoquer la conjonctivite puro-muqueuse, et IVéquemmenl la conjonctivite pustuleuse ou phlyeténulaire est produite par la même cause. L'irilis lraumati<|uc (celle par exemple qui survient si souvent ai)rès les opérations de calaraele) ressendjle beaucoup à Tiritis rbumalismale ; mais chez certains sujets elle n'est autre chose que la maladie que nous avons décrite sous le nom d'irilis arthritique. L'inllammalion Iraumatique rend la cornée opaque, ou y donne naissance à un onyx ou à une ulcération; la même cause l'ait perdre au cristallin sa transparence et à la rétine sa sensibilité.
Ces observations bien comprises jettent un grand jour sur le traitement des ophlhalmies traumaliques. La conjonctivite puriforme, due à une cause Iraumatique, doit être traitée exactement comme une ophthalmie calarrhale. Dans l'iritis Iraumatique, les trois préceptes principaux d'abattre rinllammation par la saignée, de s'opposer à la contraction de la pupille par la belladone et de provoquer l'absorption à l'aide du mercure, doivent être suivis exactement comme dans rinllammation rhumatismale ou syphilitique de l'iris.
C'est pour cela que j'ai jugé à propos de ne rien dire des ophlhalmies traumaliques avant d'avoir complètement décrit les diverses variétés d inflammation qui peuvent se développer dans chacun des tissus de l'œil sous l'influence des causes atmosphériques et constitutionnelles. Sans la connaissance de ces variétés d'ophthalmies, il est difficile de comprendre les accidents inflammatoires que les lésions mécaniques peuvent déterminer sur les divers tissus qui se trouvent combinés dans l'œil; mais, à l'aide de cette connaissance, les symptômes et le traitement des ophthalmies traumaliques deviennent des plus simples. Ces symptômes varient sans doute à l'infini, eu égard à leur inlensilé. Dans certains cas, un seul des tissus de l'œil soufl're; dans d'autres, plusieurs sont afl'ectés; néanmoins, les propriétés constantes et spéciales, tant physiques que vitales, de chaque lissu,
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font que, pni' quoique cause et dans quelque cii-eonslauce que riullanuiialion survieinie, elle doime lieu aux uièiues phéuomènes essentiels,
La gravilc et les résullals des inllaiumalions lraiuuali(|ues de l'œil dépendent de l'espèce des tissus enlrepris, de l'étendue de la lésion, de la nature des agents ([ui l'ont produite, de la force avec laquelle ils ont a£ïi de la conslil,ution du malade et de sa conduite après la blessure, cl endn du traitement nus en usage.
Dans toutes les blessures de l'œil, il y a une certaine solution de continuité à combler. Dans les sinq)les incisions, la nature accomplit souvent cette réparation sans inflanunation ; mais dans les plaies contuses et déchirées, dans les piqûres qui pénètrent profondément, et même quelquefois à la suite de lésions légères cl super(i(;ielles en apparence, on a à combattre l'irritation consécutive, l'épiphora, la pliotophobie, l'inflammalion et ses conséquences, telles que la suppuration, ruicération, etc. Le traitement général consiste dans le repos des yeux et du corps, la soustraction de la lumière, la diète, les purgatifs, la saignée, le calomel avec l'opium Dans les cas légers, on applique dos réfi'igérants sur l'œil ; dans les cas plus graves, on a recours aux fomentations chaudes cl à la dilatation de la pupille.
Une blessure légère peut être suivie d'une inflammation assez étendue pour mériter le nom d'ophthabnilis Iraumatique , forme de la maladie dans laquelle, ainsi que dans quelques-unes des variétés d'ophthalmitis déjà décrites, l'œil se gonfle et fait saillie hors de l'orbito. Les paupières sont alors refoulées en dehors, la conjonctive est recouverte d'une exsudation lymphatique, le fond de l'œil rouge; l'hyaloïde, s'inlillranl de lymphe plastique ou de pus, devient verdàtre; la cornée suppure ou se mortifie, l'œil se crève et se réduit finalement à un petit moignon. J'ai vu une petite incision de la cornée provoquer une ophthalmUis qui s'est terminée par l'atrophie de l'œil.
