II
ANOMALIES ET ALTi'iUATIONS DIVERSES DE I-A VISION.
d'un objci, éloigné, et les font tiri'iver à l'œil comme s'ils provenaient (l'un objet rapproché.
Les verres employés d'oi-dinairc pour les myopes sont hi-concavcs, oH'rantde cluu|ue côté une égale courbure. Parlois, néanmoins, il y a inégalité de courbure entre les deux faces. Un verre piano-concave ou ■ concave-convexe pourrait suffire. Le docteur Wollaslon a inventé une espèce de lunettes qu'il a appelées périscopiqiies, à cause de la facilité qu'elles donnent d'apercevoir tous les objels environnants sans qu'il soit besoin de tourner la tète. Elles doivent cette propriété à ce (jue la surface qui se trouve près de l'œil est toujours concave, que les verres soient destinés à des myopes ou à des presbytes, la surlace externe convexe faisant partie d'un segment de cercle plus grande que la surface interne concave pour les myopes, et d'une spbère ))lus petite pour les presbytes. Le champ de la vision s'agrandit eu proportion de ce que la seconde surface se rapproche de la courbure de la cornée, aux dépens, toutefois, de la netteté de la vision, car ces lentilles accroissent à la fois l'aberration de réfrangibilité cl de sphéricité (1).
« Quand nous regardons un objet, dit l'auteur de l'article Optics, dans The Edinburgh Encyclopœciia, de façon à l'apercevoir dislinclemenl, nous n'avons la vision nette que de la petite portion sur laquelle l'axe de la vision est dirigé; tout le reste ne se voit que d'une manière confuse à l'aide de faisceaux obliques ou indirects. Par conséquent, pour lire ou examiner de petits objets, les lunettes périscopiques ne nous paraissent offrir aucun avantage; mais, d'un autre côté, lors- (ju'on sort, elles rendent des services essentiels, soit pour voir un paysage, où les portions obliques constituent une partie essentielle du tableau, soit en nous avertissant de l'arrivée des objets qui s'approchent de nous de côté. »
Les personnes myopes sont extrêmement portées à adopter l'usage d'un seul verre; c'est une coutume contre laquelle nous devons les mettre en garde. Les lunettes sont toujours préférables, non-seulement parce qu'elles maintiennent l'action des deux yeux, et qu'ainsi la vue est conservée plus claire et plus facile, mais aussi parce qu'ainsi le travail de chaque œil se trouve diminué.
Les verres bi-concaves sont distingués par les nombres 1, 2, 5, etc., en commençant par le foyer le plus long ou la concavité la plus prononcée (2). Nous recommandons aux personnes qui ont la vue courte
(1) Nicholson's Journal of Natural Philosopliy, vol. VII, pp. 145, 192, 242, 291 ; vol. VIII, p. 38 : Lomioii, 1804.
(2) On doil toujours distinguer les verres concaves parla longueur de leur foyer, et jamais par des chiffres, parce que ies gradations de la concavité ne sont pas les mêmes pour tous: de sorte que ce qu'un opticien désigne sous le n» 1 constitue pour un autre le n« 2. M. Raaisdcn établissait le n° 1 de ses verres concaves de façon à ce qu'il fût l'équivalent d'un verre convexe de 24 pouces de foyer, c'esl-ù-dire, qu'en unissant un verre convexe de ce foyer a un veirc
MYOI'IE.
de se eoiilenler du ven'e le moins creux, ou |)orlanl le n" le moins élevé qui leui' permellra de voir. Si, ])ar exemple, le n" 1 permet de distinguer nettement les noms placés aux coins des rues et donne des contours nettement dessinés aux objets dont la dislance n'excède pas (|uaraiile pieds, il ne faut pas recourir au n" !2. On doit apercevoir clairement les objets à travers le verre que l'on a cboisi; nuiis s'il les fait paraître plus i)etits, ou leur communique un aspect éblouissant ou étincelant, si l'œil se trouve laligué après s'en être servi un certain temps, c'est que le verre est trop profond, et il faut en choisir un d'un numéro moins élevé.
