‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 28 sur 143 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

AUGMENTATIONS PARTIELLES OU GENERALES DU VOLUME DU GLOBE DE l'oeil; EP.\NCHEMENTS et tumeurs a l'intérieur DE SES TU- NIQUES.

cornke conique.

SyJi. - Oclilodcs, Taylor. Staphyloma pelUiciJiim coiiicum, Lj/all. Ilyperkcratosis, Himiij.

Fig. Dcmours.pl. I.VIl,lii,'. 1. Von Amnion, llil. 1, laf. III, Dg. 13-21, taf. X, llg. 8, Ihl. 111, laf. VII, llg. 8-10. Dalrymple, pl. XXXll, fig. 1. Sicliel, pl. XXXll, flg. 3-0.

La cornée présente dans cette afi'eclion, au lieu de sa forme naturelle, celle d'un cône plus ou moins aigu. Vue de profd, elle ressemble dans cet état à une goutte d'eau ou à un morceau de verre saillant au-devant de Toeil. (Fig. 21.) Lorsqu'on place le malade devant une fenêtre et que l'on regarde l'œil en face, le centre du cône réfléchit la lumière de façon à paraître étincelant. Dans quelques cas, le cône est petit et pointu; dans d'autres, bien qu'il soit plus saillant, le sommet en est arrondi. Ce sommet occupe ordinairement le centre du cône, (Fis. 21.) mais quelquefois il est situé de côté. Toute la cornée participe parfois plus ou moins de la forme conique; dans d'autres cas, le cône est petit comparativement à l'étendue de la cornée et s'élève d'une façon abrupte de sa surface. Dans certaines positions de l'œil, la pointe du cône paraît moins transparente que le reste de la cornée, et assez fréquemment elle est nébuleuse ou opaque.

Dans les cas légers, la conicité delà cornée peut échapper à l'observateur, jusqu'à ce qu'il remarque l'image d'une fenêtre ou d'une bougie rélléchie par la surface de cette membrane. La forme de l'imago

'25'2 Ali(;.MKiNTATl(»;N 1)11 VOUIMK DU (II.OBK I)K l/oKll,, KTC.

csl nolaltlcinciil inodilioc; elle se rapetisse si l)i'us(|ueinent lorsqu'elle j arrive sur le soniinel, du cône, (|ue l'on reeonnail luaiiiresleineul que o la eornée a perdu sa tonne sphéri(pie.

Au début, la myopie en est le prineipal symptôme; mais lorsque la » déformation est plus avancée, le malade ne voit plus à travers lecen- tre de la cornée , mais seulement à travers ses côtés, dans une étendue t très limitée. INéainiioins, en comprimant fortement l'œil avec le doigi l à travers les paupières à demi fermées, de façon à limiter la pupille, et en portant les objets tout contre l'un ou l'autre côté de l'œil, surtout l vers le côté temporal, le malade peut encore quelquefois parvenir à i lire. Au delà de deux à trois pouces, la vision devient très confuse, . et à quelques pieds de dislance, le malade ne distingue absolument I plus rien ; il ne peut juger ni de la distance, ni de la l'oi'me des objets, , de sorte qu'il a besoin d'être guidé presque comme s'il était aveugle. . Le premier symptôme accusé est souvent l'obscurcissemenl de la vue, , de sorte que, si l'œil n'est point examiné soigneusement, on peuiraltri- • buer à un commencement d'amaurose.

A l'étal normal, la cornée ne présente point une surface suffisamment étendue pour réfracter plus d'un simple rayon lumineux; elle • sert à concentrer tous les rayons simples en un seul point où ils for- • ment une image vive des objets extérieurs; mais, dans la maladie qui ! nous occupe, la cornée présente des inégalités ressemblant aux facettes d'un verre multiplicateur et réfractant tout une série de rayons capables de donner lieu à plusieurs images. C'est ce qui fait qu'ordinairement un œil alTeclé de conicité de la cornée voit les objels multiples.

Obs. 437. — Une des ninlades de M. Wardi-op avait remarqué que lorsqu'elle regardait I une bougie, elle en apercevait cinq ou six à la fois, et que chacune des images en élail plus ou moins confuse. Lorsque Sir David Brewsler examina son œil, il remarqua que, de quelque côté qu'on regardai la cornée, sa section offrait une courbe régulière allant en augmentant vers le sommet. Comme celte maladie siégeait évidemment dans la cornée, qui se projetait en avant à un degré anormal, il ne s'arrêta point à la pensée qu'il dût y avoir (]uelque défaut de structure du cristallin. Il se trouva donc porté à croire que les images brisées et confuses, qui paraissaient entourer les objets lumineux, étaient dues aux éminences qu'offrait la cornée, éminences qu'on ne pouvait découvrir lorsque l'on regardait l'œil de côté, mais que l'on pouvait reconnaîire aux effets qu'elles produisaient sur I limage d'un objetiumineux traversant la surface de la cornée, il plaça donc une bougie à la distance de 15 pouces de la cornée, et en regardant dans la direction des rayons rénécliis, il observa les variations de dimension et de forme de la flamme. L'image réflécliie diminuait j régulièrement d'étendue chaque fois qu'elle passait sur les parties les plus convexes de la i cornée; mais, arrivée sur la partie la plus rapprochée du nez, elle s'agrandissait et se j rapetissait alternativement et éprouvait des niodilicatioiis indiquant la présence d'un | certain nombre d'éminences sphériquos et de dépressions qui expliquaient comment la malade apercevait les images rompues et multiples (l).

Sir David Brewsler examina ensuite divers cas de cornée conique, et découvrit dans tous des inégalités dans la configuration de la superficie de la cornée.

(I) Waudiiop's Morhid Analomy of Ihe Ilumaii Eve ; vol. I, p. 151. London, 1819.

On est reslc longtemps dans le doute sur le point de savoir si. lorsqu'elle revêt la forme coni<iue, la eornée est simplement projetée en avant, ou si elle s 'épaissit et si le cône formé par elle est solide. L'apparence extérieure pouvait certainement i)orter à croire que celte dernière supposition était la vraie; aussi Sir William Adams (1) considérait-il celle tnaladie comme un épaississement moi-hide et un acci-oissemenl de la substance de la cornée, tandis (pi ilindy lui donnait le nom d'hi/perkerafosis. M. Wardrop, néanmoins, dil (|ue la |)orti<)n irré£(ulière, ou le sommet du cône, qui est parfois nuageuse etopa(iU(!, est"énéralemcnl très mince, et que chez un individu alleclé de celle maladie^ qui avait reçu un coup sur l'œil, la cornée s'était rompue. Le docteur Jaeger, d"Erlangen,a conlirmé cette opinion, parce qu'ayant disséqué les yeux d'une personne atteinte de conicité de la cornée, il avait trouvé le sommet du cône très mince et la circonférence de la cornée fort épaissie (2).

La portion proéminente de la cornée est si mince que, lorsqu'on la ponctionne dans cette aHection, elle s'aiïaisse et se ride dès que l'iiuraeur aqueuse s'est échappée.

[M. Middlemore a eu également l'occasion d'examiner une cornée conique après la mort d'un sujet chez qui la maladie existait à un degré extrême. Il trouva que les lamelles de la cornée étaient moins mobiles les unes sur les autres qu'à l'élat normal ; la circonférence de cette membrane n'oflrait aucun changement et avait son épaisseur ordinaire, mais le sommet en était très aminci et présenlail une opacité qui n'occupait que la superficie, car le tissu lamellaire de la cornée avait conservé toute sa transparence, même ausommetdu cône, etil n'existait point d'autre altération (3). T. W.]

La maladie attaque d'abord un œil, ensuite l'autre; mais, eu général, l'un continue à être plus malade que l'autre. On l'a rencontrée à presque toutes les époques de la vie. De même que la myopie ordinaire, elle se manifeste surlout vers l'époque de la puberté, ou du moins elle augmente alors rapidement, de sorte que le malade peut se trouver obligé de renoncer à la profession qu'il avait embrassée. M. Wardrop l'a observée une fois chez un enfant de 8 ans. Sir W. Adams l'a renconlrée depuis 16 ans jusqu'à 70 ; beaucoup plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes, et sur des personnes jeunes plutôt que sur d'autres. Le docteur Von Ammon dit (4) que la conicité de la cornée est parfois congéniale. Il l'a rencontrée une fois chez plusieurs sœurs qui en étaient aHectées depuis la naissance.

