‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 30 sur 143 · II · texte numérisé non relu

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2^4 AUGMENTATION DU VOLUMK DU (JLOBE DE l'oEIL, ETC.

pliquer ci-j\près (\n i\ survi(Mil un ('coiilemcnl de sang après loulcslesh opéralions Icnlécs pour la rorinalion d'une ])upille artificielle, el que„ le même accident peul aceoinf)agner ou suivre les oj)éralions de cata-il racte. Je parlerai à Tarlicle ammirose de Tapoplexie de la réline. dJ voit parfois de peliles quanlilés de sang accompagner Tliypopion, sur-fi tout lorsqu'il est dù à la rupture d'un abcès de ï'iris. Les indamma-». lions, surtout les inllanunaLions sypliiliticiue et arthritique , donnenui quelquefois lieu à un épanclienient de sang dans la subslance de lal4 cornée ou à la surface de l'iris. Beer décrit (1) l'extravasation de sangif dans la chambre antérieure comme survenant parfois dans rophtlialmiei^ qui se déclare dans le scorbut. Le docteur Graves (2) a rapporté uni cas de purpura hemorrhagica suivi de mort, dans lequel un épan-i chement de sang s'effectua dans les deux yeux.

On peut établir comme règle générale que, dans quelque partie dek l'œil que le sang s'épanche, il s'absorbe d'autant plus promplementii que l'organe est d'ailleurs moins affecté. S'il est le siège de quelque* autre affection morbide, l'absorption est lente et incomplète; la pu-h pille peut se fermer et l'œil s'atrophier. Le sang versé dans la chambre ' antérieure d'un œil sain se dissout dans l'humeur aqueuse et est ab-»sorbé dans l'espace de quelques jours, à moins qu'il ne se soit coagulé. Dans ce cas, il peut être des semaines et des mois à disparaître. Lors s même que le sang reste fluide, il peut larder longtemps à s'absorber, lorsqu'il s'épanche dans un œil dont les chambres, par suite de quelque affection antérieure, contiennent non de l'humeur aqueuse, mais du sérum jaunâtre. M. Bowman (o) suppose que les corpuscules sanguins se gonflent dans l'humeur aqueuse saine et lui abandonnent leur matière colorante, d'où leur prompte disparition. Sans nier le fait, le idocteur Meyr (4) fait remarquer que, dans les plaies de l'œil où l'hu- ^ meur aqueuse a été complètement évacuée el remplacée par du sang, celui-ci est parfois résorbé dans l'espace de vingt-quatre heures, pourvu que l'on ait employé les moyens convenables d'empêcher l'inflamma- lion. Quant aux épanchements de sang dans les autres parties de l'œil, , les moyens les plus propres à en favoriser l'absorption seront ceux s. qui empêcheront l'inflammation de se développer.

Je dois appeler tout particulièrement l'attention sur une hémorrhagie interne de l'œil, qui ne paraît dépendre ni d'une lésion traumatique, . ni d'une inflammation, et que l'on a quelquefois appelée apoplexie de r l'œil. Celte hémorrhagie peut survenir, soit dans un œil sain en apparence, soit dans un œil qui a déjà souffert d'une aflection antérieure.

(1) Lehrc von dcn Aiigcnkrankhcilen ; vol. I, p. 053 ; Wien, 1813.

(2) Dublin Journal of tlie Médical Sciences ; vol. XI, p. 593 ; Dublin, 1857. ^ (3; Leclurcs on tlie paris concerned in opéralions on llic Eye, p. 78, London, 1849 ; [et Annales .

d'Oculistique, I. 53, p 62.] (4) Beilrage zur Augcnlicilkunde, p. 17 ; Wicn, 1850.

Él'ANCIlKMKNT SANCUIN A l/lNTKUlEL'U DE LOEIL. 2b5

|,;llc parait duc laiilùt à une liypéroinie aclivc, lanlôt à un élat tle faii.Lssc passive dos vaisseaux. .

M. Jolni Boll a rappoi lc un exemple d'épancliemenl sanguin dans ,,„ œil jusqu'alors sain.

nh. m -Le ninliuic étail un joiinclioniinc qui n'aviiil pas20ans clqui ctnit déjà haut , / V nie is- 10 que sa maladie délmla, sa croissance cHail si rapide qu'il prelenda, avoir '''.f a ■i'nn m ucos dans l'année. Au comnicncenienl du mois de septembre, le jour

.nilr (le cinq pouces uans l annee. au cuiimn;iiu;iii..iu m. ...v.o • -

où son ma! avait déhulé, il avait dîné h la Hâte, de très bon appétit, et immediate- . t -inrès son repas était allé courir les champs avec un camarade. Gelui-ci s elanl mis a ' , ; ' notre jeune Homme le poursuivit la dislaiico de trois a quatre cents yards. Il n Hliateincnt il s'aperçut que la vue do son œil gauciie s'obscurcissait. 11 s en occupa S mais lorsqu'il fut arrivé à sa destination et qu'il se fut assis, il demanda aux I.rsomies qui l'entouraient si elles n'apercevaient aucune lésion à son œil : il elailrecou- ;,rt de sans K'épancliemenl de sang s'elTeclua dans les chambres ; ce liquide devint visible u vision fut coinpiélenient obscurcie dans l'espace de 15 minutes. Il fut alors pris d une douleur eiïravante et pendant dix jours la vision de cet œil resta complètement abolie.

