OPACITÉS OU TACHES DE LA COUNÉE, ETC. 1 4 J
(i,|uo posicl'icure, l'arcmcnt clans la substance propre de la cornée. On a sui)p()S(Miiie la pression exercée sur la coi'née par raugtnenlalion ■.normale de riunnenr aqueuse |)ouvail à elle seule en délerniiner Télal nébuleux général, qui parait dû quebiuelois à un épanchenienl séreux ,l;,i,s la substance de la cornée , et d'autres fois à un épanchenienl (ibriiieux à la surlace de la mendirane interne, ou déposé entre celle-ci el la substance propre, ou bien encore au-dessous de la lame élasli((ue antérieure. Ces tacbes ne compreniu'iit que celles (jui rendent la cornée nuageuse el trouble; elles sont en général étendues el mal déliiiies, (leveiianl de moins en moins opaques vers leurs bords, el occupant souvent toute la cornée.
Le nuage esl une conséquence fréquente de ropiithalmie puro-muqueuse, mais la cause la plus commune en est la cornéite scrofulcuse. L'iiillanunalion produite par le renversement en dedans des cils ou par des cils surnuméraires, par le renversement en dedans des paupières, ou celle produite par 1 état sarcomateux ou granuleux de la conjonctive, est aussi une cause fréquente de la formation de nuages. Lorsqu'ils dépendent de ces dernières causes, c'est à elles qu'il faut tout d'abord s'attaquer. Lorsque l'on trouve la moitié supérieure de la cornée nébuleuse, el surtout nébuleuse el vasculaire, on doit croire que la conjonctive de la paupière supérieure esl granuleuse.
2. Lorsque l'épanchement de lymphe sur un point quelconque de la cornée esl assez dense pour offrir la teinte perlée, la dénomination de nuage esl remplacée par celle d'albiigo.
Cette sorte de tache siège le plus souvent immédiatement au-dessous de la lame élastique antérieure de la cornée. La lymphe épanchée forme une tache opaque, généralemenl circulaire ou ovale, plus dense ordinairement au centre qu'à la circonférence ; mais elle a, dans quelques cas rares, l'apparence d'un anneau. La cause ordinaire de i'albugo est une phlyclènule sur la cornée, qui a guéri sans se rompre. Ces petits abcès peuvent être considérés, ainsi que tous les autres, comme une exsudation de lymphe coagulable contenant du pus; cette couche de lymphe parait avoir pour objet de limiter l'étendue de la maladie. Lorsque la phlyclènule disparaît sans s'ouvrir, le pus qu'elle conlienl étant absorbé, la couche de lymphe persiste pendant un certain temps el peut même donner lieu à une tache permanente.
La résorption du pus d'un onyx ou son évacuation par rinslrumenl tranchanl sont souvent aussi suivies de la formation d'un albugo. L'onyx ou abcès de la cornée s'accompagne toujours d'un épanchenienl de lymphe plus ou moins marqué et, lorsque le pus s'est disséminé, les lamelles de la cornée qu'il a décollées ne peuvent se réunir que par un travail adhésif qui ne peut s'accomplir sans une nouvelle sécrétion de lymphe.
Quelquefois l'albugo esl traversé de nombreux vaisseaux rouges
MALADIES CONSKCirnVES AUX OPllTMALMIF.S.
provciKUil (le la conjonctive; (juaiid il en csl ainsi, il est lirs oi)iniàli'e cl U'cs poi'lc à s'clcntlrc en travers de la cornée. Il csl toujours un peu élevé au-dessus du niveau de celle-ci cl parfois il l'orme une saillie très prononcée. La conjonctive de la cornée, au-dessous de la(|uclle rampent les vaisseaux, est fort épaissie. Dans (juclques cas, ces vaisseaux sont si nombreux qu'ils font paraître Talbui^o rouge, avec des points blancs dans rintcrvalle des vaisseaux. On rencontre celle variété d'albugo chez les adultes scrol'ulcux et quelquefois chez les enfants. Lorsque les vaisseaux qui se rendent à Talbugo s aiïaissent et disparaissent, il y a lieu de croire que l'albugo cessera de s'étendre, mais il est rare qu'il disparaisse complètement. Il est quelquefois détruit par une ulcération spontanée.
