‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 43 sur 143 · I. DE LA. CAPSOLE DU CRISTALLIN · texte numérisé non relu

I. DE LA. CAPSOLE DU CRISTALLIN

1° État norvial.

Cette capsule forme un petit sac sans ouverture, divisé en doux moitiés appelées cristalloïde antérieure et cristalloïde postérieure. Exactement moulée sur la lentille cristalline, elle n'en est séparée par aucune espèce de liquide, la prétendue humeur de Morgagni (que nous n'avons jamais aperçue ni sur l'homme, ni sur les animaux, bien que nous ayons examiné soigneusement plusieurs centaines de cristallins) n'étant qu'un produit morbide jusqu'à présent mal étudié. Nous n'insistons pas sur ce point, surabondamment démontré par les anatomistes modernes (1). La capsule est complètement transparente.

[(1) Gnos.Du crislallin el de sa capsule ; Annales d'Oculislique, t. XXiX. p. 22, et Bowhas- Lectures on the Paris, etc. Ib., t. XXXII. p. 33.]

AN.VrOMIi; IWTIIOI.OCIQliE DE l'aPPAREIL CUISTALLINIKX.

a une composition piirfaitemcnl lioniogônc, car, ù part l'épaisseur, i'aspccl en csl partout II' même. Vus au ii)icrosco|)e, les laiiiljcaux en ressemblent très bien, ainsi que l'a dit M Cliiirles Uobin, à des fragments d'une lamelle do verre, comparaison qu'avait déjà em- , lovée le docteur Jacob pour donner une idée de la eaj)sule entière, considérée à l'œil nu

vide de sa lentille. Elle résiste assez fortement ù la décliirure, et se casse en morceaux oiTranl partout la même apparence et ne se laissant jamais résoudre en libres ou librilles il'aiîcune espèce, ni en lamelles (i), comme le fait observer Iknle; mais elle n'est ni jaunâtre, ni grenue, comme il l'avance à tort. Néanmoins, l'épaisseur en est bien peu considérable, puisque nous n'avons trouvé chez l'homme que C'-'-'iS à 0,"""005 en avant, cl l;i moitié moins en arrière. Kilo n'est altérée, ainsi que nous nous en sommes assurés, ni par l'ébullition, comme l'avance encore à tort Kœlliker(2), d'après Stralil,ni |)ar la potasse caustique, ni par les acides les plus énergiques, tels que les acides sulfurique, nitrique, rlilorliydrique; mais sous l'influence de ces agents, on la voit s'agiter, se crisper sous le microscope.

Ces propriétés expliquent pourquoi elle est beaucoup plus diiricile à rompre sur le vivant, dans l'opération de la cataracte, que ne le ferait supposer son peu d'épaisseur. Nous avons liiisé avec une aiguille un grand nombre de capsules de cristallins posés sur la table, et nous avons été frappés de la résistance relativement considérable qu'elles présentaient. Si nous n'avions point la précaution de perforer d'emblée la capsule par un petit coup sec qui faisait pénétrer la pointe de l'instrument à travers sa substance, celui-ci traçait bien un sillon à la surface du cristallin, parce que les couches superficielles de la lentille sont très molles, mais on reconnaissait nettement à la loupe que la membrane d'enveloppe n'avait point été intéressée. Or, s'il en est ainsi lorsque les parties ont derrière elles un point résis-

[Fig. 28.]

Fragmenl de la portion antérieure de la capsule tant, comme une table, que doit-il advenir lors-du cristallin dcpouillceUe ses cellules. Grossissement 70 diamètres.

qu'elles ne sont maintenues, comme dans 1 œil,

que par une gelée tremblotante, l'iuimeur vitrée. Nous avons insisté sur ce point, parce qu'il explique très bien comment il arrive que, malgré toutes les précautions dans l'abaissement, on déprime si souvent la lentille avec sa capsule intacte; circonstance grave, car elle empêche l'absorption d'une manière absolue : il explique enfin comment, dans l'extraction, surtout lorsque l'humeur vitrée est un peu ramollie, le cristallin, comme nous l'avons vu plusieurs fois, ne sort pas, bien que l'introduction méthodique du kystitôme f;isse croire que la capsule a été largement incisée.

La capsule déchirée, circonstance si favorable dans l'opération du broiement, tend à s'enrouler sur elle-même, le plus souvent, mais non constamment, de façon que la surface interne en devienne externe. C'est du moins ce que nous avons observé dans nos préparations; peut-être n'en est-il pas de même sur le vivant. M. Bowman dit, au contraire, qu'elle s'enroule toujours dans le sens opposé à celui que nous indiquons. Les bords de la déchirure, dit M. Charles Robin (3), sont remarquables par leur netteté et la régularité fies angles qu'ils limitent. Cela est très e.xact, quoique parfois la cassure soit inégale et que

[(1) Ilr.Mi.E. Analomie générale, t. I, p. 549, Irad. de Jourdan, dans rFncyclop. unnt.]

is (riii.slologic humaine. Traduction de J. liéclard el Sec, p. 687.

[(2) A. K.ôi.T.iKi;n. Klcnienis (PliLslolog.

[(5) l)ESMAnni;s. Traité des maladies des yeux, 2« édition, 1834, t. I, p. 5/i..]

CATAllACTK.

le bord présente desdcnlcliircs profondes comme si de petits fragments saillants étalentu sur le point de s'en détacher. Nous ne saurions nous accorder avec lui lorsqu'il ajoute,';

[Fig. 29.]

Id.

(le sa portion postérieure. (Id.)

en parlant des deux moitiés, antérieure et postérieure, de la capsule : elles sont également remarquables par la netteté des plis qu'elles présentent sons le microscope, lorsqu'elles ont été froissées. Nous relevons cette assertion , parce que l'on verra plus loin quel ■ parti l'on en a tiré pour la détermination des altérations pathologiques. Nous avons souvent i vu sous le microscope cette membrane saine former des séries de plis inextricables et • très peu nets. Mais nous reviendrons sur ce point.

Celte capsule paraît exister' . avec des apparences très sera- 1

.'^•-f^f^'^Mm^^-^mL, blables chez tous les verté- ^

brés; ainsi, nous l'avons vue ( chez le cheval, le bœuf (oii i elle a O^^OT, la plus grande ( épaisseur que nous ayons rencontrée), le chien, le lapin, i chez les poissons du genre cyprin, les pleuronecles, plies et soles, les gades, morue, les batraciens, grenouille, etc.

C'est chez l'homme qu'elle offre le moins d'épaisseur.

La surface externe en est

parfaitement lisse; elle cor- Face imcrneilc la capsule cristalUne recouverte d'opilliélium. Portion pj^^pj^uj gp arrière à l'huanlcrieurc.(Gross.530,liam.) ^.^^^^^ laquelle

elle est enchâssée, et en avant à l'humeur aqueuse; mais sa face interne ou cristalline est tapissée par une couche d'épilhélium pavimenteux.

[Fig, 50.]

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE i/aPI'AUKU, CUISTALIXMEN . 315

éic iuliiiis. Piippenlicim a décrit cet c'pilliéliuni comme

* I n t e 0 cpilhélinle donc, qui siège h i'inlério.T de la capsule, est consUlu..c par une

J Ïed cellules polygoualos ayaul uue diu.cusion de 0,"-"016 a 0 0-2 cl des

ot X de 0,009 ù 0,01. Les cellules ù i'élal frais sont peu apparenles; ce les que nous avZU'-é^ênlées proviennent de cristallins qui ont macéré dans une solution de sulfate de fer ou d'alumine, excellent moyen de conservation etde préparation des yeux, qu'indique M. Gros dans le travail que nous avons déjà cité. Elles paraissent ici (llg. 30 et 31) très grenues; ce n'est qu'une exagération de l'état frais, car, malgré la transparence de ces cellules, ellessonltoujours.à l'état normal, pointilléessur toute leursurface. Les noyaux .sont très volumineux par rapport aux cellules dont ils occupent le centre; ils sont indiqués par un contour foncé et bien accusé; puis vient un petit cercle clair, et enlin, au centre, un gros nucléole granuleux. Ce sont probablement

[Fig. 51.1

Iil. Portion postérieure dont une partie a clé «lépoiiil ■ • 1 -, m n..^, léc de SCS cellules. (Même gross.)

ces apparences qui ont induit M. Gros en erreur et lui ont fait décrire un réseau polygonal et des corpuscules nucléés dans les mailles de ce réseau. Les acides concentrés et la potasse caustique réduisent assez promptement cellules et noyaux en un magma grenu, ainsi que l'ébuilition. L'acide acétique les pâlit, et les noyaux qui étaient ronds s'eflilent un peu par leurs deux extrémités et se rapetissent. L'éther semble coaguler, à l'intérieur des cellules, une matière semblable à celle qu'il coagule à l'intérieur des fibres cristallines. Quand on enlève la capsule, son épithélium y reste adhérent, mais un léger grattage suffit pour l'en détacher.

Cette couche se rencontre chez tous les vertébrés que nous avons déjà cités, mais c'est chez l'homme qu'elle se voit le mieux. Quelle en est la signification? M. le docteur Graefe (3) pense qu'elle n'a nullement la signification physiologique d'un épithélium : il propose d'appeler ces corpuscules cellules inlra-capsulaires et les considère comme servant au développement des tubes du cristallin ; mais, suivant nous, il ne les distingue pas assez d'avec d'autres cellules qui ont cette destination. M. Charles Robin (4) pense qu'il est impossible d'en méconnaître la nature épithéliale et nie qu'elles contribuent à la formation des libres cristallines. Nous examinerons ce point en traitant du cristallin.

Nous avons examiné la capsule depuis la naissance jusqu'à l'âge le plus avancé, et nous n'avons aperçu aucune différence notable; dès que le fœtus est sur le point d'avoir terminé sa vie intra-utérine, il n'y a déjà plus de traces de vaisseaux, du moins à l'état normal, dans cette partie. Nous n'y en avons jamais observé non plus à l'état pathologique, ainsi que nous l'exposerons tout à l'heure.

En résumé, l'organisation de la capsule cristalline est des plus simples, puisqu'elle ne se compose que d'une membrane basique semblable à une lamelle de verre et d'un épi-

[(1) IIusciiKK. Encyclopédie analomiqiic. Splanchnologie, p. 696-97.] f(2) Desmahres, Ioco cilalo, p. 53-50.] [(5) Ibid., loc. cil., p. 57.] [(4) ll)id., p. 55.]

'^'^ CATAnACTR.

lliélium propremenl dit. Il esl facile de prévoir ti.éoriqucmenl que les alléralions n.orlml,. do.venl en être également peu complexes : c'est ce que démontre l'expérience

2» Étal pathologique.

Avant tout la cataracte capsulaire existe-t-elle ? Jusqu'à M. Malgaigne, celle question n en n'était pas une. Comme on s'imaginait que les stries opaques et superlicielles par les quelles déhutent presque toutes les cataractes, siégeaient dans la capsule, on adniettaU comme très communes les cataractes capsulaires, ou plutôt les calaracles capsulo-leiiticulaires, tant antérieures que i)ostérieures. Le célèbre chirurgien a irréfutablementdémoiitré l'erreur que l'on commettait en jiigeanl de l'état des choses par l'examen du cristallin en place et dans l'œil vivant, et l'anatoniie jjalhologique esl venue, en grande partie au moins confirmer ses assertions. Mais M. Malgaigne a élé trop loin ; ai)rés avoir rendu au cristallin ce qui lui appartenail, lia nié complètement l'existence de la cataracte capsulaire"

Au point de vue chirurgical et pratique, la question n'est pas discutable. Oui, les deux moiliés de la capsule, la postérieure très rarement toutefois, peuvent se recouvrir de divers dépôts qui les rendent opaques, formant à la vision un obstaclequi doit être écarté par des procédés spéciaux.