Lesang qui d'abord remplissait toute la chambre antérieure, étant descendu au-dessous ,hi niveau de la pupille, la vision se rétablit graduellement. On continua pendant trois semaines ;1 voirie sang à la partie inférieure de l'œil; puis il disparut graduellement et rclii'i-ci reprit son aspect accoutumé, si ce n'est que, tout en bas, au-dessous du niveau la pupille, on vil persister longtemps un petit caillot blanchâtre, reste du sang épanché. Telle fut la première attaque.

Un soir du mois de mai 1804, pendant qu'il était à souper et sous l'influence du vin, de la lumière et d'une conversation animée, il s'aperçut tout à coup que sa vue s'obscurcissait: le sang reparut dans son œil qui, le lendemain matin, devint le siège d'une douleur violente. Cette attaque fut cependant moins intense que la première.

Un peu plus d'un mois après, étant allé, au mois de juin, se baigner dans la rivière, pendant qu'il nageait et au moment où il allait sortir de l'eau, il fut encore une fois pris du même accident. Du sang s'épancha dans l'œil, et le lendemain il y éprouva des douleurs cruelles se propageant jusqu'à la tempe; mais au bout de trois semaines à un mois, sa vue était complètement rétablie el l'œil revenu à sa transparence naturelle. Vers la fin de septembre ou au commencement d'octobre, il essuya une nouvelle attaque, quoiqu'il fût bien certain de ne s'être livré à aucun excès. Il fut pris en écrivant, et sans autre cause apparente. Le sang se résorba dans l'espace de temps ordinaire, el la vue revint.

Une quatrième attaque survint le 1" novembre, pendantqu'il traversait un pont entre 10 el H heures du soir ; mais l'abolition de la vision el l'épanchemenl de sang ne furent pas aussi considérables que dans les atteintes précédentes. Le sang se résorba plus promplemenl et le malade ne fut pas obligé de couvrir son œil aussi longtemps pour le garantir de la lumière : au houl de huil à dix jours, il put le découvrir; répanchemenl de sang avait disparu, mais le coagulum qui occupait la chambre antérieure avait augmenté manifestement de volume. Le 3 février 180S, survint une nouvelle attaque due à des causes très évidentes. Comme c'était le jour où l'on devait élire à Edimbourg un membre pour le parlement, son régiment s'était éloigné de la ville d'une distance de 18 milles. En se rendant aux quartiers qui lui étaient assignés, et en en revenant, il marcha avec les soldats, s'échauffa beaucoup, et attribua naturellement sa nouvelle attaque à une cause qui avait tant de rapport avec celle qui en avait amené la première atteinte.

A partir de cette époque, les paroxysmes se montrèrent périodiquement el sans cause apparente; ils revenaient une fois par mois. L'œil étail maintenu dans un étal d'irritabilité constante el de douleur fréquente , de sorte que le malade étail obligé de le tenir constamment à l'abri de la lumière : néanmoins, toutes les précautions furent inutiles. Dans le petit nombre de paroxysmes survenus à la suite d'une excitation appréciable, l'un se montra un jour du mois d'aofit, après une revue passée le matin, el à un dinerde cérémonie, où il avait continué à boire jusqu'à une heure avancée de la nuil. I$ien qu'il ne crût pas s'être écarté des règles de la tempérance, il n'en était pas moins un peu échauffé par le vin quand il alla se coucher; il se leva le lendemain de bon matin pour aller monter ■sa garde, el pendant qu'il était baissé pour se laver la ligure, i! s'aperçut que Tépanche-

Alir.MEISTATlON DU VOLUMK DU GLOBlî DlC l/OElI., ETC.

clioiiioiit do siiiig s'em;cliiail ol que la vue se perdail. La socoiido ittlaquc (|ui luérii,; dclr nolccsiirvinl, dans des niToiislaiiccs encore |)luss|)(H;iales,el après une exeilalioiiljriiia.on!! plus prononcée. llassislail iuiuKai souper déjeunes gens, pendaiil le(iuel il villes lumièni s obscurcir, el en un inslanl son uiil devint le siège d'une nouvelle sulTusion sanguine