La conicité de la cornée se développe, d'ordinaire, sans inflamma-

(1) Journal uf Science and llic Aris, vnl. Il, p. /,,05 ; London, 1817.

(2) Cahi, SciiMiin's Inaugurai-Abliandlung iiljcr die llyptrkeralosis, p. 17 ; Erlangon, 1850.

réalise on ihc Diseuses of Uie ICye, louie I, p. !5ô'2, dans la noie. London, 1855. (4.)Zeilsolirifl lur die OplilhaliMologie ; vol. I, p. 125- Dresdcn, 1850.

iO.

"^ô/l- AIKÎMI'NTATION DU VOLUMIÎ 1)1) «l-OBE DE l'oUIL, KTC.

(ion ni douleur, ni sans aucune sensation de distension. Je Tai néanmoins vue |)i'éeédée assez longtemps de céplialaliijie et de douleur dans v l'oeil. J'ai vu la oonicité de la cornée associée à ro|)litlialmie calarrlioscrofuleuse, avec les taches ordinaires de la cornée et avec le ptérygion. i Je l'ai aussi vue succéder à la cornéite. Lorsqu'il en est ainsi, la i eonicitc s'étend à toute la cornée et ressemble à un pain de sucre, un i peu comme dans la (igui'c dcDemours; le sonnnet en est arrondi et non i pas pointu. Quand elle n'a pas été précédée de cornéite, le cône est*' plus aigu et ne s'étend pas à toute la cornée , mais se porte vers l'un i ou l'autre point de sa circonférence. J'ai vu dans un cas la conicité :; de la cornée succéder à la scarlatine. Chez un jeune garçon, entré au i Glasgow Eye Infirmary, un coup de boule de neige sur l'œil en avait l été le point de départ supposé. On en a parfois accusé les pleurs trop \ fréquents.

Il n'est point vraisemblable que cette affection soit le résultat de la i pression anormale de l'humeur aqueuse; il est plutôt à présumer qu'elle ' est due à quelque dérangement dans la nutrition de la cornée. Elle dé- bute probablement par l'amincissement de la portion de la cornée qui i devientensuite proéminente. J'ai quelque idée qu'elle résulte parfois de ' l'amincissement qui succède à une cicatrice transparente ou fossette. . Chez une jeune dame pour laquelle j'ai élé consulté, elle avait succédé 'j à un trouble de la cornée et à une ou deux petites dépressions sem- • blables à celles qui restent après l'absorption des phlycténules.

[Causes. — Dans un travail intéressant que M. While Cooper (1) ' a publié sur la cornée conique , nous voyons que cette maladie est li presque inconnue dans le nord de l'Allemagne , qu'elle est moins corn- = mune dans le nord de l'Angleterre qu'au sud et à l'est de ce pays, ,1 (ju'elle est plus rare en Ecosse qu'en Angleterre tandis qu'elle serait li beaucoup plus fréquente en Chine. Ceci confirme l'opinion que c'est i une maladie plus communô dans les pays chauds que dans les pays -j

froids. '

La statistique de M. Cooper comprend 208,970 cas d'affections oculaires; sur ce nombre, il y avait 194 cas seulement de cornée" conique, ce qui donne une moyenne générale de 1 cas sur 1077,16 i malades. j

D'un autre côté, tandis que cette maladie ne se rencontre en Ecosse 'i qu'une fois sur 4,514 maladies d'yeux, elle s'est rencontrée à Macao > 1 fois sur 508 cas. Suivant M. Uays, elle serait rare à Philadelphie ■ où il n'en a vu que 2 cas.

Dans presque tous les cas vus par M. Cooper, les deux yeux étaienl affectés, quoique rarement au même degré. M. Wilde dit que, lorsque l'affection est congéniale, les deux yeux sont généralement affectés,

[(1) London Journal of Med. May and June ISÎiO.]

CORNÉE COMQUK.

(juulis qii ii» seul œil est très IVéqueniment malade quand elle se développe api'ès la naissance.

M, While Coopei' indique encore les causes suivantes : 1 ' Un étal d'aiJaiblissement de la conslUuiion et de la force ner- ^,^^^^c. — Cela est un peu vague et constitue une cause bien générale pour une alVcclion localisée dans un si polit espace. M. Ilaynes Wallon (I) dit n'avoir observé la maladie que sur des personnes saines.

2. La concjeslUm. — M. Cooper pense que c'est là une cause assez tVcquenle. Sur 42 cas dans lesquels la profession des malades était connue, il y avait 7 cuisiniers, 10 couturières, 5 tailleurs, 1 ouvrier en lapis, i surveillant, 1 nuiitrc d'école, \ soullleur, 1 maréclial-lerlanl et 1 boulanger, toutes professions qui exercent une inlluence directe sur l'alllux du sang vers. la téte. Il ajoute que la cornée conique s'observe surtout chez les personnes sujettes à la choroïdite aslhénique.

5. Uulcéralion de la cornée. — Lorsque la lame élastique antérieure a été détruite, la cornée est allaiblie d'autant et moins capable lie résister aux pressions d'arrière eu avant. On rencontre d'ordinaire en pareil cas la cicatrice de l'ulcère au sommet du cône. On sait que M. Siebel soutient que la conicité de la cornée est toujours la conséquence d'un ulcère qui a existé au centre de celte membrane et a précédé le développement du cône. On ne saurait nier qu'il en est parfois ainsi ; mais M. Dixon (2) cite un cas qui tend à démontrer qu'il peut en être autrement. Il s'agit d'un malade chez qui la difformité de la cornée ne fut précédée d'aucune inflammation ; elle débuta chez lui à un âge qui lui aurait permis de s'apercevoir de ce symptôme et de le rapporter s'il eût existé. C'était un grand chasseur; il avait l'habitude d'épaulerà droite, et il s'aperçut que l'œil dece côté devenait myope : il avait alors 29 ans. La myopie alla graduellement en augmentant jusqu'à l'époque où il vint consulter M. Dixon. Celui-ci constata une conicité de la cornée des plus prononcées.

4. Vinflammation de la cornée, surtout avec complication strumeuse.

o. Les pleurs en excès. — Il y a alors non-seulement congestion vers l'œil, mais de plus compression du globe oculaire.

M. Hays (3) fait, à l'occasion de cette énumération, une réflexion applicable à toutes les causes déjà citées. C'est qu'il reste à expliquer comment, avec tant de causes dont beaucoup sont si souvent en action, celle maladie est néanmoins aussi rare. T. W.]

Traitement. — Je n'ai jamais vu la conicité de la cornée diminuer à la suite d'aucun moyen , soit interne, soit externe. Le traitement doit

[(I) Opcraiivc Opiitliiilmic Siirgcry, p. 393.] [(•2) Loiiiloii Joui'ii.ol' HU'd. Jiinc, I8U0, p. 50!i.] [(ô) Edition américaine de Lawrence, p. 393.]

230 AllCMKNT/VTlON ULl VOLDMK 1)11 (iLOUK I)K l'oIÎIL, MO.

avoir pour objet de prévenir, aulaiil que possible , les progrès de la i maladie el de reinpèeber de se développei- sur le seeond uîil, lorsque l'un d'eux est all'eclé. La nuMileure uiélbode d'alLeindre ee but eonsisie à éviter toute oeeupatiou (jui fatigue li-op la vue, à prendre de l'exer- ■ cice en plein air, à maintenir le ventre libre cl à faire usage de toniques, tels que le quinquina.

