‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 75 sur 143 · GUI · texte numérisé non relu

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niloincnl en quelque jours el pennel à la pupille de reprendre son dianièlre normal. Les coups sur l'œil, les coups el les cliiiies sur la tète(l), les plaies par incision ou par déchirure du sourcil ou de la tempe, délcrminenl parfois la mydriase sans qu'il y ail lésion du nerl oplique. Il est rare que des désordres céi'ébraux acconipagnenl la simple dilalation de la pupille. Lors(iue celle-ci esl due à des excès vénériens, de lels symplùmes existent. La mydriase est parfois compli(|uée de névralgie des branches de la cinquième paire el sjjécialcment de la branche sus-orbitaire (2). M. Warc fait observer que toutes les persx)nnes adectées de mydriase qu'il a vues avaient été adaiblics par la fatigue ou le chagrin avant qu'on découvrit l'aflection oculaire; chez d'autres, elle avait été précédée d'allcclions de l'eslomac et du canal alimentaire. Je l'ai vue survenir chez un sujet adéclé de dyspepsie, qui s'était exposé dans une voiture de chemin de fer à un courant d'air froid. Elle paraît assez fréquemment liée à une diathèse rhumatismale el cède à un traitement dirigé contre cette diathèse.

L'amaurose s'ajoute parfois à la mydriase. D'autres fois on voit l'amaurose attaquer un œil qui avait été guéri de la mydriase.

Quelque opinion que l'on se fasse touchant le myosis, il est plus que probable que la mydriase dépend de quelque changement spécial survenu dans le nerf de la troisième paire, et agissant par l'intermédiaire du ganglion ophthalmique et des nerfs ciliaires.

Nous devons au docteur Wells et à M. Ware deux observations intéressantes de mydriase.

Obs. 537. — Le docteur Wells fut consulté par un genllcmnn, âgé d'environ 35 ans, très grand, et tendant à la corpulence. Un mois environ auparavant, il avait été attaqué d'un catarrhe, el lorsque celui-ci le quitta, il fut pris d'une légère stupeur, avec sensation de pesanteur dans le front. Il commença dès lors à voir moins distinctement de l'œil droit et à perdre la faculté de mouvoir la paupière supérieure. On remarqua aussi que la pupille de cet œil se dilatait beaucoup. En quelques jours, l'œil gauche fut affecté de la mên)e façon que le droit, mais à un moindre degré. Avant cela, la vue du malade était si honiie qu'il n'avait jamais fait usage de lunettes d'aucune espèce. En examinant les yeux, le docteur Wells ne put y découvrir aucun autre symptôme morhide que l'état dos pupilles, qui étaient beaucoup trop dilatées, la droite surtout, el sur les dimensions desquelles l'action de la lumière innuait peu. Il crut d'al)ord que cet étal était diî à un défaut de sensibilité des rétines; mais il fui promptemenl obligé d'abandoimer celte opinion, car le malade lui affirma qu'il était aussi sensible ((u'il l'avait jamais été à l'action de la lumière. Le docteur Wells s'enquit si des objets placés à des distances diverses lui paraissaient égalemenl distincts. Il répondit qu'il voyait plus nellemenl les objets distants, et comme preuve il lui ditexaclemenl l'heure que marquait une horloge très éloignée; il ajouta, d'autre pari, que les lettres d'un livre lui paraissaient tellement confuses qu'il ne parvenait qu'avec dilliculté à en faire des mois. Invité à regarder à travers un verre convexe, une page imprimée, il le lit, et niconiiut (ju'il i)ouvail lire faciicmeiil. « D'après ces circonstances, fait observer le docteur Wells, il était de toute évidence que ce malade, en même temps que ses pupilles s'étaient dilatées et ses paupières paraljsées. avait acquis la vue d'un vieillard, par suite de la perle subite de la faculté d'accomniodalion à l'aide de laquelle l'œil parvient à voir les objets rapprochés. On sait que l'œil est dans l'étal de relâchement pour la vision

(1) liiioniE. Mcilico-Chirurgicul Transaclioiis, vol. XIV, p. ôy4; Loiidoii, 182S.

(2) Loinlon Médical Guzctlc; vol. XXII, p. C8.

(')0!2 ÉTATS ANOIIMAUX DE l'iUIS, INDÉPENDANTS DE l/iNFLAMMATlON .

