‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 115 sur 144 · I.llSIONS TRAIIMATIQUICS ini GI.OllK \m l/OBIL · texte numérisé non relu

I.llSIONS TRAIIMATIQUICS ini GI.OllK \m l/OBIL

le(|iiol un grain de peiii plonil) Iruversa la cornée, délacha l'iris de la ,i choroïde el, prodiiisil Topacilé du crislallin. 11 rapporte un autre cas > dans lequel un grain double traversa la scléroti(|ue, contre la circonférence de la cornée, et y demeura lixé, un des grains se trouvant au i dehors, et Tautre au dedans de l'œil, jusqu'à ce (|u'il les eût extraits. La vue de l'œil l'ut conservée (1).

Toute lenlalive pour exlraii-e de l'œil un grain de plond) enl'oncé dans l'humeur viti-ée, qu'il ait traversé la cornée ou la scléroticjue, serait probablement inutile et provoquerait une irritation propre à amener l'inllammalion. Le grain de plomb laissé dans l'humeur vitrée doit Unir par s'y enfoncer et par se mettre en contact avec la réline. J'ai toujours vu la vision détruite par un pareil accident, cl je n'ai jamais vu le corps étranger se porter vers l'extérieur de façon à pouvoir être enlevé. Stoeber rapporte cependant un cas où cela est arrivé et où la vision s'est rétablie (2). Je n'ai jamais vu rophtbalmie synq)at bique provoquée par la présence d'un plomb dans l'œil. Si un pareil résultat se manifestait, il faudrait recourir à la méthode recommandée par M. Barton, pour les cas où des fragments de capsule à percussion sont logés dans l'œil. Les blessures dont nous nous occupons déterminent des névralgies intenses. Un monsieur, par qui j'ai été consulté, se soumit à l'extirpation de l'œil, à cause des souflrances continuelles qu'il endurait. L'opération fut faite à Edimbourg par un chirurgien éminent. L'œil, examiné immédiatement après , ne contenait pas de plomb. Néanmoins, la névralgie disparut.

Obs. 364. — Un jeune lioninie regardait au haut d'un arbre, sur lequel se trouvait perchée une bécasse que son uiailre allait tirer; sur le signal du jeune bomme, le chasseur Dl feu, et plusieurs grains de pelil plomb rebondissant, contre les branches, vinrent frapper ce jeune garçon, traversant les jiaupières et la peau du front. L'un d'eux pénétra dans l'œil gauche, imniédialenienl au-dessus du bord supérieur de la cornée. Le chirurgien essaya de suivre avec la sonde le trajet que les plombs avaient parcouru pour entrer dans le tissu cellulaire de l'orbite, mais il n'en put loucher aucun. Le blessé l'ut saigné et purgé. Je le vis neuf jours après l'accident, époque à laquelle l'œil offrait l'aspect représenté

dans la figure ci-jointe. Il existait, dans le point où le grain de plomb avait pénétré dans l'œil, une sorte de vésicule rougeiilre produite par une hernie de la clio- ' roïde; autour d'elle la sclérotique était fortement déprimée, t^iris manquait à sa partie supérieure où il avait été détruit par le projectile. On apercevait derrière la pupille un nuage rougeàtre, reste du sang qui s'était épanché dans l'humeur vitrée. Le malade distinguait encore faiblement de cet œil la lumière d'avec l'obscurité. La pupille droite était dilatée et paresseuse. Le malade avec cet œil pouvait lire les grands caractères du litre d'une page. 11 paraît que quelques grains de plomb s'étaient logés dans la membrane celluleuse de l'orbile droit. Dans l'espace de quelques mois, la vision de l'œil droit s'améliora, tandis que Tœil gauche s'alro-

(2) Annales d'Oculisliquo, l. III, p. 73. Bruxelles, 1840.

PLAIES DE l'oeil PAK AUMES A l'EU.

phiii de plus en plus; la piirlio inférieure de la eornée pril une forme concave en avant, elles luiiueurs deviiireiil d'une couleur jaune verdàU'e.

