ENSEMBLE DU GLOBE OCULAIUE
1» Le mégalophthalmos ou buphlhalmos {hypertrophie congéniale du globe de l'œil, en allemand Ochsenauge, Elephantenange), n'est pas fréquent. Toutes les parties de l'œil sont augmentées de volume, et cet organe ne trouve plus, par conséquent, dans l'orbite la place qui lui est nécessaire ; la cornée est généralement trop bombée. C'est ici qu'on doit rattacher les cas d'hydrophthalmos général, d'où le nom û' hydromégalophthalmos aussi employé : toutefois, il parait qu'il y a des cas de mégalophthalmos sans hydropisie. Ce vice de naissance est plus souvent double qu'unilatéral.
Hiischlce et Seller admettent qu'il existe primitivemenl dans l'œil un canal qui communique avecles ventricules du cerveau; ils considèrent le mégalophthalmos comme dû en partie à un arrêt de développement en rapport avec celte particularité embryogénique.
Obs. — Himiy (2) a observé un homme qui n'avait qu'un œil trop volumineux, et qui en voyait distinctement ainsi que de son autre œil : une des mains de cet homme avait dix doigts, et un de ses pieds six orteils. Von Ammon (3) a représenté l'œil droit d'un enfant de 10 ans, dont l'œil gauche était normal; ce mégalophthalmos offrait une cornée très bombée, une sclérotique bleuâtre, une pupille immobile et un iris dont la surface antérieure s'avançait en forme de cône dans la chambre antérieure: l'individu ne voyait point de cet œil. Be'nedict a aussi observé un cas de mégalophthalmos. Demours a décrit et fait dessiner un des yeux d'une dame, âgée de 30 ans, aflectée de cette anomalie; ses yeux, bleus, avaient environ deux pouces de trop en diamètre et une cornée très considérable'(4).
Obs. 529. — Von Ammon (5) a fait également dessiner un cas analogue: c'est celui d'une jeune fille qui paraissait en avoir hérité de sa mère, atteinte de la même affection la cornée présentait un léger degré d'opacité. M. Cornaz a vu, à l'hospice des aveugles à Berne, une jeune fille d'une dixaine d'années dont les yeux, à iris bruns, présentaient « vice de naissance avec complication d'amaurose complète (6).
L'hydrophlhalmos est souvent héréditaire d'après Grellois : Carron du Villards dit con-
(1) Annales d'Oeulislique, t. Vil, p. 185.
(-2) Ophtlialm. Bcobaclit. und Uiilersuchungen, p. 110.
(3) Kliii. Darstell., i. III, pl. III, fig- C.
(4) Demours. Op. cil., pl. LXll, fig. 2.
(5) Op. cit., l. m, pl. III, fig. 7.
(G) Cornaz. Des abuoniiilés congéniales des yeux, p. 136, 1848.
KNSEMUMi 1)1) (il.OltH OCIJI.AIIUC. ^^^-^
niusi.'urs ciis Ue ce vice de naissance qui serait fréquent ciie/. les veaux et les 1 0 l ouve aussi parfois les yeux trop grands cl.c/. des cyclopes, des i.em.ce- ' l de ydrocc'pl.i.les. Seiler a pu disséquer un cas deeette nature. Les yeux étaient " , roi) " ands a cKoroïde hrunàlre dans sa partie postérieure, no.re dans sa por- ;:::;ii;;^! ll^^i^ la zone eiliaire; la rétine manquait et le corps vitré éla.l ren.place
dulnnaira'pS^ que dans l-i>ydrophll.aln.os acquis, la cornée était tou- . î n a and s qu'elle serait ordinairen.ent opaque .lans les cas congeniaux. K Snl'ôn Puisseétaldir ainsi un diagnostic dill^rentie, qui surtout lorsque le
n i,, irns.-ince n'occupe qu'un seul œil , peut être fort embarrassant (1). 1^ 11) iatropine c^éruale du globe oculaire,
.iJ^/ î beaucoup plus fréquent, est presque toujours accompagne de cect et de S'- ai^Îuiliesconiéuiales'Dans quelques cas, il y a décidément dispos,t.n ère , ire- dans d'autres, l'anomalie se montre simullanémenl chez deux frères ou sœuis, ÏÏi' .ouvenl elle est spora.liquo. L'affection existe beaucoup plus fréquemment aux deux'veux qu'à un seul, et même alors le second œil est ordinairement un peu trop petit. Le niicrophtl.almos n'est que très rarement libre de toute complication: d'après Radius, i est plus fréquent chez les femmes que chez les Hommes (dans le rapport de 8 a b), a l œii droit qu'au gauche (comme 7 est à 2).
