‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 93 sur 143 · MYOnÉSOPIE SENSITIVE · texte numérisé non relu

MYOnÉSOPIE SENSITIVE

^1. — Mouches volantes muco-lacrymales.

Vision de la couche de mucus et de larmes située sur la surface de la contée. — Si un œil iioniiiil oii presbyte regarde n travers une lentille concave assez profonde, ayant deux pouces et demi de foyer, ce que l'on appelle un n° 12, la llaninie d'une bougie placée ■1 environ vingt pieds de distance, il aperçoit une ligure lumineuse circulaire, tachetée sur loute sa surface de petits points arrondis, et limitée par un bord (inenient dentelé. Ce l)ord est celui de la pupille fortement agrandie; les points sont les images de la bougie multipliées par la couche de liquide située sur la surface de la cornée, et "qui consiste en globules, l/lmage est renversée dans cette façon de la regarder; les globules de la partie supérieure de la cornée sont vus en bas, Gl vice versa. On les voit parfois se porter l'un vers l'autre, et se réunir de façon à constituer des points plus volumineux. Lorsqu'on abaisse la paupière supérieure,' elle paraît avec ses cils s'élever de la partie inférieure du champ de la vision, et les globules, après chaque clignement, semblent l'Iolter de bas en haut sur la cornée. Le fluide qui donne lieu à ces apparences est un mélange de larmes avec la sécrétion muqueuse de la conjonctive, étendu en petites gouttes à la surface de la cornée, et ayant pour but de maintenir celte surface dans un état de moiteur et de transparence qui rende facile la transmission des rayons lumineux. Ces gouttelettes, en général invisibles à l'œil nu, sont rendues visib es par celle simple expérience qui consiste à faire tomber sur chacune d'elles un faisceau de rayons divergents ; chaque gioljule agit sur ces faisceaux de manière à les réunir, avec l'aide de la réfraction des milieux transparents de l'œil, en foyers distincts sur la rétine.

Spectre muco-lacrymal vu dans le champ du microscope et du télescope. — Lorsqu'on penche la tète au-dessus du microscope, surtout si l'on est atleclé d'un léger catarrhe de la conjonctive, les globules entraînés parla gravitation vers le centre de la cornée, deviennent visibles pour l'observateur, au point de l'empêcher de voir tout autre objet, jusqu'à ce qu'un mouvement de clignement les ait entraînés. Le spectre muco-lacrymal devient aussi parfois gênant dans les observations télescopiques. Ainsi, en regardant le soleil à travers un verre coloré, l'observateur ne peut souvent distinguer les lâches qui existent sur cet astre, empêché qu'il en est par ce qui lui semble être la réflexion de quehiue partie de son œil interposée entre lui et le soleil, (le phénomène est dû à la couche de mucus et de larmes qui se trouve à la surl'ace de la cornée.

Mouches volantes muco-lacrymales. — L'observation suivante est un exemple très rare de l'image du liquide muco-lacrymal délenninanl la sensation de mouches volantes.

Obs. Son. — J'ai été consulté par une personne très myope, qui se trouvait iiarfois

ANOMAI.IKS ET ALTI^;nAT10NS DIVEUSES DE LA VISION.

SiMiée piir l'iippiirilioi), ilcviiiil run de sos >'ciix, de nomhniuses laclies op;K|ues arrondies entourées cliucuiie d'iiii halo. Plusieurs d'ciilie elles paraissaient se réunir en taches plus grandes, pour se diviser de nouveau et disparaître, cl se portaient de has en haut après eiiaque cligiienienl. A la description et au dessin que le malade nie donna de ses sensations, je reconnus (ju'elles étaient dues simplement aux ylohules qui existent sur la surface de la cornée.

g II. — Mouches volantes dépendant de la présence de corpuscules entre la surface externe de la cornée et le centre focal de l'œil.

Absence d'observations exactes sur les spectres produits par des corpuscules ainsi placés. — Méthodes pour découvrir et distinguer ces spectres. — Je ne connais point d'observations soignées de spectres dépendant de corpuscules flottant dans I hunieur aqueuse. On aperçoit facilement les dépôts formés dans la cornée ou le cristallin, en regardant à travers un trou pratiqué à l'aide d'une aiguille dans une carie noircie. On peul même, si je ne me trompe, distinguer de cette façon une fissure du cristallin, suivant la direction des rayons que formenl ses fibres. On peul également, à l'aide des moyens qui font apercevoir les globules de mucus sur la cornée, reconnaître les opacités de la cornée et du cristallin. On distingue ces opacités des globules muqueux, en ce qu'elles occupenl un plan immédialement postérieur dans le champ de la vision ; à ce que les images doubles qui se forment lorsqu'on expose l'œil à deux rayons lumineux divergents, sont moins séparées l'une de l'autre que les images doubles auxquelles donnent naissance les globules de mucus; et enfin à ce que les mouvements de clignotemcnl ne leur font subir aucun changement. On les dislingue des corpuscules flollanl dans l'humeur vitrée, par la place qu'ils occupent dans un plan antérieur du champ de la vision ; par récartemcnt plus grand de leurs doubles images; el par la facilité avec laquelle on peut renverser leur speclre comme on renverse celui des globules de la cornée. On aperçoit renversés tous les objets situés au devant du loyer central de l'œil en regardant à travers une lentille bi-concave de la façon que nous avons déjà indiquée. Pour les apercevoir dans leur position naturelle, il sullit de regarder une chandelle placée à vingt pieds, ou une lampe de rue placée à soixante pieds, à travers une lenlille biconvexe d'un pouce et demi de foyer el placée tout contre l'œil. Si l'on éloigne ce verre de la face antérieure de l'œil, de façon à ce que la cornée ne soit plus dans le foyer de la lenlille, tous les objets situés sur ou dans la cornée, dans l'humeur aqueuse ou dans le cristallin, sont immédiatement renversés.

Les dépôts dans la cornée, l'humeur aqueuse ou le crislallin ne produisent jamais, que je sache, la sensation de mouches volantes. Les taches de la cornée el les opacités partielles du cristallin ou de sa capsule produisent seulement la confusion de la vue, exactement comme lorsqu'on place une épingle contre la face antérieure de la cornée. Qu on ferme un œil, et qu'on place devant l'autre une épingle à une distance telle qu'on la voie diâtinclement, puis qu'on la rapproche graduellement, elle deviendra de moins en moins distincte, et lorsqu'elle sera assez près pour toucher les cils, elle disparaîtra compiélemenl, sans plus déterminer d'autre efl'el que de jeter une ombre sur toute la réline el de faire apercevoir tous les objets environnants à travers un brouillard, si léger cependant, qu'il n empèclie pas de lire un livre imprimé, placé à la distance ordinaire. Si l'on place alors une carie percée d'un trou d épingle, entre l'œil et l'épingle et qu'on regarde à travers la petite ouverture, l'épingle devient de suite très distincte. A l'aide du même moyen, qui consiste dans la limitation de l'étendue du faisceau lumineux que nous laissons arriver jusqu'à la réline, tout corpuscule ou dépôt situé sur ou dans l'œil devient visible, bien qu'à l'œil nu il puisse ne produire aucune impression.

Ainsi, dans les circonstances ordinaires, les corpuscules ou les dépôts situés au-devant du centre focal de lœil (on pense généralement que ce centre focal est situé tout contre la face postérieure du cristallin) ne sont pas visibles pour la personne dans Tœil de qui elles existent ; et s'ils sont peu nombreux et petits, ils n'influent que laiblemenl sur la netteté de la vision. Peut-être deviennent-ils quehiuefois visibles pour

!\IYODl':SOPIE.

un œil très myope; ils consliluciU alors pour les i)ersonncs qui se livrent aux observations microscopiciues, un inconvénient plus sérieux ([ue les globules de la cornée, leur ombre devenant visible lorscju'on res^ardeîi travers un microscope ou un lélesco|)e de gi-ande puissance, attendu qu'il n'est pas possible de s'en débarrasser par un simple c gnotement, connue du mélange de larmes et de mucus.

,^ III Mouches volantes dépendant de corpuscules situés entre le centre

focal de l'œil et la couche sensitive de la rétine. — Mouches ento-hyaloïdiennes. — Mouches flottantes.