On s'aeeorde généralement à l'econnailre que révacualion de l'iiumeur aqueuse ne sert à ri(^n. J'ai eependant observé un cas dans le(pu;l < la rupture accidentelle de la coi'uée avait été suivie d'une amélioration considérable. Il s'agit d'une jeune dame qui, plusieurs jours après m'avoir consulté, avait senti tout à coup, en se baissant, une sensation comme si son œil s'était décbiré;. la coi'uée avait présenté immédiatement une apparence laiteuse, <pii disparut graduellement, et la l'orme de la cornée redevint presque naturelle.

La compression , les astringents el tous les autres moyens locaux paraissent avoir échoué contre la conicité de la cornée. M . Dcsmarrcs, néanmoins, a quelque confiance dans la compression qui, dit-il, doil cire légère, exactement appliquée el continuée pendant longtemps. Immédiatement avant de l'exercer, on la fait précéder de la ponction de la cornée (1).

M. Travers dit que les vésicaloircs répétés el les Ioniques les plus puissants , tels que le fer et l'arsenic , lui ont rendu des services positifs (2). Toutefois, comme il confond évidemment la conicité de la cornée avec l'hydropisie oculaire, il est impossible de décider contre laquelle de ces deux aflections ces remèdes oui agi favorablement (5).

Le docteur Pickford recommande les émétiques el les purgatifs ; il pense que l'inlluence qu'ils exercent sur les nerfs gastriques et autres a pour résultat de rétablir l'action aiïaiblie des vaisseaux nutritifs et absorbants de la cornée. U survient, sous l'influence de ce traitement, dit-il, une rétraction lente mais progressive du cône el un rélablissement proportionnel de la vision (4).

[Voici la combinaison que préférait le docteur Pickford : R. zinci sulph. scrup. j ; magnesiœ sulph. une. ij, primo mane quolidiesimend. Le Iraitemenl fut continué, dans un cas, pendant douze mois, au bout desquels le malade fui guéri. Toutefois, le mal revint au bout de dixhuit mois, mais il fut guéri une seconde fois à l'aide des mêmes moyens. M. Cooper a essayé ce traitement chez deux malades, qui ne purent le continuer el déclarèrent, ce que l'on croira sans peine, que le remède était pire que le mal. M. Dixon (5) a vu plusieurs malades

(I) Traité dos maladies des yeux, p. 548 ; l'aris, 1847.

[% Synopsis of tlie Discascs of Ihe Eyc, p. 280 ; Loiidoii, 1820.

a) Du'bi'iiUounial of llie Médical Science ; vol. XXIV, p. 587 ; Dublin, 1844. [(5) Guide 10 lliepraclical sludy oF Diseuses of Ihe Eye ; p. 70 ; Londou, 18b4.]

COUNKH COMQUK.

I ai s olaiciil soumis à ce li-ailciiuMil sans on avoir retiré le moindre iv;,nia"c. Dans l'un de ces cas, le Irailemenl avait ilmé dix ans avec ilt's intervalles. 11 s'agissait d'une dame : elle avait une Ibis pris pendant année entière, tous les jours, une dose de tartre émétique el de siiH'alc de magnésie; la vue n'avait éprouvé aucune amélioration, mais revanche la santé générale était détruite. T. W .] [M. Sicliel a (««s/rt/xmen/ vu une opacité d'ordinaire très iimilée, ,KMi profonde et d'une teinte très claire, située au sommet du cône ou siir ses côtés, plus ou moins près du sommet. C'est une petite laie ou , icatrice superlicielle blanc bleuâtre ou blancliàtre, peu foncée à son , entre el s'elVaçant peu à peu à sa circonférence, dont l'étendue est \ariable. 11 croit que la saillie de la cornée dépend de son amincisseiiionl et de sa distension, et (|u'elle se dévelo|)pe toujours à la suite d une ulcération dont la cicatrice, étant toujours plus mince et moins résistante que les parties saines de la cornée, cède successivement à la ni'ojcclion des humeurs de l'œil et finit par former une protubérance, (l'est en se fondant sur cette palhogénie de la cornée conique, que M. Siebel a imaginé une méthode curative rationnelle qui consiste à cautériser méthodiquement la cornée avec le nitrate d'argent s?<r t'opacilé même, dans le double but d'aplatir le stapbylôme et de produire une cicatrice ferme, capable de résister dorénavant à la distension. \ oici les préceptes posés à l'égard de cette opération par ce praticien (onsciencieux (1) : 1" On touchera une ou deux fois par jour la lunicur avec un pinceau imbibé de laudanum de Sydenham. 2" Tous k's deux ou trois jours, selon la tolérance du malade, on passera légèrement un crayon de nitrate d'argent sur toute l'étendue de l'opacité, DU tout au plus sur le sommet de la tumeur, à l'endroit où l'on reconnaîtrait une légère facette de la cornée, mais pas sur ses côtés. Si

I opacité et la facette manquaient, on toucherait la partie de stapbylôme qui, explorée avec un stylet, présenterait le moins de résistance. On essuiera la surface cautérisée avec un linge fin légèrement mouillé cl on la couvrira d'un peu de cérat, puis d'une compresse d'eau froide.

II faudra cotitinuer ces cautérisations pendant un k deux mois, s'il est nécessaire, et les suspendre de temps à autre pour quatre à huit jours dans les cas où il surviendrait de Tirritalion. 5° Si la diminution de la maladie se faisait trop lentement, on pourrait joindre aux moyens indiqués la ponction pratiquée selon les règles établies, et au besoin l:i compression. T. W.]

Sir David Brewster dit que l'on peut, jusqu'à un certain point, nbvier aux effets fàoheux de cette maladie à l'aide de verres appropriés, et en empêchant que l'image soit formée par les rayons qui :iuraient traversé quelque portion de la surface de la cornée présentant

[(I) SiciiEi,. Mémoire sur leslapliylômc pelliicide conique de la cornée, etc. liulielin de Tliéra- • iilique, I8i2, et Annales d'Oculisliqiic, t. Il, su|)plétnenl., p. 162.]

AIIUMKNTATION 1)11 VOLIIMK 1)IJ (il.orjK l)K l-'oKlh, KTC

(les ii'i'ôi^uhirilés, ('01111110 (mîIIcs qu'il a recoimu(!s dans rohscrvaiion de M. VVai'di'dp. Des l(\iilill('s concaves Urs proloiidcs rendent les objets 1 beaucoup plus ilislincts.

La vue du malade s'aiiu'liore aussi b(;aucoup lorsqu'il a les paupières ni presque l'ernices; sa vision devient inoins conl'use lorsqu'il rei^aide au a' travers d'un morceau de bois noirci, ollVant un trou de la dimension n de la pupille. Ce moyen anu'liore plus la vision (|u'aucuiie espèce dcf lentille. On peut iu'>aiimoiiis employer ces deux moyens concurrem- < ment; ainsi, l'on peut adapter derrière une lentille très concave un 'i, diaphragme mobile attaché par une charnière à rencadrement de la ï lunette. Ce diaphragme est percé à son centre d'un trou ou d'une fente c étroite. On essaie cet appareil avec la pupille à l'état naturel ou après s l'avoir dilatée.

Sir John Herschel se demande si, dans des cas très prononcés d'ir- régularité de la coi-née, on ne pourrait pas obtenir, au moins temporai- • rement, une amélioration de la vision en appliquant immédialeinenl ( sur la surface de l'œil quelque gelée animale transparente contenue i' dans une capsule de verre sphérique , ou si l'on ne pourrait point mou- ■ 1er l'empreinte exacte de la cornée et la reproduire sur le milieu Irans- parent. Ces moyens lui paraissent mériter d'attirer ratlention. i « Cette opération, dit-il, serait chose délicate, mais (faisant allusion 11 à l'opération de la cataracte par cxiraction) beaucoup moins, certaine- -| ment, que d'ouvrir l'œil vivant à l'aide d'un instrument tranchant et i d'en extraire le contenu (1). » Il ne serait point fort difficile de prendre l'empreinte de l'œil et de fabriquer une lentille concave-convexe r dont la surface creuse correspondrait à la conicité de la cornée ; mais, . bien qu'une telle lentille put être appliquée pendant quelques secondes, .i| l'œil ne pourrait pas la supporter assez longtemps pour qu'elle put rendre des services continus.