(les objets éloignés, el qu'iui coiilruire ses muscles se cuiitrucleiit |:our la vision à courte ilisluiice (1). »

Ohs. Î)'Î8. — M. Ware a rapporté le cas d'une dame, âgée de 30 à 40 ans, ciiez laiiuollcla pupille de l'œil droit se dilatait pres(iue toujours jusqu'au niveau de la circonférence de la cornée, chaque fois qu'elle lisait ou travaillait à l'aiguille; lorsque au contraire elle regardait un petit objet situé à neuf pouces de distance, en moins d'une minute la pupille se contractait au point de devenir aussi petite qu'une tête d'épingle. Celle du côté gauche n'était point alTectée comme celle du droit; mais, à toutes les distances el quelle que lût la quantité de lumière, elle restait toujours plus eontractée qu'elle ne l'est chez d'autres personnes. La vision n'était pas précisément semblable des deux yeux; ù droite, elle était un peu courte, et les verres concaves amélioraient cet état, mais sans agir sur l'œil gauche. La dilatation remarquable de la pupille droite existait depuis vingt ans. Une grande quantité de remèdes avaient été employés en divers temps pour la corriger, mais aucun d'eux n'avait produit d'elï'et.

M. Ware insiste d'une façon toute particulière sur ce fait, que pour que la contraction de la pupille dilatée survînt, il fallait que l'objet regardé fût situé juste à neuf pouces de distance de l'œil. Plus rapproché ou plus éloigné, il ne produisait plus cet efTet. On remarqua aussi que la continuation de la contraction de la pupille dépendait, jusqu'à un certain point, de l'état de la santé de la dame; car, bien qu'elle ne persistât jamais longtemps après que la dame avait cessé de fixer un objet rapproché, néanmoins, lorsqu'elle était en proie à quelque indisposition, la durée de cette contraction était moindre que dans l'état de santé parfaite ('2).

Pronostic. — Demours (3), qui paraît avoir écrit sur la mydriase avec beaucoup plus d'expérience personnelle que la plupart des autres auleurs, considère le pronoslie de celle affection comme assez favorable. Il dit que, hors les cas où elle avait succédé à une contusion ou à une blessure grave de l'œil, il l'a généralement vue céder en six mois dans la moitié des cas, même chez ceux qui n'employaient aucun traitement. Chez les autres, elle a disparu beaucoup plus lentement. lia vu la pupille revenir à ses dimensions naturelles, même après une contusion de l'œil, bien que la guérison soit en pareil cas extrêmement rare. Le résultat de ses observations est que sept cas sur neuf marchent vei^s la guérison, même sans aucun traitement, point qu'il importe de ne pas perdre de vue, lorsque l'on veut apprécier l'efficacité des remèdes , et enfin que l'on ne peut guère qu'accélérer la cure, surtout par l'emploi de stimulants externes.

Traitement. — Lorsque le malade présente des signes de congestion vers la tête, et qu'il est robuste, la saignée, les sangsues, un régime ténu, avec le mercure pris à doses altérantes, constituent le traitement à suivre.

Dans les cas où le rhumatisme est pour quelque chose dans Taffection, de petites doses de calomel et la poudre de Dower se montrent utiles; il en est de même du vin de colchique. La teinture ammoniacale de valériane, à la dose d'un demi-gros à deux gros deux fois par jour,

(t) Pliilo.sophicarrraiisiietions ; vol. Cl, p. 378; I.omion, 1811.

(2) Ihiil.. vol. (;ill,p- 56; l.omloii, 1813.

(5) Truilé des maladies des yeux, t. I, p. 444 ; Pans, 1818.

]MYnm\sis.

rend des services. Clicz les sujets faibles, on prescrira les Ioniques amers.

On IViclionnera malin cl soii' 1<; sourcil et la Icmpe avec un linimenl slimulanl ou la leinlure de noix voniique. On apjjliquera des vésicatoires au front et à la tempe , cl parfois il sera bon d étendre sur leur surface dénudée un dixième à un cinquième de grain de slryclmine. M. Gutlirie recommande la véralrinc comme un i-emède efficace : on on fait dissoudre six à luiil grains dans une once d alcool et l'on en peint la paupière supérieure et le front (1). On peut tous les jours pendant quelques minutes tirer de l'œil et des parties voisines, ou diriger vers elles alternativement de petites étincelles électriques ou appliquer sur le front l'un des pôles d'une machine électro-magnétique, tandis qu'avec l'autre on louche le globe de l'œil.

On a aussi recommandé l'ergot de seigle pris à la dose de trois à vingt grains trois fois par jour, ou prisé comme du tabac. Les eflels paraissent en avoir été très avantageux dans certains cas, nuls dans, d'autres (2).

