‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 80 sur 143 · II · texte numérisé non relu

II

(514 GLAL'COMK F,T OlilL DE ClIAï.

1. Le crislalliii, surtout diins son noyau et derrière lui, est d'une teinte ambrée jaune-bi-un; la (;oiisistance en est ferme, et la transparence parfaite ou presque parfaite. Dans (luelques cas, néanmoins, la teinte jaune-brun du noyau et des lamelles situées derrière lui est si profonde, qu'elle diminue considérablement la transparence du cris- lallin. Celui-ci est aussi plus sec qu'à l'ordinaire.

2. L'bumeur vitrée est dillluente, parfaitement transparente, incolore ou légèrement jaunâtre. On n'y retrouve aucune trace de la membrane byaloïde.

5. La cboroïde, surtout la portion qui est en contact avec la rétine, est d'une légère teinte brune, avec peu ou pas de pigment.

4. Il n'y a plus dans la rétine aucune trace de la taclie jaune ou du trou central.

C'est à la première de ces altérations, c'est-à-dire à la teinte ambrée jaune-brun du cristallin, et surtout de ses lamelles centrales, que j'attribue l'aspect particulier des parties profondes de l'œil dans le glaucome. Une légère coloration ambrée du cristallin est même le seul changement que m'ait révélé la dissection dans des glaucomes commençants. Le cristallin glaucomateux, vu en place, semble verdàtre ou même parfois d'un vert-de-mer foncé. Lorsqu'il est extrait de l'œil, toute teinte verte a disparu, soit à l'intérieur de l'œil privé de cristallin, soit dans la lentille que l'on examine. Lorsqu'on regarde le cristallin contre le jour, il parait d'une couleur d'ambre foncée. Ainsi, dans le glaucome, le cristallin est devenu, dans un certain sens, diplochromatique. Cette lentille, ainsi que l'humeur vitrée qui est souvent jaunâtre, a le pouvoir de décomposer la lumière incidente, absorbant "les rayons violets, bleus et rouges et n'affectant que très peu les rayons jaunes et verts ; de sorte que ceux-ci restent dispersés : d'où résulte l'aspect verdàtre des humeurs.

C'est un fait bien connu que diverses substances, tant naturelles qu'artificielles, présentent une couleur différente suivant qu'on lesvoit par réflexion ou par réfraction. Ainsi, un morceau de feuille d'or, vu a la lumière réfléchie est jaune, tandis qu'il est vert à la lumière transmise. Le contraire a lieu pour le cristallin glaucomateux. Vu dans l'œil, à la lumière réfléchie, il paraît vert, tandis qu'au dehors et a la lumière transmise, il est d'une teinte ambrée ou d'un brun-jaunatre. Un pourrait signaler de nombreux exemples de phénomènes analogues (1 j.

(1) L'infusion de Ugnum ncphrilicum, tenue eulrc l œil et la lumière, P<;r«H d'un beau rouge

GLAUCOME

,, n v a dans l'œil lunnain aucune surface vcric qui puisse i-éfléchir (lireclcnionl les rayons verls, comme le lait le lapis dans l'œil du moulon 11 me parait donc que c'esl à l'absorption des rayons exirèmes du prisme, lorsque la lumière Iraverse l'œil, qu est du ce rcllel verdàlre, et que c'esl le cristallin qui, vraisemhlablemenl, produit cet eUet' Comme preuve, je dirai (pie, si l'on extrait le cristallin, ou s'il vient à s'enloncer dans l'humeur vitrée dillluenle, l'asi)ect glaucomaicuxou verdàlre de l'œil disparaît. C'est ce que j'ai vu très nettement chez un malade dont j'ai déjà rapporté l'observation. (K. Obs. 348, t.. I, p. 601.) Ayant extrait dans ce cas un cristallin glaucomateux, qu'un coup avait lait p;isser dans la chambre antérieure cl qui, à la lumière transmise, i)araissait d'un jaune brunâtre, la pupille de Tœil blessé devint parl'aitement noire, tandis que celle du côté opposé conlinuait d'ofVrir l'aspect ordinaire du glaucome avancé.