Le docteur Iluil (2) rapporte que, dans un des plus mauvais cas n qu'il ail jamais rencontrés, le malade se trouva très bien d'un inslru- ! ment formé de deux lentilles et d'un ajoutement, la lentille objective!étant grande et convexe, l'oculaire plus petite et hi-concâve ; disposi- -t tion semblable à celle des lunettes d'opéra.

Sir W. Adams, conformément à l'opinion qu'il s'était faite que la forme conique était due, dans cette allection, à un accroissement mor- ■ bide de la cornée, et que la myopie excessive du malade tenait à c l'augmentation de la puissance réfractive qui, conjointement- avec .1 celle du cristallin, faisait converger les rayons en un point situé beaucoup au-devant de la rétine, et vu l'impossibilité de faire dispai'ailir cet état de la cornée sans la rendre impropre à la transmission de la

(1) Article Lighl dans Encyclopsedia Meiropolilana, p. 589; § 539. Consullez plus loin sur )<■ même sujet, un cliapitrc subséquent, intitulé licfracliun irrcgulicre.

(2) Cursory Notes on liie Morbid Eye, p. 57 ; Londou, mO.

COnNKF, CONIQUE.

I nniôro ponsn qu'on pourrnil irliihlir siiffîsammont la vision en faisant l'i.,r,nilrc le cristallin. Son opinion lut conlinnée par le lait d'une f .mme do 70 ans, allectée de eonieilé de la cornée et de calaractcs, et ,n,i vint réclamer ses soins. Il l'opéra avec succès de ses calaractcs et |î„t la satisfaction de constater que sa malade voyait bcaucoui) mieux

uns'vorre convexe que ne le font les malades (jui ont suhi l'opération

,|e la calaracte. ^ ,

Le résultat obtenu par lui dans ce cas le détermina a tenter ulle- I itniionient le déplacement du cristallin, comme remède contre la cécité produite par la conicité de la cornée. Il rencontra lamiée suivante un cas favorable dont voici la relation :

Obs 438. — Une jeune femme dont la vue avait graduellement baissé pendant l'espace ,1e six'aiinéës, se trouva au bout de ce temps liors d'état de voir suiïisammeut pour conliiuier à servir. 1-a cornée decliaque œil avait pris la forme conique et une petite opacité rvislaitau sommet de chaque cône, mais les crislalliu.s étaient parlailement transparents, rile pouvait se promener sans guide et voyait suiïisammeut, à la distance de trois ou quatre pieds, pour éviter de se jeter sur les gens; mais elle ne pouvait plus lire ni distin- 'iicrles petits objets, quelque rapprochés qu'ils fussent. Sir William opéra l'un des yeux par division. La malade retourna à la campague avant que les effets de l'opération pussent

montrer, et Sir William ne la revit que douze mois après; il eut alors la satisfaction de roiislaler qu'elle distinguait les petits objets et pouvait lire sans lunettes le plus petit texte, et en tenant le livre à la distance ordinaire de 10 à ['1 pouces. Les lunettes à calaractcs iiu'on emploie d'ordinaire pour regarder les objets rapprochés, et qui ont deux pouces et ilenn de foyer, lui rendaient la vue confuse comme avant la destruction du crislallin ; tandis (lifavcc celles de 9 à 10 pouces de foyer, elle distinguait un peu mieux les peliis objets, luiant aux objets éloignés, elle les voyait beaucoup mieux sans aucune espèce de lunettes:

M. Tyrrell a essayé l'effet que produirait le déplacement de la pupille amenée du centre de la cornée, point le plus déformé, vers sa circonférence où elle l'est le moins. Il exécutait cette opération en ouvrant la cornée près de sa circonférence, puis, introduisant son crochet mousse à l'aide duquel il saisissaitle bord pupillaire de l'iris, il l'attirait au dehors où il le laissait à l'état de prolapsus, ou bien le retranchait d'un coup de ciseaux. Il ne survint jamais de conséquences fâcheuses à la suite de l'opération, et il obtint dans deux cas sur sept ou huit une amélioration marquée (1).

[M. White Cooper a retrouvé plus tard trois des malades opérés par M. Tyrrell : chez l'un d'eux la vision était bonne, l'autre avait fini par n'obtenir aucun bénéfice, et chez le troisième l'œil avait été détruit par une inflammation. M. Ilaynes Walton a vu deux malades opérés par Tyrrell, après la publication de son livre : ni l'un ni l'autre n'en avaient retiré d'amélioration, la confusion de la vue avait plutôt augmenté. Lui-même a eu recours plusieurs fois à cette opération, mais il n'en a retiré aucun avantage (2).

(I) Practical Work on llie Discascs of ihe Eye ; vol. I, p. 277 ; London, 1840. [(2) Ophlhalmic Opcralivc Surgcry, p. 596. London, 1855.]

240 AUGMENTATION DU VOLUMK DU flI.OId' I)K l/oi',II,, V.TC.

M. Wilde, dans son Bcporl on llœ Pnujress of Ophlhalmic Surgery^ dil: « La seule l'ois (jiie nous ayons obtenu une aniélioralion peiina- -, nenlc, c'esl dans un cas où nous avons |)i'ali(iué une |)uj)ille ariifi. cielle, ainsi que le recomniandail l'eu M. Tyii'cll. La malade élail une t- (laine qui pouvait à peine se conduire dans la rue. Elle avait consulté les pi'inei|)aux oculistes de ce pays et subi i)lusieurs traitements ae- • tifs. Elle avait, entre autres, été traitée par l'eu M. Wardrop, qui lui i avait plusieurs l'ois ponctionné la cornée. Pendant l'été de 1842, assisté • par M. Cusaek, je lui pratiquai une pupille artiiicielle à l'œil droit, , non, ainsi que le recommandait M. Tyrrel, en excisant une portion i de l'iris, mais en attirant le bord pupillaire à travers une incision i pratiquée à la cornée tout contre son insertion à la sclérotique. Celle dame lit maintenant très bien en tenant son livre en lace de son œil i droit. »

MM. Butter de Plymoiitb, Barton de Didsbury, et feu Walker de • Manchester, ont communique à M. Cooper les résultats de leur expérience: elle est beaucoup m»ins favorable à cette opération. M. Cooper l'a pratiquée dans trois cas : dans l'un il y a eu de l'amélioration ; dans l'autre également, mais elle fut très légère ; et dans le troisième, ni le déplacement de la pupille, ni le déplacement du cristallin auquel on eut ensuite recours, ue rétablirent la vue du malade. T. W.]

M. Walker recommande d'essayer d'abord le déplacement de la pupille, que nous venons de décrire, et si l'amélioration obtenue n'est pas suffisante, d'extraire ou de broyer le cristallin. Il rapporte une observation dans laquelle l'extraction , précédée du déplacement de la pupille, fut suivie, sur un œil, d'un résultat satisfaisant; la cornée perdit sa forme conique et le malade put lire le petit texte à la dislance ordinaire. La même opération ayant été tentée sur l'autre œil, celui-ci fut détruit par une opblhalmitis (1).

MM. Lawrence et Wallon condamnent fortement l'emploi de loulc opération contre la conicité de la cornée; quant à moi, c'est un moyen de traitement auquel je n'ai jamais eu recours (2).

[L'un de nous, M. Warlomont, a le premier exprimé la pensée que le procédé de Quadri pour l'opération du staphylôme partiel el opaque de la cornée pourrait être utilement appliqué au slaphylôme transparent, affection où la déformation du miroir est le principal obstacle à l'accomplissement de la vision. L'excision d'un lambeau bien mesuré, rendant à l'œil son degré normal de convexité, lui permellrail de reprendre ses fonctions.

Quel serait dans ce cas le lieu d'élection pour le lambeau à exciser?

(1) Oculisl's Vade-Mccum,p. 143; London, 1843.

