DIAGNOSTIC, SYMPTÔMES, CALSES, PRONOSTIC, ETC
,r,niaurose, inômc au dobiU, dans lesquels lœil ail parfailemcnl conmé ses mouvements naturels. Il n'existe rien de semblable dans la ^nfiracte; le malade ouvre bien les yeux, les lait converger sur un nhiet sans la moindre dillicullé et de la façon la plus normale. Dans m-esauc tous les cas d'amaurose, il existe (|uel(|ue dêlaut dans la direction des yeux, défaut de direction qui se rapproclie prescjuc du stra-
^T^La mobilité de l'iris fournit un bon signe dillércnliel : dans la câtaracle commençante, la pupille se contracte et se dilate aussi largement et aussi rapidement (lu'à l'état normal; tandis que, dans rainaiii-ose commençante, si la pupille n'est i)as déjà dilatée et immobile Ic^ mouvements en sont généralement lents et bornés. Si Ion applique de la belladone à un œil cataracté, la pupille est complètement dilatée au bout d'une demi-beure; mais s'il s'agit d'une amaurose, la dilatation s'en edcetue à peine au bout de quelques lieurcs.
5. On ne voit que rarement dans l'amaurose, mémo au début, si ce n'est chez les jeunes sujets, l'aspect noir de jais que présente la pupille dans l'état de santé. Il n'y existe pas précisément d'opacité, mais il y rê^ncune sorte de pâleur ou de teinte verdàtre. Ce symptôme quon a %pclé glaucome, a été à tort considéré comme dû à l'opacité du corps vitré. Les dissections que j'ai pratiquées sur des yeux glaucomateux m'ont convaincu que ce rellet verdàtre est dû à la couleur jaunâtre de la partie centrale du cristallin qui n'est point opaque; le cristallin est devenu dichromatique ; il réfléchit les rayons moyens du spectre solaire, ce qui fait qu'il parait vert tant qu'il est dans l'œil , tandis que hors de l'œil, à la lumière, il présente la couleur de l'ambre. Je parle du glaucome commençant ; car plus tard le noyau du cristallin devient sec, d'une couleur rouge-brune, et perd en partie sa transparence.
Distinguer un glaucome d'une cataracte, surtout dans la première période, est pour les commençants, et même quelquefois pour ceux qui se sont occupés depuis longtemps d atVections oculaires, une chose fort difficile. Un gentleman me fut adressé par son frère, praticien de campagne, afin que je donnasse mon avis sur la question de savoir si les cataractes que je verrais, disait-il, dans ses yeux, étaient « mûres pour l'opération. » La maladie était un glaucome avec un haut degré de raccourcissement de la vue, mais sans cataracte. Ce n'est qu'avec peine que je parvins à convaincre ce praticien de la nature réelle de celte allection, tellement il était assuré que ce qu'il voyait à travers la pupille était une cataracte.
On arrivera en général à distinguer le glaucome d'avec la cataracte en pesant attentivement les circonstances suivantes :
a. I.'ol)scurcissement dansle glaucome a toujours une teinte verdàtre, tandis que, dans la calnraele conimençaiile, l'opacité est biancliàtre ou de la teinte bleuâtre du lait mélange d'eau.
CATARACTE
p. L'opacilé dans le glaucome se voil mieux lorsqu'on regarde la pupille en face et disparaît en grande partie ou tout à fait (juand on rei;arde de côld dans Tceil. Dans la cataracte, l'opacité reste visihlo, (|u'on regarde en face ou décote.
