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CHAPITRE XXllI

ÉTATS ANORMAUX DE l'iRIS INDÉPENDANTS DE l'iNFLAMM ATION .

MYOSIS.

De [AÙco, je ferme. Syn. — Plilliisis, Hydriasis, Arelœus. Iridoplegia pupillam contrahens.

Symptàmcs. — La pupille est beaucoup plus petite qu'elle ne l'est en moyenne à l'état normal, parfaitement régulière, lente et extrêmement limitée dans ses mouvements, se dilatant à peine lorsque le malade passe dans un lieu obscur, ou sous l'influence de la belladone. Les deux yeux sont généralement afl'ectés. La vision du malade est confuse, surtout à une lumière peu intense; quelquefois il ne voit que pendant certaines heures du jour, et lorsque le myosis est complet, la cécité est presque absolue. Cette maladie s'accompagne de douleurs dans la tète, surtout dans le front, et attaque en général des individus débilités ou cachectiques. Dans un casdemyosis bien marqué, en dilatant les pupilles, j'ai trouvé la circonférence des cristallins marquée de stries opaques rayonnantes.

Cause prochaine . — La cause prochaine du myosis est inconnue ; on a supposé qu'elle était de nature spasmodique dans quelques cas, paralytique dans d'autres. Plenck admet un myosù spasmodique qui accompagne les aflections hystériques et autres maladies nerveuses, et qu'on peut attribuer au spasme des fibres orbiculaires de l'iris, et un myosis paralytique, dù à la paralysie des fibres droites, etaccompagnant d'autres aflections paralytiques (1).

Il est digne de remarque que, pendant le sommeil, la contraction est l'état naturel de la pupille (2). Il se manifeste aussi fortement sous l'influence d'une forte close d'opium (5).

Il est probable qu'en général le myosis ne dépend pas tant d'une maladie afl'ectant directement la substance de l'iris, que de quelque

(1) ncmorhisociilonim, p. 120 ; Vicniiaî, 1777 Maucliarl a soutenu la môme opinion dans sa disserlalion : de piipillo; plilhisi.

(2) KoMTANA. Di i Moli dell' iride ; Lneca, 1705 ; Jamn, Mémoires et observations sur l'œil, p. 8; Lyon, 1772; CuviEti, Leçons danaloinie comparée, 1. Il, p. 409; Paris, 1805.

(3) ÏAVI.0I1. On Poisons, |)p. bSI, S82, iiSi ; London, 1848.

;)98 liTATS ANORMAUX DE L lllIS, IISDICI'IÎNDANTS DE l/lNE LAMMATION .

cliaiigoineiil inorl)itle survenu tlitiis les nci'l's (iiii pi'ésideul au iiiouveinoiil (le ccMlo nieinhraiic.

Des expéi'ienees lailes par Pourroiii' DuPelil et autres, sur le grand syinpalliiquc et le nerf vague, el des(|uelles il résulte que la section de ces nerl's déleriniiie la conti'action permanente de la pupille de l'œil correspondant, ont amené les physiologistes à croire (pie, tandis que les lilets qui proviennent du nerf moteur oculaire commun président à la contraction du sphincter de la pupille, d'autres nerfs antagonistes, envoyés aux fihres radiées de Tiris par la portion cervicale de la moelle épinièrc, à travers le grand sympathi(|uc et le ganglion lenticulaire, président:) la dilatation de la pupille (1). Cette manière de voir indiqueraitcomme cause du myosis quelque allection des nerfs spinaux. Romherg rapporte avoir trouvé dans le tabès dorsalis la pupille contractée au point de n'avoir que la dimension d'une tète d'épingle (2).

[M. Gairdner a présenté à la Société Médico-Chirurgicale d'Edimbourg un homme adulte, alVecté d'un anévrysme du tiers interne de l'artère sous-clavière gauche, intéressant peut-être aussi la partie voisine de la crosse de l'aorte, et oH'rant cette particularité remarquahie que la pupille du côté correspondant à cet anévrysme était contractée (5). Un fait uon moins intéressant, démontrant l'influence du grand sympathique sur les fibres radiées de l'iris, est ra|)porté par M. F. VonWillebrand dans l'observation suivante (4) :

