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ANOMALIRS DIVERSES DE LA VISION

pour lequel j'ai été appelé, et dans lequel les sangsues elles révulsifs avaient élé employés, ni l'usage interne de la leinlure de belladone, ni les foinenlalions avec l'opiurn el, la belladone, ne l'urenl d'aucune utilité; mais aussitôt que la boucbe l'ut aiïectée par l'usage du calomel avec l'opium, les symptômes s'apaisèrent et la guérison fut complétée par l'usage de fer et du quinquina.

La photopliobie, dans les deux variétés aiguë et chronique, cède pour un temps à l'action anestliésique de l'inhalation des vapeurs d'éther sulfurique ou de chloroforme ; et j'ai vu l'usage répété de ce moyen procurer un soulagement permanent. Les bains de vapeur rendent de grands services dans les cas chroniques. Le rétablissement de la santé générale, après que les symptômes les plus douloureux ont cédé, peut être grandement favorisé par le changement de climat, et surtout par le séjour, durant l'hiver, dans le midi de l'Europe. Lorsque la photophobie est extrême, le meilleur écran consiste en plusieurs couches de crêpe noire, ou de soie de même couleur, montées sur un léger cadre d'argent ou de laiton, embrassant la moitié supérieure de la face comme un masque, mais suffisamment creux pour ne pas se mettre en contact avec les yeux. Dans les cas moins graves, on peut faire usage de verres colorés, d'une teinte neutre pour le jour, bleue pour le soir.

SPECTRES OCULAIRES

Syn. — Advenlilious Colours, Boyle. Couleurs accidentelles, Bu/fon.

Quelques courtes remarques sur cette classe de phénomèmes ne paraîtront pas ici hors de propos, si l'on considère surtout que les spectres oculaires sont le résultat de la fatigue des yeux, ou, pour nous servir des expressions de Porterfield, «d'une agitation trop violente excitée dans la rétine, » et que cette fatigue ou cette agitation peut être considérée non-seulement comme une maladie en elle-même, mais encore comme le prélude d'autres maladies d'un caractère plus permanent. A mesure que nous avancerons, nous verrons que les phénomènes qui constituent les spectres oculaires sont en relation avec diverses autres parties de notre sujet.

Tant que dure la condition dans laquelle le stimulus lumière a jeté la rétine, la sensation persiste aussi, bien que la cause excitante ou l'objet visible ait disparu. L'intervalle pendant lequel la sensation persiste est extrêmement court, et n'excède pas d'ordinaire trois ou quatre dixièmes de seconde; toutefois, c'est de la persistance de cette sensation que dépend ce fait, que pendant le clignotement nous ne

SPECTRES OCULAIRES

perdons pas de vue les objcls que nous sommes occupés à regarder. Après cel intervalle de temps morne, la rétine ne reprend pas soudainement et complètement l'état dans lequel elle se trouvait avant qu elle fût excitée par une impression. A la sensation actuelle succède ce que l'on appelle la sensation consécutive ou spectre, dont la durée et l'intensité sont proportionnées à l'intensité et à la durée de l'impression qui Ta occasionnée.

Si, de l'extrémité d'un long appartement, nous regardons pendant quelque temps une fenêtre, et que, fermant promptement les yeux, nous les dirigions du côté opposé et que nous les couvrions de la main, nous apercevons la représentation exacte de la fenêtre, avec les barres obscures et les carreaux brillants. A cette apparence, que l'on appelle spectre oculaire direct, succède instantanément, si, retirant la main, nous dirigeons les yeux fermés vers la lumière, un spectre oculaire inverse, ou image complémentaire, dans laquelle les barres paraissent brillantes et les carreaux obscurs. Ce spectre persiste pendant un temps considérable; on peut en prolonger la durée en faisant passer la main alternativement de haut en bas et de bas en haut devant les yeux fermés, de façon à ne laisser tomber la lumière sur eux que par intervalles ; et il ne se dissipe qu'à la suite d'oscillations dans lesquelles il paraît et disparaît alternativement.

