‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 47 sur 143 · DIAGNOSTIC, SYMPTOMES, CAUSES, PRONOSTIC, ETC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC, SYMPTOMES, CAUSES, PRONOSTIC, ETC

S L'usage du vin cl des liqueurs spirilueuses parait favoriser la produclioii de la cataracte, alVectiou (|ui est commune dans tous les pays où le vin est à bon marché et à la portée des basses classes (1).

0. On prétend (|ue la cataracte estconiuiune chez les Turcs, et on l'attribue à Tusage de l'opium (2).

7. Les habitants des cou'trées volcaniques, tels que ceux de Naples et de la Sicile, y sont, dit-on, très sujets.

8. L'a|)plication subite du IVoid aux extrémités, dans le but d'arrêter quelque évacuation naturelle ou quelque ellort morbide, comme les règles ou une attaque de goutte, peut déterminer la production d'une

9. En règle générale, les sujets atteints de cataracte jouissent d'une bonne santé. Les alVcctions dont ils ont eu le plus souvent à soud'rir sont de nature rhumatismale ; la dyspepsie, la céphalalgie et le vertige eu précèdent quelquefois ra|)parition, surtout chez les femmes. Mais, dans la majorité des cas, aucun trouble de quelque importance ne s'est manifesté dans la santé.

10. J'ai observé trois cas de cataracte chez des femmes de 18 à 2o ans atteintes de diabète sucré. J'ai observé la même complication chez des hommes ; mais ils étaient plus âgés.

Pronostic rjénéml. - — Le pronostic varie beaucoup, suivant l'espèce de cataracte, les complications qui peuvent exister, l'âge et la santé générale du sujet alï'eclé.

Au début, surtout lorsque le cristallin est entrepris, nous hésitons raremen,t à prédire que l'opacité ira en augmentant et la vision en diminuant, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que la faculté de distinguer la lumière d'avec l'obscurité. Si la moitié antérieure de la capsule est le siège d'une opacité partielle, l'aftection peut rester stalionnaire pendant nombre d'années, et même toute la vie, sans troubler la transparence de la lentille; mais la cataracte capsulaire postérieure n'existe jamais longtemps sans provoquer l'opacité du cristallin.

Quant au pronostic, relativement à la cure de l'affection, les praticiens donnent généralement trop d'espoir à leurs malades, et leur promettent trop facilement qu'une opération chirurgicale leur rendra une vue parfaite; ils ne prennent pas suffisamment en considération la fréquence des autres altérations morbides de l'œil qui accompagnent cette alVeclion, surtout dans un âge avancé, telles que la dissolution de l'humeur vitrée et l'affaiblissement de la sensibilité de la rétine.

On ne tient pas non plus assez compte , dans le pronostic final, des dangers inhérents à l'opération de la cataracte. On perd de vue le 'risque d'une opération mal exécutée, ou le danger d'une inflammation desorganisatrice qui peut survenir après l'opération le plus habilement

(1) " Satire NVciiip vcraiiliissen Slaarl)linillieil. » Socnimcring.

(2) n(Hcill(;-l>arisc, Uygièiic oculaire, i).2:j, Paris, 1823.

CATAUACTE.

|»i'ali(nu''e. La iiianiore d'opc-rcr, (lucl que soit le mode ()|)éi'aloii( choisi, iiillue heaiicoup sur le résullal heureux; il en est de inènie di Irailenieul eoiiséculil'. Beaucoup d'opéraleurs croient avoir assez l'ai ((uand, par la iiuhlicalion de qu('l(|ues cas heureux, ils ont persuach leurs confrères cl, le puhlic de leur hahilclc; niais si l'on n'a pas niiiiii lieusenicnl délaillé les circonslances de cha(|ue cas; si l'on ne doniu pas riiislorique , non de quelques cas choisis, mais de lous ceux qu se sont présenlés pendant un an ou une période plus longue, en conli iiuant les ohservations, non pendant quelques jours ou (piehiues se maines après l'opération, mais pendant l'espace d'un an ou plus, il est inipossihle de rien conclure, soit sur le mérite de l'opération, soii sur celui des dillerentes méthodes opératoires, ni d'étahlir d'um manière générale quelles chances de succès oll're l'opération dans l;i cataracte. Des laits tels que ceux que nous allons citer peuvent seuls servir de données pour étahlir le pronostic définitif de la cataracte.