On peul par conséquent admettre des cataractes capsulaires. Mais au point de vue pathologique et de l'analomie exacte, il n'en esl peut-être pas tout à fait de même. Nous avons disséqué et examiné au microscope trente-cinq cas de capsules opaques, et toujours il nous a paru évident que l'altération do la transparence était consécutive à l'innammalion de Tins ou des cliambres de l'humeur aqueuse, inflammation soit spontanée, soiiie plus souvent traumalique, et surtout consécutive à l'opéralion de la cataracte. C'est même exclusivement à la suite de celle opération que nous avons trouvé opaque la moitié postérieure de la capsule.

Ces altérations de la capsule nous ont paru toutes de la même nature: à l'œil nu, elles ne consistent que dans l'épaississement et la perte de la transparence delà mèmbrane. L'examen au microscope révèle que tout cela n'est dû qu'à des dépôts qui se font sur l'une ou l'autre de ses faces, et dont la nature est diverse : fibres cristallines altérées, fibrine, pigment, dépôts calcaires, graisse, qui tous peuvent être séparés de celte membrane, laquelle reprend alors toute sa transparence et son épaisseur normales.

MM. Desmarres, Broca, Richard, et surtout Charles Robin, qui ont étudié au microscope les opacités capsulaires, ne sont point arrivés aux mêmes conclusions que nous. Nous aurons soin d'indiquer les points sur lesquels nous différons d'avec eux.

Ces dépôts se font, avons-nous dit, sur l'une ou l'autre face, quelquefois sur toutes deux; la graisse et les sels de chaux peuvent s'appliquer simplement sur le tissu de la capsule, mais le plus souvent ils se déposent soit dans la librine, soit dans ou sur les fibres cristallines ou surles cellules épiUiéliales qui la recouvrent. Nous avons recueilli des observations détaillées sur toutes ces particularités, mais on conçoit qu'il serait aussi fastidieux qu'inutile de les reproduire en entier; nous nous bornerons à indiquer les particularités les plus importantes de quelques-unes d'entre elles, et comme l'ordre à suivre importe peu, nous débuterons parla première qui s'est offerte à notre examen.

Obs. 478. — Examen d'une capsule cristalline opaque, extraite le 4 octobre '1853, par M. Van Roosbroeck. — Celte membrane esl irrégulièrement repliée en deux, position qu'elle reprend lorsque, après l'avoir redressée, on abandonne la membrane à elle-même. Étalée et mesurée, on lui trouve un diamètre de sept millimètres et demi; dans un tiers environ de sa circonférence, elle a été suivie par une bande très-mince et transparente, ayant jusqu'à quatre millimètres de largeur et constituée très évidemment par une portion de la capsule postérieure.

Quanta la capsule antérieure, elle est perforée à son centre par une ouverture irrégulièrement ovalaire et qui s'étend au tiers de son aire environ. Cette membrane est très épaisse, puisqu'elle n'a pas moins d'un millimètre, d'une couleur jaunâtre, tachetée de

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE l'aI'PAUEIL CniSTALLlNlEN .

,..,v mi trois petits points d'un blanc laiteux; la face antérieure est assez unie, mais la l'istéSire est concave et tomcntcuse. Elle est coriace, résistante el crie sous les ciseaux

''"il'vtnïnée?" microscope, elle parait formée de lamelles supci'|)Osécs el com|)osée de m,r,'s ce (lui lui donne l'aspect que |.réscnle le tissu de la cornée. Llle a perdu toute 1 ence, ce qui semble dû d'abord i'i une teinte .l'un gris jaune séneralemenl répandue, ' „ grand nombre de granules amorphes, .pii ne cl.ansenl m par l'acide acétique, ni 1 potasse caustique, el qui sont inlillrés dans l'épaisseur de ces lamelles. U-peiu ant, , "aminé successivement plusieurs fragments, el ayant constanin.eiil remarqué que a îï io correspondant à la circonférence de l'ouverture centrale était beaucoup plus îince el formait une bande étroite parfaitement transparente qui conlraslail avec opacité M reste il nous vint à l'idée de gratter avec une aiguille. Nous vîmes alors se delaclicr ,1e nombreuses lamelles; puis, examinant de nouveau au microscope, nous reconnûmes : 1. nue la capsule était parfaitement transparente cl avait son aspect normal, car elle ressemblait, trait pour trait, à une capsule saine que nous examinâmes com|)aralivenicnt; -lo que les lamelles opaques étaicnl constituées par des débris du cristallin, reconiiaissables aux libres, dont quelques-unes claicnl très apparentes : celles-ci étaient jaunes cl iiililiréos de granules. iNous avons recommencé, toujours avec le même résultai, celle expérience sur cinq ou six fragments de la capsule; nous n'avons aperçu qu'un ou deux débris ,|u'on piit rapporter aux cellules qui siègent ù la face interne de celle membrane à l'clal sain. Malheureusement, nous n'avons pas retrouvé les fragments présenlant les petites lâches laiteuses, de sorte que nous n'avons pu constater si elles siégeaient ou non dans la capsule.

Ici, on le voit, l'opacité était simplement produite par l'application de fibres cristallines altérées à la face postérieure de la capsule. Voici une autre observation où, indépeiidamiiient de ces nbres, il existait un dépôt considéralde de sels de chaux.

[Fig. 52 ]

a. Poudre et cristaux arrondis, imparfailement formés de carbonate de chaux, provenant d'un cristallin dit pierreux.

(Gross. 350 diam.)

[Fig. 33.]

b. Capsule cristalline qui a repris sa transparence ; d, couclic de fibres cristallines et c, de cellules épilhéliules altérées.

Oba. 479. — Elle a été fournie par l'un de nous, M. Warlomont. Le 31 mai 1834, il procéda à l'extraction d'un cristallin luxé depuis plusieurs années dans la chambre anl(>rieure de l'œil d'un homme qui, depuis celle époque, éprouvait des douleurs intolérables qui le décidèrent enfin à réclamer l'opération. Le cristallin extrait était d'une durelé pierreuse et d'une teinte légèrement jaunâtre; la portion antérieure de la capsule cristalline, •'gaiement jaunâtre el encroûtée de sels calcaires, recouvre la face antérieure du cristallin qui a à peu près son volume ordinaire; en arrière, la capsule manque el la lentille baigne à nu dans l'Iiuineur aqueuse. La capsule paraît épaissie el opaque dans toute son étendue, cl ne se détache qu'avec peine. L'examen microscopique démontre que celle opacité est

CATARACTE

produile : d» par unecouclio de sels calcaires, dans laquelle lecarbonale de chaux figure • pour une bonne pari, car ils se dissolvciil dans l'acide chlorliydri(|ue avec une vive effervescence. Ces sels do cliaux sonl déposes soil sous la forme de poudre amorphe, soit sous > celle de cristaux arrondis incoinplélemenl formés comme ils sonl représentés (fig. 3«2). 2" Par une couche de libres cristallines ratatinées, d'abord intimement appliquées contre la * face interne de la capsule, mais mises à nu, ainsi que les débris de la couche épitliéliale e qui étaient enfouis sous le dépôt calcaire. On peut dépouiller la capsule de tous ces t éléments et lui rendre sa transparence: c'est ce qu'on a représenté ((ig. 38).

Ces libres et ces cellules s'éloignent beaucoup de leur texture primitive. Cependant, i| y avait çù el là quelques débris qui ne permettaient pas d'en méconnaître la nature. '

Dans le cas suivant, l opacilé apparente était due, outre les débris altérés du cristallin, à un dépôt de fibrine.

Obs. 480. — Il s'agit d'un homme chez qui une plaie pénétrante de l'œil a divisé la cornée prés de sa continuation avec la sclérotique vers l'angle externe. La pupille déformée est venue contracter des adhérences avec la cicatrice ; le cristallin paraît avoir été résorbé el sa capsule d'un blanc jaunâtre, complétenient opaque, obstrue l'ouverture irrégulière de la pupille. Celle capsule est adhérente, d'une part, en liaul et en dedatis, à la petite circonférence de l'iris, de l'aulre, en bas et en dehors, à la cicatrice. Il y a de longues années que ceci s'est passé, mais comme l'autre œil était resté bon, on n'avait rien tenté. Une taie étant survenue sur l'œil resté d'abord sain, le malade est venu réclamer les secours de l'art.

M. Van Roosbroeck incise la cornée avec un couteau à cataracte au niveau de la cicatrice, puis il essaie d'introduire la petite pince à canule pour extraire la capsule opaque; mais l'adhérence de celle-ci aux environs de la plaie s'y oppose. Il cherche à rompre celle adhérence à l'aide d'une aiguille ù cataracte ; il y réussit, car tout à coup on voit disparaître la capsule avec la rapidité d'un ressort qui se détend -jla pupille reste libre et l'opéré s'écrie, dans les transports de la joie la plus vive, qu'il voit parfaitement.

Malheureusement, cet heureux résultat ne se maintint pas; du sang s'épancha dans la chambre antérieure et, bien qu'il ne survînt aucun symptôme d'inflammation intense, une exsudation plastique eut lieu : elle s'organisa peu à peu el ramena la capsule en travers de l'ouverture pupillaire. Quand tout travail d'irritation eut cessé, M. Van Roosbroeck inlroduisil une aiguille à cataracte à travers la sclérotique et essaya, mais vainement, de dégager la pupille. Aucun accident ne se produisit, mais la pupille ne fui point dégagée. Quelques jours plus tard, il fallut pratiquer une incision à la sclérotique , ce qui permit d'introduire de petites pinces qui saisirent et entraînèrent la capsule opaque.

La portion extraite est jaunâtre el laclietée de rouge obscur; elle est coriace el crie quand on l'incise avec des ciseaux. L'examen microscopique permet de constater qu'elle est composée en grande majorité de fibrine, telle qu'elle se trouve dans un caillot sanguin, c'est-à-dire légèrement jaunâtre el formant des fibres mal définies, torlueuses el irrégulièrement parallèles; certaines portions sont colorées en rouge ou en brun noir, d'autres infiltrées de petits granules. On distingue au milieu de cette masse fibrineuse des portions de la capsule. Au premier aspect, celle-ci semble opaque, parsemée de granules jaunâtres el composée de lamelles et de fibres irrrégulières: mais par le grattage on la débarrasse de ces éléments qu'on reconnaît pour des fibres cristallines : elles sont ratalinées, infiltrées de granules etofîrenl une teinte jaunâtre générale. On distingue aussi quelques débris de cellules épithéliales de la face interne infiltrées de granules. Ainsi nettoyée, la membrane reprend toute sa transparence el l'on n'y aperçoit aucune trace de vaisseaux.

La fibrine déposée au-devant de la capsule intacte et n'y adhérant que fort peu, constitue quelquefois seule toute l'opacité.

Obs. 481. — Il s'agit de l'œil d'un jardinier, âgé de SB ans, et qui nous a été remis par M. Lanthier. interne au Grand-Hospice. En l'ouvrant, on reconnaît que toule la circonférence de la pupille est adhérente à la face antérieure du cristallin. L'adhérence, qui se déchire à la moindre traction, paraît s'être formée pendant que la pupille élait assez largement dilatée, car elle s'insère au pourtour d'une niasse de lymphe plastique déposée à la face antérieure de la capsule cristalline dont elle occupe les deux tiers de la superficie. Celle petite masse forme une saillie d'un blanc grisâtre d'un millimètre d'épaisseur. La

ANATOMIE PATIIOl.OtilQl'K 1>U l/ APPAREIL CRISTALMNIEN . 319

„wnlc n'a suhi aiicuiio solution de conlinuilé : elle conlienl un cristallin opaque dont nous Cnns nar la suite: sa portion supérieure olVre à l'œil nu sa transparence Habituelle; 'u n " l'antérieure, elle paraît opaque, niais on n'a qu'à en porter un fragment sous le

[Fis- 3^-]

a. Capsule crislallinc; 6, dépôt de flbrinc qui s"en est séparé. (Gross. 70 diam.)

microscope pour constater que l'épaississement et l'opacité ne sont dus qu'à un dépôt de librine. il suffit d'une légère pression sur la lamelle de verre qui recouvre la préparation pour voir les deux substances se séparer comme on l'a représenté fig. 34. Celle observation démontre qu'au boutd"un temps fort long les adhérences de l'iris à la capsule peuvent n'avoir encore que fort peu de solidité et laisser prise à l'action curative de Fart. Nous n'avons point de renseignements précis sur la durée de l'affeclion dans ce cas, mais elle a dû être longue, car cet homme n'a été admis au Grand-Hospice que comme incurable.