Obs. 536. — Un homme de 28 ans soulTrait depuis longtemps d'une douleur dans le bras, qu'on avait considérée comme de naliire rliumalismale ; c'était, d'après l'auteur, une névralgie du nerf cubital. L'examen de l'œil droit (le malade se plaignait d'y voir moins bien qu'auparavant), ne (it découvrir aucun phénomène morbide dans les parties externes ou internes de cet organe. La seule chose qui frappa le docteur Willebrand, c'est que la pupille était, relativement à l'œil sain, contractée à un haut degré. L'iris avait sa coloration normale el ressemblait à celui de l'autre œil, toutefois il restait immobile, soit que l'œil fût dans l'ombre ou fortement éclairé. Il résulta de cet examen que l'organe visuel n'avait pas perdu de sa netteté, mais que la rétine ne pouvait recevoir l'impression parfaite que du contour des petits Objets, et cela alors comme dans l'état naturel. C'était évidemment l'ouverture peu considérable de la pupille qui nuisait à la vision.

En examinant l'ensemble de la constitution de son malade, l'auteur constata l'existence de nombreux ganglions cervicaux indurés qui étaient placés sous le muscle steriio-masloïdien. Il crut pouvoir alors établir le diagnostic suivant : !« La douleur du bras n'était pas due à un rhumatisme, mais à une névralgie, el elle était produite par la compression des ganglions indurés du cou sur le plexus brachial. 2° La paralysie des libres radiées de l'iris a été déterminée par la compression qu'ont exercée ces ganglions indurés sur la portion cervicale du nerf sympathique, el la contraction permanente des fibres circulaires de l'iris a été la suite de cette paralysie. Le rétrécissement considérable de la pupille, qui restait insensible à l'action de la lumière, était dû à la même cause. Ce dernier point du diagnostic semble bien légitimé quand on se rappelle les recherches qui ont été faites par Waller el Budge sur les mouvements de l'iris, qui dcmonlrenl positivement que la motilité des libres radiées de l'iris dépend du nerf sympathique.

(\) VALEKTiN.de fonetionibus ncrvonim, p. 109 ; BernoB, 1859.

(2) MatiuolofliicNcrvoiis Disensos of Maii, vol. Il, p. 299 ; l.ondon, 1853.

[(5) Monllily Journal of Médical Science ; Kdinburgli, Jan., 183S, p. 71.]

[(4) Archiv lur Ophlhalinologic, t. 1,1, p. 510 ; el Annales d'Oculistique, I. XXXII. p. 20/.]

.MYOniASIS.

[,e tniitcnieiit par l'iodiirn do polassiiiiii (il dispariiilro rengorgeiiioiil dus gaiiflioiis cervicaux, et l'iris ro|)rciiaiil sa niolililo, la vision so rclaliiit coiimic auparavant. T. W.]

Causes excitantes. — L'iiabilude (rappliquer fréquemment et longtemps les yeux à rcxamen de petits ohjels, de ceux surtout qui rélléchissent fortement la lumière, délermine la contraction lialtiluclle de la pupille, et cet état peut se terminer par l'impossibililé de la dilater, même lorsque les yeux sont soumis à une faible lumière. Les personnes qui lisent ou écrivent beaucoup à la lumière artilicielle , les brodeurs, les borlogers, les monteurs de bijoux, etc., sont plus exposées que d'autres au myosis.

Traitemenl. — Le petit nombre de cas bien marqués de cette aflection, qui se sont présentés à mon observation, n'ont éprouvé que peu d'amélioration, quelque traitement que j'aie dirigé contre eux. La dilatation temporaire de la pupille à l'aide de la belladone, contrairement à ce que Ton aurait dû attendre, ne fait qu'accroitre la faiblesse de la vue qui accompagne le myosis, ce qui démontre que le désordre qui existe dans l'iris ne constitue pas toute la maladie. On a recommandé les antispasmodiques et les anti-paralytiques dans le traitement de cette atlection; mais on se trouvera beaucoup mieux de l'éloignement des causes qui peuvent produire la maladie que de l'emploi d'aucun médicament. On abritera les yeux; on évitera la lecture, l'écriture, et toutes les occupations qui peuvent fatiguer la vue; l'exercice à la campagne sera prescrit, et le malade se couchera de bonne heure.

MYDUIASIS.

De âfJ.uopèî, obscur. Sî/». — Platycoria, Arelœus. U-idoplegia pupillam expandcns.

