‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 37 sur 143 · MÉLANOSE DU GI.ODE DU 1. OEIL · texte numérisé non relu

MÉLANOSE DU GI.ODE DU 1. OEIL

(,\rc saillie au dehors. Je lù.i vu qu'une seule fois une liémon-hagie

Ki.lérable survenir à un œil allcclé de mélanosc. La malade, lenime 1- m •'."e moyen, vint au Glasyoïv Eiji' In/irmary avec un rongns non- Ini lii^ail hernie à travers la cornée déchirée, et avait saigne s. ahon- „.„uMit que la malheureuse était complètement anémique. J extwpai y[^l\ immédiatement, et je trouvai que la tumeur mélaniquc naissait ae rexlrémité du nerf oi)tiquc, exactement comme le (ont, dans la niaiorité des cas, les tumeurs encéplialoïdes.

La mélanosc attaque des yeux qui sont déjà désorganises par d autres maladies, alVaissés ou staphyloinaleux ; il n'en est pas de même du fondus hématode. La mélanosc ressemble parfois à un slaphylome et a mielquefois été opérée comme telle. Lorsque le chirurgien pratique son i„ciMon,il trouve l'œil dur quand il est rempli par un dépôt mélanique.

Si l'on coupe la tumeur qui fait saillie hors de l'œil , la section se -uérit et, plus tard, la mélanosc fait de nouveau saillie. J'ai été plusieurs fois témoin de ce fait.

Dans un des cas d'extirpation de l'œil, pratiquée par le docteur Rainy au Glasf/ow Eye hi/innary, le nerf optique était affecté de dégénéiescence mélanique, mais point dans toute son étendue jusqu'au trou optique. C'est entre la choroïde et la rétine que la mélanose siège le plus souvent; mais, ainsi que le fongus hématode, elle se rencontre parfois à l'extérieur de l'œil, dans les paupières, sous la conjonctive, à la surface de la cornée (F. t. I, p. 566), à la jonction de la cornée avec la sclérotique, et dans le tissu cellulaire de l'orbite (F. 1. 1, p. 4-86). Ici la tumeur pousse devant elle l'œil qui finit par être détruit par l'inflammation.

Observalions. — Dans l'ouvrage de M. Wardrop sur le fongus hématode, ainsi que dans le traité de M. Allan Burns, intitulé : Observations sur l'anatomie chirurgicale de la tète et du cou, on trouve rapporté, comme une simple variété de tumeur médullaire, le fait suivant, qui est un cas bien caractérisé de mélanose de l'œil :

Ohs. 471. — M". Scoll, âgée de 41 nns environ, a toujours eu une constitulion délicate et un teint pâle. La maladie dont son œil est le siège date de deux ans et demi. Elle s'est révélée, au déi)ul, par l'impossibilité dans laquelle s'est trouvée la malade de voir de l'œil gauche ; lorsqu'on examina l'organe, on y découvrit derrière la pupille une coloration il'un hlanc laiteux. Celle opacité, dont M. Burns parle comme si elle élait située dans le cristallin, alla en s'accroissanl graduellemenl pendant quatre mois, au bout desquels la malade perdit complélement la vue de cet œil. Quatre autres mois plus tard, cet œil s'enflamma sans cause appréciable. L'application de sangsues lit diminuer rinflammation, mais l'œil gauche resta toujours plus ou moins rouge et douloureux. Après cette attaque, l'état lie trouble de l'humeur aqueuse contenue dans la chambre antérieure ne permeltait plus de distinguer aussi nettement l'opacité du cristallin.

La marche de la maladie n'est plus suivie qu'à partir du sixième mois avant l'époque à laquelle M. B. jugea qu'il fallait extirper le contenu de l'orbite. A cette époque, une lumcur commença à faire saillie en avant à la partie inférieure de la sclérotique, juste derrière la circonférence de la cornée. Deux mois plus tard, M. B. trouva la cornée plus proéminente 'lu'à l'ordinaire, mais sans pouvoir distinguer exactement l'iris ni le cristallin. L'aspect

TlIMEllUS MALIGMîS DU GLODE DE l'oEIL.

des parties lui fil iiaîlrc ridée qu'il existait un fongus derrière la cornée, prêt à faire saillie dès que celte membrane serait ouverte. I.a tumeur située à la partie Inférieure de la sclérotique avait alors la dimension d'une bailc! de mousquet, et semblait contenir un iluidc coloré en noir. Le kyste était formé par la partie delà conjonctive qui recouvre la sclérolique, et l'on voyait sur la surface du sac un grand nombre de vaisseaux qui se porlaienl dans tontes les directions. La douleur était intense et lancinante.

Onalre mois plus tard, l'état est encore plus grave et la santé de la malade compléicmcnt ruinée; elle a la lièvre bcctique, est fort alTaibile et n'a pas quitté le lit depuis deux mois. Le kyste, qui n'avait d'abord que les dimensions d'une balle de mousquet, a maintenant le volume d'un œuf et forme unemas.se solide fongueuse qu'on peut, quoique avec dilTiculté, soulever assez pour mettre îi découvert la paupière inférieure. La cornée est aplatie cl cacbée sous la paupière supérieure. iJeux petits fongus prennent naissance du corps de ce gros fongus, et vers l'exlrémité temporale de la paupière inférieure il existe une tumeur dure située sous les téguments et adhérant fortement à l'os de la joue.