Au reste, les adhérences de l'iris à la capsule ne sont malheureusement pas toujours aussi peu marquées; la plupart du temps, elles sont beaucoup plus intimes, et alors, si l'on parvenait à les détacher, outre d'autres causes d'opacité, la transparence sérail troublée par le dépôt du pigment de l'uvée.

Obs. 482. — Jeune homme de 23 ans, affecté d'alrésie pupillaire avecsynéchie postérieure. M. Van Roosbroeck l'opère par le procédé de Wenzel; nous pouvons ainsi examiner soigneusement la capsule et la portion d'iris qui y adhérait. Celle union était très intime; elle ne céda qu'avec dilTiculté aux tractions, et quand la séparation fut 'Sopérée, on ne vil sur la cajisule, au point correspondant Fragmcmdecapsuie o» ron voit en qu'un dépôt pigmentaire représenté fig. 35. Ce n'était pas! n^;';^::^'^^::"^^;*^»?^.,'au reste, la seule cause qui masquât la transparence de la ■'"'^ <'•'= i'"'"'- (^'•'"ss. vo .liam.) capsule; il y avait à sa surface un dépôt de fibrine fortement adliércnle, encroûtée çà et là de carbonate calcaire et inliltrée de granules de graisse jaune. La lig. 36 en représente la partie la moins surchargée; on voit par la fig. 37 que la capsule a pu être nettoyée, mais

Poi-tion (Ipciipsuiccrislayinc. Lespoinis Fr.ismi'nt du ni(>m(> morcpou Irnilé par

les plus opiiqu('s solU fornK's par du car- l'acide clilofliydi'ique qui a dissous le car-

bonati^ calciiirc; le resie l'si ,ie la librine bonale calcaire el permis de scparcr la

cpanciiée sur la face externe de la capsule. fibrine c de la capsule d qui a repris sa

(Oross. 70 diani.) transparence.

fibrine élailen mointire quanliléet où prédominaient les sels de chaux; c'est ce que nous avons représenté fig. 38 el 39.

Obs. 483. — M. Van Roosbroeck extrait, à l'aide d'une incision à la sclérotique, une capsule de l'œil d'un homme, âgé de 55 ans, où elle formait obstacle à la vision. Cet

ANATOMIIC l'ATIlOLOOIQlili DE l/APP.VnEII, CRISTALLINIEN.

,,o,„nu. nrcUcKl qucl'clal de son œil csl loi depuis 30 ans et qu'il n'est point dù ù Sn'iu'o irauninlique. La capsule est Ininsparente à certaines places, a d'aulrc!, eîeroiiloe de sels calcaires. Elle ressemlile beaucoup a un débris de coquille d'œuf. Les points ««, flg. -40, qui sont marqués en blanc, sont des points où les sels calcaires liguiaienl l'écaillé, bb, quiressortenteii noir, des points où la capsule, ayant conservé sa transparence, représente la nionibrane iiileriie de l'écaillé d'œuf.

Quand on porte sous le microscope une parcelle prise dans la portion qui parait la plus opaque, on n'aperçoil qu'une petite masse irrogulière, interceptant « 6

a b [l-'iiî.'l-O.]

na, l'oints où la capsule csl le plus chargée île sels eiilcaires; bb, parlies où l'Ile a conservé sa Iransparence. (Vue à la loupe.)

[l'ig- 59.]

Portion de la préparation de la flg. 38 grossie à ôaO diamètres pour faire mieu.x voir les cristaux, incomplêlement formes de carbonate de eliaux, et les granules graisseux.

complètement la lumière. Mais en ajoutant une gouttelette d'acide clilorLydrique, on voit se produire une vive effervescence; puis, lorsque les bulles de gaz se sont dissipées.

[ris- il.] [Fig. tâ.]

Portion de capsule d'abord encroù- Autre portion de la même capsule Irailéo de même : on v voit

l^e de sel calcaire; elle a lilé traitée par en i îles granules de graisse, et en j des cellules epillie'liules I acide cliiorliydritiue; on aperçoit en h contenant également une graisse jaune. (Gross. 550 diam.) ili'S cellules opilheliales altérées et conlcniint de lu graisse. (Grossiss. 70 dioni )

on reconnaît nettement la capsule aux caractères qui lui sont propres. On voit alors que l'opacité appareille de la capsule était due à des sels calcaires qui la recouvraient, à des granules graisseux, à des cellules épilhéliales altérées et innitrées d'une graisse jaune. (Voir lig. 41 et 42.) La pression ou le raclage à l'aide d'une aiguille à cataracte délaclie ces derniers éléments, et la membrane reprend toute sa transparence.

CATAIUCTE.

L'aculc clilorhyilriquc esl cerlaiiicnioiil le iiuMlIcur nincUr ù employer pour rcconiKiilre 1 oliil lie la capsule : il dissout proiîipleineiil les sels calcaires qui |)cuvciil l'eiicroù- -

1er; il raiiiullii lu i)rine,elcoiiiiiie il fait i crisper la iiieiiiljraiie, il (lécliire les aiJlié- reiiccs qui i uiiissent i à la fibrine : la plu- liarldulenips, ilsulini alors de la moindre ( pression pouracliever (le la nelloyerenlièremeiil. Il est vraiment curieux de voir avec quelle rapidité une gouttelette de cet acide débrouille les parcelles oH'rant en apparence les altérations les plus compliquées.

Obs. 484. — La lig. 43 représente une parcelle de capsule extraite de l'œil d'un adulte. Il y avait eu autrefois plaie pénétrante qui avait intéressé le cristallin et la capsule; 'la lentille avait été résorbée, niais la capsule altérée flottait dans l'ouverture pupillaire et mettait obstacle à la vision : d'où la nécessité de l'extraire. Certes, au premier aperçu, elle paraît très altérée, on voit en aaa de nombreuses lignes qui ressemblent bien aux rayures du verre, dont MM. Gliarles Robin et Broca ont parlé. Eli bien, il a suffi d'une gouttelette d'acide pour voir les sels calcaires se dissoudre avec effervescence, la fibrine dont nous avons représenté une portion (fig. 44) se séparer de la capsule, puis les replis de celle-ci, qui constituaient les rayures, s'éla- 1er et disparaître; de sorte qu'en définitive il n'est plus resté qu'une portion de membrane aussi peu altérée et aussi transparente que si on l'avait enlevée du cristallin le plus normal.

Dans la description que nous avons donnée de la capsule à l'étal normal, nous avons nié, contrairement à ce qu'avance

Couche de nbrine provenant delà préparation r.;pré-]\I fj)a,.|es RobiU, qUC ICS pliS fomiéS par

(Gr'J^^s.t.olilT''""'' ''^'"^"'^"^^'""'^a capsule fussent toujours d'une netteté

parfaite. Cet habile micrograplie considère comme une altération de la capsule les lignes qu'on aperçoit quelquefois à sa surface; il les compare à des rayures sur une plaque

[Fig. 4.5.]

aaa. Lignes indiquant la capsule ralalince ctplissiie; bhh, couclie

épaisse de fibrine carbonate calcaire.

qui y adhère; cce, (Gross. 70 diani.)

points où elle esl encroûtée de

ANATOMIE l'ATIIOLOCiigi K UE L AI'l'AUEIL CRISTALLIMi; N .

iP verre M Brocii partage celte opinion cl fait usage des mêmes expressions; il a donné de CCS lignes une ligure reproduite dans le traité de M. Desmarrcs. Nous regrettons de nous trouveren opposition avec deux analomo - patliologisles aussi distingues, mais c'est lù une l'orme d'alléralion de la capsule que nous avons fréquenimcnl rencontrée, ce qui nous a permis de l'éludicr et de l'interpréter autrement qu'eux. Nous avons déjà représente ces lignes , lig. 43.

Nous en donnons d'autres préparations lig.

45 et -16.

[rig. 4S.]

Portion (le cnpsulc liicliclfi' par un <lép<)l <!.' pigment et offrant des rayures qui ne sont aulre chose que des plis. (Cross. lU di.nm.)

Obs. -485. — Elles proviennent d'un cnfanl de iO ans, allcint de cataracte congéniale et opéré des deux yeux, par broiement. Sur l'un des yeux, la pupille s'est bien éclaircie ; sur l'aulre, après l'absorption du cristallin, la capsule, opaque en apparence, nollail dans les chambres de l'œil : on voyait distinclenient qu'en un point elle avait conlracté des adhérences avec l'iris. Une incision à la cornée permit l'inlroduclion de petites pinces a l'aide desquelles la capsule fut saisie et extraite; elle étail constituée par la plus grande partie de la capsule antérieure, offrant diverses altérations; nous en avons représenté quelques-unes, lig. 45, 46, 47 et 48.

[Fig. 46.

[Fig. i7.]

Portion de la même c.ipsule ; an plis et lâches lie pigment de l'uvée, Ob flbrine.(Gross. 70diam.)

Portion de cnpsiile recouverte de fibrine légèrement cncroiilée de sels de chaux. (Gross. 70 diam.)

L'acide chlorhydrique a dissous les sels de chaux, ramolli la fibrine qu'on a pu séparer; la pression a alors, la plupart du temps, sulFi pour détaclier les replis de la capsule qui avaient été soudes ensemble par la fibrine ; quand la pression ne réussissait pas, on y arrivait en raclant légèrement avec une aiguille à cataracte. A mesure que la capsule s'étalait, on voyait disparaître les rayures. Quelquefois il suffisait d'exercer ou de suspendre alternativement la pression pour voir les rayures disparaître quand la capsule s'étalait pour

CATAUACTi:.

reparaîlrc lorsque, pnr son iMiisUcilé, ollc n;vonail à sa i)remière forme. Quand, au lieu u d'un faible grossissement, on emploie celui de 350 dlamèlres, ou reconnail sans aucune \

préparation que ces |)r(!leudues rayures ne sont que des s replis de la caijsule, soudés ensemble par de la fibrine. ; M. Cliarles Hobiu n'indique pas de quel grossissenicnl j| i s'est servi; niais(iuanlà M. lîroca, il ressort de sa ligure, .; (|tii est très exacte, (lu'il a eni|)l()yé un grossissement de s 70 diamètres. Qu'on la coni|)iire en effet à noire lig. 4?;, et i l'on verra qu'il y a presque identité. Mous avons essayé plusieurs fois de faire retracer la même préparation à un 1 faible grossissement, puis à un plus fort, mais mallieureu- ■ sèment le dessin a toujours été impuissant à reproduire î l'aspect qu'on observe alors. On peut bien retracer les ! lignes, mais ce q.u'on ne peut rendre, c'est l'eirel produit l par la lumière traversant ces plis.

Voici eniin un cas dans lequel les deux moitiés, anlé- • rieurc et postérieure, de la capsule étaient opaques et où i se trouvaient accumulées toutes les causes qui troublent . d'ordinaire la transparence de ces parties.

[Fig. 48.]

Fibrine provenant de la prépa- Obs. 486. — Le 4 novembre 1836, M. Vau Roosbroeck ration lig. 17. (Gross. 550 iiiara.) ,)oj,s remet uuc capsulc cristalliue provenant de I n'il d'un homme opéré six mois auparavant, par extraction, d'une cataracte lenticulaire. Prolapsus de l'iris après l'opération et inflammation qui se termine par l'occlusion de la pupille normale. On pratique une pupille artificielle par excision et l'on extrait en même temps la capsule opacifiée.