L'état de dissolution de l'humeur vitrée, que mes dissections me portent à considérer comme appartenant généralement à la maladie, s'accompagne toujours, au moins dans la |)ériode moyenne du glaucome, d'une dureté anormale de l'œil au toucher, évidemment due à un excès de distension de ses (uniques.

Dans un cas de glaucome, j'ai vu le cristallin tremblotant. Il n'était ni opaque ni calaraclé. Je découvris sa mobilité par le mouvement évident d'un point lucide situé derrière la pupille et changeant de place à chaque mouvement de l'œil.

Le malade atteint de glaucome au second degré ou au début du troisième, voit mal parce que la réline n'est pas saine, que le pigment de la choroïde ne peut plus absorber les rayons lumineux, et que la lumière ne iraverse plus librement la portion centrale du cristallin qui a revêtu une teinte foncée ; néanmoins il voit encore, et souvent pendant des années parce qu'une quantité de lumière, suffisante pour la perception des objets, est encore transmise à la rétine par la portion circonférenlielle du cristallin.

Si, dans la seconde, la troisième ou la quatrième période du glaucome, on essaie de déplacer le cristallin avec l'aiguille, il arrive souvent qu'il s'enfonce tout à coup dans l'humeur vitrée; si l'on tente

aussi ces ileiiic couleurs. (Tiedemaiin el Gmeliii, Rcclierclics sur la digeslion, p. 19 ; Paris, 1827.) Une dissoliilion de siilfale de quinine daii.s l'acide larfrique. (bricment dihiiic, quoique parfaitcmi-nt incolore et Iransparenle lorsqu'on la lient enlre l'œil et la lumière ou un olijel blanc, \a\>,se. voir, dans cerlaines positions cl sous cerlaines incidences de la lumière, une leinic extrêmement vive d'un magnilicpie hieu céleste. (Merscliel, Pliilosophical Matçazine, Mardi, ISI-li, p. %)().)

Le dernier pliénoinèiic que nous venons île rapporter est un exemple de ce que le professeur Stokes (l'Iiilosopliical Transactions l'or p. /iOô) appelle puorescence, et nu examen plus

approfondi fera peul-ètre découvrir que l'aspeel dy|)l»ehromali(Hie <lu crislallin Jîlaueomalenx est un phénomène (pii renire dans la même ealégorie. Le mol dipluchruwalixmc peut fort hien être employé pour exprimer les changements d(! couleur que l'on observe dans le erislalliu glancomaleux el dans diverses autres .substances, suivant qu on les regarde la lumière transmise ou il la lumière rcllécbie, les mois dichromalmnc el dirhrohme, éluiU iléjù a])pliqués il . d'autres pliém)mènes optiques.

(ilO

GLAUCOMIC F.T OIUL DF, CHAT.

rexirnclion, la mônic chose arrive parfois, de façon à rendre Popéralion illusoire, si même l'œil n'est pas vidé par l'écoulement de l'humeur vitrée dissoute. Lors même que l'extraction s'exécute avec les plus ii;rands niéiiai!;einents, et à travers une petite ouverture de la cornée; une grande (juantité de ce lluide s'échappe souveut.

Le cristallin simplement glaucomateux, ou à l'état de cataracte glaucomateuse, peut, abandonné à lui-même, rester plusieurs années insilu, malgré l'état de dissolution de l'humeur vitrée, maintenu qu'il est par la zonule de Zinn ou ligament suspenscur du cristallin, qui conserve encore son adhérence aux procès ciliaires ; à la lin, toutefois, cette attache cède, et alors le cristallin tombe brusquement au fond de l'œil, comme dans le cas déjà cité de Mayerne, (T. p. 487, note).

Eble (1), Rosas (2) et Warnalz (5), ont rapporté des dissections d'yeux glaucomateux à une période avancée, et après que l'inflammation de la choroïde était venue compliquer l'aiïection des milieux dioptriques de l'œil; ils ont trouvé une extrême variété d'altérations morbides dans les divers tissus de l'œil.