Ql^g^ ^(j-,, H., lige de ;)() ans, de Cauibofne en Cornouailles, vint consulter le docleur liutler, à Plynioutli,en septembre l.SIK), i)our une perte coinj)lete de la vision de l'œil gaueiie, où il ressentait parfois une grande douleur. L'œil droit présentait aussi un certain degré d'ainaurose, avec pliolopsie. Voici ce (jui lui était arrivé : le i'J lévrier iS"!!, pendantqu'il chassait, uni! personne tira une bécasse; un plomb vint se loger dans l'œil gauelie de M. II. et la vue y lut instaiilanéiiient abolie, l'endaiitles quinze premiers jours, il ne soull'rit pas beaucoup; mais pendant les (jualre ans et demi (jui s'écoulèrent avant qu'il vint consulter le docteur Butter, il se développa, à certains intervalles et soudainenieiil, unedouleur très intense dans l'œil gauche et la tête; cette douleur entravait si sérieusemi m les lonellons de l'œil droit, (jue, quelles (|ue lussent ses occupations, il était Obligé de les interrompre et d'avoir recours aux sangsues et à l'emploi d'autres remèdes. La crainte de perdre l'œil sain, par sympathie, et la douleur ([u'il ressentait dans l'œil gauche, reiigagèrenl à réclamer l'extraclion du plomb, qu'il supposait bien, aux vives souffrances qu'il ressentait, devoir être logé dans quelque |)artie très sensible de l'œil gauche. Cet œil était un peu i)ius petit que l'autre. Il était complètement dépourvu d'inflammation. On apercevait à son côté nasal, un peu en arrière de la circonlerence de la cornée, une ouverture listuleuse. On pouvait, à travers cette ouverture, faire pénétrer une mince sonde en or presque jusque dans la chambre postérieure. C'était évidemment l'ouverture d'entrée du projectile. L'iris n'avait subi aucune altération matérielle. On apercevait distinctement derrière lui une cataracte. Le docteur Butter et M. Luscombe, avec qui il eut une consultation, lurent d'accord pour dissuader M. H. de se soumettre à une opération, ou à utie tentative pour rechercher un plomb dont la situation était très incertaine; mais le malade voulut absolument qu'une tentative lut faite. Le 9 septembre 1831, le docteur Buller i)ratiqua l'extraction de la cataracte, qui consistait en une matière calcaire mélangée d'aiguilles osseuses. Il lit ensuite sortir, à l'aide d'injections, une matièresemblable à du gravier. On espéra que l'extraction de ce cristallin osseux amènerait du soulagement, il n'en fut rien. Le 23 février 1833, M. H. revint à Plymoulh, et pria le docteur Butter de faire une nouvelle tentative pour enlever le plomb, qu'il croyait toujours dans son œil. Il indiqua une partie bleuâtre et saillante du globe de l'œil sous laquelle il supposait le plomb logé. Le docteur Butter saisit avec un crochet la portion saillante de la sclérotique, et la retrancha d'un coup de ciseaux, faisant ainsi une ouverture qui laissa échapper l'humeur vitrée et lui permit d'explorer avec la sonde toute la cavité de l'œil. Malgré cela, le plomb ne sortit pas. M. H. résolut de se faire extirper l'œil complètement une autre fois, si les douleurs reparaissaient. Le 23 septembre, le docteur Butter enleva l'œil gauche et la glande lacrymale; il eut soin de couper le nerf optique tout contre le trou optique, dans la crainte de manquer ce qu'il cherchait. En disséquant les parties extirpées, il eut la satisfaction de trouver un plomb à canard si solidement fixé dans le nerf optique au point où il vient se joindre à la rétine, qu'il fallut un effort considérable pour le détacher de la cavité où il était resté fixé pendant six ans et demi. Au bout de quinze jours le malade était presque guéri, mais il resta encore pendant trois semaines en traitement à cause d'adhérences qui s'établissaient entre les paupières et les parties sous-jacentes, et que le docteur Butter divisa à plusieurs reprises. Il se manifesta, dans la branche ophthalmique de la cinquième paire et dans les ramilications du maxillaire supérieur, quelques sensations morbides pour lesquelles le docteur Butter prescrivit le carbonate de fer. M. II. retourna chez lui quarante-sept jours après l'opération, la force de son œil droit s'accroissant tous les jours et les douleurs névralgiques ayant diminué (1).

