II
20G MALADIES CONSKCl'TIVKS AUX OPUTHALMIES.
li'augniciile jamais de voluino, ne s'amincit jamais au point de se rompre comme cela se voit dans le slapliylôme s|)héri(iiie, (luc son sommet s'ulcère ([uchiuelois; (|u'à cette (''|)o(|ue la tumeur est recouverte de vaisseaux rouges j)rovenantde la sclérolicpie et de la conjonctive, et qu'une j)arlie de la tinneur peut être détruite par le travail d'ulcération, (|ui s'accompaiijne de l)eaucou|) de doideur et détermine rallaiblissemont de l'autre œil. Tout cela se voit parfois dans des cas > graves de cornéile. , Le volume qu'atteint le staphylôme total dépend beaucoup du degré d'activité avec lc(iuel la chandjre postérieure continue à sécréter l'humeur aqueuse. Moins cette partie de l'œil a été altérée par l'inllamnialion, plus la quanlitc d'humeur aqueus(! sera grande, el plus considérable sera la dilatation subie par l'iris uni à la pseudo-cornée. liien qu'au début le staphylôme puisse être extrêmement épais et coriace, au point de se laisser à peine entamer par le couteau, on le voit néanmoins assez souvent s'amincir avec le temps par suite de la distension qu'il subit et de l'absorption interstitielle (jui s'elTectuc dans son épaisseur, au point d'acquérir une trans])arence qui ])ermel au malade de distinguer quelques-uns des objets (jui l'entourent, el lui fait espérer de regagner la vue par une opération. Ce phénomène est l'avanlcoureur de la rupture du staphylôme, qui est suivie pour un jour ou deux de l'aflaissement de la tiuneur; mais celle-ci ne tarde pas à reparaître avec sa forme et ses dimensions primitives.
Lorsqu'un staphylôme total acquiert un volume considérable, l'iris qui ne se prête pas à la même distension que la pseiUlo-cornée, et dont le tissu est beaucoup plus fragile, se sépare de la choroïde et se déchire
en lambeaux ; de sorte que, lorsqu'on examine un pareil staphylôme après la mort ou après son ablation par l'opération, on trouve l'iris adhérent à la cornée, déchiré et réti- (Fig. 17 cl 18.) culé (lig. 17), tandis que, quand les dimen-
sions du staphylôme ne sont pas aussi considérables, on aperçoit l'iris encore entier à sa surface interne. (Fig. 18.) (1).
Le staphylôme total, complètement négligé, acquiert parfois des dimensions prodigieuses , et comprend la sclérotique el la choroïde aussi bien que la cornée et l'iris. La totalité du globe subit en pareil cas une expansion considérable ; la choroïde apparaît à travers la sclérotique amincie cl donne à tout le globe une teinte bleu foncé.
Prophylaxie. — Lorsqu'on voit un œil dont la cornée est détruite par un aiicès ou par un ulcère, comme cela se rencontre fréquemment à la suite de l'oplithalmie des nouveau nés, il est facile de prévoir
(I) Ckeu's AnsicliUlcr slapliylomalôscii Melamorpiioscii des Auges ; l'iaiichc 1, figs. Ici 2. VVien, ISOj.
STAPllVLÔME.
qu'un sl;ii)hylônie total en sera le résultat. On a agité la question de savoir s'il n'existait aueun nu)ycn trenij)écher celle lerniiuaisou. Il arrive parfois (jue, bien ([ue la eornée ail été eoinpléteuieiit délruile dans l'oplillialniie purulente ou dans toute autre, il ne se forme poiul de staphylônie, mais bien une cicatrice aplatie, suivie de ratropliie de l'œil. M. Jones suppose qu'en pareil cas le cristallin s'est échappé à travers la cornée ulcérée et |)ropose comme moyen propi-e à prévenir le slaphylôme, rexlracliou du crislalliu avant le début du travail de cicalrisaiion. On sera quehiuefois obligé ])our cela de pratiquer une incision à travers l'iris, car la pupille est ordinairement close dans les cas où la cornée a été détruite par suppuration. M. Joncs pense que la sécrétion d'humeuraqueuse, qui continue à s'eiïectuer dans la chambre postérieure restée inlacte, maiiilient disleiidu l'iris sur la surface duquel sa pseudo-cornée se moule sous forme d eminence arrondie. Il extrait donc le crislalliu , alin de détruire l inlégrité de la chambre postérieure, comme on le verra dans l'observation suivante :
Obs.i'Ul. — Un lioniiiic, figo (le 25 ans, en proie iiiix symptômes d'une opiillialmie purulente grave des deux yeux, vint consulter M. Joncs. A droite, la cornée étant détruite et la pupille close, l'iris Taisait saillie en avant et était distendu par l'iuimeur aqueuse. L'œil gauche avait aussi beaucoup souffert; il existait un ulcère pénétrant, un prolapsus de l'iris et par conséquent un déplacement avec rétrécissement de la pupille. L'inflammation subsistait encore dans les deux yeux, et il était Irès-donteux qu'il fût possible d'empêcher que l'état de l'iris gauche ne s'aggravât, d'autant que la présence du slaphylôme à droite ajoutait encore à l'irritation. Il incisa à droite l'iris saillant à l'aide du couteau de Beer el pratiqua l'extraclion du cristallin. Une réaction intense se manifesta, moins peut-être par suite de l'opération que parce que le malade se trouvait dans une situation qui ne lui permettait pas de se soigner convenablement. L'iris ne se dislendit pas de nouveau; au contraire, TceII s'alTaissa et cette cause d'irritation ayant ainsi disparu, l'œil gauche s'améliora progressivement, autant que le permettaient les altérations qu'il avait subies, et plus qu'on n'aurait pu l'espérer, puisque le malade conserva une vue suffisante pour reprendre sa profession de portier.
Un autre moyen de prévenir la formation d'un slaphylôme consiste à saisir avec des pinces l'iris dénudé et à le l'etrancher d'un coup de ciseaux. En agissant ainsi, la pseudo-cornée se formerait sur la surface du cristallin, et l'œil conserverait une forme plus avantageuse qu'après l'extraction de la lentille.
Pronostic. — Il n'existe aucun moyen de rétablir la vue chez un malade allecté de slaphylôme lotal, même dans les cas où il y a lieu de supposer que le cristallin, l'humeur vitrée et la réline sont sains. Tout ce que l'on peut faire, c'est d'enlever une tumeur qui est très disgracieuse et souvent très douloureuse. Lorsqu'un œil staphylomateux reçoit un coup, il est très sujet à se rompre : du sang' et un liquide aqueux s'en échappent; la plaie se cicatrise et parfois la tumeur s'allaisse pour ne plus reparaître. Le slaphylôme faisant saillie au delà des paupières entrelient une irriliiiion constanle et met l'autre œil hors de service. Lorsqu'un œil aflccté de slaphylôme est pris d'inllam-
MALADIES CONSÉCUTIYKS AUX OIMITIIALMIES.
inalion calarriialc ou Inminaliquo, il csl siijol à lomber (mi gangrène, ei lii lunieur à se IransfornuM" en eschare , ce qui délcrinine une guéi-isonii iialurcUe, mais douloureuse. 11 convient donc d'enlever loul sla])li}lôinci lolal considérable aussi |ironip1cnienl, (|ue |)ossil)le. ('.elle opéralionn soulage beaucoup le malade el lui permelde se servir de son aulrcoiil.