La dilatation anormale de la pupille s'appelle mydriasis; Tiris ne se contracte plus, même lorsque l'œil est dirigé vers des objets rapprochés ou exposé à une vive lumière. Très fréquemment ce n'est qu'un des symptômes qui accompagnent certaines espèces d'amauroses, telles que l'hydrocéphalique. 11 accompagne d'autres fois la paralysie des muscles animés par le moteur oculaire comnum. ( V. t. I,p. 516.) Une légère divergence de l'œil aiïecté et un certain degré de'diplopie, alors que les deux yeux sont ouverts, indiquent que le droit interne est entrepris aussi bien que l iris. Pai-fois la mydriase survient indépendammenlde toute autre aiïection, et, lorsqu'il en est ainsi, la dilatation est quelquefois portée à un degré tel, qu'on n'aperçoit i)lus qu'une bande étroite de l'iris. Dans cet état de la pupille, la vision se trouve lellement troublée par l'arrivée sans contrôle de la lumière, que le

()00 ÉTATS ANORMAUX DE l/llUS, INDÉPENDANTS DE l'iISF LAMMATION .

malade, surloiil en plein jour, ne peul tliriger fixement TclmI sur aueun objel, ni en apereevoir aucun dislinelemenl. Les objets rappi-oelîés surtout lui paraissent troubles et eonlus. Cependant, lorsqu'on le lait regarder à travers une carte percée d'un petit trou, on eini)èche Téblouissement produit par l'arrivée d'une trop grande quantité de lumière, on corrige l'aberration de spbéricité, et la vue de l'œil allecté se trouve avantageusement modifiée. L'amélioration est souvent si prononcée que le malade peut se remettre à lire. Ce fait constitue un des principaux moyens de diagnostic enti-e la dilatation sympatbique qui accompagne l'amaurose et le mydriasisidiopatbique. Un verre convexe remédie aussi à la perte de la faculté de l'accommodation aux distances et permet de voir les objets rapi)rochés et de lire; mais il faut parfois employer tout à la fois le verre convexe et la carte perforée pour obtenir ce résultat. Demours n'avait jamais vu la mydriase aux deux yeux, ce qui s'accorde avec l'observation générale ; néanmoins, dans des cas rares, les deux yeux sont alfectés. Parfois l'affection passe d'un œil à un autre (1), ou se montre périodiquement.

[Un phénomène auquel M. Donders (2) a donné le nom de micropie et sur lequel MM. Van Roosbroeck etWarlomont(5) ont appelé l'attention, accompagne parfois la mydriase. Les malades voient les objets beaucoup plus petits qu'ils ne sont en réalité, ce qui ne laisse pas de les inquiéter souvent beaucoup. Cette particularité s'observe surtout dans les cas de mydriase artificiellement déterminée par la belladone et disparaît avec la cause qui l'a produite. T. W.]

Causes.— Les auteurs ont distingué plusieurs espèces de mydriase idiopalhique, telles que la paralytique, due à une paralysie du sphincter de l'iris, et une spasmodique, dépendant du spasme des fibres rayonnées ou droites (4). La mydriase qui succède à l'application de la belladone et de quelques autres narcotiques, et dont on se sert avec avantage dans le traitement de l'iritis, ainsi que pour facihter l'exécution de certaines opérations de cataracte, est généralement regardée comme une paralysie des fibres des nei ls ciliaires provenant de la troisième paire. Ce qui rend cette hypothèse bien plus probable que celle qui attribue celte mydriase à une surexcitation du grand sympathique, c'est sa fréquence dans les cas de paralysie occupant toute la troisième paire. Une cause accidentelle de mydriase est le passage à travers la pupille d'un cristallin volumineux, dans l'opération de la cataracte par extraction. On suppose qu'en pareil cas la distension excessive de l'iris en détermine l'atonie, qui se dissipe gene-

(1) BowMAK. Médical Times and C.azctle, June 23, 1855, p. 91.

[(2) Nederlaiiscli La.iccl, Avril 1851, p. 607, cl Annales d'Oculislique, l. XXX, p. il/.J

t>t,;-S^r\iS.^'c'dS'iné..en.s nerfs sur les monvemen.s de 1 u-is^^ un eSîl^H ra^ .1 aJSy rriUuno« à rAcudémie de n,édecine de BclHU.ue. Annales d Oeulisliqae,l.XXXIll,p.52.]

MYDUIASIS.

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