La maladie revèlil alors une forme bien marquée; elle revenait tantôt tous les quinz.. jours, tantôt tous les mois; il s'ècoulail rarement deux mois sans (|u"il se lit un nouvel èpaiicliement de sang. La S(!nsil)ililè de l'o'.il était telle que le malade lut obligé d(! le teiii|. toujours couvert; cbaque nouvel accès était suivi d'un paroxysme de douleur pulsallvew dans la tempe du côté correspondant, douleur qu'a|)paisail, jusqu'à un certain point uneu! pression ferle et continue. L'épancliement se reproduisait alors pi'esquc sans cause anpa ,i renie; la j)rédisposition était si prononcée que l'action de la moindre des causes qui l'avait , d'abord produite, comme l'action de rire, de crier, de chauler, de courir, de nager, descn; baisser, ou un excès de vin, ramenait indubilablemenl l'accès.

M . Ikll s'étonne, à bon droit, qu'un organe aussi délicatque l'œil puissesupporter d'aussi n fréquents épanchemeiils sanguins sans que la structure en soit complélemenl délruite r' Un doit attribuer cette immunité à la résistance des enveloppes de l'organe qui, déjà rem-J plies et tendues par les humeurs qu'elhis contieimeiil, ont toujours limité la quanliié dè répanchement. Lorsqu'il recueillit cette observation, le coagulum qui, par suite de son j. volume, n'était recouvert que d'une mince couche de sang, était presque coniplétement i' blanc, occupait toute la partie inférieure de la cliambre antérieure el couvrait une portion «i de la pupille. La vision n'était pas éteinte, mais il y avait beaucoup à craindi'e qu'elle ne k fût altérée d'une façon irrémédiable. 11 comptait, pour empêcher le retour des épancliements de sang, sur un régime sévère, des évacuations abondantes, un séton à la nuque et des opiacés )m\r diminuer la sensibilité oculaire, un genre de vie tran(|uille, bien réglé une nourriture peu abondante et il espérait que, lorsque la surexcitalion artérielle locale serait appaisée, le caillot s'absorberait (1).

J'ai eu occasion de voir, le 27 novembre 184-3, en consullation avec i le docteur J. A. Roberlson, le sujet delobservation suivante, rapportée r parle docteur C. LockhartRobertson(2).C est un exemple bien marqué depanchement de sang dansHuimeur \itrée, revenant à de certains intervalles sans lésions directes, et ressemblant tellement à un carcinome médullaire, que la nature du mal ne put être déterminée que par riiistoire des symptômes.

Obs. 444. — Miss âgée de 29 ans, avait été affectée à l'œil droit, à l'âge de 15 ans. de spectres rouges qui, dans l'espace d'une semaine, avaient cédé aux laxatifs. Arrivée ii ràge de 20 ans, elle s'était aperçue que son œil gauche conservait l'impression des objets plusieurs secondes après qu'ils avaient été éloignés ; la vue de ce côté s'affaiblit de plus en plus, au point qu'en août 1839 elle ne pouvait plus distinguer la lumière de l'obscurité. Sous l'influence des sangsues, des vésicatoires et du mercure, administré au point d'afTecler le système, la vue commença h s'améliorer au mois de décembre.

En juin 1840, elle eut une attaque de cécité, qui s'accompagna de douleur violente dans les yeux elle front, et céda aux mêmes remèdes. En janvier 1842, elle essuya une nouvelle attaque moins prononcée. Au mois de décembre de la même année, la maladie reparut brusquement aux deux yeux et céda de nouveau aux sangsues elaux mercuriaux. Pendant qu'elle était encore en traitement, en janvier 1843, une sixième attaque survint aux deux yeux. On continua les mêmes remèdes et l'on essaya ensuite l'électro-niagnétisme qui amena un soulagement momentané. En août 1843, la maladie reparut brusquement pour la septième fois dans l'œil droit, à la suite d'une frayeur soudaine; les sangsues el le mercure triomphèrent encore du mal. La vue alla en s'améliorant jusqu'en mai 1845, époque à laquelle elle éprouva encore une légère altaque au même œil. La vision s'améliora de nouveau sous l'influence des sangsues et du mercure.

(I) Blll's Principles ofSurgcry; vol. III, p. 270; London, 1808. Voyez une observation par W' vi.TiiKn, Merkwùrdigc Ilciliiiig oiiics lîilerniigos, p.Ct ; l.aïulsluil, 1819. (•2) Norlbern .lounial of Mediciiic : Aiigiisl, IS/i-o.

ÉPANCIIEMKNT SANGUIN A L'iNTÉniEUR DE l'OEIL.