Trailmienl.. — On a proposé divers moyens pour faire disparaiiro, le staphylômc lolal sans recourii' à l'excision. Ou a essayé particnlièment, sur la recounnandalion de Ricliler, le cbloi'ure d'anlimoine. On'i a aussi pensé qu'il sullirail d'inciseï' le slapliylôme, de passer un (il l au travers ou d'en exciser une petite portion, l'ceil restant ainsi ouvert i pendant quelque temps, pour obtenir la guérison (I j.Tous ces moyens > ont écboué. L'incision n'est qu'un palliatif; le sélon exige un lemps^ très long et l'on ne peut compter sur ses ell'els; les eschaiotiques pro-voquent fréquemment une inllammation violente de l'œil. D'un autre ' côté, Beer rapporte qu'il a excisé 216 slapbylômes sans avoir jamais ^ observé d'accident sérieux à la suite de l'opération (2).
Opéralion. — Il importe beaucoup de conserver le cristallin et l'humeur vitrée. S'il s'agit d'un enfant qui crie et remue beaucoup, ces^ humeurs sont fréquemment expulsées del'œil. Ondoil donc chlorofor-mer les enfants que l'on veut opérer du staphylômc.
L'opération consiste, d'abord dans la formation d'un lambeau à l'aide du couteau à cataracte, et ensuite dans l'excision de ce lambeau à l'aide de ciseaux. La j)aupière supérieure étant relevée par un aide, le chirurgien saisit le staphylômc, en le traversantde part en part avec un assez fort crochet aigu ou avec une aiguille armée d'un fil cii-é, puis prend, de la main qui ne tient pas le crochet ou la ligature, le couteau à staphylômc qui n'est autre qu'un grand couteau à calaracle, et l'enfonce, le bord tranchant dirigé en haut, au côté temporal du staphylômc et contre sa base, à une dislance lelle au-dessous de son diamètre transversc que les deux tiers de la tumeur se trouvent compris dans le lambeau formé par l'incision. La poinle du couteau est poussée perpendiculairement contre la circonféretice du staphylômc jusqu'à ce que toute l'épaisseur de la pseudo-cornée en soit traversée. Le manche de l'instrument est ensuite porté en arrière jusqu'à ce qu'il se trouve dirigé parallèlement à la base du staphylômc. Le chirurgien pousse alors le couteau en dedans jusqu'à ce qu'il ait atteint son point de sortie, qui doit se trouver sur la même ligne horizontale que le point d'entrée, et complète la formation du lambeau en poussant progressivement le couteau jusqu'à ce qu'il soit dégagé des tissus; l'opération se termine par la section, avec des ciseaux courbes, de la portion de la circonférence du staphylôme encore adhérente à la sclérotique. An
(1) Celsus Dere niedica . lil). VII, pars II. cap. I, sec. 2.
(2) Lcliix von lien Aiigeukranldiciltii ; vol : 11, p. 2IG; W leii, 1817.
STAPIIYLÙME.
même inslaiit, l'aide laisse retomber la paupière supérieure, qu'on doit tenir abaissée pendant huit à dix jours.
Pendant la durée de ropéralion, et surtout vers la lin, il faut prendre içarde de comprimer ou de tirailler irrégulièrement ou trop lortemenUe globe de l'iieil, de peur de déterminer la sortie du cristallin et de rhunieur vitrée. Souvent on ne trouve aucune trace du cristallin, soit qu il ait disparu par absorption, ou qu'il se soit enfoncé dans l'Iiumeur vitrée en état de dissolution. Il est souvent impossible d'éviter la perte du cristallin, ou, quand il fait défaut, celle d'une |)orlion deTliumeur vitrée, soit par suite de l'adliérenee qui existe entre la capsule du cristallin et l'iris, et qui fait que le couteau passe derrière le cristallin et à travers l'bumeur vitrée, soit jiar le fait de l'élal de dissolution de la membrane byaloïde, qui accompagne fréquemment le stapbylôme total.
Si la sclérotique a pris une part considérable à la maladie, et qii'il existe autour de la cornée stapb} iomaleuse un certain nombre de protubérances d'un bleu foncé (slap/iylomascleroticœ racemosiini), au lieu de se borner à enlever l'iris et la cornée, il vaut mieux retrancher le tiers antérieur du globe de l'œil; opération qui, bien qu'elle soit quelquefois suivie de la réduction de l'œil à un très petit volume, laisse en général un moignon suflisant pour l'adaptation d'un œil artiliciel.
Après l'opération du stapbylôme, on recouvre l'œil d'un plumasseau de cliarpie et d'une compresse qu'on maintient à l'aide d'une bande à deux globes, qu'on fait d'abord passer plusieurs fois autour de la tête et sur l'œil, puis au-dessus du sommet de la tôle et au-dessous du menton, pour empêcher le pansement de glisser et les paupières de se mouvoir. Lorsqu'au bout de huit à dix jours on examine l'œil, on trouve l'ouverture qui existait à la face antérieure considérablement coulraclée et occupée par un épanchement de lymphe grisâtre, semi-transparente, qui devient graduellement opaque et se convertit enfin en une cicatrice solide parcourue par des stries bleues ou brunâtres et occupant la place de la cornée staphylomateuse. Quant à la forme de l'œil, si le cristallin et l'humeur vitrée ont élé conservés, elle n'éprouve d'autre changement que la disparition de la saillie de la cornée ; d autres fois il parait plus ou moins enfoncé et prend ordinairement une forme carrée par suite de l'action des muscles droits. Lorsque la guérison est complète, on peut placer un œil artificiel, qui permet souvent une illusion presque com|)lèle.
Une certaine quantité de sang s'échappe ordinairement au moment de l'opération; mais il arrive parfois, surtout lorsque la maladie s'est étendue en arrière, de façon à comprendre la sclérotique et la choroïde que, soit immédiatement, soit quelques heures après l'opération, il se produise une hémorrhagie plus considérable dont le produit s'échappe de l'œil ou reste à l'intérieur de sa cavité. On voit alors une
MALADIES CONSÉCUTIVES AUX Ol'UTllALMlES.
masse de sang noir, Irès consislanle, faisant au-devanl de la plaie une saillie qui ne permet plus au nuilade de rapprocher les paupières. Le i!;lobe de Tœil devient le siège d'une distension douloureuse, et la conjonclive et les paui)ières sont forlement eccliymosées. L'hémorrliugic qui se t'ait à l'intérieur de l'œil donne parfois lieu à une douleur atroce, , ù des vomissements et même à des convulsions. 11 faut, en |)areil cas, . retrancher avec des ciseaux la substance saillanle, qui est (luelquefois v constituée par la membrane byaloïde iniiltréc de sang, mais qui dans^ (l'autres cas n'est qu'un caillot pendant à la surface de l'œil. C-ela fait, . l'hémorrliagie cesse ainsi que la douleui'. Si l'on abandonne la masse saillante sans l'enlever, elle s'atlaisse au bout de quel(|ues jours. Quand i il survient ainsi unebémorrhagie, l'œil s'aflaisse souvent beaucoup plus » qu'après une opération ordinaire de slapbylôme, et dans cet état ne se prête pas aussi bien à la pose d'un œil artificiel. On doit donc se tenir i en'garde contre toutes les causes susceptibles d'amener riiémorrhagie.