5. Une troisième espèce de tache s'appelle leucome; elle est toujours le résultat d'une cicatrice. Une perle de substance de la cornée papj ulcération et un travail de granulation précèdent toujours la formation d'un leucome. Ce mol, en efTel, est synonyme de cicatrice opaque. 11 n'est pas rare que l'épi thélium qui recouvre un leucome soit soulevé par l'interposition d'un liquide entre lui et la substance propre de la cornée. !
Lorsque Ton ne connaît pas l'histoire de la maladie, il se peut qu'on ne puisse distinguer un albugo d'un leucome. En général, le leucome oflVe un aspect contracté et circonscrit , l'albugo est plus diflus. L'albugo est rarement déprimé à son centre, tandis que le leucome l'est souvent et de plus est compliqué d'adhérence partielle de l'iris à la cornée, ^
Pronostic et traitement. — Ces trois sortes de taches, nuage, albugo et leucome, ont tous une tendance à disparaître aussitôt que la maladie qui y a donné naissance s'est arrêtée ou a disparu elle-même, soit qu'elles dépendent d'une inflammation primitive de la cornée ou d'une inflammation secondaire de celle partie, due à l'irritation occasionnée par des cils renversés en dedans ou par des granulations d^ la con-^ jonclive. Il faut donc, dans tous les cas, s'eflbrcer de faire disparaître l'ophthalmie ou l'irritation mécanique d'où dépend l'opacité. Chez les enfants et les personnes encore jeunes, beaucoup d'opacités très denses et très étendues, qui n'olfriraient aucune chance de guérison chez l'adulte, disparaissent par les progrès de la croissance.
Demours (1) pense que la cornée s'accroît par sa circonférence ; il apporte à l'appui de son opinion le cas d'un enfant qui avait eu, à l'âge de six mois, une inflammation de l'œil, suivie d'abcès de la cornée, avec évacuation de l'humeur aqueuse, et adhérence de l'iris, le tout au niveau de la circonférence de la cornée. A l'âge de huit ans, celle adhérence ne se trouvait qu'à une ligne du centre de celle dernière,
(I) Traité des maladies des yeux, lorac I, p. 34. Paris, 1818.
OPACITÉS OU TACHES DE LA CORNÉE, ETC. lol
,roù il coiiclul que raccroisscMiienl de celle membrane avait eu lieu ,„lrc celle adlicreuce et le bord de la scléroliciue. (K. Observation 21 1 ,
' Lcs'lcucomes s eclaircissenl à leur circonférence et se rélraclenl vers leur cenlre. Si un leuconie est accompagné d'adhérence de l'iris à la surlace interne de la cornée, à mesure que sa portion circonlél onlielle s'éclaircil, l'iris, étroitement appliqué contre la cornée, devient sisible et, comme l'accroissement de celle-ci se lait de la circonlérence an centre, l'iris se déchire quelquclois cà et là; de sorte que la lumière passe à travers ces déchirures et gagne le l'ond de l'œil, ce qui amène parfois une amélioration de la vision.
On peut, à l'aide de diverses applications, hâter l'action des absorlianls sur les lâches, surtout lorsque ces applications sont faites en icinps opportun. Si l'on en commence l'usage trop loi, c'esl-à-dire avant que l'on ail triomphé de la cause qui a produit l'opacité, on loui-mente souvent inutilemenl le malade, et l'on entrave sa guéridon. Ainsi, par exemple, dans un cas d'opacité due à une cornéiie scrofuleuse, qui s'accompagne encore d'une injection considérable, si le chirurgien l'allaque avec des poudres stimulantes ou des solutions (le substances irritantes ou caustiques, non-seulement il ne réussira pas à la faire disparaître, mais encore, en exaspérant la maladie, il courra ^rand risque de rendre son malade aveugle. iMais s'il commence par (omballre l inllammalion, à l'aide de moyens généraux, nou-seulemenl il fera disparaître la rougeur, mais il verra de plus la cornée s'éclaircir el chaque jour une portion de la lymphe épanchée se résorber ol la vue du malade s'améliorer dans la même proportion.