Il est facile de reconnaître que les deux cristalloïdes ont été extraites. L'antérieure est épaisse de plus d'un millimètre, coriace, résistante et criant sous les ciseaux lorsqu'on l'incise ; elle est d'une couleur gris-jauniître sur laquelle on distingue de petites taches blanchâtres, crayeuses, et çà et là de petits points noirs comme le pigment de l'uvée.

La postérieure, qui a conservé son épaisseur et en grande partie sa transparence, offre, par places, des amas de petits points blanchâtres visibles surtout à la loupe.

Au microscope, on reconnaît que l'opacité et l'épaississement delà cristalloïde antérieure i sont dus : 4° à une couche épaisse de lymphe organisée, semblable à celle que nous avons déjà décrite plusieurs fois; 2» à une couche de libres cristallines si parfaitement con- ; servées quanta la forme, que l'on diraitqu'elles proviennent d'un cristallin tout fraîclieraent t extrait; elles présentent, au reste, les altérations propres à la cataracte et que nous décrirons plus loin ; 3» des grains et des granules de phosphate et de carbonate de chaux; i 4" des gouttelettes graisseuses jaunâtres, dont quelques-unes siègent dans des cellules i épithéliales altérées; 5° du pigment de l'uvée qui constitue les taches noires dont nous ; avons parlé; 6» des plicatures nombreuses qui, à un faible grossissement, ressemblent à des rayures.

A l'aide des moyens que nous avons déjà indiqués, on débarrasse la capsule antérieure I de tous ces éléments étrangers et on lui rend sa transparence naturelle. Elle n'offre ni i amincissement, ni petits creux ayant logé les sels calcaires, et si toute trace de cellules t épithéliales n'avait pas disparu, on ne la distinguerait pas d'une capsule normale-

Quant à la cristalloïde postérieure, elle n'offre plus aucune trace de cellules; une goutte d'acide chlorhydrique dissout avec une assez vive effervescence les sels calcaires qui la recouvrent. Ceux-ci laissent un petit résidu grisâtre amorphe, mais qui, lorsque l'on presse sur la petite lamelle de verre qui recouvre la préparation, se détache et flotte, laissant la capsule parfaitement nette et transparente.

Nous avons dit qu'à l'état normal nous n'avions jamais observé de vaisseaux dans ou sur la capsule, à partir delà naissance; nous n'en avons jamais observé non plus à l'état pathologique, ni dans la capsule, ni dans la fibrine qui la recouvre, même lorsqu'il existait d'anciennes adhérences. Il est probable que, s'il s'en développe quelquefois, cela ! doit être rare, car parmi les cas observés par nous, plusieurs présentaient les conditions | les plus favorables au développement de vaisseaux nouveaux, comme dans l'observation j suivante :

ANATOMIE PATIIOI.OOIQIIK I)K l'aITAUEIL CUISTALLINIEN . 5*2;)

ç M Van Roosliroeck nicrciiiil un œil qu'il aviiil été oliligé d'extirpor à un pnfmU clc" dix ans, ù cause de la saillie considérable qu'il fonuail entre les paupières et de vioienles douleurs (lui en résnltaienl. I.'alléralion, au reste avait lellenienl changé l'aspect de l'organe, qu'il - i.jH méconnaissable et (|u'on pouvait craindre une allec- (ion cancéreuse. L'examen niicroscopi(|ue lit reconnaître au'il ne s'agissait que d'une aCreclion inHaniniatoire de toutes les parties de l'œil; nous ne reproduisons que ce nui a trait h notre sujet. Les procès ciliaires rornienl un cercle épais, d'un blanc gi-isàtre, aspect dû à de la lymphe plasliqne qui les rénnit tous et les confond en une masse unil'ornie adliéronle à toute la circonféroiu'.e de la capsule et s'étendant au-devanl d'elle. Le crislallin n'existait plus, il s'était échappé probablement lors de la ruplure de la cornée, qui avait eu lieu ù une époque éloignée. 1-es fragments de la cajisule portés sous le microscope, on peut constater que l'épithéliuni de la face profonde a disparu et qu'il existe des points et des taches opaques sur la face superlicielle (voir lig. 49 et 50). Ces opacités sont dues ù de petits fragmenis de lymphe plastique qu'on en sépare ù l'aide de l'acide chlorhydrique; mais nulle part il n'y a de trace de vaisseaux.

En examinant des slaphylômes opaques de la cornée, nous avons constaté plusieurs fois, particularité qui n'a encore, croyons-nous, été indiquée par personne, qu'une portion de la cajtsule cristalline suit l'iris dans l'épaisseur de la cornée dont elle vient combler la brèche. Dans celle altération, il se développe de nombreux vaisseaux dans la cornée, membrane qui n'en contient pas non plus à l'état normal; on voit ces vaisseaux venir s'anastomoser avec ceux de l'iris soudé à la cicatrice: eh bien, jamais en pareil cas nous ne les avons vus empiéter sur la capsule. Nous donnons ici l'observation abrégée du cas, auquel se rapporte la ligure 12. (r.p. 200.)

Fr.T.'.mcnl d'i capsule rend» opaque par un dépùt lllirineux proveiianl iit l'œil irun enlaiit de dix ans. (Oross.

70 diam.)

rrig. 50.]

Id. Même grossissement.

Obs. 488. — D... reçoit en juin 1848, dans l'œil gauche, un éclat de pavé soulevé par un biscaïen. Ce corps étranger reste logé pendant quatre jours dans la cornée et y détermine une vive inflammation qui se termine par la production d'un stapbylôme opaque très saillant, quoique non douloureux. Le 7 décembre 1854, voulant porter un œil artiflciel, il se fait opérer. La portion de cornée enlevée est complètement opaque; son épaisseur est de près de deux millimètres; elle offre une consistance et une résistance aux nstruments tranchants, plus grande que de coutume. Elle est parcourue par de nombreux raisseaux sanguins. Examinée au microscope, on reconnaît que la surface externe est recouverte d'une couche épaisse d'épithélium pavimenteux; celte épaisseur varie suivant les points, mais dépasse de beaucoup les quatre couches stratifiées qu'offre d'habitude la cornée. En-dessous, le tissu lamelleux, d'un jaune grisâtre, parsemé de taches noires, est partout opaque; on n'y reconnaît que dillicilemenl par places la texture fibreuse. En ces points, les fibres n'atîeclent plus une disposition régulière et horizontale ; leurs faisceaux isonl tiraillés dans tous les sens et entremêlés de petites masses amorphes et opaques. Les itaches noires ne sont autre chose que le pigment de l'uvée de l'iris; aussi augmentent-elles à mesure qu'on s'éloigne de la face externe. A la face interne, on aperçoit une notable portion de l'iris qui y est adhérente et vient se confondre progressivement dans la substance de la cornée altérée. A côté de cette portion de l'iris, on aperçoit à l'œil nu de petits mamelons transparents; le microscope démontre qu'ils sont constitués par la capsule 11. 28

CATARACTE

c.risliilline : celle-ci, îullu'i'eriKî î» l'iris cl à la coriicc, a conservé toute sa transparence; mais sa lace prol'onde est (iépoiiilléc de son épilliéliuni. Au niveau du itoiiil où elle se con-i: lond ainsi avec l'iris et la cornée, on aperçoit dans ces deux suljslances de nonibreuxi» vaisseaux sanguins qui s'anaslomoscnl entre eux; mais aucun ne parcourt la capsule.

En résumé, la transparence de la capsule peut être troublée :

i» Par le dépôt îi sa surface d'une couche plus ou moins épaisse de lymphe coagulabl on de llhrine; c'est ce qui constitue la cataracte capsulaire pscndo-nieiiibraiicuse d M. Charles Hohin (l); cette llhrine peut être la seule cause d'opacité et n'adhérer qu faiblement à la capsule, à la surface de laquelle elle constitue une couche saillante quif a fait donner le nom de végétante. L'observation 481 (fig. 84) en oITre un bon exemple, (hjaiul la capsule n'a point élé préalablement déchirée par un instrument vulnérant oupanii l'aiguille du chirurgien, la fibrine ne se rencontre qu'à la face iricnne de la membrane ; malsa lorsque celle-ci a élé plus ou moins largement ouverte; lorsque, complélcnientdécollée,ellei^ a notlé plus ou moins longtemps dans les chambres de l'œil où elle a provoqué une inflaiin mation intense, il n'en est plus de même. Alors toutes les faces de la cristalloïde antérieur et même, quoique raremenl, celles de la cristalloïde postérieure peuvent se trouver recou-i, vertes par ce produit au milieu duquel la capsule est comme enfouie. (Obs. 484, fig. 43.)- Celte fibrine est souvent si intimement adhérente à la capsule, qu'on a beaucoup de iieineà . la détacher; elle s'enlève parfois par feuillets successifs, ce qui pourrait faire croire quei' c'est la capsule épaissie qui se laisse ainsi diviser. Ainsi que nous l'avons déjà dil, la^ macération plus ou moins prolongée dans l'acide clilorhydrique esl le meilleur moyen delj débarrasser la capsule. Celte fibrine nous a paru se laisser séparer en lamelles coriacessplus ou moins épaisses, d'une couleur gris- jaunâtre, pâlissant et devenant un peu plusi transparente lorsqu'on ajoute de l'acide acétique, ce qui permet de reconnaître qu'elle ests formée de fibres plus ou moins tortueuses et parallèles, de deux millièmes de millimètre eW même moins de diamètre (fig. 34 et 44); par places, la substance est amorphe et commeit grenue. En un mot, elle ne diffère en rien de la fibrine qui s'épanche dans toutes leshifiammalions oculaires. Le plus souvent, elle esl incrustée de sels calcaires, recouverlei. de pigment de l'iris et contient au moins des granules graisseux.

M. Charles Robin (2), qui l'a étudiée avec le plus grand soin, en donne la description'»

suivante : I

« Le produit nouveau esl constitué par une substance de nouvelle formation que nousii « appelons, pour abréger, pseudo-membrane, bien qu'elle n'ait pas les caractères desr « éléments propres aux tissus connus sous ce nom. C'est une substance assez dure, se dila-i! « Gérant pourtant avec une certaine facilité et toujoursdans le même sens : elle est incolore,e « transparente, remarquable par son aspect strié. Ces stries sont parallèles, et c'est dans»' « le sens de leur direction que s'opère la déchirure; elles sont d'ordinaire rectiligiies,>

quelquefois onduleuses. Elles donnent à la substance l'aspect de fibres, ou mieux, del. « nappes du tissu cellulaire ou lamineux. Mais ce ne sont pourtant pas là les élémelitsi « réels de ce tissu, car l'acide acétique fait pâlir cette substance striée, mais ne la rend.

pas homogène, tomme il le fait pour le tissu lamineux proprement dil, en gonfiant n « rendant cohérentes les fibres elles-mêmes. »

<9o Par le dépôt de sels calcaires, phosphate et carbonate de chaux, ce qui constitue l;i seconde espèce de cataracte capsulaire admise par M. Charles Robin, cataracte capsnlam plwspluUique. Notre observation 483 en esl un exemple (voyez fig. 32, 38, 39, 40). Ces sels de chaux se trouvent, ou étroitement appliqués sur la face irienne de la capsule antérieure quand celle-ci est intacte, ou sur ses deux faces quand elle a été ouverte, et alorsaussi sur la face de la cristalloïde postérieure qui se trouve en contact avec l'humeur, aqueuse. De ce que nous avons observé, nous sommes portés à conclure qu'il se passe ici >

[(1) De l'analomle palhclogique des calaraclcs, par Cu vnr.ES Ro.mn; inséré dans le lomc lil du Trailé des maladies des yeux de M. DESMAnniiS, S» édition, 1835-18oG.] [(2) Loco cilalo.]