Le microphtlialmos parait être beaucoup plus fréquent chez les animaux que chez l'Homme, et il paraît que souvent alors chez eux l'orbite n'est point sépare du cerveau nar une paroi osseuse. ^
Gcscheidt a proposé la classification suivante : 1° avec irideremie (jamais vu par Von Ammon); 2» avec colobome de l'iris; 3" sans ces comi)licatioiis , mais souvent avec une coreclopie, des abnormités dans la structure ou la couleur du voile ji-icn, et ordinairement un développement trop peu considérable du segment postérieur de l'œil.
La première et la seconde de ces classes seraient, d'après Von Ammon, de simples arrêts de développement, et la troisième, une suite d'oplithalmie; de là sans doute la fréquence des cataractes et le synizésis observé par Hiinly.
Les mouvements de l'œil ne sont pas gênés, ils sont parfois même très vifs. Il est malheureux qu'une cécité congéni.ile accompagne souvent lemicrophlbalmos, surtout dans les cas où l'intérieur de l'œil présente un haut degré de désorganisation. D'autres individus ne voyaient que peu, quelques-uns assez bien. Quelquefois l'œil présente un développement rapide après la naissance (Weller, Gescheidt elPonilz). Assez ordinairement, quand il n'y a pas cécité, il survient avec les années un changement quelconque, fâcheux ou avantageux; ainsi, le premier exemple de Gescheidt a présenté une diminution sensible de la vue (3).
(!) Voyez, oulrc les sources déjà cilcs : Benedict. Berlin, encykl. med. Wôrlcrbucli , t. V., p. 191. — Otto. Monslr. scxeeiil. descripl. anal. Vralislav., tSi'i, n"s 4-8 el 51. — Wilde. Op. cil., p. ô2, 55 el o6. — f.iuii.LOis. Thèse, Paris, 1856. - J- Bellivieh. Coiisid. géiicr. sur la «écilc, lliésc ; Paris, an xii, p. 19-20.
(2) Jourii. der Cliirurg. u. Augenlieilk.; t. IV, p. G20.
(3) Bker. Das Ange; 1813. p. S6. — Chéi.ius. Trailé de cliirur;;. (Irad. françaiscl, I. Il , p. !ilG-5l8. — EscHEn, 1. A. iib. d. angcb. u. gair/.l. u. Ilicilw. Maiigcl der iris; Erlangen, 1850.
— CE l'iscHER. Ilul'eland s Journ.,' 1827, suppl. Ilcfl., p. 27. — Gesciieidt. Amniou's Zeilschrifi, t II, p. 237 el suiv. el Ainmon's Monaisclirifl,, l. I, p. S3I. — Guaefe, dans Corna/, quelques observ., elc, p. 51-55. — Giintr Lclirb. d. palli. Anal., l. II. p. 103 îcI dans Magaz. 1'.
■ d. ges. Tliicrbeilk., l. I, p. 17. — IIimly. Kruiik. u. Misb. des Auges, t. I. p. i)28 elsuiv. — .>l..lAECEit. Ammon'sZciIscIn lII, l. V,p. 8-10 em29-,350. —Otto. Op. eil.,n"s 140, /i-i)9, IGl, 497 elîifiO. — PoNiTZ. Zellseli. f. Nat. u. Heilk., Iierausg. v. d. Prof, zu Dresden, 1822, I. 11. p. GO.