Y. Dans le glaucome, la maladie parait située h une dislance considérable derrière la pupille, ou même profondément dans l'Iiumeur vitrée; les lames superlicielles du cristallin ne paraissent point intéressées, et ro|)acité sendile entourée d'un large cercle lrans|)areiii. Dans la cataracte lenticulaire, l'opacité alTecte évidemment la surface du cristallin; elle csi« rapprochée de la pupille et paraît liornée par la circonférence de cette ouverture. Dans la cataracte capsulaire postérieure, l'opacité est placée profondément dans l'œil, mais elle est toujours striée; tandis que la réflexion glaucomateuse est toujours uniforme, jumais tachetée, ni rayonnéc. '
ô. Quand on examine avec soin la surface d'une cataracte, surtout en concentrant sur elle les rayons lumineux à l'aide d'une lentille bi-convexe, on voit qu'elle présente ordinairement un aspect inégal et mat; ce qui forme un contraste remarquable avec le poli et le lustre de l'opacité glaucomateuse.
e. Le globe de l'tEil, dans les cas d'amaurosc compliquée de glaucome, est toujours plus dur qu'à l'état normal; tandis que dans la cataracte la pression avec le doigt donne la même sensation que celle d'un œil sain.
Ç. On doit dilater, à l'aide de l'extrait de belladone ou de la solution d'atropine la pupille de l'œil suspect et en faire l'examen catoptrique suivant la méthode de Purkinje (1). On choisit une chambre obscure où l'on fait asseoir le malade de façon à ce que l'observateur puisse regarder dans l'œil de haut en bas plutôt que de bas en haut ; puis on se sert d'une bougie qui brûle régulièrement et dont la flamme ne soit pas trop intense. L'observateur doit se servir de l'une de ses mains comme d'un écran pour empêcher la lumière de la bougie de lui tomber dans les yeux.
Lorsque l'on lient une bougie allumée à quelques pouces d'un œil sain, on voit s'y former trois images réfléchies de la flamme, situées l'une derrière l'autre. L'image anlérieure et la postérieure sont droites, la moyenne est renversée. L'antérieure est la plus brillante et la plus distincte, la postérieure celle qui l'est le moins. La moyenne est la plus petite des trois. L'image antérieure est formée par la cornée, la moyenne par la face postérieure du cristallin, et la postérieure par la face antérieure de cette lentille. Dans la formation de ces images, la cornée et la face antérieure du cristallin agissent comme des miroirs convexes; la face postérieure du cristallin agit comme un miroir concave. Le foyer de l'image renversée est positif et situé à l'intérieur de la lentille. L'image droite profonde a un foyer virtuel situé dans l'humeur vitrée. L'image droite superficielle a aussi un foyervirtuel situé dans l'Iiumeur aqueuse. Quand on imprime un mouvement à la bougie, les images droites se déplacent dans la même direction; l'image renversée se déplace dans une direction opposée.
Dans la cataracte et le glaucome, l'image droite antérieure ne subit aucun changement. Mais la cataracte, même à une époque avancée de son développement, fait disparaître l'image renversée et rend fort indistincte l'image droite profonde. Ce n'est au contraire qu'à une époque très avancée de son développement que le glaucome fait disparaître l'image renversée; de plus, pendant toutes ses périodes, l'image droite profonde est rendue plus apparente que sur l'œil sain.
Lorsqu'on veut apprécier les cliangements qui surviennent dans l'aspect des images réfléchies par l'œil, dans les différentes maladies de cet organe, il faut, ainsi que l'a fait remarquer le docteur Slaberoh (2), tenir compte de deux circonstances qui donnent lieu à ces changements, à savoir : l'état des surfaces sur lesquelles se forment les images, et celui des milieux à travers lesquels on les aperçoit.
Voici les principaux points sur lesquels l'attention doit se fixer:
1» Dans le glaucome commençant, dans ce que nous pouvons appeler sa première période, on distingue les trois images. L'image droite profonde est plus grande et plus
[(1) Nous croyons que ce n'est pas sans injustice que Ton sdparerail le nom de Sanson de celui de Purkiuje dans Tliistoire de l'épreuve des trois images. Si Purkinje a eu le inérile d en concevoir le premier la pensée, Sanson a eu celui, non moins grand, d en répandre et d'en vulgariser l'usage, au moins en France. T.W.J
(2) Médical Gazette; vol. XXI, p. 107; London, 1858.