(■=)) Consullcz sur la conicilc de la cornée : SiciiEr,, Annales d'Ociilistique, 2» vol. supplcnicnl, p. 125 ; Bruxelles, 1845 : Liiommeau, Ibid., p. 168 : W. White CoorEn , London Journal of Mc.lieine, vol. Il, p. 407 ; London, 1850.

COilNÉIÎ CO.MQUK.

Via partie iiilV-iicuro , on nura toujours à craindre le clévoloppcmcnl ,l „MO dcalric-c capahic iriMlcrcopIcr une partie des rayons lumineux ; .• h, partie supérieure, si par aventure l'iris, s'inlroduisanl dans la |)laie, lirull'ait la |nii)iile, eelle-ei gaii-nerail le dessous de la |)aupière supérieure, ce (lui ne serait pas sans inconvénient. Nous préférerions donc, ivcc raison nous seinl)le-t-il, |)rati(iuer l'excision au côté externe (nous 110 parlons pas de l'inlerne à cause de la dilliculté (rexécution), parce ,|,ie là, la présence de la cicatrice et le tiraillenienl de la pupille aulaienldes inconvénients relativement beaucoup moindres (1).

M. Van lloosbroeck a mis cette idée à exécution sur un homme ,1c 40 ans, des environs de Renaix, atteint de conicité de la cornée (li'oite, sans la nu)iiidre trace d'opacité au centre de cette dernière, donnant lieu à un degré de myopie tel, (ju il n'y voyait ([u'à la dislance ,10 deux pouces, et encore pas assez pour pouvoir distinguer les objets. I,e 14 avril 1850, M. Van Roosbroeck a excisé un lambeau, large d une demi-ligne environ , aux dépens du segment supérieur de la fornéeet en suivant les indications prescrites par iM. Quadri pour le siapliylùme opaque. Il n'y a eu d'accidents ni pendant ni après roj)ér;ition et, au bout de dix jours, la cicatrisation était parfaite. Le irsultal immédiat de cette première excision, s'il n'a pas été complet, a au moins été tel, au dire du malade, que s'il gagnait encore autant (lu'elle lui avait déjà fait gagner, il verrait aussi bien de cet œil que de l'autre. A la suite d'une nouvelle excision, pratiquée quelques mois après, à la partie inférieure de la cornée, l'amélioration survenue a été lelle que le malade voit aujourd'bui presque aussi bien de cet qeil que (le l'autre. 11 ne reste pour toute trace des deux opérations qu'une cicatrice à la partie supérieure et une autre à la partie inférieure de la cornée, ressemblant à l'arc sénile et qui ne gène en rien lexercice de la vision.

Le résultat de cette tentative nous permet de ne point partager l'avis de M. Ilays, qui considère cette opération comme « extravagante, aussi longtemps qu'il ne sera pas démontré que l'on peut faire subir à la cornée des pertes de substance sans avoir à en craindre des cicatrices opaques ou des hernies de l'iris (2). » A ces conditions, l'extraction de la cataracte serait bien plus extravagante encore. Le principal est de choisir le lieu où ces cicatrices et ces hernies iriennes auront le moins d'inconvénients, et c'est ce que nous avons essayé d'indiquer plus haut. On peut voir, d'ailleurs, par l'observation que nous venons de rapporter, que ces cicatrices, fussentelles même à la partie inférieure de la cornée, peuvent ne pas être un obstacle sérieux à la vision. T. W.]

[(I) Annules .r()('iili>lititii-,I.XX\IV, p. 18-19.] [(2) ll ws. Kililiou iiiiici-itiiiiu' du Lawrence, |>. 591.]

AUdMKMATION Dli VOI.l'MF. DU GLOBK DR l/olUL, KTC.

SliCTIO.N Jl.

IIVDUOI'IITIIALMIIC OU IIYDUOIMSII: UK l/oKlL.

Les alVcclions liy(li'0|)i(|ucs tie l'œil soiil (luchiucfois combinées avect, un élal caclieclifjue de Técononiie, coinnie celui (jui est la coiiscciueiicc» (le la scrofule ou de la chlorose, halles ne ))araissenl jamais être la eon-o sé(|uence d'une hydropisie généi'ale, ni même comhinées, à leuni origine, avec quelque autre hydropisie locale. Le plus souvent, ellesS paraissent dues à l'action d'une cause locale qui a agi, non pas tant eiii| augmentant la quantité des lluides contenus, qu'en allaihlissant la résis-»j lance des tuniques de l'œil et |)articulièrement celle de la sclérotiques et de la cornée.

§ I Hydropisie de la cornée.

Syn. — Vcsicatioii cliroiiiquc de la conicc.

J'ai déjà eu l'occasion de l'aire remarquer (t. 1, p. 859, 855 et' l. II, p. 149) que l'épithéliumde la cornée est parfois séparé de la lamci» élastique antérieure par l'interposition d'un liquide aqueux, .l'ai vu cet' état survenir sans être précédé d'aucune inflammation de l'œil et avec» conservation de la transparence parfaite de la cornée ; mais il y a généralement une certaine opacité, et l'œil a été pendant plus ou moinsilongtemps le siège de quelque ophlhalmic. L'épithélium soulevé, for-'i mant des plis lorsque les paupières sont fermées, donne la sensationti d'un corps étranger dans l'œil.

On se trouve bien, dans cette affection, de la ponction delà coucheu d'épithélium soulevé, et même de celle de la cornée, de l'exposition del' l'œil aux vapeurs d'acide hydrocyanique et de l'administration interne des toniques.

§ 2. Hydropisie des chambres de l'humeur aqueuse.

Fig. Dcmours, pl. LIX, «g. 3, pl. LXl, fig. S. Von Ammon, llil. 1, taf. III, lig. 2i-2 1. Dnlrymple, pl. XXIV, Ug. 1.

L'bydropisie des chambres de l'humeur aqueuse, uue des variétés- 1 les plus communes de l'hydrophthalmie, est une suite fréquente delaU cornéite. Lorsqu'elle est due à cette cause, ou ([u'elle succède à unci. aquo-capsulite ou à une lésion Iraumatique de l'œil et des parties eii-i vironnantes, elle acquiert rarement une dimension considérable; nuusi lorsqu'elle est congénitale ou constitutionnelle, elle détermine parloisi'. une dilatation considérable de la chambre antérieure.

IIVDnOPllTIlAI.MIE OU IIYDUOI'ISIK DE i. OKIL. 245

S,niii)t(hiu's — 1. Au (l(''l)ul , la coniôc est siini)lcincnt plus pi-oéini- L h IV'tal luilurcl. Dans hcaucoiip de eas, par exemple lors- !•, maladie est due à la coniéile, la maladie ne va pas plus loin, 'hi.'d autres fois le diamètre de la eornée s aceroil en même temps ,,ûe" celle membrane s'amineil. Cet accroissement peut aller jusMua L.I.IcM- le diamètre de la cornée. J'ai donné des soins a un malado(pii !„ .uNi.il lire, bien que sa cornée eût subi une dilatation encore plus con- 'idéràble. Dans les cas avancés, cette membrane parait toujours un |)eu ;,"ôuse et oIVre des oi)acités partielles, surtout près de la eircon-

IIIU

léi-ence.

9 L'iris perd, dès le principe, la laculle de se mouvoir, et la cou- I.Mir en parait sombre. La pupille est le plus ordinairement dans un état iiilerinédiaire entre la dilalali(m et la contraction, mais quel([ucl"ois elle ,.>t lort dilatée. Le cristallin s'enlbnce parfois en arrière, dans Tintél icur de l'œil, entraînant avec lui la pupille de sorte que l'iris offre l'asnecl infundibuliforme. En pareil cas, le cristallin est exposé à devenir „|)aque. Lorsque l'bydropisic des chambres de l'humeur aqueuse suct ède à un coup reçu sur Toeil ou sur le rebord de l'orbite, l'iris est souvent treinblolanlet la réline insensible.

3. Le malade accuse une sensation de pression et de distension dans l'œil, rarement de la douleur, à moins qu'il ne survienne de l'inllaminalion.