Anrrs cliiuiue Jittiuiiie, l'œil droit offriiit l'aspect suivuiil : La conjonctive et la scléro- ,inm. iiienl parfaitement saines, la |)npillc diiatc'e, mais tout à fait régulière; la coloration

h texture de l'iris normales. En dilatant la pupille ù l'aide delà belladone et en faisant Iriber sur l'œil la lumiùre concentrée au moyen d'une lentille biconvexe, on remarquait ,„'' Ml éDanchement de sang s'était effectué dans l'humeur vitrée au coté nasal, et à égale I [.iniT "i peu près entre l'iris et le nerf optique. La couleur rouge disparaissait graduell'mt'nt laissant une masse d'un brun jauiiiilrc avec un éclat senii-inétallique. Sohs l iiinuence des mercuriaux, le volume de ce dépôt s'amoindrissait et la vision s'améliorait. Lorsque le docteur CL. Uohertson rédigea l'observation, le caillot avait environ le \oluine d'une noisette.

On n'aperccvaitaucune trace d'épancliement dans l'œil gauche.

La niasse de couleur piile, qui existait dans l'œil droit, présentait une grande ressemblance avec le carcinome médullaire; on pouvait cependanl l'en distinguer par les signes suivants que le docteur CL. Roherlson a fait ressortir :

i. La couleur rouge que la tumeur représentait après chaque épanchemenl, contrastait iivec la teinte ambrée invariable, ou la teinte verdâlre du carcinome médullaire à son début; de plus, les vaisseaux isolés, que l'on voit en pareil cas se ramifier sur la tumeur, iiKinquaient ici.

± La pupille, au lieu d'être, comme dans le carcinome médullaire, irrégulière et offrant son plus grand diamètre transversalement, était également et régulièrement dilatée, la couleur cl la texture de l'iris restaient intactes, tandis que, dans le carcinome au début, celte membrane est amincie, injectée ou de couleur jaune rougeâtre.

3. Le volume de la tumeur décroissait et la vue se rétablissait graduellement sous riiifluence des mercuriaux , tandis que dans les tumeurs malignes il n'y a jamais décroissance de la tumeur et la vision s'affaiblit de plus en plus, en dépit de tous les remèdes.

Lorsque je vis la malade avec le docteur J.A. Robertson, on voyait flotter derrière le cristallin, qui était parfaitement transparent, une pellicule jaunâtre. Je conclus que les cellules de l'bumeur vitrée avaient dû être déchirées. La malade raconta qu'une des attaques avait été amenée par l'ascension qu'elle avait faite du Goalfell, montagne élevée du paysd'Arran.

Dans le cas suivant, une lésion traumatique de l'œil, qui avait produit l'opacité du cristallin, parut laisser l'organe dans une disposition telle, qu'il s'y produisait une hémorrhagie interne chaque fois que le malade se livrait à quelque exercice trop violent.

Obs. 445. — Un charretier que j'avais vu atteint, quelques années auparavant, d'une .cataracte lenticulaire de l'œil droit, conséquence d'un coup, vint me voir en mars 1836, la chambre antérieure de l'œil remplie de sang. 11 attribuait cela à ce qu'il avait durement. travaillé pendant trois nuits consécutives. Trois jours plus lard, la quantité de sang qui se trouvait dans la chambre antérieure était telle, que la cornée offrait la couleur chocolat foncé. Il existait une légère sclérolite avec chaleur et douleur de l'œil et céphalalgie. Je conseillai le repos, des applications froides sur l'œil et l'abstinence des liqueurs spirilueuses auxquelles le malade était adonné.

Voici un exemple d'épancliement de sang survenu dans un œil qui avait été désorganisé par l'inflammation :

obs. 446. — Caroline Pilsen, âgée de 9 ans, d'un tempérament scrofuleux, fut confiée aux soins du docteur Von Ammon en juillet 1829. La vision était obscurcie depuis quelques mois. L'examen de la malade fit reconnaître que l'œil gauche était privé de la vue el strabique, el le droit très myope. La convexité de la cornée droite était fort diminuée el l'iris, qui était d'un jaune verdâlre, faisait une saillie anormale dans la chambre antérieure. La pupille était irrégulière, anguleuse et fort contractée. A l'œil gauche, la portion externe Ide l'iris était beaucoup plus large que l'interne; la pupille était oblongue et anguleuse, surtout vers son côlé interne. L'iris était d'une teinte brun-vcrdâtre, el l'on voyait un oTuiid nombre de vaisseaux se porter de son bord ciliaire vers le bord pupillaire. La pupille

Alir.MKNTATION DU VOLUMK IK) r.I.OBR DK l.'oKlL, KTC

lie cel œil s'éliii'sil de jour en jour el la sensibilité mori)idc de l'organe alla en croissanl, de sorle que l'examen en deviiil fort dillicile.