Il est à remarquer qu'en général les remèdes internes (jui sont eflicaces contre les taches de la cornée sont ceux qui agissent en opérant la guérison des ophlhalmies dans lesquelles ces opacités ont pris naissance. La même remarque s'applique également aux remèdes locaux. \ous devons dire, en même temps, qu'il existe des médications qui conviennent parliculièreinenl pour hâter l'absorption des dépôts opaques de la cornée. L'administra lion d'un émélique tous les trois ou quatre jours et un léger traitement meicuriel sont de ce nombre. Quel(|ues opacités ne cèdent qu'à l'influence de l'air de la campagne et d'un régime généreux.
La plupart des applicalions usitées contre les opacités de la cornée agissent simi)leinent comme stimulants. Ni le nitrate d'argent, ni aucune des innombrables substances solubles ou insolubles, que l'on emploie pour obtenir la guérison des taches, n'agit en déterminant la iiiortilicalion ou la destruction de la substance oj)aque, ni en la vum- <l<;anl, comme se l'imagine le vulgaire; qu'ils agissent mécaniquement, chimiquement ou de toute aulre façon , ils éveillent simplement une irritation (pii rend les capillaires turgescents, el lorsque l'accroisse-
iMALADlES CONSÉCUTIVES AUX 0I>11TI1AI.M1ES.
nuMil (Je la vasculai'ilé s'est apaisée, une augmenlaliou d aclivilé des absorbants.
L'un des moyens employés pour la disparition des tacbes agit peulèlre d'une façon diiïérente : c'est la vapeur d'acide bydrocyani(|ue. Je lenvoie |)our l'ellicacMlé supposée dont jouit cette substance à ce (pie j'en ai dit (t. I, page 045), J'ai obsci'vé de bons ellcts de son emploi dans plusieurs cas de tacbes de la cornée, surtout dans le nuage consécutif à la cornéite , dans le leucome combiné avec la vésication de la cornée, ou épancbement aqueux au-dessous de l'épilbélium , et dans l'albugo vasculaire. Dans cette dernière alfection, l'action des vapeurs de l'acide l'ail contracter les vaisseaux, après cpioi la tacbe s'idcère et dis|tarail.
Lorscjue l'on s'apercioit que l'opacité commence à s'édaircir, on peut souvent y aider beaucouj) par les moyens suivants : — le vin d'opinni |)ur ou dilué ; une solution de deux à dix grains de caustique lunaire, ou d'un à deux grains de sublimé corrosif dans une once d'eau distillée ; les pommades au précipité rouge de forces diverses ; une poudre linement porpbyrisée, composée d'un gros à un gros et demi de pr(''cipilé rouge avec une once de sucre blanc. On souille' la poudre (ians l'œil à l'aide d'un tuyau de plume; la pommade s'introduit derrière la paupière supérieure et s'étend sur la cornée lorsqu'on fait mouvoiiavec le doigt la paupière dans ditrérentes directions ; quant aux solutions, on les applique à l'aide d'un pinceau en poils de cbameau ou on les injecte sur la surface de l'œil à l'aide d'une seringue. Ordinairement on ne se sert que d'un seul de ces agents dans le cours de la I même journée, mais, quand l'œil est peu sensible à l'action des stimulants, on peut en appliquer un le matin et l'autre le soir.
Outre les substances que nous venons d'énumérer, on en a vanlé i beaucoup d'autres comme jouissant de la propriété de faire disparaître ' les opacités coi néennes , mais aucune d'elles ne possède de vertu spé- j cilique. Mead recommandait une poudre porpbyrisée, composée de ; parties égales de verre pilé et de sucre blanc, et supposait qu'elle exerçait \' sur la tache une action incisive (1). Les solutions de sulfate de zinc, de sulfele ou d'ammoniure de cuivre, de carbonate de potasse, de sulfate de cadmium, Tiodure de potassium en solution ou en pommade, la créosote, la bile de certains animaux, et notamment celle du gadtis Iota et de la motella jluvialilis, la graisse d'ours, le suc du gr\jUus domest'icus , l'huile de noix, celle de pellicule de citron, ont tous été vantés à leur tour.