— SeiioN. Amniou's Zeitscbrifl, l. I. p. 515-518. — Seiler. Beobacli. urspr. Feliler, etc., p. 307 et suiv. — IIillim;. Ilannov. Annal., t. I, p. 489. — Weller. Die Krankli. des nienschl. Auges ; Berlin, 1830, p. 2.'ir). - Wutzer. niiiller's Areliiv f. Anal. u. l'hysiol., 1850, p. 179-181. — Waltiier. Syslein der Chirurgie, I. IV, p. 259-2'i0. — Wilde. Op. cil., p. 29-52 el GI-71. - Voir
AIÎiNOHMlTKS CONliKNlALES DU GI.OUK OCULAIUK, ETC.
L\'iiophlhahnos Irop enfoncé diins l'orhito) el VexoplUhalmos, vice opposé, paraissent avoir été observés tous deux à l'élal congénial, mais très rarement el probablement jamais sans complications; dans le premier cas il y a généralement microph- (lialmos, et dans le second mégaloplitlialmos.
4" Là position respeclive des yeux (1) offre parfois des abnormités congéniales : Us peuvent être tropéloignés ou trop rapprochés l'un de l'autre; l'un d'eux peut se trouver plus haut que l'autre : parfois, au lieu de former une seule ligne droite, les axes borizonlaux de leurs orbites forment un angle dont le sommet est plus souvent en bas (physionomie chinoise) qu'en haut. Une des principales causes du rapprochement des yeux est < le manque d'un ou de plusieurs os, et cet état passe insensiblement à la cyclopie qui nous t. occupera bicnlôl. Les deux yeux peuvent aussi être placés troj) liant ou trop l)as.
Il faut compter comme de vraies monstruosités diverses ectopies des yeux, qu i du « reste n'ont été observées que très rarement et seulement chez des individus non viables: le front, le sommet de la tète, l'occiput, les épaules, lesaisselles, la poitrine et les cuisses s sont les endroits où l'on dit avoir observé des yeux (Bartholinus, Denys, Fincelius, Isen- llamu), Lampagnenus, Licetus, Ambr. Paré, Pline, Rosenmuller, Schenk, Spielenberg, Sybel); toutefois, presque toutes ces observations datent des temps anciens, où l'on trans- • crivait souvent assez à la légère les contes les plus absurdes et où l'anatomie pathoio- • glque n'était que peu ou point cultivée.
Il en est évidemment ainsi de l'observation adressée au Messager de la Ilaule-Vienne ' et signée Bnvol, d. m. p., dans laquelle ce médecin prétend avoir vu naître d'une fer- ■ mière des environs de Langres, un enfantdu sexe féminin, portant à l'extrémité inférieure ! de la colonne vertébrale une sorte d'appendice charnu d'environ 15 centimètres et terminé par un œil véritable recouvert d'une épaisse paupière et avec pupille contractile(2).
5" La polyopie, ou augmentation du nombre des yeux, appartient également en partie au domaine des fables, mais en partie aussi à des monstres doubles à tètes réunies, nommés souvent Janus. Hoffmann, par exemple, cite le cas d'une paire d'yeux surnuméraires placée au-dessus de la paire normale ; Home, une tumeur ou seconde tête h deux yeux au-dessus de la vraie tète; enfin, Guérin dit avoir vu une petite fille qui avait trois yeux. On peut, avec Schôn (3), diviser les cas de polyopie comme suit : l» une tête, trois yeux (Conradi, Guérin, Heyiand, Hoffmann, Lycosthenes, Rowley, Schelhafen, Schenk, Sommering, Vallisnieri) : un des yeux est ordinairement alors cyclopique; 2" une tête, quatre yeux (Cassebohm, P. Lampagnenus, Pigné, Plancus, Zacutus Lusitaniens); 3° deux têtes, trois ou quatre yeux, vrais Janus (Geoffroy-St-Hilaire, Home, Monro, Otto, Prochaska). Les deux corps sont ordinairement plus ou moins séparés dans ces trois classes; le cas de Guérin n'en présentait qu'un.
