‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 48 sur 143 · GENRES ET ESPÈCES DE LA CATARACTE · texte numérisé non relu

GENRES ET ESPÈCES DE LA CATARACTE

JîUe a quelquefois un aspeel |)erlé brilkinl; d'aulres fois on y apciroil des rayons se |)orlant du cenire vers la circonierence, ce (|iii est dû à ce que la lenlille tend à se rompre et à tomber en fragnuMils semblables à ceux (|ui se formenl lorsqu'on laisse un cristallin se |)u!rciier et se desséclier. Cet aspeel, même lors(|u'il s'observe ebez des vieillards, annonce que le cristallin est disposé à se laisser i-ompre en fragments par l'aiguille. On voi^ assez souvent des stries opa(|ues partant de la cireonlereiu-e du cristallin et se portant vers son centre pendant un court trajet. M. Dixon (1) jjcnse (jue, ebez les personnes {Wées, la cataracte débute ordinairement par des stries qui partent de la circonférence et se portent vers les pôles. Quand ces stries se dirigent sur la face postérieure de la lentille, elles ont l'air de siéger dans rbumeur vitrée ; mais c'est une illusion d'optique. Une vai'iété peut s'appeler cor//cff/e ; le bord de la lenlille y est comme frangé par des tacbcs opaques, denses, d'où partent des stries qui se portent suiles faces antérieure et postérieure du cristallin, tandis que le noyau en reste plus ou moins transparent. La face antérieure du cristallin opaque est plane ou légèrement convexe ; elle est suflisamment éloignée de la pupille pour que l'iris puisse porter son ombre sur elle.

[L'opacité isolée des couches les plus externes, soit de la partie antérieure, soit de la partie postérieure de la lenlille cristalline, a été nommée cataracte corticale antérieure ou postérieure. Ces variétés ne se présentent que dans les cataractes lenticulaires molles qui commencent toujours par les coucbes superficielles.

1" Cataracte corticale antérieure. — La face antérieure du cristallin offre une ou plusieurs stries opaques, plus ou moins marquées et d'un blanc jaunâtre. Ces stries se dirigent toujours de la circonférence vers le centre de la lenlille. Souvent, au début, l'on n'aperçoit qu'une courte ligne opaque plus ou moins rapprochée du cenire ou de la circonférence, mais affectant toujours la direction indiquée. Quand il existe plusieurs de ces lignes, elles circonscrivent des espaces triangulaires dont le sommet est toujours au centre et la base à la circonférence. Au début, les côtés du triangle sont seuls opaques, l'espace compris entre eux restant transparent; mais plus tard cet espace revêt une teinte blanc-bleuàtre uniforme, indice de son opacité. Les divisions triangulaires finissent par disparaître et la cataracte prend alors un aspect uniforme. Il importe de ne pas confondre, comme on l'a fait longtemps, ces stries avec des opacités de la capsule.

2° Cataracte corticale postérieure. — Très rarement primitive, elle accompagne presque toujours la cataracte antérieure arrivée à un certain développement. Les lignes opaques, débutant par les couches

(1) Lîiiicol, vol. ij, pour 18!)2, pp. 2G0, 4u5.

CATARACTE

su|)(M'lici(!llcs posU'rieui'CS tic la Iciilille, suivenl la même marche qu'èi avaiil; seuleinciil ces lignes, (lécrivaiil la lonne du crislallin, parais, seul concaves. Lorsciuc plusieurs Iriangles parlagenl les coucliei cxlerues en arrièrCj réunis à leur sonimcl au centre de la lentille, \[, voiil ensuite en s'éloignant les uns des autres, se dissolvent et laissenj des débris qui paraissent avoir leur siège dans la capsule posté rieurc.

M. de la Galle (1) indique le moyen suivant de distinguer les striei placées à la partie antérieure d'avec celles (jui se trouvent vers la face? postérieure de la lentille : « Dans ce dernier cas, dit-il, on se sei avec succès de rarlidce suivant, recommandé par Desmarres, a: moyen de l'ophtlialmoscope : Si les stries sont abondantes, après li avoir vues très nettement, on engage le malade à porter la tête iorte-î ment en arrière; elles se cachent alors en grande partie derrière lel segment inférieur de Tiris, pour ne laisser voir que la partie antérieure de la lentille avec sa transparence physiologique. S'il n'y a qn'unei seule strie opaque, on fixe la tache et l'on fait regarder le malade, jei suppose, en haut : on s'aperçoit alors que la tache, au lieu d'èlrc enlrainée en haut, connue cela devrait être si elle était placée sur sa face antérieure, est au contraire portée en bas, et à tel point qu'elle arrive à se cacher derrière la portion inférieure de l'iris. Par contre,' si le malade regarde en bas, on voit l'opacité ren)onter. Ces change-menls sont impossibles quand les taches sont placées sur la face anlé-' rieure de la lentille. »

Arll et E. Jaeger ont décrit une autre variété de la cataracte, qu'ils: ont nommée cataracte slratifiéc {schichlslar) et dans laquelle l'opacité > réside dans une couche circonscrite de la substance du crislallin, intermédiaire au noyau et aux couches corticales. Voici la descriplioni qu'en donne Gracie (2) :