AN.VrOMIE PVniOLOGIQlIE DK l/.VPl'AUlilL CULSTALLIMEN . Ô!27

. „i,^!„oniùiie que i.our l'ui iiic diii ne laisse déposer ses sels qu'alors qu'elle se " "^^^^.^^^ l ^ ^ «m.quouse que celle des voles urinaires, ou lorsque celle-n

i^rr a n la ie. Tant que la face cMornc de la capsule aulérieure, qui est '1.^«o^ d S t hai^ner lans l'iunncur aqueuse, reste saine, les sels .,nU.,us S Î c ^'oposenl point sur sa snr^.ee; n.ais, dès que celle-e. a été altère.a m i ulre parcelle c e IvuM-l-e plastique qu'y dépose l'innamn.at.on des c ambres de S les se précipitent sur elle. Q.n.nd le sac capsnlaire a été ouvert, l'hun.eur

an eu se trouve en contact avec des surfaces qui n'ont point été disposées pour cela, t ÏÏT^iMeudanceà la précipitation des sels. Cette tendance ^^YT^T^

ce PO térieure de la cristalloïde antérieure; c'est pourquoi tous les anil.eaux de celle S qui restcl dans l'œil à la st.ite des opérations de cataracte ^cviennen j us o mo paq es, ainsi qu'on peut s'en assurer en dilatant forten.enl la pupille a 1 aide de . Sdone ur lé vivant et par l'esamen anatonm,ue sur le cadavre, lille l'est peu pour la a ntéricure de la cristalloïde postérieure, surtout tant qu'il ne survient pas d ... ani- I ion dans les clu.u.l..-es de l'œil ; c'est pou.-quoi les cataractes capsulaires secondaires cié^eanl dansla cristalloïde postérieure sont ra.-es. Celte tc.da.ice existe nea.in.oins; nou.s

vonsol.sei-vé le dépôt dcg.'anules calcai.'es sur celte capsule cl après la .norl et pe.idant la vie iNous avons pu, en effet, ù l'aide de roplitUalnioscopc, apei-cevoir ces g.'anules sur la face anléi-ieure de la capsule poslé.'ieu.-e cliez une personne qui, ayant ete opérée de la cataracte par divisio.., avait joui d'une bonne vue pendant plus d'u.i an. Au bout de cet espace de temps, un nuage avait commencé à s'étendre sur ses yeux, el, comme la pupille paraissait nette à l'œil nu, on craignait un commencement d'amaui-ose. L'examen opl.tlialmoscopique permit de reco..iiailre sur la capsule postérieure la présence d un grand nombi-e de granules très petits, dont l'existence rendait sufTisammenl compte de 1 altération de la vision. 11 est bon d'ajouter qu'il y avait eu sur cet œil, lors de l'opéralio.., une inOammalion légère de l'iris.

Ces sels calcaii-es se déposent encore beaucoup plus r.'équem.ifient dans l'épaisseur des fausses membi-anes et des couches de fib.-es cristallines do..t les capsules opaques sont le plus souvent doublées.

Ils se déposent, sous forme de granules plus ou moinsrégulièremenl arrondis, d'un à six millièmes de millimètre environ; ils sont jaunàt.'es, réfractent fortement la lumière, de sorte que lorsqu'ils sont un peu gros, ils ont un contour très marqué el le ce..tre très clair (voyez lig. 39); ils sont ou accumulés les uns à côté des auli-es, de manière à former une tache saillante blanc-grisâtre qui inte.-ceple complètement la lumière (voyez fig. 38 et 43), ou isolés et séparés par des intervalles dans lesquels la capsule est transparente, ou bien i-éunis par deux, trois, quatre ou plus, formant des rigu.'es plus ou moins l'égulières. (Quelquefois ce sont des amas donnant lieu à une apparence de cristaux arrondis granuleux et un peu confus comme ceux du carbonate de cliaux (voyez fig. 32). Cette substance est insoluble dans l'étlier, ce qui la dislingue de la graisse; elle se dissout lentement, el incomplètement dans l'acide acétique, rapidement dans l'acide clilo.'liydrique, el sans dégage.nenl de gaz loi'sque c'est du phosphate de chaux, avec dégagetnent de bulles que nous avons souvent vues très abondantes, lo.'sque c'est du carbonate de chaux. C'est le seul moyen de distinguer ces deux sels, à .noins que l'on ne trouve, co.Ti.iie cela est parfois ari"ivé à M. Charles Robin, des cristaux prismatiques bien formés de phosphate de chaux. Cependant, la flg. 32nous pai-aît représenter surtout l'aspectdu carbonate de chaux, à en juger, du moins, par le dégagement considéi\ible de bulles qui s'est formé dans ce cas, et les granulations de la fig. 39 le phosphate de chaux. Après la dissolulion I de ces sels, lorsqu'ils incrustent une portion de la capsule qui n'offre aucune portion ap- \ parente de fausse men.l).'ane, il reste le plus souvent un l'ésid.i grisâtre gi'cnu, que nous 1 croyons de natu.-e oi'ganiqne et la conséquence d'une i..nammalion des cliambi'cs de l'œil, 1 ù la suite de laquelle s'est déposée cette gangue, sans laquelle les sels de ciiaux ne se se- ' raient point précipités sur la capsule.

CATARACTE

3» Par le dépôt de fibres crislalliiies. Ces lllires sont plus ou moins, reconnaissables > {V. ol)s. 478 et fig. 33), toujours plus ou inoins enveloppées de lympiie plastique, et quel- - (luofois de sels de chaux (V. ohs. 479). Quand elles sont entières, elles offrent les inèniesr. altérations que celles que nous décrirons à propos do la cataracte lenticulaire.

-l» Par le dépôt de pigment de l'uvée (obs. 482 lig. 85). Ce pigment forme des tacliest' noires et irrégulières , et h un grossissement sullisant onen reconnaît facilement la nature, c On conçoit que c'est à la face irienne de la crislalloïde antérieure qu'il se rencontre sur-v tout, et il y lient souvent fortement; de sorte que l'acide cblorbydrique est fréquemment! nécessaire pour l'en détacher. Quand la capsule a été ouverte, et surtout lorsqu'ellcV a été complètement détachée et qu'elle a flotté dans les chambres de l'œil, on peut en trouver partout.

.^'> Par le dépôt de graisse. Celle-ci se présente sous la forme de gouttelettes qui sont» souvent d'un jaune foncé tirant sur le brun. Le plus souvent elle est inliltrée au milieu del< la fausse membrane-, quelquefois elle paraît directement appliquée sur la capsule (V. flg.j 42, i): d'autres fois enfin dans les cellules altérées de la capsule dont on retrouve pam exception des traces, car ordinairement elles manquent complètement. (V. fig. 4i et 42, j.)

Lorsque nous avons eu débarrassé la capsule proprement dite de tous ces éléments ts morbides déposés à sa surface, nous l'avons toujours trouvée transparente et intacte, sauf i la couche épilhèliale, bien entendu, mais nous croyons devoir la rattacher au cristallin. Il H n'en est pas de même des autres observateurs; ainsi M. Charles Robin, dans le travail annexé à la deuxième édition du Traité des maladies des yeux de M. Desmarres, décrit les allé- ^ rations suivantes du tissu de la capsule :

dans \a cataracte pseudo-membraneuse, « le tissu pseudo-membraneux amincit un i « peu la capsule, soit qu'il la détruise, soit qu'il l'envahisse, en s'y mêlant et la modifiant « d'une manière quelconque. Toujours est-il que cette modification est rendue manifeste « dans cette faible épaisseur par un changement survenu dans la transparence et l'ho- « raogénéité si caractéristiques de la capsule sur toute l'étendue de la portion recouverte « par le dépôt opaque.

« Quant à la substance même de la portion de capsule sous-jacente à la pseudo-mem- « hrane qui y adhère, elle est seulement un peu amincie, ainsi, qu'il vient d'être dit, mais .< elle reste transparente, homogène, limpide, comme dans les portions saines. »

Voilà pour la cataracte pseudo-membraneuse; voici les altérations observées par M. Robin dans la cataracte phosphatique. Après avoir décrit les grains phosphatiques dont nous avons déjà parlé, il ajoute:

« Les OTins isolés siègent sur la surface antérieure de la capsule, et font saillie « moitié dans son épaisseur, moitié au dehors... Ils ne sont pas simplement appliqués à » « la surface, mais ils sont recouverts, à leur face libre, d'une couche de substance delà » .( capsule, épaisse d'un à trois millièmes de millimètre. Aussi ces grains ne se détachent-ils > .( que quand la déchirure vient à passer au niveau même de l'un d'eux... Sur le bord dé- - « chiré de la capsule, on peut voir très manifestement que ces grains sont contenus dans - « une petite cavité à bords très pâles qu'ils remplissent exactement... Après la dissolution « des grains par l'acide acétique, il ne reste à leur place qu'une petite cavité a contours ,< très pâles, mal limités, et quelques grains grisâtres qui semblent représenter une trame « de substance azotée, à laquelle étaient réunis les sels calcaires avant la dissolution. j « De plus, dans cette cataracte phosphatique, les surfaces produites par la déchirure r ,( delà capsule, au lieu d'être nettes et aussi homogènes que du verre nettement cassé. .( sont alors irrégulièrement striées. Les stries sont peu ou pas ondulcuses, très fines et ( « très pâles. Toutes les parties ainsi striées sont remarquables par l'aspect denticulé de leurs bords et par l'aspect lameHeux des lambeaux que présente cette déchirure. .> Quelquefois même par places, celte dernière s'opère avec productions d'excavations ^ « aréoloires, arrondies, conchofdales, etc.. Ces lambeaux lamelleux, ù bords tranclianls, .| sont tantôt eux-mêmes finement striés, tantôt à peu près homogènes. »

AN.VTOMIIÎ PATIIOLOfilQUR DK l/.U'PARRIL ClUSTALLINlEN .

Nmis venons loiil récemnionl ci.coro, le Iruvail tic M. Robin sous les yeux (1;, rt'examinorde nouvelles capsules oi.n.|ues, mais nous n'avons vu que ce que nous avons ÎSécril S'ils'asissaitdui)remierol)sorvateufvenu,i.eut-èlrc,.oMiT,ons-nouspresenler nueiflues oi.ieclions. Mais, outre que tous les laits négatils du monde ne peuvent rien eonlre S positif, devant une autorité eomme eelle de M. Charles Robin, nous ne pourrions 1 eus incliner et reconnaître que nous avons mal vu, s'il n'existait une interprétation rson travail plus satisfaisante pour nous, h savoir : que les altérations décrites par 1 hah le microsraplie ne sont point aussi constantes qu'il le croit, et que tantôt les choses sont comme il le^a vues, d'autres fois au contraire telles que nous les avons observées.

il. — DU CUISTALlilN.

•1" Ètnt. normal.

Le cristallin est composé de couches ou lamelles concentrifiues, toutes plus ou moins solides, mais dont la solidité et la densité vont en ausnieiitant de la superlicie au centre. On donne généralement le nom de couche corticale à la réunion des lamelles les plus superficielles elles moins denses du cristallin. L'épaisseur de celte couche ne peut guère s'apprécier que d'une façon fort arbitraire, car la consistance de la substance cristalline va en s'Mcroissanl par nuances insensibles, ainsi que la teinte de sa coloration, de la superficie a» centre, et c'est cependant par la différence du premier de ces caractères surtout, (|u'on a fixé les limites de cette couche. Nous voyons néanmoins indiquée, comme tiré de Krauze, dans le Manuel de Physiologie de M. Béclard, l'épaisseur précise d'une couche superficielle, d'une couche moyenne et d'une couclie centrale, et, de plus, l'indice de rcfraclion de chacune d'elles. Nous regrettons vivement de n'avoir pas trouvé la description du procédé de dissection employé pour arriver à des renseignements aussi précis, car nous avouons que nous n'en comprenons même pas la possibilité. Peut-être pourrait-on dire que la couche corticale comprend toutes les fibres non dentelées, el le noyau toutes celles qui le sont; mais même en admettant cette distinction, les limites des deux couches restent encore très difliciles à indiquer en chiffres, le grossissement qu'il faut pour distinguer les dentelures des libres ne permettant pas de voir et surtout de mesurer, sur ^ ^ Ji ^ une préparation, le point précis où les unes finissent et où les autres commencent. Néanmoins, quand on fait coaguler un cristallin par la chaleur, l'alcool, une solution de sulfate d'alumine ou de sulfate de fer, etc., on constate qu'il est facile de séparer le cristallin en deux parties, une superhcielle, offrant un millimètre à un millimèlre el demi d'épaisseur : c'est la couche corticale; l'autre a' ]

qui comprend tout le reste de la lentille : c'est le noyau. Il y a tout lieu de croire que celte sépara

Trnnchfl suivani l i'pa isseur il u mènu' crislallin. Il a suffi de la pression du couteau pour que la couche cnriicale I se séparât ainsi du noyau -2.