Ilpeutarriver que l'ouverture de l'œil soit longue à se fermer. Ainsi, lorsque l'on ouvre les paupières le huitième ou le dixième jour, on n'aperçoit ni pseudo-cornée, ni épanchement de lymphe plastique ; dans cet état qui peut se prolonger pendant des semaines, l'ouverlure rcsio béante et laisse voir à nu les humeurs transparenles. A la fin cependanl, l'ouverture se contracte et se cicatrise. Des granulations fongueuses sortent par l'ouvei lure et il faut les réprimer avec le nitrate d argeiil. Si l'on ne maintient point l'œil fermé après l'opéralion, le cristallin peut être poussé en avant et venir faire saillie à travers la plaie. Lors- {ju'il en est ainsi, il faut enlever la lentille et maintenir l'œil fernu' jusqu'à ce que la cicatrice soit formée (1).
[On n'est pas toujours mailre de laisser le cristallin, car, ainsi que nous l'avons déjà dit fréquemment, la capsule cristalline a contracté des adhérences avec l'iris et se trouve ainsi que lui soudée à la cornée, de sorte que, dès Tinslant qu'on incise celle-ci, le cristallin s'échappe au dehors. Quelquefois, lors(iue le cristallin est resté en place, le malade jouit pendant un certain temps d'une vision passable, ainsi que nous l'avons quelquefois vu; mais toujours, ou il se forme une nouvelle cicatrice opaque au-devant du cristallin, ou celui-ci s'échappe, quelque satisfaisant qu'ait d'abord paru être le résultat.
Obs. 428. — Le profi^sscur Jaeger pratiqua l'opération du slapliylôme sur une jeune personne, mais il ne déchira pas la capsule. La cicatrisation s'effectua néanmoins, et la capsule du cristallin remplit l'office de la cornée, de sorte que l'opérée put jouir d un degrc satisfaisant de vision. L'opérateur et l'opérée étaient également satisfaits, car le cas marchait favorablement vers un résultat tout différent de ce que l'on observe d'habitude, et la cicatrisation était presque complète. La capsule cristalline, toutefois, ne pouvait être qu un triste remplaçant de la cornée, peu propre à résister à la pression. La jeune lille ayant laissé tomber' une aiguille sur le plancher, se baissa brusquement pour la chercher ; mais
[(1) SicHKi,. Mode de cicalrisalion de la plaie après ropérallon du slapliylôme de la cornée et de rii-is. Annali s d'Oculisliquc, t. XIX, p.. iil ]
ST\1»1IY1.()MK.
l'elTort qu'elle fil pour adapter son œil à la vision d'un si pclil objet, fil jaillir le erislallin au dehors.
M Ilays (1) M"' omprunlocollo observa lion :< rouvragc de M. liiwlhursi OnCalaract, ajoute : « Pareil l'ail s'esl présenlé deux ou trois lois dans nia pratique et, bien (|ue j'aie eba(|ue lois exprimé ma convielion qu'il n'v avait aiieune espérance à coueevoir, les malades soutenaient que nous nous trompions et ([uils auraient une vision sa tislaisa nie Malheureusement, ces espérances ne se sont jamais réalisées. » I .W.J
Il survient (luelquelbis une inllammation violente {ophlhalmilis phlegmonosn) qui se termine par le développement de la suppuralion cl dans rinlérieui' de la cavité oculaire et dans le tissu cellulaire de rintérieur de l'orbite. Cet accident doit être combattu par un trailcnienlanliphlogisti(iue strictement suivi. Les opiacés serviront à calmer l'intensité des'douleurs; on appliquera un cataplasme sur l'œil et l'on ouvrira immédiatement avec la lancelte tout abcès qui se l'ormcra.
[Le procédé employé parM. Desmarres (2) pour l'excision duslapbylôme tant partiel que total de la cornée et de l'iris, dill'ère en plusieurs points de celui qui vienl d'être décrit. Il est exposé ainsi |)ar l'auteur : « Le malade est couché sur le dos, la téle appuyée sur un oreiller résistant. Un aide iixe la téle et maintient les paupières écartées avec les doigts seulement si l'œil est saillant, avec les élévateurs pleins s'il est enfoncé dans l'orbite. Une aiguille courbe à lance assez large, munie d'un fil, est passée à travers la base de la tumeur dans un endroit qui paraisse assez résistant; puis le fil est noué ou simplement maintenu avec les doigts de la main gauche. Cela fait, l'opérateur attend quelques instants avant de pratiquer la manœuvre nécessaire à l'ablation de la tumeur, et prolite dcce temps d'arrél pour faire bâiller les lèvres de la petite plaie qu'a déterminéele passage de l'aiguille, afin de permettre à l'humeur aqueuse de s'écouler avec lenteur. Au bout de deux à Irois minutes, et s'il n'est rien survenu de particulier, la pointe d'un slaplnjlolàme, sorte de couteau à cataracte, lancéolaire et IranchaiU des deux côtés comme l'instrunicnldeSiebold, est placée au centre de la base de la tumeur. Il ne reste plus qu'à pratiquer la contre-ponction dans le point diamétralement opposé et à faire marcher la lame droit devant elle, jusqu'à ce qu'il ne reste plus, en haut et en bas, qu'un petit pont à diviser.
Parvenu à ce moment de l'opération, le chirurgien s'arrcle, attend encore un instant et achève la division de ce double petit pont, soit avec le kératotôme toujours engagé dans la plaie, soit à l'aide de ciseaux ordinaires, s'il y a eu des contractions qui aient nécessité l'occlusion de l'œil par les paupières. Un grand avantage du procédé qui consiste
[(I) Éiliiioii ;uiu'ri(::iiii(î (le I awreiiro, p. 987 ] [(2) Dksmauuks. Loc. cil. l. 11, p. âyO J
MALADIES CONSÉCUTIVES AUX OPIITIIALMIES
à Iravorseï' la liiincur avec une aiguille iniinie d'un fil, c'est qu'à aucun inomeiil l'œil ne peut échapper, cl que le chirurgien est toujours inaitre de la tumeur, inèinedansles cas où, par suite d'accident, on est ohligé de laisser les pau|)ières se leriner pour un instant. On y trouve encore cet avantage de laisser riiuineur a(|ueuse s'ccouler Icnlemenl par les piqûres de l'aiguille et d'empêcher l'appareil nnisculaire de se contracter i)rusquement. Un exemjjle fera mieux comprendre toute l'importance du procédé :
Obs. 429. — Une jeune fille de 48ans était alleinled'iin slapliylômeconique considérable, compliqué d'iiydropiillialniic; je songeai tout d'ahord à enlever la cornée en enlier. Je traversai la tumeur d'un fil et donnai lentement issue ù l'iiuineur aqueuse, craignant qu'une liémorrhagie ne se produisit brusquement. Celte précaution ne fui pas inutile, car aussitôt que l'œil fut aiïaissé, la jeune fille se plaignit d'une douleur excessive dans le fond de l'orbite, les sourcils, les ramilicalions de la cinquième paire, et tout aussitôt, au lieu de continuera s'affaisser, l'œil reprit le volume qu'il avait perdu pour un instant. Uneliémorrliagie venait de se faire à la surface de la choroïde, et quelques gouttes de sang, qui s'échappèrent par la double petite ouverture faite par l'aiguille, ne laissèrent aucun doute à ce sujet. Je retirai rapidement le fil de la plaie, fermai les paupières, recommandai des applications d'eau glacée, et l'hémoniiagie fut ainsi à coup sûr arrêtée. Le lendemain, l'œil était dans de très-bonnes conditions, et vers le cinquième jour, je pratiquai une ponction dans la scléroti(iue, à la partie inférieure externe de l'œil, qui donna issue à un peu de sang noir; puis j'introduisis une mèche dans le globe oculaire, afin de l'enflammer. Les choses marchèrent régulièrement. Tous les deux jours, j'ouvrais la plaie avec un stylet; peu à peu l'œil s'affaissa complètement, et depuis sept à huit mois, la jeune fille porte un œil artificiel qui caclie entièrement la difformité. «
Le procédé du docteur Kiichler, de Darmsladt, consiste à inciser transversalement le staphylôme, à extraire le cristallin et à maintenir la plaie héante pendant quelques jours en en écartant les lèvres au moyen d'une spatule, et à toucher fréquemment le centre du staphylôme avec la liqueur de Bellasse. Il y a ceci à redire à ce procédé que souvent la lentille fait défaut et que la guérison est lente à venir. Toutefois, l'auteur afllrme l'avoir appliqué trente-trois fois avec succès (1).