« De la cataracte stratifiée. — On remarque derrière la pupille une opacité faiblement saturée (salurirte), qui, après une instillation i d'atropine, se sépare, au moyen d'une ligne de démarcation bien Iran- chée, d'une zone périphérique transparente appartenant également aui cristallin, et occupant en tout un cercle de 2"'- à 5 1/2'"™ de diamètre. Presque constamment, le pôle antérieur de la couche opaque est recouvert par quelques points blancs ; quand il n'en est point ainsi, le degré de saturation de l'opacité est complètement égal de sou bord au centre, ce qui distingue déjà complètement cette forme de l'opacilé du uoyau. Cette égalité dans l'opacité fait déjà supposer qu'une conclu opaque de même épaisseur recouvre un noyau Irasparent. Un autre fait, qui parle dans le même sens, c'est le degré comparativement bon i de la vue des malades, qui, même quand rétroitcsse de la pupille ne .

r(l) De rophllialmoscope. Thèse (le Paris, 181)0.] .^.vv» i i40l

[(2) Archiv rûfOplillialmologie.l. I,2,i).ï25u, el Annales d'OculisUqur, t. XXXVI. p. lis-J

(;i'NUi'S i;t f.si'Kcks dk la catakacti:. o/a voir 'de la couche spliéi'i(|ue Iransparciite, sont souvent

(lopuis — j- - » - .(ail composé d'une substance corticale complètement transparente, Ir'une couche opaque très tranchée (d'un tiers à un dcmi-millimèli'e ■iir les cristallins desséchés), enlin d'un noyau complètement Iransparenl, coloré en jaune d'ambre, chez les deux plus âgés de ces ma-

« Le diagnostic de la catai-acte stratihec ne pi-esenlepas la moindi-e difficulté: opacité faiblement saturée, mais parlaitcment égale, située derrière la pupille, prouvant, par la distance (jui existe entre sa surface convexe et le plan de la pupille, et par celle qui se trouve entre sa périphérie et le bord du cristallin après dilatation de la pupille, que la couche corticale est transparente, comme l'égalité d'opacité le prouve pour le noyau.

« A l'examen ophthalmoscopique , toute la portion opaque paraît foDcée, à bords tranchés; mais, vue à la lumière tombant perpendiculairement sur l'œil, elle présente dans ses parties centrales une diaphanéité d'un rouge brunâtre quand l'opacité n'est pas trop saturée. Le bord de l'opacité paraît beaucoup plus foncé; ce qui tient sans doute à ce que la lumière y arrive bien plus obliquement et n'y pénètre ainsi qu'à un bien plus faible degré. Le reflet rougeàtre disparaît complètement pour apparaître aussi foncé que le reste de l'opacité quand la lumière arrive obliquement à la pupille. La substance corticale ambiante parait complètement claire quand la cataracte est vraiment stationnaiie ; si elle suit une marche lente, mais progressive, ony voitde fines opacités ponctuées ou de courtes bandes en rayons dans le voisinage de l'équateur. Je crois avoir remarqué que la périphérie du cristallin est légèrement plus petite qu'à l'état normal ; du moins \ oit-on le rebord du cristallin en regardant l'œil dirigé un peu de côté, lundis qu'à l'état normal cela exigerait qu'il le fût beaucoup plus fortement. Cette diminution comporterait, d'après mon appréciation, d'un demi à trois quarts de millimètre.

« A l'examen catoptrique, la pupille ayant été préalablement dilatée, ic malade voit son opacité sous forme d'un disque un peu plus clair au centre et enveloppé d'un anneau transparent. Il n'est toutefois pas rare [ue le centre soit indiqué par un groupe de taches complètement fondées, tenant aux opacités habituelles du pôle antérieur, qui ne sont point situées sur la capsule, mais immédiatement sous celle-ci, ou même pins profondément. — L'expérience de Purkinje donne, surtout i l'on dirige obliquement les rayons de la lumière, un reflet très ililTus de la couche opaque du cristallin, et la distance enlîe les deux n. 32

CATARACTE

l'cflcls permet crapprécicr approximativcmenl l'épaisseur de la coucli corticale transparente.

« La calaracle stratifiée présente d'ailleurs de nombreuses variétés dans (luelques cas, la couche opaque est parsemée de bandes rayoi nantcs; d'autres l'ois, on voit du bord de l'opacité des figures analogue s'étendre dans la substance corticale sous forme de prolongement irréguliers, d'appendices en massues, de gouttes qui tombent, et(; Ces dernières métamorphoses paraissent ne se produire que dans n âge avancé et exceptionnellement. 11 doit être très rare de rencontre plusieurs couches opaques séparées les unes des autres par des cou ches transparentes; du moins n'ai-je pu qu'une seule fois acquéri par l'examen ophthalmoscopique la certitude que j'en avais un ca soiis les yeux.

« Je ne sais si la cataracte stratifiée est jamais congéniale; le légc degré d'opacité qu'elle produit ne permettant de voir la faiblesse d vue de l'enfant que quand il commence à faire un usage un peu préci de ses yeux. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle augmente générale ment de saturation pendant les premières années de la vie, pou ensuite rester complètement ou presque entièrement stationnaire. C dernier fait a lieu aussi longtemps que la substance corticale est cotn plétement transparente , et j'y trouve un critérium important pou. le jironostic. Mais si elle devient aussi diffuse ou ponctuée et garni, de bandes opaques, on peut admettre sûrement une progression don la rapidité peut être déduite de la forme de l'opacité. Si elle est diffuM ou ponctuée, la progression est très lente; si elle présente des ban dclettes Unes, étroites et rares, il en est à peu près de même; s celles-ci sont nombreuses, et surtout si la distance intermédiain est diffuse ou ponctuée, on peut pronostiquer un développement plii; rapide ; mais si les bandes sont larges et situées sur un fond parsenK de gros points ou de taches, la marche a toute la rapidité qu'elle peu présenter. Ces signes ne peuvent acquérir toute leur exactitude qu( par l'emploi de l'ophthalmoscope.