M. Walson (2) rapporte deux cas clans lesquels de petits fragments de capsules à pcrcu.ssion étant venues frapper le globe de l'œil, il s'ensuivit ininiédiatemcnl une cécité complète, bien que l'œil ei'it conservé son aspect naturel et ne parût avoir essuyé aucune blessure.

(1) Médical Gazelle, vol. XIII, p. 888. London, 1834.

(2) Ediiiburgh .^ledicnl and Siirgical Journal, vol.XLIV, p. 106. Eilinbiirgli, 1853.

()'20 I.KSIONS TUAIJMATIQIJIÎS DU GKOllK I)K l.'oKll,.

J'ai VU plusieurs cxcuiplcs (riiilroduclioii (huis l'œil de IVagmcnls de eapsules à pereussion. (lel, aei'ideiil arrive, soilen chassanlavee desfusils à percussiou, soil eu laisaul |r.irlir les capsules eu frappant sur elles avec uu uiarleau, couimc les eulauls le loulquelquelois pour s'amuser. L'œil est souvent perdu eu pareil cas, et, de plus, l'autre organe est coiupromis par l'iullanuiiation synipTltlii(|ue, surtout si l'oji n'a pas ' enlevé le coi'ps étranger.

Un fragment de capsule se fixe queUpiefois dans la cornée, mais on ne le voit point, pai-cc qu'il est iuiniédialement caché dans la substance blanchâtre en laquelle se transforme cette membrane eu se mortifiant. Au bout de quelques jours, on aperçoit uu point noir faisant saillie à la surface de l'eschare : c'est le morceau de capsule ; si on l'extrait alors, ou le trouve rugueux et anguleux.

Le fragment peut traverser la cornée et se loger dans la chambre antérieure, ou se fixer dans l'iris ou le cristallin ; mais plus fréquemment il passe dans la chambre postérieure (1). La plaie que le corps étranger produit en entrant se guérit en général sans difficulté; de sorte qu'il n'est quelquefois pas facile de la découvrir, surtout si la plaie a son siège sur la sclérotique. Les changements qui surviennent immédiatement après l'accident ressemblent tellement à ceux qu'on observe à la suite des plaies pénétrantes de l'œil, non compliquées de la présence d'un corps étranger, qu'il est impossible de reconnaître, au premier abord, si la capsule est restée dans l'œil ou non. La vision est immédiatement plus ou moins altérée, suivant que le cristallin, la rétine ou d'autres parties de l'œil ont été atteints.

Quelquefois une inflammation considérable se développe de suite; l'iris revêt une teinte verdâtre, le cristallin devient opaque, et une douleur intense se manifeste. Si l'on ouvre alors la cornée dans le but d'extraire le corps étranger, du pus s'échappe de l'intérieur de l'œil. Assez souvent cependant l'œil parait se rétablir, pendant un temps dont la durée varie de quelques jours à un mois; mais au bout de ce temps, il y survient tout à coup une douleur des plus intenses avec chémosis et parfois trouble de la cornée. La douleur peut diminuer au bout d'un jour ou deux, ou même disparaître complètement pendant un certain temps ; mais cette trêve n'est que temporaire. La douleur revient et s'apaise à des intervalles irréguliers, jusqu'à ce que la vue de l'œil blessé soit complètement abolie. L'organe reste dans un étal d'inflammation chronique, et la santé du malade est fort afl"eclèe par la longue irritation occasionnée par la blessure, par le traitement déplétif et affaiblissant mis en usage, et par l'inquiétude dans laquelle il est plongé. En effet, à cette époque, la vue de l'autre œil commence a

(1) Voyez une obscrvaliou par LADnL«T et CuMi:n, dans laqudio la lolalité f'aps.ilo qui y avail, été lancée par explosion, fut exlrail.. de la el.ami-rc anlérieure. Annales d Oeul.-sluiuc et lie Gynéeolojjie, l. I, p. 433. Cliarleroi, 1859.