liOU;
DIAONOSTIO, SYMPTÔMKS, CAlîSKS, l'UGNOSTIC, KTC. I
. „„. ,l MK un œil sain et présoiilo une sorle ilo leintc jiimiu. Quand l'alTi-cIion '' - r . hro-rôs i'i nage renverséo dcvicnl aussi pins grande ol de cou- • " an^.^n. 'nei;^;;i plus diiruse .,ue relie de l'in.age droite pro^^nde. "''T s les cas moyens, dans ce que nous ,H.uvons appeler la seromie période du , l' n > renversée est assez distincle quand elle se forme près de la eirn.nre-
i H S c'est l'<cil .iroil que l'on examine, et que l'o seryaleur dep aee la ' . • ie ôlé droil du malade, on aperçoit l image renversée derrière le bord nasal . 1 e s ^ s n."'^"e lenlen.enl la l.ougie au-devant de Tœ , on voit l'nnage ,, 'n sure qu'elle se meut en travers ,1e la pu|)il le, devemrde moms en moins
'i n ; ôl même Unir .pieKiuelois par disparailre , jusqu'à ee ciue, eontinuant de laire ' n , M la iHUi^ie vers le eolé ganelie du malade, on voie reparaître l'image renversée S bord lemiioral de la pupille, où elle est de nouveau lorinée par la portion cir- ,J .M ielle de la capsule postérieure. On n'oliserve rien de |)areil dans la cataracte lenti- , maladie qui alla.iue promptement les lames supcriicielles du cristallin, de façon a l'iljéier la formation de l'image renverséo sur tous les points de la surface poslerieure
''^'Vdiïï'îmon de l'image renversée, lorsqu'on place la imugie devant un œil arrivé à M ïcoiule période du glaucome, est due à la perle de transparence du noyau du crislalliii ,'nii aiii>^i que je l'ai déjà iiidi(iué, sultituiie dégénérescence particulière caractérisée par I isécbea";se de sa subslaiice et sa coloration en rouge brun.
' 30 Dans le !^laucomc leiiliculaire coiii|)lel, ou glaucome arrivé à la troisième période, on n'aperçoit plus l'image renversée, même à la cireoiifércnce du crislalliii.
1.0 l 'iiiîane droite profonde s'aperçoit mieux dans la seconde et la troisième périodes du .Hiucome que dans lœil sain. Elle est étendue et apparente ; mais le contour n'en est plus iii.q iiel de sorte que la flamme parait souvent un peu diffuse. C'est la coloration rouge- 'hriinàire'du noyau du cristallin qui, agissant commerepoussoir, rend l'image plus distincle
line dans l'œil sain. , • , ,•
5" Dans la ealaracte lenticulaire commençante, l'image renversée ne cliange m de dimension ni de couleur, mais est peu distincte, el le contour en est comme elface. Elle disinriil avant qu'on aperçoive la moindre Irace d'opacité, el par conséquent longtemps 'vaiU que la cataracte soit complète, point très-important dans le diagnostic que nous I lierclions à établir. Dans la calaracle capsulo-lenliculaire, nmage renversée disparaît plus vile que dans la lenliculaire, el même, quand la capsule ou les couchessuperlieielles (lu cristallin paraissent seules opaques, l'image renversée disparaît beaucoup plus tôt qu'on ne serait porté à le croire d'après le peu d'opacité apparente. 6» Dans la cataracte lenticulaire, la surface antérieure du cristallin réllécbil seulement lumière d'une manière générale, mais ne donne plus lieu à la formation d'une image
ilislincle.
70 Si le cristallin n'est plus en place, soit qu'il ail été résorbe a la suile d une blessure, déplacé par une opération, ou qu'il soit lomlié dans l'iiumeurvilrée en élal de dissolution, il ne projette plus ni image renversée ni image droite profonde.