« Tant que l'opacité n'est pas saturée, la vue des malades est rel;i tivement bonne; mais si elle l'est, les rapports relatifs entre lagrandeui de la pupille et l'étendue de l'opacité donnent lieu aux différences le^ plus variées. Il y a des personnes qui, au crépuscule ou après dilata lion préalable des pupilles, peuvent encore lire un fin caractère d'ini pression, tandis que, lorsque leurs pupilles sont resserrées, elles peuveiii à peine se conduire avec sûreté. Chez d'autres, la dilatation de la pupille n'a que peu d'influence ; mais celle-ci se montre quand ellc> portent des lunettes sténopiEiques, qui détournent la lumière dilTusi pénétrant au travers des parties opaques du cristallin. Toutes paraissciii souffrir d'une myopie apparente, parce qu'elles doivent rapprocher beaucoup les objets de leur œil, afin d'obtenir, au moyen d'un phi>

GENRES ET ESPÈCES DE LA CATAllACTE. 577

faible éclairage de son fond, de plus grandes images rétiniennes. Ainsi se forme peu à peu une vraie myopie d'habitude, connue cela a Heu dans les opacités de la cornée, et c'est précisément pour celle mvopieque la plupart des malades s'adressent au médecm. Un grand nombi'« d'entre eux se plaignent d'éblouissements, symptôme très différent selon les cas ; les uns craignent la lumière, parce qu'ils sont trop incertains quand la pupille est resserrée; chez d'autres, c'est la lumière dilluse qui traverse la couche opaque du cristallin qui rend la vision confuse. » T. W.]

La cataracte lenticulaire, extraite de l'œil, parait toujours moins blanche et d'une teinte plus ambrée que celle qu'elle avait, étant en place. Quelques-unes ont la couleur de l'acajou et sont extrêmement dures. J'ai vu des cataractes lenticulaires, en petit nombre, dans lesquelles l'opacité avait une teinle si sombre, qu'on aurait pu la méconnaître sans un examen attentif. En concentrant la lumière sur la pupille, l'opacité se montrait striée. C'est aux cas de cette espèce qu'on a donné le nom de cataracte noire (1). Dans aucun de ces cas, je n'ai pu voir le cristallin extrait de l'œil.

La cataracte lenticulaire n'étant presque jamais assez volumineuse pour effacer la chambre postérieure et comprimer l'iris , n'exerce presque aucune influence sur les mouvements de la pupille. J'ai rencontré de ces cas de cataracte dans lesquels la pupille restait immobile, bien que la rétine fût saine; néanmoins, la pupille se dilatait sous l'influence de la belladone. En général, le globe de l'œil est sain, excepté chez les vieillards, où l'opacité du cristallin s'accompagne fréquemment d'un état de diffluence de l'humeur vitrée, La cataracte lenticulaire n'abolit jamais complètement la vision. Dans le plus grand nombre des cas, le malade continue à distinguer non-seulement la lumière de l'obscurité, mais encore les couleurs brillantes ; et, vers le [crépuscule, lorsque la pupille se dilate, il dislingue fréquemment la forme des gros objets. Lorsqu'il est exposé à une vive lumière, il n'aperçoit rien ; dans quelques cas rares, l'opacité du cristallin est si iintense dans toute son étendue, que ce n'est qu'avec difficulté qu'il peut distinguer le jour des ténèbres.

La cataracte lenticulaire est celle qui est la plus favorable pour l'opération. Le jeune chirurgien, pour pratiquer sa première extraction, devra toujours choisir un cas de celte nature chez un sujet dont la ipupille est bien mobile et l'œil ni trop ni trop peu saillant.

(1) Jamn, Mémoires sur Toeil, pp. 239,261; Lyon, 1772; Warnatz, Ammon 's Zeilschrifl fur idieOphllialmologic, vol. iij, p. 29:5, nrcsdcn, 1832; Scott, On Calaracl, p. 2, Lonilon, 1845: "BEAucuin, Annales d'Ociilisliquc, l. XXIll, p. 150, Bruxelles, 18j0 ; Bi.OT, Gazelle Médicale de Paris, 20 juin I8;i2,p.412.

CATAUACTE.

TiKNIU: M. — CATAnACTIÎ CAPSULA IHE.

Siju. — Calarncla iiieinhraiiucru.

Espèce I. — Cataracte capsulaire antérieure.

Kig. Wanlrop, pl. XI, llg. .1; pl. XII, llg. \. lieui-, liniul II, Hif. III, llg. 2. Von Aiimion, llil. 1, taf. Jx ' flg. U-10; tar. XI, llg. l, 7, 8. Sicliel, pl. XXIIl, rtg. 0. '

L'hémisphère anlci'ieurc de Va capsule est hcaucoup plus épaisse e plus résistanle que la postérieure ; elle ressemhle exactement à la me^^ l)raiie qui tapisse la l'ace interne de la cornée, et possède comme e une élasticité qui lait que, lorsqu'elle est déchirée et libre de ses c~ nexions, elle s'enroule sur elle-même comme un morceau de parchemi ou de feuille de batteur d'or. Elle est plus souvent le siège d'opacité que la postérieure, qui peut rester transparente alors que rantérieur est souvent le siège d'opacités partielles (1).