Quatre espèces de spectres ento-hynMdiens. — Méthodes pour les voir. — Position relative des corpuscules qui les produisent. — Si l'on regarde la flaninie d'une bougie, située à deux ou trois pieds de distance, ou l)ien le ciel, à travers une carte noire perforée par la pointe d'une line aiguille, ou une lentille convergente d'un court foyer, telle que j'oculaire d'un microscope conii)osé, et si l'on regarde attentivement le cliamp lumineux ainsi exposé à la vue, on aperçoit quatre espèces de spectres (fig. 141), imlépendamnien! du spectre muco-lacrymal. l.eplus remarquable se montre le plus rapproché de l'œil, et consiste en séries contournées de petits globules perlés qui pendent en travers du cliamp de la vision a. Les plus remarquables ensuite , et les plus éloignés de l'œil, consistent en des espècesdelilanients comme aqueux n'offrant aucune apparence globulaire, et pendant surtout de la parlie supérieure du cliamp visuel b.

Je donne aux premiers le nom de spectre perlé, aux seconds celui de spectre aqueux. Surdeux plans distincts, situés entre ceux occupés par les deux premiers spectres, flottent deux espèces de globules, non agrégés sous forme de filaments, mais isolés. Us constituent ce que j'appelle le spectre globulaire isolé. Les globules isolés, les plus éloignés de l'œil, sont troubles et mal limités, et peuvent être comparés pour l'aspect à de petits grains de sagou c. Les globules les plus rapprochés de l'œil sont clairs à leur centre, en dehors duquel ils présentent ùn anneau noir étroit, et encore plus en dehors une circonférence lumineuse d. Ces quatre espèces de spectres ne se mêlent jamais l'une à l'autre, de manière à intervertir l'ordre dans lequel ils se présentent à l'œil : ainsi, le spectre perlé paraît toujours le plus rapproché; puis vieiineiil les globules isolés nettement limités ; ensuite les globules confusément limités, et enfin les lilanients aqueux qui sont les plus éloignés.

Moyen de se procurer de doubles images des corpuscules situés au devant de la rétine. — Nous devons à Sir David Drewster (1) l'expérience suivante, ù l'aide de laquelle il a jeté plus de lumière sur le sujet des mouches volantes que tous les écrivains qui l'ont précédé :

Placez deux bougies devant votre œ,il, à la distance de quelques pouces l'une de l'autre. Regardez-les à travers un trou d'épingle, ou une lentille bi-convexe. de façon à ce que les deux champs lumineux empiètent l'un sur l'autre. Dans l'espace formé par ces deux

(1) Transactions ofthc Royal Society of Kdiiiburgli, vol. XV, p. ô8l ; Edinburgh. ISIô.

()8G ANOMALIKS KT Al.TKUATlOiNS DIVI'.USICS DE LA VISION.

cliainps, vous aporaivcz des imagos doubles do loiis los ol)jcls pcrcoplihies situés sur l'œil, à l'inUiriour do ool organe, au-dcvaiil de la couche sentante de la rétine, et entre autres les images doubles des globules rnueo-lacryniaux, du spccti'o aciueux, du spectre constitué l)ar les globules isolés et du spectre ])erlo. Si les bougies sont placées à environ dix pieds de l'œil, cl qu'on los regarde à travers une lentille convorgeiite d'un pouce cl demi de foyer, on voit les images doubles muco-lacrymales très éloignées les unes dos autres; celles des niameuls ou spectres aqueux un i)eu moins espacées; celles des globules isolés ■ obscures et celles des globules nettement limités encore un peu moins distantes; enfin, les doubles imancs du si)octrcporlé sont presque l'unoconlre l'autre, ce qui démontre la position relative qu'occupent dans l'œil les causes qui produisent ces spectres, c'esl-à-dire, la surface de la cornée pour la substance muco-lacrymalo, la couche sentante de la réline pour le spectre perlé, et l'espace intermédiaire entre la rétine et la cornée pour le spectre aqueux et celui dos globules isolés.

Apparences du spectre aqueux. — Les llls pendants qui constituent le spectre aqueux paraissent un peu arrondis et diffèrent sous ce rapport des lilamonts perlés qui ont l'air aplati. Chacun des lilamenls aqueux est borné par doux ligues obscures, entre lesquelles existe' un largo espace clair et privé do toute apparence de globules. Ces filaments aqueux ont au moins deux lois le diamètre des lilamenls du spectre perlé. Us n'occupent pas tous le même plan. Leur direction est en général verticale et légèniment nexueuse. Us se divisent souvent vers leur extrémité inférieure en deux ou plusieurs branches qui semblent se fondre insensiblement. Us ressemblent tellement à ce <iue doivent être les ruisseaux de larmes descendant des canaux lacrymaux el coulant au devant de la cornée, que, à une certaine époque j'ai cru que telle était leur nature, jusqu'à ce que j'eusse découvert qu'ils sonl situés sur un plan ou sur des plans postérieurs au spectre muco-lacrymal, postérieurs même à tout dépôt qui pourrait se faire sur la surface antérieure du cristallin. Us semblent à première vue, alisser lentement de la partie supérieure vers la partie moyenne du champ de la vision; mais ils ne possèdent ni l'étendue ni la rapidité de mouvements du snectre perlé. On les aperçoit rarement à la partie inférieure du champ de la vision, et comrne on les voit renversés, Us doivent exister principalement dans la portion inférieure de l'espace ento-hyaloïdien. Us no se courbent ou ne s'étendent que peu pendant les mou vemenls de l'œil; el leur déplacement ou leur rupture, que semble produire le clignement, n'est qu'une illusion. . ,

le l 'ai donné le nom ^'aqueux à ce spectre qu'à cause de son aspect, car je n en connais ni le siège exact ni la nature. W est probable qu'il dépend d'une cause située a une petite distance en arrière du cristallin, ou même immédiatement en conlacl avec la capsule postérieure.

Mouches volantes produites par le spectre aqueux. — Le spectre aqueux, dans quelques cas, s exagère au point de donner naissance à la sensation de mouches volantes, que Ion aperçoit surtout lorsquon sort le matin. Quelques malades les comparent à des filaments de verre filé placés en travers les uns des .autres, ou à de minces flocons de laine Ils se montrent un peu au-dessus du centre du champ de la vision, et semblent naturellement fort agrandis par suite de leloignement de la surface contre laquelle on les aperçoit. Bien que ce spectre conserve la forme de nombreux filaments aqueux qui ne paraissent jamais contenir de globules, ces filaments sonl plus ou mmus irrégulièrement amoncelés et décrivent souvent des zigzags. Ils se dispersent aussi promptement par un ou deux clignotements forcés des paupières (et diiïèrent sous ce rapport de ceux que Ion aperçoit à travers un trou d'éoin-le ou l'oculaire d'un microscope composé), ou par certains actes de rœil à la suite desquels on ne les aperçoit Pl"«^Ces e^•cons lances que nous venons de mentionner, sont très propres a induire le malade

MYODÉSOl'IR.

on erreur sur le siège des objets qu'il voit, et il est plus porté à croire qu'ils occupent la surlacc que l'intérieur de l'œil.

Mouches volantes prociuiles par les spectres à (jlohulas isolés. — Les «'lobules mal limités qui sont situés immédiatement derrière le s|)ectre nqueux, donnent raremerit lieu à la sensation de mouclies volantes ; mais ceux de ces globules qui occupent le i)lan suivant, et dont les bords sont nets et noirs, deviennent fréquemment visibles à l'œil nu, sous la (orme de simples points ou d'anneaux noirs. Lorsqu'on les regarde sans attention, ou sans l'aide d'aucun appareil optique, ils paraissent souvent unis au côté externe des iilamenls qui constituent les moucbes volantes perlées.

Apparences du spectre perle. — Presque tous les yeux, même les plus sains, et ceux qui ironl jamais élé le siège de mouches volantes, aperçoivent le spectre perlé, lorsqu'on les fait regarder un cliamp lumineux à travers un petit trou d'épingle, l'oculaire d'un microscope composé, ou une lentille convexe ou concave d'un court loyer. Prévost (i) avait déjà appelé ce phénomène apparence perlée, ou simplement perles.