8» Dans les cas ordinaires, répreuve catoplrique est lout à fait décisive pour disliiiïiier la cataracte commençante du glaucome au déi)ul. En effet, dans le cas d'amaiirose non combinée avec le glaucome, on aperçoit les trois images, tandis qu'au début de la calaracle l'image renversée est obscure ou même absente. Mais, pour arriver à un diagnostic certain, il faut que l'observateur aill'babitude de l'épreuve catoplrique, sans quoi il pourra fort bien ne pas s'apercevoir que, dans le début de la cataracte el du glaucome, quand on lient la bougie dans Taxe de l'œil, l'image renversée est également peu distincle, mais que, M on la porte de côté, elle le devient dans le glaucome; tandis que dans la cataracte, ou bien i lle reste aussi peu distincte, ou bien elle disparaît compiélement; ce qui est dû à ce que la circonférence du cristallin esl souvent le point le plus malade.
9° il ne faut pas oublier de mentionner qu'il y a des cas de cataracte combinée avec ramiiurose, dans lesquels, outre une pupille paresseuse el un alfaiblissemenl très marqué (le la vision, on constate de bonne beiire la disparition de l'image renversée.
•10 Les cas, même légers, de fausse cataracte déterminent la disparition de l'image renversée. Dans des cas de celle espèce, j'ai vu l'image renversée , d aliord complélemeul iii- \isible, reparaître en même temps que la vision s'améliorait considéralilement, probablelueiil par suile de l'absorption de quubiue mince exsudation dansla pupille, sous l'influence 11. 31
CATARACTE
(.le.l'emploi, à liiiiile dose, de laloès, des lilmpilLs, et des empli'ilres au lin'trc énK'ain placés derrière les oreilles. Ceci démontre riilililé que Ton peu l retirer de l'cxniii,.,, loplrif|iie de l'œil (1). "
0 J.a iiiarclio du glaueome est en général très lente. Des années peuvent s'écoulci sans qu'on voie augmenter Topacité qu'on avait observée, et sans que la <iinnnutioii de |. vue auiimcnle beaucoup ; tandis (pie, dans la cataracte, l'obscurcissement de la vue uiarciii plus rapidement et en raison directe de raugmentation de l'oimcité. "
Circonslames qui doivent allirer l'allmiion dans les cas do caia racle. — Lorsqu'on veut s'assurer de rexistciicc cl de la rialiire (rim, cataracte, il faut prêter l'attention la plus minutieuse aux particiilarlicv suivantes :
1» L'opacité. — Sa couleur, son étendue, sa Corme et son siège. Lu couleur blanche annonce ou un cristallin dissous, ou une; catyracic ca])sulaii'e ; la couleur grise, une cataracte lenticulaire; la couleur d'ambre, ou gris foncé, une cataracte dure; le gris pâle, une calaracli molle. Si l'opacité uniforme occupe' toute l'étendue de la |)upille, la cataracte est lenticulaire; si elle présente des stries ou des taches, il esi plus probable qu'elle est capsulaire. Si l'on voit des stries opaqtK-. partir en rayonnant d'un centre, il est probable que la maladie occupe les couches superlicielles du cristallin ou l'hémisphcrc postérieure den, la capsule; si l'opacité striée aune forme convexe, elle siège sur lalj capsule antérieure; elle occupe au contraire la postérieure quand elle! i est concave. On doit s'assurer soigneusement de toutes ces parliculiirités en concentrant la lumière sur la pupille à l'aide d'une lentille bi-convexe. [V. pp. xxvi et suiv,]