Dans la cataracte capsulaire antérieure, l'opacité n'est jamais unifoi; mément répandue comme dans la cataracte lenticulaire; elle rev toujours la forme de stries ou de taches, et a généralement une coule de craie ou d'un blanc perlé. Tantôt il n'y a qu'une tache, tantôt i y en a plusieurs. La forme et la disposition en sont très irrégulières quelques-unes partent de la circonférence de la capsule, d'autres e occupent le centre. Dans quelques cas, on voit une seule tache forraan une saillie pyramidale au centre de la capsule. J'ai quelquefois vu, e: opérant, ces taches se détacher de la capsule aussitôt que l'aiguille le; touchait, et tomber dans la chambre antérieure à travers la pupille dilatée. Néanmoins, dans la plupart des cas, le dépôt parait existei dans la membrane et non à sa surface ; toute l'épaisseur en parai augmentée et opacifiée.

La perte de la vision est plus ou moins marquée que dans lacataracK lenticulaire; ce qui dépend, soit de l'étendue et de la situation de: lâches, soit des changements concomitants qui se sont effectués dan;

(l) On a mis en doiile que la capsule pût devenir opaque; on a considéré comme des dépùisur les faces externes et inleriies les opacKés allribuées jusqu'ici à la calaracte capsulaire Voyez Giios. Gazelle Médicale de Paris, 24aoiit, 1831 p. 271.

[La queslion de savoir si la capsule du crislallin est susceptible de perdre sa transparence pai le lait de l'altération de sa tcMure, n'est pas encore résolue d"une manière absolue. Longlein|idébiillue entre des adversaires également compélents , elle a donné lieu à des travaux remarquables dont la plupart, publiés dans les Annales d'Oeulistique. sont renseignés ci-après :

M.\i.c.\iGNE. De la nature et du siège de la cataracle, Annales d'Oeulistique, t. VI, p. G2, 1. Vlll ,, J07. — Opinion de M. SicuiiL sur la nature et le siège de la calaracte, /(/. I. VI, p. tii. — H' .M. LEiiOY d'Étiolles, Id. t. Vi, p. 70. — De .M. GuiiriJi, Id. t. VI, p. 203, I. Vil, p. o5 elji/. llfliîRiNC. Rcclierclics sur la nature et le siège de la calaracte, Id. t. Vlll, p. 15, 69, j09, ISy, '-i." 274, Du siège et île la natui'e des cataractes ; revue des ojiinions émises, Id. vol. siippl p. 182, et l. IX, p. 50. — J. lîoscii. De Topacilé de la capsule crislalline, Id. I, XXX, p.225. - A. lliciiAnD. Des diverses espèces de cataractes et de leurs in.licalions tliérapeuliques spèciak'; Thèse de Paris, 18;i5. -- Desmaiuies. Traité pratique, etc., t. III. - Sicuel. leonograplr-

GENRES ET ESPÈCES DE LA C.VTAnACTE. 579

l'œil. Il n'est pas rare de voir la vision conservée à un point qui rendrait l'opération injusliliable.

Comme il y a tout lieu de croire que la cataracte capsulairc antérieure est, dans presque tous les cas, le résultat de l'inllammation, on devrait s'attendre à la trouver souvent, sinon toujours, compliquée de traces d'irilis. 11 en est cependant rarement ainsi. La nutrition de riiémisphère antérieure de la capsule s'opère par l'intermédiaire des procès ciliaires et non par l'iris. La cataracte capsulaire peut exister pendant des années, et même pendant toute la vie, sans amener l'opacité du cristallin.

Espèce 2. — Cataracle capsulaire poslérieure.

Fig. Von Ammon, llil. 1, laf. XI, ng. 3, ».

L'opacité de l'hémisphère postérieure de la capsule est beaucoup plus rare que celle de l'antérieure; mais elle a beaucoup plus de tendance que celle-ci à déterminer l'opacité consécutive du cristallin. Quand cela arrive, on ne peut naturellement plus apercevoir les changements ultérieurs qu'éprouve la moitié postérieure de la capsule. J'ai observé un cas dans lequel une cataracte capsulaire postérieure s'était développée brusquement dans les deux yeux, à la suite de l'arrêt des menstrues déterminé par l'action du froid; elle fut promptement suivie de l'opacité du cristallin.

L'opacité, dans la cataracte capsulaire postérieure, n'est jamais uniformément répandue; elle se présente toujours sous l'aspect de lignes radiées et parlant du centre de la membrane affectée. La surface sur laquelle ces lignes se montrent, est évidemment concave , tandis que les lignes elles-mêmes, vues à travers le cristallin, paraissent ternes et comme aqueuses, et forment un contraste frappant avec la blancheur, couleur de craie et nettement définie, des taches de la cataracte capsulaire antérieure. On voit quelquefois les deux hémisphères de la capsule être le siège d'opacités partielles, tandis que la lentille reste transparente. J'ai vu cet état persister sur les deux yeux pendant plus de^^imit ans sans déterminer d'opacité lenticulaire. Les deux hémisphères de la capsule étaient parcourues par des stries opaques. Quand les pupilles étaient à l'état naturel, la malade n'y voyait presque pas; mais elle a fait usage, pendant tout le temps que j'ai indiqué, d'une solution vineuse de belladone dont elle introduisait chaque matin quelques gouttes dans ses yeux. Ce remède n'a jamais perdu son action, et la malade en apprécie parfaitement tous les avantages.