La solution de caustique lunaire est considérée par beaucoup de chirurgiens comme un spécifique contre les taches qu'on fait disparaître en activant l'absorption. Le docteur Ryan (2) recommande
(I) McdinilWorlisofRiciiAnDMEAn, M. D-, |i. Îi38. I.oiidon, I7G2. (i) TriinsHClions of lliu Associai ion oITellows iiiiil Licciilialcs of Ihc Kiiig au l (Jui-eii's Collège of Physiciaiis in IrrlaïKl, vol. IV, p.2:)7. nnlilin, 1824.
OPACITKS OU TACIIIÎS DE LA CORNKF., KTC . 100
(•oinnie moins iloiilouicux et plus cflicacc qu'une solution do dix grains once d'eau dislillée, un onguent composé d'un gros de nitrate (l argeiil sur une onee d'axonge. On se trouve bien, en général, de varier 1rs stimulants (jue l'on emploie.
Dans toutes les tentatives que l'on l'ait pour obtenir la disparition des tacbes de la eornée, il imi)ortc de bien apprécier la péi-iode de la iialadie à laquelle les slimuiants deviennent utiles, et de l'aire un iisa^e régulier et fréquent de la substance ou des subslances stimulantes que Ton a eboisics. 11 est i)eu de cas de tacbes de la cornée dans lesquelles on ne se trouve bien des révulsifs derrière les oreilles ou à la nuque et de scarilications de la conjonctive palpébrale. J'ai souvent observé que l'albiigo vaseulaire résistait à tous les moyens mis en usage, à moins que l'on ne divisât les vaisseaux se rendant à l'opacité ,1 (pie l'on n'attaquât les gencives par le mercure. La meilleure manière de diviser le faisceau vaseulaire est de saisir un pli de la conjonclive avec une petite pinee à dents et de l'inciser d'un coup de ciseaux. Si les vaisseaux dilatés ont écbappé à la section, on peut facilement introduire un petit crocliet sous eux pour les couper ensuite. Cette inétbode ne peut guère s'employer cbez les enfanls à cause de leur indocilité et del'élroitesse de leur ouverture palpébrale. Un écoulement de sang considérable succédant à l'opération, doit être favorisé par des fomentations cbaudes. Outre la vapeur d'acide hydi-ocyanique, on se trouve très bien, dans l'albugo vaseulaire, de l'emploi d'une forte pommade au nitrate d'argent ou au précipité rouge.
Le docteur Holscber (1) recommande, comme moyen d'activer l'absorption dans le leucome, une incision avec le couteau à cataracte ne comprenant qu'une partie de l'épaisseur de la cornée.
Le vulgaire croit que l'on peut faire disparaître les opacités à l'aide d'une opération, mais la plupart des médecins regardent cela comme impossible. Mead (2) parle à la vérité d'écorner tous les jours l'opacité avec un instrument trancbant, et Darwin (5) de la trépaner; enfin, DietTenbach (4) a enlevé un leucome du centre de la cornée et a rapproclié les bords de la perte de substance à l'aide de points de suture. Malgré ces autorités, on considère généralement comme impraticable toute opération ayant pour but de faire disparaître les opacités de la cornée, excepté lorsqu'elles consistent en une croûte d'oxyde ou de carbonate de plomb déposée sur la surface d'un ulcère de la cornée, ou d un dépôt terreux limité à la lame élastique antérieure. Lorsqu'on a fait usage d'un collyre à l'acétate de plomb, il arrive parfois qu'une croûte blanebàtre persiste après que l'ulcère est cicatrisé; j'ai plusieurs
(1) lieviic oi)liilialinolosiq(ie de lu lilléniturc modicale de l'aiiiiLT 1842, p. IG5. llruxellcs,
im.
(2) 0|). cit., p. 039
(5) Zooiiomia, vol. Ul, p. 71. London, 1801.
(i) Animons Zcilbchna fûrdiu Oplillialmologio, vol. I, p. 177. Dresden, 1851.