2" L'iris. — Sa couleur, sa mobilité, sa forme, sa situation et l'ombre qu'il projette sur la cataracte. Est-il vert, ou sa couleur a-t-elleJ subi quelque autre altération qui dénote une inllanunation antérieure, »r et peut avoir laissé l'œil mal disposé à supporter une opération? Aprèsr avoir couvert l'œil que l'on n'examine pas, afin d'empêcher les niouve-t inents sympathiques de l'iris, on s'assure si la pupille se meut vivementi et largement comme dans l'état de santé, ou si, au contraire, les mou-' vements, lents et limités, n'amènent pas à soupçonner une diminution dans la sensibilité de la rétine. La pupille est-elle fixe et irrégulièie, comme adhérente à la capsule par suite d'un épanchement de lyiiiplie plastique; l'ii^is tremble-t-il à chaque mouvement de l'œil, ce qui annonce un état paralytique de ses fibres, qui s'accompagne de la dis-solution de l'humeur vitrée et ordinairement d'une amaurose? L'iris ■ est-il convexe, et plus rapproché de la cornée (j^u'à l'ordinaire, circon-i stance défavorable pour l'extraction? L'ombre projetée par l'iris sur la lentille opaque est-elle ap))arente,ou n'y en a-t-il pas? Cela dépend delà
[(1) L'épreuve de Purkinje et Sanson a perdu beaucoup de son imporlance depuis rijivenlioii de l'oplilhalmoscope. Par le moyen de cel instrumenl. cl de réclairagc latéral, le diagnostic itf la eataracte est devenu facile et sûr. Nous renvoyons pour plus de détails à cet égard, au travail de M. IJebreicli, i)ublié en tète de ce volume, pp. xxvu el suiv. T.W.]
Dl.VONOSTH., SVMIMÔMKS, CAUSKS, l'IlO.NOSTIC, KTC. OOO
.1 ,iur "liii ('\isli' ciKir l'iris cl le corps opaqiio.oii, en (raulrcs tonnes, Îvk-ikIiic (le lii chaiiihir posléricure. S il n y a \r.\s (roiiibir, la ,i,„|„r posléi'iouir es! prolKiblcmonl cllacw par la saillie (riiiic i„.acle leiiliotilaire molle et volumineuse. Si lomlire esl apparente, rrislallin est prohahlemenl pelil el dur, (Ui loiil an nn)ins le Noiume ,,i,osl pas aniiinenlé. I.'iris esl-il en lornie (renlonnoir, avec lapn- II,. iuiirée en arrière, c'est nn sii^ne que la lentille a diminué de
'i'.'"/:*.' ylolx' du l'cil <•» (loi! tMi'c cludic dans sa couleur.
,11 dei^ro de lermcté, son volume el sa position dans rorhitc. La udeur terne de la sclérotique inditpic un nnuivais élat de santé, ce li ost déi'avorahlc au succès d'une opération. La cornée ou la sclérocédant l'aciicmcnl annoncent une diminution do riiumeur vitrée, rompagnée d'amaurose. Une dureté pierreuse de Tœil dénote un aiiconic avec surabondance d'humeur vitrée diffluente. lin œ\\ ,1,1 le volume est beaucoup au-dessous de la moyenne ne récupère mais (|u'un degré de \ision très restreint. Un œil très proéminent ou èsenioncé est défavorable à rexlraclion. Dans le premier cas, si m ouvre la cornée par en bas, la ])aupière inférieure tend à sintrolire entre les lèvres de la plaie et rempèclie de se guérir. Dans le ■cond, la section delà cornée est presque impossible à exécuter. 4. Le degré de la vision doit être soigneusement étudié, tant pour pprécier la sensibilité de la rétine que pour juger de l'opportunité ■inie opération immédiate. Si, en tournant le dos à la lumière, le laladepeut encore distinguer les objets qui l'environnent, il faut dif- ■ler l'opération jusqu'à ce que la vision soit plus obscurcie. Si, lorsii il regarde la lumière, il aperçoit l'ombre de la main qu'on fait ;isser devant lui, la rétine est sensible et l'on peut opérer avec queliie espoir du succès (1). Si, à la dislance de douze pouces, il aperçoit (iinbre d'un seul doigt projetée sur son œil, la rétine est parfailclenl saine.