La cataracte capsulaire postérieure n'exerce aucune action sur la pupille; je l'ai observée deux fois unie à l'amaurose. Dans ces cas, l'iris restait immobile. Je l'ai fréquemment rencontrée exempte de toute complication.

CAïAnACTIÎ

l^ii vision dans celle espèce de calaracle est Iroublce à des degrê-ti bien diiïérenls ; (|ucl(|ucrois le malade peul lire à laide d'un verm grossissant, tandis que dans d'autres la cécité est pres([ue absolue, j

GeNUE 111.— CaTAUACïE MORGAGNrENNE OU DE MOUC.VGNI.

Sijn- — Calai'iiclii liu^lcii, ciilaracia |)Liriformis, cataracla nuidu-diira. i ,

Kig. Ucer, lîuinl II, laf. 111, llg. 5. Slcliel, pl. XVII, Ug. 3, i, 0.

Le dépôt d'un fluide opaque entre le crislallin et sa capsule, et dû à la désorganisation des cellules intra-capsulaires et des lamelles supew liciellcs de la lentille, constitue la période commençante de la cata-u racle de Morgagni. A une période plus avancée, une grande partie de^ lamelles extérieures du cristallin sont passées à l'état liquide, et souvenu la capsule devient opaque, de sorte que la cataracte devient capsulo-* lenticulaire.

Tant que la cataracte ne consiste que dans le simple dépôt d'une^ couche liquide entre le cristallin et la capsule, elle oflVe un aspect^ nuageux semblable à du lait imparfaitement mélangé à de l'eau. On a dit que, si l'on frotte à plusieurs reprises l'œil avec le doigt par-dessusi la paupière supérieure, les nuages de l'opacité changent de forme et' de position ; il suffit même quelquefois, pour que ce changemenli s'opère, de mouvoir rapidement l'œil d'un côté à l'autre.

Dans la cataracte de Morgagni, la capsule est quelquefois distenduei au point de comprimer l'iris, d'eflacer la chambre postérieure et< d'empêcher les mouvements de la pupille.

Au début de l'affection, la vision n'est quelquefois que peu diminuée: les petits objets seulement échappent au malade, surtout quand il vient de frotter ou de remuer son œil; mais plus tard, quand une grande portion du cristallin est dissoute, la vue ne consiste plus que dans la distinction du jour d'avec l'obscurité.

Beer fait observer que cette affection se manifeste brusquement. La seule cause apparente qu'il ait vu influer sur sa production, c'est l'exposition des yeux à l'action des vapeurs d'acides minéraux mis en contact avec des métaux pour en produire l'oxydation. Le seul cas de celle allection au début que j'aie eu occasion d'observer, est celui d'une dame qui s'embarqua à Liverpool avec la vue parfaitemenl bonne; elle fut très malade pendant la traversée jusqu'à Greenock, et le lendemain du jour où elle débarqua, un de ses yeux était atteint de calaracle offrant un aspect tel que je ne l'avais point encore observé , el fiui correspondait à la description que l'on donne de la calaracle de Morgagni, si ce n'est que je n'ai aperçu aucun changement dans la forme de l'opacité en frottant l'œil.

On ne doit tenter aucune opération pour la cataracte de Morgagni ,

GEiNUES ET ESPÈCES DE LA CATARACTE.

au (lobul; pcut-èlre pourrail-on la guérir à l aide des aiilipiilogisliques, si ou rallaquait d'assez boune heure.

La calaracle de Morgagui, dans sa période la plus avancée, est connue sous le nom de miaracta fluido-duni; cl, suivant laspect qu'ollre le liquide qui s'éehaj)pe lorsqu'on ouvre la capsule avec Tai- "Uillc, on l'a aussi appelée calaracle lailcuse ou puriforme. Son caractère le plus remar([uable est la dilTérence de couleur qu'elle présente, suivant que le malade est debout ou couché. Dans le premier cas, sa coloration est d'un brun assez foncé, parce que le noyau du cris'iallin se porte vers la pupille; mais, dès que le malade se couche, elle devient blanche, parce que le noyau retombe en arrière vers rimmeur vitrée. La désorganisation du cristallin peut être portée au point qu'il n'en reste plus qu'un petit noyau, ordinairement d'une teinte d'ambre foncé. Lorsqu'on perfore la capsule dans l'opération par division ou dans celle par déplacement, la partie liquide de la cataracte s'échappe et se mêle immédiatement à l'humeur aqueuse. On voit souvent des vomissements opiniâtres et l'inflammation succéder aux opérations qu'on pratique sur les cataractes de cette espèce (1).

Genre IV. — Cataractf, capsulo-lenticulaire.