Quand il opère un staphylôme très conique dans lequel la cornée seule est intéressée, M. Wilde passe un fil à travers la base du cône, de façon qu'après en avoir l'clranché la portion saillante, il ramène au contact, à l'aide des fils, les lèvres de la plaie, et s'oppose ainsi à la sortie de l'humeur vitrée. T. W.]
§ 4. Staphylôme de la choroïde et de la sclérotique.
Fig. Demours, pl. LXIII, flg. 1, VonAmmon, Ihl. l. laf. IV, flg. 21, Xat. V, ùg. 5, 17. — SO laf. Vll. Ug. a. G, 7. Dalryniplc. pl. XX, 11g. 6, pl. XXI V, lîg. S 6.
Cette espèce de staphylôme qu'on appelle indifféremment staphylôme de la sclérotique ou de la choroïde est une suite fréquente de la scléro-
[(I) KucHLER. Eiiic noue operalive lleilnielliode dcr sfinimlllchen wahrcm llornhaulstaphylom. Brauuscliweig, 1833.]
.STAl'IIYI.OMK.
lire sci'olïileiiso ; il succède aussi parfois à la choroïdilc clironiciue, à nrilis syphilitique cl à d'autres oplulialmies, et souvent est le résultat d'une lésion lrauniati(iue cl surlout de plaies pénétrantes de la scléroticiue et de la choroïde. 11 est ou partiel ou lolal. Dans la première es|)èee, il est parfois limite à un simple point de la sclérotique, vraisenihlahlement douhlé par la choroïde qui y adhère, et forme audessus du niveau de l'œil une saillie ahrui)le, d'une couleur hleue foncée. Lorsqu'un cercle plus ou moins complet de pareilles saillies entoure la cornée, on considère le corps ciliaire comme le siège prijicipal de la maladie; c'est pourquoi on l'a appelé slaphyloma corpuris ciiiai-is, ou slaphyloma scleroticœ annulare. C'est la moitié antérieure de la sclérotique qui est le plus généralement alVeclée {slaphyloma adorolicœ anlkiim) ; mais dans quelques cas rares (K. t. 1, j). 85G) on a rencontré à la dissection un slaphyloma sderolicœ poslkum. On rencontre assez souvent un slaphyhhne gémh^al sdêroiico-choroïdien, dans lequel tout le globe de l'œil est augmenté de volume et d'une couleur bleue foncée. Dans ces cas, la cornée est quelquefois demi-transparente et les chambres de l'humeur aqueuse anormalement développées. Dans d'autres, et j'en ai en ce moment un exemple sous les yeux, on ne peut distinguer à l'extérieur aucune limite entre la sclérotique el la cornée; celle-ci est opaque, l'iris adhérent à sa surface interne, la pupille fermée, le cristallin pendant, par un pédicule de lymphe plastique, de la pupille close, le corps ciliaire entier mais fortement distendu.
Dans tout cas de staphylôme de la choroïde, la portion de la sclérotique distendue est fortement amincie, ainsi que la choroïde, et en général toutes deux sont anormalement adhérentes. La maladie s'accompagne toujours d'hydrojjisie de l'œil et c'est à l'eau accumulée audessous des tuniques amincies que l'on doit attribuer la couleur bleue de la tumeur.
On a représenté (llg. 9o, t. I, p. 855) la variété de staphylôme annulaire et celle du staphylôme total avec la cornée semiopaque (fig. 9G, t. I, p. 859). Le staphylôme partiel de la choroïde, suite de plaie, est représenté (fig. 76, t. 1, p. 594) et la figure ci-jointe (fig. 19) repi'éscnle un staphylôme général de la choroïde, copié sur un de mes malades, chez qui ilavaitétéproduilpar une inflammation Iraumatique. Les libres de la sclérotique sont séparées les (Kig- l'J )
unes des autres et comme dissociées. La face antérieure de la sclérotique était assez bien conservée, mais i-ecouverte de nombreux vaisseaux variqueux. Dans l'un ni dans l'autre de ces deux derniers cas, la cornée ne prenait part à la dégénérescence staphylomateusc.
ilALADIES COISSICCUTIYES AUX OPIITIIALMIES.
Le slaphyloiiic de la scléroliciuc ayant dans son aspect un certain air de malignité, peut être i)ris pour une an'eclion niélaniquc. Dans le stapiiylôine, soit gcnéi-al, soit partiel de la choroïde, la cornée ne- j)rouve aucune diminution de volume; elle est au contraire souvent distendue dans la mélanose, lorsque, comme c'est le cas le |)lus l'ré- ([uent, la lunieur occupe un seul côté de l'œil, la cornée se déforme, s'aplatit et s'aiïaissc. Il suffit, au surplus, d'une ponction pour assurer le diagnostic, car s'il s'agit d'un staphylôme de la choroïde, elle donne ' immédiatement issue à une (juantité considérahle d'un iliiide aqueux, et la tumeur s'affaisse ; si au contraire il s'agit de mélanose, une substance noire, demi-solide vient faire saillie, et il ne s'ensuit aucune diminution du volume de l'œil.
Le staphylôme de la choroïde est souvent le résultat d'une inflammation sy))hilitique et cède parfois au mercure. Il siège généralement alors au côté temporal du globe de l'œil et soulève la circonférence de la cornée beaucoup au-dessus de son niveau naturel. J'ai vu, sous l'influence de l'iodure de potassium, de semblables staphylômes disparaître complètement et laisser une dépression à la place de la tumeur qui existait d'abord. L'œil était un peu atrophié mais jouissait encore d'un certain degré de vision.
Dans cette aU'eclion, la ponction rend souvent de grands services (F. t. I, p. 845), bien qu'elle s'accompagne parfois d'un accident inattendu. L'humeur vitrée, aulieude s'écouler hors de l'œil, s'insinue entre la sclérotique et la conjonctive, de sorte que l'œil, loin de paraître diminué, semble plutôt augmenté de volume. Le malade éprouve aussi plus de tension et de douleur qu'avant l'opération. Le liquide est repris graduellement par l'absorption et la pression qu'il a exercée parait produire un bon effet, car l'œil ne se remplit plus et conserve un petit volume.