Si nous regardons fixement pendant un temps assez long un point d'une couleur quelconque placé sur un fond blanc ou noir, il nous semble entouré d'un bord d'une autre couleur. Ainsi , par exemple, si ce point est rouge, il paraît entouré d'un bord vert ; et si nous dirigeons les yeux vers un autre point du fond blanc ou noir, nous apercevons un point vert de la dimension et de la forme du point rouge. On peut, à l'aide d'expériences semblables, trouver la couleur opposée ou accidentelle, comme on l'appelle, de toute espèce de teinte. Ainsi le spectre que l'on aperçoit lorsque l'œil s'est fatigué à regarder un objet vert, est rouge ; celui d'un objet violet est jaune ; celui d'un jaune, violet. Ces couleurs s'appellent couleurs opposées.

Si l'impression produite sur la rétine par l'objet lumineux est très intense, comme lorsqu'on regarde fixement le soleil couchant, le spectre revêt successivement différentes couleurs.

A cause de ce fait que le spectre produit par un objet est souvent d'une couleur différente de celle de l'objet qui le produit, Boyle (1) a donné aux couleurs qui naissent de cette façon le nom de adventitious colours, et Buffon (2) celui de couleurs accidentelles, afin de les différencier de celles qui sont dues aux éléments de la lumière blanche, naturellement réfléchis par les corps extérieurs.

(1) Boyle's Expcrimcnlsand Considérations loucliing Colours, p. 16; London, 1G70. (2 BoppoN, sur les couleurs accidenlcllcs. Mémoires de l'Académie Royale .les Sciences, année 1743, p. 147; Paris, 1746.

ANOMALIES DIVERSES DE LA VISION

Pour comprendre la significalion du Icrme compli'me7ilaire,a\)\)\\q\iQ ^ à ces couleurs, il esl bon de faire observer que la couleur du spectre ^ est toujours telle que, ajoutée à la couleur de l'objet qui a fatigué la rétine , elle complète la somme des trois couleurs primilives, rouge, jaune et bleue, qui par leur réunion forment la lumière blanche; d'où > le nom de complémcnlaires, que l'on a donné aux couleurs du spectre oculaire. Le vert, qui se compose de jaune et de bleu, est la couleur j, complémentaire du rouge ; le violet, composé de rouge et de bleu, est la I ^ couleur complémentaire du jaune; et l'orange, qui est un composé de j ^ rouge et de jaune, celle du bleu. Deux couleurs qui, réunies, donnent ' naissance au gris, telles que le noir et le blanc, sont aussi complémen- ^ taires. i

D'après ce que nous venons d'établir, le lecteur comprendra qu'il convient de diviser, à l'exemple de Millier (1), les spectres oculaires en ^ trois classes.

L'explication donnée par ce physiologiste sur la première classe, * celle qui renferme les spectres incolores après l'examen d'objets inco- i * lores, comme le spectre inverse des barres et des carreaux d'une | ^ fenêtre, est celle-ci : — La portion de la réline qui a reçu l'image j lumineuse reste pendant un certain temps dans un élat d'excitation, j • tandis que la portion de celte membrane qui a reçu l'image noire n'a j éprouvé aucune excitation et se trouve par cela même dans des con- i ditions propres à être plus facilement excitée. Lorsqu'on dirige l'œil, t dans cet état, vers une surface blanche, les rayons lumineux qui en j ' partent produisent sur les parties excitées de la rétine une impression beaucoup plus faible que sur celles qui ne sont encore le siège d'aucune excitation, et qui sont par conséquent plus susceptibles d'en recevoir une. C'est ce qui fait que les parties de la rétine sur lesquelles tombaient auparavant les portions obscures de l'image reçoivent une impression beaucoup plus intense de la part de la surface blanche que celles sur lesquelles les parties lumineuses de l'image élaient dirigées; de là le changement de place qu'éprouvent dans le spectre les parties obscures et les parties claires de l'image.

La production de spectres colorés succédant aux impressions produites par des objets incolores, comme cela se voit après que l'on a contemplé le soleil, constitue la seconde classe : on ne peut l'expliquer par aucune circonstance extérieure agissant sur l'œil, et elle prouve \ que les couleurs ont leur cause immédiate dans les conditions où se | trouve la réline elle-même.