Demours dit que, si l'on fait tomber sur un œil affecté de mydriase quelques gouttes d'un liquide acre, alors même que la dilatation de la pupille est portée au plus haut degré, celte ouverture se contracte instantanément de près de moitié, et le malade recouvre la faculté pour une minute ou deux de voir les petits objets qu'il n'apercevait auparavant qu'en regardant à travers le trou d'une carte. Il n'existe aucun spécifique possédant une propriété opposée à celle de la belladone, et qui puisse faire contracter la pupille. Il ne paraît donc pas y avoir d'importance à préférer un stimulant à un autre pour produire la contraction temporaire de cette ouverture. L'eau même produit cet eiïet jusqu'à un certain point. Le vin d'opium, pur ou dilué, est celui qu'on emploie le plus souvent: on en fait tomber dans l'œil une goutte une ou deux fois par jour. La même préparation d'aconit, d'après ce que l'on a observé dans les expériences de toxicologie , doit produire le même effet, mais n'a aucune propriété spéciflque (3).

M. Serre d'Uzès a essayé de traiter la mydriase par l'application du nitrate d'argent sur la cornée, près de sa jonction avec la sclérotique. Dans un mémoire qu'il a présenté Académie Royale de Médecine, il rapporte quatre cas de succès à l'appui de l'eificacilé de sa méthode. La commission académique chargée de l'examen de ce travail a obtenu trois succès par l'applicalion du caustique suivant la méthode de M. Serre. Le caustique ne s'applique que pendant une seconde. Il détermine l'injection des vaisseaux externes de l'œil, suivie d'une abon-

(1) Médical Times, Mardi <), 18a, p. /i09.

(2) KociiANOwsKi. Aroliivcs scnérales de méderino, NovcmhiT, I8ô8, p. .ïlil ; Compf.rat, l.ondon Médical GitzcllP, Scpicmijcr 8, \m. p. iô", ; Mac Kvkhs, Dublin Quurlcrlv Journal of Médical Science, ^()vcml)el•, 18'iS, p. m.-, Iio\vMA^, Op. cil., p. !)2.

(3) Fleming"!; Inquiry inlo llic propcriics of Aconilum Niipclliis, pp. 21, 52; Loii.ion, ISW.

i;TATS ANORMAUX DE l/lRlS, INDl'M'KiNDANTS DE l/lNI'LAMMATION .

diinlc soci'i'lioli de liii'incs ol de imiciis iiasal, el une vive douleui- dans le l'ront el la joue. Le léger iiuai^e qui se inonlrc sur la cornée à la suile de celle appliealion, se prolonge rarenienl, dil-on, au delà de quelques jours. Le cylindre de nilrale d'argenl doilèlrc laillé en crayon, dans le l)ul, je présume, de ne loucher ([u'un seul point de la conjonctive; néanmoins, celle application si peu étendue et d'une si courle durée peut être suivie d'une violenle irritation (1).

Un moyen plus sûr d'amener l'iris à S(i contracter, est celui employé par le docteur Fronmuller, el qui consiste à faire lire, chaque jour, le malade pendant un certain temps, de l'œil affecté, et à travers un verre convexe , en commençant par le foyer le plus éloigné qui permette de voir distinctement les lettres, soit, par exemple, celui de 12 à 14 pouces, et en passant graduellement, à mesure que la pupille récupère la faculté de se conlracler, à ceux d'un foyer plus long, jusqu'à ce que la maladie ait complètement disparu. Le stimulant, dans ce mode de traitement , est appliqué à la réline, transmis au cerveau et réfléchi de là au nerf de la troisième paire et aux nerfs ciliaires (2).

[M. Graefe, parlant de ce fait que la pupille se rétrécit dans le mouvement qui produit le rapprochement intense des paupières, conseille comme un moyen qui pourra concourir puissamment à la guérison de la mydriase , l'exercice, souvent renouvelé, qui consiste à ouvrir et à fermer avec force les paupières (5).

M. Desmarres recommande au malade de s'exercer à voir un objet de petit volume, tel que la tète d'une épingle, qu'il a soin de placer à la gauche et près du nez , si l'œil droit est malade, et réciproquement. On obtient ainsi peu à peu des contractions plus énergiques du muscle constricteur de l'iris et un rétablissement plus rapide. Cet exercice orthophlhalmique peut être encore plus complet si le malade se place alternalivenient en face d'une lumière éclatante pendant quelques secondes, puis tout aussitôt dans lobscurité. M. Desmarres se sert pour cela d'une lampe à réflecteur, placée sur une table et séparée du malade par un écran de carton noir percé de petits trous. Le patient passe rapidement l'œil devant ces petites ouvertures, qui doivent être séparées les unes des autres par une dislance de 1 à 2 pouces au plus. La première idée de cet appareil, ou d'un appareil semblable, appartient à M. Gensoul, de Lyon, qui l'a appliqué avec succès à quelques aues- Ihésies de la réline (4). T. W.]

