Les tubercules, pustules, ou abcès de l'iris
7 Les opacités du cristallin ou de sa capsule.
8 L'obscurcissement de la vision, et quelquefois la cécité complète . 9. La douleur dans l'œil, et la douleur nocturne circum-orbitairo.
(I) SmMarélinil(M,uia(-compasncn>ilis; voyez. jAconsTrcD.ise on tl.c Innammalions ofllu-
'St^:l;-'SH;ï.î-".s ,.ro,lni.s ...ns la oolonUion d.- Tins par rinnanu.a.ron vov.. " ondonandî^dinl.ur,:!. iMonlI.ly .lonrnal of Modical = '' l'^-'-'^
(5) Mn,...,.:MOHE. Trcalise on ll.c Uisea.cs o( ll.c Eyo, lon.o l , i». «2-2. l.o..don, 18o. ]
IRITIS KN GKNKUAh. O
L observalcur rcnconti'c dans tous les cas un nombre sulïisanl de ces symplùmes pour pouvoir reconnaître que la maladie qu'il a devani lui est une iritis. Souvent, cependant, plusieursde ces signes fontdéfaul. \insi, par exemple, on trouve quelquefois la pupille dilatée dans riritis, probablement par la coexistence d'une amaurosc; et dans ([uelques cas, à tous autres égards bien marqués, il n'existe pas la plus légère douleur dans l'œil ni dans la tète. L'iritis peut exister d'une façon bien décidée , sans aucun épanchemcnt de lymphe , sans adhérences morbides, ou sans tubercules de l'iris, ces symptômes faisant partie des changements qui surviennent dans la seconde période de la maladie, et manquant même dans bien des cas.
Sièges di/férents de la maladie. — Lorsque l'inflammation alTecte principalement la membrane qui, de la face postérieure de la cornée, se porte sur la face antérieure de l'iris, la maladie s'appelle iritis séreuse; lorsque c'est la substance propre de l'iris qui est affectée, on la nomme iritis parenchymaleuse, el uvéite lorsque c'est la face postérieure qui est le siège principal de la maladie (1).
Causes. — L'inflammation de l'iris reconnaît diverses causes. Les suivantes sont celles dont on a le mieux constaté l'existence :
1 . Le passage subit du chaud au froid, l'exposition à des courants d'air, l'excès d'exercice des yeux sur de petits objets, surtout à la lumière artificielle, et diverses autres induences donnent naissance à l'iritis idiopathique ou iritis rhumatismale.
2. La syphilis constitutionnelle et les maladies syphiloïdes.
ô. La gonorrhée, suivie de synovite, et agissant conslitutionuellement.
4. L'iritis scrofuleuse accompagne, comme affection secondaire, lacornéite; cependant, dans quelques cas moins fréquents, on observe une iritis scrofuleuse qui peut être considérée comme une affection primitive.
o. Il existe une forme toute spéciale d'iritis que les Allemands appellent artlii'itique, et qu'ils regardent comme dépendant de la goutte. Elle parait fréquemment, sinon toujours, eu rapport avec un état maladif du corps, produit par l'action, longtemps continuée, que certaines substances toxiques, telles que l'alcool et le tabac, exercent sur l'assimilation et le système nerveux.
G. Les blessures, telles, par exemple, que celles faites dans les différentes opérations de cataracte.
J'ai omis dans cette énumération les cas d'iritis qui, comme ceux qui succèdent à la cornéitc scrofuleuse, sont des extensions de l'inflammation de quelqu'une des membranes de l'œil à l'iris; celles qui sur-
fl) nzoîini. Griifc uiid Walllirrs .loiiniiil (1er v"liiiMii'sric iiml Anijcnlicilkiimlo ; vol. I, p. '238. Itcrliii, 1820. SiMKODs. \hU\., vul. XI. p. i\)ù. IScrliii, 1S2H. Sciiinui.i;h. Ibiil , vol. XII, p. ISO. Btrlin, 1828.