Lorsqu'une personne myope veut choisir des verres concaves, le moyen le plus sûr et le plus simple est d'aller dans la bouli(|ue d'un opticien et d'en essayer une série. 11 peut arriver néamoins qu'une personne habitant la campagne ait à écrire à la ville pour se faire adresser des verres d'un foyer convenable. On arrive à désigner ce foyer à l'aide de l'optomètre tel que le docteur Young l'a perfectionné ; mais comme on n'a pas toujours cet instrument sous la main, voici quelques règles que l'on peut adopter :
1. Si la personne myope désire des lunettes pour voir les objets éloignés, c'est-à-dire, situés à une distance déplus de 200 à 500 verges, la distance focale des verres qui lui sont nécessaires doit être égale à celle qui lui permet de voir distinctement à l'œil nu un petit objet. Si par exemple elle peut lire le caractère de ce livre à une distance de 12 pouces, il lui faudra, pour voir les objets éloignés, des verres concaves ayant 12 pouces de foyer.
2. Si ce sont des verres pour lire ou examiner des objets rapprochés que l'on désire, il faut multiplier la dislance à laquelle on peut hre facilement à l'œil nu, soit 4 pouces, par la distance à laquelle on
concave n° 1, on obtenait réquivalent d'un verre plan, el que les objets vus à travers ecs deux verres réunis ne paraissaient ni plus grands ni plus pelils. Son n° 2 correspondait à un verre convexe de 21 pouces ; son n» 5 à un de 18, el ainsi de suite.
Voici quels sont, en pouces, les loyers d'une série de verres noncaves que j'ai chez moi pour essayer la puissance des yeux myopes :
N"» 1 îi
En Allemagne, le n» 1 a ordinairement un foyer de 2^5 pouces, et, dans chaque numéro suivant, le loyer augmente d'un pouce ou d'un certain nombre de lignes.
On peut s'assurer de la longueur du foyer d'un verre concave en faisant rénéchir par sa surface, sur un corps opaque, l'image de quelque corps lumineux Irès-éloi-né, comme lesoloil en remarquant le moment auq.iel l image .levient la plus petite, et en mesurant la distance qui existe entre le centre ,1c la surface réilécliissante et le corps sur lequel l'image est reçue : le «louble de cetledislance constitue la longueur de la distance focale de la lentille ; elle est égale an rayon de courbure de ses surfaces, celles-ci ayant été polies à laide d'un même instrument. Les deux surfaces, toutefois, nont pas toujours été polies ù Taidc d 'un instrument de même rayonuc sorte que I une est parfois plus profonde que l'autre.
IS'os 7
(iiO ANOMALIES ET ALTI'^RATIONS D1VEI\SES DE LA VISION.
désire pouvoir lire, soil 12 pouces, diviser le produit 48 parla dilléreuce qui existe euire les deux nombres (|ui ont concouru à le produire, et qui ici est 8 ; le quotient 0 est la longueur en pouces du loyer du verre concave dont on a besoin.
Une laute souvent commise par les persoimes qui commencent à se ' servir de verres concaves, c'est de se fatiguer de ceux qu'elles ont choisis, et d'en prendre bientôt après de plus concaves. Les yeux, au inoins pour un lemps, s'accommodent bien à cette pratique; mais, linaleinent, celui qui augmente ainsi graduellement la concavité de ses verres, arrive à n'en plus trouver que dillicilement qui puissent lui rendre service, ou même amène l'organe de la vision à un état (jui ne lui permetplus de se livrer à des occupations sérieuses. La myopie, ainsi que nous l'avons déjà établi, persiste généralement au même degré pendant la plus grande partie de rexislence. Le même verre peut donc continuer de servir pendant des années, et il ne l'aut pas en changer inconsidérément pour en prendre déplus concaves.
Le docteur Kitchener nous apprend qu'il avait environ quinze ans lorsqu'il découvrit pour la première fois qu'il ne distinguait pas les objets éloignés aussi distinctement que le commun des hommes.