Obs. 830. — M. Danyau a communiqué à la Société de Chirurgie (1840) le portrait d'une femme de ans dont le crâne était bien conformé. Elle avait cependant trois yeux, un au milieu, là où se trouve ordinairement la jonction des sourcils, et un de chaque côté. Cette femme avait deux rangées de dents à chaque mâchoire et deux nez; mais chaque nez n'avait qu'une narine et était situé sous un des yeux latéraux. Les trois yeux fonctionnaient parfaitement; mais, voulant se débarrasser de celui du milieu, cette femme chargea de cette extirpation un charlatan qui passait un jour à Sarcelles, son pays natal. Quand M. Danyau la visita, elle était venue à la Maternité enceinte et pour y faire ses couches. Mais ne voulant pas se soumettre à tous les règlements de cet établissement, elle le quitta bientôt. M. Danyau a vu la cicatrice de l'œil extirpé (4).
trois observations de microphthalmos : Annales d'Oculislique, I. V, p. 185; l. XIII, p. 51; l. XXIII, p. 21.
(1) SciiôN. llaiidb. d. palh. Anat. des Auges, p. 9-10.
(2) Annales d'Oculislique, !.. XXII, p. 168. 1849.
(5) SciiôN. Op. cil., p. 8 el9. — Voyez aussi Otto. Op. cit., ii» 299-503, 523-528 el^559. (4) Vidal (de Cassis), Trailé de patliul. cl de inéd. opérai , éd., Paris, 1831, p. 7-8.
KNSKMIJI.i: l>r (JI.OIIK OCll.AIIÏI'
6" I a réunion plus ou moins coniplèle des deux yeux en un seul a reçu les noms de
iiiiix\w),rlum)i)lUli(dmu'(\UmA),rl)ineiicq^^^^^^ Celle ano-
nialii; observée plusieurs lois cliez l'homme, esl l)ien |)lus lré(iueiite encore chez cerlains an'iniiiux, surloul chez les porcs, les veaux, les agneaux et les chiens, plus rare chez les oiseaux.
Quoi(|u'ils vivent ordinairement lors de la naissance, presque tous les cyclopes, surtout dans l'espèce humaine, meurent au bout de peu de temps : Schon n a |)u citer qu'un seul cas d'un cyclope âgé de 10 ans.
Obs. 531. — Le docteur Pugin a décrit ii la Société Médicale du canton de Tribourg un fœliis monstrueux, affecté d'une liydropisie générale chez hnincl une simple dépression, reiiréscnlant un orbite, renfermait deux petits globes oculaires brillants et grisâtres, conl'enaiil chacun une masse analogue au cristallin, mais chez lesquels on ne pouvait distinguer la réline ni la choroïde; d'ailleurs ces yeux si imparfaits n'avaient aucun nerf optique et n'étaient unis à l'orbite que par du tissu cellulaire (2).
