‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 113 sur 144 · KS10NS TRAUMATIQUES DU CUISTALLIN ET DE SA CAI'SLI.E · texte numérisé non relu

KS10NS TRAUMATIQUES DU CUISTALLIN ET DE SA CAI'SLI.E

Obs. 353

Maria M. F., âgée de 49 nus, roçiil un coup de poing sur l'œil gauche.

[l'ig 79.

Les piupières segonnèronl considcraljlonionl, t'I elle souiïril iM^aucoup pendant plusieurs semaines; néanmoins, lorsqu'elle vint me consulter liuit mois après l'accident, elle n'avait encore pris l'avis d'aucun médecin. A cette épo(|U(', la cornée était lirillante et transparente, mais derrière elle tout était noir, et l'on n'apercevait aucune portion de l'iris, lin soulevant la |)aupière supérieure, j'aperçus, juste au-dessus du bord supérieur de la cornée, une très légère marque bleuâtre longue de trois lignes environ. On aurait dit que la sclérotique avait été divisée en ce point cl (lue la réparjition s'était elTecluée ù i'aided'une substance un peu moins oi)aque que le tissu primitif. On apercevait près de cette marque de la sclérotique, et au-dessous de la conjonctive, trois ou quatre petites taches semblables à des particules de pigment noir. (Voir ( figure 79.) La malade tenait sa main sur l'œil blessé, parce qu'autrement la lumière l'éblouissait, ce qui l'empécliait défaire convenablement usage de son œil sain. Je concentrai la lumière sur l'œil malade à l'aide d'une lentille convexe, afin de découvrir ce qu'était devenu l'iris. Je pus alors explorer la chambre de l'iiumcur vitrée et apercevoir distinctement la surface de la rétine; mais je ne pus retrouver aucun vestige de l'iris. Je plaçai une chandelle allumée devant l'œil pour m'assurerde l'état du crislallin. La production d'uneseule image droite réfléchie par la cornée, me démontra que la lentille manquait également. La vision était limitée à lu perception des grands objets ; elle apercevait la forme d'une feuille de papier, mais elle ne distinguait point les caractères qui y étaient imprimés. Je la fis regarder à travers un verre grossissant, et, à sa grande surprise, elle put alors reconnaître quelques-unes des lettres capitales. J'ajoutai au verre grossissant une carte percée d'un petit trou; elle vit alors tous les objets distinctement et put lire le petit texte. A l'aide de ces deux expédients, j'avais pu suppléer temporairement aux parties que l'organe avait perdues ; le verre convexe agissait comme un cristallin, et la carte perforée garantissait la rétine contre l'excès de lumière, à la façon de l'iris. Il est donc très probable que dans ce cas le coup avait déterminé la rupture de la coque de l'œil, peut-être aussi de la conjonctive, en même temps qu'ilavait complètement arraché l'iris desesaltaches ciliaires; puis que le cristallin et l'iris s'étaient échappés à travers la plaie, et que la déchirure de la sclérotique s'était ensuite guérie. Ce qu'il y a de plus intéressant dans ce cas, c'est que la réline ait conservé ses fonctions après une pareille lésion de l'œil, et que l'humeur vitrée ait été si bien maintenue, que la forme de l'organe et son volume ont été à peine altérés T. W.] (1).

7. La cornée est quelquefois accidenlellemeiU enlamée par un instrument tranchant, et la capsule se trouvant ouverte en même temps, le cristallin s'échappe de l'œil.

Obs. 354. — Cet accident arriva à un petit garçon qui coupait un bâton avec un canif. Il courut immédiatement vers le jardinier de son père, qui vit s'échapper de la plaie une

[(1) Pour différents cas de luxation sous-conjonctivale du cristallin , voyez : Edmon-ston. Treatise of the Varieties and Conséquences of Ophlhalniia, 8". Edinburgli, 1806, p. 195. Hunt. Médical Gazette, vol. IX, p. 31. MiDDLEMonE. Treatise on the Discases of the Eye, etc.. 1853, v. Il, p. 44. Vam Onsenooht. Annales d'Oculistique, 1839, vol. Il, p. 158. Francke. Sehmidt's Jahrluichcr, 1842, vol. XXXIII, p. 97. Walkeii. Oculisrs vade niccutn, 1843, p. 592. Desmarues. Traité théorique cl pratique des maladies des yeux, 1« édition, 1847, p. 492. Rivaud-Landrau. Ann. d'Ocul., 1849, vol. XXI, p. 194. Barrier. Ibid., 1830, vol. XXIV, p. 85. Pope. Sl-Louis Mcd. and Surg. Journal, 1830, vol VII, p. 289. Framce. Guy's Hospital Reports, Second Séries, 1831, vol. VII, p. 24G. Chadwick. The Lancel, 1832, p. 534. Howard. Canada Med. Journal, 1832.