La malade était fort désireuse d'être débarrassée par une opération, qui fut pratiquée parM.Burns, assisté de M. Wardrop. Comme la tumeur, étrangère aux paupières, était d'un volume fort considérable, M. B. sépara celles-ci par une incision pratiquée à leur angle temporal. Il saisit alors la tumeur, disséqua les paupières loin d'elle, et s'elTorçadc les détacher du bord inférieur de l'orbite; mais il fut aussi surpris qu'affligé de trouver r que l'os sur lequel elles reposaient était ramolli et de couleur noire. 11 renonça donc ù sa i lentalive, et détacha avec le scalpel l'œil de ses connexions. La pression employée pour r, attirer les parties en avant les lit rompre, et il s'en échappa une quantité considérable é d'un fluide noir comme de l'encre. M. B. suivit le nerf optique jusqu'à sa sortie du criiDe, .■ où il le divisa. Sa substance médullaire était noire. 11 détacha ensuite avec la gouge autant 0 qu'il pul du bord malade de l'orbite. L'hémorrhagie fournie par les vaisseaux divisés put t, être facilement arrêtée. ',

L'examen delà pièce anatomique fait immédiatement après l'opération fil remarquercequi l| suit: Lorsque l'on divise l'œil et le nerf optique,une grande quantité demalièreépaisse, visqueuse,d'un noir-brun, vient colorerle couteau. L'œil et la tumeur paraissent enlièremeiil composés de cette même matière foncée, de la consistance d'une bulle à peindre, épaisse, quoique moinsgluanle el moins oléagineuse. Elledonneaux doigts une teinte brun foncé ou ambré, se dissout promptement dans l'eau, el M. Burns comme M. Wardrop sont frappés de sa ressemblance a\ec \e pigmentum nignmi. La cornée paraît saine; le cristallin a une couleur ambrée; la sclérotique, dans la portion qui correspond à la portion malairo de l'orbite, a été rompue par la tumeur; les bonis déchirés en sont distants l'un de l'autre d'un quart de pouce environ. Dans le même point, la sclérotique est séparée en deux lames entre lesquelles existe une petite quantité de la substance noire. On ne trouve aucun reste distinct de l'iris; mais la choroïde est beaucoup plus vasculaire et, dans un point, cinq ou six fois plus épaisse qu'à l'état normal. Dans le lieu où la sclérotique s'est rompue, la choroïde se termine insensiblement en une substance blanchâtre, pulpeuse, faisant partie de la masse morbide. L'intérieur de l'œil est surtout occupé par une substance médullaire teinte en différentes places par la matière d'un brun foncé. La tumeur qui faisait saillie au delà de la sclérotique est composée de la même substance, et lorsqu'on la fail macérer, on voil de nombreuses stries blanches, et par places de nombreuses taches de même couleur se montrer dans loule l'étendue de la masse morbide. Au dehors de l'œil, excepté en deux petites parties proéminentes qui s'étaient ulcérées, la tumeur est recouverte d'une membrane muqueuse épaisse, provenant probablement de la conjonctive, que la tumeur dans sa marche avait refoulée devant elle.

Le nerf optique a son volume ordinaire; mais en en examinant la section, on reconnaît qu'il offre une teinte noire, ressemblantexaclement à celle de la tumeur de l'intérieur de l'œil, tandis que le névrilemme en parait sain. On ne découvre aucun vestige de la réline. Un des ganglions lymphatiques situés à côté du nerf oplique est transformé en une substance noire. . •■un

Bien que la malade eût été fort affaiblie par la fièvre hectique el fut fort cmacice, eue reprit promptement de l'embonpoint et des forces; l'appétit et le sommeil revinrent, et elle pul sortir else promener. L'orbite laissait écouler une quantité modérée d'un pus de bonne nature, et finit par se remplir d'une matière molle qui, bien que de couleur noire, .se laissa recouvrir par la peau. ,

Alors que la guérison paraissait certaine, le lemps devint froid et humide ; la mai.uit

MÉLANOSE DU GI.OBE OE LOEII,. 29o

li. Mors l'aniuHil et il lui (Icviiil impossible de niiirclier, à cause li-une douleur ';;;îe lu n i;»' ioml.es. Elle ne parvem.il à dor.nir qu'eu prenaul de l'opium. La ; „„ M-e inférieure fut poussée eu avaul par un fondus élastique qui commença aussi a iSié (Mitre les paupières. La maladie de l'orDite ne lui occasioiinail aucune gene ; ne s plai^'uail que des douleurs atroces du dos cl des lomlics, qui l'empec liaienl de . relou n dans sou lit ou de supporter qu'on la bougeât. Elle languit dans cet étal penï„ l deuv ou trois mois, la tumeur de la partie inierieurc de l'orbite conlmuanl de s acm r.' et la douleur des lombes n'éprouvant aucune diniiiiulion. Lorscpie M. IL la vil ; 01 i-maines avant sa mort, elle était arrivée au plus liaul degré d'cmacialion La lumeur lu dessous de l'orbile avait atteint les dimensions d'un œuf de poule; la surface en était ii.Ksiiéc les parties les plus saillantes recouvertes par une peau livide.ct elle doiiiiailaux ôi'ts la sensation d'une poclic contenant un liquide. Un très petit fongus, recouvcrl ,riiiic matière d'aspect sanguinolent, faisait saillie entre les paupières. Elle n éprouvait ,u,e peu ou pas de douleur dans l'orbite cl la tète, cl la vue de l'autre œil n'était point •In-alblie Depuis ce moment iusqu'à sa mort, elle s'alTaissa graduellement, la lumeur cmi- Uiuiant do s'accroître, la coloration de sa surface s'altéranl de plus en i.lus, en même lemps que ses inégalités augmeiilaicnt, mais le fongus situé entre les paupières ne subis- •iiitaucun cbangemenl. Vingl-qualrc heures avant de mourir, elle tomba subilcmenl dans

su

le coma

A l'autopsie, on trouva dans le foie des tumeurs d'un aspect et d'une texlurc semblables ■1 celles que contenait l'œil extirpé, il existait aussi dans la substance du foie un kyste conieiiaiit une grande quantité de matière purulente grumeleuse, et au-dessus des reins de semblal)les tumeurs d'un volume assez considérable ; l'utérus était cartilagineux , la vessie énormément distendue par un nuide trouble, d'apparence sanguinolente; mais sous tout ;iulre rapport, ce viscère paraissait à l'état normal.