7" Le mortophthalmos (3) {monopsie, monophlhalmie de Skilbr) se dislingue de la cyclopic, qui présente aussi un seul œil, en ce que, dans cette dernière, l'œil est situé sur la ligne médiane, tandis que, dans le monoplithalmos, l'organe unique occupe sa position normale, celui du côté opposé manquant. Cette anomalie est très rare, mais elle n'est point spéciale à l'homme ; ainsi, Otto l'a vue chez un poulet et sur un porc (4). L'œil existant peut être normal ou le siège d'abnormités plus ou moins marquées. Celui qui manque esl parfois remplacé par une masse rougeatre, charnue, spongieuse ; tantôt l'orbite existe, tantôt il manque. Quand il n'y a aucune trace du second œil, on voit également manquer le trou et le nerf optiques, ainsi que les autres nerfs de l'œil. Celle anomalie permet souvent à l'individu qui en esl affecté de vivre, d'autres fois elle s'accompagne de complications trop graves pour qu'il en soit ainsi. Elle a été observée par Dressel, Fischer, J. F. Francis, Hcnerus, Klinkosch, Otto, Piringer, Relzius, Rudolphi, Ruele(dans le cas observé par lui, il y avait ankyloblépharon du même côté), et L.Wallher.
8° Vaiwphthalmos (5) {anopsie ou absence congéniale des yeux, defectiis oculorum,
(t) On pcul consulter avec fruil, à ce snjcl, les ouvrages suivants : Andhal. Précis d'anal, palli., t. I, p. 129. — Billard, trad. de Lawrence, p. /i-37. — Gurlt. Berlin, nied. cncyki. Wôrlcrb., p. 21-25. — Von Ammon. Op. cil., l. III, pl. XIX et XX. — Hihlv, I. I, p. 595. — Laroche. Op. cit., p. 58-44. — Raddatz. Diss. inaug. de Cyclopia, Berolini, 1829. — Otto. Op. oit., p. 5-7. — Vrolik. Over den Aard en vorsproiig der Cyclopie ; Amsterdam, 1854.. — SciiÔN. Op. cil. — Seiler. Op. cit. — L. Walther, ûb. Monopsie u. Cyclopie, Leipz., 1843, cl dans Journ. f. Cbirur. u. Augenh, nouvelle série, — Waltiier. System der Chirurgie, I. IV, p 241-242. — J. Cruveiliiier. Anal. path. du corps humain, liv. 53; Paris, 1859. — Husciihe, Jleckers Archiv f. Anal. u. Physiol., l. VI, u's 1 et 2, p. 1-47, 1842. — Caiuis, VerhandI. des Kaiserl. Leop. Karol. Akad. der Natur., l. XIX, div. 2(1842) p. 456-468, cl dans Burdach's Physiologie, t. VI; Leipzig, 1840. — J. F. Meckel. Archiv f. Anal. u. Physiol., 1826, p. 258 ; cl Ilandb. der palliol. anal., I. I, cl descript. moiisir. nonnull., Lipsite, 1826, cum lab. — Roseivstein, de cyclopia inter animalia obscrvala, et ilans Vircliow's Archiv f. palhol. Anal., l. VII, 1852, p. 551-340. — J. F.Tiedemann, Zeiisclirifl f. Physiol., t. I, 1824.
(2) Annales d'Oculislique, l. XXXIl,p. 140.
(5) Op. cil., n° 77 (poulel) et 187 (porc.)
(4) SciiôN. Op cit., p. 228. — Ruete. Klin. Bci raege, Braunschweig, 184.3, p. 101. — L. Waltiier, ûbcr Monopsie u. Cyklopie, Leipz., 1845, et Journal f. Cliirur. u. Augeiihcilk., nouvelle série. — Waltiier. Syst. der Cbirurg., t. IV, p. 2'f0-241.
(5) Le nombre des auteurs qui onl rencontre cette anomalie élanlde plus de cinquante, nous ne pouvons tous les citer ici ; nous nous bornerons ù indiquer : Benedict. Berlin, med. encykl. Wortcrb., t. IV, p. 52.— Billard. Loc. cit., p. 455. — Carron du Villards. Op. cil., t. I, p. 488. -CiiÉMus. Trailé de chir., irad. franc., l. Il, p. 313-516.-(;tjRLT, art. Jllonstrum, Berlin, mcd. encykl. Worlerb.-IIiMLY. Op. cil., t. I.— Laroche. Op. cit., p. 44-46.— Hubert Dormangem, de anoplithalmiacongenila, Coloniœ Agrippina;, 1834.— Uudolpui. Berlin, med. encykl. Wortcrb., t. IV, p. 283. — SciiilN. Op. cit., p. 2-5. - Wilde. Op. cit., p. 53-50. — Weitemveiier. Oeslerr, Jahrb., Août, 1847.
