‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 61 sur 143 · CHOIX DU I/OPKUATION POUR LA CATARACTE, ETC · texte numérisé non relu

CHOIX DU I/OPKUATION POUR LA CATARACTE, ETC

l'abaisscincnl. On éprouva beaucoup de difficullés à tenir les panières onverles et le globe de l'œil lixé. Néanmoins, aussitôt que Tai- Llle eiil toucbé WvW, le malade resia complètement tranquille et ses cris enrayants cessèrent. M. Wardrop, avec le bord Iranehanl de l'instrument, divisa la portion antérieure de la capsule, et avec sa noinie airacba le cristallin de derrière la pupille. Korscpron abaissa la poinle de Taiguille, le crislallin resta bors de la \ue, excepté une petite portion de son bord inférieur. Le quatrième jour après l'opéralion, le cristallin avait cbangé de place, et on pouvait de nouveau l'apercevoir, couvrant environ un quart du bord supérieur de la pupille (I). Un pareil malade serait maintenant bien facile à maitriser, îrràce à l'étber ou au cbloroforme. Plus les eiïorts des enfanis sont violents, plus vite ces agents exercent leur action.

IIJ. Quant aux avantages comparatifs iCune grande ou cfune petile incision (iù\e à la cornée, il est bon de reconnaître que, bien qu'il n'y ait pas d'opération qui dérange moins les parties internes de l'œil, au moment de son exécution, que l'extraction adroitement exécutée à travers une incision demi-circulaire de la cornée, néanmoins les dangers auxquels l'œil est exposé consécutivement sont des plus sérieux. De son côté, l'extraction par une petite ouverture trouble davantage les parties inlernes de l'œil au moment de l'opération ; mais on suppose qu'une fois la cataracte extraite, l'organe court moins de danger. Bien que l'extraction à travers une petite ouverture réclame autant de préc;iutions que celle pratiquée à travers une incision demicirculaire, elle exige cependant moins d'adresse, fait courir moins de danger a l'iris, est rarement suivie d'une évacuation considérable de rhumeur vitrée ou d'une bernie de l'iris, et ne détermine pas une cicatrice aussi difforme ni aussi nuisible, à moins qu'il ne survienne une inflammation violente et désorganisalrice. On laisse souvent dans l'œil des fragments du cristallin, et la membrane qui tapisse la face interne de la cornée peut s'enflammer, surtout quand l'opération a été exécutée maladroitement; mais on ne saurait nier qu'après l'extraction par une petite ouverture, le cbirurgien n'envoie son malade au lit avec beaucoup moins de crainte sur les suites probables de l'opéralion, que lorsqu'il a pratiqué l'extraction à travers une incision demicirculaire.

IV. Le principe sur lequel reposent les opérations par déplacement est essentiellement mauvais. On pourrait tout aussi bien compter qu'en introduisant un corps étranger dans l'œil, il y restera sans déterminer d'irritation continue, sans désorganiser les tissus délicats avec lesquels il se trouve en contact, et sans que les fonctions de

(I) WAnnnop's Ilisl. of James Milcliell, pp. 27, 52 ; London, 1813. D'après les expressions employées par M. Wardrop, on esl porlé à croire que, dans celle opération, la cataraclc fui poussée en liaul el non en bas.

^^'^^ CATARACTE

l'organe viennent à cesser, que de croire que le cristallin peut élrer plongé dans riiumeur vitrée el y rester appliqué contre la réline sain que l'œil en soullre et sans que la vision en soit troublée. On ne doi' songer à la réclinaison et à l'abaissement que lorsqu'il existe de obstacles insurniontiibles à l'extraction et à la division. Si je le plac* ainsi au bas de Técbelle, ce n'est pas parce que le crislallin peu reinonler après avoir été déplacé, je considère, au contraire, eeirU circonstance comme licureuse, puisqu'elle donne des chances de voiw la cataracte se dissoudre après sa réascension, mais c'est parce qn» rinflammatio'n interne chronique de l'œil, la dissolution de la meniM» brane byaloïde el l'amaurose sont, je crois, les résultats presque iué-f vilables du déplacement de toute cataracte un peu volumineuse qui ne» parvient pas à se dissoudre. Quant au choix à faire entre l'abaissemeutt et la réclinaison, il faut abaisser les calaracles petites, et récliner celles qui sont volumineuses.

CATARACTE CONGÉNIALE.

Fig. \Yarilrop, pl. XI, flg. 1, 2. Von Anininn, Uil. 111, loi'. XIV, fig, 1-17. Dalrymplc, pl. XXVIII, Ug. I.

Sichel, pl. XVUI, ng. I, 2, .1.

Je dois renvoyer le lecteur à ce que j'ai déjà dit sur l'origine de cette »* afiéction par arrêt de développement; sur ce qu'elle est souvent lenticulaire d'abord, puis capsulo-lenliculaire ; sur la position centrale ri qu'elle alTecte quelquefois; sur sa forme qui est parfois siliqueuse, le cristallin étant presque entièrement absorbé; sur sa complication avec l'oscillation, l'amaurose et autres affections, et sur les avantages qu'il y >\ a à opérer de bonne heure, aux pages 566, 382, 585, 599 (1).