En pratiquant une section verticale de l'orbite et du fongus qu'il contenait, on reconnut que celle tumeur provenait entièrement de l'antre d'iligbmore qui s'était rompu en lijiul et en avant. Le fongus faisait aussi saillie dans la narine, au delà du cornet inférieur cl de la muqueuse qui le recouvre. La tumeur, provenant de l'antre, et qui était parsemée à sa surface externe de petites nodosités d'une leinte livide foncée, était composée à l'intérieur d'une substance molle, couleur d'encre, partagée par des intersections membraneuses et entremêlée d'une substance grisâtre et de fragmenls d'os irréguliers. La paroi antérieure de l'antre était détruite à sa partie supérieure, cl le plancber de l'orbile soulevé au point qu'il n'existait entre lui et la voûte orbitaire du frontal que le périoste et une mince couche dégraisse. Le fongus était situé hors de l'orbite, bien que, par suite de la deslruclion du périoste attaché à la portion malaire de celte cavité, il fût venu faire saillie entre les paupières. Cette portion du périoste avait été détruite en partie par la maladie, en partie par l'ablation de la portion cariée de l'os, que l'on avait pratiquée lors de l'extirpation de l'œil.

Quant au nerf optique, on s'attendait à le trouver uni au fongus; néanmoins, le périoste duplancherde l'orbite se trouvait interposé entre eux. Le nerf avait son volume normal, mais il était coloré en noir dès l'inslanl où il franchissait le trou optique. A partir de ce point jusqu'à celui où il avait été divisé lors de l'extirpation de l'œil, il était dans le même (Mal; le névrilemme n'était que légèrement uni à la substance nerveuse malade. Au fond de l'orbite, les muscles étaient soudés ensemble et indurés. Le nerf se terminait en pointe elTilée (1); son enveloppe adhérait au périoste épaissi du plancher de l'orbite, que la pression du fongus de l'antre appliquait contre lui. A l'intérieur du crâne, le nerf optique était aussi épais que le petit doigt el aussi noir que la portion contenue dans l'orbile. Le point de jonction des deux nerfs (cliiasma) était tellement augmenté de volume, qu'il formait une tumeur qui s'étendait dans le troisième ventricule. La coloration noire allait beaucoup au delà de la jonction des nerfs ; mais ce changement de coloration était borné au côté gauche, c'est-à-dire au nerf correspondant à l'œil affecté. A droite, le nerf offrait sa dimension el sa coloration normales, el n'élail uni aux parties noires el malades que par des lilamenls celluleux.

[(1) Fail inléressnnt à nolrr, car, d'habitude, loiiles les extrémités lUTvruses cicalriséps à la suite d'une sixliuii en travers, comme dans les moignons d'amputation, par exemple, présculcnl un gros rcnnemenl terminal. T. W.]

TUMKUUS MALUiNKS DU Gl.Oniî DE lOVM.

Obs. -m. ~Rn jiinvicr 1824, Tlionuis Pockell, ÙKctleaO nus, lioinmc robuste el parais-i siiiit bien porlaiil, consulla M. Wilson,dc Miiiichcslcr, pour uik; (loiil(!ur violciilc el incessante dans l'œil gauche. Six mois auparavant, il avait reçu un coup d'un petit morceau deiii fer sur cet organe; niais comme il m'iîii avait épiouvé que peu de douleur et que l'œil V n'avait pr(5seiité ù l'extérieur aucune altération appréciable, on considéra la lésion commei( sans importance. Quinze jours environ après l'accident, il éprouva dans le globe oculairetj une sensation de plénitude el, en fermant son œil droit, s'aperçut que la vision à gauchen ne s'exécutait plus que ti'és imparlaitenicnt. La douleur el le trouble visuel s'accrurenlii graduellement : le premier de ces symptômes devint surtout des plus intenses; il siégeaitii principalement dans le globe de l'œil el le bord de l'orbite.

Les vaisseaux de la conjonctive devinrent alors dilatés el tortueux; la sclérotique s'en-i /lamma dans toute son étendue et subit un certain degré d'absorption par suite duquel le noir de la cboroïde devint visible vers le canllius interne. I>'iris élait immobile el de cou- leur ardoisée; une opacité occupait le centre de la pupille dilatée. 11 n'existait aucun symplôme d'afleclion cérébrale. Le Iraitemenl n'avait consisté qu'en quelques applications de sangsues à la lempc.

En tirant largement el souvi^it du sang de la tempe el de la nuque, en appliquantes s vésicatoires et en prescrivant des catliartiques actifs el un régime ténu, on fit disparaître* la douleur; mais la vue ne s'améliora pas. Après que le malade eût séjourné près d'un » mois à Manchester, on lui permit de retourner dans le Staffordshire.