La sclérotique adhérente à la choroïde et celle-ci à la rétine; les misseaux de la choroïde dilatés, ses veines surtout variqueuses; des ossifications dans la choroïde; des adhérences de l'iris à la capsule du cristallin et à la cornée; la rétine tachetée d'exsudations rouges poncliformes, épaissie, ramollie, atrophiée; le corps vitré afl'aissé; la membrane hyaloïde oflrant par places une fermeté anormale; des épanchements fibrineux ou d'un fluide rougeàtre, contenant des dépôts d'un brun-verdâtre ; le cristallin ramolli et opaque : telles sont les principales altérations trouvées à la dissection.

J'ai maintenant devant moi l'un des yeux du malade dont j'ai rapporté l'observation à la page 559. La maladie qui, ainsi que je l'ai élabh, avait été prise pour une cataracte, s'est terminée par la perle complète de la vue par suite de glaucome. A la dissection, on retrouve à peine quelque trace de la structure naturelle de l'intérieur de l'œil. La choroïde, adhérant intimement à la sclérotique en dehors, est tellement confondue eu dedans avec le contenu de l'œil, et celui-ci est tellement altéré par des exsudations fibrineuses, que l'on ne peut plus distinguer la réline. Dans ce cas, ainsi que dans un autre que j'ai eu l'occasion d'examiner après la mort, les nerfs optiques étaient aplatis et atrophiés.

Cause prochaine. — Quant à la cause de l'altération du cristallin, nous ne pouvons rien en dire de satisfaisant. Le cristallin peut être considéré comme le produit d'une sécrétion et les altérations qu'il subit comme dépendant de l'état de l'organe par lequel il est sécrété.

(1) Ammon's Zeilselirifl fiir die Opiilliiilinolosic, vdI. I, p. 310; Di-es.lcn, 1831.

(2) lliMKlbucli (1er Aiisoiilicilkimdc, vol. Il, p. 72fi: Wicn, 1830. (3j Uebcr das Glaiiko'ii), pp. 92, 150; Leipzig, 18U.

GLAUCOME

Il puise iiulubilablcinent ses matériaux de nulrilioii, aussi bien que l'humeur vitrée, dans les capillaires du corps ciliaire, et c'est probablement à (iuel(|ue altération morbide de ces vaisseaux ou du sang qu ils charrient, que sont dus les changements aux(|uels nous donnons les noms de cataracleet de glaucome. Une inllammationchroniciue de la rétine et de la choroïde, d'une nature s|)écilique mais obscure, est pculétre la cause qui amène la destruction de la membrane hyaloïde, qui, à son tour, détermine vraisemblablement une série d'autres changemenls locaux, même dans les organes i)riinitivement aiïectés. Il est probable que le lluide aqueux qui occupe la place de riiumc'ur vitrée, devenant surabondant, provoque par compression rabsor|)tion du pigment, et rend complète rinsensibililé de la rétine déjà altérée.

Bien que l'on ne puisse douter de la fonction toute subsidiaire que l'épithélium de la choroïde remplit dans l'exercice de la vision, il est évident néanmoins que, sans l'aide du pigment, il est impossible qu'aucune impression correcte se produise sur la réline. Celait, que l'œil de l'albinos, dont les cellules pigmentaires sont dès la naissance privées de matière colorante, ne peut apercevoir distinctement les objets à la lumière d'un jour ordinaire, suffit pour démontrer la nécessité de l'inlégrité de l'épithélium choroïdien pour que l'œil accomplisse régulièrement ses fonctions.

Causes excitantes et prédisposantes. — Les Allemands paraissent considérer le glaucome comme toujours lié à la goutte, ou plutôt comme le résultat d'une inflammation arthritique lente de Tœil, et surtout de la choroïde.

Les mêmes causes qui produisent l'iritis arthritique et la choroïdite (F. pp. 4.8, 63, 64), l'inquiétude, le chagrin et la perte de sommeil, paraissent aussi déterminer le glaucome.

L'état cachectique, engendré dans l'économie par l'usage habituel des spiritueux et du tabac, contribue puissamment à la production du glaucome. Celte maladie paraît aussi se développer de préférence chez ceux qui ont été scrofuleux dans leur enfance ou qui onl beaucoup exercé leurs yeux sur de petits objets rélléchissanl vivement la lumière.