Un jour que la sonsibililé de l'œil était moindre, le docteur Von Ammon s'aperçut que la pupille était presque à l'état naturel, mais qu'il existait, sur le cerele le plus interne de l'iris, un dépôt de matière noire d'une teinte si loiici'e (ju'il s'imafiina d'aliord que l'iris y , avait été absorbé. Il remarqua aussi que le cristallin élail déplacé en dedans, de sorte qu'une moitié de cette lentille se trouvait cachée derrière la moitié interne de l'iris et de ■ la sclérotique, tandis que le bord externe de l'autre moitié était situé juste au centre de la . pupille. On apercevait, à travers la i)ortioii d'Iiumeur vitrée laissée à nu par le déplacement tii du cristallin, el au fond <le l'œil (luelque chose d'un blanc grisâtre. ^

Quelques jours plus tard, le docteur Von Ammon trouva cette jeune lllle couchée sur r la faceel endormie. I.orsqn'elle s'éveilla, il fut surpris de trouver une grande (|uantiléde r, sang dans la chambre arilérieure et la cornée complètement rouge; le lendemain, le sang p avait entièrement disparu. Le docteur Von Ammon, ayant fait tenir la malade pendant : quelques minutes la tête penchée en avant, trouva, au bout de ce temps, la chambre anlé- i rieure de nouveau remplie de sang; ce liquide se portait d'un côté à l'autre, suivant les v mouvements de la tête. En regardant quelques heures après, à l'aide d'une loupe, on ti; reconnut que quelques parcelles du sang adhérent à l'iris avaient pris une couleur plus sombre; le lendemain, cette coloration était d'un brun foncé el, quelques jours après, complètement noire. Ces lâches, une fois formées, ne disparaissaient plus, à moins qu'elles v ne siégeassent sur le cercle ciliaire de l'iris et ne fussent très-petites. Cet état de l'œil persista pendant deux mois, el le léger degré de vision qui avait persisté jusqu'alors, disparut complètement. La cornée conserva sa transparence, mais s'aplalit de plus en lu plus; la coloration noire du bord de la pupille et du reste de l'iris augmenta.

En février 1830, la jeune lîlle éprouva une légère (lèvre inflammatoire pendant laquelle c l'ecchymose de l'œil s'accrut beaucoup el noircit plus rapidement la surface antérieure >• de l'iris. L'extravasalion sanguine s'arrêta enfin sous l'influence de la teinture r

d'iode (1). :

On a rapporté des cas qui démontrent que l'iiémophthalmie peut i être supplémentaire de l'écoulement menstruel (2), revenant tous les > mois jusqu'à ce que les règles fussent bien établies (3), ou se montrant i par suite de la suppression de celles-ci (4).

Dans l'bémophthalmos spontané, le pronostic doit toujours rester i douteux, la maladie ayant une grande tendance à reparaître et à amener n l'altération des tissus les plus importants de l'œil. I

On doit veiller à la santé générale du malade et lui recommander un régime approprié, des exercices modérés et bien réglés, l'abstention de toute occupation trop longtemps continuée, surtout de celles qui exi- gent que le malade reste longtemps la téte inclinée en avant.

Quand la maladie est la conséquence d'une bypérémie active, la % saignée générale ou locale, suivant les circonstances, les purgatifs, les > applications froides sur les yeux el la tête conviennent au premier r abord. On aide ensuite à l'absorption du sang épanclié à l'aide du mer- ■> cure. Dans les cas cachectiques, dans ceux dus à la faiblesse des vais- 4 seaux, les antiscorbutiques, les astringents et les toniques sont né- cessaires. Il faut dans tous les cas couvrir les yeux et maintenir la i

(!) Zeitsdirifl fur die Oplithalniologic ; vol. I, p. 103 ; Dresdcii, 1830. (21 Wai-tiieu, Op. cil., p. 30,

(3) TvniiEi.i.'s Pnicliciil Work on tlic niscnscsof llie Eye ; vol. I, p. iO ; London, )8i0.

(4) La Laticfllc; cilcc dans le Loiiduii Médical Giizellc, Oclobcr 1829 ; p. 123.

TUMKUaS NON MALIGNES DU GLOBE DE l'oEIL. 2oJ

pupille dilatée avec la belladone. Quelques cas réclameront la paracenirsc (le la cornée (1).

TDMEllUS NON MALIGNES DU GLOBE DE L OEU..

J'ai décrit, dans les cinq dernières sections du cliapiire IV, certaines ,xcroissances et certaines tumeurs de la conjonctive qui, en général, M' dislingnenl aisément des adeclions prenant naissance sur les luni- (lues propi-es de l'œil ou à leur intérieur.

Il importe beaucoup de savoir que diflérenls tissus de l'œil peuvent (levenir le siège de dépôts, de tumeurs et de dégénérescences fongueuses qui n'appartiennent pas à la classe des aiïections malignes d peuvent disparaître spontanément. Il y a lieu de croire qu(î ces productions ont souvent été prises pour des affections malignes, etsurtout pour des longus bématodes.