« M'apercevanl, tlil-il, que je ne pouvais point voir ce que des personnes ayant des yeux ordinaires m'indiquaient souvent comme mérilanl de fixer mon attention, je me rendis chez un opticien, et j'achetai un verre concave n» 2. Après m'en être servi pendant un certain temps, je regardai par hasard à travers un verre n» 3, et m'apercevant que ma vue en devenait beaucoup plus nette qu'avec le n» % je lis meUre à mes lunettes des verres du n» 3, qui me parurent alors me rendre tout le service que je pouvais en attendre. Après m'êire servi quelques mois du n" 3, il m'arriva encore par hasard de regarder à travers un verre n" 4, et je trouvai le même accroissement que précédemment dans la nelteté de ma vision, lorsque, habitué au n» % j'avais regardé avec un n" 3. J'en conclus que mes verres n'étaient pas encore suffisamment concaves, et je me procurai len»4; bientôt, toutefois, ceux-ci ne stimulèrent plus le nerf optique mieux que ne l'avaient fait les n°» 2 et 3. ,1e commençai alors à penser que la vue était soumise aux mêmes lois que celles qui gouvernent le 'reste de l'économie, c'est-à-dire, qu'un accroissement de stimulus cesse bientôt, par l'habitude, de produire un accroissement d'action. Je me résolus donc à ne plus me servir que de verres n° 2 ; je les porte depuis 31 ans, et ils me rendent presque autant de services que lorsque j'y ai eu recours pour la première fois (i). »
Le môme auteur recommande aux personnes qui sont très myopes de faire usage, afin de ne pas être obligées de se pencher pour écrire, ou pour lire de la musique, etc., de lunettes ayant des verres assez concaves pour leur permettre de voiries objets à la môme distance que les autres personnes, mais de se servir pour les objets éloignés, d'une petite lunette d'opéra, qui, ayant un foyer mobile, leur sera beaucoup plus utile, si elle grandit seulement deux fois les objets, qu'un simple verre concave, quelle qu'en soit la force, parce qu'elle sera susceptible de s'adapter exactement à toutes les distances.
(l) Economy of Ihe Eyes, Part. I, p. 111 ; Loiidon, 182G.
MYOPIE
Lorsqu'une ])crsoimc myope a une fois joui du plaisir de voir les objets éloignés avee la nellelé el le brillant (|ue leur doiuienl, eoinparativemenl les verres coneavcs, il n'est pas lacile de la déterminer à renoneer à leur usage. On doit néanmoins eonseiller aux personnes qui ont la vue courte de ne pas porter constammenl leurs lunettes, el d'en réserver l'usage pour les occasions où elles en ont le plus besoin. Lorsqu'on les a portées longtemps, on ne voit d'abord pas aussi bien lorsqu'on les ôte, qu'on ne le faisait avant d'en commencer l'usage; mais cela n'est que temporaire.
Il n'est pas rare de voir des personnes myopes, surtout celles chez qui cette affection se complique de nébulosités de la cornée, suilede cornéite, se servir de verres convexes pour examiner les objets rapprochés. Avec ces verres, elles voient les objets plus rapprochés qu'à l'œil nu; ils sont par conséquent amplifiés.
Myotomie. — L'opération que l'on pratique contre le strabisme ayant dans quelques cas fait disparaître la myopie concomitante, ou a été conduit à proposer la division de certains muscles de l'œil dans des cas où la myopie était la seule affection.
M. Philips ayant remarqué que l'amélioration de la myopie était survenue dans des cas où il avait coupé l'oblique supérieur, a proposé d'essayer de la section de ce muscle. M. Guérin, dans ce qu'il appelle la myopie mécanique ou 'musculaire, par opposition à la myopie optique ou oculaire, attribue l'origine de l'affection à un défaut de longueur ou à une rétraction active des muscles droits, et recommande la section de deux de ces muscles, le droit interne el le droit externe, ou l'oblique supérieur et l'oblique inférieur. M. Bonnet arriveà celte conclusion, que la myopie est due à une élongaliou du globe de l'œil qui se Irouve comprimé entre les deux obliques, ce à quoi il remédie eu faisant la section de l'oblique inférieur. Cette opération aurait donné entre les mains de M. Bonnet, ainsi qu'on peut le voir dans son Traité des sections tendineuses et musculaires, des résultats très remarquahles. Toutefois, ce fait qu'il a trouvé la même opération égalemenl utile dans une maladie d'un caractère tout différent de la myopie, e'esl-à-dire dans l'asthénopie, qui n'est rien autre que l'impossibilité de maintenir les yeux dans un étal convenable d'adaptation ]iour la vision des objets rapprochés, doit nous faire hésiter à accepter ses conclusions, et nous porter à soupçonner que l'amélioration attribuée, dans la myopie, à la section de l'oblique inférieur, si elle n'est pas une pure illusion, peut bien n'être rapportée qu'à l'excitation temporaire produite lout à la fois sur l'organe opéré el sur l'esprit du malade.