Les spectres colorés succédant à des images colorées constituent la troisième classe : on les a en général expliqués de la manière suivante en s'appuyant sur des principes physiques :— La lumière blanche I

(1) Elcmciilsof Physiology.lrailuilsparBaly-, vol.Il.p. liSO. London,

SPECTRES OCULAIRES

est consliluce par la rôiiiiion de loules les couleurs. Lorsque la réline a été longtemps dirigée sur un objet rouge, elle devient insensible aux rayons rouges; mais elle est encore susceptible delre influencée par les autres rayons d'une autre couleur. Si donc on la dirige vers une surlace blanche, comme elle n'est plus sensible à Faction des rayons rouges contenus dans la lumière blanche, elle ne perçoit que le reste des rayons qui composent la lumière blanche, — ceux qui produisent la couleur complémenlaire du rouge, c'est-à-dire le vert.

Un l'ait qui est en opposition avec cette explication, c'est que l'on peut apercevoir des spectres colorés après la contemplation d'objets colorés, bien que les yeux se trouvent dans l'obscurité absolue; de sorte qu'il ne reste que l'explication physiologique suivante : — La perception de l'une des trois couleurs simples consiste uniquement en ce que la rétine se trouve dans l'une des conditions que l'excitation a delà tendance à produire chez elle; si l'une de ces conditions a été artificiellement produite à un haut degré, la rétine acquiert une tendance extrême à la production de la couleur complémentaire qui, conséquemraent, est perçue sous forme de spectre oculaire.

Les particularités suivantes relatives au spectre oculaire me paraissent mériter d'être signalées. Le lecteur qui désirera en trouver l'explication détaillée peut consulter les ouvrages que nous indiquons dans la note (1).

1 . Bien qu'une certaine quantité de lumière facilite la formation du spectre inverse, une trop grande quantité en empêche la production, un stimulus puissant excitant même les parties de l'œil déjà fatiguées ; sans cela, chaque fois que nous détournons les yeux, nous verrions se produire le spectre de l'objet contemplé en dernier lieu.

2. On produit facilement la confusion dans les expériences que l'on fait sur le spectre oculaire , si on les renouvelle d'une manière trop rapprochée les unes des autres, car le spectre dont la durée n'est point encore épuisée vient se mêler avec ceux produits à nouveau. C'est là une circonstance qui gêne beaucoup les peintres obligés de regarder longtemps la même couleur ; ceux surtout dont les yeux, par suite d'une débilité naturelle, ne peuvent supporter longtemps la même espèce d'occupation. Une couleur accidentelle, toutefois, ne peut ni s'ajouter à une autre ni se combiner avec elle. Ainsi, quand l'œil voit une couleur

(1) De la IIiHE. Sur les différents accidents de la vue, Mémoires de rAcadémic Royale des Sciences, année 1G94, t. IX, p. C14; Paris, 1750: JoniN. Essay on Distinct and Indislincl Vision, à la fin de Smith's Oplics : PonTEnriELD. On the Eye, vol. I, p. 343 : ;Ermus. Novi commenlarii Petropolitani, t. X, p. 285; Pciropoli, 17G6 : SciiEni'FEn. Sur les couleurs accidcn- «cllcs : RoziEn. Observations sur la physique, t. XXVI, pp. 173, 275, 291 ; Paris, 1783 : Daiiwin. Philosophical Transactions, vol. LXXYI, p. 313; London, 1780 : article, Amdcnlul Colours, in thc Edinburgh Encyelopœdia : Plateau. Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Bruxelles, t. VIII ; Bruxelles, 183/i. : Ibid., Philosophical Magazine, May, 1859, pp. 330, /<.39 : BiiEwsTER. Ibid., Decembcr, 1839, p. 455 : PEcimEn. Poggcndorff's Aiinalcn; Band XLIV, pp. 221, 513 : Baud I, pp. 195, 427 ; Leipzig, 1858, 1840.

ANOMALIES DIVERSES DE LA VISION

accidenlclle, le rouge par exemple, la portion excitée de la réline reste insensible à tous les rayons autres que ceux de la couleur accidentelle. Si la niènie portion de la rétine est excitée instantanément par un autre objet qui détermine pour couleur accidentelle le verl, et se trouve ainsi rendue insensible au rouge, l'œil aperçoit alors le noir, . non parce que le rouge et le vert accidentels produisent le noir, mais parce que l'œil a été rendu successivement insensible à deux couleurs qui composent la lumière blancbe elle-même (1).