Elle est constituée par la réunion des deux genres et même des trois espèces de calaracle que nous venons de décrire. Non-seulement l'opacité de la capsule peut varier sous le rapport du degré et de l'étendue, mais, déplus, les cataractes capsulo-lenticulaires peuvent présenter tant de différences sous des rapports plus essentiels, qu'il devient indispensable de distinguer plusieurs espèces dans ce genre. Les circonstances dont nous voulons parler peuvent influer sur le choix de l'opération et sur la manière d'y procéder. L'opacité siège souvent sur la surface externe de la membrane, de sorte qu'elle s'en sépare sous la forme d'une mince écaille, lorsqu'on vient à la toucher avec l'aiguille.

Espèce I . — Calaracle capsulo-lenliculaire centrale.

Fig. Wanlrop, pl. XII, fig. i, 0. Von Amnion , llil. I, l:if. IX, flg. 1-S, taf. XI, (Ig- 10, llil. 111, laf. XIV, fig. 18

Dalrynipli;, pl. XXVI, fig 5.

Celte espèce consiste ordinairement dans un point blanc très limilé qui se montre au centre du cristallin et de la capsule antérieure; il pciii persister toute la vie sans subir de changement. On l'observe assez souvent sur les enfants, chez qui elle parait produire la myopie et alVaiblir la vue au point de les empêcher d'apprendre à lire. Dans

(I) Consultez sur la calarncle<le Morgapiii : Wii.m:, Metiical Tiincsaiid Gazelle, October 2,1852, !>. Ô27; DixoM, Laiicet, February 20, ISIiô, p. 198.

(|ucl(iiic5 cas, lopacilé lenliculairc est beaucoup plus large que celle (le la capsule cl moins prononcée.

Celle alleclion est quelquefois congéniale. Elle succède fré(|ueniment i à rophlhahnie des nouveau-nés. (F. lonie I, page 763.) Dans un cas s que j'ai rciiconlré , on Papei'çul après une lièvre scarlatine, avant! laquelle on n'en avait jamais soupçonné l'exislence, et à laquelle on i crut devoir l'attrihuer.

Quand elle est assez peu étendue pour permettre au malade de lire • en se servant de la belladone, il ne faut point y loucher (1).

Espèce 2. — Calaracle capsulo-lenliculaire ordinaire.

Fis. Saunders, pl. IV, flg. 5, 3, 1, G, pl. VII, llg. I. Von Ammoi), tlil. I, taf. IX, llg. 10-19, Î5, 21, laf X llg. 1, 3,7, 9 Dalrymplo, pl. XXVI, flg. 4, 5, pl. XXVII, lig. 5, pl. XXVIII, Hg. 4. Sicliel, ni. XVln' flg. 2, b, pl. XXIV. . i ,

La calaracle capsulo-lenliculaire ordinaire peut commencer par la capsule , par le cristallin, ou par un épanchement de liquide dit de Morrjagni. Les blessures de la capsule et du cristallin amènent cette espèce de cataracte. L'inflammation insidieuse de la capsule en est probablement une cause assez fréquente. L'opacité peut avoir atteint le cristallin depuis longtemps avant d'envahir la capsule.

L'opacité occupe une partie ou la totalité de l'une ou de l'autre des moiliés de la capsule ou de toutes deux à la fois. Le cristallin peut aussi être atteint partiellement ou en totalité. L'opacité a, en partie, l'aspect perlé de la calaracle capsulaire antérieure; en partie, l'aspect laiteux ou nébuleux de la cataracte de Morgagni. Quelquefois la couleur du cristallin est aussi foncée que celle de l'acajou. Les taches de la capsule revêtent les formes les plus diverses, et c'est sur celte diversité qu'étaient basées les vieilles dénominations de cataracla marmoracea, fenestrata, siellata, punctata, dimicliala, etc.

Quelquefois l'opacité du cristallin et de la capsule est si limitée, qu'il suffit de dilater la pupille avec la belladone pour améliorer notablement la vue du malade. Dans ces sortes de cas, avant de pratiquer une opération, il importe de bien peser ce qu'elle peut faire gagner et ce qu'elle peut faire perdre au malade. L'opération enlèvera probablement l'opacité qui occupait le centre de la pupille, et, dans ce sens, elle agira favorablement ; mais elle amènera la destruction de la portion du cristallin qui était restée transparente, et il pourra se faire que le malade voie moins bien qu'avant l'opération, à moins qu'il ne fasse usage de verres convexes.

Le cristallin, dans la cataracte capsulo-lenliculaire, présente plusieurs degrés de consistance : quelquefois il est dur; d'autres fois

(1) Consullez Becii; de Cataracta cenlrali, Lipsiae, ISôO.

GUNUKS KT i:si'ia:i;s i.a cat.uiacte. ô83

nnvci'li en parlic ou on lolalilé, en un Iluide opaque. Quand il ollVc

dernier élal la capsule esl quelquelois tellemenl dislcndue, (pic h cli unbi-e poslérieui-e se trouve oblilérée et que l'iris ne peut plus e mouvoir librement. La belladone ne dilate la pupille que Icnle- Lni et la dilatation produite ne s'ellace aussi que peu a peu. On voit même quelquelois l'étendue de la cliambre antérieure dnninuée parla compression de la capsule, et la saillie en avant de l'iris, qui en est la conséquence. . , , ,

La sensibilité à la lumière peut être très peu prononcée dans la cataracte capsulo-lenticulaire, ce qui est dù quelquefois à la densité de l'opacité, mais beaucoup plus souvent à l'existence d'uiuî amaurose. La cataracte qui se développe dans les cas d'ainaurose, et surtout dans ceuxd'amaurose trauinatiquc, est souvent capsulo-lenticulaire. Le développement de la cataracte, dans ces cas, suit une marche lente : à la fin, l'humeur vitrée se dissout et l'iris et la cataracte deviennent ballollaiits. On trouve, au reste, la rétine souvent malade, et l'humeur vitrée liquide, même dans des cas de cataracte capsulo-lenticulaire qui n'ont pas été précédés d'amaurose. Le pronostic doit donc être fâcheux dans la plupart de ces cas; le résultat de l'opération sera souvent décevant pour le malade et pour le chirurgien.