Lorsqu'un staphylôme partiel de la choroïde, situé à la partie antérieure de l'œil, est très proéminent et bien limité, on peut l'enlever comme un staphylôme de la cornée et de l'iris. En le traversant avec un fil, le liquide s'en écoule et l'on peut emporter d'un coup de ciseaux le staphylôme affaissé.
Dans les cas de staphylôme général de la choroïde, comprenant la cornée et l'iris, on peut extirper le tiers antérieur du globe de l'œil, pour lui permettre de s'affaisser et de recevoir un œil artificiel.
VARICOSITÉS DES VAISSEAUX EXTERNES ET INTERNES DE l'oEIL.
Deux systèmes de vaisseaux appartenant à l'œil sont susceptibles de conserver un état variqueux à la suite de certaines ophthalmies; ce
ASTIIKNOPIE ET AMAIUOSE.
sont les ancres qui se (lislrihiioiit aux muscles droils, ainsi ((uc les veines qui les accomi)ai,nienl, el les imo vortkosa de la choroïde. Les premiers restent variqueux à la suite de Tiritis arllirili(iue; les autres, après la choroïdite.
Les vaisseaux très variqueux el contournés que l'on aperçoit sur l'œil apparliennenl à la conjonclivc; ceux moins variqueux et ))lus droits à la sclérotique. Les premiers sont plus volumineux el d'un roui^e plus foncé el leur trajet onduleux lesscmhle à celui des veines variqueuses des autres parties du corps.
La leinle bleue el l'amincissemenl de la sclérotique, dans la scléi-oliie scrol'uleuse et les autres 0})lulialmies, esl en général indé|)endanle de toute dilatation variqueuse des vaisseaux de la choroïde.
Becr avait coutume de montrer une i)réparali()n sur laiitielle se trouvaient des tumeurs aussi grosses que des pois el qu'il considérailcomme des varices, des vasa vorlicosa. On examina celle préparation a|)rès sa mon et l'on trouva que ces tumeurs étaient l'ornu'cs de mélanose.
La médecine n'ollre que peu de moyens, cl aucun qui soit direct, de faire disparaître les varicosités des vaisseaux de l'œil ; elles sont la plupart du temps incurables et l'indice d'un état fâcheux des humeurs et de la réline. Le glaucome et l'amaurose existent presque toujours ou ne lardent pas à survenir lorsque les vaisseaux sanguins de l'œil sont le siège d'une dilatation variqueuse.
Je fus consulté par une dame qui se plaignait d'une sensation de malaise dans l'un des jeux à la surface duquel on n'apercevait qu'un seul vaisseau variqueux. Les symjitômes dyspepsiques qu'éprouvait la malade me déterminèrent à prescrire à l'intérieur l'usage d'un inélange de columbo, de rhubarbe et de carbonate de soude, et à l'extérieur celui du collyre à la belladone, remèdes qui firent disparaître les symptômes .
SECTION XVIL
ASTUÉNOPIE ET ÂMAUROSE.
L'aslhénopie, ou l'impossibilité de faire servir les yeux à la vision des objets rapprochés, est, ainsi que je l'expliquerai dans un prochain chapitre, une suite assez fréquente de plusieurs ophlhalmies.
L'insensibilité complète ou incomplète à la lumière est une suite fréquente de Tinflammalion, surtout de celle qui a débuté par la rétine, ou qui s'y esl propagée des tissus voisins, conmie de la choroïde ou de l'iris. Lorsque l'amaurose persiste, bien que l'inllammalion paraisse complètement maîtrisée, on peut considérer la vue comme perdue sans retour.
L'amaurose syphilitique n'est pas rare. Dans ces cas, outre les autres symptômes de la syphilis, le malade a eu auparavant une
MALADIES CONSÉCUTIVES AUX OI'IITHALMIES
alleililc (.rii'ilis dont on a lri()ni|)lié à laide du mercure. Les yeux palaissciil sains, les (M-islalliiis sont traiispareuls el la coDsislance des ■ }eu\ esl normale ; mais la vue s'all'ail)!!! giaduellemcnl el linil |)ar se l)erdi'e loul à l'ail.
SECTION XVIII
OSSIFICATIO.NS DANS DU' F l'.UKNTi; S l'AUTIKS DE l/uKlL. , Fig Sc;irpa, Tav. Il, tlg. 8. Wiiriliop, pl. XIV. Von Aiiiinoii, lli. I, luf. WIII. Dali yiiiplo, pl. XXVIII, flg, 2,î.
On voil parlbis, à la suite d'oplillialmies de longue durée, se former des ossifications ou des dépôts calcaires. De même que dans toutes les autres parlies du corps, le développement de semblables productions a été j)récédé d'un certain degré d'inllammalion. Lors(|ue le cristallin a été lu.vé ou sa ca|)sule décbirée, des dépôts osseux peuvent s'y manifester, bien que la cornée reste transpaicnte et que l'œil conserve ses dimensions; mais, en général, les yeux qui contiennent de semblables ossifications sont atropbiés, la cornée en est opaque et rétractée, ou l'iris et la cornée stapliylomateux. On trouve souvent^, à la dissection, des ossifications dans les yeux atteints d'alïections malignes et surtout de mélanose.
On a trouvé des dépôts crayeux ou des ossifications dans prescjuc tous les tissus de l'œil. On en a rencontré sous la conjonctive bulbaire, dans la cornée, la sclérotique, l'iris, la cboroïde, le corps ciliaire, le corps vitré et le cristallin. Il est douteux (jue l'on ait jamais vu la rétine ossifiée , mais il n'est pas rare de trouver entre elle et la cboroïde une ossilication en forme de coupe.
L'inflammation traumatique parait être celle qui amène le plus fréquemment des ossifications dans l'œil. L'épancbement qu'elle provoque entre les divers tissus de f œil, ou dans leur épaisseur, est suivi de dépôts crayeux ou d'ossificaiions. La choroïde et le corps ciliaire, ainsi ([ue le docteur Meyr(l)ra fait remarquer, sont les sources principales des épanchemenls qui donnent lieu à ces formations osseuses. Ces dépôts, en pareil cas, ne sont pas de simples concrétions, mais des produits généralement doués d'un certain degré de vitalité. Ils sont constitués par du vrai tissu osseux, qui présente sous le microscope des traces de lacunes (corpuscules osseux), mais point de canaux de Havers.
§ I. Ossification de la cornée.
Voigtel (2) rapporte que l'on conserve dans le musée Waltérien, à Berlin, un morceau de cornée ossilîée, de trois lignes de long sur deux
(1) Beiti-age zur AiigcnlR'illaiiKlc ; p.ôi; W'icn, 18o0.
(2) llaïulbuch iler piilliologisclicn Aiiutoinie ; vol. 11, p. 92 ; Hiille,
OSSII-ICATIONS UAiNS 1)11- FKUKNTES PAiniES I)K LOKIL. 1217
delai"-e,el pcsaiil deux ji;raiiis. Chélius (1) dil qu'il nesi point rare de trouver dos dépôts de phos|)liale de chaux dans les vieux leueonies. D' Vreela trouvé, au centre de la cornée aiïectéc dalbugo d'un soldat nui avait été atteint d oplillialniie éii.V|)lieniie, une ossKicalion très dure, cassante, du volume d'une lentille, comprenant toute réi)aisseur de cette partie et l'aisaiil une légère saillie vers le cristallin. Les autres (issus de l'ioil étaient sains C^).