OPHTIIALMIES.
viennent syinpalliiquement, en conscqiience des blessures de la cornée el, de riris de Taulre œil, ou qui succèdent à la fièvre rémiltenle. Je crois que, dans l'un et Taulrc de ces cas, la maladie primitive est une inflammation de la réline et non de l'iris.
Périodes. — On a admis trois périodes dans riritis(l). L'A première est caractérisée par l'injection de la sclérotique, le changement de coloration de l'iris, le trouble et la paresse de la pupille, l'obscurcissement de la vision , et la douleur dans l'œil et autour de lui ; la seconde, par l'épancbement de la lymphe dans la pupille, les abcès de l'iris, la contraction de la pupille, les adhérences de l'iris à la capsule du cristallin, l'accroissement delà douleur, et un plus grand affaiblissement de la vision ; la troisième, par la présence de vaisseaux qui se ramifient sur l'iris et dans la pupille, l'occlusion de celle-ci, l'opacité du" cristallin et de sa capsule, l'insensibilité de la rétine, la déformation du globe de l'œil qui s'aplatit sous l'action des muscles droits, la saillie de la choroïde à travers la sclérotique amincie, et la sensation de mollesse que donne l'œil au toucher.
Derjrés et formes de la maladie. — Pronostic. — Non-seulement l'irilis offre plusieurs périodes, mais elle présente aussi différents degrés de gravité (2). Dans les cas légers et récents, on peut promettre un rétablissement complet ; dans les cas plus graves, le rétablissement ne peut être que partiel; dans les cas graves et négligés, il est troj) souvent évident qu'on ne peut conserver aucun espoir de rétablir la vision, ni même de conserver la forme de l'œ^l.
La distinction entre l'iritis aiguë et l'irilis chronique a une importance considérable (5).
La maladie se montre sous la forme aiguë chez les individus robustes et pléthoriques, lorsqu'une cause puissante a agi sur l'organe, et plus particulièrement lorsque le cas a été négligé au début, ou lorsque la cause a continué d'agir. En même temps qu'une rougeur externe vive, une grande distension des vaisseaux, un changement rapide de coloration de l'iris, la contraction de la pupille, l'épancbement de lymphe, le trouble de la cornée, la perte de la vision, une douleur excessivede l'œil, une céphalalgie intense, il existe une lièvre brûlante, avec de l'agitation et de l'insomnie. En quelques jours la vision est irréparablement perdue.
D'un autre côté, l'irilis peut débuter d'une manière si imperceptible et donner lieu à un épanchemenl de lymphe qui s'effectue si lentement, que la diminution ou même la perte de la vision peut survenir sans qu'aucune douleur se soit fait sentir dans la partie, el sans qu'il
(1) Jacoi). On. cil , p. 22.
(2) Kssiiy on li-ilis, by llie lalo Gp.onr.i: C. Montkatii, M. 0. Glasgow Médical Journal, vol. Il, II. iô. flias^ow, I82i).
(5j I,awiii.!«.;e's Lecliircs in tlic LanccI ; vol. X, p. 2.")7. I.ondoii, 1826.
IRITIS EN GÉNÉRAL.
y soil survenu de rougeur appréciable. Les personnes qui enlourenl ie malade ne s aperçoivent de rien, cl (piclqucfois le malade lui-même ne découvre son afleclion qu'en fermant par hasard Tœil sain et en constatant ainsi rabolilion de la vision dans l'autre.
L'inllammation, lorsqu'elle est aiguë, a plus de propension à s'étendre au reste de l'organe; néanmoins, cette extension peut avoir lieu également lorsque la maladie est chronique. Le pronostic doit être basé tout à la fois sur le temps qu'a duré l'affection, sur la cause dont elle dépend, et sur les eifels visibles qu'elle a déjà produits. Quand l'inllammation est aiguë, l'œil peut subir en quelques jours des altérations irréparables. Lorsqu'elle est d'intensité ordinaire, quinze jours, trois semaines, un mois peuvent s'écouler sans qu'il survienne de désordre sérieux ; et, dans la forme la plus chronique de cette affection, une durée encore plus longue ne doit pas faire perdre tout espoir de rétablissement.