I FoLLiD. Archives générales de médecine, 1855, t. I, p. 210. Von Ghaefe. Archiv fur ophthalmologie, 1834, t. 1, 1, p. 356; t. I, 2, p. 208. Ed. Jaecer. Ueber Siaar und Staaroperalioncn, 1834.

' Michel. Iconographie oplithalinologique, pl. XIX, fig. 5, 4. T. W.]

LÉSIONS TRAlIM.VTigilES DU CLOUE DR l"0E1L.

substance Iraiisparcnlo. Lorsque l'on cul arrclé les symptômes iiinammaloircs et que l,i plaie se l'ut guérie, on constata (|ue la vision était très imparlaite. Un me consulta pour savoir s'il y avait quelque chance qu'elle revînt à son état normal. En passant une clian-i dellc allumée devant l'œil , on n'apercevait aucune image renversée, .l'en conclus quei le cristallin manquait. En essayant de faire regarder cet enlanl avec un fort verre convexe, je constatai qu'il n'y voyait pas mieux; ce qui prouve que l'œil était en parlieianiaurotique. \

Dans les circonslanccs menlionnocs dans robsci-valion Ô4.'> , il estévident qu'il n'y a aucune opération à tenter. On laisse le cristallin, dont le volume est déjà diminué, se dissoudre. Mais quand il est renfermé dans sa capsule, le cristallin ne se dissout pas, et il l'aut l'extraire. .

Lorsqu'on exécute l'extraction dans des cas de cette nature, il est bon d'introduire une aiguille courbe à travers la sclérotique et de lai fixer dans le cristallin , puis d'ouvrir la cornée de la manière accou- tumée et de pousser le cristallin bors de l'œil avec l'aiguille. Si l'on i ne prend pas cette précaution , on est exposé, lorsqu'on pratique la < section de la cornée , à voir le cristallin tomber immédiatement en i arrière, derrière la pupille, et s'enfoncer profondément dans rbumeurri vitrée, où il sera difficile d'aller le retrouver pour l'extraire avec le j crocbet. j

Dans la deuxième variété , où le cristallin luxé vient comprimer i l'uvée, si la douleur et l'inflammation ne cèdent pas de suite à la saignée , à la belladone ,• au calomel avec l'opium , l'extraction est le ? moyen le plus efficace de soulager le malade, et, si la rétine est saine, . de conserver à l'œil blessé une certaine vision. Si le cristallin est mou, . il suffît pour l'extraire de pratiquer une petite incision à la cornée.

Dans la troisième variété , dans laquelle le cristallin est situé au- • devant de l'iris, il y a encore moins à bésiter sur la convenance de • l'extraction. Lorsqu'un cristallin dur et volumineux est en contact avec : la cornée, il faut immédiatement ouvrir cette membrane, comme pour " la kératotomie, en prenant soin toutefois de faire passer le couteau i derrière le cristallin déplacé , afin d'empêcher, si c'est possible, qu'il 1 ne glisse en arrière à travers la pupille et ne s'enfonce dans l'humeur • vitrée, qui, dans ces cas, est presque toujours à l'état liquide. Pour • se mettre à l'abri de cet accident, on peut commencer par introduire l'aiguille comme nous 1 avons indiqué ci-dessus.

Dans les quatrième et cinquième variétés, le cristallin luxé, oucatoracla cystica, peut rester pendant des années flottant çà et là dans la chambre postérieure à chaque mouvement de l'œil et de la tète; traversant quelquefois la pupille, et retournant ensuite dans la chambre postérieure, jusqu'à ce que, dans quelque circonstance particulière, sa présence dans la chambre antérieure détermine une irritation extraordinaire et provoque une iritis accompagnée d'une douleur intense dans l'œil et dans la tête, la contraction de la pupille, et l'impossibilité, pour le corps déplacé, de se retirer dans la chambre posté-

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