‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 31 sur 143 · TUMEURS NON MALIGNES DU GLOBE DE L OEIL · texte numérisé non relu

TUMEURS NON MALIGNES DU GLOBE DE L OEIL

,o.,i,iodans mn nniliquo ni clans celle do mes confrères. Les poin s les plus renia quables le on l.re d'années pendant lesquelles le travail morbide a continué cl la réap- Imn id i kvslc après la déchirure de ses parois anlérienres. Une troisième circonstance r ci line la transparence de la cornée na pas soullert la moindre atleinle. Vi" e K. IIK ^23) ne représente que très imparfaitement l'état des choses car il est très diim'ile de rendre sur le bois la nature diaphane du kyste , quoique j'aie fait le dessin •lupi' licaiicoiip de soin. , , ,, .

! En 1834 Klise S..., alors âgée de 17 ans, se blessa l'œil droit avec une fourclicUe a Heux dents L'une de c lles-ci pénétra dans la sclérotique à environ une igiie du bord fnféHei e hUeriie de la cornée. On suppose que l'autre porta sur la cornée. Un ne sait fce ic dernière fut traversée et l'iris lésé par la pointe de la dent mais i Y e" , PC"da trois à quatre mois, de la sensibilité et de l'irrilalion du côté de cet œil Bientôt ImuLl tout rentra dans l'ordre; la vision se rétablit coniplélemenl, au point de pcrmellre à la malade de lire parfaitement de cet œil.

l'i cornée eiaii saine ei luii rcuianiiKni., «m m-io ... — ,

kvstequi remplissait cet espace et faisait saillie sur l'iris en recouvrant la portion supérieure de la pupille. La partie inférieure de celle-ci était noire, exemple d'oi)acite, et donnait libre passaw aux rayons lumineux. La vision de ce côté n'était cependant pas aussi parfaite que de l'autre. Les parois du kyste étaient fort minces et semblaient formées par le tissu libreux de l'iris. , , . , .

Le "^0 mai, Dalrymple introduisit une aiguille a cataracte dans le kyste a travers la cornée" de cette façon le liquide contenu dans la poche se mêla à celui de la chambre antérieure. — Le kyste s'affaissa aussitôt; la pupille récupéra sa forme circulaire, et la partie supérieure de l'iris reprit presque son aspect ordinaire; on aurait dit, néanmoins, que les libres en avaient été légèrement contusionnées.

Le kyste ne mit qu'un mois à se remplir de nouveau et à reprendre son volume antérieur; la sensibilité et rimperfecllon de la vision du côté de l'œil droit reparurent. A celle époque, la malade passa dans le service de M. Dixon par suite du décès de Dalrymple. — M. Dixon fit la ponction du kyste et obtint des résultats semblables à ceux qui avaient suivi la première opération.

Tout resta dans l'ordre, et la malade, qui est cuisinière, put s'occuper de ses travaux jusqu'au mois d'août 1848. Le kyste se remplit alors de rechef et fut vidé comme auparavant.

Tout marcha bien jusqu'au mois de février 18S8; la malade vint alors de nouveau trouver M. Dixon, en présentant les mêmes symptômes que jadis; seulement, le kyste était plus gros et recouvrait les deux tiers supérieurs de la pupille. La vision était aussi plus entravée qu'elle ne l'avait été auparavant, probablement par suite de la pression exercée par la tumeur sur la rétine, par l'intermédiaire du cristallin et de l'humeur vitrée, vu que le kyste avait augmenté de volume. M. Dixon, dans le but d'empêcher un nouveau développement du kyste, eut recours à l'opération suivante, pensant réussir en déchirant complètement les parois : 11 fit usage de deux aiguilles à la fois, les introduisit dans deux points opposés de la cornée, et lit ainsi la déchirure des parois antérieures du kyste dans divers sens, en laissant flotter les lambeaux minces et déliés qu'il avait ainsi obtenus. L'opérateur fit ensuite la ponction de la cornée avec une aiguille large et tranchante, et évacua ainsi le liquide contenu dans la chambre antérieure. Un fait intéressant, c'est que, après la déchirure du kyste, l'iris reprit à peu près son aspect naturel. Il paraissait évident que le kyste était constitué par les libres épanouies de l'iris et, de cette façon, celles-ci effacèrent, par leur élasticité, une fois le liquide évacué, les traces de la maladie, I presque aussi complètement qu'il était arrivé à la première ponction, huit ans auparavant. I k quelques jours de l'opération, alors que la chambre antérieure était de nouveau remplie d'humeur aqueuse, l'œil paraissait revenu à l'étal normal. La pupille était presque circulaire et la vision si bonne que la malade lisait à peu près aussi bien de cet œil que de l'autre.