(1) Archives générales de médecine ; t. XVII, p. 507 ; Taris, 1828.

(2) Annales d Oculislique, t. XXIV, p. 197; Bruxelles, 1830.

[(5) Arciilv fur Opliilialniologie, l. 1, 1, p. 31a, el Annales d'Oculislique, t. XXXII, p. 206.] [(4) Desmarres. Op. cil., t. Il, p. 499.]

TUEMBI.EMRNT DK l/lIUS.

TftEMUMvMENT DE l'iUIS. ( THEMULUS IUIDIS.) Sijn. — Iridodoiicsis. De îpU, iris, cl Sovlo), je secoue.

Les cas dans lesquels l'iris csl affecté, à chaque mouvemciU de rœil, d'un Irembleincnl particulier ou d'un mouvement ondulatoire, varient et ne sont pas rares. Quelquefois le mouvement d'ondulation est manifeste ; d'autres fois, on ne l'aperçoit que lorsque l'œil se remue vivement, et même, en pareil cas, il peut être assez léger pour qu'il faille y regarder de près pour s'en apercevoir. La texture de l'iris ne parait point altérée et la pupille a généralement sa forme naturelle; mais cette membrane conserve rarement la faculté de se dilater et de se contracter. Je l'ai vue néanmoins suivre sympathiquement les mouvements de la pupille de l'œil sain et se mouvoii" vivement et largement.

Le tremblement de l'iris est fréquemment, mais pas toujours, lié à l'amaurose. On le rencontre combiné avec la cataracte et surtout avec la cataracte capsulo-lenliculaire. Il succède fréquemment à l'opération qui a pour but de faire disparaître une cataracte capsulo-lenticulaire. Je l'ai vue succédera l'extraction la plus heureuse d'une cataracte lenticulaire ordinaire, sans que la vision en fût le moins du monde affectée. Il se montre fréquemment à la suite d'un coup sur l'œil et s'accompagne ordinairement, en pareil cas, d'une insensibilité partielle ou totale de la rétine et d'opacité du cristallin. Je l'ai vue succéder à une petite blessure accidentelle de la sclérotique et de la choroïde, située immédiatement derrière la circonférence de la cornée; à la ponction pratiquée pour l'extraction à travers la sclérotique, d'une cataracte capsulaire secondaire, le muscle ciliaire et les procès ciliaires ayant probablement été intéressés, l'incision ayant été faite trop près de la cornée. Dans ce dernier cas, la vision ne parut point souffrir. On rencontre souvent le tremblement de l'iris chez les individus qui naissent amaurotiques ou affectés de cataracte congéniale ; elle s'accompagne alors de l'oscillation du globe de l'œil. (F. t. I, p. S74.) Lorsque celte affection de l'iris est compliquée de cataracte, celle-ci est aussi assez souvent tremblotante, et, au bout d'un certain temps, il est probable qu'elle s'enfoncera dans l'humeur vitrée dissoute. Ce mouvement ondulatoire se présente fréquemment sur des yeux qui ont subi l'opération de la cataracte, dont l'humeurvilréeétait diffluente, ou dont une grande quantité de cette humeur s'est perdue pendant l'opération.

Dans presque tous les cas de tremblement de l'iris, il paraît y avoir dans la chambre postérieure une plus, grande quantité d'humeur aqueuse qu'à l'état normal ; dans plusieurs d'entre eux, toute la cavité

«LAUCOME lîT OIÎII. DU CHAT.

située (leiTièi'C l'iris csl remplie d'eau par suile de la deslruelion du tissu liyaloïde. L'iris pend lâchement et se trouve incapable de résister aux ondulations de l'humeur aqueuse, qui surviennent chaque l'ois que l'œil se porte d'un côté à l'autre. Ce n'est guère qu'alors que le tremblement de l'iris est perceptible. On ne l'aperçoit point tant que le ' malade fixe son attention sur le même objet; les elVorts nécessaires pour accommoder l'œil à la perception d'objets placés à une distance variée, mais, sur une même ligne droite, ne paraissent point déterminer ce mouvement.

Cette affection de l'iris a, jusqu'à présent, été considérée comme incurable ; elle indique certainement un état peu favorable de l'humeur vitrée et doit faire suspecter une maladie de la rétine.

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