Vers la fin de mars, il vint consulter de nouveau à cause de la réapparition de la douleur. . Quelques jours après son retour chez lui, il avait éprouvé les mêmes sensations qu'au- paravanl, et la douleur était actuellement si violente el si incessante qu'elle le privait de * sommeil. La sclérotique vers la partie supérieure el vers le canlbus interne était fort l amincie; la cboroïde recouvrait la substance qui faisait saillie. L'opacité qui se voyait dans i la pupille paraissait d'un rouge sale, el ressemblait à de la lymphe nouvellement orga- nisée ; elle paraissait former le sommet d'un corps conique profondément situé dans « l'œil.

On eut recours sans succès au premier trailemenl et à une salivation modérée, et le i 19 avril M. Wilson enleva le contenu de l'orbite.

Une section pratiquée sur l'œil enlevé (il voir, à la place de l'humeur vitrée, une i tumeur noire pultacée occupant plus de la moitié de l'intérieur de l'œil. Il existait deux , cavités ou cellules remplies d'un fluide rouge-brun, l'une siluée à côté de la tumeur, l'autre en avant d'elle derrière le cristallin. On ne découvrit aucun vestige du corps vitré. La choroïde était intacte et se séparait facilement de la sclérotique, excepté en un point vers sa partie supérieure el interne où l'on cessait de pouvoir la distinguer de la masse générale formée par la tumeur. La sclérotique élait là réduite à un amincissement extrême el paraissait même rompue. La rétine était complètement séparée de la choroïde par l'interposition de la production morbide; elle était plissée en travers de l'œil et formait une sorte de cloison entre les deux cavités contenant un fluide d'un brun-rougeâlre. Le cristallin était opaque et la capsule épaissie, mais en partie transparente ; un repli de la rétine recouvrait la capsule postérieure. On distinguait le ligament ciliaire, el quelques portions déchirées de membrane situées à la circonférence du cristallin el en arrière de l'iris qui était intact, constituaient ce qui restait des procès ciliaires. Le nerf optique paraissait sain dans le point où il avait été divisé lors de l'opération.

Le malade se rétablit et retourna chez lui au bout d'un mois, paraissant jouir d'une bonne santé.

Au mois d'août, il revint consulter pour trois ou quatre tumeurs du volume d'un grain de plomb de chasse, situées à la face, d'un noir complet, mais n'occasionnant aucime gène. Il se plaignit dedilTiculté à respirer et de picotements dans le côté, accompagnés d'une petite toux. Il avait évidemment maigri, et son pouls était accéléré et extrêmement vif. On découvrit sur la peau du dos, entre les omoplates, une tumeur semblable à celle de la face. Quelques jours plus lard, d'autres se montrèrent au cuir clievelu.

Le 2 octobre, il fut conliè aux soins de M. Fawdinglon; ses forces déclinaient rapidement. Son aspect général indiquait un vice de la nutrition. 11 élait piîle et exsangue; ses muscles élaientatroi)biés el ses jambes œdématiées. Mais le symplôme le plus remarquable était le développement extrême du ventre, du, en apparence, à l'augmenlalion de volume de l'un de ses viscères, probablement le foie. La face el le cuir chevelu offraient plusieurs

MKLANOSn DU GhOlJK 1)H L OEIL.

,„h,.rcules mélaniqucs parfailemenl développés, el l'un d'eux, situe sur la paupière in féï rdo 'œn extirpé, était le point de s'ulcérer. Le tond de l'orbite ne contenait ne uroduclion inélanique. Dans toute autre région, cxce|>té en deux ou trois points, ; ' u paraissait avoir échappé à l'invasion directe du mal ; mais tout le tissu sous-cutane J Sons tlioracique el abdominale était évidcnuiient iiililtré de niélanose ; ce qui donnait u di les points où ce tissu empiétait sur la peau, à des élevures d'un bleu pale, plus

l^mL distinctes et de dimensions variées; aucune cependant n'ollrail plus d'un quart

tmmcc de diamèlrc. Le malade mourut le 3 novembre. A l'autoi)sie, on trouva le tissu oi ûlaire sous-cutané de la partie antérieure du tronc criblé de tubercules mélaniques 0 foie dont le volume était quadruplé, était désorganisé par la même afleclion qui avait

aussi envahi plus ou moins le péritoine, le pancréas, la raie, les reins, les plèvres, les

poumons et le cœur. Le cerveau ne fui pas examiné (1).

Obs 473 - John Taylor, àsé de M ans, d'un leinl foncé et d'une apparence maladive, lut admis au Glasgow Eye Inlinnanj le 13 mai 1834. Neuf ans auparavant, pendant qu il était en Amérique, la vue de son œil gauche s'était troublée, puis bientôt entièrement perdue Le bulbe de l'œil, lors de son admission, était aiïaissé el noueux. Il existait encore mielques traces de la cornée, derrière laquelle était une substance blanche qui paraissait c'tre le cristallin. Vers le bord nasal du bulbe oculaire el y adhérant, on voyait une tumeur proéminente plus grosse qu'un pois, à surface lisse et recouverte par la conjonctive. La pression sur cette tumeur déterminait de la douleur. Le malade accusait aussi des malaises d;ins la région frontale, surtout au-dessus du sourcil gauche. La paupière inférieure de ce , oté était renversée en dedans, et le frottement que les cils exerçaient sur la tumeur paraissait l'irriter. L'œil droit était sain.

Le 19, le renversement de la paupière ayant été guéri à l'aide d'une opération, on enleva une portion de la tumeur à l'aide de ciseaux. Son contenu était de couleur noire el d'une consistance considérable, de sorte que la tumeur ne s'affaissa point.

Le ^23, un fongus grisâtre occupait la place de la lumeur. On proposa au malade l'extirpation de l'œil ; mais, ne voulant point se soumellre à l'opération, il cessa de se présenter.