Au commencement d'octobre, le kyste avait repris exactement le même développement I qu'auparavant; la vison était obscure et la sensibilité extrême.

!264 Alir.MKNTATION 1>11 VOMJMK DU GLOiJK DE 1,'oiîlL, ETC..

Le i"! oflohrc, M. lil iiiic uuv(îrlui'e au liord exlenie de la cornée avec une

large aliruille, iiiiroiliiisil nu crocliel mousse (crociiel de Tyrrell), el làdia de tirer au dehors une parlie du kysle. Ilans celle opéralion, la cajisnle du cristallin, qui avait ('(•lia|)pé dans toutes W.s niana'uxres précédentes, lui lésèreiuenl lésée : cet accident entraîna l'opacité de la lentille, qui se lil graduellement. Il y eut ensuite un peu d'iriiis chronique el il s'étaitlit des adhérences entre le hord ])upillaire el la parlie antérieure de la capsule du cristallin.

La malade revint à l'hôpital le I] janvier ■1850, le kysle de nouveau distendu. M. Dixon t\ se contenta d'en faire la ponction avec une aiguille à cataracte. Kii (|uatre jours, le kyste était I

distendu de reclief, mais plusieurs mois se passèrent sans » irritation à l'œil. C'est au moisde juillet dySO (ju'un en pril ' le dessin. 11 n'y avait alors qu'une petite partie d'iris à » l'état normal derrière la portion inférieure de la cornée; celle parlie d'iris, qui n'était poinl envahie pur le kysle, fornialt une surlace plane regardant ohliquement eu haul ! [I"ig. i.'i.] el en avant. Le reste de la cliamhre antérieure était rempli I

par le kysle ; ce dernier présenlail une couleur foncée, à cause de l'exlrêrue ténuité de • ses parois el.de la profondeur de sa caviié. Il y avait, à la parlie antérieure, un rélré- eissemenl dans le sens vertical , la surface se Irouvanlainsi légèrement ondulée. Quelques r libres d'une couleur claire étaient épanouies sur les côtés du kyste, près du Lord externe ; el interne de la cornée; ces lihi'cs semblaient former les restes du tissu normal de l'iris. . Le feuillet postérieur du kyste se voyait l'on bien à l'aide de rayons lumineux concentrés • el présenlail des lâches el des stries blanchâtres. — La lumière ne se Iransinelluil pas ■ à travers le feuillet postérieur du kysle à l'aide de rophllialmoscope, ni au-dessous du i bord inférieur, la pupille paraissant ainsi complètement oblitérée. Il esl probable, cependant, qu'il existe une petite fente qui permet aux rayons lumineux d'arriver jusqu'à la réline, car la malade peut, de cet œil, compter les doigts el reconnaître des objets tels que du papier, des plumes, elc, présentés à une forte lumière. La malade esl en Irailcmenl en janvier 1857 , dale de la remise de celle observation (1). T. W.]

!2. Les tumeurs solides de l'iris ont été fort bien décrites i)ar Delarue (2), sous le titre : des excroissances charnues de l'iris; on en a publié beaucoup d'observations qui se rapportent, en général, à des tubercules scrol'uleux. Ordinairement , l'iris devient d'abord blanchâtre j en un point, ])uis se soulève en l'orme de tumeur de couleur jaunâtre, I avec des vaisseaux qui se ramifient par-dessus. Ces sortes de tumeur.^ suppurent quelquefois et se font jour à travers la sclérotique, après quoi l'œil s'atrophie (5).