Dans tous les casd'inilammation Iraumatique, il importe de surveiller soigneusement l'état des organes digestifs. C'est en vainque l'on comptera sur la saignée et la salivation pour faire disparaître une inflammation due à une cause Iraumatique et empêcher la suppuration, si on laisse l'estomac dérangé ou les intestins surchargés d'alimenls mal digérés ou de sécrétions altérées. 11 faut en pareil cas administrer les purgatifs et les altérants jusqu'à ce que le tube digestif soil revenu a l'état normal.
Les personnes alteintes d'inflammation Iraumatique sont assez souvent avancées en âge, incapables de supporter beaucoup la saignée, et ont les forces vitales dans un état chancelant qui parait devoir être amélioré par les toniques. On observe fréquemment une amélioration dans l'étal de l'œil des malades quand on a amélioré leur nourriture et administré la bééberine ou la quinine.
OPIITIIAKMIES TUAUMATigUKS.
Los abcès do la ooniôo souL mio dos coiisôiiuonoos los plus (Vo(|iioiilos de riiinaniinalion inuimaliqito ; ils soiil li'ôs souvcnl suivis de la rupture do la i)arlio antorioure de l'œil, qui ainôue le slaphylniuo parliol ou iréiiôral. Ce syniplôine ne eèdepas lacileineiit aux moyens oni|)l()yos. , OnU-e la belladone qui exeroe une aclion oalinanlo on monio lonips qu elle dilate la pupille, el quobiu'un dos toniiiuos donl nous venons do parler, j'ai vu la ponclion de la oornoo prali(iuoe à sa cireonlerenee, mais à'uno oorlaine dislanee de l'endroit inlillré de pus, amener un rôsullal favorable.
line règle imporianle dans le Irailomenl des oplillialmios Iraumaliques, c'est do se tenir en garde conlro los acoidonls los plus graves, contre les alleclions dos tissus inlornes de l'organe, alors mémo (|ue la lésion n'a été ou no parait avoir été que suporlicicîllc. Le traitement doit être en grande partie préventif. Il ne faut pas attendre, pour tirer du sang, qu'il soit survenu une inflammation intense, accompagnée d'une douleur eircuni-orbitaire aiguë. Il faut saigner chaque fois qu'une lésion grave est survenue. On n'attendra pas non plus (pic la ])ui)illo soit évidommonl formée; maison appliquera la belladone j)Our empêcher ce résultat. De mémo, on administrera le calomel avec l'opium sans attendre que l'iris change de couleur, aussitôt que la nature de la lésion portera à craindre une iritis. 11 ne faut pas borner son attention au tissu qui a été directement lésé, ni à celui qui parait le plus enflammé. J'ai vu une petite parcelle d'acier enfoncée dans la cornée produire une iritis et une sclérotite assez intenses, sans avoir presque enflammé la cornée, et celte cause rester méconnue pendant que l'on dirigeait contre l'irilis un traitement approprié.
Dans quelques cas d'ophlhalmitis Iraumatique, l'énorme gonflement des tissus environnant l'œil, l'épanchement qui survient dans la capsule oculaire el l'œdème delà conjonctive exercent une telle pression sur les paupières, qu elles s'écartent vers leur commissure interne et que l'inférieure se renverse en dehors et pend lâchement. D'autres fois elles se gangrènent en partie. Ces inflammations violentes de l'œil, à la suite de blessure, surviennent surtout chez les sujets scrofuleux ou chez ceux dont la conslilulion est altérée par tout autre cause. Un fait digne de remarque, c'est que des inflammations spociliques de l'œil, telles que l'irilis syphilitique ou arthritique, peuvent être provoquées par des lésions traumaliques.
Une observation qui n'est pas sans intérêt, c'est qu'après qu'on a fait disparaître tous les autres symptômes d'une inflammation intense de l'œil, suite d'une lésion chimique ou mécanique, à l'aide do la saignée, des révulsifs, du mercure, etc., on voit souvent persister une pholophobie très gênante et très opiniâtre, s'accompagnant d'un épiphora qui parait moins dù à un étal d'irrilalion de l'a^l qu'à une sorte d'habitude de suractivité contractée par les paupières el la glande la-
Ol'lITlIAL.MllîS.
eryniale. Oulre les remèdes recoimuaiitlés contre l'épiphora, je me suis bien iruuvé, en pareil cas, de l'usage inlerne de l'exlrail de slramonium.