On a remarqué, dans quelques cas de cataracte capsulo-lenticulaire avancée, alors que le cristallin est dissous, que, si l'on dilate la pupille à l'aide de la belladone et que le malade reste au repos pendant un quart d'heure dans la position assise, les portions les plus blanches et les plus épaisses de la lentille en dissolution se précipitent au fond de la cavité de la capsule ; alors l'hémisphère antérieure de celle-ci n'étant point complètement opaque, mais simplement parsemée de taches, la lumière vient traverser plus facilement' la moitié supérieure de la cataracte, et la vision devient plus claire; mais, au moindre mouvement de l'œil, les parties contenues dans la capsule se mêlent de nouveau, et la vision devient aussi obscure qu'auparavant.

On voit, en pareil cas, une amélioration bien plus considérable de la vision survenir après une simple ponction faite à la capsule à l'aide d'une aiguille à cataracte, ce qui permet au fluide opaque qu'elle contient de s'échapper. Ce fluide est promptement résorbé, et la lumière qui peut traverser les portions transparentes de la cataracla fenestrata qui reste, suffit souvent pour que la vision s'exerce à un degré très notable.

La cataracte congéniale se voit le plus souvent à l'état de cataracte capsulo-lenticulaire. Je crois qu'ordinairement, au moment de la naissance, elle n'est que lenticulaire, et qu'elle ne devient capsulo-lenticulaire qu'au bout de quelques mois.

Dans les cas congéniaux, les yeux sont fréquemment alfectés d'un mouvement perpétuel d'oscillation , et la cornée ainsi que l'iris plus

CATARACTE

pclilc qu'à 1 elal normal, ce qui démoiUro qu'il existe un arrêl de déve lop|)enuMU dans d'aulres tissus que le cnslallin.

Espèce 5. — Cataracte capsulo-lenticulaire siiiqueuse.

l'-ig. lîecr, lîiind II, lof. Ill,ng. Snutulers, pl. IV, flg. i. Von An.mon, tlil. I, taf. XII, (ig. ô-n.

La cataracte capsulo-lenticulaire siiiqueuse se rencontre chez les adultes, mais on l'observe beaucoup plus souvent chez les enfants chez qui elle constitue une des variétés de la cataracte congéniale. Les principaux caractères chez les uns comme chez les autres sont un arrêt dans la nutrition du cristallin, qui diminue de volume, ou même disparait complètement par résorption, et une capsule ridée et revenue sur elle-même. Chez l'adulte , il ne reste qu'une écaille du cristallin, qu'on a comparée à une semence sèche, enveloppée d'une large cosse desséchée. Chez les jeunes sujets, le cristallin est assez souvent complètement résorbé, de sorte que, vers l'âge de 18 à 20 ans, les deux hémisphères de la capsule se trouvent en contact et constituent une double membrane opaque et élastique.

La cataracte siiiqueuse est quelquefois, chez l'adulte, le résultat de plaies pénétrantes de la capsule ; l'humeur aqueuse pénètre dans sa cavité; les couches externes plus molles de la lentille sont dissoutes, et il ne reste que le noyau.

Schmidt n'avait observé cette espèce de cataracte que chez des personnes jeunes et qui , pendant leur enfance, avaient été atteintes de convulsions , pendant lesquelles il supposait que la capsule s'était rompue, ce qui avait permis le contact de l'humeur aqueuse avec la lentille. Beer l'a cependant rencontrée chez des enfants à peine âgés de deux mois et qui n'avaient point souffert de convulsions.

Je suis porté à croire que toute cataracte molle abandonnée à ellemême, est disposée à dégénérer, d'abord en cataracte capsulo-lenticulaire, le centre de l'hémisphère de la capsule devenant opaque ets'épaississant, ou de nombreuses tachesopaques seformantsur la capsule; puis alors survient l'absorption delà lentille, qui peut être poussée à un point tel qu'il n'en reste plus qu'une mince écaille. Tel était l'état des choses sur l'un des yeux d'une dame dont j'ai pu observer les cataractes pendant dix-huit ans. Sur son autre œil, le cristallin avait aussi diminué d'épaisseur, mais la capsule n'était point opaque. La maladie durait depuis vingt-cinq ans, quand cette dame s'est décidée à se soumettre à l'opération.

L'opacité d'une cataracte siiiqueuse chez les enfants est ordinairement d'une couleur cendrée claire; il est rare qu'elle soit très blanche. La capsule paraît évidemment ridée; la cataracte est d'un petit volume et située à une distance considérable derrière l'iris. Quelquefois la pupille est évidemment rétractée. Chez les adultes, au contraire, celle

GKMIES ET ESPÈCES DE LA CATAUACTE.

cataraclc esl souvent très blanche, surtout dans les points où la capsule a été blessée; j)artout ailleurs elle est de couleur foncée ou jaunâtre. Elle ne l'orme i)oint une saillie convexe, mais parait aplatie.

