Tumeurs non malignes de la choroïde et du corps ciliaire
La partie posléricuro de la clioroïde osl (iii('l(|iiefois le siège d'une luineui' qui esl pi'ohableinoiil de la nature du luhereule scroluleiix ou n du tissu liliro-plastique. Klle sépare eetle nienihraue en deu\ laines > entre les(pielles elle se dépose. Les tumeurs non malignes s'ohserveni * beaucoup plus rré(|uemnient dans la parlie antérieure de la choroïde.
Obs. 461. — Un enfaiil, âgé d'environ G uns, fui condé niix soins de M. I.iiw rence, au ^ London Ophlhabnic Injinnarij ; il élail alloinl l'i un œil d'une inlliiniinalioii externe, j ueconipiigiiée d"un tel sonilcnienl des paupières, qu'on ne put s'assurer exaeteinenl de *\ l'étal de l'organe. La chaleur de la peau, la fréciuence du pouls, Tenduil qui recouvriiilla » langue, la douleur vive qui occupait l'œil el la tète, l'agilalion, l'insomnie, tout dénionlrail Hi que l'innaninialion locale élail intense. Au bout de trois ou (pialre jours, par suite de «« l'emploi des sangsues el de moyens externes convenaliles, M. Lawrence réussit à pouvoir r examiner l'œil qui présenlail une rougeur vive, avec trouble de la cornée; l'iris était ; poussé en avant el la pupille en parlie opaque. En dépil du Irailemenl anliplilogisliquc, reniant continua à soulïrir : une tumeur viiil graduellenienl se montrer derrière la circonférence de la cornée; elle élail de couleur jaunâtre el avait la dimension d'une fève, j Deux ou trois autres lunieurs se monlrèrenl ensuite; elles étaient plus petites que lu k première el disposées en série régulière, à une petite dislance de la circonférence de la ij cornée. L'inllammation conserva son intensité malgré l'usage fréquent des sangsues el t des purgatifs. A la lin elle s'apaisa ; la douleur s'amoindrit, les tumeurs dimiiiuèreiil * de volume, la cornée se rétracta complètement, l'œil s'alropliia el l'enfanl se rélalilit i sans éprouver d'autres accidents (1).
Obs. 462. Une fille d'environ 10 ans vint trouver M. Saunders afin de savoir r de lui si elle élail irrévocablement aveugle. Il n'y avait aucun douleà avoir sur ce point, . puisque l'œil alTeclé ne donnait aucun signe de sensibilité. !
La sclérotique était plus injectée que de coutume, mais non enflammée. Les vaisseaux t étaient gros el lorlueux. L'iris paraissait deux fois aussi éloigné de la cornée qu'à l'étal i normal. La pupille élail dilatée el l'iris présenlail plusieurs vaisseaux distincts. La i cornée, l'Iiumeur aqueuse, le cristallin el l'bumeur vitrée élaienl transparents à celle !• époque. Dans l'espace de quekpies semaines, le cristallin devint opaque; l'iris, couvert ( de lymphe el aussi rouge que s'il avait été injecté, s'avançait vers la cornée qu'il louchait, l^eu de temps après, une excroissance bleuâtre se fil jour au dehors à la parlie supérieure (le l'œil, dans le point où la choroïde s'unit avec le ligamenl ciliaire. Elle s'accrut rapi- ■ demenl et devint aussi volumineuse que la portion antérieure du globe de l'œil. Elle i s'ulcéra et fournil d'abord un fluide aqueux, puis du pus el de la lymphe glulineuse. Au i liout de quelques mois, l'ouverture se ferma; l'œil, donl le volume avait beaucoup • diminué, resta exempt de souffrances el conserva même quelques vestiges de la cornée; . l'excroissance bleuâtre disparut complètement. Pendant loule la durée de ce travail, il : ne survint rien qui ressemblât à une inllammalion aiguë, el la douleur fut fort insiglii- -, fiante (2).
