OPACITÉS OU TACHES DE LA CORNÉE, ETC
i„.ct (le ceux du cas de Keinp (F. Ohs. lAO), clM. le professeur Taylor leslrouva composés |,i incipiilcinont de duiux à l'élat de pliospliale.
Ql,g Opacités siimclriqucs des deux cornées, occupant horizontnlejnenl la rcnUm centrale, empèclvrnl la vision et formées par un dépôt terreux limité à la lame ■liistiiine antérieure; elles sont enlevées avec succès par M. liowman.
laines Keiiip, Agé de 35 ans, peintre en liiUinienl depuis 40 ans, d'une lionne consliiiiîion, mais alTailtli réeeninieni, laulc de nouri'ilure, détresse à laquelle il se trouve réduit par rimpossihilité de se livrer h ses occupations, vint réclamer mes soins en janvier 1849. Il a sur chaque cornée une hande iiorizontale, lorméc par une o|)acité brune qui s'étend ,1'iin coté à l'autre et s'élargit au niveau de la pupille, de manière à la cacher coniplétemenl, r\ce|)lé lorstprelle est Irès-dilalée ou (|u'ou la regarde en dessus ou en dessous à travers l;i poi'tion de cornée restée Iraiisparenle. On peut alors reconnaître (jue l'iris et la j)U|)ille ,1111 parl'aitemenl conservé leur activité normale. Lorsque les pupilles sont fortement dilaiccs, il peut jouir un peu de la vision, surtout à gauche, où l'opacité est un peu moins coiisidérahle qu'adroite. L'opacité est linement higarrée de taches noires, dont (juelquesiines ne sont visibles qu'à la loupe : ses bords se terminent brusquement et, au delà, la cornée est parfaitement claire, r.elle opacité avait l'air de siéger Mil)erliciellement et de s'élever iiii jieu au-dessus du niveau des parties avoisinantes , mais sa surface réfléchissait la lumière aussi brillamment que partout ailleurs. La forme de l'opacité l'tait telle qu'elle s'inclinait un peu en bas vers le côté interne, lie sorte que sur chaque œil son bord inférieur correspondait i'\actement à celui de la paupière inférieure, quand les yeux étaient dirigés sur un objet rapproché. L'extrémité interne de
l'opacité gauche était traversée Oiîil sfauclio de Kemp montrant la disposUion de l'opnciK;, Ki pu- ' .. '1 •! ■ I 1''"'' 1''"^ ilil;itce i|iie ilc couliinie. Diin<: cet cliil, il pouMiil se
par une ligne étroite ou la cor- comluiie, l;i lumifi-e entrant au-dessus de l'opacité. Grossissement liée avait toute sa transparence. Je 2 diamètres. Dessine par le docteur Westmaeolt.
La singularité de ces opacités fit que je m'informai exactement de riiistoire de cet homme. Il avait eu, dix ans auparavant, une ophthalmie qui n'avait duré qu'une quinzaine de jours et n'avait pas laissé de traces. Trois ans plus lard, sa femme remarqua qu'il avait une lâche sur chaque œil; mais comme sa vue était parfaite, il en douta. Deux ans plus tard, les taches étaient devenues plus apparentes pour les autres; lui-mêmecomniença à s'apercevoir qu'à une forte lumière sa vue s'obscurcissait; il alla à \'OplUlmlmic llospilal, où il resta plus de deux ans; il fut traité à l'aide de lotions et d'instillations de gouttes, mais son étal empira plutôt que de s'améliorer; enfin l'opacité parut condrmée et incurable et s'étendit fortement au devant de la pupille. Depuis un an, il n'a pu travailler, car il ne peut voir quedans un lieu obscur et les objets situés d'un seul côté.
Ainsi que ceux qui l'avaient vu avant moi, je regardai ces opacités comme indélébiles; mais comme 11 venait me voir de temps en temps, il me vint à l'idée d'essayer d'enlever une portion, afin d'en examiner plus complètement la nature. Je fis en conséquence venir le malade chez moi pour avoir la facilité de placer immédiatemenl sous le microscope les particules que je pourrais détaclicr. La première égratignure que je lis avec la laiicetlesiir l'œJl droit (20 janvier), détacha l'épilhélium, qui me parut sain, j'arrivai immédiatement sur l'opacilé dont la surface était unie, mais résislait à l'instrumeiil comme un corps dur. En essayant d'en enlever une petite pellicule par le grattage, un pelil éclat se brisa el tomba, laissant à sa place ce qui me parut un trou à travers la cornée; mais l'humeur aqueuse ne s'échappa point cl je vis la pupille à travers le tissu lamellé parfaitement transparent situé derrière l'opacité.