PI.AIKS 1)K l/oF.ll, PAU AUMKS A FEU.

s'affcclcr par suite de rinflaniinalion syin|)alhi(iue qui s'élend à cet

organe. .

M Bartoii, de Manchosloi', pense (|ue cette inllamniation sympathique est due à la présence d'un IVagment décapsule dans l'œil blessé, et que le seul moyen de la prévenir, ou de Tarrétcr quand elle s'est développée, consiste dans l'extraction du corps étranger. 11 a traité beaucoup de cas d'après ce princii)e qui me parait très juste.

Après avoir placé le malade dans une |)osilion convenable, cl l'avoir rendu insensible par l'inbalalion du cbloroforme, l'opérateur, au moyen du couteau de Beer, Ibruie un large hunbeau de la cornée. Il cnloncc alors le couteau à travers la pupille dans le cristallin, pour faciliter la sortie de ce corps, qui s'échappe avec une portion de riiumeur vitrée, entraînant parfois le fragment de capsule. Si l'on n'aperçoit point celui-ci dans les humeurs évacuées, on saisit avec une pince le lambeau de lacornée et on le retranche avec des ciseaux courbes. On administre alors une dose de laudanum, et l'on applique sur les paupières un cataplasme de farine de graine de lin. Comme l'opération est très douloureuse, il faut l'exécuter aussi promptement que possible, si l'on n'emploie point le chloroforme. L'œil est si sensible, que le malade ne peut supporter aucune tentative de recherche du fragment. Dans tous les cas de M. Barton, la capsule fut trouvée un ou plusieurs jours après l'opération, dans le cataplasme, ou dans le caillot qui vient boucher l'œil.

Les fragments de capsule, extraits de l'œil après un séjour de plusieurs mois, n'étaient que ternis : ils n'offraient aucun de ces changements qui surviennent sur les morceaux d'acier qui ont séjourné dans les humeurs de l'œil ; leur volume était toujours considérable, et leurs angles tranchants (1).

Celte pratique est applicable aux autres corps étrangers logés dans

l'œil.

4. Le globe de l'œil se crève dans la plus grande partie des cas où il est atteint par une balle de fusil; mais il échappe quelquefois sans paraître avoir beaucoup souffert, la balle ayant pénétré entre lui et l'orbite. Vexophtfialmie, ou désorganisation inilammaloire de Vœ'û avec saillie hors de l'orbite, survient très fréquemment dans l'un ou l'autre de ces cas. Quand ce symptôme se montre, il faut inciser profondément et largement l'œil pour que ses humeurs s'évacuent et qu'il puisse s'affaisser et cesser d'être douloureux ; s'il est devenu dur par l'épaississement de ses membranes, il faut l'extirper. Si l'on n'a pas recours à ces moyens, le malade est en général voué à des souffrances

(I) Sur les lésions il« Tœil prixliiilcs par des ciipsiilcs fi prroiissioii, voyr/. CnoMPTox, Moiliral Ga/.ellc, vol. XXI, p. I7;i. Loiidon, 1857 ; un cas où ii: IViignicnl s'clail lixo dans le crislallin, |)ar SrncvuNAtiT, Annales (rOrulisliqiic, lonit- I, p. /f ôfl, Cliarlcroi, 18ôi) ; un anlro fixé dans l'iris el cxlrail par Cunikh, Ibid., p. iM ; cxirail du corjjs vilré, suivanl la niélliodc de Barlon, WAi.KKirs Oculisl's Vadc-niccutn, p. 32ô, Londun, 1845.