Obs. 463. — Un enfant scrofuleux eut, pendant un an, une oplilhalmie scrofuleuse ri avec un ulcère du bord iiUerieur de la cornée qui se perfora. On vil saillir graduellement II à travers l'ouverture une tumeur dure, irrégulière, d'un blanc rougeâlre. Il survint vers • la même époque une atrophie du bulbe de l'œil el le Labes mesenterica, el peu après une • hydrocéphale sub-aiguë.
L'œil fut examiné par Jaeger, qui s'assura que la maladie provenait du corps ciliaire cl
(1) Op. cit., p. 59!.' (2j Op. cit., p. 117.
TUMEURS NON MAMCNES DU GLOIIE DK l/oElL, ETC. ^C)?
,„ ,es nulres lissus, quoique alropl.iés,. .félaienl point unis à la tumeur qui s'était Jllnoe au dehors, enIre l'iris el la cornée (1). n, A(U line femme âgée de 40 ans, d'une diatiu'se arlliriliqtie, s'adressa au pro-
" t;; e nS^iE u " mÏcL ciliaires et con.prenait un tiers de l'iris, l.e reste de celle A e T npris son Dord ,..ii.illaire, élail sain aussi i.ien .,ue les autres tissus de :"' ' i ; a ve le couteau ciitaracle un lami.eau à la i.arlie externe et inférieure ' : iu'ù environ nue denii-ligue de la circonférence de la cornée et on pra-
' ; ^X'^Td^ fondus, avec lequel sortirent le cristallin el une portion de l'humeur 0 K qudques semaines la plaie fut guérie; la cornée resta plaU3 et it h liricure et evlerne : eu irgardaMl en lias dans l'œil, on voyait la pupille dilalee; Ili'S^u ;.e amiisS! qlie dans 1^ simple perception de la lumière, et il iiexistait pins aiKUine trace de la tumeur {"!).
^ 4. Dépôts ou tumeurs non malignes oocupaat la place de l'humeur ' vitrée.
Fij,'. Dalrymple, l'I- XXll, IIk- «•
On pciil coiisiclci'cr coniine géncralcmcnl admise ropinion ([iril siirvienl rroqiicminenl dans les parlics profondes de Tœil des cliangcmenis de struclure qui donnent lieu aux symptômes du fongus hémalode de l'œil, mais qui eependant ne dégénèrent jamais en afleclions malignes. Ces cas ne sont pas rares après les lésions Iraumaliques. Ils constituent un état morbide de l'œil que Beer comprenait , avec d'autres aUéralions des parties profondes de l'œil d'une nature toute dilVérente, sous la dénomination cVœil de chat amcmrotique. Quand ces sortes de cas succèdent évidemment à une blessure , on les appelle œil de cbat traunialique. Il faut les examiner avec beaucoup de soin pour les distinguer non -seulement des tumeurs malignes , mais encore de l'bémophlhalmie postérieure et de l'hydropisiesous-choroïdienne. (V. 1. 1, pp. 695, 700.)
Les lésions trauma tiques qui donnent à l'œil les apparences que nous venons d'énumérer, pénètrent rarement à travers les tuniques. Je les ai vues survenir à la suite d'un coup sur l'œil ou d'une incision de la conjonctive. Après une inflammation assez intense de la conjonctive el de la sclérotique, la vue devient trouble, tandis que, derrière la pupille, quelquefois du côté de la'il opposé à celui qui a été blessé, d'autres fois au fond de l'organe, apparaît un dépôt blanchâtre ou jaune rougeàtre, résultat d'un épanehement de lymphe plastique entre la choroïde et la rétine, ou entre celle-ci el l'hyaloïde. Au bout d'un certain temps, il se forme une calaracle, puis l'œil s'aHaisse.