Il revint le 5 août el exprima le désir qu'on lui extirpât l'œil.

La lumeur molle el noire, qui occupait la moitié nasale de l'œil gauche, avait atteinl le volume d'une noisette el s'accroissait rapidement. Sa surface antérieure était le siège d'une cicatrice éloilée, résultat de la première opération (fig. 27). Le malade^ se plaignait d'éprouver, dans le côté de la tête, une douleur qui se prolongeait le long du cou el l'empêchait de dormir. U avait l'estomac très irritable. Le 7, j'extirpai l'œil el je recouvris ensuite les paupières d'un ])ansemenl simple et d'une bande roulée.

A l'examen des parties, ou trouva tout l'œil atrophié. La cornée, ainsi qu'on avait pu le constater avant l'opération, n'avait pas ])lus de deux lignes de diamètre! Plie élail transparente, de sorte que l'on apercevait au iravers le cristallin opaque. L'épaisseur du nerf optique était fort diminuée; en réalité, il paraissait n'en rester que le névrilenime, toute la substance médullaire ayant été résorbée. La lumeur, dont le diamètre était de cinq à six lignes, faisait hernie à Iravers une ouvnrlure de la sclérotique au côté nasal de la cornée airophiée. Elle élail recouverte par un feuillet de la l'onjonctive.

En pratiquant une coupe de la lumeur, on constata qu'elle élail formée par un tissu coloré en bislre peu foncé, ayant presque la consistance d'un muscle, et qui, lorsqu'on le liéchirait, laissait voir une structure libreuse. La coupe pratiquée sur la tumeur ayaiil ''lé prolongée sur l'œil, on constata que celui-ci avait subi une désorganisation étendue. 11 existait quelques restes de la choroïde el de l'anitulus albidus (ligament ou plutôt muscle ciliaire); mais la place de la réline était occupée par une lamelle osseuse, el le

Fig. 27.

(l)Ciisc of Melanosi.s, by Thomas !■ AWDiNoron ; London, I8i().

TlIMFAinS M/VMGNICS DU CI.OIIIÎ DE l/oF.II..

iK'vrilonimo, seule portion qui rcslâl du nerf optique dans le point où il s'unissait à la réline, contennit i)lusieurs dépôts terreux. I>e crislullin clait coinplétenienl converti en i une matière terreuse offrant une disposition lanKiliée. l.a capsule était très coriace. Il n'y avait aucun vestige d'iris ou de clianilirc postérieure. La cliaiulire antérieure était très-petite. Tout le r(!ste de la cavité oculaire était rempli par une niasse mélunique de», consistance pulpeuse et paraissant donner naissance à la tumeur. Il y avait de plus, versr la partie interne et posiérieure de l'œil, une petite masse d'un blanc rougeàlre, ressemhlanih; à de la matière cérébrale, et tout contre, une petite quantité d'une matière molle d'un« rouge sombre. On remarquait aussi, h l'intérieur de la tumeur, un peu de matière rouge» sombre, qui entourait et isolait un petit noyau de la substance bistre du reste de la masse. n

La matière mélanique pulpeuse, contenue à l'intérieur de l'œil, ayant été examinée au microscope, se trouva être composée de particules noires sans forme délinie, au milieu»^ desquelles on remarquait quelques petits cristaux de forme rliomboïdale. Le tissu delaij tumeur, qui paraissait fibreux, consistait en globules aplatis beaucoup plus grands que ceux n du sang et réunis en libres ù l'aide d'un tissu cellulaire délicat. La plupart des globules étaient légèrement colorés; mais il existait parmi eux un certain nombre de corps, foncés en couleur, qui paraissaient être des globules contenant dans leur substance des particules t noires. Les matières ccrébriformes et d'un rouge fonce étaient aussi composées de globules, i mais on observait parmi eux peu de corpuscules noirs.

Le malade n'éprouva aucun malaise après l'opération et se sentit complètement délivré i de la douleur dont il se plaignait avant l'extirpation de l'œil.

Obs. 474. — En juillet 1835, M. Espie, chirurgien à Falkirk, fut appelé auprès de James Campbell, âgé de 40 ans, ouvrier sur la paroisse de Larbert. A l'âge de 10 ans, ce malade avait perdu l'usage de l'œil gauche par suite d'une cataracte traunialiquc. Quatorze ans avant la visite de M. Espie , il lui était survenu, à l'angle gauche de la i mâchoire inférieure, une tumeur qui avait suppuré et s'élait ouverte à l'intérieur. A la < suite de cette suppuration, il était resté de la douleur dans l'orbite droit et autour de lui, ij et un obscurcissement de la vue de l'œil droit. Ces symptômes s'étant accrus, le malade * vint, au bout de deux ans, consulter feu le docteur Monleath, de Glascow, qui considéra la > vision de .l'œil droit comme perdue et ne prescrivit aucun remède, mais recommanda a l'extraction du cristallin gauche. Le malade se rendit à Edimbourg où il subit, à diverses < reprises, l'opération par abaissement, le cristallin étant remonté plusieurs fois. On finit par pratiquer l'extraction; mais l'œil s'enflamma violemment, la cornée devint opaque et tout espoir de rétablir la vue s'évanouit. Les amis du malade s'aperçurent à celle époque t que la sclérotique de l'œil droit devenait noire et que cet organe augmentait de volume.