UISIONS TUAIIMATIQIIKS 1)11 (il.OliK l)F. L OKII..

inlcnscs et |)i'()l()iigc!(;s ; laîil, iiiii^iiieiilr de voliinic, poul inènic provo- ((uer Tabsorplioii de la voiilc de l'oi-bile el iiiie indiminialion inoru.Hi. de la duro-iiièro el du cerveau.

On a vu l'ainaurose délenninée par ce qu'on appelle le vent d'une balle.

SECTION IX

LUXATIONS DU GLOlJIÎ DU l'oeM,.

J ai déjà eu occasion (page 22) de citer un cas de luxation de l'œil, produite par un corps étranger enfoncé entre cet organe et l'orhitc, et j'ai expliqué que l'on doit eritendre qu'un 03il est luxé quand il s'est déplacé au delà de la couche lîbreusc des paupières. Le nerf optique se trouve allongé tant que Tceil est dans cet état; les paupières ne peuvent plus se toucher, et la vision est en général abolie tant que la réduction n'est pas opérée. Cet accident arrive surtout à ceux qui ont les yeux volumineux et les orbites peu profonds; chez ces personnes, en eflel, en soulevant la paupière supérieure et en abaissant l'inférieure, on aperçoit non-seulement la moitié antérieure de l'œil, mais même une partie de sa moitié postérieure.

Si le corps étranger qui a produit la luxation se trouve encore dans l'orbite, il faut naturellement l'enlever avant de tenter la réduction; après quoi, l'on repousse l'œil fortement en arrière. Si Ton continue à le comprimer pendant quelque temps, il rentre ordinairement brusquement dans l'orbite, et la vision se rétablit sur-le-champ.

Eu raison de l'obliquité que présente la base de l'orbite, l'œil est manifestement en dehors de cette cavité du côté de la tempe ; c'est pour cela qu'un coup fortement appliqué sur l'œil, avec une balle, par exemple au jeu de paume, peut en produire la luxation. Covillard, dans ses Observalions lairo-Chirurgiques, rapporte un cas de celle espèce. Il dit que la luxation était si complète, que lorsqu'il arriva, immédiatement après l'accident, il trouva un des amis du malade ayant à la main des ciseaux avec lesquels il allait retrancher l'œil. Covillard réduisit cet organe, et le malade conserva la vue (1).

Obs.. 366. — Peler Nowlan, iigé de Irenle ans, porlefaix tl"une force remarquable, esl admis le 3 novembre à minuilel demi à l'hôpilal Mercer. Sa femme me racoiile qu'il esl rentré chez lui à dix heures du soir dans un élal d'ivresse complèle, el que, pendant qu'il marchait en chancelant dans sa clianibre, il avait heurté son œil droit contre un pitit crochet de fer ou un clou. Cet instrument avait pénétré au côté externe de la paupière supérieure. En accourant au secours de son mari, elle s'aperçut que l'œil de celui-ci élail sorti de l'orbite. Elle s'efforça de le faire venir de suite à l'hôpital, mais elle ne put y réussir qu'à minuit el demi ; je le vis quelques minutes après son arrivée. Il était furieux

(1) Louis. Sur plusieurs maladies du globe de l'œil, Mémoires de TAcadéniic royale de Chirurgie, l. XIII, p. 266, 12"'". Paris, 1774.

LUXATION 1)11 (iLOUK DU l/OEIL.