Si l'on extirpe des yeux en cet étal, parce qu'on les croit alVectés defongushématode, le malade, après sa guérison, continue à aller bien,
(1) Canstatt. Uber Mai'kschwanim des Augos and amaurolischcs Kalzenaiigc, p. 78 ; W'iipIzl)ui-g, 18ÔI.
(2) lliiiitllnirh (1er Uicorelisclicii uiid praclischen Aiigenhcilkunde, von Anloii Uosa» ; vol. II. p.617; \ViiMi,18ôO.
'2(')S al;gmknt.\tion du volumk di; (;i.oiîiî dk u\mi, inc.
t'O (lui a l'ail d'oirc qiril y a tlos (•x('('|)li()iis à ccUo iTi!;l(M|ne ralihuion (le \\v\\ alleiiil de l'ongiis oclioiie loiijdiii's. MM. NV'isliarl (1) ^,^ Poi'Ior (2) oui i)i'ol)ahl(!iiieiU coininis colle en'eui- dans deux cas qui ,i oui ôlé puliliés. Dans le cas de M, Wisharl, la maladie avail succédé f à un coup, cl dans celui (U; M. Porlci' le loiii^iis clail en [laiiie coiiienu « dans deux kyslcs : dans run el Taulic cas le nci 1' o|)rK|uc élail sain, 'l'oulcs CCS cii'conslanccs nie |)(ii'lcnl à pensci' (|u"il ik; s agissail poini t de l'ongus licnialode. Dans la seconde cdilion de eel ouvrage, iin|)riinéo r eiH854, je disais que, sur uneadulle au(|uel j'avais exlirp(i r(xiil (pialrc ans auparavant pour un l'ongus lic^'inalode, il n'clailpolnl survenu de iccidive. Celle malade a conlinuc d'aller bien |)en(lanl les vingl années si (lui oui suivi l'opéM'alion ; mais un nouvel examen de l'œil (ixlirpc'cl la i| comparaison des sympUniies qu'elle avail éprouvés avec ceux de (luel- -i ques aU'eclions non malignes que j'ai observées depuis, ou donlj'ai lu n la description, m'ont porté à croire qu'il ne s'agissait certainement pas > d'un fongus héinatode. Ce qui m'a conduit à ce cbangement d'appré- -i cialion, c'est que l'une des masses fongueuses s'élail développée (lans •>! la substance de la choroïde et que l'autre, qui occupait la place de • l'humeur vitrée et était atlacliée à la terminaison du nerf opli(iue, était i, contenue à l'intérieur d'un kysle solide distinct.
M. Lawrence rapporte qu'il a rencontré des enlanls offrant le.s symptômes du l'ongus hémalode de l'œil au premier degré, c'est-à-dire • le changement de couleur de la pupille, la réflexion métallique du fond i de l'œil, etc., et qu'il ne les a point opérés, connaissant le résultat invariablement fâcheux qui suit l'extirpation. Dans quelques-uns de ces • cas néanmoins, conlrairement à son attente, les choses sont restées >, pendant un certain temps dans l'état que nous venons d'indiquer; puis -i l'œil est revenu sur lui-même el s'est atrophié (5).
M. Travers a aussi publié quelques remarques imporlanles sur les ;! (liflicullés du diagnostic du fongus hémalode. 11 est d'avis que l'aspect du fond de l'œ'il ressemblant au tapis des animaux, que l'on observe dans la première période, est un signe auquel on ne peut se fier. Il rap- })orle avoir vu plusieurs cas dans lesquels ce symptôme existait et où, | après être resté un certain temps dans cet état, YœW s'est allaissé; de sorte que l'on peut bien croire qu'il ne s'agissait pas d'affections malignes. Cependant, comme on avait dans ces cas employé pendant longl(imps le mercure, soit comme altérant, soit pour entretenir une sali- i| vatiou prolongée , on peut les considérer comme des cas d'affecli(tns malignes guéries par le mercure. Une circonstance qui prouve qu'ils offraient beaucoup d'analogie avec les tumeurs médullaires, c'est (lue, dans l'un d'eux, M. Travers l'ut sur le point d'extirper l'oMl, et que
(1) Eilinl.iirnh Mcdiciil and Surgical Journal : vol. XIX, p. ; Ediiilnir^li, 1823. ri) Dublin Journal of .Médical Science ; vol. IX, i>. 2G3 ; Oublin, IBôli. (5) Leçons diins llie Lancct ; vol. X, p. E)I8 , Loiidon, 182G.