W ardrop (o), en dissé(iuant un (eil sur le(|uel il ne put ohteniide renseignements, trouva à la surface interne de la cornée des i)arliciiles pierreuses et des inégalités.
g 2. Dépôts osseux de la sclérotique.
Schon (/p) renvoie à un cas ra|)porté par lîlasius dans ses ObservalioTicsme(lkœrciriores, et dans lequel on trouva une lamelle ossiliéc dans la sclérotique.
^ 3. Dépôts osseux dans la chambre antérieure.
M. Wardrop (5) rapporte un cas observé par lui, dans lequel de minces lamelles osseuses s'échappèrent à diverses reprises de l'œil, à travers la cornée.
§ 4. Ossification de l'iris.
Schon (G) rapporte deux cas de celle espèce observés par Waltber: dans l'un, les deux yeux étaient affectés; l'iris dans chacun d'eux formail un cône long de trois lignes el uni par son sommet à la capsule du cristallin. Le docteur 3Ieyr (7) cite un cas que Benedict rencontra dans un (eil carcinomateux. M. Wardroj) (8) a vu un œil soigné par M. Wisharl, et dans lequel la portion de la capsule de l'humeur aqueuse qui se réfléchit sur l'iris était entièrement convertie en une écaille osseuse.
^ 5. Ossification du corps ciliaire.
Praël (9) a trouvé le corps ciliaire tout entier ossifié, dans un œMl
(I) Uebcr die tlui'clisi(!lil.i;;e Udriiliaul des Aiigcs, p. îiG ; Karisrulie, ISIS. (2j .louciial lIcbdoiiKulairc de Médecine ; l'J 5eiileiiil)rL' 18-2'.), [>. iSH.
(3) .Morbid Aiialoniy of Uie lluinaii Kye ; vol. 1, p. 74 ; i.ondoii, 1819.
(4) Zeilsciii'ifl lïir die O|)lilliaiiiiologie ; vol. IV, |i. (il ; Leipzii^, I8j4. (î)) Ibid., vol. M, p. 18 ; Liiii.loii, 1818.
(U) Op. cil., p. GG.
(7) Op. cil., p 2G.
(8) Op. cit., vol. Il,p 18.
(9) AmiiionS Moiiulsselii'ilï ; vol. I, p. 4S2 ; Leipzig, 1858.
iilH MALAUllîS CO.NSl'CClTIVIiS AUX OPlJTlIALMIi: S.
(U'soi'gaiiisô et iilropliié \nu- suile de la coini)ressioii (juc lui avail l'iiii subir une Uimcur eiicéplialoïde de Torbile.
§ 6. Ossification de la choroïde.
Voiglel a décrit diverses préparations api)arlenanl au Mu.sée Wal- lérien, dans lesquelles la elioroïde était ])lus ou moins coniplélemerit i ossiliée. Dans (|uel(|ues-nnes, e'était la moitié postérieure; dansd'au-'i très, l'antérieure; sur (|uel(|iu's-unes enfin c'était la totalité (|ui a\ait' subi cette transl'ornialion. Il eini)runte aussi à Giinz un casd'ossiiieaiioii décrit comme siégeant entre les lamelles de la eboroïde (1).
Sur une prépai'ation que j'ai actuellement devant moi, et (|ue je doisN à robligeance de M. Norris, ex-cbirurgicn du Glastjow Royal liifir- ■ niary, la réline est rétractée et la eboroïde partiellement ossiliée. L'œil I était alropbié et la cornée opaque.
Yon Ammon et Unger ont rapporté (2) cbacun un cas de perle i' soudaine de la vision, dans lesquels, la cornée étant l'cstéc lrans|)a-rente, Firis se rétracta au ])oinl de devenir à ])eine visible, tandis (|iio le cristallin devint opaque, se relira dans l'iiumeur vilrée, au point do i laisser voir autour de lui et au delà une opacité blancbàtre (pi'on allri-bua à une ossification de la eboroïde, mais qui probablement était duc à l'opacité et à la coarctation de la réline.
^ 7. Ossification entre la choroïde et la rétine.
[l'ig. Sicliul Pl. XLVIII. dp. 1.]
Morgagni, Morand, Haller (5) et d'autres, ont rapporté des obscr- | valions d'ossifications cupullii'ormes trouvées à l'inlérieur de la clio- | roïde, et qu'ils ont généralement considérées comme siégeant dans la i| rétine. Il est rare néanmoins, si même cela se voit jamais, que la rétine •] éprouve une semblable altération; on la trouve le plus souvent à Tin- ■ térieur de la coupe ossifiée, soit entière, soit ramassée en Ibrme de m corde. La matière calcaire est très probablement déposée dans une' fausse membrane due aune exsudation de la eboroïde, conformément à i l'opinion de Panizza, qui pensait que les liquides, épanchés sous l'in- • (luence de l'inllammalion, entre les membranes de l'œil, sont suscep- ■ tibles de donner lieu à des dépôts de croûtes calcaii'cs.
Morgagni (4) dit que, dans un cas qu'il a observé, au lieu de la rétine on trouva au-dessous de la choroïde et dans toute son étendue une mince lamelle osseuse.
{{) Op. cil., Vol. Il, p. 97: Ilallc, 1804-.
(2) Zcilsclii'ifl lûr die Opiillialinoingie ; Vol. T, p. .519 ; nresdeii, 1851. (5) Mallcri opusciili» pallioloi^ica, p. 156; l.aiisaiiiia;, 17;ïj. (/i) De pcdibus clcaiisis morbonmi ; epi.'^t. LU. Arl. 50.
OSSIFICATIONS DANS DIF K ÉHENTES 1>AUTIKS DE LOEII..
nh< iSO -Dans le cas de Morand, les doux surlaces de la réliiie paniissenl avoir élc Jmc<^ m- la suhsiai.ce osseuse. I.e malade élall, depuis 20 ans, aveub'lc de I œil T<ii ïneclé- à ràgcde-lSans environ, il avait eu dans cet œil une inllaninialion violente, siivie de la fornialion d'une calaracle jaune, que plusieurs oculisles s'étaient ollerls d'enlever, ce à quoi le malade s'était toujours refusé ( I ).
Oh -Wl. — Ui'iis l'observation de llaller, la coupe osseuse adhérait à la choroïde, landis'que la rétine, rassemhlée sur elle-même sous forme de corde, se |)oriaiten avant et entourait le cristallin (pii était aussi ossilié.
i^I. ^^'ilrtll•ol) i'ii|)i)()i1c Jivoir observe un polit nonil)rc de minces coupes osseuses entre la selt:'roti(iue et la rétine. La réline, en pareil oas, se trouvait inunédialenient en conlact avec la matière osseuse, mais il existait entre elle et la seléroti(|ue une expansion membraneuse très minée, délicate, (rune couleur pâle, seul vestige de lacboroïde; il y avait au fond de la coupe une petite ouverture arrondie par laquelle la rétine passait pour se répandre à la surface de Técaille osseuse (2).