5. D'après des expériences faites sur les spectres oculaires, il paraîtrait que l'impression produite sur une rétine peut être transmise à l'autre. Sir Isaac Newton ayant été interrogé par Locke sur ce qu'il pensait d'un fait relatif à ce sujet et avancé dans les expériences de Boyle, communiqua à son ami les observations suivantes, faites par lui-même :

« J'ai fait une fois sur moi-même l'expérience que vous me mentionnez dans le livre de M. Boyle sur les couleurs, au risque de perdre mes yeux. Voici de quelle façon : je regardai pendant un court espace de temps, de mon œil droit, le soleil rélléclii par un miroir, puis je dirigeai mes yeux vers un coin obscur de ma chambre; je clignais, afin d'observer l'impression produite, les cercles colorés formés el la façon dont ils décroissaient par degrés, puis s'évanouissaient. Je répétai celte épreuve une seconde fois, puis une troisième. A la troisième, quand le fantôme lumineux et les couleurs qui l'entourent s'étaient presque évanouies, concentrant ma volonté sur elles pour en apercevoir la dernière trace, je reconnus, à mon grand étonnement, qu'elles commençaient à se reproduire, el que petit à petit elles avaient reparu aussi vives et aussi brillantes que je les avais vues au moment oii j'avais cessé de regarder le soleil. Lorsque je cessais de fixer ma volonté sur elles, elles disparaissaient de nouveau. Après cela, je m'aperçus que chaque fois que j'allais dans l'obscurité, et que je fixais mon attention sur ce phénomène, comme lorsqu'on regarde attentivement quelque chose de difficile à voir, je faisais reparaître le fantôme sans avoir besoin de regarder au préalable le soleil : plus souvent je le faisais reparaître, plus il m'était facile de le faire revenir. A la fin, en répétant fréquemment celte expérience sans regarder de nouveau le soleil, je déterminai une telle impression sur mon œil, que si je regardais les nuages, un livre, ou quelque objet brillant, j'apercevais sur eux un point rond lumineux comme le soleil; et, ce qui est encore plus étrange, bien que je n'eusse regardé le soleil qu'avec l'œil droit, ma volonté commença à produire sur l'œil de l'autre côté la même irapression que sur le droit. Ainsi, lorsque fermant l'œil droit, je regardais avec le gauche un livre ou les nuages, j'apercevais le spectre solaire presque aussi nettement qu'avec le droit, pour peu que je fixasse un peu ma volonté sur ce point; par l'exercice, ce phénomène se reproduisit de plus en plus facilement. En quelques heures, je mis mes yeux dans un tel état, qu'il ne me fut plus possible de regarder d'aucun d'eux un objet brillant sans voir le soleil devant moi, ce qui fait que je n'osais ni lire, ni écrire. Afin de récupérer l'usage de mes yeux, je m'enfermai pendant trois jours dans une chambre obscure, el j'employai tous les moyens possibles de détourner mon imagination de l'idée du soleil, car si je venais à y penser, l'image se présentait immédiatement à moi, bien que je fusse dans l'obscurité. En restant ainsi dans les ténèbres el en occupant mon esprit par d'autres objets, je parvins, au bout de deux ou trois jours, à pouvoir me servir un peu de mes >l2ux, et en m'abslenant de regarder des objets brillants, la vue se rétablit assez bien; pas assez bien cependant pour que, quelques mois après, le spectre solaire ne recommençai à se montrer aussi souvent que je songeais ù ce phénomène, même à minuit avec les rideaux de mon lit fermés. Maintenant, je suis très bien depuis plusieurs années; néanmoins, je suis convaincu que, si je ne craignais pas de compromettre mes yeux, je pourrais encore faire reparaître le fantôme par le pouvoir de ma volonté (2).

(1) BiiEwsTEu. Edinburgh Rcvicw, April, 1854, p. 101,

(2) Vii; de Locke, par Lord King, vol. I, p. 403 ; London, 1830.

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Il est bon (le l'aire remarquer que le l'ail de la (ransmissioii du spectre oculaire du soleil d'un œil à l'autre, avait éié observé et décrit par Sir David IJrcwsler (1) longtemps avant (^ue la lettre de Newton, dont nous venons de donner un extrait, cul été c()innuini((uée au monde savant.

/i-. Les spectres oculaires produits par la contemplation du soleil non-seulement persistent |)endant des lieui-es, des jours ou des semaines, mais sont encore souvent suivis d'alïeclions séi-ieuses do la rétine,

BuU'on (2) raj)porle qu'un de ses amis, ayant un jour regardé une éclipse de soleil à travers un petit trou, avait vu |)en(lant plus de trois semaines une image colorée de ce corps sur tous les objets (pTil examinai!. Lors(|u'il regardait lixement quelque objet d'un jaune brillant, tel qu'un cadre doré, il y voyait une tacbe de pourpre; lorsque c'était quelque objet bleu, comme un toit en ardoises, il voyait une tache vei'le.