ANOMALIES ET ALTÉUATIONS DIVERSES DE LA VISION
PUESBYOPIE.
Presbyopio, (le itpéffêuç, vieux, cl ôi']', œil; col (•lui île In vision survenant presque iiiviiri:iblcnionlclio7, les sujets às(js. Long-sigliU'diicss. Far-siglitediicss. Angl. — Vue longue. Diniinuliou de lu réfraction Fr.
Bien que celte altération de la vue, dont nous avons expliqué la nature générale au commencement delà dernière section, survienne parfois, ainsi que la myopie, brusquement et à tout âge, néanmoins, dans le plus grand nombre des cas, elle constitue simplement l'un des cbangements que le temps amène dans l'économie de l'homme. Le pouvoir réfringent des humeurs de l'œil devenant trop faible, ou l'axe de cet organe trop court, les rayons lumineux ne convergent plus assez pour être réunis en foyers sur la réline. L'image est donc diffuse et la perception indistincte; pour y remédier, l'individu éloigne de son œil l'objet qu'il veut examiner, beaucoup plus que le point où existait auparavant pour lui la vision distincte; il contre-balance ainsi la tendance qu'ont les rayons lumineux partant de l'objet à voir, à se réunir en foyer non sur la rétine, mais derrière elle. (Fig. 140, p. 626.)
Symptômes. — 1. Symplômes objectifs. — Les symptômes objectifs qui accompagnent d'ordinaire lapresbyopie sont: une diminution apparente du volume de l'œil, qui est aussi enfoncé dans l'orbite, l'aplatissement de la cornée, le raccourcissement de l'axe de la chambre antérieure et l'étroitesse de la pupille.
2. Symptômes subjectifs. — C'est en général vers l'âge de 4-3 ans qu'on découvre que l'on aperçoit moins nettement les objets rapprochés, surtout à la lumière artificielle, et que l'on se trouve dans l'obligation de les éclairer davantage et de les éloigner de l'œil plus qu'on ne le faisait auparavant. On découvre d'ordinaire que l'œil s'est ainsi affaibli par suite des progrès de l'âge, par la difficulté que l'on éprouve à lire les petits caractères, à tailler uneplume, à enfiler une aiguille, etc. Lorsqu'on essaie d'examiner un objet très rapproché, les contours en paraissent obscurs, et il semble qu'on l'aperçoive à travers un brouillard; les très petits objets, comme les lettres d'un livre imprime en petits caractères, ne sont point vus, ou ils paraissent obscurs, confondus l'un avec l'autre, ou doubles ; et si l'on persévère à considérer de semblables objets, on ressent promptement de la fatigue dans les yeux et de la céphalalgie. Les objets éloignés sont vus comme auparavant. L'individu peut lire une inscription éloignée, ou dire l'heurea l'horloge d'une église, alors qu'il ne peut lire un livre d'une impression ordinaire, ni distinguer les chiiîres et les aiguilles d'une montre qu il tient à la main.
IMIESIIYOPIE.
A mcsurcquo l'ài!;o avnncoja i)i-csl)ylic deviciilcii gnin-îil |)liis inarqaoc, cl 1 œil perd de plus en plus la liieullé de voir disliiicteineul les objets i'a|)proeliés ; de sorte que le presbyte, à moins de reeourir à remploi des lunettes, se voit forcé de renoncer à toute occupation exigeant l'examen atlenlil' d'ol)jets rapprocliés; ou bien, lors(|u'il lait usage de liuiettes, il est obligé den changer les verres de temps en leni|)s à mesure que décroit le pouvoir réfringent de ses yeux. La marclie de cette alVeclion loutcjois, dillére beaucoup chez les dilîérents individus. Quehjues yeux ont autant besoin de verres convexes à oO ans, que d'autres à 50, cl chez certains individus la vue est aussi parfaite à 50 ans qu'elle l'était à 50. Des jeunes gens de 20 ans ne peuvent ni lire ni écrire sans verres convexes de six à huit pouces de foyer, tandis que des vieillards de 80 ans et plus lisent sans lunettes et à la distance ordinaire, même de petits caractères. D'autres, après avoir commencé à se servir de lunettes, sont obligés d'en faire changer les verres pour en prendre d'un foyer plus court; d'autres encore ne les changent qu'une ou deux fois pendant le cours d'une vieillesse prolongée, ou continuent même à voir d'une façon satisfaisante avec les mêmes veri'cs pendant l'espace de 40 ans. Ces diflérences et d'autres analogues dépendent de l'état primitif des yeux, de la manière dont on s'en sert, de la santé générale et la constitution de l'individu.