0. La mobililé de l'œil est une circonstance d'une importance conidérable. Un œil aflTecté de strabisme, ou qui ne se meut facilement lie dans une seule direction, ou avec lequel le malade n'aperçoit la iiiiière que lorsque cet organe est fortement tourné dans une seule, iiection, ne retirera probablement pas grand bénéfice de l'enlèvement l' la cataracte. L'opération par exlraclion peut être gravement entral'c par rim|)ossibilité oîi se trouve le malade de porter l'œil dans •mes les directions, suivant les injonctions de ro|)érateur.
(). L'àf/e de la personne, son état de santé ou de maladie intluent sur 1 consistance du cristallin. Mou dans l'enfancecldansla jeunesse, ferme :nis l'âge adulte, dur dans la vieillesse, le cristallin alVccté d'opacité
I) C'i'sl ilans les eus les plus (Imilciix (iiic li\ roliiioscoiiic, piii' l'iiilcrrosiM ii)n ilii /ilio-iplniiir. I iiiiviTlc (lue 'i >]. St'iTO (ITzi'S, liotivc les |vliis iililcs iippliculioiis. T.W.J
^('-i- CAIAHACTE.
[xuil, ('li'c Incileniciil, divisé iivot; raii^iiillc cl, se dissoudre; duiis l Ihiiucuim :i(|ueiisc poiidanl les deux preinièi-es périodes de Texisleiiee, Uiiidisque,» diins les deux autres, ce |)rocédé deviciU diflicile on iiiipralicahlc. |
7. Les jeunes pralicieiis ne doivent jamais se prononcer d'unei^ manière absolue, niènie sur rcxisicnce irune calaraclc, a\anl d'avoini dilaté la pupille à Taidc de la belladone et examiné l'u-il caloplricalcinent; les cliirurgieiis les plus expérimentés peuvent même se trouver h'ww d exposer ainsi au regard tout le champ de la maladie et de s assiin i de Tétai du cristallin. La cataracte marginale échapperait souvent, si Ton ne dilatait point complètement la pupille. Il importe aussi de iiotei' le degré de promptilude avec laquelle cette ouverture ohéit à l'inlliicnce de la belladone.
Causes prochaines. — 1. L'espèce de cataracte la plus IVéquenle esi celle qui survient indépendamment de toute innainmation, de louic lésion traumati((ue, et qui s'observe si souvent chez les personnes avancées en âge. On attribue cette variété de cataracle à un aiïaiblissc ment de la nutrition, à une flétrissure graduelle, à une sorte de niiirasme du cristallin (1). En réalité, la cause prochaine nous en cm t(mt à l'ait inconnue. L'âge avancé n'en est point la seule cause cxci laiile, car on la rencontre dans la jeunesse et même dans l'enfance. On a supposé que l'altération débute à la partie centrale du cristallin, dans >| le point le plus éloigné de celui d'où il tire sa nourriture, et (|u ellc ■ | s'étend lentement aux couches voisines; mais cela est très certaine-'! nuMit inexact. Lorsqu'on examine un cristallin cataracté, immédiate-' ment après qu'il a été extrait, on voit que l'opacité blanchâtre qui (constitue la cataracte et s'oppose à la vision, aiïecle principalementles x lames superficielles; les lamelles intérieures sont généralement assez.' Iransparenles , bien qu'elles présentent souvent la teinte ambrée ou i rouge-brun du glaucome. Les lames superficielles du cristallin ne sont i; pas seulement opaques, elles ont subi un changement particulier qui i: a été comparé par quelques-uns à une coagulation, et par d'aulres à Mite nécrose, changement qui manque complètement lorscpie le cii>lallin est sim])lement glaucomaleux (2). Le cristallin, dans la cala-
(1) J'ai ruiiKirquc, dans mes ilisscclions, que la oalaracle lenticulaire <les vieillards s"accompaiiiie (iiielqiiclois (le russification des arlèi-cs du cerveau. Celle coïnciilcnee est-elle fréqiiciile ' Si elle l'est, cxiste-t-il quelque rapport entre ces deux altérations?
