‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 81 sur 143 · GLAUCOME ET OEIL DE CHAT · texte numérisé non relu

GLAUCOME ET OEIL DE CHAT

vue esl coniplélenicnl libre de tous les côlés; iimélioralioii que je n'avais encore jamais vue aprùs un am's do glaucome.

Sans vouloir tirer de conclusions d'un seul fail dont la terminaison peut d'ailleurs tromper mes espérances, je crois que les résultais ohtenus peuvent cncouraj^er à expérimenter, dans des cas analogues, la paracentèse oculaire, importante opération tliérapcullque que je compte éluilier spécialement dans un des prochains cahiers. J'j me hornerai à ajouter que, chez ce malade, le jiouls artériel de la rétine non-seulement n'a pas cessé d'exister, mais encore n'a pas du tout diminué (1). T. W.]

8. L'cxlraclion du cristallin d'un œil glaucomaleux fail di.sparaitre Tapparcnce verdàlrc des humeurs et améliore parfois la vision du malade. Néanmoins, bien que je sois persuadé que Tabsence du erislallia peut être avantageuse dans les premières périodes du mal, et empêcher notablement le développement de lamaurose qui finit par accompagner le glaucome, l'extraction est une opération que je n'oserais prendre sur moi de recommander comme méthode générale. Le patient, dans la seconde période de la maladie, voit encore trop bien pour qu'on puisse lui faire courir les risques d'une inflammation arthritique qui peut succéder à la moindre opération. J'ai vu opérer des glaucomes pour des cataractes, c'est-à-dire enlever par extraction le cristallin ayant la teinte ambrée, l'opérateur croyant extraire un cristallin opaque et atteint de cataracte; et j'ai vu en pareil cas l'incision se guérir sans inflammation et la vision du malade éprouver une grande amélioration. Mais quelquefois aussi, j'ai vu se déclarer une inflammation si violente que les parties les plus importantes de l'œil se sont trouvées détruites. Il y a tout lieu de croire que l'on a fréquemment opéré avec l'aiguille des glaucomes pris pour des cataractes, et qu'en général le résultat de l'abaissement ou de la division pratiqués dans ces circonstances a été fatal à la vision.

L'observation suivante est une de celles qui m'ont amené à penser que l'extraction pourrait être un moyen de prévenir les altérations du glaucome, non-seulement celles qui ont pour siège la lentille, mais encore celles qui occupent la rétine.

Obs. 540. — R. C, âgé de 48 ans, vint me consulter en mars 18-20 pour un affaiblissement de la vue de l'œil gauche qui présentait déjà l'aspect glauconiateux. Il existait dans l'œil droit une cataracte capsulo-lenticulaire, conséquence d'une lésion traumatique remontant;! 40 ans de date, cl qui avait été suivie de l'absorption du cristallin. Comme la vue de l'œil gauche baissait rapidement et que le droit conservait encore la faculté de distinguer la lumière de l'obscurité, j'ouvris la cornée de cet œil, j'allai saisir la capsule que j'attirai hors de la pupille, el en partie entre les lèvres de l'incision de la cornée, où je la laissai contracler des adhérences, assurant ainsi un passage pour 1 arrivée des rayons lumineux dans l'œil. La vision ainsi rendue était aussi bonne que celle qui succède à une opération ordinaire de cataracte, et pendant plusieurs années le malade put, a l'aide d'un verre à cataracte, voir assez de cet œil pour conlinuer ses occupations. La vision de l'œil gauche continua d'aller en s'affaiblissant, avec développement de symptômes qui me parurent être indubital)lemeiit ceux du glaucome et de Pamaurose. Le malade était néanmoins persuadé qu'il avait une cataracte de ce coté et me pressait oe

[(I) Graepe. Archiv fur Ophlhalmologic, l. 1,2, p. 299-507, et Annales d'Oculislique, t. XXXYI, p. 171.]

GLAUCOME

l'opérer. Je m'y rofusai; mais je lui reeommandyi, puisqu'il conscrvail encore des doutes, d'aller consulter feu le docteur Monlcalii. Il se trouva fort désappointé lorscpie le docteur Monlealli n'eut l'ait que couliriner ce que je lui avais dit. N'étant néannioin.s pas encore salisfail, il se rendit à Édimbourg, où niallieureusomenl on l'cntrelint dans l'idée qu'il était affecté de cataracte : il se soumit donc à une opération qui n'eut d'autre résultat que de provoquer une inflammation violente et destructive.

En réfléchissant à ce cas, je fus frappé de l'idée que l'absence lolale non-seulcnienl de glaiiconie, mais aussi d'amaurose, dans l'œil droit, dépendait de ce que le cristallin avait été absorbé à une époque peu avancée de l'existence de ce malade; car le glaucome est une aflection quid'ordinaire n'attaque querarementunœil sansaflccteraussi promplenicnt l'autre. L'absence du cristallin peut également avoir agi en prévenant la maladie de la membrane hyaloïde, qui se termine par sa destruction, et à laquelle, autant que nos connaissances actuelles permettent de le faire, je me sens disposé à attribuer en grande partie l'origine de l'aflcction de la rétine qui survient dans le glaucome.

Ce n'est que dans la seconde période du glaucome qu'il peut être question d'extraire le cristallin. Une opacité pàle, d'un vert sale, située derrière la pupille, mais plus profondément que l'opacité d'une cataracte ordinaire, de sorte que, à cause de la transparence des lamelles superflcielles du cristallin, l'iris répand sur l'opacité une ombre plus étendue que lorsque la superficie de la lentille est opaque ; la consistance naturelle de l'œil ; l'état sain du tissu de l'iris ; la dilatation naturelle de la pupille; l'absence de l'image renversée, alors que l'image droite profonde repi^ésen te une flamme jaune étendue; la vision altérée comme dans une cataracte lenticulaire ; la marche de l'afléction, qui est beaucoup plus lente que celle d'une cataracte lenticulaire, et met à devenir mûre pour l'opération autant d'années que l'autre met de mois: voilà les particularités qui nous mettent à même de décider que la maladie est un glaucome à sa seconde période, et qu'il y a des chances pour que l'extraction du cristallin rétablisse la vision. Ce dernier fait est important, parce que les praticiens, lorsqu'ils aperçoivent une opacité verte derrière la pupille, sont disposés à conclure qu'il s'agit d'une amaurose aussi bien que d'une altération des milieux réfringents de l'œil. Il en résulte qu'on abandonne comme incurables des malades auxquels l'extraction du cristallin aurait pu rendre la vue. Dans les cas dont il s'agit, un examen attentif démontre que la vision n'est pas éteinte, mais que l'œil conserve encore autant la faculté de voir qu'un œil cataracté ; l'organe n'est pas dur au loucher comme une pierre, car celélat ne survient que dans la troisième période, alors qu'à un état glaucomaleuxducristallin viennent s'ajouter la dissolution et l'accumulation de l'humeur vitrée; la sclérotique n'est pas amincie au point de laisser transparaître la choroïde, et les vaisseaux de l'œil ne sont pas dilatés et variqueux comme dans la période avancée et irrémédiable de la maladie.

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