4. Au début, l'œil est myope, mais cet état se change en un alfaililissoment amaurotique de la vue, qui va rarement jusqu'à la cécilé complète, si ce n'est dans les cas Iraumatiques. Il survient tout à coup (les mouches volantes, auxquelles succède lentement l'amaurose. Lin (oil atteint d'hydrophtbalmie voit parfois les objets multiples.

0. Les paupières se contractent difficilement sur le globe de l'œil, et les mouvements de celui-ci sont souvent gênés en proportion de l'augiiienlation deson volume. Il devient en même temps plus dur au loucher, cl la sclérotique, qui prend nécessairement part à la distension forcée (le la cornée, s'amincit et paraît bleue, comme celle des jeunes entimls. La circonférence de la pupille conlracle souvent des adhérences avec la capsule devenue opaque; l'iris est déchiré par suite de la dilatalion des parties environnantes, et absorbé.

G. Au bout d'un certain temps, la cornée et la sclérotique deviennent flexibles et flasques; l'œil est en partie atrophié et la réline com- |)lolenient insensible.

Causes. — Quand celle maladie n'est pas le résultat évident de quelque lésion traumalique ou de quelque ophthalmie, les causes en sont obscures. On a signalé parmi elles la suppression brusque d'une éruption cutanée.

Pronostic. — Lorsque l'hydropisie des chambres de l'œil est la conséquence d'une cornéite ou d'une aquo-capsulile, elle persiste ordinal-

AUGMENTATION Di; VOIAME UU CLOltK 1)K l,"oi:iL, KTC.

iriiuMil peiidaiil toiiU; la vie sans s'aiigi'avci-; mais l(»i'S(|ii elle succède à une lésion lranniali(|ne, ou ([u'ellc dépend de (|iK'J(iue cachexie, elle peul dégénérer en une liydro|)isi(; générale de l'ieil.

Quand la vue esl assez bonne cl seulenienl raccourcie, il ne luut rien lenler sur l'œil direclcnienl.

Ohs. -i39. — Un ninriii fui envoyé do Monlrose pour me consniler, le 81 jiiillel I8;)3. n iiviul21 ans. A l'âge de 7 iins, une cliule (ju'il aviiil l'aile sur le nez avait ])rovo(|iié u{)q épistaxis al>ondanl.e el une cornéite aux deux yeux, niais surloul à l'œil droil. (lelle maladie avait délenniné l'Iiydropisie des clianihres de l'humeur aqueuse qui, par suite des progrès qu'elle avait faits, renipêeliail d'exercer sa profession de marin. I.e diamètre di; la eoriiée gauche atteignait iS/SO de pouce; la droite était un peu moins grande. Il y avait eu une tache sur la cornée droite. Actuellement les deux cornées sont fort proéminentes, mais complètement transparentes. Lorsque l'on fait arriver la lumière obliquement sur la cornée, en la concentrant, la surface interne de la sclérotique parait Iransparenle. Le malade peut lire à la distance de 4 1/2 pouces. A l'aide de verres concaves, il aperçoit du plus petits objets, mais il ne distingue pas mieux. Il a essaye les révulsifs et le mercure sans avantage. Je l'ai dissuadé de toute opération.

Traitement. — 1. Lorsque la maladie esl la suilc d'une lésion Lraumatiquc, on se trouve bien de Tapplicalion d'une série de vésicaloires à la tempe et derrière l'oreille, et de l'usage interne du mercure combiné avec les purgatifs.

2. Si l'on soupçonne rpje le mal est dû à la disparition d'une éruption cutanée à laquelle le malade élail depuis longtemps sujel, il esl indiqué de provoquer une éruption arlincielle à l'aide de frictions avec le tartre émétique.

5. Au début, et surtout lorsque la maladie a une origine locale, on s'est bien trouvé de frictions autour de l'œil avec un onguent niercuriel,

4. Si la maladie est plus avancée et la vision fort aflcctée, mais que la sclérotique n'ait point encore subi un changement de coloraliou qui annonce qu'elle soit comprise dans la dilatation, on doit recourir à la paracentèse oculaire (1). On pratiquera à la cornée, et à la dislancp d'une demi-ligne de la sclérotique, une incision longue de deux lignes. Beer recommande non-seulement d'évacuer rhunieur aqueuse, mais encore de rouvrir la plaie plusieurs jours ou même plusieurs semaines de suite. Il a observé plus d'une fois que les remèdes généraux employés sans succès avant cette opération, réussissaient après qu'elle avait été pratiquée. Si elle ne parvient pas à guérir, elle agit au moins comme palliatif, et pourvu qu'on ne fasse point une ouverture Irop grande, on peut y revenir avec avantage à plusieurs reprises.

La description que nous venons de donner s'applique soit à Thydropisie des deux chambres de l'œil, soit à celle de la chambre antérieure seule. Dans les cas où la pupille est close, on voit parfois la sclérotique former une saillie au niveau des procès ciliaires . ce que l'on a

(1) NccK. De duclibus oculorum aqiiosis ; p. 120 ; Luë<luni Balavorum, 1725.

IIVOUOI'IITIIALMIK OV IIVDUOPISIK Dlî l/OKlU. 2^0

,a,il...o à une hv.lropisie .le la eha.nl.re poslérieure. La même chose "i.unenir lor^.pie, par si.ile dï... ulcère pc.lorauUle la cornée, la lunl.re anlérieure est oblilérée par ladhéreuce de 1 iris a la ciealnce

Ile celle membrane. On tempère alors la sensalion de distension a l aide

,1c la paracentèse oculaire (1).

§ 3. Hydropisie sous sclérotidienne.

J'ai déjà eu roccasion de menlioniier (t. I,p. 858) qu'il peut s'eiïecluerun épanehement a.jueux cuire la sclérotique et la choroïde, ou (.iilre la choroïde et la rétine, à la suite de rinllammation.

Bien que la surface inlerne de la scléroti(iiie soit unie à la surlace ,'xlcrnc de la choroïde par des nerls et des vaisseaux nombreux, il peut néanmoins s'accumuler entre ces deux tuni(|ues un rupiide séreux assez abondant pour mériter le nom d'hydrophlhalmie sous-sclérolidienne.

Los symptômes de cette maladie ressembleront, à quelques égards, a eux produits par répanchement d'un liquide entre la choroïde et la l'iiiie, et, comme ceux-ci, seront amendés par l'évacuation du li.juide.

re

§ 4. Hydropisie sous-choroïdienne.

Fig. Wanlrop, pl. XV, lig 2. Panizza, Appendice, lav. I, Dg. 3-(i. [Sicliel, pl. XLVIll, flg. 2 à C..]

,Ie puis renvoyer ici à ce que j'ai dit à l'occasion de la cornéite scrotiileuse (t. I, p. 856) et de la choroïdile, qui en général précèdent ou accompagnent l'hydrophthalmie sous-choroïdienne. Ce! te maladie parait devoir aussi son origine à des lésions traumatiques et quelquefois à ropluhalmie arthritique (p. 49).

Les auteurs ont décrit beaucoup de cas dans lesquels l'hydropisie sous-choroïdienne a été portée au point que la compression exercée parle liquide a déterminé l'absorption de riuimeur vitrée et de la réline (2). La marche de l'épanchement et les symptômes qu'il provoque ne sont pas les mêmes dans tous les cas. Lorsqu'il s'ellectue lentement, la perte de la vision est graduelle et la douleur ainsi que la l'ougeur sont peu prononcées. Mais si le liquide s'accumule rapidement, une forte douleur s'éveille dans l'œil et dans la tèle. Au début, le malade peut encore voir de côté, mais il devient bientôt complètement aniaurotique. La pupille parait d'un brun foncé lorsque l'on regarde l'œil à une certaine distance; mais en y regardant de plus près, on aperçoit derrière la pupille, le plus souvent vers le côté temporal ou le

(I) Bowman's Lectures on Uie Piirl.s, etc., pp 77, 140; Lontlon, 18/i-9, [et Annales tVOeulislique, I. ô5, p. 69.]

f2) Zi>>-. Ocscriptio anaioiiiica ociili iiuinani, p. 2") nolliii^'a;, 1780 : Scaiu'v. Tratialo delh- Mialallic, (lej^li occlii. vol II, p. 17-2; l'avia, 181 G : WMiif.s OI).siM'valions on llic TiTiiltncnl ol' F.pil'iioi-a, cic, p 'i8i; London 1818. \V,u\i)noi'"s .Moi biil Aiialuniy ol' llie Uuuiau Kyc ; vol. Il, pp. 2 3; I.unilon, 1818.