Les lignes du spectre perlé pendent dans le cliamp de la vision aussi souvent dans le sens transversal que dans le sens vertical. Au début, lorsqu'on vient de diriger l'œil vers un champ lumineux, dans l'une ou l'autre des méthodes que nous venons de mentionner, on peut n'apercevoir que quelques petits globules perlés; mais, après avoir regardé fixeuient pendant un court espace de temps, on en aperçoit des cordes nombreuses, entrelacées de diverses façons et présentant une grande variété de nœuds, de boucles et d'agglomérations. Ils sont quelquefois si nombreux, qu'ils forment une pluie ou un nuage étendu. Les filaments perlés sont de longueur différente: quel(|ues-uns sont très courts, d'autres s'étendent à travers tout le champ de la vision. Assez fréquemment, quelques-uns se terminent brusquement en une sorte de bulbe. Les globules ou perles qui forment les fils ou chapelets, ne semblent réunis que par simple apposition, sans être contenus dans aucune espèce de tuhe. Quelquefois, néanmoins, les globules sont un peu confus, et alors les filaments ont un aspect qui se rapproche du tubulaire. Les globules sont toujours sur une seule rangée; ils paraissent dénués de tout noyau. Ils n'ont pas tous le même diamètre, mais tous sont plus petits que les globules isolés. Je ne suis pas convaincu que les filaments perlés occupent tous le même plan, mais il est évident que tous sont situés sur un plan postérieur au spectre à globules isolés.

Mouvements apparents et mouvements réels du specire perlé. — La portion du spectre perlé qui se montre au centre du champ de la vision ne jouit que de peu de mouvements réels, moins peut-être que le spectre aqueux que l'on aperçoit au delà. Tous deux participent évidemment aux mouvements de l'œil, ce qui les fait paraître très mobiles. Mais si l'on examine le champ visuel vers sa circonférence, ou si l'on dirige brusquement l'œil en haut, on aperçoit d'autres spectres perlés, qu'il est difficile ou impossible à l'observateur d'amener directement devant lui, et qui, lorsqu'il réussit en partie à le faire, disparaissent promptement, par suite d'un mouvement réel qui leur appartient, et par une apparence de mouvement étendu, dû à leur obliquité par rapport à l'axe de la vision. Ce sont ces derniers spectres surtout qui produisent les mouches volantes perlées.

Apparences des mouches volantes perlées. — Ceux qui commencent à en être incommodés, ont d'abord leur attention excitée par l'apparition d'un ou de plusieurs corps noirs dansantdans l'air au-devant d'eux, ce qui les porte à supposer qu'un morceau de suie est collé à leurs cils, ou qu'un petit fil de toile d'araignée est suspendu au bord de leur cbapcau. En essayant de balayer l'objet supposé, ils reconnaissent leur erreur.

(I) Mémoires de la Société de physique el d'histoire naturelle de Genève, l. V, p. 214 ; Genève, 1832.

088 AISO.M.M.IV.S KT AI.TK HATIONS UIVKHSI'.S HE LA VISION.

Dans d'aulres cas, ce que Ton aperçoit d'abord esl un léger nuage qui ressemble un peu à l'aile d'une nioucbe, ou bien ce sont des lllamenls seini-opaques comme ceux d'une toile d'araignée. Le spectre esl parfois assez sombre pour qu'on le compare à un morceau de dentelle noire.

Lorsqu'on dirige les yeux d'un côté à l'autre, le spectre se meut aussi, etavec une telle rapidité apparente, qu'il semble ([u'un cousin ou une petite moucbe croise le cbamp de la vision.

Le malade reste souvent dans cet état pendant des mois ou des années sans s'en préoccuper. D'autres lois, la ligure annulaire de la portion la plus sombre de la mouche est trop frappante pour ne pas être remarquée, et le malade la désigne souvent sous le nom d'étoiles noires. Si le malade vient par hasard à regarder fixement un ciel serein pendant une minute ou deux, il voit souvent ce qui jusqu'alors lui avait paru ressembler à un léger nuage, à un morceau de toile d'araignée, ou à l'aile d'un insecte, se résoudre en un grand nombre de petits globules ou de petits anneaux qui suivent les mouvements de l'œil et semblent réunis par une pellicule invisible ; de sorte que, bien que leur position relative varie quelquefois, ils ne se séparent jamais les uns des autres.

Un examen plus attentif de ses mouches volantes, fait en regardant le ciel ou la terre couverte de neige, peut faire découvrir au malade une apparence de tubes entrelacés. Le tube est limité par deux lignes, tandis que son centre est occupé par une chaîne de points obscurs ou de globules qui ne sont pas en général assez volumineux pour remplir le diamètre du tube; de sorte que, tandis qu'il compare la totalité du spectre à un serpent enroulé, il ajoute parfois que ce qu'il contient dans son intérieur ressemble à la substance desséchée qui existe dans la cavité d'une plume à écrire. Ces globules, toutefois, n'ont pas tous la même dimension ; on en aperçoit çà et là quelques-uns plus gros que les autres, qui remplissent le diamètre du tube et offrent davantage l'aspect nucléé, et assez souvent un ou deux des anneaux du spectre à -lobules isolés semblent attachés à la face externe du tube. L'observateur remarque aussi, dans quelques cas, que les tubes paraissent se terminer par des extrémités bulbaires sombres, comme si elles étaient formées par des agglomérations de globules. Les taches sombres, ou étoiles noires, qu'il avait d'abord aperçues, lui paraissent maintenant formées par ces agglomérations ou, en d'autres points, par une disposition ressemblant à des tubes se recourbant sur eux-mêmes pour se doubler. Ces points noirs sont souvent si denses que, à une bonne lumière, on les aperçoit même à travers les paupières fermées.

Si le malade observe ses mouches volantes à travers l'oculaire d un microscope composé et contre la flamme d'une chandelle, l'aspect d un tube contenant des globules n'est point aussi frappant que lorsqu il les examine à l'œil nu contre le ciel; de sorte qu'il ne voit que des chapelet.

MYODÉSOPIE.

ou une pluie de globules privés de noyaux. L'aspccl (ubulaii-e esl produit, en edet, par ce lail que les perlions d'anneaux ou de globules qui se toucbent deviennent obscures, tandis que les portions i)ar lesquelles ils ne se toucbent pas continuent à être |)lus ou moins distinctes. C'est ce qui l'ait que les parois des tubes n'ont pas l'aspect de lignes droites, mais celui de lignes oiululées. Les moucbes perlées sont surtout apparentes lorsque le "malade regarde un ciel serein, un nuage peu épais, la terre couverte de neige , une muraille blanche, ou quebiue chose d'analogue. Il les aperçoit rarement i)endant le crépuscule, à la lumière d'une chandelle , lorsqu'il regarde quelque objet sombre, ou bien encore lorsqu'il se trouve dans un lieu peu éclairé. Ils le fatiguent moins pendant les jours sombres d'hiver que pendant l'été. 11 est rare qu'il les aperçoive lorsqu'il regarde des objets rapprochés ouquand il laisse ses yeux en repos.

Position des mouches volantes perlées. — Leurs mouvements apparents. — Les mouches perlées ne se trouvent que rarement, ou même jamais, dans l'axe de la vision; elles en sont le plus souvent écartées d'un grand nombre de degrés, en dedans, en dehors, en haut ou en bas, mais le plus fréquemment en dehors, ou dans la direction delà tempe, comme si leur cause siégeait près de l'entrée du nerf optique. Le malade a d'autant plus de difficulté à en examiner la configuration et la structure apparente, que la positionen estplus oblique ; car chaque fois qu'il lente de les amener directement devant lui, ils fuient de façon à ne plus pouvoir être vus que de côté. Ils participent aussi aux mouvements de l'œil et s'élancent en haut, en bas, ou d'un côté à l'autre, suivant la direction imprimée à l'organe, justifiant par leurs mouvements apparents le nom de mouches volantes qu'on leur a donné par comparaison.