Il n'est pas aisé d'expliquer la fréquence du glaucome dans certains pays et dans certaines classes de la société, et sa rareté dans d'autres. Ainsi, Bénédict nous dit que la moitié des malades atteints de glaucome qu'il a vus pendant douze ans d'exercice à Breslau, étaient juifs, etque cette airection est extrêmement commune parmi les israëlites (1). Scarpa, d'un autre côté, n'a pas jugé à propos de parler du glaucome dans son Traité des maladies des yeux. Une chose qui est aussi digne de remarque, c'est que, dans une de ses lettres à Maunoir, il dit que pen-

(I) Hamlbucli lier praklischcn Augeiilieilktiiidc, vul. V, p. t4(!; Leipzig, 182îi.

r.KAUCOMl' IvT ORII, DK CHAT.

dant le long espace tle temps qu'il avait occupé la chaire tranato'inie à Pavie, il n'avait jamais renconli-é dans ses dissections aucun cas de dissolution de riuimcur vitrée, et qu'après avoir lu l'ouvrage que Sir William Adanïs i)ul)lia en 1817, il avait lait examiner quarante yeux au moins de sujets morts entre soixante et(|uatre-vingt ans, sans avoir • rencontré chez aucun d'eux un ramollissement total ou partiel du corps vitré.

Pronostic. — Quand le glaucome a commencé sur un œil, la maladie s'étend généralement à l'autre. On la voit souvent à des périodes diverses llans les deux yeux. Le glaucome complètement établi est tout à fait incurable; mais la médication arrête parfois les progrès de la maladie, et dans certaines circonstances améliore même la vision.

Traitement. — 1 . Sur la présomption que le glaucome est dù à une afl'ection inflammatoire de la choroïde et de la réline, on a employé contre lui la saignée et les purgatifs. Ce traitement a quelquefois été couronné de succès. Les révulsifs se sont aussi montrés utiles et spécialement les frictions entre les deux épaules avec de la pommade stihiée.

2. On a aussi prescrit le calomel avec l'opium, se basant sur ce principe que, dans toutes les inflammations profondes de l'œil, le mercure se montre salutaire. Ainsi que dans l'ophthalmie arthritique, avec laquelle le glaucome a certainement de raflînité, le mercure, administré à dose altérante, est plus utile qu'alors qu'on le pousse au point d'alTecter la boucbe. Le fait est que l'âge et la constitution des personnes sujettes au glaucome, prescrivent de ne faire usage qu'avec les plus grands ménagements de la saignée et du mercure.

3. On doit ordonner le repos des yeux, un régime doux, l'entretien des fonctions de la peau, l'abstinence des liqueurs alcooliques et du tabac sous quelque forme que ce soit.

4. Les anti-névralgiques, tels que la teinture de belladone prise à l'intérieur par doses de dix à quinze gouttes, ou la teinture d'aconit de Fleming à la dose de trois à quatre gouttes, trois fois par jour, contribuent beaucoup à diminuer la douleur qui accompagne fréquemment cette maladie.

5. L'inflammation arthritique est souvent combattue très avantageusement par l'emploi des toniques, tels que le carbonate de fer, le sulfate de quinine et autres semblables. Après la déplétion, on doit aussi essayer ces remèdes dans le glaucome.

6. La dilatation de la pupille à l'aide de la belladone améliore la vision de la plupart des yeux glaucomateux dans la seconde période de la maladie ; c'est un moyen palliatif auquel on peut recourir journellement. Le meilleur mode d'application consiste dans l'introduction, tous les deux jours, d'une goutte de solution d'atropine entre les paupières.

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Quol(iues intilatlos, néanmoins, se trouvent éblouis par la dilatation de la pupille et leur vue s'en trouve plus troublée; il faut naturellement renoneer alors à ce moyen.