SECT10>i \L1.
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On a vu des soldais provoquer rinflainmalion de leurs yeux par riii- Iroduclion de dlNerses substances dans les sinus de la conjonclive , on bien, lors(iu'ils sont alVeclés croplilbalinie, s'ell'orcer d'airgraver les symptômes cl d'enipèclier la guérison, à l'aide des mêmes moyens, dans le but de produire une lésion permanente des yeux, ou même la perle de la vision, afin de se l'aire congédier ou d'obtenir une pension.
Los agents irritants anx(|uels les soldats ont recours dans ce but coupable sont : le sublimé corrosif, le sel commun, le précipité rouge, le causlKiue lunaire, le sulfate de cuivre, la cbaux vive, l'acide nitrique, ronguent cantharidé, le tabac à priser, le jus et les cendres de tabac, un morceau d'étoile de draj), etc. — La maladie ainsi produite ne siège ordinairement qu'à un œil et presque toujours à lœil droit.
Souvent la rapidité avec laquelle les symptômes se déclarent permet de reconnaître non-seulement la fraude, mais encore lagenlqui a servi à la produire et qui peut même se retrouver en totalité ou en partie. Ainsi, par exemple, M. Marsball (1) a découvert sur un malade entré à Tbôpital pour une opbtbalmie, un petit morceau de mousseline noire étendu sur la cornée de l'œil droit. Cet homme avait récemment perdu la vue de l'œil gaucbc, probablement par suite d'une inflammation artificiellement provoquée.
Lorsque l'on a employé une poudre acre comme la cbaux vive ou le précipité rouge, on trouve ordinairement un ulcère avec mortification de la conjonctive et quelquefois des particules du corps étranger adhérentes à ia membrane. Les cantharides, sous quelque forme qu'on les emploie, provoquent un chémosis considérable immédiat avec gonflement des paupières et démangeaison des plus violentes. Ln acide puissant désorganise instantanément la conjonclive, de sorte qu elle blanchit, se gonfle et est près de se détacher en pellicules ; la cornée est aussi blanchie et se mortifie promptement.
Dans un cas, la profondeur et l'exacte limitation des bords de l ulcération ayant porté le chirurgien à soupçonner l'application de qnel- (|ue substance corrosive sur l'œil, on fouilla le soldat et l'on trouva sur lui un pa(iuct contenant du sublimé corrosif et une instruction écrite sur la manière de l'employer; on y recommandait d'en placer un très
(I) lIiNTs 10 Yomii; .Mcilical Ollicors, etc., p. 1 12. London, 1828.
OPHTIIAI.MIES ARTIFICIELLES. 117
nclit nioiTCiiii lo soir (Ml se coucliaiil, ciilrc les paupières et de recomnu'iioer lous les trois jours, en ayanl soin de n'en pas nietlrelrop, dans la crainle de détruire l'œil. Il y avait aussi une prescription pour faire disparaître l'ophtlialinic artilicieUc; elle consistait en une décoction de panais et de feuilles de trèlle avec laiiiielle on dcvailfoinenter l'œil (i).
En 1809, trois cents iioinnies de deux régiments en service a Chelmsford furent atteints d'oplillialinie. Les lioinines restés sains furent envoyés dans une autre i^arnison et les malades restèrent à riiopilal, commandés militairement. L'oflieier qui les commandait ayanl appris qu'une des inlirmières de l'hôpital allait fréquemment faiiv des acquisitions chez un droi^iiiste, conçut des soupçons. A miiiuil, l'ollicier se rendit à l'hôpilal, lit lever tous les hommes d'une sahe et les lit conduire tout nus dans une antre nouvellement disposée. On lit garder pendant la nuit l'ancienne salle, et le lendemain au jour, lorsqu'on examina les lils, on y trouva cachés un grand nombre de petits paquets contenant du sublimé corrosif. On prit des mesures pour en empêcher rinlrodiiction à l'avenir, et en très |)eu de temps 250 hommes se trouvèrent guéris (2).
Quelquefois les soldats s'arrachent les cils et s'appliquent ensuite un caustique pour simuler l'inflammation des paupières.
SECTION XLII