Variétés. — 1 . Des dépôts de sang ( V. Obs. 444), de lympbe ou de pus, dans différents tissus de l'œil, revêtent parfois l'aspect de productions fongueuses. Quelques-uns de ces dépôts peuvent s'organiser, ce qui ajoute encore à la ressemblance qu'ils présentent avec certaines iiuneurs. 2. D'autres fois, des tubercules scrofuleux, semblables à ceux (|ue l'on rencontre fréquemment dans le cerveau des enfants qui meulent d'hydrocéphale se forment sur l'œil ou à son intérieur. 5. On ii ouve des tumeurs fibreuses ou fibro-plastiques(V. 1. 1, page 361), fixées à la sclérotique ou enfoncées dans sa substance ou dans celle de l'iris ou de la choroïde. Lorsque de semblables tumeurs siègent profondément dans l'œil, on ne les dislingue qu'avec peine, du fongus hémalode. 4" On rencontre aussi à l'intérieur de l'œil des kystes ou des tumeurs enkystées.

g 1. Tumeurs non malignes de la sclérotique et de la cornée.

.l'en ai vu plusieurs ressemblant à des tubercules scrofuleux, mais qui étaient plutôt des tumeurs fibro-plastiques, naissant de la sclérotique, isolément ou par groupes, mous ou durs, mais peu ou pas vascuiaires. Ces tumeurs ressemblent extérieurement au molluscum conlagiosum, que l'on rencontre souvent sur les paupières des enfants ; mais à l'examen microscopique, on les trouve toutes différentes, el

[(I) Voir sur riiéinoplillialmie : CAimoN du Villards. Coiisiilcralions pruliquos sur les rpaiilii'inenls sanguins dans l'œil cl. ses annexes; Annales «rOculislique, l. I. p. lî)7. Bi:e.i;ii. Das i^liilniigcoder die Blulcrpicssungcn in das Au!5P(Sanimlung oplillialinologisciier i'reisseliriiïten, '■on l'I. Cnnier) lîriisscl uiid Leipzig, ISio. J. Dixoiv. De i'épanclienienl de sang dans le corps •iiré. Annales d"Oeiilisliquc , l. XXXI , p. 228, et Praelieal Sludy of Diseases of llie Eye , |i 102. note. Vi.i.it;au Sur le pronoslic de riiéinoplillialniie. Médical Times and Gazelle ISaii, iiine23, |). Iiô2.]

AIJGMENTATION DU VOLUMK DU GLOBE DE tOE\l, ETC.

oflVaiil, une slniclurc fihrcuscconfusc. Les sujets que nous avons vus en « proie à celle adeclion élaienl,la pluparl du lemps, des enfanls cachée- tiques, présenlanl souvent des engorgements sorol'ulcux à d'autres par-lies du corps, et dont les yeux avaient déjà été atteints d'opiulialmie t interne. Lorsque la conjonctive vientà se déchirer, ces lumeurs peuvent ii devenir le siège d'un ti-avail d'ulcération lente qui les détruit, envahis-w sant la cornée et amenant l'atrophie de l'œil. Ces sortes de tumeurs -s occupent beaucoup plus fréquemment le côté temporal du globe de« l'œil que tout autre région de l'organe. Au début, elles sont de cou- h leur blanchâtre; mais plus lard elles s'ulcèrent, la surface en devient ii rouge et donne parfois naissance à un fongus uni à la sclérotique par ri un pédicule, et qui s'accroît parfois au point de recouvrir presque tout l l'œil. Dans un cas que j'ai vu avec le docteur Anderson, la tumeur fui t détruite par ulcération, ne laissant la choroïde recouverte que d'une p pellicule si mince que le point de l'œil qu'elle avait occupé paraissait t presque noir: l'intérieur de l'œil resta sain. Plusieurs des malades s que j'ai vus succombèrent ensuite à une affection chronique des ^ poumons.

J'ai trouvé qu'au début les sangsues et les vésicatoires derrière î l'oreille étaient utiles. Il importe beaucoup d'améliorer la santé gêné- • raie par l'habitation de la campagne, un régime doux et nourrissant et l'emploi des toniques.

Obs. 447. — Une petite fille, d'environ 7 ans, avait sur la joue et le menton plusieurs = tubercules scrofuleux, et au côté temporal de l'un de ses yeux une tumeur qui paraissait de même nature. La conjonctive qui la recouvrait s'ulcéra et la tumeur devint aussi grosse qu'une noisette. La couleur en était blanche, la consistance molle, et elle comprenait évidemment la sclérotique. La malade mourut de pbtliysie tuberculeuse.