7, Comme un excès d'bumcur vitrée dissoute paraît faire |)artie essenticliffdes changements morbides qui surviennent dans la période avancée du glaucome, il est logiiiue de conclure que la ponction de la sclérotique et de la choroïde, prati(|uée de temps en temps, peut être utile en faisant cesser la compression que raccumulalion du fluide exerce sur la rétine. La ponction se pratique avec un large couteau à iris qu'on fait pénétrer dans le point où Ton enfonce l'aiguille dans l'opération de la cataracte par abaissement. On pousse l'instrument vers le centre de l'humeur vitrée, on le fait un peu tourner sur son axe, et on le maintient une minute ou deux dans cette position, afin que le fluide puisse s'échapper. Une amélioration momentanée de la vision, aussi bien qu'une diminution de la douleur, est souvent le résultat de celte opération ou même de la ponction de la cornée et de l'évacuation de l'humeur aqueuse.

[Obs. 539. — Un Lomme, figé de 50 ans, d'aspecl un peu boursouflé, d'ailleurs d'une conslilulion normale, vinl me consulter, il y a environ Irois mois, se plaignant d'une inflammation de l'œil droit qui l'incommodait depuis quelques jours : il s'agissait d'un glaucome aigu, dans lequel la vision était déjà si diminuée que le malade percevait bien les mouvements d'une main, mais n'en pouvait plus compter les doigts. Je le fis tenir dans une chambre sombre, lui fis suivre un traitement énergique antiplilogistique et dérivatif, et prendre chaque soir de fortes doses d'opium. L'inflammation diminua, les douleurs cessèrent presque entièrement; mais la vue ne s'améliora que jusqu'à permettre de compter avec peine les doigts à quelques pieds d'éloignement; le champ visuel avait quelque peu diminué d'étendue; la pupille apparaissait toujours comme à travers une forte fumée, ce qui était surtout dii à un trouble diffus de l'humeur aqueuse et à un dépôt à la face postérieure de la cornée, symptômes ordinaires du glaucome aigu. Dans une affection qui se joue à ce point des résultats de la thérapeutique, essayer de nouveaux moyens est un devoir absolu. On voit sans doute les accès du glaucome aigu céder, la vue s'améliorer après l'emploi d'antiphlogisliques, de mercuriaux et surtout de fortes doses d'opium; mais il n'en est pas moins vrai qu'à chaque nouvelle crise inflanimaloire, le champ visuel se rapetisse en direction centripète, ou que ce phénomène va on augmenlant peu à peu sans nouvel accès inflammatoire. Aussi, me basant sur le fait que l'amaurose qui provient du glaucome aigu résulte, d'après bien des symptômes (dureté du globe oculaire, anesthésic de la cornée, paralysie de l'iris, pouls artériel, diminution de la vue par le rapetissement du champ visuel) de la compression interne, je résolus de recourir avec énergie au traitement qui pourrait la diminuer. Le sulfate d'atropine n'ayant produit aucun effet, je pratiquai la paracentèse de la chambre antérieure. Dès que j'eus laissé écouler l'humeur aqueuse, l'iris et la pupille se montrèrent beaucoup plus clairs, et la vision s'améliora immédiatement, au point que le malade put distinguer les doigts à sept pieds de distance au lieu de quatre. Ces premiers résultats provenaient sans doute de la soustraction de l'humeur aqueuse trouble; mais il survint ensuite une amélioration croissante de la vue, au point que le malade en put venir à reconnaître, jusqu'à un certain point, de gros caractères d'imprimerie. Cet Jieureux changement avait sans doute pour cause ceux survenus dans la circulation de l'intérieur de l"œil. L'humeur aqueuse s'élant reproduite trouble, nécessita deux nouvelles paracentèses oculaires. Aujourd'hui, quoique le malade ait encore une pupille presque immobile et dilatée, et un iris décoloré, il jouit d'une vue très-salisfaisanleet lit avec facilité, avec des lunettes corrcs|)ondant à son degré de presbyopie, le caractère d'imprimerie désigné par le n- 3 dans l'ouvrage d'Edouard Jaoger,et ne reste indécis qu'aux mois les plus dilliciles du n- 1 (qui est la plus line impression) : de plus, sa

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