Crislallin calaracté donila couche coriicale 1 est complélemcni

lation n'est point accidentelle, car elle s'observe l^^Zn "^'"'l'

■ ' gnsalrc, tandis que le

lïéquemment dans les cataractes, où l'on voit noyau 2 a conservé sa

, , , .. , . ,. ., coloration jaune am

toute la couche corticale opaque se séparer lacile- brée et une transpament du noyau resté presque complètement intacl, ainsi que nous l'avons représenté lig. 51, A el B.

[(1)11 csl à rcgreller qu'il n'y iiit point de figures dans le travail de M. Ronm. >lais nos leelenrs poiiiTonl consulter la plnnclio LXII de riconograpliie île M. Siciiei,. Nous les prévenons loutcl'ois ||iie la lij;. I est une liiçure sclicmaliquc, c'cst-à-ilirc que le dcssinalcnr a rassenildé sur un seul lambeau de capsule, tf(i|) grand pour être vu dans son ensemble au microscope, des altérations il a di'i clierclicr sur un grand iioinlire de préparations. Ceci ne veut point dire qu'elle n'esl pas exacte]

CATARACTE

Celle division du erislulliUipeut cerluinemenl suffire, tant qu'on ne l'observe qu'à l'ceii iiu; mais i"(Hude microscopique dcuiiinde une division beaucoup plus complexe. Voici ce q"<î colle élude nous a permis d'y distinguer, en procédant des parties superlicieiles vers les plus profondes :

1° La couche des corpuscules de Morgagni; 2" celle des corpuscules et des fibres embryonnaires ; 3» la couclie des bulbeti cl des libres bulbaires; ¥ celle des fibres nwck'ees;^o in couche des fibres rubannées ; 6" celle des fibres dentelées. L'é|)aisseur de ces couches est très variable, les premières n'étant appréciables qu'au microscope, tandis que 'es deux dernières constituent, l'une la plus grande partie de la couche corticale, l'autre If lolalilédu noyau. Nous allons les examiner successivement; mais nous dirons auparayaiil un mol de la coloration et de la consistance générales du cristallin aux dilïérents âges : celle connaissance est indispensable pour apprécier certains points de l'histoire pathologique de cet organe.

Coloralion. — A partir delà naissance jusqu'à l'âge adulte, le cristallin, comme son nom l'indique, ressemble pour la coloration et la transparence au cristal le plus pur. C'est au point qu'à un faible grossissement (70 diani.), on dislingue à peine une préparation de ce corps. 11 faut pour cela, bien entendu, que la mort ne dale pas de longtemps, que le cristallin soit fraîchemenlexlraitde l'œil, et surtout qu'il n'ait point été mis en contact avec de l'eau. Ce liquide, en efl'et, coagule les particules les plus superficielles du cristallin ; à l'œil, ce changement est peu apparent et ne consiste que dans une diminution à peine appréciable de la limpidité et dans une légère nuance jaune. Au microscope, au contraire, les libres qu'on voyait à peine accusent très nettement leurs contours : on voit flotler dans le liquide qui les entoure une multitude de petites granulations qui ne sont pas autre chose que l'albumine contenue dans l'humeur qui sort des fibres et que l'eau a coagulée; on aperçoit même quelquefois des libres rendues granuleuses par l'action de l'eau.

On admet généralement que le cristallin, incolore jusqu'à l'âge de40 ans, prend ensuite une teinte jaunâtre (I) qui va toujours en s'accroissant à mesure que l'individu avance en âge; ce changement de coloration serait même si prononcé chez ces derniers que, dans un âge avancé, le crislailin paraîtrait opaque et laiteux et semblable à la corne demi- Iransparenle qu'on emploie pour les lanternes (2).

Nous ignorons s'il y a à cet égard des différences suivant les pays; mais ce que nous avons vu ici, à Bruxelles, ne s'accorde pas de tous points avec les opinions que nous venons de rapporter. Nous avons examiné bon nombre de cristallins depuis la naissance jusqu'à l'âge de 90 ans, et nous pouvons afllrnier tout d'abord que l'âge auquel la teinle jaunâtre commence à survenir est variable. Nous avons vu des crislallins provenant d'individus de 30 à 35 ans plus jaunes que d'autres provenant de sujets âgés de 70 à 80. D'un autre côté, sur des individus très-âgés, le cristallin était quelquefois resté presque aussi incolore que dans l'enfance. Enfin, jamais nous n'avons vu, tant que le cristallin restait sain, la transparence de cet organe être troublée, comme l'avance le docteur Jacob; le changement le plus prononcé consistait dans une coloration rappelant pour l'intensité celle de l'ambre jaune, avec conservation parfaite de la transparence. Telle n'est pas l'opinion de M. Haynes Wallon (3) qui dit : " Je me suis demandé depuis longtemps si le changement de coloration du cristallin, qui estla conséquence des progrès de l'âge, ne pouvait point être assez intense pour déterminer l'opacité du cristallin, en un mot, une cataracte. Je pense que si, car comment expliquer sans cela l'ab.sence de toute opacité grisâtre que l'on observe quelquefois dans certaines cataractes obtenues par extraction? En vérité, autant que j'en puis juger, il n'existe enlre elles et le cristallin des vieillards qu'une diflérence de la coloration qui est plus foncée dans les premières. Comme confirmation de mon opinion, j'appellerai l'attention sur ce fait que la coloration du cristallin est souvent si

[(1) SiciiEi,. Iconographie oplilhalniologiquc, p. 28i, parag. 438.]

[(2) .Iacob AiiiKiles d'Oculistiquc, t. XXXII, p. 27.]

[13) Operative Opiilluilmic Surgory, p. /il5-/i-l6, Londoii, 1855.]

ANATOMIE PATHOLOr.lQUK DE i/APPAREIL CUISTAI.LINIEN . 331

apparente pendant la vie, surtout cliez les lioninies de raee foncée, que l'on ne saurait dire à première vue s'ils sont ou non atteints de la cataracte. J'ai vu dernièrement deux mulâtres d'un âge avancé, chez qui lu coloration aniliréc du cristallin était si prononcée, que le ciiirurgien le plus expérimenté s'y serait trompé et aurait diagnostiqué une cataracte si ces personnes avaient accusé un airaiblissomenl de la vue. L'année dernière, dans un eus présenté par une femme de couleur, un chirurgien à qui la chirurgie ophtiialmique de ce pays doit beaucoup et comme auteur et comme praticien, proposa de pratiquer l'opération de la cataracte : la coloration du cristallin était en elll'l si intense, qu'elle l'avait induit en erreur, carrairaiblissement de la vision n'était due, en elTet, qu'à la presbyopic et ù un vice de la sécrétion des glandes de Méïbomius, conséquence d'une ophthalmic chronique. »

Nous n'avons jamais rien vu de semblable, mais ce que nous avons rencontré fréquemment chez les vieillards, ce sont des cataractes commençantes; sur les yeux de 20 sujets âgés de 70 ù 88 ans qui nous ont été fournis par M. Lantliicr, interne au Grand-Hospice, (), ou près du tiers, olïraient des cataractes commençantes dont ils ne s'étaient jamais plaints pendant la vie, et qui, occupant la circonférence, n'auraient guère pu être reconnues qu'en dilatant fortement la pupille. C'est là probablement ce que Von Ammon, Sclion et Cohr ont n\)\)iîlégerontoxon inlernmn seu marasmus seniliscapsulœ eL IcnLis. Cet arc interne, suivant eux, n'existe qu'au pourtour du cristallin, dont il n'atteint pas le centre : il dilïérerait par là de la cataracte des vieillards, qui commencerait par le noyau, et de la calaracte capsulaire, qui occuperait davantage le centre de la paroi antérieure. Nous ignorons si ce que nous avons observé est un simple résultat des progrès de l'âge (1), mais nous en doutons, d'abord parce que la majorité des vieillards ne présente pas cette altération — chez un des nôtres elle n'existait qu'à un seul œil — et ensuite parce qu'on observe au microscope et à la vue simple exactement les mêmes altérations que dans les autres cas d'opacité, appelés par tout le monde cataractes. Chose remarquable, dans les points où ces cristallins n'étaient pas cataractés, ils avaient conservé la teinte de la jeunesse; aucun d'eux n'offrait la teinte ambrée. Mais nous reviendrons plus loin sur leur description.

Consistance. — « Elle est molle et pulpeuse, dit M. Bowman (2), dans ses parties les plus superficielles, plus ferme, plus dense et comme glutineuse vers la partie centrale, qu'on distingue sous le nom de noyau. Ce n'est pas qu'il existe la moindre marque de séparation entre le noyau et ses couches superficielles ; le changement de densité s'effectue d'une manière graduelle. Aucune comparaison empruntée aux objets ordinaires ne peut donner une idée exacte de celte texture du cristallin telle que le doigt l'apprécie. » Nous aurons peu de chose à ajouter à une description aussi fidèle ; disons seulement que, toute molle et facile à écraser qu'est la couche corticale, elle reste, tant qu'elle est saine et à tout âge, fort difficile à réduire en fragments à l'aide de l'aiguille. Il en est de même, au reste, du noyau ; ces deux parties ont quelque chose de tenace, de visqueux, qui fait que, lorsque l'aiguille en a tranché un morceau, il ne se sépare pas complètement du reste de la masse et semble y tenir encore par un suc glutineux.

On a dit aussi que la densité et la dureté du cristallin augmentent en progression régulière avec l'âge; cela peut être vrai d'une manière générale. Mais, comme pour la coloration, il y a de très-grandes différences individuelles. Quelle que soit, au reste, l'augmentation de solidité du cristallin sain, il se laisse toujours facilement diviserendeux, sousia moindre pression, par le couteau à cataracte. Examinons maintenant, chacune en particulier, les différentes couches que nous avons énumérées.

4° Corpuscules de Morgagni. — Bien que nous les nommions ainsi, à l'exemple de

[(I) Quelle que soit la nalurc de celle alléralion, faisons remarquer ici qu'elle siège dans les couches les plus superficielles du cristallin, cl non dans la capsule, comme le dit encore le Df G lloKiiiNr. dans le savant mémoire qu'il a public dans les Annales d'Oeiilisliquc. (Recherches

sur le sicgeel la naluicde la cataracte par G. Iloi:iiiKc,(riIeilbronn,t.VIII,p. 109, décembrel8'l2).l [(-2) Annales d'Oculislique, l. XXXll, p. H.]

OATAIUCTE.

[Fig. m.]