AliiNOUMlTKS CONGKNIALKS DU (iLOUK OCDLAIHI:, ETC.
tfHOH(/nrt/Oi") est beaucoup plus commun que le mono|)lillialmos. Ou peut classer les cas observés comme sull: 1" pas d'yeux; les orbites mauciuenl complélemeul; cas très rare; 1" un seul orbite, point d'yeux (monopbliialmos cyclopique) ; quand cet orlMlc renferme un œil rudimentaire recouvert par la peau, on a la cyclopie anoplitbalmique; 3° deux orbites, point d'yeux, mais des glandes lacrymales; c'est de beaucoup le cas le plus fré- ■ quenl;^» yeux présents, mais très imparfaitement développés; S" orbites manquant plus ou moins complètement; une masse de tissu cellulaire à la place de chacun des yeux.
Tantôt on a ici un défaut de conformation primitive ou arrêt de développement, et alors il n'y a nulle trace de l'œil ; tantôt celui-ci a existé, mais a été détruit, probablement à la suite d'une ophllialmie ou d'une liydatide, et alors les nerfs, les vaisseaux sanguins sont; encore là, et une masse amorphe remplace l'œil. Le système lacrymal et les paupières ne participent point nécessairement à l'absence des yeux, ce qu'explique sullisammenlla for- • malion indépendante de ces annexes de l'œil. 11 est curieux que néanmoins la caroncule lacrymale manque souvent; nous avons aussi vu que la plupart du temps les orbites sont formés: souvent cependant ils sont trop petits. Les paupières sont parfois réunies : les nerfs optiques sont ordinairement présents, du moins jusqu'à leur commissure, maisen général très minces; par contre, la 3% la ¥ et la 5"= paires des nerfs cérébraux manquent » assez ordinairement ; tantôt le trou optique existe, tantôt il manque. L'absence du front, , du nez, de sa fissure, de la bouche, du palais, le bec-de-lièvre, le manque de doigts du i pied ou de la main, l'augmentation ou la diminution de leur nombre, l'absence ou les dif- formités des extrémités, et surtouldes membres tboraciques, appartiennent aux complications observées.
Dans quelques cas de la quatrième classe, les individus avaient la sensation de la lu- mière; quelques-uns y voyaient, quoique très imparfaitement, car, dans cette classe, tantôt « l'œil est simplement représenté par du tissu cellulaire ou par une masse charnue, tantôt i il présente une sorte d'hygrome ou ne se montre que comme un rudiment, etc.
Cette anomalie a été observée un certain nombre de fois simultanément chez des frères et des sœurs, mais on ne trouve pas d'exemple où des enfants aient liérité de celte abnor- mité de leur père ou de leur mère, d'autant plus que les anoplithalmos adultes sont très « rares, quoique ce vice de naissance soit parfaitement compatible avec la vie. On a observé t le manque congénial des yeux chez divers animaux, tels que les chiens, les chats, les s veaux, les poulains, etc. Carlisle a vu l'anophlbalmos cyclopique chez un mouton, et l Meckel chez un fœtus de porc. Miram (1) cite le fait intéressant d'un âne dont l'œil f gauche, masse noire, ne présentait que la sclérotique, la choroïde, la rétine, le corps vitré, . tandis que le droit avait, en outre, la cornée et la zonule ciliaire. AIdrovandi, Otto, . Rudolphi, ont aussi observé divers animaux anophthalmiques.