Obs. 448. — Une jeune demoiselle, d'environ 12 ans, avait un tubercule scrofuleux fixé à la partie supérieure de la sclérotique; l'œil avait beaucoup souffert d'une ophtbalniie scrofuleuse interne : ce tubercule était de couleur jaunâtre, il s'agrandit lentement jusqu'à acquérir le volume d'une amande et paraissait sur le point de tomber en suppuration, mais il ne fournissait point encore de pus. La santé générale était fort affaiblie, et j'appris que la malade n'avait pas tardé à succomber aux mêmes symptômes que celle ci-dessus.

Obs. 449. — On amena à ma consultation une jeune fille qui offrait un amas de tubercules scrofuleux sur la moitié inférieure de la sclérotique, tout contre la cornée. La vue de cet œil était obscurcie, la cornée trouble et la pupille attirée vers le côté de l'œil où les lumeurs étaient situées. L'application de quelques sangsues améliora cet état.

Obs. 450. — Le docteur Ferrie m'amena de la maison de refuge un jeune garçon offrant une tumeur qui occupait le côté temporal de l'œil. Elle s'était ulcérée et présentait une surface rouge et granuleuse. L'œil était complètement dévié en dedans. La tumeur paraissait fluctuante, doublée qu'elle était par la choroïde et remplie par l'humeur vitrée, comme dans un staphylôme de la cboro'ide. On l'excisa et la partie enlevée fut examinée au microscope par le docteur Anderson.

[Obs. 451. — Petit kyste aqueux situe dans la sclérotique d'un enfant, et traite avec succès par l'ablation de la portion proéminente du hjsle. — Un enfant, âgé de 10 ans, avait sur la sclérotique une tumeur semi-transparente, solide, ovale, du

TUMEUnS NON MALIGNES DU GLOBE DE l/oElL

I,,,,,,, .l'un ndil |)ois, el situoc contre In circoiiWrencc de la eoniée, ou son existence ' ko si-ii,iloo (Icoiils plusieurs années. La conjonctive n'avait sulii aucun ciianKcnienl. 'i il'. 1 V I il '^■•ic ponctionnée, cl il s'en était échappé un llnide a(|ucux; mais une nouvelle ,„',„iViiion s'était hicnlôt rcrorniée. Deux ou trois chirurgiens, qui avaient vu le cas, '"llilli'ient (le ne recourir à aucune opéralion. Comme cette tumeur constituait déjà " ■ Ic-érc dilïormilé el (ju-elle allait en s'accroissant, mon avis fut (lu'il fallait oi)ércr. ' ' noiiclioniiai le kyste et j'en enlevai la portion i)roémincnle avec des Hscaux courhes. Il ,, I mince mais coriace; ses parois étaient assez solides pour que la tumeur conservai sa f ,„c ii.rcs avoir été ouverte. Sa surface inleriie était lisse el l'on apercevait au centre I . SI Irise une petite ouverture arrondie qui paraissait traverser la sclérotique. La surl i'-o' mise à nu par l'opération, se guérit lenleiiienl sans aucun symptôme lacheiix, el la ,i,iïo'rniité disparut coin|)lélemeiil. Deux ans après l'opération, l'œil continuait d'aller ,,,ii-failemcnl bien.

Ql,g /^>'^^2. — Kyste pins volumineux de la ae.lévoliquc ; exchiou de sa portion proi'iiuuenle. — Un monsieur, âgé d'environ 30 ans, d'une constitution robuste el d'un l'-nipéramenl pléthorique, avait perdu un œil par suite d'une innanimation violente qui i\ait occasionné une opacité élendue de la cornée avec adhérciici! de l'ii is. il se développa ,l,i'iis la sclérotique un kyste qui acquit lentement le volume d'une amande, ce qui non- .l'Mlenient accrut la difformité, mais détermina de Tirrilation lorsque l'œil ou les paupières se mouvaient. J'enlevai la portion externe du sac, comme dans ré" dernier cas, mais je ne revis plus ce malade (1). T. W.J

j § 2. Tumeurs non malignes de l'iris.

Fig. Dnirymiilc, pl. XXXI, lig. I el 5. RlUcriuli, pl. I, lig. :i.

J'ai rcncoiUrc deux espèces de liinieurs non malignes de Tiris, les unes enkystées et les autres solides.

i. J'ai vu un kyste se former dans l'iris à la suite d'une blessure. Il était semi-lransparent et paraissait rempli d'un liquide ténu; mais comme il n'augmentait pas de volume et n'occasionnait point de souffrance, on n'y toucha point.