Mouvements réels des mouches volantes. — Lorsqu'une mouche volante n'est pas très éloignée de l'axe de la vision, il est facile au malade de la maintenir fixée pendant un certain temps sur un point spécial du tableau qu'il a devant lui, ou au centre du champ lumineux que présente une bougie lorsqu'on la regarde à travers un verre convexe ou un verre concave. Les mouches perlées, toutefois, ont un mouvement qui leur est propre, excité sans aucun doute par celui de l'œil, mais encore plus étendu que leur mouvement apparent, et qui esl rendu en partie visible lorsque l'œil est en repos. Ainsi, par exemple, si le malade, après avoir regardé horizontalement devant lui, lève brusquement les yeux vers un point situé d'environ 50 degrés au-dessus de l'horizon, et les fixe sur ce point, il remarque que les mouches s'envolent beaucoup au delà de cette hauteur, et même qu'elles se portent au delà du champ de la vision, puis qu'elles descendent devant lui et se portent en bas jusqu'à ce qu'elles disparaissent, montrant évidemment que, quelle que soit la nature ou le siège des corpuscules par les(|ucls le spectre est

ANOAIALII'S KT .VI.TKllATlOiNS DlVlînSl'.S DK \.\ VISION.

produit, ils ne sont point fixes, mais jouissent au contraire d'une cerlaiiie lihcrlé.

Qiici(iues auteurs (1) décrivent les mouches volantes comme s élançant l)rus(iuement en haut, puis se précipitant en has; mais ces moueiies ne bougent point, à moins qu elles ne soient agitées par les mou- , vements du globe de l'œil; et quoique ceux qu'elles exécutent par suite du choc que leur communique le déplacement de l'œil soient rapides, celui par lequel elles retournent à leur place primitive est lent comparativemenl.

Si los corpuscules qui produisent les mouclies perlées élnieiil situés au devant du centre focal do l'œil, leur mouvement réel correspondrait avec le mouvement apparent du spectre ou mouclies, c'est-à-dire qu'ils descendraient à l'intérieur de l'œil lorsque les mouches paraissent descendre. Si, au contraire, ils sont situés derrière le centre focal, la descente apparente des mouches est duc à l'ascension réelle des corpuscules. Quel que soit le siège (l'un corpuscule, qu'il soit en a, ou en a' (flg. 142), son image paraîtra comme si elle était

[ projetée hors de l'œil suivant une ligne droile continue, passant à travers le corpuscule, et tombant perpi'ndiculairenient sur la rétine en A. Un corpuscule situé en b, an devant du centre local de l'œil, C,ou en b, qui est situé derrière ce centre, formera son image en C, et produira la sensation d'un spectre hors de l'œil, dans la direction de la ii^ne B b' b Si le corpuscule est situé en a, et s'enfonce à l'intérieur de lœil en b, son ima'e se déplacera sur la rétine de A en B, et son spectre paraîtra au malade descendre ie 1' en 6' Ma s ïe corpuscule est situé en a', il llottera seulement vers e haut de a' Z f>' l'humeur vitrée', son image se portera sur la réline de A eu B, et son spectre

est fixé sur quelque ohjet élevé, résidait quelque part au devant du cen re ocal de I œil L t desciue aiîparenle des mouches dépendrait d'une ^^^^^^IJ-^'^'^S^ „ui les produisent; mais si la cause est située derrière le centre local C, la descente appa rente des mouches dépendra d'une ascension réelle des corpuscules.

Outre les mouvements d'ascension et d'abaissement, les mouches perlées présentent des mouvements latéraux, aussi bien que des changements relatifs dans les positions de leurs diverses parties, mais ils sont moins prononcés que les premiers. S'il existe trois ou quatre étoiles noires, comme on les appelle, dans le réseau qui flotte devant l'œil on peut les voir former tantôt une ligne droite, tantôt des angles les unes par rapport aux autres, suivant les positions diverses que leur font prendre les mouvements variés de l'œil. L'extrémité supérieure du spectre en chapelet semblera parfois se courber en une direction, et l'extrémité inférieure en une autre. Les filaments paraissent parlois se dérouler, puis s'entortiller de nouveau pour reprendre leur première

(1) Bel». Lchrc von .Un Augonkrmdd.cilen, Cand 11, p. 424; Wif.., 1817.

MYODÉSOPIE.

roniie. On observe quelquerois un mouvemenL croscillalion, comme si la loilc vacilliiil et se portail tantôt en arrière, tantôt en avant. Tous ois mouvements sont dus aux déplacements de l'œil ; mais il est facile (le s'apercevoir que leur étendue est plus considérable (juc celle du mouvement de l'organe.

Siège des causes effidenles des mouches volantes perlées.— On a fait beaucoup de conjectures sur le siège qu'occupent les corpuscules ou lilamenls qui donnent naissance aux mouches perlées. On a tour à tour supposé que la cause efficiente de ce symptôme occujjait la surlace de la cornée, l'humeur aqueuse, l'humeur de Morgagni, l'humeur vitrée, l'inlervalle qui existe entre la membrane iiyaloïde et la réline, la rétine et la choroïde. Que les mouches perlées ne soient point produites par des corpuscules situés sur la surface de la cornée ou dans l'humeur aqueuse, c'est ce que démontre ce fait, qu'elles sont situées sur un plan beaucoup postérieur aux corpuscules qui produisent le spectre muco-lacrymal et le spectre aqueux; c'est qu'elles ne se mélangent jamais avec ces spectres, qu'elles ne changent point de position dans l'expérience qui renverse celle du spectre muco-lacrymal, et que leurs deux images sont rapprochées l'une de l'autre lorsqu'on les examine au moyen de deux rayons divergents de lumière. Le fait que des images doubles du spectre perlé se produisent toujours dans ce mode d'examen, démontre que la cause n'en réside ni dans la couche sentante de la rétine, ni dans la choroïde.

Je ne prétends point décider d'une manière absolue que, dans aucun cas, les mouches flottantes n'ont leur siège dans les parties de la rétine situées au-devant de sa couche sentante, et en particulier sur les ramifications de ses vaisseaux sanguins, surtout puisqu'on a constaté que la cause du spectre perlé n'est quelquefois située qu'à 1/85 de pouce de la couche sentante: c'est là une des mesures de Sir David Brewster. Il est démontré que la couche sentante n'est pas la partie afTectée, par ce fait que, entre les diverses portions des mouches et à côté d'elles, l'œil voit distinctement tous les objets avec une entière netteté, et par cet autre fait, que les portions mêmes de la rétine sur lesquelles tombent les ombres qui occasionnent l'apparition des mouches, sont trouvées parfaitement sensibles par le malade, lorsque les corpuscules s'élèvent hors du champ de la vision.

Dimension du filament éle'menlaire du spectre perlé. — Sa distance de lare'line. — Tout spectre paraît d'autant plus grand qu'on le voit sur un plan plus éloigné de l'œil; sa grandeur angulaire reste, bien entendu, la même. La dimension des nioudies enroulées ou agglomérées ensemble est indéfinie. Sir David Brewster m'informe qu'une niouclie qu'il voit « couvrirait tout le disque de la lune, car elle consiste en un nœud de lilamenl.» Mais c'est une question intéressante que de savoir quelle est la dimension du lilanienl élémentaire ou isolé du spectre perlé, ou des globules dont l'assemblage constitue le filament perlé. Sir David iJrewster, en regardant à travers une très iielite ouverture deux lumières brillantes, obtient sur la réline, au moyen île d(!U\ rayons divergents, des images doubles de tous les objets placés à l iiilérieur du globe de l'œil ; et à l'aide de ces moyens

ANO.MM.IIÎS RT ALTKUATIONS DIVKUSES DE VISION.

il (li'lermino le; iliuiiièlrc de lu inouclio ou de ses liliimenls, el la disluiiceà laquelle elle se trouve do lu réliiie.