Sir David Brewsler, à la fin de ses expériences, avait les yeux tellement afi'aiblis, qu'il lui aurait été impossible de se livrera de nouveaux essais. Un spectre d'une couleur foncée lloltait pendant des heures devant son œil gauche; puis à ce symptôme succédaient des douleurs atroces qui s'irradiaient dans toutes les parties de la tête. Ces douleurs, accompagnées d une légère inflammation des deux yeux, durèrent plusieurs jours. Deux ansaprès, la faiblesse desyeux persistait encore, et plusieurs parties de la rétine de chaque côté avaient perdu toute sensibilité (5).

Le cas rapporté par Boyle, et qui donna lieu à la lettre de Newton à Locke, est celui d'un savant distingué qui, ayant regardé le soleil au télescope, sans employer de verres colorés pour diminuer la splendeur de ce corps, fut atteint d'un spectre oculaire tel, que neuf ou dix ans après, il voyait encore, en se tournant vers une fenêtre ou tout autre objet blanc, un globe lumineux de la dimension qu'avait à peu près le soleil lorsqu'il l'avait regardé.

5. Chaque objet, en tout temps, a de la tendance à déterminer la production d'un spectre oculaire ; mais, soit que d'ordinaire on n'y prête point attention, soit que les impressions directes le domineiil, et qu'il s'elîace de la rétine dans les intervalles de repos, on s'en plaint rarement, à moins d'avoir les yeux affligés d'une sensibilité spéciale, ou fort ad'aiblis par la fatigue ou d'autres causes (4). On voit assez souvent dans ces cas delà pholopsie, des moucbes volanleset le spectre oculaire. J'ai connu une personne qui, à la suite d'études de nuit, avait gagné des mouches volantes, et qui, pendant les i)remières heu-

(1) Arliclo Acfidviitul Coloiir.i, dims lldiiibiicijii !• iicvclof.udiii

(2) Op. cil., p. . . I ■

(3) Arlick- Actudciiltil Caluiirs, ilntis lî(liiiburî,'li EiK-ycloiuuJiu. {i) Galkmjs. Oe syiiiplomiilum causis , l.ih. I, Capiil i

ANOMALIES ET AUICUATIONS DIVERSES DE LA VISION

res de repos, était fort incommodée de pliolopsie, el, le malin, de si)eclres inverses des objets (jui se trouvnienl diins sa ehandire : une f eliaise noire, par exemple, lui apparaissait en l)lane quand elle regar- i' dait les murailles de la chambre; un tableau imjjrimé entouré d'un i cadre, donnait lieu à un spectre noir entouré d'un cadre i)lane ; le pa- . pier imprimé étant blanc elle cadre noir.

« Tout le monde, dit Millier, n'est pas également prédisposé au phénomène du spectre coloré. Quelques sujets ne raperroivent (pùivee dilïiculté, d'autres le voient l'acilement. Dès qu'on l'a une lois aperçu, Tobservalion s'en renouvelle avec la plus extrême facilité. La plupart des personnes ne connaissent point les spectres' oculaires, i)arce que leur attention n'a jamais été appelée sur eux. Toutefois, lorsqu'ils sont connus, ainsi que les lois de leur production, leur présence constanle devient souvent fatigante. »

L'action de regarder à travers des verres bleus ou verts détermine nécessairement la production des spectres oculaires. Dès qu'on quitte les lunettes bleues, tous les objets clairs paraissent d'une teinte orange; si les lunettes sont vertes, en les étant on voit tout en rouge, couleur complémentaire du vert. Lorsque les yeux sont assez faibles pour exiger d'être protégés par des verres colorés, on doit généralement préférer ceux qui ont une teinte neutre ou couleur de fumée. Les Chinois, ainsi que nous l'apprend M. VVhite Cooper (1), ont montré leur sagesse en i faisant usage, de temps immémorial, pour se préserver de l'éclat du soleil, d'une substance transparente qui, à cause de la ressemblance de sa teinte avec celle d'une légère infusion de thé noir, s'appelle pioTe-lhé.

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