M. Espie trouva l'œil droit fort augmenté de volume, déchiré et donnant issue à un i> fongus noir qui, en plusieurs points, était ouvert et laissait écouler une quantilé consi- ■ dérable de matière mélanique. L'orbite droit était le siège d'un afflux considérable de »• sang. La santé générale était affaiblie et les intestins exécutaient irrégulièrement leurs fonctions. M. Espie prescrivit plusieurs applications de sangsues autour de l'orbite et un vésicatoire derrière l'oreille. Le malade éprouva beaucoup de soulagement de la saignée locale, et sa santé s'améliora sous l'influence d'un régime nourrissant el de quelques laxatifs.

M. Espie ne revit plus le malade qu'en septembre 1836; ayant été appelé alors a le visiter, il trouva l'œil encore augmenté de volume et donnant issue à du sang el parfois à de la matière mélanique. Le malade accusait une douleur dans le côté droit de la lèleel s'clançantde l'orbite vers l'occiput. Santé affaiblie. Même traitement que ci-dessus el même

résultat avantageux. , , . ,

Le fongus continuant de s'accroître, ainsi que l'écoulement, parlicuherementle suinte- ment sanguin, en janvier 1837, M. Espie envoya le malade me consulter.

A celle époque, la tumeur qui pendait hors de l'œil à travers la cornée détruite avait le c volume et la forme d'une grosse prune aplatie; elle n'était plus recouverte par les pau- ■ pières reposait sur la joue et llottait çà et là en suivant les mouvements de l'œil du malade. Elle éîail légèrement lobulée et complètement noire. La membrane qui la recouvrait naraissait comme excoriée, se déchirait de temps en temps, laissait échapper du sang « répandait une odeur très infecte. Le malade éprouvaitencorede la douleuret une sensation . de traction le long du nerf optique. Je conseillai sans hésitation d'extirper 1 œil et d enlever

MÉLANOSlî I)U GLOBE DK l/oEIL. 297

■ .-niulo n:.rtie possible du nerf optique. Le malade ayant été atteint d'inHucnza, \,ÏÏ uon\io fui exécut(ie que le ^20 février par le dod^^^^

' vv! lei. des parties enlevées, on trouva la sclérotique entière, mais fort atropi.iec, , n ,i,.n 1 normal de l'œil complètement détruit, un dépôt osseux assez épais et cupulli- ' !'r. recouvrant la partie postérieure de la sclérotique, et le reste de la cavité rempli |)ar , m iur mélanique. A une certaine époque, le nerf optique, pour se rendre a la rétine, M nasser par un petit trou qui existait sur le dépôt osseux. En pratiquant une coupe 'Vk h tumeur on la trouva parlagée par des cloisons. I.a matière mélanique avait un Pd'oléasiiieux et était d'un noir foncé présentant quelques places d'un brun foncé. Le r .[ optique était réduit à la moitié de son épaisseur, un peu ramolli, mais nullement colore

lier

,11 noir.

Vu bout de 10 jours, le malade était parfaitement rétabli et disait ne s'être jamais au.ssi j,ioii porté depuis 1^2 ans. Il continua d'aller bien jusqu'en mars 1850; à cette époque, en s',' baissant brusquement, il heurta fortement l'orbite droit contre la corne d'une vaclie. Il fallut mettre en usage un traitement antiphlogisliquc actif pour empêcher l'extension de

l'iDdii union de l'orbite au cerveau; mais au bout d'environ quatre semaines, la douleur

iviiit disparu, et il en était presque de même du gonnement.

M. Espie n'entendit plus parler de cet homme qu'en mars 1852; il apprit alors qu'en iinin'l fortement une corde à laquelle une vache était attachée, il avait senti quelque chose ri ilcr brusquement dans l'orbite droit et s'était écrié à haute voix : — « Mon œil est ii niclié ! >' Lorsque M. E. le vil le lendemain, l'orbite droit élait le siège d'un gonflement niiisidérable, changé de couleur, très douloureux et paraissant sur le point de se rompre. 11 y existait une fluctuation obscure. Le deuxième jour, M. E. jugea à propos de diminuer la tension à l'aide d'une incision, pratiquée sous la paupière supérieure, ce qui donna issue à line grande cuillerée de malière mélanique. Pendant quatre à cinq semaines, il s'écoula, à iravers l'ouverture ainsi formée, une quantité abondante de matière mélanique; puis cet écoulement cessa, ainsi que le gonflement général de l'orbite.

L'état de l'orbite n'avait jamais été complètement satisfaisant depuis la blessure reçue m 1850; le gonflement n'avait jamais tout à fait disparu. En mars 1854, la santé du malade est bonne et il ne souffre que d'une scialique.

Causes et traitement. — Les causes éloignées et les causes excilantes de la raélanose sont également obscures, et nous ne pouvons rien dire de certain sur la méthode à suivre pour en obtenir la guérison.

L'extirpation présente-l-elle ici plus de chances de guérison durable ([ue dans les cas de fongus hématode? M. Lawrence le pense (i). « Dans la première période de la mélanose, dit-il, loi^squeTon a la cerlilude que le mal ne s est pas étendu au delà de Toeil, son siège primitif, il parait y avoir quelque chance d'obtenir une guérison durable.» Il renvoie au cas d'un Irlandais, d'environ trente ans, chez lequel il avait extirpé un œil affecté de mélanose. Un ou deux ans après l'opération, il allait parlaitement bien. Dans un autre cas où l'affection durait depuis plus longtemps, le malade mourut douze jours après l'opération; à l'autopsie, on trouva le foie énormément développé et iidiltré dans toute son étendue de dépôts de mélanose (2). La pratique

(1) I. ("dures on Surgcry, Loiulon Médical Gazelle, vol. VI, p. 59 jLondon, 18ô0.