Il me fut alors facile d'enlever la pellicule opaque dans l'espace qui correspondait à la
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MALADIES CONSECUTIVES AUX OPIITIIALMIES.
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cornée; quand cela fui fait, il put lire facilenienl de grandes lettres, car la surface mise à nu (Hall presque polie.
La douleur occasionnée par l'opération fut considérable, et le pauvre homme s'évanouit;
^ mais l'inllamnuilion conséculive
lut légi're; au lioul de jieu de jours, i'épilliélium s'était rr|)roduil sans retour de l'opacité, el la \ue était l)cauco\i|) améliorée.
Les frafinienls enlevés devinrent d'un hianc opaque lors(|u'ils furent secs el examinés à un grossissement sullisant; ils préseiilenl l'aspect d'une agrégation de grains arrondis, réfractant fortement la lumière el disposés en une sorte de réseau.
Ils sont situés pre>que tous sur le même plan, el l'épitliéliuin qui les recouvrait est parfaite-
Oliil droit de Kemp , ^iprès l'cnlé» emcnt de l'iiprioilé de devnnl la niCntSain. pupille, qui est ici repiésenlée dans l'éliil de dilaliilion. Grossisse- Avaut UUC VagUC idée à CaUSC nient de îi diamètres ; dessin du docteur Weslmacoft. ^' , . ' • ,.
de la forme des opacités, qu elles pouvaient consister dans le dépôt de quelque substance exhalée des couleurs (ju'il avait maniées si longtemps, je priai mon ami, le professeur Miller, de les examiner à l'aide de réactifs chimiques; voici ce qu'il m'en a écrit :
Examen cliimique d'un dépôt superficiel de la cornée. « 22 janvier 1849. — Placée dans Vacide accliqve, la matière ^granuleuse se sépare lentement par disiolulion du tissu qui la contient.
« L'acide hydrochlorique l'attaque promptemenl avec el'Iervescence et la dissout complètement. « Vammoninque ajoutée à la dissolution dans l'acide hydrochlorique, détermine un précipité amorphe cohérent, mêlé à quelques cristaux dentelés et étoilés bien connus de phosphate de magnésie et d'ammoniaque.
« Voxalnte d'ammoniaque, ajouté à la préparation précédente, détermine un précipité uniformément répandu de grains grossiers d'oxalate de chaux. « L'hydrosulfale d'ammoniaque n'est suivi d'aucune teinte noire, ce qui prouve l'alisence du plomb. « Ce dépôt paraît donc formé des mêmes éléments que les os ordinaires, c'est-à-dire de phosphates de chaux el de magnésie el d'une portion considérable de carbonate de chaux. »
Le 22 février, la surface mise à nu sur l'œil droit restant transparente, je pratiquai la même opération sur l'œil gauche avec un égal succès, de sorte que, quelques jours après, la vue était si bonne qu'il y a huit ans. Avec cet œil il pouvait, en elTet, lire avec quelque attention le caractère appelé Perle (Pearl type).
Cette observation est un exemple de formation d'un produit brun, d'une origine non inllammatoire et ayant de la tendance à attaquer les deux cornées; je crois qu'il siège évidemment dans la lame élastique antérieure. J'en ai rencontré quatre ou cimi cas, mais jusqu'à présent je les avais considérés comme incurables. Je suis très-désireux de répandre la connaissance du résultat obtenu surKemp, car il y a probablement plusieurs cas semblables dans le pays, abandonnés comme incurables, el dont on peut triompher par la même méthode. T. W.J
[l'ig- 7.] a. Dépôt terreuxdolu l'ace antérieure delà cornée. Grossissement de 181) diaiiirlres, 6, épitliélium sain qui le recouvrait. (Observation de Kemp.)
Rosas, GiiUz, Malgaigne el d'aiilres cliii'urgiens on! essayé de