Obs. 4r>3. — Une dame éprouvail une douleur vive dans l'un des yeux; on y voyait line sorte de petite vésicule faisant saillie dans la chambre antérieure, el qui naissait de dessous le bord ciliaire de l'iris derrière le bord inférieur de la cornée. Celle vésicule s'accrul graduellement, séparant de plus en plus l'iris d'avec la choroïde, el augmenlanl la souffrance. Je ponctionnai celte vésicule ou tumeur enkystée, à travers la cornée, avec le couteau à iris. Il s'en échappa une petite quantité de liquide el le kyste se contracta au ipoinl de ne plus être visible. La douleur disparut. La plaie du kysle se cicalrisa; celui-ci se remplit de nouveau el redevint visible (lig. 24) el même plus volumineux qu'auparavant. Je le (l'"g- 24.)

ponclioiinai une seconde el une troisième fois, à des inlervalles de six à huil semaines. Après la troisième ponction, il ne se remplit plus. L'iris reprit sa position normale el la vision fut conservée.

Mon opinion, à cette époque, fut que le kysle s'était formé dans la chambre postérieure et était venu poindre entre le bord de l'iris et

(1) IIays. Edillon américaiiiiî de Lawrcnccc, p. âliô, Philadelpliia, iSU.

2G!2 AUCMEINTATION DU VOLUME DU GLODE DE l'oEIL, ETC.

celui (le la choroïde; mais je me rani:5e miuiilenaiU à ropinloii do. M.13o\vman,(iut pense qu'il s'agissait de la sécrélioii morbided'uu lluidc. cnlre l'iris et son épithélium postérieur, communémentappelé uvée.

« Celle maladie, dit M. liowman, ne s'accompagne d'aucune autre; la ,i marche en est lente, et elle se décèle d'ahord par la saillie d'une por- . lion de l'iris se portant vers la cornée. Je pense qu'au début le liquide (j pousse l'uvée en arrière vers le ligament sus|)enscur du crislailin-;j mais bienlôl ces parties résistantes arrêtent la marche de la luniéfuc- lion dans celle direction, et le liquide, continuant à s'accunujler, coiti- menée à pousser en avant le tissu propre de l'iris, qui le sépare de la;i' chambre antérieure. De ce côté, la résistance est moindre. Les fibres s si extensibles de l'iris cèdent lenlement et, au bout de plusieurs mois, forment au-devant du fluide une poche très saillante qui se met en contact avec la cornée, dans une telle étendue que la pupille se trouve i complètement déjelée de côté, ou même toul-à-fait soustraite à la vue, ,i la tumeur venant se recourber au-devant de cette ouverture. i

Si l'on ponctionne la l'ace antérieure du kyste, les fibres de l'iris dis- tendu, qui n'ont point perdu leur conlraclilité, en chassent avec force i-i le contenu transparent, et au bout de quelques minutes toute trace de ? la maladie disparaît, l'iris ayant repris, à tous égards, son aspect na- -, turel. Le kysle est cependant fort disposé à se remplir plus d'une ? fois (1). » • I

Le traitement à adopter dans les kystes de l'iris consiste à les -1 ponctionner à travers la cornée (2). Si ce moyen échoue, il faut ou- -i vrir la cornée dans une grande étendue, saisir la partie antérieure de la tumeur avec le crochet de Schlagintweit ou la pince à canule, , Tattirer à travers la plaie de la cornée et la retrancher d'un coup de " ciseaux. Il faut se garder de tenter l'ablation totale du kyste.

Le cas suivant , que rapporte M. Turner de Keith, me parait de m même nature que ceux que nous venons de citer (3).

Obs. 4S4. — Une femme, âgée de 62 ans, se présenta avec une tumeur enkystée faisant t\ saillie à travers la pupille et occasionnant une inllimimation intense. Elle formait comme ■ un petit sac meml)raneux semi-transparent, et occupait la plus grande partie de la i chambre antérieure. M. T... la ponctionna à travers la cornée; le contenu s'écliappa dans riiumeur aqueuse, et le kysle s"arfaissa.

[L'observation suivante, inédile, nous est communiquée par M. James Dixon : (Janvier 18o7.)

Obs. 455. — Dilatation cystiforme de Viris. — Réapparition du kysle après des ponctions répétées et la déchirure des parois.

l^'observalion qu'on va lire est celle d'un fait fort rare; je n'ai jamais rien vu de sem-

(1) BowMAN. Lectures on llie paris, elc , p. 75 [et Annales d"oculistiquc, l. 55, p. fiS.]

(2) Voyez tin cas par Dai.rymim.e, dont la guérison fut olileiiue à l'aide de trois ponctions ; Lancet, Augusl 51, 1844 ; p. 715 : un autre par Wiuiiton Jones, dans lequel le kyste suppura après avoir été poncliouiié deux fois; Ib. June 12! ISÎiS, p. 5G8.

(3) Monthly Journal of Médical Science ; vol. I, p. 270 ; Ëdinburgh. I8il.

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