Oi/s. 450. — On amena au docteur Ritlerich une enfant pâle et faible, âgée d'environ ii

8 ans, el alleetée d'une carie des os du pied gauche el d'une maladie de l'œil droit. En i

outre d'une légère pholophobie el d'une rougeur modérée de la conjonctive, il trouva une • lumeur au l)ord pnpillaire de l'iris, mais n'eu embrassant pas toute l'étendue. L'iris, qui partout ailleurs était contracté, était dilaté dans ce poinl, el la pupille immobile. La petite

malade ne voyait point de cet œil el se plaignait d'y ressentir de temps en temps delà ii|

[(1) Voir pour les kystes de l'iris : Wurri- Cooper. London .lournal of Jlediciiic. S<>pl. 18u?. pp 787-792, II. Waltos. Annales d'Oculistique, t. XXXII, p. 194.. A. Richard Gazette lieluloiiiadaire, 1854, p. 1082, et Ann. d'Ocul. l. XXXIII, p. 87. Stokber. Gaz. heb. tSba, p. .'iS, cl Ann. .rOciil. I. XXXIII, p. GO.]

(2) Cours complet des maladies des veux ; p. 200 ; Pans, 1820.

r(5) File prend quelquefois naissance dans ropliilialniie calarrho-rhiimalismalc grave. La cornée s'infiltre de pus; elle éclate sur un jioiiil de son étendue; l'iris se précipite dans 1 ouverture fait «aillic au dehors et envoie des granulations charnues qui acquièrent une ) dimension considérable, au poinl de recouvrir toute la surface de la cornée. Il n-esl point facile de les détruire avec le caustique ; il faut les retrancher u'un coup de ciseaux. {!\ule de il. Mackenzie.)]

TL'.MEL'nS NON MALKÎNES DV (ÎI.OIJK DK l'oEII-, KTC. Î^GÔ

v„ hniii d'un ccrUlin leiii|)s, la Uiniéfiiclioii sïHemlil à loiil le boni ciliaire i\c

'';l,c\ . ni) i; .nais enessayanUlc l'évani.T i-ar la .ornoc, il rm.nnut qu'il s'agissail oissaii 0 fongucnso de l'iris. Il fui ensuilc longt.Mn|.s sans voir la malade, e , mil l'. rvit il ironva la Uin.our forl augnienloe de volume; de sorle (|ue, crai^naiil '''u i V oi eiivahir lout rorj^ane, Il i.roix.sa d'enlever la parlie anlérieure de 1 œil Mais on ; ' 1 n sans lui ran.ener la malade, el à celle é|.o.,ue il Irouva l'iril alrophie el la ' ,S mnpiacée par une eiealrice épaisse. I.a sanlé de l'enlanl s'ela, h.^aucoup améliorée, ; i pied allait si hieu qu'elle i)ouvail marelier; il en élail sorli i)lusieurs esquilles. U iTC dit que la guérisoii s'élail ellVeliiée spoiilaiiément (l).

«j^, /j>;7 C,lu7.uii ^'alTon, àiré de 3 ans environ, il se dé|K)sa un petit nocoii de ^raDheà'lapartieinlériem-e'de l'iris, l.a puiulle n'en n'élail pas embarrassée et <'<'nl«ni ail à so mouvoir comme à l'ordinaire. 11 n'exislail ni opiillialmie, ni irritaliilile a la Lt«re iMi Muin/e jours, la uiasse de Umplie aui;uienla lellemenl qu'elle remplit la moitié inférieure de la cliamiire antérieure. Il s'elTeclua ensuite dans la hmplie un travail d'oranisation et dans la cornée une action analogue à l'iiillammation. l'Ile deviiil Iroiihle eivasculaire; l'iris contracta avec elle des adhérences : une masse hleualre vint laire saillie dans le lieu occupé par le ligament ciliaire; cette masse s'ulcéra ou suppura coiijoiiilenienl avec la tolalilé de la cornée, et l'on vit saillir un rongiis très développé cl de mauvais aspect. Ce fongus diminua lirogressivenieiit el liiuilenieiit se cicatrisa {"1).