''2iC) AIIGMIÎNTATION DU VOLUMIÎ DU «LOUE 1)K l/oKIL, ETC.

volé nasal de Tooil, une opacité blanchâtre ou jaunâtre, et en panier» couverte de vaisseaux rouges. Lorsque l'on examine l'œil catoptrique- >, nient, Tiniage droite |)roron(le est volumineuse et distincte, niais Pi- , mage renversée n'est point visible, ce qui démontre (pie le cristallin ^ est transparent, mais qu'il existe en arrière, tout contre lui, une opacité qui, bien qu'elle agisse conune repoussoir pour l'image droite profonde, empêche la l'ormation de l'image renversée. A mesure que la maladie marche, la substance opa(pu;, (|ui n'est en réalité ([ue la rétine Irevenue sur elle-même, présente un aspect inlundibidilorme, ou bien m un certain nombre de plis partant d'un centre et (|u'on voit llotter el i trembloter. M. Wardrop (1) rapporte que cet étal fut pris dans un cas si pour une cataracte et que l'on tenta l'abaissement, opération inutile r et qui fut très douloureuse. On l'a aussi ((uebiuefois confondu avec le c cancer encéphaloïde, ce qui a conduit à pratiquer l'extirpalion de l'œil. . Plus lard, la pupille se dilate el se déplace même quehpiefois ; 1er cristallin devient opaque et la cornée se rétracte. L'œil peut n'avoir r; pas augmenté de volume, mais d'auti-es fois la choroïde et la scléro- • tique s'amincissent, et le globe de l'œil subit une dilatation partielle r ou générale.

Trailement. — Dans les cas où l'on soupçonne une bydrophthal- mie sous-choroidienne, il ne saurait y avoir de doule sur la conve- nance d'imiter la conduite de M. AVare, qui pratiquait la ponction de * l'œil dans le point où l'on introduit d'ordinaire l'aiguille dans l'opéra- ■ tion de la cataracte. M. Ware recommandait de se servir d'une aiguille cannelée, afin que le liquide s'échappât avec plus de certitude; mais il vaut mieux ponctionner avec une large aiguille à cataracte, ou avecla i pointe d'un couteau à extraction, et tenir les bords de la plaie écartés » à l'aide d'une petite sonde. Il faut, en pratiquant la ponction, diriger la pointe de l'instrument de telle sorte qu'elle n'aille point blesser l'hé- -i mispbère postérieure de la capsule du cristallin. On peut répéter de temps en temps l'opération, si la maladie le demande. (F. t. !,p. 059.)

Le premier cas rapporté par M. Ware oflVe un bon exemple delà i maladie et du soulagement que procure la paracentèse :

Obs. 440. — Une diime, âgée de 4S ans, reconnut dans la vue de son œil gauche un li trouble dont il lui lut inipossilile d'assigner la cause. Elle supposa qu'il élail dù soil à un n froid, soil à la cessation d'un écouienienl chronique de l'une de ses jamhes. Elle s'aperçut i de ce trouble par hasard, en essayant de regarder de l'œil gauche pendant que le droit était fermé. Au bout d'un certain temps, la vision de ce côté se perdit presque complélement;les objets placés direclenient devant l'œil n'étaient plus perçus, et lorsqu'on portail en deiiors de l'axe visuel, ils élaienl obscurs et confus- L'aspect de l"œil n'offrait aucun changement; la pupille n'élail ni trouble, ni nuageuse. En décembre 1804, deux i ans environ après qu'elle eût constaté l'obscurcissement de sa vue, elle conmiença à res- sentir de la douleur dans l'œil qui s'ennamma légèrement, lîien que l'innammalion ne se ? montrât jamais fort intense, la douleur s'accrut considérablement, envaliissant l'œil ella

(I) Op. cil., vol. Il, p. 07,274.

1IVDU01M1T1IA1..M1E OU IIYDUOPISIE 1)K l/oElL. 247

-, .,M-mcMiliiiitsurtoiil pciidiiiil la nuil. pupille coiiiiiieiira alors, pour lu première 1 i Sr cl pïîsonla un i.roulllard; mais lo degré de l'opacilé ii'élail nullement en î'mn.'irïaveclaperlelolaledela visi()ii. •• .• ,

r sv va à diverses reprises, mais sans résultai, les sangsues, les vesicatoires, les ,,,m n a io .s de décoction de tètes de pavots cl l'opium à haute dose. I e denlo-.adorure

, ! re à l'i.ilérieur ne rénssit pas mieux. La marche de la mala.lie e l'elal dans lequel , 0 I l ah.rs cite dame, ressenihlant l..'auco.,p à ce q.i'avait éprouve un autre mah.de, h, -œil duquel M. Ware avait trouvé, après la mort, un épanchemenl sous-ehoroidien :^ ^M-cu!ou de la réline, ce chirurgien fut an.ené à penser que la violente douleur ,0 celle malade éprouvait pourrait hieu tenir à la même cause. Il pensa aussi que 1 eva-

liô du li,,uidedélerminerait du soulagement. I.'opéralion n'olfrait au.'ime .hlllcullé et l^rSade racceptail, disposée qu'elle était à se soumettre à tout, lant la douleur qu elle irssenlail était violente. , . , , ,

M Wi.re introduisit, un peu plus en arrière que le point choisi dans l'ahaissemeiil de la rifn'aclc une aiguille en fer de lance. .Aussitôt que l'instrument eût pénétré dans I œd, il s'en éclia'p|)a un lluide jaunâtre, en (luanlilé sulllsante i)onr mouiller complétemenl un mouchoir de poche ordinaire. On maintint l'aiguille dans l'iKil pendant une minute, alin ,lo permettre au liquitle de s'écouler : aussitôt qu'on la retira, l'écoulenienl cessa, l.'openitioii eut pour résultat de diminuer eonsidéralilemenl la tension de l'œil. On recouvrit rclui-ci d'une compresse trempée dans une solution saturnine cl l'on fil coucher la malade. Klle coiiliiiua à soulTrir pendant dix minutes, puis s'endormit d'un sommeil profond qui dura deux heures; à son réveil, son œil était tout à fait iiieii. On humecta de nouveau la compresse avec la solution saturnine et l'on donna quelque nourriture. Elle passa la nuit qiivanle fort hien sans recourir an laudanum, dont cependant elle était auparavant obligée ,1e prendre de fortes doses. On continua les mêmes applications sur l'œil qui resta ensuite exempt de douleurs et presque sans aucune trace d'inflammalion. La pupille resta dilatée mais ne devint pas opaque. Environ trois semaines après l'opération, la malade prit un riinme; son œil devint plus sensible qu'à l'ordinaire. M. AYare craignait qu'un nouveau liquide s'épanchât dans le lieu qu'occupait l'ancien et que la douleur revînt ; mais cet accident fut lieurcusemeiit prévenu par l'application d'un vésicaloire sur le côté de la lèle(l).

Bien que robservalion siiivanle soit rapportée par une autorité sérieuse, celle du professeur Panizza, comme un cas de l'ongus médui- Inirc, jecroisque le lecteur pensera avec moi que les caractères trouvés à Tautopsie autorisent à le ranger dans le chapitre relatil" à Thydropisie sous-clioroïdienne , la couleur, la consistance et les rapports de la niasse morbide diflérant essentiellement de ce que Ion observe dans le l'ongus hématode.