Le petit nombre de personnes qui peuvent lire tout aussi facilement à la lumière artificielle, après l'âge de 40 ans, qu'ils le faisaient auparavant, ont généralement la vue un peu courte de l'un des yeux ou de tous deux, et c'est la cause de l'avantage dont elles jouissent. Si elles essaient successivement de placer devant chacun de leurs yeux un verre légèrement concave, elles reconnaissent que les objets éloignés leur apparaissent avec un contour plus net et plus limité qu'auparavant. Une circonstance qui passe souvent inaperçue, c'est que l'un des yeux peut être pi'esbyte et l'autre myope. En avançant en âge, certaines personnes se sont mises à faire usage de verres convexes, obligées qu'elles y ont été quelquefois par la nécessité de lire à dix-huit ou vingt pouces, comme les prédicateurs, les professeurs, etc. Après s'en être servies pendant quelques années, elles reconnaissent parfois accidenlellement <|u'elles peuvent s'en passer, et lire sans eux à la distance de six à huit pouces. Elles renoncent à l'usage des lunettes ; mais, bien qu'elles puissent s'en passer, elles continuent aussi à pouvoir s'en servir, ce (|ui prouve qu'un des yeux au moins est presbyte.
On rencontre parfois des vieillards accoutumés à l'usage de verres convexes puissaïUs, qui recouvrent, à l'âge de 80 à 1)0 ans, leur vue primitive et la l'acuité de lire sans lunetles. Le docteur Portcriield attribue ce changement remarquable à la diminution de la substance adipeuse (|ui se trouve au fond de l'orbite; d'où résulterait que l'œil, privé de son support habituel, cédant à la pression latérale des mus-
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des prcndrail une forme ovale qui aurait pour résultai de porter la rétine à une clistanee convenable de la cornée aplatie (1). M. Ware objecte à celte explication que l'on n'a jamais vu raccuinulation morbide de tissu adipeux dans l'orbite produire la presb} lie, tandis (ju'au contraire elle a parfois amené la myo|)ie; il croit plutôt (pie le cbangenient remarquable qui nous occupe est occasionné par l'absorption d'une partiede l'immeur vitrée, par suite de laquelle les parties latérales de la sclérotique seraient refoulées en dedans et l'axe de l'œil proportionnellement allongé (2). M. Wliite Cooper regarde ce cbangement de la vision comme un avant-coureur du développement d'une cataracte dure (5).
Bien que l'œil perde, après l'âge moyen de la vie, la faculté de distinguer avec nettelé les objets rapprochés, il conserve ordinairement celle d'apercevoir les objets distants. Les presbytes n'ont donc généralement pas besoin de lunettes pour apercevoir distinctement les objets éloignés; au contraire, les rayons parallèles étant rendus suffisamment convergents par les milieux réfringents de l'œùl lui-même, pour que leurs foyers respectifs viennent converger sur la rétine, les obligent à renoncer aux verres convexes pour examiner les objets à une certaine distance. Il ne manque cependant point d'exemples de personnes âgées qui ont besoin de l'assistance de verres convexes pour voir les objets éloignés aussi bien que ceux qui sont rapprochés ; la surface de leur œil s'est tant aplatie, ou leur pouvoir réfringent a tellement diminué, qu'elles ne peuvent plus faire converger sur la réline, sans verres convexes, même les rayons parallèles.
Ainsi le docteur Wells nous apprend que, lorsqu'il avait vingt ans de moins, son œil gauche avait la faculté de faire converger eu un foyer sur la rétine, les faisceaux lumineux provenant de tout objet éloigné de plus de sept pouces de la cornée; mais, lorsqu'il eut atteint l'âge de 55 ans, il s'opéra un grand changement dans ses yeux, sous le rapport de la facilité à distinguer nettement les objets rapprochés: il fut donc obligé de recourir à l'usage des verres convexes et d'en changer plusieurs fois pour en prendre successivement de plus forts. En examinant soigneusement l'état de la vision, avant de répéter quelques expériences d'optique, il reconnut, à sa grande surprise, qu'il avait complètement perdu la faculté d'adapter ses yeux aux distances des objets à examiner, ou en d'autres termes que l'étal de réfringence de ces organes restait le même, soit qu'il regardât des objets rapprochés ou distants. 11 trouva qu'il avait besoin, non-seulement d'un verre convexe de six pouces de foyer pour pouvoir faire converger en un point sur la rétine les rayons provenant d'un objet situé à sept pouces de
(1) TiTaliseon Ihe Eye, vol. Il, p. 70; Eiliiiburgli, 17;)9.