Suites. — Parmi les effets les plus remarquables de l'iritis, figurent les changements que subit la pupille, et qui restent souvent permanents. L'adhérence de la pupille à la cornée (syncchia anlerior) ligure parmi les accidents les plus rares de la maladie. L'adhérence à la capsule du cristallin (synechia posterior) est très commune. La contraction de la pupille (atresia iridis), et la fausse cataracte, {cataracta lymphatica), en sont des conséquences très graves, de même que l'aniaurose. Les symptômes inflammatoires , quelque degré de violence qu'ils aient d'abord atteint, finissent par diminuer au bout d'un temps indéterminé, même sans l'intervention d'aucun traitement. Il y a alors, dans les cas idiopathiques, presque toujours atrésie de la pupille et synéchie postérieure; dans les cas syphilitiques, souvent atrophie de l'œil ; et dans les cas arthritiques, fréquemment perte complète de la vision. Quelquefois le traitement le mieux dirigé ne réussit pas à conjurer ces cllets désastreux de la maladie.
La pupille peut être presque complètement fermée et occupée par une membrane grisâtre. A la dissection, on trouve des fausses membranes qui se portent en rayonnant derrière l'iris et qui tapissent même la surface de la choroïde (1). La faculté visuelle est en général entièrement perdue. Schmidt désignait cet étal sous le nom d'alresia iridis compléta.
Il peut ne s'être fait qu'un épanchement de lymphe peu abondant, et quand les symptômes inllammatoires viennent à s'apaiser, la pupille, quoique petite et irrégulière, peut avoir encore conservé un certain degré de mobilité. La lymphe coagulable qui a occupé la pupille peut se trouver réduite à l'état de fausse membrane mince, le plus souvent opaque au centre, mais un peu transparente, ou même réticulée vers sa circonférence. Le bord pupillaire peut ne pas adhérer dans tout son
(1) Cloqiîet. Palhologic chirurgicale; pl. X, fig. («.Paris, 1851.
OIMITIIALMIES.
pourtour à celle fausse membrane, n'y èlre réuni que dans certains points, tandis qu'il reste libre dans certains autres, et faire parailre ainsi la pupille très irrégulière, surtout lorsqu'on la dilate arlinciellemcnl. La vision est alors alTaiblie, mais non complètement abolie, et parfois l'applicalionde l'extrait de belladone, en dilatant la pupille et en permettant ainsi à la lumière de pénétrer à travers les espaces laissés transparents par la fausse membrane, l'améliore beaucoup. Cet état constitue Vairesia iridis incompleta.
Dans une troisième série de cas, rinflammation n'a occupé qu'une partie de l'iris. Lorsqu'elle a disparu, il peut n'en rester qu'un simple filament opaque dans la pupille, claire partout ailleurs. Ce filament maintient fixé un seul point de la circonférence de la pupille, qui partout ailleurs est libre et mobile. C'est l'atresia iriclis partialis.
Si un traitement approprié n'a été commencé qu'à une époque avancée de la maladie, ou s'il n'a pas été suivi dun résultat favorable, l'amaurose est sujette à survenir. La pupille peut se dilater et même redevenir claire, et néanmoins la réline êire tellement altérée, surtout dans les cas sypbililiques. que la vision ne revient pas.
Une suite très commune de l'iritis est la myodésopsie.
Diagnostic. — Les maladies avec lesquelles on peut confondre l'iritis sont l'opbtbalmie rhumatismale et la catarrho- rhumatismale, la cornéite, l'aquo-capsulite, l'inflammalion de la capsule cristalline et la réiinite.
1. L'ophthalmie rhumatismale, l'ophthalmie catarrho-rhumatismale et l'iritis rhumatismale sont trois maladies qui se touchent. Les deux premières inflammations s'accompagnent presque invariablement d'un certain degré d'iritis. De même qu'il est difficile, dans beaucoup de cas d'ophthalmiecatarrho-rhumalismale,de diresi la maladie afl'ecte plutôt la conjonctive que la sclérotique, de même il est difficile, dans beaucoup de cas d'ophthalmie interne pure, de décider s'il s'agit d'une sclérotile ou d'une iritis.