Couche des corpuscules de Morijaijni. (Gross. 330.)

plusieurs auteurs, ce n'esl piis ù dire qu'ils iii(!iil été connus de l'iiluslre uiiatonio-paiiiologisle; mais ils occupent la place qu'on a cru si longtemps remplie par le liquide qu'on i appelait humeur de Mori^aijiU : la science, au reste, lui doit assez pour pouvoir lui prêter : (luelque chose. Quoi qu'il en soit, ces corpuscules constituent la couclic la plus superllclelle do toutes, ils se trouvent imniédialenienl en contact avec la couche dite épilhéliale,

par laquelle ils sont fort prohublemeut sécrétés. Leur l'orme est arrondie et leur volume variable, mais dans des limites assez étroites (0,"""0(>io à 0,"""00o pour les plus petits, 0, """01 pour les moyens, et 0j'""'017 pour les plus grands environ) : ils sont placés les uns à côté des autres et forment une couche régulière, comme on les a représentés (fig. 82); mais il est très dilTlcile d'arriver à ol)lenir une préparation qui permette de les voir ainsi rangés symétriquement : la plupart du temps, ils flottent çù et là dans le liquide de la préparation, se pressant les uns contre les autres et paraissant plus ou moins polygonaux. Quelquefois on en voit deux appliqués étroitement l'un contre l'autre et ayant l'air de s'emboiter. de façon qu'ils ressemblent à un gros corpuscule en train de se diviser en deux. Nous en avons quelquefois aperçu trois ou quatre, et même plus, ainsi accolés les uns aux autres; nous croyons cette disposition tout à fait accidentelle, car nous ne l'avons rencontrée que très exceptionnellement et, bien qu'elle réponde assez à la théorie cellulaire, elle ne nous paraît nullement en rapport avec le développement des fibres qui s'opère d'une autre façon.

Ces corpuscules contiennent un liquide transparent: c'estceliquidequi ,venantàs'écouler lorsqu'on incise la capsule du cristallin, ce qui ne peut se faire sans intéresser la couche superficielle et sansévenlrer plusieursde ces cellules, a donné lieuà la croyance au liquide de Morgagni (1). Nous devons dire cependant que, bien que ce liquide soit très visible au microscope, nous ne l'avons jamais trouvé assez abondant pour qu'on pût l'apprécier à l'œil nu. Les parois des cellules sont si ténues que nous n'avons jamais pu retrouver les enveloppes de celles qui avaient été ainsi vidées. Le liquide qu'elles contiennent estalbumineux, car il se coagule par l'action de l'éther, de l'alcool, etc., ainsi que nous l'avons représente (fig. 53, b) : ces cellules se transforment progressivement; on voit leurs parois s'épaissir, un double contour y devient manifeste (lig. 55, c), et enfin elles passent à l'état de cellules ou corpuscules embryonnaires.

Nous ne savons qui a le premier parlé de ces cellules, mais la première description que nous en trouvons dans un traité classique appartientà Ilenlo(2),qui paraît l'avoir lui-même empruntée à Warneck. Cette description est naturellement inexacte, puisque son auteur, à cette époque, croyait toujours à Vhiimeur de Morgagni et ne connaissait pas encore la couche épilhéliale de la face interne de la capsule; aussi représente-t-il une portion de ces cellules comme restant adhérente à la capsule. Chez l'homme, dit-il, elles sont presque toujours un peu aplaties et polygonales comme dans l'épithélium des séreuses; les une.s nagent isolées ou réunies plusieurs ensemble dans l'humeur de Morgagni; beaucoup d'entre elles renferment un cytoblaste grenu et ovale de dimensions considérables. Il donne ensuite la figure de celles du lapin qui est inexacte de tous points : les cellules de Morgagni du lapin et celles de tous les vertébrés que nous avons examinés, ne présentent point de différences sensibles ; elles sont toutes transparentes, régulièrement arrondies, excepté quand elles se polygonisent par pression réciproque, comme dit M. Charles Robin; enfin, elles sont totalement dépourvues de noyau. Au reste, cet habile observateur a fort bien vu que leur contenu est coagulable par certains agents, l'éther,

[(1) Gnos, de Moscou. Annales d'Oculislique, t. XXIX, p. i'i.]

[(2) Hepile. Traité d'Anatomie générale. Encyclop. anatomique, p. 331 el suivantes.]

AN.VTOMllî PATHOLOGIQUE DE l'.U'PAREIL CUISTAU.IN'IEN . 353

. |. oi Ole II iulmel qu'elles doiiiionl iiaissanec aux libres crislallines, mais il n'a pu, if, M .iV'Couvrir aucune Iransilioii clos unes aux autres. „ , „ ,

I H scrintion de llusol.kc est enlaclioe des n.ôn>es causes d'erreur que colle <ic llenle, V ron nrunleen partie; il ajoute cependant .iueU|uo cliosc qui est bien près de ce ^ .V V nous-n>ôn e : < La face postc'rieure (du cristallin) a, chez, l'homme, des

îS^Vrtîes qul^rxle la face ant.rlcu!-e; ils sont plus gros, semblables à des gouUes ,i'h.iilo cl semblent s'allonger en libres (i). »

V ic a iescription qu'en donne M. Hown-an; elle date de 1847 : U ne conna.ssa. pas e„Io°e ' Pilbélium de la capsule, mais il est évident qu'il avait entrevu les fi res nuci ées :

Te l des hurà-capsulau-es du crislallin. - A l'intérieur de la capsule, immédiatement entre elle et les libres les plus superlicielles, il existe une couche de cellules pourvues rnnviux très minces, transparentes et d'inégale dimension. Ces cellules constituent un ïoven d'""io" o'-S^""nu« •^^"^'''^ '« ^''^''PS du cristallin et sa capsule, et c'est à travers ces .le<^ nue s'opère la nutrition dos libres. C'est par leur multiplication et par leur Irans- Snition successive on libres que s'accroît le cristallin; quand sa croissance est complète, 1 ne' reste plus qu'une simple couche de ces cellules. Les libres superlicielles, même chez l'adulte conservent souvent quelques-uns des noyaux très transparents et occupant des noints assez régulièrement distants dans leur substance (2). »

M Gros de Moscou (3), a essayé d'indiquer comment cette couche de cellules de Mor"n-ni donne naissance aux fibres crislallines; mais il a confondu ces corpuscules avec l'épiîhélium de la capsule quïl appelle réseau générateur. Voici comment il s'exprime : «La paroi interne de la capsule esl intimement adhérente à un réseau alvéolaire qui esl la véritable matrice des cellules et des bandeleltes crislalliniennes. » Bien que M. Gros n'ait pas nellement distingué l'épilhélium de la capsule, son opinion ne nous paraît pas beaucoup s'écarter de la vérité; car c'est cet épilhélium, qu'il appelle réseau générateur, ou plulôt "^elle couche de cellules, analogues à celles du foie ou des reins, par exemple, mil sécrète les corpuscules de Morgagni destinés à donner naissance aux bandelettes crislalliniennes, mais à la suite de transformations que nous indiquerons tout à l'heure. M Gros pense, comme tous les auteurs que nous venons de citer, que ces cellules sont nucléées; cela 'lient à ce qu'aucun d'eux, ne connaissant la couche des cellules de la face hilerne de la capsule, ils ont tous confondu celles-ci avec les corpuscules de Morgagni. Les cellules dites épilhéliales se détachent assez facilement de la capsule; elles peuvent alors flotter isolément, se mêler avec les corpuscules de Morgagni, se placer au-dessous d'eux et, comme ceux-ci sont très transparents, le noyau des premières semble appartenir aîix seconds qui se trouvent les recouvrir. M. Gros a été frappé comme nous de la disposilion qu'affectent quelquefois ces corpuscules en s'unissant deux à deux, trois à trois, et pense que c'est là l'origine des fibres qui se formeraient par la soudure des corpuscules el la disparition des cloisons. Telle n'est pas notre opinion : nous avons déjà dit en partie pourquoi; nous espérons que la suite de ce que nous dirons le démontrera mieux encore,

MM. Graefe et Charles Robin (4) n'admettent pas ces corpuscules comme distincts de la couche épilhéliale; le premier leur donne le nom de cellules inlrà-capsulaires el croit qu'elles servent au développement des fibres du cristallin, sans dire comment. Ceci s'applique à ce que nous avons, en décrivant la capsule, appelé couche épilhéliale. Quant aux cellules morgagniennes, il croit qu'elles sont un résultatcadavérique ; il dit en effet : « Entre cette couche (la couche épilhéliale) el la substance corticale du cristallin, il n'y a aucun interstice ou cavité remplie de liquide, il y a conliguité absolue ; si, après la mort, le cristallin s'imbibe de fluide, les cellules se détachent de la capsule, s'arrondissent par endosmose,

[(I) HusciiKE. r.iicyclop. analom. Spliinelinologic, p. 690-700.]

[(,2) Leçons sur les parlit's inléressées dans ks oj)crations qn"on pratique sur rœil ; traduites par A.TKSTP.i.m, p. l'2/i.-l2a, Bruxelles, 1855, et Auiialcs d'Oculistiquc, t. XXXII, p. 19.] [(5) Annales (rOciilisliquc, l. XXIX, p. 23.]

[(/(.) Dr.sM.MtiiF.s. Traité des maladies des yeux, 2» éilil., t. I, p. 55-37, notes.]

CATAUACÏE

n!utrr,h,! '.".'•'""''"'-''■'Ï' •^'i'"l^i'>ilioM , et onl été prises pour des cellules

louant dans 1 lHi,„,,ir .le mnml. Le second dit : « Il est impossible de inéconnuîtîev l'i "■•iliire epilholiiiic de ces cellules. Non-seulement elles en onl la forme, mais encopp ' elles en ofirent les modes particuliers d'altération sénile, tels que le passage à lï-ct «k' cellules vésiculiformes, spliéri(|ues, ou un peu polyédriques pur pression récipro.pie • entièrement claires, limpides, sans {rranulalloiis moléculaires, possédant encore générale- ment leur noyau, mais pouvant l'avoir perdu.

Il est très-facile de réfuter l'opinion de M. Graefe. Los cellules cleMorgagni sont si peu u un résultat cadavérique que, sur des cristallins de cheval, de chien, de lapin, de grenouille ' que nous avons examinés ù l'instant même où ces animaux venaient d'être sacrifiés, les » corpuscules dont nous parlons se montraient aussi nombreux et avec presque identiquement t le même aspect que cliez l'homme. Le peu de liquide dans lequel on les voit alors se^ mouvoir, provient évidemment de l'éventremenl de quelques-unes des cellules qu'on produit nécessairement en ouvrant la capsule, ainsi que le fait ressortir M. Gros' Mais il y a plus : les cellules appliquées sur la face interne de la capsule ont de très-?ros noyaux les cellules de Morgagni n'en ont pas ; donc, les unes ne se sont pas détaciiécs pour former les autres. Enfin, la couche épithélinle n'est composée que d'une seule rangée de cellulessi celles-ci se détachaient après la mort pour constituer les cellules de Morgiigni, la capsule devrait être dépouillée de son épilhélium dans une étendue plus ou moins considéralile Or, c'est ce qui n'arrive pas lorsqu'on l'incise avec précaution ; on la trouve alors parfaitement garnie de son épithélium, même lorsque le nombre des corpuscules de Morgagni est très-abondant. "

L'opinion de M. Charles Robin est plus ditlicile à combattre; peut-être même n'est-elle qu'en partie inexacte. Le travail qu'il décrit se produit réellement sur les cellules de la couche dite épithéliale. Avant d'avoir lu sa note, je croyais que ce travail était toujours morbide; mais s'il est normal, comme il l'avance, il se peut que quelques-unes de ces cellules ainsi altérées aient été prises pour des corpuscules de Morgagni. Cela expliquerait pourquoi presque tous les observateurs y onl trouvé des noyaux, oontrairementàTopinion que je soutiens. Mais il ne saurait en être de même pour la masse de ces cellules; car comment expIi(juerait-on ainsi leur arrangement symétrique sous forme de couche à la

[Fig. 33.]

rt. Fibres superlicicUes du crislallin ; 0, goullelcllcs qui en sortent ; c, iil. gonflées par l'addilion d eau. (Gross. 3o0 diam.)

surface du crislallin, leur nombre qui est aussi considérable que celui des cellules qui recouvrent la capsule, leur volume enfin, qui est souvent plus petil que celui du noyau des cellules qu'on dit cependant s'être agrandies avant de se détacher?