(2) riiilosopliical Truiisaclions, vol. Clll,p. 42: Loiulon, 1813. (3; Association Médical Journal, Novcmber 11, 18î)5, p. 990.
PURSDYOPIE.
(lisl;uK'0 (le l'œil, mais iiiissi d-uii verre eoiivexe de Lreiile-six pouces de loyer pour amener au point les rayons parallèles (1).
Causes. On ne saurait douter qu'une diminution de la puissance ré-
fringeiile,en rapportavec les pi'ogrès dcTagc, ne soit la cause prochaine de la presbytie. On aditaussi qu'elle surveiuiit |)lus l'réeiuenunent chez ceux (pii aùiient beaucoup exercé leurs yeux sur des ohjels éloignés.
Onantaux causes ellicientes, l aplatissement de la cornée, par suite de fa diminution de l'humeur aipieuse et de l'humeur vitrée, est une de celles qui ont été le plus fréquemment mentionnées; on a supposé que cette diminution tenait à la langueur des sécrétions dans la vieillesse.
Toule diminution de densité de quelqu'un des milieux réfringents de Tœil, ou loule diminution dans la convexité de l'œil, constitue une cause de presbytie. Pour ce qui est du cristallin, on admet généralement (|ue la densité s'en accroit avec Tagc, ce qui devrait contrebalancer la tendance à la presbytie due à l'aplatissement de la cornée ou à la diminution de l'humeur aqueuse ou de l'humeur vitrée. Toutefois, il se peut que l'augmentation de densité du cristallin s'accompagne d'un certain degré de retrait, par suite duquel sa convexité diminuerait, et parlant sa puissance rélVingenle. Je pense que c'est à l'aplatissement du cristallin bien plus qu'à celui de la cornée qu'est due la presbytie.
L'opinion générale parait être que, avec une diminution dansla puissance réfringente, il existe aussi dans la presbytie une diminution de la puissance d'accommodation pour la perception des objets rapprochés. Que celte faculté dépende d'un changement dans la forme ou dans la situation du cristallin, ou de ces deux conditions à la fois, ou de quelque autre changement, il est facile de concevoir que la diminution ou la perte totale de cette faculté peut être le résultat de l'aflaiblissement qui survient dans l'exercice de toutes les fonctions parles progrès de l'âge. Il est bien certain qu'à mesure que nous vieillissons la cornée perd son élasticité, en même temps que le cristallin devient plus dur et plus résistant.
Prophylaxie et trailement. — Bien qu'on ne puisse s'attendre à ce qu'un traitement quelconque puisse faire disparaître ou même diminuer la presbytie causée par les progrès de l'âge, il n'en est pas moins l'aisonnable de supposer que, en évitant de trop fatiguer la vue et en prenant toutes les précautions qui ont pour eflet de retarder les progrès (le la décrépitude, on empêchera dans une certaine mesure le développement de celle altération visuelle. Ce n'est qu'à de semblables inlluences, jointes à la force primitive de la conslitulion que l'on peut altriliiicr l'absence de presbytie ([ue l'on remarque parfois chez des personnes qui n'ont jamais été myopes.
Dans la presbytie, on ne doit recourir ni trop tôt ni troj) tard à
(Ij r'Iiilo.sopliiciil inui.siiolioiis, vol. Cl, p ôSO ; Lorxlon, I8H.