MALADIF.S CONSKCUTIVES AUX OPIITIIALMIES.
fois réussi ù la dclachei' avec la pointe aiguë d'une sonde : la cornée se trouvait nébuleuse au-dessous, nuiis susceptible de s'éclaircir sous l'influence d'api)licalions de vin d'opiun» longlen)|)s continuées. iM. Hownian dans un cas et M. Dixon dans l'autre, après avoir enlevé l'épilhéliuni a(in de nielti'e à un la pellicule opaque, la coupèrent par Irancbes ou la brisèrent en écailles, mettant à nu la cornée restée transparente. La douleiu' de l'opération lut des plus vives, mais l'inflamnuUion consécutive légère. 1/épithélium se reproduisit sans qu'il survînt d'opacité nouvelle et la vision se trouva rétablie par l'opération. L'analyse chimique démontra que la pellicule était formée des mêmes éléments que les os ordinaiies, c'est-à-dire de phosphates de chaux et de magnésie, avec une certaine proportion de carbonate de chaux (1).
[L'intérêt qu'offrent ces deux observations, d'ailleurs fort rares puisque M. Dixon, qui a vu le premier cette variété d'opacités, nous dit n'en avoir rencontré que trois cas, nous engage à les reproduire ici dans leur entier :
Obs. 4i5. — Opocilés symétriques enlevées avec succès par M. James Dixon.
]. T.... ébéniste, âgé de 58 ans, se présente au London Ophlhalmic Uospiial le 6 octobre 1848. Il se plaint d'un trouble de la vision qui a été graduellement en empirant pendant ces derniers six mois, Jusqu'à ce qu'enfin il ait été liors d'étal de continuer sa profession. Ses yeux, lorsqu'on les regarde rapidement et par devant, paraissent n'avoir point d'ouverture pupillaire; mais un examen plus allentif fait voir que cette apparence est due à une bande opaque qui coupe transversalement l'une et l'autre cornée à la partie moyenne et dérobe la vue de la portion correspondante de l'iris. Ces bandes sont d'une teinte brune, très-semblable à la coloration des iris; elles ont une ligne et demie de large environ, et leurs bords vont en s'amincissant graduellement; les portions supérieure et inférieure de la cornée sont parfaitement transparentes, et en regardant obliquement, on aperçoit les pupilles au travers. Ces ouvertures sont un peu petites, mais parfaitement norniales et le malade aperçoit distinctement les objets qu'on place au-dessus et au-dessous du niveau de l'œil. A part ces opacités, les yeux n'offraient rien de morbide; le malade affirme qu'il n'a éprouvé aucun symptôme inflammatoire pendant le temps que la vue s'est obscurcie.
Ayant essayé successivement et sans succès la contre-dérivation en plaçant des cautères aux tempes et faisant des applicalions stimulantes, des frictions mercurielles autour des orliiles, je tentai d'enlever lesopncitésù l'aided'uneopéralion. LeIS février, je grattai avec précaution l'épitbélium du centre de la cornée droite, et je trouvai au-dessous une mince couche de matière dure. Cette matière était unie au tissu propre de la cornée et ne pouvait s'enlever qu'en petites parcelles très-difficiles à détacher. Quand j'eus gratté ce dépôt opaque, la cornée située au-dessous fut trouvée parfaitement transparente. Le malade se plaignit pendant et après l'opération d'une douleur extrêmement vive; j'appliquai sur la surface dénudée une goutte d'huile de ricin; c'est l'application que j'ai toujours vu être la plus calmante dans tous ces cas si douloureux où l'épithélium a été déchiré ou enlevé rudement de la surface de la cornée.
Le!" mars, toute irritation avait disparu dans l'œil, et l'endroit occupe par I opacité était recouvert d'un épithélium parfaitement transparent. La semaine suivante, M. Dixon répéta la même opération sur l'œil gauche; le résultat fut une amélioration considérable de la vision et le retour presque complet de la portion de la cornée située au devant de la pupille ù sa transparence normale. Les fragments enlevés prirent, en se desséciiant, l'as-
(1) Lectures on Ihe paris, etc. p. 117 ; London, 18i9 ; [el Annales d'Oculislique, t. 30, p. 36. ]