(2) On a fait a[)pcl au microscope et à la chimie pour trouver la cause prochaine de lopacilc de la lentille crislalline.
Le Docteur Uainy a trouvé (jue rallcration consiste plutôt dans le dépôt de grains hiaiics opaques entre les fibres que dans ropacification de ces libres .elles-mêmes. M. Jones, snr un ^ sujet âgé, a trouvé les libres ridées cl irrégulières. Lehcrt, (Lance! , Decendier i!7, ISIil , p. (lOi)a vu dans la ealaracledure, une substance granuleuse opaque entre les lamelles, qui élaieni comme cornées et atrophiées. Dans les cataractes molles, il a trouvé, à Tinlérieur des cellules intWicapsulaires, un fluide laiteux, dans lequel on distinguait des cristaux de cliolc.-lériiie ; les lamelles étaient ramollies et hypertrophiées. Davaine a trouvé (Gazelle .Médicale de Paris, décembre /t, I8;)2, p. 777), les libres érodées, leur calibre diminué, leur surface dépolie ei inégale comme celle d'une lime, et se laissant rompre en IVagmenls plus l'arileinciil que de rouUime. Vogel (Londou Médical Gazelle, vol. 1, 184^, p. G) a trouve les libres Iroublesel
DIAGNOSTIC, SYMPTÔMES, CAL'SES, l'UO.NOSTlC, KTC. 50;)
i,.,cte i)t"ra aussi son adhérence normale à la face inlei-nc de la 'apsiile; quelquelois il se dépose à riiilénour de celle-ei un lluide produit par la désori^anisation des lamelles superlieielles ; dans (raulres '•as loul le erislalliii est ramolli ou Irauslormé en une malière li(|uide.
2. La calaraele (jue l'on rencontre ensuite le plus li'é(|ueinment est la cataracte iraumatique. J3ans ces cas, la déchirure de la capsule doteriniiic le contact de riuimeur a(|ucuse avec la lentille, l.a plus petite picpire lailc à cette euvelo])pe amène la formation d'une cataracte IcMiticulaire. Si la déchirure de la capsule est considérahle, on voit Aingt-(pialre heures une portion notahie de la lentille devenir opaque; ellet que l'on attrihue à l'action coagulatrice de l'humeur iiipu'use.
Quaiuirouverture de la capsule reste héanle, la totalité du crislalliii , chez les jeunes sujets, est quelquefois ahsorhée et la pupille ledevieiil claire. Eu ce cas, on contiiuie quelquefois à apercevoir des portions opaques de la capsule, bien que la dissolution du cristallin ait permis à la vision de se rétablir suirisammcul. Si la plaie de la
apsule vient à se fermer, la dissolution du cristallin s'arrête, la
iealrice de la capsule prend une teinte blanc de craie, et il se forme line variété particulière de cataracte capsulo-lenliculaire. On a supposé
|ue la capsule pouvait quelquefois se rompre dans l'état tétanique des yeux qui accompagne les convulsions chez les jeunes enfants, (le façon à ce que l'humeur aqueuse, arrivant au contact du cristallin,
■cnde celui-ci opaque. Il suffit quelquefois d'un coup sur l'œil, sans lésion de ses tuniques, pour déchirer la capsule; dans d'autres cas, un coup sur l'œil, un coup ou une chute sur le rebord orbitaire, déterminent, sans rupture apparente ou sans déplacement, une catalacte qui s'accompagne ordinairement d'amaurose. Cette conséquence |)eul ne se produire que plusieurs années après l'accident. (F. Chapitre XII, Section IV, t. I, p. 596.)