1. L'Académie Royale de Chirurgie, désireuse de connaitre la vérih sur les succès de Daviel, s'adressa à M. Caqué , un de ses membrecorrespondants, qui hahilait Rlieims. Caqué, dans une lettre datée du 15 janvier 1755, informa la compagnie que Daviel avait opéré ;i Rheims 54 cataractés : sur ce nombre, 17 avaient recouvré une vut parfaite, 8 voyaient passablement, et 9 n'avaient retiré aucun hénélicc de l'opération (1).

2. En juin 1755, la Faye, Poyet et Morand opérèrent le inénic jour 19 cataractés, les deux premiers par extraction, quoique par deprocédés différents, Morand par abaissement. Des opérés de la Faye, ^ deux virent ,bicn, deux passablement, et deux pas du tout. De ceux de Poyet ,deux virent bien, deux moins bien ; un pouvait discerner la,* lumière, et deux ne voyaient rien. Trois des opérés de Morand virent j passablement bien, et trois restèrent dans le même état qu'avant l'opé— ; ration (2).

5. M. Sharp, dans un travail qu'il lut le 22 novembre 1755 devaulij la Société Royale, mentionne qu'il a pratiqué l'opération de l'extraction J sur 19 yeux : dans la moitié des cas, il croit pouvoir dire qu'il a obtenu t un succès passable; mais il avoue que dans tous il est survenu une inflammation considérable (5).

4. Le docteur Tartra (4) a publié le résultat des opérations de • cataracte pratiquées kïHàtel-Dieu de Paris, du commencement de ^ 1806 à 1810 inclusivement. Le nombre total des cas s'élève à H5: de ce nombre, 70 furent opérés par extraction, et 45 par déplacemeni : 19 des 70 extractions et 24 des 45 déplacements réussirent; 6 extrac-

(1) Mémoires de TAcailcinie Royale de Cliirurgie, t. V, p. 597; Paris, 1787.

(2) Ibid., t. VI, ]). 352.

(5) Pliilusophical Transactions, 1725; vol. xlviij, Pari. 1, p. 522; Loudon, 17;i'i-.

(4) De l opéralion de la cataracte, p. 85, Paris, 1812.

DIACNOSTK;, SYMl'TÔAIKS, CAfSl.S, l'UONOSTIC. , UTC.

lions cl h cloplaccincuLs l'éiissircnt en punie ; 8 exlraclions cl 5 tk'placemciils cciiouèienl oomplcleincnt : le irsullal, tics aulrcs cas rosla inconnu, ou lui, plus ou moins dcravorahlc. Le doclcur Tarira lail observer (|u eu réunissaul aux 4.5 cas heureux les 10 cas où le succès ne fui q'K' p:>i'licl, on trouve que près tic la moitié ties malades récupérèrent plus ou moins la vue. On calcule tlordiuaire, ajoute-t-il, (|iie sur cinq opérés deux reeouvreul la vue.

5. Pendant l'année 1850, laulomne tie 1852 et le |)rinlcmps de 1855, le i)roresseur Roux opéra par extraction 179 yeux sur Mo malades à la Chavllè, à Paris. Voici les résultats ([u il obtint :

( 40 11 OUI mes.

73 opérés recouvrèrent la vue, dont j .^^ femmes

( 5''2 lionimes.

97 opérations réussircnl sur ^ ,.^,,,^,^1^,^

( 32 hommes.

7'2 opéniUons ccliouercnt sur | femmes.

( 6 hommes.

10 réussirent en partie sur | ^ femmes

Le prolesseiir Roux a donc réiissi sur un peu plus de cinq opérés sur huit, et sur un peu moins de cinq yeux sur neuf (1 ).

Voilà un spécimen des données que la pratique tles chirurgiens non spéciaux peut fournir pour le pronostic général des opérations de cataracte; quelc[ues-uns de ces o])érateurs n'avaient probablement pas une connaissance bien approfondie des maladies des yeux, ni une grande habileté spéciale pour l'opération de la cataracte, non plus qu'une connaissance suffisante du traitement consécutif. J'estime que, dans la pratique tl'un chirurgien connaissant parfaitement les afl'ections oculaires, capable de distinguer les cas qui réclament rextraction tleceux qui doivent être opérés par division, sachant bien pratiquer ces sortes d'opérations et appliquer avec soin et connaissance de cause le Iraitenieiit consécutif, les trois quarts des opérés doivent récupérer une vision passable, et les tleux tiers une vue excellente (2).