^'oici robservatioii de Clorpiel, une de celles qui ont été le plus soigneusement recueillies :
Qlig 4;.]-} ]/(ieil provenait d'un homme, âgé d'environ 50 ans. La cornée et l'iris étaient slaphylomateux, l'a-il plus volumineux (lu'à l'ordinaire et son diamètre transversal l'eniporlail sur tous les autres. Lorsqu'on le comprimait entre les doigts, il résislail assez pour indiquer que ses membranes étaient soutenues à l'inlérieur par un corps solide. La sclérotique n'offrait rien de particulier, non plus que le nerf opli(iue qui conservait ses dimensions et son organisation nalurelles. t.a choroïde avait son aspect normal et ses vaisseaux étaient injectés. Le ligament ciliaire avait presque complètement disparu. L'iris déformé adhérait à la surface poslérieure de la cornée, ainsi que le crislallin, qui était atrophié et de forme irrégulière. L'humeur aqueuse laisait défaut et l'humeur vitrée était fluiilc et limpide. La surface interne de la choroïde adhérait légèrement à une écaille osseuse très- mince, formée par le dépôt de granulations calcaires dans la substance d'un tissu que M. Cloqiiel croit avoir été une fausse membrane déposée entre lu choroïde et la rétine (fig. 20). Cette coque n'était point adhérente à la rétine et présentait une ouverture arrondie pour livrer passage au nerf optique. Elle était assez épaisse en arrière, mais très-mince en avant où elle se terminait par un bord frangé irrégulier. Kilo oITrait, sur divers points de son étendue, de petites ouvertures irrégiilières, fermées par une membraiK! transparente, mince, dans l'épaisseur de laquelle on remarquait beaucoup de graiiulalioiis hianchàtres, délicates, qïii n'étaient point encore unies aux lamelles osseuses. La rétine, vue sous l'eau, ne présentait aucune altération appréciable (3).
Obs. 433. — Pam'zza examina l'œil d'un homme de 60 ans, qui, pendant sa jeunesse, avait perdu la vue de cet œil par siiile d'oplitlialmie interne. La cornée était conipléleineiit opaque et aplatie. La sclérotique présenlaitsa formeaccouiuméc, maissesdimensions étaient un peu moindres et elle était dure au toucher. La sclérotique étant incisée eirculaireiiieiil, el la choroïde soulevée, on apercevait une substance blanche, dure, pierreuse et un peu
(1) Mémoires de PAcadc-mic royale des Seienccs, pour 1730 ; p. W ; Amslerdiim, 1733.
(2) Op. eil.. Vol. II, pp. (i8 vl-m-. London, 1818.
(3) iMiliologie cliiriirgieale, pur Jules Clo(piei, p. ; pl. X, fig. I cl 2 ; l'aris, 1831.
fFiix. m.
M.\l-AUli:S CONSKCliTlYKS AUX OPIITIIAI.MIES.
l'iiholciise. On coiiliim;! lu (lis.seclioii ii|)r('.s iivoir liiiss(! inacirer l'œil i)ciiiliiiit doux jours (liiiis l'iilcool. [in l'oiivorsiiiiliiloi's lo soj^iiiciil aiil,(;ri(!Ui'(l(; lii sclérotique cl (ieliiclioroïilCjOn trouva que la subslaiico calcaire oxist'uil |)arl(>ul sous celle dernière. L'iris adliérail forionicMl à la surface iiilcriie de la cornée el au crislallin qui élail rélruclé cl ossilié. Un irpia lacileineiil le segnienl poslérieurde la scléroLi(|ueel de la clioi'oïde, car il n'exislail |)res(|ue pas d'adhérence enlre ces iiarlies, s! ce n'esl à l'aide de quelques vaisseaux qui s'enlonçalenl dans la suhslance calcaire siluée au-dessous d'elles. Lorsque loiiles ces allaclies eurent élé séparées, l'aniz/.a reconnut (|ue toute la masse calcaire pendait au nerfopii(nie qui pénétrait par une ouverlure dans son inlérieiir. Désirant s'assurer de l'état de la rélinc, il enleva avec précaulion une portion de la substance calcaire. Il trouva cette coque très ^ résistante ù sa surface externe, liien qu'elle lût cassante, d'une ligne d'épaisseur environ, . formée de couches dont la i)lus interne était la moins dure et presque niemhraneuse. Ayant ainsi ])énétré juscpie dans la cavité de la coque, il la trouva remplie d'une substance • hianchâlre, albuniineuse, delà consistance d'une gelée et disjjosée par couches qui devenaient de plus en plus molles à mesure que l'on se rapprochait du centre de la cavité de l'œil, el qu'il compare aux couches que contient un sac anévrysnial. Il enleva une portion < de cette substance et vit au milieu la rétine sous la forme d'une membrane rassemblée sur elle-même. Se portant d'arrière en avant, elle venait en s'élalant s'attacher au bord : |)oslérieur du corps clliaire, tandis ((uc son extrémité rélrécie correspondait à l'entrée du', nerf optique à travers la sclérotique. En incisant verticalement la portion conique delà i réline, Panizza trouva dans son inlérieur la membrane hyaloide ratatinée et réduite à i une Irès petite masse où l'on voyait encore un peu d'humeur vitrée. En soulevant les • lambeaux divisés de la rétine, il reconnut que sa surface interne était unie et nullement i adhérente à la membrane liyaloïde (1).
Panizza, se basant sur celle disseelion, rcjelle ropinioii de ceux qui i avaient allribué un pareil état de l'œil à rossificaliou de la membrane ■ hyaloïde ou de la rétine, et croit que ces incrustations calcaires sont dues plutôt à la condensation des liquides extravasés,
§ 8. Ossification de la membrane hyaloïde, de la capsule cristalline
et du cristallin.
On a rapporté plusieurs exemples de Tossificalion de la capsule cristalline et du cristallin, et dans quelques-uns de ces cas, la membrane hyaloïde avait été plus ou moins allectée de la même façon.
Obs. 434. — Spree rapporte dans sa thèse un cas dans lequel, après une opération d'extraction de la cataracte, la vue ne se rétablit point et le malade conserva de la douleur dans l'œil jusqu'à sa mort. A l'autopsie, ou trouva des adhérences morbides entre la choro'ide el les parties voisines; mais toute trace de la réline avait disparu. Le nerf optique élait atrophié, et à la place du corps vitré se trouvait une substance osseuse, convexe en arrière, concave en avant et d'un demi-pouce d'épaisseur (2).
« Dans un cas, dit M.Wardrop, outre rossificaliou de la capsule du cristallin, jetrouvai disperséesau milieu de rhumeur vitrée des écailles de substance osseuse, étendues mais minces et qui, suivant toute probabilité, étaient des ossifications de la membrane hyaloïde (5). »
Dans un cas de cataracte capsulaire, j'ai trouvé riiémisphère anté-
(1) Panizza. Appendice sul Fungo .^lidollare ddl'Occliio : p. 22 ; Tav. L (ig. 7 ; Pavia, 1826.
(2) Annales d'Oculislique ; lonie XIV, p. 122 ; lîruxcllos, mr>.
(3) Op. cil., Vol. M, pp. 128 el 271 ; id. XIV, (ig. 2; Loiulon, 1818.