Obs. 332. — Absence congéniale des deux yeux. — Le petit Boinières, âgé de 15 \ à 18 mois, me fut amené en 1834. Les parents pensaient qu'il avait « les paupières sou- dées, » et qu'une opération pourrait lui rendre la vue. Je l'ai vu de nouveau en 1839 > ou 1840. Cet enfant vient de mourir en 1842. Au premier aspect, on était frappé delà i| facilité avec laquelle on aurait pu faire sa charge, à la manière de Granville, au moyen i d'une tête de porc un peu modifiée ou humanisée, qu'on veuille bien me passer celle f expression. Il n'y avait pas ankyloblépharon, mais absence des yeux. En 1834, l'ouverture ; palpébrale était à peine large de huit millimètres; la cavité orbitaire était considérable- ment réduite et extrêmement sensible à l'impression de l'air extérieur, et l'on pouvait y i voir à plus de 7 ou 8 millimètres de profondeur. A ma dernière visite, je trouvai l'enfanl I bien développé et très intelligent; les organes de l'ouïe, du loucher, du goût et de l'odorat l avaient tous acquis, le dernier surtout, une très grande subtilité. L'intérieur des paupières i était muqueux, mais bien moins humide que cinq années auparavant, ce qui me lit pré- • sumerque la glande lacrymale s'était atrophiée, si, toutefois, elle avait jamais existé (2).
(1) Ammon's Monalschrift, r. m, p. H3clsuiv.
(2) GuÉPiN. Annales d'Oculislique, l. VU, p. i8i-l83.
PUPILLE AUTIFICIELLE.
^r^. On présenta derniôromeiit ù M. Willimim une pelile fille, âgée de 9 ans. C-cliiil le (l'i'iMiii!!- enfant d'une négresse qui avait élevé une raniille remarquablement saine
cl bit'n norliinte. , ., ,
On n'aperçut d'abord rien d'extraordinaire dans la ligure de l'enfant, si ce nest une renne adiiorcnce (lu'on reconnut dos deux côtés entre les paupières, lorsqu'on lit pour a première lois un cllorl pour les ouvrir. Au bout de liuit à dix jours, les paupières s'écartèrent sponlanéiiieiit de (pieUiues lignes. Au moyen d'une légère traction, on on compléta la séparation, et l'on reconnut alors l'absence des globes oculaires.
Los |)aupièros deinourèronl dès lors écartées; on put donc s'assurer i)ar Tinspection que la coiHornialioii en était parfaite, et (ine, pourvues de points lacrymaux et de cils elles étaient comme à l'ordiiiairo, couvertes par une conjonctive normale. Cette membrane s'éleiid'sur la totalité de la surface inleriu; de l'orbite et se réilécliil, intimement appliquée sur un tissu plus résistant, proloiidoniont situé, constitué peut-être par les rudiments de lii sclérotique; mais aucune saillie n'apparait sous lui, et un stylet parcourant sa surface n'y découvre aucune ouverture.
Le muscle prbiculaire existe évidemment; mais sa contraction renverse les paupières plutôt qu'elle ne les élève, ïi cause du manque du point d'appui qui, à l'état normal, leur est fourni par les globes oculaires. L'auteur, après un examen, renouvelé à plusieurs reprises, pensa qu'il y avait dans cliaque cavité un liquide ressemblant aux larmes; la -lande lacrymale occupait d'ailleurs sa position normale et pouvait y être reconnue par une légère pression. Les bords de l'orbite sont bien développés îi la partie inférieure; mais ;'i la supérieure, il y a un léger vide qui donne à l'arcade sourcilière une forme un peu déprimée, et à tout le front un caractère coHZracte, qu'on observe souvent chez des personnes dénuées d'intelligence. Cependant la jeune enfant, malgré la privation du plus iinportant des organes des sens, manifeste pour tout le reste un singulier degré d'intelligonce. Elle est d'une humeur gaie ; son ouïe est très line, et elle a, à un degré remarquable, la propriété de distinguer les corps par le toucher (1).