el iiigouvorniiljlc; un larsiu lalilicr (•(•iivrail son œil, (lu'il ne faisnil que comprimer et frolter. Lu bandeau enlevé, l'aspeel de la physionomie étail loul |)artieidier el je puis dire effrayant. L'œil droit était sorti du l'orbite, lixe, immobile, élasti<iue au touclier elcomplétemeiil i)rivé de la faculté du voir. La cornée était sèelie, nuageuse et un peu opaque, lu pupille modérément contractée et insensible à la lumière d"une cliandelle. Il n'y avait aucune extravasation sanguine, ni aucune injeclioii de la conjoiiclive, bien que le repli de cette membrane qui se porte de la paupière supérieure sur le globe de l'œil lïit partiellement déchiré d'outre en outre. On ne pouvait apercevoir le bord inl'érieur du la paupière supérieure, (jui, spasmodiquemeiit contractée, su trouvait en partie cachée par leglobede l'œil. Comme c'était un homme très fort, ce ne fut qu'avec dilliculté que je pus lu l'aire maintenir, el, y étant parvenu, je relevai la i)aupière suiiérieure à l'aide dedeux doigts de la main gauche, tandis qu'avec lu pouce et l'index de la droite je coniprlinai le globe oculaire. Aussitôt celui-ci fut attiré en arrière avec un bruit distinct, et les paupières se refermèrent au-devant de lui. J'aperçus alors |)our la première fois la petite blessure de l'angle externe du la jjaupière sui)érieure, mais je ne |)us in'assurer du l'étendue du désordre produit. Je lis coucher le malade et j'ordonnai l'application du froid pour tout le reste de la nuit sur la partie. — Le 4 novembre. Le malin à la visite je le trouvai de sangfroid, mais su souvenant fort peu de ce qui lui était arrivé. Les paupières étaient gonllées, la conjonctive légèremeiil injectée, la cornée lransi)arenle, brillante et humide; des larmes s'échappaient le long de la joue: il distinguait la lumière, se plaignait de céphalalgie et d'une douleur intense dans le globe de l'œil ; pouls plein. Saignée du bras de seize onces, laxatif, continuation des applications froides. — Le 5. Paupières moins gonflées; la douleur oculaire el l'injeclion de la conjonctive oui presque disparu; sensation de gravier entre les paupières ; vision améliorée, cei)endanl les objets ne sont vus qu'imparfaitement et comme à travers un brouillard épais. Tartrate anlimonié, diète, continuation du froid. — Le 6. Toute douleur a disparu, ainsi que la sensation de gravier; diminution de l'injection de la conjonctive, vision presque entièrement rétablie; tous les mouvements volontaires de l'œil sont conservés. Même Iraitemenl. — Le 7. Convalescent; ni injection, ni douleur. Vision complète. — Le 9. Sort guéri. (I).

Weld rapporte (2) qua Richmond en Virginie, rien n'était plus commun que de rencontrer des personnes privées d'un ou des deux yeux, par suite de l'horrible habitude du gouging, qui consiste à enrouler les index dans une mèche des cheveux de son adversaire, et à appliquer les pouces dans l'orbite, de façon à en foire sortir l'œil.

SECTION X

AVULSION DU GLOBE DE l'oEIL

L'œil est souvent arraché de l'orbite par des balles de fusil; mais les cas où cet arrachement est produit par d'autres causes sont très rares. Un exemple remarquable de cette sorte d'accident est relaté dans le premier volume du journal de Graefc et Walllicr. Une roue de chariot, en passant sur la tète d'un homme, arracha le globe de l'œil avec une porlion du nerf optique, longue de 7 lignes ; les muscles rcs-

(1) W. Jamesoji. Dublin Médical Press, Jiiii. 5, 1853 , p. 1. el Annales d'Oculislinue, l. XXIX, p. 18r,,ï. '

(2) Travrls ihroiigli tlie Slales of Norlh Amcricn, bv Isnac Wdd. juii, v(d. I, p. m Loudoii, 1800.

O^i LKSIONS TRAIIMATIOIII'S DU V.lAHiK I)K 1,'OEIL.

lôreiil dans l'orbilc (iiii ne lui pas tMidoinmagé. Le blessé, qui élail âgé de 75 ans, se réiablil sans syniplùnies laclieux.