ANATOMII': PATHOLOGIQUE DE LAPPAKKIL CUISTALLINIEN .

,^ nonn-iil avec i)liis de vniisemblance, soutenir que les cellules de Morqaqm ne sont \ l .rouuolotles qu'on voit sourdre des libres du cristiillln divisées, ainsi que nous n 'reurésculé (lig. 53), car ces goullciclles ont avec elles une grande ressemblance; ' mm,' i rien d'otonnanl, puisiiue le liquide des cori)uscules de Morgagiii est ahsolun.ent ?:r„.c nature que celui conlenudans les libres cristallines. Néanmoins, on lesdislingue : ' <ml narce qu'on trouve les cellules de Morgagni formant une coucbe syn.elri.iue au- I. mis' de la cai.su'e, et que, lorsque celle-ci a été ouverte avec précaution, les libres îfdlines n'étant point divisées n'ont pu laisser échapper de liquide; ensuite, parce que '.'s .'outteletles restent toujours altacliées aux libres dont elles proviennent, ainsi (lu'on le u!it''lli" oli"» fl"'"'i' 'ij^iilede l'eau, on les voit se gonller, ac(|uérir un volume lèux ou trois lois plus considérable, tandis (pie les vraies cellules ne changent point.

Concile des corpmcnles et des fibres ernbryounaires. - Cette couche est siluée „„nié(lialemont au-dessous de la précédente; il est assez dilTlcile d'en donner une aescriplion bien exacte, attendu qu'un de ses éléments, les coriiuscules, présente des wperls très-variables que nous avons essayé de représenter dans la lig. 55.

[.Fig. 34.]

a. r.orpusciik'S du Morpagni.

h. Ul. soumis à l"aclion île l élhcr qui a coagulé le liquide conlenu à l'intérieur.

c. Iii, commenoanl A se transformer en corpuscule embryonnaire ; on y voit deux couches dont l'interne est l'cmhryon ilc la fibre.

rf. Même état un peu plus avance' ; le début est aussi quelqueTois tel qu'il est indiqué en m.

e. Corpuscule embryonnaire complet et unedes formes qu'on rencontre, ainsi que f. leplus fréquemment ; les inlervallcs des cavités sont le début des libres, qui semblent se développer dans ces corpuscules comme l'embryon dans l'œuf.

/. Même corpuscule plus avancé.

/. Id.

.'/. ''i >ii, '>'■ Hivers aspects de corpuscules embryonnaires se développant en fibres. (Gross. 5S0 diam.)

F.ii résumé, ces corpuscules sont plus ou moins arrondis et présentent à leur intérieur les lilin;s il un état de développement plus ou moins avancé. Au début, on voit une seconde couche se former à l'intérieur d'un corpuscule de Morgagni (c); cette couche augmente et fnviihit la cavité du corpuscule de façon à y représenter un gros noyau ((ig. 54, d m); à un étal plus avancé, il se forme au milieu du corpuscule quatre cavités (llg. 54, e) séparées par de petites bandes qui ne sont autres que les fibres commençantes : cet aspect des l orpuseules est, avec celui figuré en f, un des phis fréquents. Les autres aspects que nous

CATARACTE

avons figurés en g h i j k sonl fort difficiles à tlécrire minulieusemenl; aussi nous liornonsnous à dire qu'ils représentent tous plus ou moins des fllires Irés-niinces , renfeiniécs dans une enveloppe et enroulées sur elles-mêmes à la façon des rouleaux de corde des marins.

Ces corpuscules, avons-nous dit, forment une couclie continue, mais il est très rare de pouvoir les observer ainsi, du moins sur des cristallins sains; la plupart du temps, ils flottent isolés dans le liquide de la préparation. Ils offrent une teinte pâle, réfractent fortement la lumière, et ressemblent beaucoup à de grandes gouticleltes de graisse incolore; quand on les comprime, ils s'étirent et s'allongent, mais reprennent constamment leur première forme dès qu'on cesse la compression. On va nous objecter que notre description est celle des globules sarcodiques du professeur Dujardin et non celle d'un élément spécial propre au cristallin. Cela est possible; mais c'est qu'alors ces globules jouent un rôle important dans la structure du cristallin. Quoi qu'il en soit, ces corpuscules ne se comportent nullement comme des corps gras, car ils sont insolubles dans l'étber et la potasse caustique. La meilleure manière de les étudier isolés des autres éléments, consiste même à mettre macérer quelque temps dans l'étber un cristallin dont on a ouvert la capsule, à verser ensuite l'étber sur une plaque de verre, et à le laisser évaporer; on examine alors au microscope. Si i'évaporation a été trop considérable, on ajoute une goutte de potasse caustique et, outre un grand nombre de cristaux qui se forment et dont nous n'avons pas à traiter ici, on voit flotter les corpuscules embryonnaires parfaits, qui ne paraissent avoir subi aucune altération.

L'action de la chaleur les détruit promplement presque tous; cependant, nous sommes parvenus, sur des cristallins d'yeux que nous avions fait bouillir, à en retrouver des traces suffisantes pour que nous puissions affirmer que la chaleur les coagule.

Au reste, les préparations suivantes (fig. 55 et 56) serviront à démontrer la transformation complète de ces corpuscules :

[Fig. 55.]

c. Corpuscule embryonnaire s'ollongcanl en libre; sa circonfcronce n"a plus qu'<i se rompre sur un point pour qu'il consliUic une libre complète. a, b, d. Corpuscule où les fibres formées sonl en Irain de se dérouler. (Gross. 530 diam.)

Les fibres embryonnaires ainsi formées sont les plus superficielles du cristallin; elles sont très minces, très étroites et se voient presque toujours de champ, et comme elles sont très transparentes, on les aperçoit difficilement sur les cristallins frais et sains, mais on les voit sur les cristallins cataractés, ou sur ceux qui ont macéré dans l'eau alumineuse.

Ces corpuscules et ces fibres paraissent situés, sinon exclusivement, au moins en beaucoup plus grand nombre, à la face antérieure du cristallin. Ils paraissent n'avoir été vus par personne, excepté par Huschlie, si nous en jugeons du moins par la phrase que nous avons rapportée à propos des corpuscules de Morgagni.

3° Couche des bulbes et des fibres bulbaires. — Cette couche, qui n"a été signalée par personne, que nous sachions, n'existe que très superficiellement à la partie postérieure du cristallin. Elle est assez difficile à voir quand on n'en connaît pas l'existence. Comme

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE l'aIM'AUEIL CHISTALLINIEN.

„ ne. iri^, mince (elle ne nous a jamais paru composée que d'une seule couche de ni'^ Cl trùs transparente; on ne l'aperçoit qu'en enlevant avec beauc.up de soin l'I.e-

iiiisphère postérieure ,10 la capsule, sur des nislallinsquiontmartiré un certain temps (liins de l'eau aluinlneuse, suivant le procédé indiqué par M. Gros, de Moscou.

i;ile est composée de libres situées parallèlement les unes à côté lies autres (flg. 57), très larges, dépourvues de noyau, et offrant à celle de leurs l'xlréniités qui est tournée vers le pôle, ou lés plans centraux (lu cristallin, un renflement olivaire qui est le bulbe. Ces fibres, avons-nous dit, neprésentenl point de noyau à leur intérieur. 11 en est de même de leurs bulbes

tant qu'on les examine de face; mais lorsqu'on peut réussir à en voir un de cliamp, on reconnaît qu'il renferme dans son intérieur ou un creux (fig. 58), ou un gros noyau; ninsi vus, ils offrent certainemenl quelque analogie :ivec les bulbes des poils.

Il s'en faut de beaucoup qu'on réussisse cliaque fois ;i obtenir une préparation qui permette de les voir symétriquement rangés et intacts comme dans la lig. 57; le plus souvent, ils flottent isolés et plus ou moins altérés par l'action des aiguilles employées pour étaler la préparation. Ils olîrent alors les altérations les plus diverses ; nous avons essayé d'en représenter quelques-unes dans la fig. 59.

On voit que, quelque bizarres qu'elles soient, elles se terminent toujours par une fibre neltemenl accusée. ^ .rappelle surtout l'altenlion sur l'altération (i?); elle offre la plus grande analogie avec la fig. 6, d'un iravall que MM. Richard et Charles Robin ont publié dans le numéro du 21 septembre 1855 de la Gazette hebdomadaire sur la cataracte capsulaire. Ces auteurs, qui ont rencontré cette altération singulière ^^'""''•"'''''""■^ dans plusieurs cas d'altération de la capsule, sont tentés de croire que c'est là une production propre à la cataracte capsulaire. Nous ne serions pas éloignés de penser, quant à nous, qu'il s'agit do fibres bulbaires plus ou moins altérées, d'autant plus qu'elles se ilélachenl facilement du cristallin de manière à rester appliquées sur la capsule. 11. 29

[Fig. S6.]

6, b. Fibres embryonnaires vueis de champ ; en c, c, eUes se voient à plata. Dernier vestige du corpuscule qui leur a donné naissance. d. Fibre embryonnaire se déroulant ; e, même Bbre déroulée.

[Fig. 37.]

a. Couche de flbres bulbaires.

b. Bulbes : les uns et les autres sont vus

f:ATAUACTE.

Il ne nous répugnerait cerlainemenl pas d'admettre que cette couclie n'est qu un dogré-, plus avancé de développement des libres embryonnaires, et que les bulbes ne sont pas i' ^ auli'ti chose que les vostigcs •

o.. des corpuscules enibryonnai- ■

res. Néanmoins, nous le ré- ■ pétons, les corpuscules et les v fibres embryonnaires nous ont u paru surtout exister à la face ;r antérieure, et les bulbes et les -s* fibres l)ulbaires à la face pog.

téricure.

(Fig. K8.)

Fibre bulbaire vue de cliamp.

o. Fibre ; ii, bulbe ; c, noyau du bulbe.

, (Gross. 350 diam.)

4» Couche des fibres nucleées. — Suivant M. Charles Robin, elles auraient été vues pour la première fois par M. Samuel Bigelow, qui les aurait décrites et figurées dans un ki travail inédit présenté en 1849 à la Société de Biologie; la citation que nous avons era-

[Fig. i>9.]

0, 6, c, d, e. Dcforinations diverses des bulbes; ils proviennent de la face postérieure d'un crislallin qui a macéré dans l'eau alumineuse. (Gross. 530 diam.)

pruntée à M. Bowman, à propos des corpuscules de Morgagni, prouve que cet auteur les avait au moins entrevues en 1847. Quoi qu'il en soit, la première description qui en a été publiée est celle de M. Charles Robin; elle a paru avec plus ou moins de détails dans le Dictionnaire de Nysten, art. Cristallin, dans le Traité des Maladies des yeux de M. Desmarres, et dans ['Iconographie Ophthalmplogiqiie de M. Sichel. Suivant cet habile micrographe, les fibres à noyau sont les fibres les plus superficielles du cristallin; elles forment une couche de 2 à 4 millièmes de millimèire d'épaisseur, tant à la face antérieure qu'à la face postérieure de cet organe; elles sont disposées parallèlement, larges de 7 à 9 millièmes de millimètre, aplaties, à bords nets, finement granuleuses à l'intérieur, et offrant d'espace en espace des noyaux sphériques ou ovoïdes, larges de 6 millièmes de millimètre, qui leur donnent un aspect caractéristique.

Nous ajouterons quelques remarques à celle description. D'abord, ces fibres ne .sont pas les plus superficielles du cristallin, puisque, suivant nous, elles sont recoiiverles en avant par les fibres embryonnaires el en arrière par les fibres bulbaires; il est vrai que les unes et les autres ne forment qu'une couche excessivement mince. Quant à l'épaisseur

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