‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 78 sur 143 · GLAUCOME ET OEIL DE CMAT · texte numérisé non relu

GLAUCOME ET OEIL DE CMAT

qu'il en csl de même de la diiniimlion de la vision, on la confond souvent avec la calaracle.

Sujets prédisposés. — Le glaucome esl une aiïeclion qui ne survient ! qu'après la première moitié de la vie. Les personnes (|ui ont des yeux . noirs y sont plus sujettes que celles dont l'iris est bleu ou gris. Les < sujets prédisposés sont souvent aiïeclés de myopie. Ils sont souvent en il proie aux symptômes d'une goutte irrégulière, et ont fréquemment J éprouvé dans les dents et la téte des douleurs que l'on considère comme ■ rluimatismalcs.

Périodes. — Le glaucome comprend une série de changements mor- J bides qui mettent en général des années à se dérouler, cl finissent par | envahir tous les tissus de l'œil, 1 1

Première période. — Le premier symptôme du glaucome ne con- 1 siste que dans une teinte verdâtre, réfléchie de derrière la pupille, cl qui, ainsi que le démontrent la mobilité de l'iris et la sensibilité de la rétine, n'est pas nécessairement en rapport avec une altération matérielle delà vision. Le noyau ou les lamelles centrales du cristallin ont revêtu non seulement la teinte jaunâtre qui envahit toute la substance du cristallin dans un âge avancé, mais de plus une teinte ambrée rougeâtre ou brùnâti'e.

Deuxième période. — Elle est marquée par la teinte gris-sale du cristallin, accompagnée de paresse de la pupille et de plus ou moins d'obscurcissement de la vision. La pupille n'est ni dilatée ni irrégulière. Si le globe de l'œil présente quelque changement dans sa consistance, c'est une certaine augmentation de dureté. Cette période peut durer cinq ou six ans et plus, la vue allant pendant tout ce temps en déclinant par degrés insensibles, mais sans douleur ou sans rougeur externe de l'œil. La teinte ambrée rougeàtre ou brunâtre, qui, dans la première période, restait bornée au noyau, envahit graduellement toutes les lamelles du cristallin. Cela fait que la vision se trouve entravée presque comme dans la cataracte , mais qu'il n'existe que peu ou pas de coagulation de la substance lenticulaire, peu ou pas d'infiltration blanche entre les fibres du cristallin, comme il en existe dans la cataracte. Un fait des plus importants, c'est qu'à cette période le glaucome peut s'accompagner ou ne pas s'accompagner d'amaurose. Lorsque ce dernier cas se présente, il constitue la cataracte verte opérable de M. Siebel.

Troisièm,e période. — Une dureté anormale de l'œil, avec immobilité et irrégularité de la pupille, un état variqueux des vaisseaux externes et probablement aussi des vaisseaux internes, avec un affaiblissement encore plus marqué de la vision, tels sont les signes de la troisième période. Le malade accuse la présence fréquente d'un nuage devant sa vue, sensation qui dure pendant des heures ou des jours, l'apparition de spectres enflammés et prismatiques, alternant avec des

GLAUCOME

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mouches fixes, de la" pliolopsic, de la douleur dans l'œil el à son pourtour La ciioroïde est cnllaniniée dans celle péi-iode ; il s'opère à sa face interne un épanchement qui comprime la réline; le corps vilré est désorganisé el une sécrétion aqueuse surabondante vient en occui)er la place Pendant un certain temps, l'œil peut continuel- à percevoir des objets placés de l'un ou l'autre côté du malade, tandis que dans loule autre direction il ne dislingue rien. A la lin, la réline devienl comple-

lenienl insensible. . , , - n i

Quatrième période. — Dans la quatrième période, le cristallin devient calaracté aussi bien que glaucomaleux. Sa teinte, jusque-la cornée, d'un verl sale, devienl lenlemenl ou brusquement d'un blanc opaque. (Cataractaviridis, vel glaucomatosa, Beer); le cristallin parait augmenler d'épaisseur el, pressant en avant à travers la pupille, finit par loucher la cornée. Le bord de la pupille paraît parfois enroulé en arrière vers la chambre postérieure; d'autres fois, poussé en avanl, l'uvée y forme un bord frangé. L'iris est changé de couleur, le tissu en semble aminci; on n'en dislingue plus la texture fibreuse, el certaines parcelles, ainsi que le mentionne M. Wardrop, semblent érodées. On aperçoit des vaisseaux variqueux qui en parcourent la surface, et des taches rouges, comme si du sang s'était exlravasé entre l'iris et la cornée. La sclérotique s'amincit, et l'on voit parfois un slaphylome de la choroïde former une saillie abrupte à la surface de l'œil. Le malade a complètement perdu la perception de la lumière extérieure, mais il éprouve encore parfois la sensation d'éclairs lumineux dans l'œil, par suite de la compression de la réline.

Cinquième période. — Bans la cinquième période, la cornée, irritée par la pression du cristallin hypertrophié et déplacé en avant, se trouble, devienl inégale et s'infiltre de sang par places; elle s'enflamme, s'ulcère et se perfore; le cristallin, ramolli et opaque, s'échappe de l'œil, el les vaisseaux de l'iris et de la choroïde saignent abondamment à travers l'ouverlure de la cornée.

Sixième période. — Dans celle sixième période, les symptômes oculaires sont apaisés et l'organe est atrophié. Cet état peul survenir sans même que la cornée se soit rompue; les symptômes inflammatoires disparaissant d'eux-mêmes et l'absorption s'emparant du contenu de l'œil, celui-ci se rétracte au-dessous de son volume normal, el, au lieu de la dureté contre nature qu'il offrait d'abord, devienl mou et s enfonce dans l'orbile.

Ces dillérentes périodes du glaucome se fondent insensiblement l'une dans l'autre. Bien qu'à aucune époque le traitement ne paraisse avoir grande influence sur la maladie, il n'est cependant pas rare de la voir s'arrêter spontanément à une période quelconque. Elle reste souvent à la première période pendant une grande partie de la vie; le cristallin est glaucomaleux on diplochromali(iue, mais il n'existe aucun obstacle

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