5. L'inllammation est quelquefois la cause prochaine non-seulement d'une fausse cataracte, mais même d'une cataracte vraie. Ou peut, eu ellet, comparer les cataractes capsulaires antérieures et postérieures aux taies de la cornée; dans quelques cas même, une inflammation prolongée rend le cristallin opaque, provoque sa dissolution en un fluide laiteux, ou même le fait tomber en suppuration. (F. Chapitre XIII, Section XXXVI, p. 80.) Nous avons déjà parlé (page 2^20) de l'ossification du cristallin et de sa capsule comme des terminaisons
opaques, surtout vers le centre de la lentille. Il n'a jamais aperçu aucune substance opaque ' li-angcrc entre les libres. Wurzer et Lassaigne (Sinion s Animal Cbemistry, traduite par Dav, Il p /p20, Lou<lon, 184()) disent que le cristallin dans la calaraele coulienl un excès de piiosphaïc de cliaux. Simon fait observer que cela peut être la cause de lopaeité, mais que "■llc-ei peut aussi Être produite par la présence d'un acide libre qui coagulerait les composés de pi'oleme qui se troiivenl ilans le cristallin. [Voir pour de plus amples détails la Aolc AddilionncUcdes traducteurs, p. 512.]
^OC) CATAUACTi;.
(le l'iiillaimnalioii de ces parties. Les dilTéi-eiiles variétés d'iritis déter-i minent quehiuel'ois non-seulement l'opacité de la ca])sule, mais encora celle du cristallin. Ces sortes de cataractes s'accomj)agnent oi'diiiaire-* ment de l'adhérence de l'iris à la capsule.
4. On su|)])0se (|ue la cataracte cons:,énial(î est due à ce ([uc, lel cristallin étant opaque à une certaine période de la vie l'd'tale, un arrêt de dévcloppcmenl le maintient tel. L'opinion de Heer (1), qua ce qu'on appelle ccUaracle confjénicUe ne mérite pas ce nom , mais» provient de ce que, après la naissance, les yeux sont exposés à ud» trop vive lumière, se trouve renversée par ce lait qu'on a observé celte! alléclion successivement chez plusieurs enfants de la ménui l'amille etr immédiatement après la naissance.
Causes éloignées et causes prédisposantes. — Beaucoup des causes* éloignées et des causes prédisposantes de la cataracte sont encore' à découvrir; mais les suivantes exercent une action plus ou moins» marquée :
\. L'âge avancé. — Sur 500 malades, atteints de cataracte, traités": par Fahini (2), 268 appartenaient au sexe masculin et 252 au sexei féminin. Sous le rapport de l'âge, ils se partageaient de la manicreJ suivante :
De 1 à 10 ans, 14; de H à 20 ans, 16; de 21 à 30 ans, 18; de 31 à 40 ans, 18 ; de 41 à 50 ans, 51 ; de 51 à 60 ans, 102 ; de 611 à 70 ans, 172; de 71 ans et au delà, 109.
Il en résulte que la prédisposition à la cataracte est peu marquée» jusqu'à 40 ans, mais qu'elle s'accroît beaucoup à partir de cette période» de l'existence.
2. Hérédité. — Les exemples d'individus attaqués de cataracte à j)eu près à la même époque de la vie que leurs parents ou quelqu'un i de leurs proches, ne sont pas rares; on a vu aussi plusieurs frères ouii sœurs naître avec une cataracte congéniale ou une prédisposition à s contracter plus tard cette affection à la même époque de leur existence.
3. On suppose que les professions qui exigent l'exposition des yeux> à un feu ardent prédisposent à celte maladie. On trouve dans cette, catégorie les souffleurs de verre, les forgerons, les cuisiniers, les s lavandières, etc. '
4. Au début de ma pratique, la profession qui me fournissait le plus > de cas de cataracte était celle des fabricants de bas au métier. Celle p affection, chez eux, se compliquait souvent- d'amaurose. Je suppose f que leur vie sédentaire et rattenlion avec laquelle ils sont obligés de regarder sans cesse un objet toujours en mouvement, étaient les causes > de celte prédilection de leurs yeux à se ca ta racler.
(1) Das Au(tc,p. 68;Wii'n, 1813.
(2) Gracfe iind Walther's Journal (1er Chirurgie unil Augenliciliiuinlc ; vol. XIV, p. "M : Hcrlin, 1820.