Ohs. 441. — Le malade était un bel enfant, bien portant, âgé de 20 mois, affecté de ce que l'on considéra comme un fongus malin ou médullaire, engendré par une ophlbalmie interne grave, consécutive à une dentition douloureuse. On avait observé depuis un mois des symptômes que l'on attribuait au fongus. L'aMI malade avait le même volume que celui (lu côté opposé, était parfaitement mobile et non enllammé; la pupille était dilatée et immobile. iJerrière elle, et évidemment au fond de l'a-il, on apercevait un point d'un jaune Iiâle, divisé en trois éminences comme tuberculeuses par des sillons dans chacun desquels un vaisseau rouge venait se ranilher. Le point s'apercevait mieux et semblait plus rapproché de la pupille lorsque l'on regardait dans l'œil de haut en bas, que lorsqu'on y regardait de bas en haut. Lorsqu'on regardait dans l'axe de la vision, il semblait plus éloigné et plus profond. La vision était entièrement perdue.

Donagana extirpa l'a'il le 10 décembre 1822, six semaines après le conimencemenl de la maladie. En 1S2G, lorsque Panizza publia l'observation, le mal n'avait point récidivé.

(I) Remiirks on llic Oplilliidniy, cic, p. 2ôô : l.oiiilon, 1814. Voyez aussi W,iniî"s Obsorvntioiis 011 lliu Cularaclaiiil Gmia Seeeiiu ; p. 135 ; Loiulou, 1812.

AL'GMENTATlOiN 1)1! VOLUME DU CLOUE DE l/oEIL, ETC.

L'œ.il oxlirpé olïi'iiil le voIuiik; ol lu forme onlliiniros, niais il clail un peu plu» (lui'(|ii(. (le eouluine. l.e nerl' opli(iue piiniissiiil sain. On apercevait à travers la eornée le poiiii ^ coloré en jaune; l'Iiunnuir a(|uense s'écoula (juand on enleva la cornée. L'iris était sain; | en le délaelianl du cercle ciliaire, on mil à nu le cristallin qui était parl'aitenient transparent et renl'ermé dans sa capsule. Vu à travers le cristallin, le point paraissait situé au ■■ fond do l'œil, niais en ouvrant In capsule cl en enlevant la leiilille, on reconnut (pi"il était tout contre la capsule postérieure. Son éloignement apparent, lors(|u"on le regardait à ^ travers le crislalliii. élail donc une Illusion d'opli(|ue. Imi enlevant dans l'étendue d'une ligne la choroïde ipii était saine, ainsi (|ue les jirocès ciliaircs, on mit à nu une suhstaiice •, jaunâtre molle et longueuse, qui paraissait contenir un liiiiiide. A sa partie supériiMire se voyait une aire triangulaire où la meiiihraiie liyaloïde était saine et l'iiumeur vitrée lini- ' pide. En ponctionnant l'Iiyaloïde et en laissant écouler une petite (pianlilé d'Iiiinieur i vitrée, on lit surgir tout ù coup une des trois proéminences jaunâtres qui vint prendre la i place de riiuineur vitrée qui s'était échappée. Paniz/.a en inféra que l'humeur vitrée avait l été atropliiée par le développement de la tumeur.

Celle-ci était molle, élaslupie et, dans les points occupés par les sillons, lu soiKh; poiivail i écarter un peu les saillies qu'elle formait. Panizza, voulant connaître plus coniplétiMiient ' les rapports de la tumeur qui paraissait être la rétine à l'étal de l'ongiis, enleva une porlioii (le la sclérotique vers la partie jiostérieure de l'œil; il allait inciser la choroïde, lorsqu'il a s'échappa hrusquement un liquide jaune serein : les trois éminences tulierculeuses s'aflais- • sèreiit immédiatement un peu ; le lluide qui s'était échappé se coagula par son coiilact avec : l'alcool dans lequel on plongea l'œil pour empêcher le reste de s'écouler. Le liquide élail i glutineux et avait un goût salé; lorsque l'alcool l'eut transformé en une niasse homogène ' et consistante, sa couleur jaunâtre avait heaucoup diminué. On laissa l'o'il dans une coupe • remplie d'alcool, elle lendemain on le trouva adhérent au fond du vase par la coagulation > d'une certaine quantité du liquide qui s'en échappait.

Panizza, conlinuanl sa dissection, enleva la partie postérieure de la sclérotique et delà i choroïde qui étaient saines, et mit à nu l'inlérieur de l'œil rempli par la sulislancc jaunepaille. Cette substance était granuleuse et, lorsqu'on la prenait entre les doigts, se ■ réduisait en une poudre fine. Comme il n'exislail aucune trace de la rétine au-dessous de la choroïde, il parut probable que la tumeur était le produit d'une dégénérescence fongueuse de la rétine, d'autant que la tumeur se continuait avec le nerf optique à son entrée dans i l'œil. Le nerf olTrait aussi la même couleur que la tumeur. Celle-ci était un peu inégale ; à sa surface, mais présentait partout une substance consistante granuleuse, que l'analyse | démonira être complètement albumineuse. i

Panizza remarqua que le nerf optique, s'étalant graduellement , semblait passer dans la { tumeur. Eidevant soigneusement la substance granuleuse molle, il trouva, à sa grande I surprise, la réline offrant une forme conique, rétractée, plissée sur elle-même et occupant 1 le cenlre de la tumeur. Elle s'étendait de l'entrée du nerf optique aux éminences dont nous ' avons déjà parlé, celles-ci n'élant en réalité que des protubérances de la réline, produites ( par la pression du fluide jaunâtre renfermé derrière elle. D'où il ressort que la tumeur ne • consistait pas dans un fongus de la rétine, mais dans l'accumulation graduelle du liquide jaunâtre entre la choroïde et la rétine, celle-ci ayant été repoussée vers le centre de l'œil. L'humeur vitrée avait diï nécessairement disparaître en proportion de l'accroissement du dépôt morliide; c'est pourquoi l'on n'en trouva qu'une petite quantité. L'analomie, qui nous fait connaître avec quelle solidité la terminaison antérieure de la réline adhère à la grande circonférence du cercle ciliaire, permet de comprendre comment le fluide rassemblé entre la choroïde et la rétine n'avait pu s'intioduire dans la chambre postérieure el de là dans l'antérieure. Cette particularité anatomique explique très-bien aussi comment la rétine, pressée de toutes parts par le fluide qui s'accumulait entre elle et la choroïde, avait été séparée de celle-ci, s'était plissée vers le centre de l'œil et, comprimant l'Iiyaloïde, avait progressivement diminué la sécrétion de l'humeur vitrée. C'est ce même fluide qui avait poussé en avant la réline, sous la forme de trois éminences arrondies, séparées par des sillons. Il est encore évident que, si la sécrétion morbide s'était accrue, elleaurail refoulé la réline contre le cristallin, celui-ci contre l'iris el ce dernier contre la cornée, irrilant toutes ces parties, les rendant opaques et les atrophiant (1).

(l)Siil Fiingo Midollarc dcU'Occliio; Appendice di Barlolomco P.vmzza, p.9;Tav. I. Ilg. ô. i, !), G; l'avia, 182G.

IlYDROPirriIALMlE OC IIYUROPISIK DK l/oKlI..

§ 6. Hydropisie du corps vitré.

V\li. Von AiiiiiuMi, Ihl. I. lar. IV, ttg. iO, liif. Vil, 11,;. 8 l'I II.

L'h) cli'0|)isic du corps vilrô esl caraclérisce par les syiiiplônies sui-

\aiils : , , , ., •- 1

1. .Aiiiîuioiilalion de volume du ij;iol)e de surtout eu arrière de

|;i t'oriiéo(iui est ropoussée eu avant, niais sans (''|)rouver d autre cliaii-

'i-iiKMit, tandis (|ue la sclérotique fait saillie entre les muscles droits et

que l'œil \)vcn{\ une iorme un peu carrée.

:2. La quantité de riuinieiir aqueuse diminue et l'iris est poussé en avant, ou même appliqué contre la cornée; la coloration n'en est pas allcrée et la pupille n'est pas fort dilatée.

ô. L'œil comprimé avec le doigt parait extrêmement dur.

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