Chez les enfants comme chez les adultes, l'iris a conservé ses mouvements, à moins qu'il n'ait contracté des adhérences avec la capsule par suite d'inllammation.

Dans quelques cas de cataracte congéniale, le cristallin et sa capsule uayant pas suivi les progrès de l'accroissement du reste du corps, et conservant à peu près les dimensions qu'ils avaient au moment de la naissance, on aperçoit autour du cristallin, lorsqu'on dilate la pupille, une zone noire formée extérieurement par les procès ciliaires, et intérieurement par l'espace qui existe entre eux el la circonférence du cristallin. C'est ce qu'on a appelé calaracta cum zonula. Lorsqu'on examine la zone en concentrant sur elle la lumière à l'aide d'une lentille, on voit qu'elle est striée. Les malades dont les yeux offrent cette cataracta cum zonula, peuvent souvent compter les doigts, distinguer les couleurs, et même quelquefois lire. Un médecin qui se trouve dans ce cas, et qui m'a consulté, lit, écrit et continue d'exercer la chirurgie. Il est myope, mais ne fait point usage de verres concaves; il voit plus mal avec des verres convexes.

Dans la cataracte siliqueuse, la cause qui l'a produite a quelquefois complètement détruit la vision en agissant sur la rétine ; d'autres fois, il existe une sensibilité marquée à la lumière, de sorte qu'on peut recourir à l'opération avec un espoir fondé de réussite.

Espèce 4. — Cataracte capsulo-lenticulaire cijstique.

Fig. Von Aramon, llil. 1, taf. X, flg. 1.

La cataracte cystique est ordinairement le résultat d'un coup porté sur l'œil ou le rebord de l'orbite, avec assez de violence pour que la secousse qui en résulte détermine la séparation du cristallin, renfermé dans sa capsule, d'avec les parties auxquelles il s'attache. Cet accident détermine la destruction de l'humeur vitrée; la capsule et le cristallin deviennent opaques, et quelquefois la lentille se dissout.

L'opacité est blanche et à peu près uniforme ; le corps opaque a une forme presque sphérique et comprime la circonférence de la pupille. Au bout d'un certain temps, la cataraclc tombe et reste couchée derrière le bord inférieur de la pupille, où on la voit ballotter à chaque mouvement de la tète. Lorsque la maladie est dans cet état, on l'a appelée crtfaracto tremulans vel nalatilis. L'iris devient aussi tremblotant. La cataracte cystique traverse quelquefois la pupille, comme un cristallin chassé hors de sa capsule par un coup qui le fait passer dans la chambre antérieure ; elle vient se placer entre la cornée et l'iris et excite de l'inflammation.

CmUACTE.

La calaraclo cyslKinc .s'accompagne toujours trainaurose; de sorii que, loi'S(|u'on en |)i'ali(|ue rexlraclion, ce n'est point dans Tespoii- d( rétablir la vision, mais seulement ])our mettre le malade à l'abri de I; douleur qui ne manquera pas de survenir si la cataracte passe dans I; cbambre antérieure, et du danger de voir l'autre œil j)ris d'une inflam niation synq)albi<|ue. Lorsqu'on pratique l'extraction, on trouve quel quclbis la capsule considérablement épaissie.

Espèce o. — Cataracte capsula -lenticulaire bursale. '

Cette espèce de cataracte, une des plus rares, consiste dans un( opacité capsulo-lenticulaire et dans la présence à l'intérieur de 1; capsule d'un petit kyste rempli de matière purulente; on l'appelh cataracta cum bursâ ichorem continente. On a généralement trouvé K kyste derrière le cristallin; mais quelquefois il était placé au-devan de lui.

L'opacité est de couleur orangée : l'iris est paresseux, la chambn postérieure efl'acée par la pression de la capsule distendue outre me sure, la perception de la lumière indistincte, et toute l'habitude di malade cachectique et annonçant la faiblesse.

C'est l'inflammation qui est la cause de celle cataracte, et cetl* inflammation est probablement Iraumatique dans la plupart des cas

Clas.sc II. — Cataractes faii.sse«<.

Genre i. — Cataracte fiuuineuse.

Syn. — Calaracla lympliatica.

L'espèce la plus fréquente de fausse cataracte consiste dans un épanchement de lymphe coagulable, dû à une inflammation de l'iris et delà capsule. Elle est accompagnée dans presque tous les cas d'une opacité partielle, et quelquefois totale, de l'hémisphère antérieure de la capsule (F. p. 188), et même d'une cataracte capsulo-lenticulaire La lymphe épanchée s'observe sous divers états, c'est ce qui a faii admettre les distinctions suivantes :

Espèce \. — Cataracte fibrineuse réticulée (flocctilenl.)

Fig. Beer, Band U, taf. III, flg. G.

L'opacité qu'on aperçoit derrière ou dans la pupille a la forme d un réseau délicat, entouré d'une pupille déformée, resserrée et partiellement ou complètement adhérente.

La vision est beaucoup diminuée, mais pas toujours en raison de la quantité de lymphe épanchée, car quelquefois la pupille est petite, la fausse cataracte considérable, et cependant la vue assez bien conservée ; tandis que, dans d'autres cas, la pupille est large cl le réseau de

Page 1