‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 129 sur 144 · OI'IITIIALMIE DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

OI'IITIIALMIE DES NOUVEAU-NÉS

le plus cHicace. La force do la solution doit varier suivant rélat de la conjonctive et la durée de la maladie, de 2 ù H) grains par once d'eau. Dans les cas récents, dans lesquels la conjonctive est peu épaissie, on se sert d'une faible solution ; on a recours à la plus l'orle loi'scinc la maladie date d'une semaine ou plus et que la conjonctiNC est déjà liy|)ertropliiée. On applique la solution avec un pinceau sur toute la surface de la conjonctive enflammée, après l'avoir nettoyée de la façon (fue nous avons indiquée. Cette application doit être répétée toutes les six ou luiit heures (1). La diminution de l'écoulement purulent j)ro(liiit des eflets généraux et locaux aussi heureux que remar(iual)les. Dès la première nuit de l'usage du collyre, on s'aperçoit (jue l'enfant dort mieux ; au bout de deux ou trois jours, les yeux commencent à s'ouvrir, et en dix ou douze jours on triomphe des symptômes aigus.

5. Pour empêcher les paupières de s'agglutiner, on applique avec le bout du doigt un peu de pommade au précipité rouge, le long de leur bord libre, chaque fois que l'enfant \a s'endormir.

4. Les remèdes que nous venons d'indiquer suffisent parfaitement pour faire disparaître la maladie, si l'on y a recours dans les deux ou trois premiers jours qui en suivent l'invasion. J'ai vu deux applications de la solution de nitrate d'argent, l'une faite le troisième jour et l'autre le quatrième après la naissance, autrement le premier et le second jour après l'apparition de la maladie, l'arrêter complètement, bien qu'une matière blanche épaisse s'écoulât de la surface de la conjonctive. Dans des cas où l'écoulement était moins évidemment puriforme, l'usage d'une pommade au précipité rouge, employée au moment du coucher, a quelquefois suffi. D'un autre côté, dans les cas qui ont été négligés pendant huit à dix jours, il est nécessaire d'extraire du sang en appliquant une sangsue sur la surface externe de la paupière, ou en scarifiant la conjonctive enflammée. On peut débuter par le premier de ces moyens; et s'il n'est pas suivi d'une diminution sensible de la rougeur et du gonflement de la face interne de la paupière, on doit scarifier le lendemain la conjonctive avec la lancette. Ces deux moyens de soustraire du sang sont très utiles, et l'on ne doit jamais les négliger chaque fois que les paupières sont fort gonflées et qu'il existe quelque tendance au chémosis ou à l'obscurcissement de la cornée. Je ne pense pas que des émissions sanguines plus abondantes qu'on ne peut les obtenir par ces moyens, puissent être nécessaires. On peut cependant être obligé de répéter l'application de sangsues et les scarifications.

o. Si la conjonctive menace de passer à l'état sarcomateux ou granuleux, on doit scarifier; puis, s'il n'existe pas d'ulcération de la

[ (1) Nous pensons qu'il vaut mieux renouveler ces instillations beaucoup plus fréqucmmcnl, les faire, par exemple, toutes les deux heures, ou môme loules les heures. Lù est In véritable clef des succès les plus constants. T. W.J

Ol'irniALMlES.

cornée, frollcr la face iiUcrne des paupières avec un morceau hicn uni i de sullale de cuivre. On pciil aussi l'aire usage d'une pommade conleliant dix grains de nilrale d'ai'g(!nl par once d axonge, qu'on étend sur i la conjonctive palpébrale, ou bien, après avoir nettoyé la membrane à i l'aide d'un pinceau, on peut y passer rapidement le crayon de nitrate d'argent. Cette dernière application détermine ordinairement une dou- ■ leur très vive avec gonllement des paupières, que l'on lait disparaître • par des applications de compresses trempées dans l'eau froide. Une forte pommade au précipité rouge est aussi un très bon moyen contre les granulations de la conjonctive.

6. Lorsque la cornée est ulcérée, on doit s'abstenir de toutes ces applications énergiques. On renoncera en pareil cas à la solution de nitrate d'argent, et l'on peindra les paupières avec de l'extrait de belladone étendu d'eau, pour placer l'œil sous l'influence de ce mydriatique. On atteint le même but avec une infusion d'un drachme d'extrait de belladone, ou une solution de deux grains de sulfate d'atropine dans huit onces du collyre au sublimé. Ce n'est pas seulement pour dilater la pupille qu'on a recours à ce moyen, mais aussi pour que son action calmante s'exerce sur la cornée. Beaucoup d'yeux qui, par l'étendue et la profondeur de l'ulcération, paraissaient marcher à une destruction certaine, ont, suivant toute apparence, été conservés par l'usage de ce moyen. Dans les cas même de perforation de la cornée, j'ai vu l'ulcère se remplir, et finir par se guérir, sans adhérence de l'iris, par l'action de la belladone.

[M. Von Ammon recommande le collyre suivant : extrait de belladone 6 grains, eau chlorurée 12 gouttes, eau distillée une once. On le fait tiédir, et tous les quarts d'heure ou de 50 en 30 minutes, on en introduit entre les paupières, et, entretemps, on en imbibe deux compresses que l'on maintient sur les parties. Dès que la sécrétion a cessé, il a recours, dans le but d'augmenter le ton des membranes oculaires et de prévenir l'état chronique, à des instillations avec une solution de sulfate de zinc (un grain) dans un gros ou trente gouttes de teinture d'opium (]).

Le traitement généralement employé à Moorfiels consiste en des injections alumineuses (4 grains par once) répétées plusieurs fois dans la journée, et en des onctions d'axonge sur le bord des paupières, alîn d'en prévenir l'agglutination. Si l'inflammation est aiguë et récente, on débute par une injection avec une solution de nitrate d'argent (4- grains par once) ; on emploie immédiatement les injections alumineuses, qui sont pratiquées de 50 en 50minutes, ou, toutes les deux heures, suivant l'intensité du mal et la rapidité avec laquelle se renouvelle la sécrétion purulente (2). T. W.]

I (1) Annales d'Oculislique, I. VIII, p. S2, t. XIX, p. 50. ] [(2) Ibid.l. XXVIII, p,22G.]

OPirrilALMIE DF.S N0L'VEAL'-M';S.

7. I.cs vésiciiloires derrière lorcille ol à la nuque conslilucnl un remède très utile dans eelle adeelion. Un nioireau de nièehe de eliandelle, reeouverl d^Muplàtre eaniharidé, et plaeé dans le sillon (|ui existe entre la tète et Toreille externe, est un bon moyen de produire la vèsieation; el en persistant d'une manière constante dans celte application, ou en la maintenant, plusieurs heures par jour, on obtiendra un écoulement continu. Dès que la surface où siège le vésicaloire commence à donner, on aperçoit une amélioration dans Tètat des yeux. Si on laisse les oreilles se guérir, on voit souvent, rindammalion se renouveler el récoulemenl de pus redevenir plus abondant; mais les symptômes s'amendenl de nouveau dès qu on renouvelle les vésicatoires.

Page 1