« Les lilaniciils ou mouclies de lu partie uiilérieure de l'humeur vitrée, dit-il, auront leurs iiiiugcs doubles très dislaiitcs; ceux (jui sont situés à lu i)urlie inoyeiiiie auront leurs doubles iniugcs plus rupproeliées, el ceux (lui sont contre lu rétine auront leurs iniuges si rapprochées, qu'elles |)onrront empiéter l'une sur l'autre; lundis que tout objet situé sur la rétine elle-même, toute tache noire due à une absence de sensibilité, ne donne lieu qu'à la l'ormution d'une seule iinage. Si l'on mesure alors lu distance qui existe entre les deux sources de lumière, ainsi que leur distance du centre de lu direction visible, quund les deux imuges des lilamcnts, etc., se trouvent précisément en contact, on peut déterminer la dimension du lllament et sa i)osition exacte, aussi bien que sa distance de lu réline. En faisunl celte expérience, j'ai d'abord trouvé que l'angle de lu grandeur apparente du filament, A, B, C (il s'agit d'un lilameul élémentaire) était de huit minutes, cl conséqueniment qu'il sous-lenduit cet ungleau centre de la direction visuelle. Actuellement, si nous estimons le rayon de la rétine à 0,524 de pouce, le diamètre de l'ombre du filament sera de 0,00122, ou 1/320 de pouce, et sa distance de la rétine, de 0,0118, ou 1/85 de pouce (1). i> En projetant sur un micromètre le spectre d'un filament élémenlaire, que je vois avec mon œil droit, el en en marquant lu dimension uppureiite, l'ombre mesuruit 1/GOO de pouce; ce qui ne diffère pas beaucoup du calcul de Sir David Brewster.

Quels sont les filainenls ou corpuscules situes dans l'Iiumeur vitrée qui déterminent les mouches aqueuses à globules isolés, et perlées? — Comme, au moyen d'expériences convenables, on peut rendre le spectre perlé visible pour tous les yeux, soil jeunes, soit vieux (el il en est de même, je crois, pour le spectre aqueux et celui à globules isolés), la cause efficiente, ou l'objet que l'on voit ne peut guère êlre le résultat d'une maladie, bien que ceux qui deviennent sensibles à l'existence de ces spectres, au point d'avoir ce que l'on appelle des mouches volantes, le doivent certuinement à quelque condition anormale de l'œil. Quant à la question de savoir quels sont les filaments et les corpuscules que l'on voit, on ne peut se livrer qu'à des conjectures ; on n'a pas fait à ce sujet d'observations décisives, ni sur le vivunl ni sur le cadavre.

Si lous les corpuscules ou filaments étaient situés tout contre la rétine, comme ceux qui produisent le spectre perlé, nous pourrions être portés à supposer qu'ils consistent en petits fragments du système capillaire de la rétine, soulevés el dégagés par quelque accident de leur position naturelle dans la couche de fibres grises, el vacillant entre elle et l'hyaloïde. Mais la succession des plans occupés par les corpuscules el filaments nous oblige à renoncer à l'idée qu'ils n'occupent qu'un espace si restreint, el à les reporter dans l'intérieur de l'humeur vitrée.

« S'ils étaient fixes, ou régulièrement distribués, dit Sir David Brewster, nous pourrions les regarder comme des vaisseaux transparents qui nourrissent l'humeur vitrée; mais, constitués par des portions détachées et flotlantes, ils ressemblent davantage à des restes de quelque tissu organique dont les fonctions ne sont plus nécessaires (2). »

Cette observation concorde d'une façon remurquuhie avec ce fuit que les artères, généralement au nombre de deux, partant de l'artère centrale de la rétine et se rendant à travers le corps vitré à la capsule postérieure du cristallin, quoique charriant du sang chez le fœtus, n'existenl chez l'adulte qu'à l'élut d'oblitération ou de ligament. 11 existe doncdans l'humeur vitrée, des débris d'un tissu organique dont les fonctions ont cessé, débris consistant en filaments, ou en vaisseaux sanguins contractés, dont aucun n'excède vraisemblablement 1/500 de pouce de diamètre, et dont le plus grand nombre est probablement plus petit. Dans le fœtus, la surface externe de la membrane hyaloide est aussi recouverte de vaisseaux sanguins provenant de l'artère centrale de la réline, et dont la persistance chez l'adulle, si ce n'est à l'état d'oblitération, doit êlre considérée, selon moi, comme rare et exceptionnelle.

En supposant la membrane hyaloïde douée du plus léger degré de mobilité, l'ombre, a l'état de diffraction, de ces vaisseaux oblitérés que nous venons de mentionner, tombant sur la rétine, pourrait fournir une explicution plausible des mouches perlées; lundis que celles du spectre à globules isolés ou du spectre aqueux pourraient êlre rapportées aux restes des artères capsulaires.

(1) Ibid., p. 382.

(2) Ibid., p. 384.

MYODKSOPIF.

Il existe ainsi que M. Donné l'a fait voir (1), tant dans l'humeur aqueuse que dans l liiiiiiour vllrôe un grand nonii)ro tic cor|)Uscul(!s microscopiques, ayant de 1/4000 ù /".noOde pouce do diamètre, et d'une pesunleur S|H-cili(iue moliulre que le fluide dans Iw'l ils sont contenus. Comme l'apparence d'un tul.e contenant des «lohules, peut être, MIS les moudies perlées, entièrement .lue à la dillVaction, tout le phénomène des spectres '•M^lobules isolés et du spectre perlé i)eul être rapporté, avec beaucoup de prohabilité, à r,M,chaînement de globules trans|.arcnls attachés aux minces lamelles on lilaments qui r.,.co..rent le corps vitré el lui donnent de la consistance. Comme le spectre acpieux, vu n I •! l'œil nu soit à travers une petite ouverture, ne laisse voir aucune apparence de ' obùle« on peut le considérer comme dû simplement à de minces lilaments transparents.

iction sur la lumière des fiJnments et deseor}jHscules qui occasionnent les mouches. ^Pw suite de la parfaite identité qui existe avec le phénomène de la diffraction de la huuière'produite par des libres transparentes, Sir David Drewster attribue les apparences uii'olTrenl les mouches volantes que nous décrivons à des oml)res formées sur la rétine par de 1-1 lumière divergente passant auprès et ^ travers des lilaments et des particules transn u-cntes- manière de voir qui s'était aussi ofTerte à Prévost. Quand Sir David Brewster dît « lumière divergente, » il fait allusion aux expériences dans lesquelles on fait diverger d'un point situé à l'intérieur de l'œil la lumière qui tombe sur la rétine. On .aperçoit irès distinctement les mouches lorsqu'on regarde à travers un diapiiragme percé d'une petite ouverture ou une lentille, de façon à produire à l'intérieur de l'œil de la lumière divergente- mai's les phénomènes de la diffraction sont également visibles, que les rayons lumineux soient convergents, parallèles, ou divergents; et il en est de même des mouches perlées. A la vérité, l'identité du phénomène des mouches perlées avec ceux de la dilfraclion produite par des libres, se constate d'une façon beaucoup plus frappante lorsqu'on regarde les mouches à l'œil nu, el sur un fond formé |)ar le ciel, que de toute autre manière. Ce qui, vu h travers un trou d'épingle, apparaît comme un chapelet de globules, ressemble, lorsqu'on le regarde à l'œil nu comme nous venons de le dire, à un tube dont la partie centrale est parcourue par une ligne noire; ce qui est certainement dû à deux I curants lumineux qui glissent autour du filament qui s'interpose entre eux. Sir David Brewster dit que les deux lignes qui bornent les lilaments qu'il voit, sont colorées, el ont a leur côté externe une ou plusieurs franges qui le sont aussi: c'est encore une particularité que l'on peut rapporter à l'interférence de la lumière.

On peut aussi attribuer le spectre à globules isolés nettement limités à la diffraction de a lumière produite par de petites sphérules; mais le spectre à globules isolés, mal délinités, el le spectre aqueux laissent voir moins distinclemeiil des anneaux alternatifs ou les bandes ; ce qui est dû, sans aucun doute, à la plus grande distance à laquelle ils se louvent placés de la rétine, écran sur lequel tombent les ombres qui ont subi la difraction, et qui, pour laisser voir distinctement les phénomènes provenant de l'interférence, a besoin de se trouver à une certaine distance du corps dont il reçoit l'ombre.

Sujets chez qui l'on rencontre les mouches perlées. — En parlant des filaments qui jDroduisenl les mouches volantes, Sir David Brewster fait remarquer que, « comme ils existent à tous les âges, aussi bien chez les jeunes gens que chez les vieillards, ils ne sont point le résultat de la maladie el n'indiquent pas non plus son approche. » Il est certain que tout le monde peut voir le spectre perlé, en le cherchant à travers un trou d'épingle ou l'oculaire d'un microscope composé.

