‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 57 sur 143 · POSITION DU M.M.ADF. PENDANT LES OPÉRATIONS DE CATARACTE, ETC · texte numérisé non relu

POSITION DU M.M.ADF. PENDANT LES OPÉRATIONS DE CATARACTE, ETC

sur une chaise basse, dont le dos est garni d'un coussin creux sur lequel repose la lète, qui se trouve assez iorlcment inclince en arrière; le chirurgien se place derrière lui. A laide de l'index et du médius de la main qui ne tient pas le couteau, placés sur l'extrémité nasale des paupières supérieure et inférieure, il les applique sur le contour supérieur de l'orbite, et maintient l'œil ouvert et iixé. S'il n'est pas ambidextre, il n'opère ainsi que sur l'œil droit; quand il s'agit du gauche, il se place à la gauche du malade et maintient les paupières écartées à l'aide de l'index et du pouce de la main gauche. Un opérateur distingué de Londres, qui n'emploie pas d'aides, se place également derrière le malade pour opérer l'œil gauche; il fait la section de la main droite et maintient les paupières avec les doigts de la main gauche.

On peut fixer les paupières de la même façon quand on opère le malade couché sur une table. Il n'y a que les opérateurs habiles et exercés qui puissent se passer d'aide, et encore ne s'en trouvent-ils pas toujours bien (1). Si les doigts de la main qui n'opère pas sont occupés à maintenir les paupières écartées, il peut devenir impossible à l'opérateur qui n'a point d'aide, d'empêcher l'œil de fuir du côté du nez.

Quand l'œil sur lequel je n'opère pas voit encore assez bien, j'ai l'habitude de le recouvrir d'un monocle, afin que les deux yeux restent mieux en repos pendant l'opération. La meilleure manière cependant d'obtenir que les yeux se fixent dans une position convenable est d'engager le malade à regarder l'opérateur, qui saisit ce moment pour introduire son instrument dans l'œil à opérer. On est en partie privé de cet avantage quand on recouvre l'œil qu'on n'opère pas.

Lorsqu'on opère sur des enl"ants, il est très avantageux de les mettre sous l'influence du chloroforme. Si l'on n'a pas recours à ce moyen, il faut envelopper complètement l'enfant dans un châle qu'on attache avec des épingles, afin de maintenir les bras et les jambes en repos. Il faut prendre garde de provoquer le renversement des paupières de l'enfant, parce qu'alors la conjonctive vient faire saillie en avant, et qu'on éprouve souvent dans ce cas de grandes difficultés à faire pénétrer l'aiguille.

Chez les adultes timorés, on peut aussi avoir recours au chloroforme pour pratiquer les opérations à l'aiguille. Je n'ai pas osé y recourir dans l'extraction, dans la crainte de voir les vomissements, que cet anesthésique provoque souvent, déterminer la déchirure des parties internes de l'œil. D'autres praticiens qui s'en sont servis dans ce cas, m'ont donné les assurances les plus favorables sur l'immobilité complète de l'œil qu'il détermine. On prévient son action vomitive en ne l'employantque cinq ou six heures après le dernier repas (2). Chez les

(1) Voyez la description d'une opération pratiquée par Bautii, qui ne se scrviiit point d'aide, dansSanlerelli, Dclle Cataralte, p. Gl , Forli, 1811.

(2) Voyez Whiti; Cooper. Association Médical Journal, January 7, 1853, p. 6.

CATARACTE

personnes âgées, ou chez qui l'on peut soupçonner quelque aiïeciionx organique des cavités splanchniques, il faut s'en abstenir.

[M. A. Quadri conseille un procédé mixte qui consiste à ne faire usage de raneslliésie que pour le premier temps de rexlraclion, l'incii siou de la cornée. Craignant, à juste litre, la propulsion en avanj de l'humeur vitrée quaiul, le cristallin étant extrait, rien n'y formd obstacle, M. Quadri ne |)rocède à l'extraction proprement dite qu| lorsque le malade est revenu à lui. De cette façon le temps le plusij difficile de l'opération s'est passé dans les conditions d'anesthésie sou vent indispensables chez certains sujets, et si, au réveil, il se maniî feste des mouvements désordonnés ou convulsifs, ils sont peu danj gereux, parce que le cristallin, qui est demeuré à sa place, maintien aussi à la sienne le corps vitré. Il n'est pas besoin d'ajouter que, pourij recourir à ce procédé, il faut y être forcé par l'indocilité volontaire cm involontaire du sujet. T. W. (1).]

DESCRIPTION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS QU'ON PRATIQUE POUR LA CxVTARACTE,

11 existe trois méthodes pour opérer la cataracte. Toutes trois ontii subi de nombreuses modifications ; mais chacune d'elles est basée sur un principe tout à fait différent.

1 . Dans la première, on écarte simplement la cataracte de l'axe de la vision, mais on la laisse dans l'œil: elle s'appelait autrefois levée de la cataracte ; on la nomme actuellement déplacement.

2. La seconde consiste dans Vextraction complète de la cataracte.

3. La troisième, dans la division de la cataracte en fragments qui se dissolvent dans l'humeur aqueuse et disparaissent par un travail d'absorption (2).

Bien qu'on puisse exécuter chacune de ces trois méthodes, soit à travers la cornée, soit à travers la sclérotique, nous devons dire que le déplacement s'effectue plus avantageusement à travers la scléroti-

[(1) Gazetia medica délie duc Sicilie, 21, anno 1».]

[(2) Aces Irois méthodes d'opérer la cataracte pourrait s'ajouter l'opération dite par succion, ou par a.ipiralion, qui consiste à introduire dans la cataracte liquide une aiguille creuse dans laquelle on fait le vide par le moyen d'un appareil aspirateur qui y est adapté. Mais, outre que cette méthode ne peut s'appliquer qu'aux cas de cataractes liquides, ou au moins très molles, que l'on fait disparaître très bien par la simple discision ou par le broiement, il est presque toujours impossible, quelque perfection que l'on ait donnée aux instruments imagines en vue de son exécution, d'enlrainer toutes les parties qui constituent l'opacité. Nous n'en avons parlé qu'au point de vue historique. Au point de vue pratique, la succion de la cataracte est jugée. Le lecteur trouvera d'ailleurs tout ce qui concerne cette méthode, plus ingénieuse que pratique, dans les Annales d'Oculistique, t. XVII, pp. 29, 79, 80, 83, lU ; l. XVUI, p. 58 ; 1. XX. p. 28 ; I. XXIV, p. 190. T.W.]

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