OSSinCATIONS DANS DIK Fl'.nRNïF.S PAUTIES DE LOI- IL. "^tl
I leiiro (le la capsule dure cl i)ici'rciise sous raiuuillc. La maladie devait .011 origine à une irilis suivie de conliaclion de la pupdlc cl d'une .Asudalîon lynii)liali(iue. Lacalaracle lui aliaissée el la vision se rélahlit
;issc/ l)ien. ,
La nioiliéanléricure de la capsule cnslalline csl plus souvcnlossilicc ,|„e la |)oslcrieui'e. Dans quelques cas, loule la capsule csl convcrlie ,11 une mince écaille osseuse, conlcnanl un crislallin opa(ine. D'aulies lois, celui-ci a déjà clé absorbé en pai lie ou en lolalilé, de soiie ([ue la , ;i|)sulc ossiliée a une Tonne moins réi^ulièrc, parce (ju elle s'csl rélracléc ,i\anl de subir rossilicalion.
Stu'un œil envoyé à M. VVardrop par M. Allan Burns, on lrou\a I.' centre du cristallin converli en une substance osseuse dure. Ce cas , sl le seul dans leiiuel M. Wardrop ail trouvé le cristallin ossilié sans .|iic la capsule le Tùl aussi. Le centre ossifié de ce cristallin était d'un lii un foncé cl ollVait une structure lamcllée (1).
Le cristallin luxé, soit dans l'humeur vitrée, soit dans la cband)re antérieure, par suite d'un coup porté sur l'œil, est très-sujet à s'ossifier. Dans les cas où un cristallin, renfermé dans sa capsule déchirée, pusse dans la chambre antérieure et y est laissé jusqu'à ce que l'ab- Mirption ait presque complètement fait disparaître la Icnlille, on voit presque toujours se former à sa place, soit un dépôt calcaire amorphe, >oit une couche de matière osseuse à rinléricur de la capsule.
Lorsqu'un cristallin renfermé dans sa capsule, cl séparé de son li^iainenl suspenseur, tombe en arrière dans l'humeur vilrée dissoute, cl qu'il s'y ossifie, il peut passer dans la chambre antérieure lorsque le malade penche la tète en avant el donner lieu par sa présence à une irilis.
Obs. 433. — Pellier (2) rapporte qu'un œil, dont la cornée avait, pendant vingt ans, été il' siège d'une inflaninialion plus ou moins forte, iinil par s'ouvrir el laissa voir et sentir un cristallin ossilié. On pratiqua sur la cornée une incision cruciale, et l'on amena au ileliors une portion de suljslance calculeuse du volume d'un liaricol. Une partie de la matière ossiliée fut abandonnée dans l'œil, le malade s'élant tellement agité qu'il avait été impossible de continuer l'opération. Pellier paraît croire que tout le contenu de l'œil était i^silié. Le morceau enlevé était rude et irrégulier.
Obs. 436. — Bien que M. Wardrop donne l'observation suivante, qui lui a été communiquée par M. Anderson, chirurgien à Inverary, comme exemple d'un moi'ceau d'os iléveloppé dans la cornée, ou immédiatement derrière elle, je ne puis me refuser à penser i|ii'il s'agissait simplement d'un cristallin entouré de sa capsule et luxé, qui s'était en partie ■issilié dans la chambre antérieure.
En examinant l'œil droit d'une femme, âgée de 31 ans, M. Anderson remarqua une Hibslance blanchâtre, partant de l'intérieur de la scléroti(|ue et s'étendanl en haut derrière I l cornée, sur une grande partie de l'iris jusque très près de la pu])ille. Elle avait déterminé beaucoup d'irritation dans l'œil, de l'inflammation, une douleur intense, un flot piesque continuel de larmes, l'impossibilité de supporter la lumière el une diminution
fi) liiiil., pp. !)G et 2fil : pl. \I, fig. li.
(•i) Uiîcduil (li; incmoirus el observations ; Obs 139 ; MoiilpcHior, 1783.
il).
MALADIES CONSI'CUTIVI'S AUX OPIITIIALMIKS .
considciMblc de la vision. Cel œil élail plus i)elll que l'aiilrc. La maladie élail due à ce que ■ celle l'eiiinio s'élail, (|iiiii'/,e ans auparavant, lieuMé violeimnenl à la raiùne d'un arliru sur lc(|iiel elle élait Umiliée. i.a siilislancc, vue à travers la cornée, availcoinniencé à se niunlrer à celle éi)0(iin; el avail sradnellcnienl au^nienlé de volume. Lii douleur (;l les autres symptômes avaient été supporlaliles jus(iues environ neuf mois avant l'époque à laquelle M. Anderson la vit; alors le mal s élait aggravé. Ce cliirurgieii pratiqua à la cornée une incision semhlahie à celle recommandée jiour rextraclion de la cataracte, souleva le lamlieau de la corné(! à l'aide d'un crochet aplati et lit sortir un petit morceau d'os à l'aide du même inslrument. La partie supérieure élait aussi mince (lu'une fiMiille île papier; il étaii plus épais à sa partie inférieure, poreux, cassant et de l'orme semi-lunaire irrégulière. Sa i portion supérieure était complètement lihre, l'inférieure légèrement adliérente à quelque partie de l'œil située hors de la vue; néanmoins, on put l'extraire facilement el sans se servir du couteau pour d(Haclier li.'s adhérences. L'indocilité du malade ne permit pasde reconnaître de (pielle partie provenait celle ossilicalion (1).
En pi-aliquaiU rextraclion trune capsule déchirée, siluée dans la chambre antérieure, j'ai trouvé à son intérieur une certaine (luanlilé d'un dépôt calcaire amorphe, de couleur brune. J'ai praticjué l'extraction de plusieurs cristallins qui s'élaient ossifiés dans 1 humeur vitrée et avaient glissé en avant à travers la pupille. La surface de Possidcation était toujoui^s irro'gulière et j)oreuse, et généralement éli^oilenienl embrassée par la capsule transparente. Dans un cas, loul l'inlérieui' de la capsule élait revèlu d'une couche assez épaisse de substance osseuse, d'un aspect noueux. L'examen fit reconnaître que les nodules consislaient en une substance qui paraissait être du cartilage renfermant des masses de carbonale et de phosphate de chaux, et entourées d'une nouvelle meiubrane qui s'était formée à l'intérieur de la capsule (2). Bien que l'extraction soit alors le meilleur moyen auquel on puisse avoir recours, on peut néanmoins soulager momeniaïuhnenl le malade en le faisant coucher, la léle basse, après avoir dilaté la pupille avec la belladone, afin que l'action de la pesanteur fasse repasser le cristallin dans l'humeur vitrée, ou, si ce moyen échoue, en iniroduisantà travers la scléi oti(|ue une aiguille courbe à l'aide de laquelle on ramène le cristallin en arrière à travers la pupille.
La dégénérescence crétacée du cristallin et de sa capsule délermine assez fréquemment, même lorsque cet organe n'est point déplacé, de la douleur et de rirrilalion, soit dans l'œil malade, soit sympalhiquementdans l'œil sain, ce qui met dans l'obligation d'ouvrir l œil et d'en extraire la partie ossifiée; ou si la cornée est opaque et adhérente à l'iris, on excise une portion de la cornée et l'on eidève avec des pinces le cristallin ossifié ou sa capsule (3).
(1) Op. cil., Vol. I, p. "S.
(2) Voyez un cas (Pextraction d'un crislallin ossifie; par I'hance. Guy » 'lospilal Rcporls. Second Séries, Vol. III, p. 197 ; I.ondon, I84.i.
(5) Voyez des Observations de W.a ro^. Médical Times and fia/.elU% rebniary, 18, I8;i4, p- IJ->-
ADAl'TATION d'iN OKII. AUTIK IC.lKl..