Obs. 458. — Sur un garçon, âgé de 8 à 9 ans, M. Lawrence vit une excroissance qui paraissait uniquement \-iisculairc; elle avait une légère teinte Iwiiiie, égalait le volume d'un pois, naissait de l'iris el n'occasionnait pas licaucoup de doukîiir ni de rougeur; il H'e.xislail aucune opacité au niveau de la pupille. Elle détiM'mina l'iilcéralioii de la cornée el vint ainsi se montrer à l'extérieur. Le malade parlit. M. Lawrence apprit que la tumeur s'était allaissée au bout d'un certain temps et que l'œil s'était atrophié (3).

Obs. 459- — Sarah Maciiiven, âgée de 19 ans, fut admise nu Glasgow Eye Infirmary le 17 février 1830. Cinq semaines environ avant son admission, son œil gauche avait été le siège d"une violeiile inflammation, accompagnée de douleur dans l'œil et dans la région péri-orbilaire. La conjonctive cl la sclérotiiiuc étaienl injeelées de sang, la cornée légèrement nébuleuse, la cou'eur de l'iris un peu altérée, la vision très imparfaite et les niouvemonls de la pupille paresseux. Au fond de la chambre antérieure, il y. avait une masse jaunâtre, offrant l'aspect du pus et parsemée de stries rougeàires, comme si la surface en eût été parcourue par des vaisseaux. Cette substance jaunâtre s'accrut graduellement et prit l'aspect d'un tubercule scroluleux. La tumeur diminua considérablement, et les symptômes inflammatoires s'affaiblirent par l'usage inlerne du mercure, du quinquina et lie la belladone. La malade lui prise alors d'insomnie, d'illusions d'optique, de délire el de perle de mouvement du bras droit. Elle mourut le I I avril. Un ne put obtenir l'autorisation d'examiner le corps; mais il est probable qu'il existait dans le crâne d'autres tubercules scroluleux, semblables à celui qui était lixé sur l'iris.

Obs. 460. — Maître-Jan (4) rapporte le cas d'un soldat dont l'œil était complètement recouvert d une excroissance cliariiue qu'il compare à un cliampigiion el qui faisait saillie enlre les paupières. Il la détruisit à l'aide d'applications répétées d'une parlie de sublimé corrosif sur quatre de croûte de pain sècbéc, el découvrit alors que la racine en était étroite, qu'elle s'était fait jour à travers un ulcère de la cornée et qu'elle provenait de i'iris. L'usage continu des escbaroliques détermina la formation d'une escliare comprenant In partie antérieure de l'œil : le cristallin et l'iiumeur vitrée s'écliappèrenl, après quoi la douleur cessa el rulcère se cicalrisa (5).

(!) RiTTEincii. Jiilirliclie Bcitrîige zur Vcrvollkomninuns der Aiigciibcilkunst ; vol. L p. 57.

(2) TruiUisc 011 sunie Prucllcal l'oiiils relulinglo llie Uiseascs of llic Eye, by J. C. Salxueh.-;, p. li'J; Loiidoii, 181 1.

(3) l,Awiii;.\T.K. Ti-ciilisc on Discascs of llic lîyc, p. ;i!)5 ; Loiuloii, 1835.

(4) Ti'ailé (les nialailics (U; l'OICII, p. /(-ir) ; 'I riiycs, 1711.

[(b) Voir mie observalioii de Uiiiiciir encore Inconiiiii' île la cornée siégcaiil dans la rliambre antérieure cl ultribnéeà l'iris, dans Uesm.viuies. Op. eil., i'^éd., t. Il, p. iiOô.]

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