‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 58 sur 143 · DESCRIPTION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS, ETC · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS, ETC

,e Cl l'extraction à travers la cornée; quant à la division, elle s'opère 'fpeu près aussi avanlagcusemenl à travers l'un qu'à travers l'autre de

ces tissus. . , . . ,

Les instruments inventés pour pratiquer ces opérations varient a rinfini ; presque chaque opérateur, et souvent même ceux qui n'ont ,.,s ou n'ont que peu opéré, ont inodilié les anciens ou en ont imaginé !lè nouveaux. Les plus simples et les moins nombreux sont les meilleurs. Le jeune oculiste qui se sera attaché aux inodes opératoires les plus simples, et se sera exercé à les exécuter avec adresse et habileié, n'attachera guère d'importance à toutes ces inventions qui ont pour but de suppléer à l'ignorance ou au manque d'adresse de ceux qui les ont imaginées.

I. Dans le déplacement, qui comprend deux variétés, savoir rabaissement et la réclinaison, on assigne à la cataracte une nouvelle situalion aux dépens de l'humeur vitrée, qui, comme nous le savons, n'est point une simple masse gélatineuse, mais une partie organisée en eonnexion intime avec des tissus de l'œil qui sont de la plus haute importance et les plus susceptibles de réaction. Nous devons donc conclure qu'on ne peut ainsi déchirer largement la membrane hyaloïde, Lomnie il faut le faire pour déplacer et entraîner au milieu de l'humeur vitrée un corps comme le cristallin, sans s'exposera déterminer ilos lésions graves des tissus internes de l'œil, à provoquer l'inflammation du corps ciliaire et de l'iris, à désorganiser l'humeur vitrée, et il amener directement ou indirectement l'insensibilité de la rétine. Le cristallin déplacé peut aussi venir se mettre en contact avec les procès ciliaires, déterminer une" iritis suivie de l'obstruction delà pupille, ou venir comprimer la rétine, ce qui doit nécessairement amener l amaurose. Ces effets peuvent succéder plus ou moins promptement à l'opération. Si le cristallin déplacé est dur et entier, ou renfermé dans sa capsule, il ne se dissout pas dans l'humeur aqueuse, mais contracte des adhérences avec les parties voisines et reste comme une cause |)ermanente d'irritation et d'inflammation chronique.

Dans Y abaissement, le cristallin est refoulé aussi loin que possible ; directement au-dessous du niveau de la pupille. Il ^uit naturellement la courbure de l'œil, glisse sur le corps ciliaire vers le bord antérieur de la rétine, et se place de telle sorte que sa face antérieure continue de regarder en avant et un peu plus en bas (fig. 76). Si le cristallin est dur et que l'abaissement soit pratiqué grossièrement, la rétine et même la choroïde peuvent être déchirées pendant l'opération, et l'œil privé à l'instant même de toute chance de récupérer la vue. Si le cristallin reste appuyé sur la rétine, on doit naturelleincni s'attendre à ce qu'il forme lui-même obstacle au retour de la

CATARACTE

Fig. 77.

vision. S'il devient mobile et qu'il s'éloigne un peu de la rétine, hi sensibilité de cette membrane peut se rétablir; mais dans d'autres car l'amaurose peut persister, bien que la pression ait cessé.

Après l'abaissement, le cristallin n'est que très imparfaitemeu recouvert par rbuineur vitrée, et lorsque cette bumeur est saine, elll peut par son élasticité le cbasser en liant et lui faire reprendre sa pos| tion première, où il forme de nouveau obstacle à la vision et nécessiï une nouvelle o|)ération. Si l'humeur vitrée est dissoute, la pesanteu» entraînera le crislalliu au fond de l'œil.

La réascension de la cataracte ne s'observe pa aussi souvent après la rédinaison. Dans cette op| ration, on fait pénétrer le cristallin au milieu l'bunieur vitrée en lui imprimant un mouvemem de rotation par suite duquel sa face antérieure dei vient supérieure, et son bord supérieur regarde en arrière (fîg. 77). Quand on déplace le cristal! par ce procédé, l'humeur vitrée vient le recouvr beaucoup plus complètement, et la réascension en est beaucoup moins facile.

Un autre avantage de la rédinaison, c'est que la réline court moins de risque d'être comprimée qu'à la suite de l'abaissement. Dans la réclil naison, en effet, on se borne à porter le cristallin au-dessous du niveau de la pupille et à l'abandonner dans l'humeur vitrée ; mais on ne vienld pas l'appliquer contre le plancher de l'œil.

D'un autre côté, la rédinaison déchire et détruit encore l'humeuii vitrée dans une plus grande proportion que l'abaissement ; et après toutes deux la cataracle reste souvent comme un corps étranger quii provoque à rintérieur de l'œil une irritation constante et finit pan y déterminer l'insensibilité complète à la lumière.

IL h'extradion consiste dans l'avulsion complète de la cataractel hors de l'œil : si l'exécution en était facile et ne faisait point courin de graves dangers à l'œil, nous n'hésiterions pas à dire que c'est la méni thode qu'on doit préférer. Mais l'exécution de cette opération, qu'on la pratique à travers la cornée ou à travers la sclérotique, exige une grande dextérité et fait courir à l'œil les plus grands dangers.

Si c'est par la cornée qu'on pratique rextraction, l'indsion doit» avoir la forme d'un segment de cercle, être régulière, unie, et à unei distance fixe de la sclérotique, afin de pouvoir se réunir sans inflam-i mation, sans la formation d'une cicatrice qui s'opposerait au passagei delà lumière, et afin que son étendue soit suffisante pour livrer unei issue fadle à la cataracte. Il faut bien prendre garde^ de blessen l'iris soit dans le premier temps lorsqu'on ouvre la cornée, soit plus tard lorsqu'on incise la capsule. Un des principaux avantages de l'extraction, lorsqu'elle réussit, c'est de laisser intacte la capsule posté

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