04b AINOMALIKS ET ALTÉHATIONS DIVEUSF.S I)F. l.A VISION.
riisage des verres bi-coiivexcs. Jjcauconp de personnes nuisent à leur vue, en adoplanl l»rus(|uenienl l'usage de verres grossissants avant d'en avoir réellcnient besoin, tandis (|ue d'aulies, poussées prohahlonienlparle désir de cacher leur âge, s'al)sli(înnent d y reeoui-ir longtemps encore après l'époque où ils leur auraient non-seulenientélé d'un grand secours, mais auraient même contribué à leur conserver la vue. J'ai vu un professeur, âge de 70 ans, se refusant, par quel(|ue molif absurde, à l'usage des lunettes, obligé de placer six bougies à côté de son ))upitre pour éclairer son manuscrit ; et, bien qu'il tint tout près decehii-ci l'une d'elles dont la flamme venait vaciller sur son j)a|)ier, contraint de s'arrêter à chaque instant faute de pouvoir déchillrci- l'écriture. Une pareille conduite est aussi dangereuse pour la vision qu'elle est puérile. L'œil presbyte qu'on n'assiste point s'épuise à cha(|ue tentative qu'il fait pour apercevoir les objets rapprochés, et soull're plus pendant quehiues mois de ces eilorts, qu'il ne soull'riraitpendant un nombre égal d'années dans lesquelles il se serait aidé de verres propres à rendre l'exercice de la vision facile et agréable.
Il serait illusoire de vouloir fixer d'une manière absolue la période de la vie à laquelle on doit commencer à se servir de lunettes, et le moment où il faut prendre des verres plus puissants que ceux dont on avait d'abord fait choix ; mais on peut poser comme règle générale que lorsqu'une personne, âgée de 45 ans ou plus, est obligée d'éloigner les petits objets pour les apercevoir distinctement; lorsqu'elle se rapproche comme instinctivement de la lumière, pour lire ou travailler; lorsqu'elle tient son livre ou tout autre objet très près de la lumière afin de le voir plus facilement; lorsque les petits objets lui paraissent confus après qu'elle les a regardés attentivement pendant quelque temps ; lorsque ses yeux, après un léger exercice, éprouvent une fatigue telle qu'elle est obligée pour les soulager, de les diriger vers d'autres objets ; lorsque sa vue est très faible quand elle s'éveille le matin, et ne récupère sa force accoutumée qu'au bout de quelques heures; c'est le moment, si elle n'a point encore fait usage de lunettes, d'y recourir, ou d'augmenter la force refractive de ses verres si déjà elle en avait fait usage.
Les verres bi-convexes améliorent la vision des presbytes, en diminuant la divergence des rayons lumineux qui émanent des objets rapprochés, et en en assurant la réunion en foyers sur la rétine. Les personnes presbytes se servent parfois de ce qu'on appelle un verre à lecture (readiug glass):cesl une lentille bi-convexc assez étendue pour permettre aux deux yeux de voir au travers. Les lunettes ont pour but de rendre les objets plus distincts à une dislance donnée, mais le verre à lecture grossit les objets.
ComuHï un ménisque produit le même efl'et qu'un verre bi-convexe, tout en permettant à l'œil presbyte d'apercevoir avec nellcté les objets rapprochés, et en oH'rant à la vue sans fatigue un champ plus
PUESBYOPIE.
vaslc, le docteur \\ ollasion a recommandé celle forme de verre poiii' les prcsbyies dans les lunelles périscopiqueH. Elles prèlenl aux mêmes objections que les vei'res concavo-convexes de même espèee qu'il a recommandés pour les myopes; elles augmenlenl l'aberralion de sphéi-icilé el de rélrangibililé. (T. |). ()58.)
On doit, j)our le clioix des verres convexes, suivi'c les mêmes indications que lorsqu'il s'agil de choisir des verres concaves ; c'esl-à-dire (|ue l'on doit donner la prél'ércnce à ceux d'une puissance moindre, ou du lover le plus long qui permelle un exercice convenable de la vision ; el, de même que les verres concaves des myopes ne doiveiil pas leui' faire voir les objets i)lus pelits, les verres convexes des presbytes ne doivent pas non plus les leur montrer plus grands qu'à l'ordinaire (1). C'est à la lumière arlificielle que l'on doil choisir les \erres convexes, car ceux qui suffisent à la lumière naturelle peuvent fort bien le soir ne plus remplir leur objet.
Les personnes qui ne peuvent se rendre chez un opticien, délermineronl la longueur du foyer du verre convexe qui leur convient au moyen des indications suivantes :
1 . Lorsqu'elles voient distinctement les objets modérément éloignés, elles n'ont qu'à multiplier la distance à laquelle elles voient le plus distinctement les petits objets, soit vingt pouces, par celle à laquelle elles désirent pouvoir lire, soit douze pouces, et diviser le produit 240, par la différence qui existe entre les deux facteurs, soit 8; le quotient 50 sera la longueur focale du verre cherché.