(2) Voyez poup ii":\iilres observations de mélanose de l'œil: 'j'ransaclions of llie Medieo-Cliirur- Kical Society of Kdinburgh, vol. I, pp 272, 27/1 , Edinburgli, i82/|. : Gral'e und Wallliei 's .lournal (1er Chirurgie iind Augenlieilkunile, vol. XII, p. 6()2 ; lîerlin, 1828 : Liston, Médical Gazelte, vol. VI, p. 224; London, 18.50 : Pirnsciu, de melanosi biilbi oculi, pp. 55,37 ; Vieniiao. 1851 : livnoN, Dublin Médical Press, April 20, 1812, p. 247 : Ronr.nxsoN, Norlliern Journal of Mcdieine. Novcmbcr Wti : Winnsoii, Provincial Médical and Surgirai Journal : May I, ISîiO : I.a\vhi;nck, l.iincet, AngnstI, 184G, p. 122. CniTciiirrr, lb.,Oclober 2!i, 18!)l, p. 5Sti: 1I\ncock, Ib, Dccember2b, |i. 387 : UowMAn, Médical Times and Gazelle, May 21, 181)5, p. Wa.

TUMI'URS MALIGNES DU GLOBK 1)E lOiUL.

géiR'i'ale clos iiinlociDs, pcddaiil ces vingt (Jei-iiiôics arirK'cs, a fait voi. que, bien que la niélanosc adecle une niai-che plus Icnle, elle n'a guèr' moins de propension que leneeplialoïde à alleclei- le cerveau et le autres organes et à déterminer ainsi la mort.

[Cette manièi-c d'envisager la question n'est pas partagée par loui les pratieiens. En ellet, ((uand la maladie est constituée par la niéla uose pure, sans mélange d'inlillration cancéreuse, elle ne conipor point un pronostic aussi lâclieux et peut très souvent être enlevée l'instrument tranchant sans être suivie de récidive. Celte opinion .„ professée par M. Sichel qui s'en exprime ainsi (1): «Il est important d ne pas attribuer à la mélanose la qualilication de cancer, car elle n'i pas, quand elle est simple, les caractères du cancer, la tendance anrécidives et à renvabissement des parties voisines. » M. le docte Pamard, d'Avignon, dit aussi (2)que «le caractère essentiel du tiss cancéreux, qui est de se reproduire lorsqu'on en a fait rablalion,!^ manque à la mélanose. » Il eu cite les trois observations suivantes :

Obs. 475. — M. Villard, âgé de 30 ans, négociant à Marseille (Bouclies-du-Rliône),l vinl me consulter pour une tumeur ayant la forme et le volume d'une grosse amande* dépouillée de sa coquille, située à l'angle externe de rœil droit. Elle soulevait la con-»i jonclive à travers laquelle on apercevait une coloration qui me fit présumer l'exislencei^ d'une tumeur mélanique. La seule indication à remplir me sembla l'ablation. Je la pro-'' posai au malade. Elle fut acceptée et Fopération fut pratiquée le 12 mars 1830. Je fis une incision qui intéressa la conjonctive et la commissure externe des paupières. i

La tumeur fut parfaitement isolée et enlevée sans de grandes difflcullés. La glandek lacrymale, qu'on avait cru malade, offrant l'aspect normal, je crus devoir la respecter, r Examinée avec soin, la tumeur offrait l'aspect d'une amande, enveloppée dans un kyslci» mince, diaphane, qui renfermait une substance que je ne saurais mieux comparer qu'à la w cire noire dont les soldats se servent pour leurs gibernes. C'est la même consistance, la 'a même couleur.

La guérison eut lieu promptement et M. Villard put retourner à Marseille quinze jours après son arrivée, sans conserver de traces de la maladie et de l'opération qu'elle avait li nécessitée. -,

Obs. 476. — M. François Dauberton, propriétaire à Bédouin (Vaucluse), âgé de 40 ans, y est affecté d'une tuméfaction considérable de l'œil gaucbe. Le globe fait saillie entre les pau|)ières qui sont maintenues écartées; il est dur et douloureux à la pression. Le malade ressent des douleurs inlra-orbitaires qui s'étendent au front. La vue est perdue depuis ? longtemps. La maladie date de plusieurs années.

Je proposai au malade l'ablation du globe de l'œil comme étant la seule ressource f capable de lui conserver la vie et de le délivrer des douleurs qui le tourmentaient. Elle f fut acceptée et pratiquée le 4 octobre 1840.

J'incisai la commissure externe des paupières ; j'isolai le globe avec un bistouri et le nerf optique fut coupé avec des ciseaux courbes sur leurplaL

Cette opération, qui n'exige guère plus de temps à pratiquer qu'à décrire, fut suivie de ' l'ablation de la glande lacrymale dont le tissu me parut compromis.

Les suites furent des plus heureuses, car M. Dauberton fut entièrement guéri au bout de quinze jours.

J'examinai les tissus que j'avais enlevés ; ils représentaient deux tumeurs. La plus • volumineuse était formée par le globe de l'œil dont le volume était augmenté, niais non ■

[(1) Annules (l'Oculisliqiic, I. XXVI, p. Vo'ô.] [(2) Id., t. XXIX, p. 26.]

Mfil.ANOSE Df C.IOUK I)K LOKIL.