Il est également vrai que beaucoup d'indi\idus qui|»fte se plaignent point formellement de mouches volantes, ou qui ne se croient allectés d'aucune maladie des yeux, voient les mêmes objets que ceux qui produisent le spectre perlé. « J'ai été consulté, dit Dcmours, il n'y a pas longtemps , par une dame qui était persuadée que ces fantômes flot-

(I) Archives géncniles de iiiédeciuc, I. XXlll, p. 113; Paris, 1830.

ANOMALIES ET ALTl'mATIONS DIVEUSKS DE LA VISIOII,

laïUs qu'elle avait commencé à apercevoir, produiraient la cécité. Je trouvai chez elle vingt personnes, que je demandai la permission de questionner : sur ces vingt personnes, sept éprouvaient le même pliénomène depuis un grand nombre d'années sans en avoir jamais parlé; une jeune personne ajouta qu elle s'anmsait beaucoup à voir descendre ' ces corpuscules dans l'air (1). » « Ces mouches, dit Weller, ne sont évidemment pas vues ou sont entièrement négligées par ceux qui, absorbés par leurs affaires, n'ont pas le temps de penser à leur maladie (2). » D'un autre côté, elles ne sont jamais plus gênantes que lorsqu'elles coexistent avec une autre aUcclion de l'œil, telle que l'aslbénopie, ou une maladie d'un autre organe, comme la dyspepsie. Toute affection qui rend incapable de travail et porte à s'occuper de ses souffrances, comme l'hypochondrie, est extrêmement propre à amener la découverte de mouches volantes et à remplir l'esprit de craintes sur les résultats qu'elles peuvent amener.

État des yeux des personnes affectées de mouches enlo-hyaloïdiennes. — Les yeux des sujets incommodés de mouches flottantes n'offrent aucun symptôme objectif qui puisse faire découvrir l'existence d'une pareille affection. Néanmoins, les yeux normalement conformés sont rarement sujets aux mouches volantes. Lorsqu'une personne se plaint beaucoup de ce symptôme , on trouve presque toujours qu elle est myope ou presbyte , ou myope d'un œil et presbyte de laulre. Ceci démontre que l'interception des rayons lumineux provenant des objets extérieurs, par des fdaments situés au-devant de la rétine, ou même la formation d\)mbres agrandies par diffraction, produit comparativement peu d'effet quand le reste des rayons lumineux est convenablement rassemblé en foyer sur cette membrane. La dilatation des images des objets extérieurs favorise la perception des mouches qui, à leur tour, s'éteignent en grande partie lorsque la vision est parfaite.

Causes excitantes des mouches ento-hyaloïdiennes. — La plupart des malades qui se plaignent de voir des mouches perlées, attribuent l'origine de leur affection à quelque cause excitante. Il est néanmoins extrêmement probable que, dans beaucoup de cas, il n'existe qu'une simple coïncidence entre l'apparition des mouches et les circonstances auxquelles ils les attribuent, et nullement un rapport de cause à effet.

Les causes excitantes suivantes sont celles que l'on trouve le plus fréquemment mentionnées :

1. Excès d'éwercice des yeux sur de petits objets, comme dans la lecture, l'écriture, la peinture et autres occupations semblables ; une grande contention d'esprit, et, comme causes concomitantes, le manque d'exercice convenable et la position penchée du corps.

Un monsieur qui pratiquait la chirurgie, et qui avait suivi mes

(1) Traité des maladies des yeux, t. IH, p. 422; Paris, 1818.

(2) Icônes ophlhalmologicœ, p. 40; Lipsiœ, 1824.

myodi'soi'If:.

|(>(>ons sur les maladies de l'œil, vint me consuller pour des mouches. Lui ayant demandé s'il pouvait les rapporter à une cause quelcon(iue, il iiie répondit qu'il les attribuait positivement à ce qu'il avait lu d'un bout à l'autre {a Dictionnaire vhiritnjirnl de Cooper, livre ti-ès volumineux ei imprimé en petit caractère. Ce malade mourut peu aprcs d'apoplexie.

Charles Bonnet ayant consulté Ysin Swielen pour des mouches norléès et dont il attribuait l'apparition à un trop gi-and usage du iiiicroscope, Van Swieten lui répondit que, ayant lui-même beaucoup employé le microscope à l'examen d'injeclions analomiques, alors qu'il était jeune, il avait été allecté des mêmes phénomènes que lui(l). Ilanmann (2) dit qu'il prit une myodésopie en se fatiguant les yeux à i iudier le grec, à une époque où ils étaient déjà fort aiïaiblis par une maladie antérieure.

Rien ne contribue autant à accroître la perception des mouches volantes, que l'élude assidue et fréquente de ce phénomène en regardant à travers un trou d'épingle, des lentilles, etc. Ces expériences semblent leur donner naissance, et celui qui les a ainsi découvertes une fois, continue à les voir et ne peut plus s'en débarrasser. « Presque tous les mathématiciens et les observateurs au microscope que je connais, ditWallher (5), ont des mouches volantes; phénomène que l'on peut' rapporter cà un état d'épuisement de l'œil et à l'usage exagéré que l'on fait de la vue. »

2. C'est une opinion commune, que les mouches sont un signe de congestion vers la tête et les yeux, et qu'elles sont souvent les précurseurs de l'apoplexie. L'abus des yeux nuit probablement en déterminant une congestion. Les malades rapportent aussi quelquefois leurs mouches à d'autres influences de nature à déterminer un afflux de sang au cerveau. Ainsi, un de mes malades me disait que l'excitation produite par des rapports sexuels auxquels il s'était livré, étant sous 1 influence du vin , avait déterminé chez lui l'apparition soudaine de mouches volantes.

5. Les maladies fébriles produisent fréquemment les mouches, et aucune n'exerce plus cette influence que la fièvre catarrhale épidémique appelée influenza. Le docteur Slark attribue l'origine de cette maladie chez lui à des études prolongées pendant qu'il était atteint d'influenza, en même temps qu'il se fatiguait les yeux à des recherches microscopiques (4).

4. Les alTeclions inflammatoires des yeux sont fréquemment suivies

(1) Mémoires de la Sociélc de physique cl d'iiistoirc naturelle de Genève, l. V, p. 262; Genève, 1852.

(2) Ammon's Monalschrift fiir Medicin, Augenlicilkundc und Chirurgie, toi. Ul, p. i27 ; Leipzig, iUO.

(7)) Grafe und Wallher's Journal dcr Chirurgie und Augenhcilkundc, vol. lU, p. 19; Berlin, 1822.

(4) Edinburgh Médical and Surgical Journal, vol. LX, p. 399; Edinburgh, 1843.

AISOIMAMKS KT ALTKIIATIONS DIVKHSKS 1>K l.A VISION.

de Ta p pari lion tic mouches perlées el de leurs congénères. Je les ai vues produiles non-seulenieni, par la réiinile, l'irilis el rophlhalmie posl-l'ébrile, niais même par la conjonclivile calarrhale.

5. Les personnes qui ne dorinenl pas assez, celles qui sonl, plusieurs nuils de suilc, arrachées à leur soninieil, el surloul celles qui , passenl beaucoup de nuits successives ù veiller, en donnant peu, même pendant le jour, sont rré(iucmnicnt alteinlcs de inyodésopie.

6. On accuse souvent comme causes de mouches un dérangement de la digestion. Rien n'est plus commun, lorsqu'une pareille alleclion oculaire se développe, que d'entendre le malade et le médecin s'écrier : cela dépend de l'estomac! Il est certain que cette aiïcciion s'observe fréquemment chez des malades alleinls de dérangement de l'estomac et des intestins, qui sont sujets, par exemple, à l'inappétence, aux indigestions, aux acidités, aux llalulences et à la constipation.

7. M. Wardrop (1) a indiqué comme cause de mouches un trouble de l'action du cœur. Par suite de quelque changement survenu dans l'action de ce viscère, ou de son hypertrophie, le sang, pense-t-il, se distribue inégalement au cerveau et aux nerfs; ce qui produit, entre autres efïets, l'apparition de mouches, qu'il appelle « spectres oculaires. » Les symptômes concomitants sont : l'agitation de la circulation, un frémissement particulier du pouls, une sensation d'eau dans la tête, un sifflement dans les oreilles, l'accroissement d'impulsion du cœur.