DicKjnoslic. — Quant au diagnostic, je mentionnerai que la cataracte congéniale passe souvent inaperçue jusque vers l'âge de dix à i douze ans ou même plus, et qu'on atlribue à la myopie la faiblesse de la vision qui existe en pareil cas. Cela arrive surtout quand la cataracte est d'une leinle claire blanc-bleuâtre, que le cristallin est petit el entouré d'une zone noire (page 585), ou que la circonférence en est en partie ou complètement transparente (page 582). La vision eslen pareil cas assez bien conservée, surtout pour les objets rapprochés, et quand le malade tourne le dos à la lumière ; ce n'est quelquefois qu'après avoir dilaté artificiellement la pupille à l'aide de la belladone, que la nature de l'affection devient manifeste pour les parents, et mérae pour le praticien.

(1) Consultez sur la calaraclc congéniale, Ammon's Darslellungeii , Iheil lU , |>. (îô : Berlin, i841.

CVIAllACTE CO.NGKNIALE.

[M While Coopcr a rciiconlrc trois cas dans lesquels la calaracle ,eon"éniale avait été prise pour la myopie, et deux qui avaient lait -croire à une iniperlcclion de la sensibilité de la réline. Voiei les reniar- ,,„es qu'il présenlc à ce sujet sur les signes dislinctifs de ces diverses allections (1) :

, Le trouble de la iransparcncc du crislallin, dans la calaracle contréniale, peut varier, sous les rapports de rinlensité, de la couleur du fait mélangé d eau jusqu'à la teinte la plus l'aible. Dans ce dernier cas, là capsule'est transparente, mais Topacilé envahit la lolalilc de la substance du cristallin et de petites taches sont souvent éparpillées à sa surlaoc. Il est très diflicile, lorsqu'on ne dilale point la pupille, de recounailre la véritable nature de ces sortes de cas ; mais, après l'aclion de la belladone, les cataractes semi-transpai-enles paraissent comme suspendues dans la pupille. Cet asjjectesl dû à ce que, la cataracte ayant une dimension moindre que le crislallin normal, il existe enlre sa circonférence et celle de la pupille un espace transparent dans lequel on aperçoit la couleur noir de jais de la choroïde. Lorsqu'une personne jeiuie a la vue faible, qu elle ne peut apercevoir les objets éloignés, qu'elle lit lentement lettre par lettre ou mot par mot, qu'elle ne peut lire que pendant un court espace de lemps, qu'elle tient son livre rapproché de ses yeux et tourne le dos à la lumière, on peut soupçonner un trouble du crislallin. L'habitude de tourner la tète d'un côté à laulre et riucerlitude de la démarche sont des particularités qui caractérisent très bien ces sortes de cas. Ces malades éprouvent de la dillicullé à dépeindre rimperfeclion de leur vue. La nelleté de la vision lie pouvant, en effet, s'apprécier que comparativement, une personne qui a toujours eu la vue trouble, ne peut juger de l'état de ce sens chez les autres; elle ne peut parler que d'après le résultat de ses propres impressions et l'idée que celles-ci lui ont permis de se faire de la perfection de ce sens. Ainsi, lorsqu'il s'agit dapprécier les couleurs, ces malades ne peuvent distinguer les nuances délicates des ombres, et elles manifestent leur élonnement lorsque, après la dilatation de la pupille ou l'absorplion de leurs cristallins malades, elles aperçoivent ces particularités. C'est avec la myopie que l'on est le plus exposé à confondre cet étal du crislallin; mais on évitera l'erreur en faisant essayer aux malades des verres concaves qui rendent la vision plus confuse au lieu de l'améliorer dans les cas de catai acle. Lorsque la myopie est excessive, les pupilles sont ordinairement dilatées; tandis que, dans tous les cas lie calaracle congéniale que j'ai vus, les pupilles étaient extrcmemeni mobiles el se contractaient fortement. En cas de doute, la dilatation par l'atropine les fera disparaître sur-le-champ. T. W.J

Opération. — Il est fort avantageux de mettre l'enfantsous l'inlluence

[(I) r.oiu'ciiiliil Ciiluiacl iiiisliikcii fdr Myopia and Anililyopia, in Lonilmi .loiiriKil of Medicinr. Juni- 18/i.D.]

CATAnACTK.

du chloroforme, quand on vcul opérer une calaiacle congénialc. L'absence de loule résislance permel de procéder résolùnienl à l'opéraiioii tandis (|ue le repos de l'œil est produit bien plus complélenienl el plus sùrenienUpron ne pourrait Toblenir à l'aide des doigls ou du spécu luni. On peul alors exécuter la division par la cornée avec moins de risque de voir riiumcur aqueuse s'écliaj)per; on évitera ainsi les diffi cultés que la division par la sclérotique présente chez les enfants, difficultés qui résultent du peu d'espace qui existe chez eux entre le bord de la coi-née et la commissure externe des paupières, et de la résistance qu ofl're à l'aiguille la conjonctive lâche et rendue saillante par suite du renversement des paupièies, produit par les cllorls que l'on fait pour maintenir l'œil ouvert.

SECTION XVII

Page 1