TIIMKLUS NON MAl.lGNKS DU GLOllK DE l'oEIL, ETC. !2()V)
r,„„-,,Uiou ne fui point l'i'il^' P'^'^'e qi''u"« ««"l^' ^'«'^ opposée u„, consullalion à l!U|uelle assisluienl plusieurs médecins cn.i- '„;.„ls Plusieurs années avunl (juc M. Travers puhliàl son histoire, la ,„ahulc (lonl il s agit élail guérie, mais avec perle de la msiou , cl dciiiiis lors sa sanlé restait bonne.
roxpérience ma déinoniré (jue rinllammalion des tissus internes de ra>il consécutive à une lésion traumatique, se termine fré(iuemmcnl ,ru- un dépôt, apparemment de lymphe plasti(iue, qui donne au loiid lie l'œil un aspect qui ressemble beaucoup à celui d'une tumeur ine- ,|„ll:,ire au début. Le picmicr cas de cette espèce (juc j'ai ob.scrvé s'esl oilerlàmoi en 1815; riatlammalion était la consé(|iience d'un coup porté sur l œil par une pelote de neige. J'ai remarqué que , dans quel- ,|iics-uns des cas dont je parle, le bord ciliairc de l'iris paraissait ride, son grand cercle était attiré un peu en ai-rière, et le petit Taisait saillie ,.ii avant et était plus large qu'à l'ordinaire : la pupille est dans un cial de dilatation moyenne, et l'uvéc l'orme un bord IVangé à la circoiiiV-rence; la surface du dépôt ou de la tumeur qui existe au fond de l'œil est d'une teinte pâle, quelquefois jaunâtre ou rougeàtrc, et n'est pus aussi bien caractérisée que dans les cas d'aflection maligne. L'image droite profonde de la bougie est fort agrandie par ces sortes de dépôts ijui agissent évidemment sur elle comme repoussoir. Parfois il s'établit tics points de suppuration à travers la sclérotique et la conjonctive, cl le plus fréquemment au-dessous du bord inférieur de la cornée. Après la rupture de ces petits abcès, un fongus charnu vient d'abord faire saillie, puis s'affaisse et le globe de l'œil s'atrophie.
M. Travers rapporte que, dans l'œil d'une jeune dame, la surface de couleur fauve brillanle, avec des vaisseaux se ramifiant sur elle, était si fortement marquée, qu'il l'aurait certainement prise pour une aileclion maligne au début, si elle n'avait succédé à une plaie faite par de lins ciseaux (juinze jours auparavant. L'instrument avait passé obli- (]uement entre la circonférence de l'iris elle corps ciliaire. 11 s'en était suivi une inflammation profonde, et trois jours après une cécité complète. Le cristallin resta transparent pendant plusieurs mois, de façon à permettre d'observer les symptômes décrits. A la fin, à l'inllammalion chronique de la pupille vint s'ajouter une cataracte avec coiistriclion de la pupille, et l'œil, dont le volume ne s'était jamais accru, s'affaissa graduellement.
De ce que j'ai vu des tumeurs non malignes de l'intérieur de l'œil, je crois que l'on [)eul conclure que les symptômes, ressemblant à ceux (lu fongus médullaire, peuvent toujours être considérés comme douteux quand ils surviennent évidemment à la suite d'une plaie ouautre lésion traumatique, ou lorsqu'ils succèdent à quelque affection scrofulcuse (les autres organes du corps.
M. Travers fait remarquer que l'augmentation de volume produite