8. Une autre cause à laquelle on attribue souvent l'origine des mouches, est ce que l'on a appelé nervosité, faiblesse des nerfs, ou l'affaiblissemenl, ou un état morbide apparent du système nerveux. Ainsi, M. Lawrence dit que cette maladie survient « lorsque l'énergie du système nerveux est affaiblie par le poids des affaires, l'anxiété ou le chagrin, par une affliction intense et continue, ou par un chagrin auquel on ne peut résister (2). »

M. Ware dit que « quand la sensibilité se trouve morbidement excitée, comme cela se voit à la suite d'un affaiblissement général, ou d'une grande anxiété, la rétine (sur la surface de laquelle une plus grande quantité de substance médullaire nerveuse se trouve étalée, proportion gardée, que sur aucune autre partie du corps) se trouve morbidement impressionnée par tous les petits points ou les petites saillies qui peuvent se trouver en contact avec elle. » M. Ware attribue donc les mouches à une compression exercée par de petites particules sur la rétine et à une sensibilité morbide de cette membrane. « La cause excitante la plus commune de l'apparition de ces particules, ajoute-t-il, me parait être l'application de l'esprit sur des sujets qui occasionnent l'anxiété ou le chagrin (5). »

(1) Lanccl, Sepiember 13, 20, 183/<., pp. 887, m.

(2) Ti-ealise on Diseascs of Ihe Eyc, p. S82 ; Lonclon, 18/< l .

(5) Mcdico-Chirurgical Transaclions, vol. Y, pp. 266, 272; London, 1814.

MYODI'SOPIE.

Avant tic présenter qnel(|ucs remarques sur les causes cxcilanles i|ue nous venons d enuniérer, il convient de rappeler que les mouches cnlo-liyaloïdienncs sont sujettes, in(lé|)endamineiit du degré de lumière ;uiquelles yeux sont exposés, ou de l'état général du corps ou de r('.s|)rit lit' la personne aHectéc,à varier de temps en temps sous le rappoi'l du nombre et de rinlensité, quoique ces variations soient moins considérables et moins soudaines que quelques auteurs ne l'ont |)rélendu. De là la(piestion de savoir si, invisibles dans certaines circonstances, elles ne cessent pas de 1 être par suite d'un accroissement de la sensibilité de la rétine.

« Cette supposition, fait observer Sir David lîrewsler, n'est nullement probable, parce que les mouches n'étant point visibles par une lumière qui proviendrait d elles, une augmentation de la sensibilité de la rétine alTecterait également le champ lumineux sur lequel on les \oil. Mais, comme ce point a quelque importance, tant sous le rapport physiologique que sous le rapport médical, je l'ai soumis, ajoute-t-il, ;i des expériences directes. Dans ce but, j'examinai les mouches le matin, avant que la sensibilité de la rétine eût été diminuée par l'exposition à la lumière du jour, et je trouvai que ni leur nombre ni leur intensité n'avaient augmenté. Je variai cette expérience en diminuant la sensibilité de la rétine, ce que j'obtins en maintenant contre l'œil cl près de Taxe de la vision , une flamme brillante de gaz , jusqu'à ce que la rétine eût perdu sa sensibilité pour tous les rayons du spectre, à l'exception d'un petit nombre des plus réfrangibles. Dans ce cas aussi, les mouches étaient aussi nombreuses et aussi distinctes qu'auparavant. Nous pouvons donc tenir pour certain que les mouches décrites par M. Ware, pour autant qu'elles eussent le même caractère que celles que Ton voit dans l'œil sain, ne sont nullement influencées par les variations de sensibilité de la rétine (f). »

Si nous recherchons quel est le mode probable d'action de plusieurs des causes excitantes des mouches, nous voyons que toutes ont une tendance à produire un afflux de sang dans les vaisseaux de la tète et des yeux. L'excès d'exercice des yeux sur de petits objets, l'intempérance, l'orgasme vénérien, la réunion de ces deux causes, les maladies fébriles, une excitation extraordinaire du cœur, ou une maladie de cet organe, sont toutes causes qui , on nous l'accordera sans peine, ont évidemment cette tendance. Quant aux désordres de la digestion, que l'on accuse fréquemment de produire la myodésopie, je suppose que, dans la plupart des cas, le dérangement de l'estomac et l'aU'ection oculaire ne sont que des effets coïncidants, dus à une seule et même cause, telle qu'une nourriture mal appropriée, le manque de surveillance de l'action des intestins, un état de torpeur du foie, et très fré-

(1) Op. cit., p. 583.

GUS ANOMALlIiS 1:T ALTIUUTIONS DIVKUSI'S DIC LA VISION.

qucinmcnl, inènie lorsqu'on le suppose le moins, Tiibus de Talcool, sui'Ioul sous l'orme de gouUes et de eordiaux. Le i)oids des allaircs, Tanxiélé el les ehagrins, qui consliluenl une aulre série de eauses, agissent, suivant toute apparcnee, exactement de la même manière, déterminant (il se peut que ce soit chez des personnes dont la santé , est al1'ail)lie) une congestion de la tète et des yeux.

Le manque de sommeil ne l'ait pas exception au principe général que toutes les causes excitantes de la myodésoiVie agisscjit en produisant une congestion. Que l'état de veille soit dû à la maladie ou à l'emploi des moyens artiliciels, tels que l'usage du café, queBereis (1) signale particulièrement comme une cause de mouches, aux exigences ])rofessionnellcs, à des études prolongées, il amène toujours une action irrégulière du système circulatoire et un afflux de sang vers les organes de la vision.

Pronostic des mouches ento hyaloïdiennes. — Comme cette sorte de mouches se montre souvent brusquement, leur apparition alarme d'ordinaire le malade, qui se croit tout d'abord menacé de perdre la vue par une cataracte ou une amaurose, aflections qui n'ont aucun rapport avec cette espèce de spectres. En supposant même que les mouches s'accroissent graduellement, leur accumulation, portée au plus haut degré, ne peut jamais se terminer par la production d'une amaurose et encore moins par celle d'une cataracte. Le praticien devra néanmoins rechercher, dans chaque cas, si, indépendamment des mouches, il n'existe aucun des symptômes de ces deux maladies. On s'assure de l'existence ou de l'absence d'une cataracte par l'épreuve catoptrique (F p. oGO). Nous ne possédons aucun moyen aussi simple et aussi certain de reconnaître l'amaurose. Mais si la pupille se meut avec sa vivacité naturelle, si le malade peut lire avec l'œil suspect un petit caractère d'impression, nous pouvons lui affirmer qu'il n'est point affecte

d'amaurose. . , « .1

Le malade nous demande souvent si les particules flottantes et les filaments qu'il aperçoit n'iront pas en augmentant jusqu'au point de le priver de la vue : elles peuvent s'accroitre, à la vérité, mais elles ne le l'ont que très lentement, et jamais au point de gêner la vue. Lors même que tout le champ de la vision offre des spectres ento-hyaloïc lens, le malade est encore capable de lire, bien que, s'il continue de le iaire, les mouches se rassemblent parfois de façon à rendre obscures, pendant un certain temps, des portions de la page ouverte devant lui. Elles restent souvent stationnaires pendant dix ou vingt ans, et, bien qu alarme au début de leur apparition, le malade finit par s'y habituer et par ne nlus s'en inquiéter. Je pense que raccroissement de la myodesopie e.t dû plutôt à ce que l'œil devient plus sensible à la perception des cor-

GrUllS Wal.lK.r's Journal de- Chin.rsic u.ul AuBcnheilku-uk., vol. N 111, V- 10; lie.l.a, 18....

MYODliSOl'IK.

nusciiles, causes de la maladie, qu'à une augineiilatioii dans le nombre (le ces corps mêmes. Cet accroissement de susceptibilité provient de l'abus des yeux, et aussi de ce que le malade cberebe et examine troj) ses mouches.

On peut citer bcaucouj) d autorités à l'appui de roi)inion que les mouches enlo-bvaloïdiennes ne s'accroissent qu'avec une extrême lenteur, ou restent complètement stationnaires, et finissent même par devenir moins visibles.

, le connais l)eaucoiip de personnes qui sont venues se plaindre à moi de ciioses senihlaliles il y a quinze à vingl ans, el qui sont encore aujourd'hui dans le même tHal. "

(MaUre-Jnn){\). ■ , , . , •

« Ces espèces de fantômes qui augmentent parfois lentement pendant les cinq ou six iiromières années, persistent ensuite tout le reste de l'existence sans amener aucune (spèce d'inconvénient... .le connais des personnes qui les ont vus pendant trente, quarante ans et plus, sans que le nombre ou la ligure en ail éprouvé le moindre changement (2). « [Demours.)