. ..„.„i que l'iuirail fait prc'suincr la sailli.' qu'il faisait hors de l'oDi le, ce qu. s explique ,11 faction (le la glaiule lacrymale qui leiulail à chasser le globe. Llle avait pour ' "■ .r LcIoroliqueel la cornée transparente dont la conlexlure était a peine altérée, ."'f..? îVmcinhraiies internes el les hninenrs avaient disparu; elles étaient remplacées , , . n alière noire, dure, homogène, nyanl la consistance de la stéarine fondue a

„„iio on aurait ajouté du noir d'ivoire pour la colorer, îre tiiineur était formée par la glande lacrymale dont le volume e lai consideraDle- , .nneiilo- elle avait |)our enveloppe le tissu cellulaire qui entoure liaDiluellemenl la

!|'.'|Idc (loni la suLstance n'existait i)lus. On trouvait à sa place une nialière parfailemenl

' ônhi'iLile à celle que j'avais oliservéc dans le globe. , . ..

" ] ai u, plusieurs fois M. Dauberton depuis qu'il a été opéré; la guerison s'est mainlenue,

■i il jouit d'une santé parfaite.

nlis Ml — Madame veuve Laugier, âgée de GO ans, propriétaire à Trinquelaille. lulioui'g d'Arles (Bouches-du-Rhone), avait depuis plusieurs années perdu la vue de

fors du début de la maladie, qui date de dix ans, elle avait ressenti dans l'œil quelques inileurs qui s'étaient dissipées sous l'innuence d'un Iraitement anliphlogistique, sans molioialion dans l'étal de la vision. Elle vivait ainsi, s'élant habituée à la privation de ',,1 œil' lorsqu'elle y éprouva, pendanl les mois de mars et d'avril de celle année, des loulcurs vives avant leur siège dans le globe el au Iroiil, accompagnées d'un sentiment li. tension, comme si le globe allait élre chassé de l'orbite. Le 15 mai, Madame Laugier vint me consulter. Je trouvai le globe oculaire droit r-menté de volume, dur, offrant une couleur noiriître appréciable à travers la cornée et Sclérotique, el faisant, en dehors de l'orbite, une saillie telle qu'on ne pouvait pas xpliquer par la seule tuméfaction du g'obe, ce qui me fit croire à l'altération des tissus iilenus dans l'orbile. 11 en rcsullail un écartement permanent des paupières qui donnait visage de la malade un aspect hideux.

Je posai immédiatement le diagnostic de l'existence d'une mélanose de l'œil, s'élendaiit la "lande lacrymale, et je proposai l'exllrpalion comme le seul moyen de délivrer la uiladedes douleurs qui la tourmentaient et des dangers dont la menaçait la conservation lies lissus anormaux qui avaient depuis peu de temps fait des progrès iàclieux.

L'opération fut acceptée et pratiquée chez la malade, à Trinquelaille, le 19 mal, en présence de M. le docteur Tompan, médecin ordinaire de la malade, et de M. Sigaud, qui m'aide habituellement.

Je n'insisterai pas sur les détails opératoires parce qu'ils n'ont rien offert de particulier. ! ' dois pourtant signaler une circonstance spéciale que je n'avais pas rencontrée dans upéralion de M. Dauberton : après avoir enlevé le globe et la glande lacrymale qui avait iicquis un volume considérable, je trouvai de la substance mélanlque répandue dans le lissu de l'orbite que j'enlevai avec le plus grand soin.

La cliloroformisation avait amené une anesthésle complète; par conséquent, il n'y eut point de perception de douleur de la part de la malade pendant l'opération qui fut faite liés proniptement.

La guérison ne se (Il pas non plus longtemps attendre, car le 29 mai, dix jours après I npéralion, élant retourné à Arles pour voir des malades, je trouvai madame Laugier l'iiiiùrcment guérie. J'ai eu, depuis lors, l'occasion de la revoir plusieurs fois; la guérison n«! s'est pas démentie.

Les douleurs qui avaient tourmenté la malade jusqu'au moment de l'opération, et qui mil cessé depuis, n'ont plus reparu, el tout me fait espérer que, comme les deux autres Niiiladcs, madame Laugier n'éprouvera pas de récidive.

J'ai envoyé à l'Académie les tissus mélaniqucs que j'ai enlevés à madame Laugier. Les liumeurs de l'œil sont en totalité remplacées par une substance noire, dure, semblable à lie a stéarine colorée en noir. Une fente que j'ai faite dans toute l'épaisseur du globe lii'rmet d'observer celle altération sans dégrader la pièce aiialoniHiiie. Une autre tumeur iiiéliiiiiiiue est forinée par la glande lacrymale dont le volume est considérablement ^nigmeiilé; enlin, des masses mélanlques moins volumineuses ont été enlevées avec le lissu cellulaire intra orbilalre qui leur servait d'enveloppe.

TllMiainS MAI.KiNES DU GI.OIIK DE LOEIL,

M. Stoeher croit que lii méhinoso. ociilniro clioz riiommccsl tnujouni une aiïeelion maligne (lui diUère cvideniiueiil de la inélanose de l'œ du cheval. Il cilc des cas qui prouvent que des individus adeclcs mélanose oculaire ont succombé à une cachexie semblable à cel qu'on observe à la suite du cancer issu dcrenccphaloïde ou du squirrh bien que, chez ces malades, ces derniers produits hétéroplastiqu n'existassent point. 11 cite néanmoins deux cas de guérison à la su" de l'extirpation de l'œil mélanotique, et considère cette opérât! comme une ressource qui n'est pas à dédaigner (1).

D'un autre côté, M. Holmes Cootedonne le tableau suivant de (juinzi cas d'allcctions mélaniques de l'œil, qui ont été soumises à une opér lion et suivies pendant un espace de quatre ans au moins. Ce lableai

mon s

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