La constitution du malade, aussi bien que l'état tle ses yeux, influe beaucoup sur le résultat. Chez un sujet scrofuleux ou arthritique, par exemple, ou chez celui dont les systèmes nem'eux et circulatoire ont été all'aiblis par l'abus du vin, tles liqueurs, de l'opium ou du tabac, les chances plus grandes tle voir survenir une inllammation rendent le succès moins probable que chez un sujet sain. Un œil qui a eu à souffrir, n'importe à f[uelle époque antérieure, tl'atteintcs de la petite

tl)Tiii:i)ni)nK JIaukoir. F.ssai sur (iiioiques points de riiisloirc de la calaracle ; pp. 78. Si, Paris, IHôô.

(2) l'oiir les .statisliqiics d'opérations de calaraclc, voyez Jakckii, Sloiilhl}' .loiirnal cl' .Médical Science, Seplember 1847, p. li)8 : D.\i,iiYMrLi;"s Palliology of tlie Iluman lîye, Kxplanalion ol' > pl. x.wii : IJiNci;, Archives d'Ophllialniologie, I. Il, p. ïi ; Paris, ISy/i- [cl Annales dOcnlisliquc, l. XXXI, p. 130. DouMic, Annales (rOcnlistiiiiie, l. XXXIV, p. IG-i].

CATAUACTK.

vérole, (r()])lUhiilniio scrofuleuse, d'irilis ou de quelque alleciion snn bliible, pi'ésenlo ))eu de cluuiee de sueeès.

(;enui:s v.t espèces ue la cataracte.

La classificalion la |)lus iuipoi-lanlc des calaracles esl eelle qui Ic-r divise eu vraies e(, eu Causses. Les cataractes vraies sout celles (|ui oui leur siège daus l'épaisseur du tissu de la capsule crislalliue (»u à V'im térieur de sa cavité, et les f aimes celles qui siégeut au dehors de celia capsule. Les disliuclions des genres et des espèces qu'on a admisesdans chacune de ces classes sont fondées soit sur la jmrtion particm lièrement afl'ectée de l'appareil cristallinien, soit sur lespèce de sub stance qui forme obstacle à la vision.

La cataracte vraie se montre souvent exemple de toute complication j la fausse est toujours accompagnée d'autres changements morbide!'' survenus dans l'œil.

Classe 1. Caturactes vraies.

Genre l. Cataracte lenticulaire.

KiR. Wardrop, pl. XI, Jig 3, pl. XII, f]g. 5. Bcer, Band II, laf. III, fis. I. Von Animon, llil. 1, lat. IX,\ lig. I2-Id, laf. X, lits- o-U, lof. XI, lig. H-ll, 10-57, .10-10. llalryniple, pl. XXV, pl. XXVI, pl. XXVIl.l flg. 1-2-5. Sicliel, pl. XIV, pl. XV, /ig. B-0, pl. XVII, flg. 1, 2, S, pl. XVIIl, lig. i.

L'espèce de cataracte la plus fréquente esl celle dans laquelle! l'opacité n'allécte que la lentille cristalline. Sa couleur et sa cousis-. lance varient suivant l'âge des sujets qui en sont alleinls. Chez lesvieillards, qui l'offrent le plus souvent, l'opacité revêt généralementi une coloration cendrée assez foncée, quelquefois avec une tendance in la teinte jaune ou ambrée; chez les sujets plus jeunes, elle ressemblei souvent à du blanc d'œuf à moitié coagulé par l'ébullition; chez les> enfants, la teinte esl encore plus claire et se rapproche de celle dui lait étendu d'eau.

Chez les jeunes sujets dont le cristallin esl mou, toute sa substancei' est le plus souvent envahie par la cataracte; chez les vieux, où il esli dur, la cataracte n'occupe ordinairement c[ue la superficie, principale- ment à la face antérieure : le reste est d'une couleur ambrée trouble. . Chez les sujets d'un âge moyen, les portions externes du cristallin i cataracté sont souvent blanches et si molles qu'elles se mêlent à riiiimeur aqueuse quand l'aiguille les attaque, tandis que la partie cenlndc eu est dure et de couleur d'ambre.

L'opacilé, quand on regarde l'œil, parait ordinairement d'une leinle uniforme et étendue également derrière tout le cham|) de la pupille.

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