Obs. 'Ml. — Un pôc.lieiird'Oslondc, iionimc l)(!tîruyloi' (Jacques), Agé du 49 ans, consUlulion forle, adonne à la boisson, rentra chez lui, proj'ondénicnl ivre, dans la nuil du "iS au 52(3 juin i8f)l. Pendant (|u'il était en train de se déshabiller, il trébucha et alla tomber (le tout le poids de son corps contre la porte d'entrée de la clianibre. Dans celle ' chute, la région orbitaire du côlé droit rencontra l'anneau de la clef (|ui se trouvait lixée dans la serrure de la porte, et comme cet anneau était très aminci par un long usage, il entama la paupière supéi ieure, qn'il divisa verticalenient de part en pari jusqu'à son hord libre, entra dans l'orbite, et, agissant comme une espèce de levier ou plutôt de curette, extirpa l'œil, en coupant complètement toutes ses adhérences avec l'orbite, l.'organe visuel, ainsi isolé avec une lorce dont on se fera facilement une idée, lut chassé de l'orhile et alla rouler par terre. Degruyter, dont l'ivresse était si profonde qu'elle ne lui pernietlail |)as de juger de la gravité de la blessure qu'il venait de se faire, continua à se déshabiller et se mit au lit, où il ne tarda pas à s'endormir. Sa femme, en se levant le matin, fut fort étonnée de voir la quantité de sang que son mari avait perdue par une blessure de la paupière en apparence si légère; mais son élonnement se changea bientôt en frayeur, lorsqu'elle trouva, sur le plancber de sa chambre, l'œil de son mari qui y gisait depuis la veille au soir. Ap|)elé à l'instant, je vis cet homme couché dans son m, les vêtements lrem|)és de sang, dont j'estimai la quantité à une livre environ. La paupière supérieure était fendue verticalement dans l'étendue de six lignes; l'orbite droit était veuf de son contenu et rempli de sang coagulé; des lambeaux de quelques-uns des muscles oculaires pendment entre les paupières. L'bémorrbagie avait cessé tout à lait. L'œil était entier; ses muscles avaient été déchirés à des dislances variables de leur insertion à la sclérotique; le grand oblique et le droit sui^érieur l'étaient à trois quarts de pouce. Le nerf optique, lui aussi, était coupé à un pouce environ de son insertion à la sclérotique. Ayant recueilli les détails rapportés plus haut sur la manière dont cet accident avait eu lieu, je me lis représenter la clef qui venait d'opérer cette mutilation et la trouvai courbée à angle obtus par l'effort de la chute d'un corps si lourd; son anneau, très petit, était très mince, circonstance qui explique parfaitement comment cel instrument avait pu agir à l'instar d'une curette et enlever l'œil après avoir fendu la paupière. Le blessé fut conduit à l'bôpitul, où il fut vu par mes confrères attachés comme moi à cel établissement. Après avoir repoussé les lambeaux des muscles oculaires dans l'orbite, je réunis la plaie de la paupière au moyen d'un point de suture et recouvris la région blessée de compresses lrem|)ées dans l'eau froide, qu'on eut soin de tenir constamment mouillées. Le blessé fut mis à une diète sévère et prit une bouteille d'eau de Sedlitz. La guérison a été rapide. (1).

[Obs. 368. — Le docteur Bodkin, dans une leltre adressée au Dublin Médical Press, (1884) rapporte qu'une fi'mme, âgée de 60 ans, grande et robuste, menant une vie régulière, se rendant un soir, dans l'obscurité, do sa chambre à coucher dans une autre pièce, heurta du pied le seuil élevé de la porte de l'appartement et tomba de sa hauteur el de tout le poids de son corps sur l'anneau de la clef qui se trouvait sur la serrure. M. Bodkin vit la malade environ six heures après l'accident. Le globe de l'œil, froid et privé de vie, pendait sur la joue; il avait entraîné après lui environ cinq lignes du nerf optique et n'était plus attaché à la face interne de la paupière supérieure que par quelques légers filamenls qui lurent divisés d'un coup de ciseaux. La malade n'a pas ressenti de grande douleur au moment de l'accident ni après, et l'on n'a eu recours qu'au repos, à la diète, accompagnés de l'usage du pansement à l'eau et d'un simple purgatif (2). T. W.]

(1) Verhaeciie. Annales d'Ociilisliqiie, l. XXVI, p. 99. Bruxelles, ISoJ. [(^Annales d'Oculislique, t. XXXII. p. U.]

Ol'IlTIlALMll'S KN (JlîNÉUAL.

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