« Vingl-cinq ans après que cette malade m'eût consulté pour cette allection, je la revis. Son élat^physique et mental était excellent. Elle apercevait encore parfois des corpuscules; mais ils étaient devenus si peu apparents qu'elle ne les voyait plus qu'à une forte lumière et seulement lorsqu'elle prenait la peine de les chercher. Je dois dire que, à l'époqui; où je la revis, sa fille venait précisément de se marier, tandis que, lorsqu'elle m'avait consulté la première fois, elle venait de perdre son mari (3). » {Ware.)

a Douze ans après, j'eus occasion de revoir ce monsieur; il m'apprit que sa vue était restée parfaite, et qu'il pouvait, de ses deux yeux, distinguer les plus petits objets. Toutefois, à une lumière vive, il apercevait encore les corpuscules comme auparavant, lorsqu'il les cherchait; mais il était maintenant tellement habitué à les voir, qu'ils ne lui occasionnaient plus le moindre malaise (4). " (Ibid.)

. « Il y a certainement de vingt à trente ans que j'ai vu pour la première fois ces apparences, disait Prévost à l'âge de 30 ans; et il ajoutait à 79 : J'ai joui d'une bonne vue jusqu'à l'càge avancé où je suis; mon cas vient tout à fait à l'appui de l'opinion des oculistes qui pensent que ces apparences sont de peu d'importance (5). »

« ils sont diine nature tout à fait innocente et se montrent chez des personnes dont la vue est des plus perçantes. J'y suis sujet depuis mon enfance (6). « Mïdler.

Traitement des mouches ento-hyaloïcUennes . — Les mouches flottantes ou ento-hyaloïdiennes ne cèdent que très rarement au traitement médical. Si elles existent depuis longtemps, et qu'elles n'aillent pas en s'accroissant, il est inutile d'intervenir. Quand elles sont d'origine récente et que leur cause excitante est évidente, on arrive parfois à les guérir. Le traitement qui a le plus de chances de réussir est le suivant: \. On doit mettre le malade en garde contre toutes les causes excitantes, qu'il doit s'attachera éviter; telles sont : l'abus des yeux, les excès de toute sorte, les veilles, l'usage de l'alcool sous quelque forme et en quelque quantité que ce soit. « Les seuls moyens qui procurent souvent une amélioration, dit Walther, sont le repos des yeux et la

(1) Traité des mahulics de rœil, p. 281 ; ïroyes, 1711.

(2) Op. oit , t. m, p. «I.

(5) Op. cit., p. 2!j8.

(fi) Il)iil.. p 2(i0.

Ci) Op. cit., p. 2/(.7.

(0) tleiiicnls of Pliysiology, traduits par Baly, vol. 11, p. 1211; l.iindoii, I.Si2.

ANOM.VI.IKS ET ALTI' HATIONS DlYEllSI'S DE EA VISION.

ecssaliou de toute occupation de nature à les all'aiblir. J ui coniui des malades qui, après avoir été tounuentcs pendant plusieuis années |)ar des mouches volantes, s'en sont complètement dcharrassés en donnant à leurs yeux un repos continu et prolongé; toutefois, ils les voyaient reparaître, dès qu'ils ti-availlaicnt |)lusieurs jours de suite de manière à se l'atiguer la vue (1). »

2. S'il y a faiblesse d'estomac et constipation, on prescrira d'abord les laxatifs, puis les toniques. On doit essayer tous les moyens propres à fortifier la constitution et surtout le système nerveux. Le quin(|uina, le fer et les bains froids sont les moyens qui remplissent le mieux cette indication. Richter rapporte le cas d'une dame qui futalfectée de cette maladie à la suite d'un accouchement laborieux, et qui en fut complètement débarrassée par l'usage continu de l'éther sulfurique. Dans un autre cas où la digestion était fort alfaiblie et le malade tourmenté par des éructations acides, un mélange de fiel de bœuf et d'assa fœtida produisit beaucoup de bien (2). Le malade évitera soigneusement tous les aliments ou toutes les boissons capables de produire des acidités, des flatulences et d'autres signes de mauvaise digestion. Le docteur Cheyne(D) a vu un malade guérir après avoir renoncé à l'usage du sucre.

5. L'état de torpeur du foie réclame l'usage de petites doses de blue })ill, soit seules, soit combinées avec des purgatifs. J'ai vu un léger traitement mercuriel amener la guérison, probablement par suite de son action résorbante. J'ai parfois réussi à faire disparaître complètement les mouches volanles récentes, au moyen del'iodure de potassium.

4. Lorsque les symptômes d'afïlux du sang vers la léle sont bien marqués, la phlébotomie, l'artériotomie, les sangsues ou les ventouses à la tète et les révulsifs sont indiques. Sur douze cas traités par le docteur Schiagintweit, huit, dit-on, furent guéris à l'aide des diluants, des dérivatifs et de la saignée du pied (4).

b. Lorsque les mouches paraissent dépendre d'une maladie du eœur, M. Wardrop recommande d'appliquer des sangsues sur cet organe jusqu'à ce que son impulsion diminue. L'accomplissement de celte indication peut être favorisé par l'administration de petites doses d'antimoine et l'usage des laxatifs. Si le malade se plaint de froid aux pieds, on lui fera prendre, au moment du coucher, des pédiluves chauds, et il est bon de faire remarquer que ce remède, si simple qu'il soit, peut avoir utie grande importance lorsque la maladie coïncide avec la difficulté de trouver le sommeil. Comme le cœur reste dans un état d'irritabilité après que l'on en a diminué l'impulsion, M. Wardrop essaie d'en triompher par l'administration du sulfate de fer.

(1) 0|>. cit., p. 20.

(2) Richtui-'s Anfang.sgriinde (1er Wiiiiilarizncykiinsi, naml III, p. 5K; Gôllingcn, ISOî. (ô) Cases of Apople'xy'and Lctliargy, p. \U; l.ondon, 1812.

(i) AinmoirsZeiUchrifl lùrdic Oplilhalinologie, vol. Il, p. 47 ; Dresilen, 18ô2.

MYODÉSOIMK

6. Ware parait avoir lait usage surtout tics aiitispusinodiciuos dans le traileincntdcs mouches; ainsi, il prescrivait de prendre deux ou trois lois par jour une petite dose de teinture de valériane, nuilangée avec line égale quantité de teinture de castorcuni, et à la(|uellc il iijoulait parfois la mixture camphrée, ou Tinlusion de cascarille.

7. On se trouve bien de l'exercice en plein air, et d'un changement (le résidence, ainsi que d'occupations et de distractions de nature à écarter de l'esprit toute anxiété ou tout chagrin. On s'est quelquefois bien trouvé d'une saison passée aux eaux, probablement beaucoup plus par suite du changement de scène, de la tran(iuillité d'esprit, de l'exercice du corps et de la régularité de régime que l'on trouve dans ces lieux, que par suite de l'action des eaux mêmes.

8. Si l'on éprouve de la chaleur, de la pesanteur ou du malaise dans les yeux, on doit les laver avec quelque lotion froide ou chaude, suivant que l'une ou l'autre température convient mieux au malade. L'eau froide, simple ou mélangée d'une petite proportion de spiriius œlherù nitrosi, convient dans le premier cas ; dans le second on emploiera l'eau tiède ou une infusion chaude d'une herbe aromatique quelconque. On a aussi recommandé d'éponger, matin et soir, le front, les tempes et la face externe des paupières avec de l'esprit camphré de romarin, de l'eau de Cologne ou quelque alcoolat semblable.

9. Rust (1), continue, parait-il, à recommander la ponction de la cornée dans la myodésopie; opération que l'on avait d'abord proposée dans le but de permettre à la cause du mal de s'échapper hors de l'œil, que Demours a essayée sans succès , mais qui a été suivie entre les mains de Rust, dit-on, de la disparition des mouches. S'il en a été réellement ainsi, l'opération aura probablement agi de la même façon que dans les ophthalmies , en faisant cesser l'état de turgescence des vaisseaux.

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