2. Si la distance à laquelle la personne voit le plus distinctement est Irès considérable, la dislance focale des verres dont elle aura besoin sera égale à la dislance à laquelle elle désire voir le plus distinctement les objets.
Les personnes ignorantes emploient souvent, sous le nom de conserves, et cela avant que leur vue ait atteint le degré de presbytie qui exige l'usage de lunelles, des verres convexes de trente pouces de foyer. Elles croient que les conserves ont la propriété d'arrêter la marche de l'affaiblissement de la vue, qui est la conséquence naturelle des progrès de Tàge.
Comme c'est principalement à la lumière arlificielle que le presbyte
(I) On trouve chez les opticiens des verres convexes de tous les foyers, depuis ponces jusqu à (i. L âge de la personne ne saurait fournir de donnée absolument exacte sur la lon-'ueur focale du verre à choisir; toutefois, les approximations suivantes peuvent cire consiiFérécs comme assez satisfaisanles :
On peut mesurer le foyer d'un verre convexe en le tenant près du mur d'un appartement en lace dune fcnôlre ou du soleil. et en le faisant allernalivemcnl mouvoir en avant ou en arrière jusqu'à ce que l'image .le la fenùire ou du soleil sur la muraille devienne aussi petite cl aussi .lislinele que possible ; la distance qui existe alors eiiire le verre el la muraille indique \a longueur du foyer.
^fc'*' , , 40, 45, «0. 55, 58, 60, 65, 70, 75, 80, 85, 90, 100.
Longueur du foyer en pouces. . . 56, 50. U, 20, 18, 16, li, 12, 10, 9, 8, 7, G.
ANOMAMKS KT ALTÉUATIONS UlVKRSl'S DE LA VISION.
s'apci'çoil (le rallaiblisseinenl de la vue, il devra, autant (jne j)Ossiblc, s'abslenir le soir de loule oecu|>alioii qui exige iiue grande appliealioii de la pari des yeux. Dès (|u'il les sentira ehauds e( l'alignés, pendant qu'il lit ou ((u il éeril, ou se livre à (luehjue oecupalion analogue, il devra ))roliler de raverlissenient et pernieltre à ees organes de se • reposer.
On voit parfois survenir In-usquemcnl, chez des sujets âgés de moins de 40 ans, ou même chez des enfants, une ])erle de la faculté d'adaptation de l'œil à la vision des objets l approcliés, (|ui équivaut pres(|ue à la presbytie. J'ai vu celle afl'eclion succéder, chez les enfants, à l'inlluenza et à quelque inflammation des tonsilles s accompagnant d'une lièvre intense. Les malades ne pouvaient point lire à la distance ordinaire; ils tenaient leur livre à dix-huit pouces et plus de leurs yeux, et voyaient mieux avec des verres convexes. Dans quehiues cas même, un brouillard couvrait les objets éloignés. J'ai obtenu une guérison complète à l'aide des sangsues aux tempes, des vésicatoires derrière les oreilles, et de petites doses de calomel suivies de l'usage de la quinine. Le docteur James Ilunter rapporte un cas dans lequel la guérison fui obtenue par les purgatifs (1).
On ne peut guère douler que rallection, chez ces enfanls, n'ait été le résultat de la maladie fébrile dont elle avait été précédée; elle parait avoir été plutôt la conséquence de quelque dérangement de la portion du système nerveux sous la dépendance de laquelle se trouve l'appareil d'adaptation, que de quelque changement survenu dans l'œil et ayant pour résultat de raccourcir l'axe de cet organe, ou de faire varier les courbures ou la densité de ses milieux dioptriques.
Cette variété de presbytie, si nous pouvons la nommer ainsi, se distingue aisément de l'asthénopie, en ce que le dérangement de la vision est continu et persiste tantquele traitement médical n'ena pas triomphé ; tandis que, dans l'asthénopie, les accès de presbytie ne surviennent qu'après que les yeux ont été exercés pendant un certain temps, une demi-heure par exemple, ou plus, sur des objets rapprochés, et qu'ils disparaissent après un temps de repos assez court. Les cas que M. Ware(2) rapporte avoir observés chez des personnes jeunes paraissent se rapporter plutôt à rasthénopie qua la presbytie.
SECTION in.