2. Bien qu'il existe dans la cornéite une zone d'inflammation sclél'oticale, du trouble de la vision et une douleur sus-orbitaire comme dans l'iritis, néanmoins, un examen attentif de l'état des parties permet aisément de distinguer les deux maladies. La cornée est généralement beaucoup plus opaque dans la cornéite qu'elle ne Test dans l'iritis; Topacilé se compose de taches et de stries ofl'rant une disposition particulière et en partie recouvertes par des ramifications vasculaires. Si l'on aperçoit à travers la cornée que la pupille se meut rapidement suivant la plus ou moins grande quantité de lumière qu'on laisse arriver sur elle, on peut en induire qu'il s'agit d'un cas de cornéite simple; mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, on rencontre des cas de cornéite compliqués d'ii-itis, et co?nme la cornée est souvent trop trouble pour qu'on puisse apercevoir l'iris distinctement, on est obligé
iniTlS EN GENKUAL.
de jimer si celle complicadon exisle, par la dimension el la mobililé de la pupille. Si elle esl conlracléc et immobile, l'exislence de l'irilis esl
5. Dans Tinllammalion de la membrane qui double la cornée (capsule de rbumeur aqueuse), la rougeur radiée exisle sur la sclérotique ; il esl rare néanmoins qu'elle enloure toute la cornée : il existe aussi une douleur gravalive dans le front, de façon que sous ce rapport il y a quelque ressemblance avec l'irilis. Les opacités qui siègent sur la surface interne de la cornée caractérisent nettement l'aquo-cap-sulite: ce sont des lacbes d'un blanc laiteux qui donnent à la cornée un aspect pointillé particulier qui dillère beaucoup de celui que présenlenl les lacbes ordinaires de cette membrane. 11 arrive souvent, néanmoins, (jue dans l'aquo-capsulite l'intlammation s'étende de la lame qui double la cornée à l'iris, et détermine ainsi la formation de petites adbérences de la pupille avec la capsule du cristallin.
4. La maladie qui ressemble le plus à l'irilis est l'inflammation de la membrane du cristallin , alTection qui a été soigneusement décrite pour la première fois par le professeur Waltber. La rougeur zonulaire de la sclérotique, le cbangement de coloration de l'iris, l'obscurcissement, la contraction et l'immobilité de la pupille, et même les adbérences entre l'iris et la capsule cristalline, tout se rencontre dans cette afi'eclion ; néanmoins, elle parait différer spécitîquement de l'irilis. La douleur qui l'accompagne est moindre; l'inflammation parait ordinairement bornée à un seul point de la capsule; elle est plus lente dans sa marcbe que l'irilis, el cède beaucoup moins facilement à l'influence des remèdes, quels qu'ils soient. On ne peut cependant nier que cette inflammation de la capsule ne soit toujours accompagnée d'un certain degré d'irilis.
5. La rélinite ressemble à l'irilis par la disposition qu'affecte la rougeur externe qui l'accompagne et par l'occlusion de la pupille, que produit promplement l'extension de l'inflammation; mais son début est beaucoup plus soudain, sa marcbe plus rapide ; la vision el même la perception de la lumière se trouvent plus tôt détruites, sans douleur, et même avant que la pupille soit ancclée.
Traitement, général de l'iritis. — Les principaux points du Irailcde l'irilis consistent:!». A se rendre maître de la congestion. 2". A prévenir l'épancbemenl de lympbe coagulable, ou à favoriser son absorption lorsqu'il a déjà eu lieu. 5°. A maintenir la pupille intacte, ou à la dilater si elle s'est déjà contractée. 4". A calmer la douleur qui accompagne la maladie. Pour remplir ces diverses indications, on a recours à une combinaison de moyens que nous allons passer en revue.
1. Saignée. — On ne doit la négliger dans aucun cas, cl lorsque le malade est robuste, il faut la faire al)ondante et la répéter. La saignée locale ne sullil pas pour arrêter l'irilis, même lorsqu'elle n'est que de