‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 131 sur 144 · TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC DE L'OPHTHALMIE DIPHTHÉRITIQUE ET DE · texte numérisé non relu

TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC DE L'OPHTHALMIE DIPHTHÉRITIQUE ET DE

L'QPHTHALiyilE GONORRHÉÏQUE.

OPHTHALMIE DIPHTHÉRITIQUE. OPHTHALMIE GONORRHÉlQUlî.

1) Existence d'une fausse meml)iMne Quelquefois des pseudo-membranes qui épaisse, ayant une grande tendance à s'en- paraissent n'être que du mucus coagulé, rouler, et unie siintimementà la surface de plus molles, n'ayant ni élasticité, ni friabila conjonctive, qu'il est difficile de l'en dé- lité, cl donnant à la conjonctive, il laquelle tacher. elles n'adhèrent que faiblement, un aspect

entièrement lisse.

784 oi'HTii;!

2) Au microscope, ollc préseiilcuiiciiiassc aiiiorplie, plus ou moins grai)ul(;u cl ollViiiil çà et là lies stries irrégulières; ;i la surlace et aux bords, elle olIVedos cellules eu (|uunlilé de plus en plus grande.

.'}) Tissu de la mu(iueuse dur, résistant, pénétré par un exsudât solide.

4) Paupière tendue, ne pouvant plus se mouvoir; douleur excessive du malade quand on la retourne.

5 } Surface de la muqueuse olIVant l'aspect d'une membrane unie où la circulalion est interrompue.

() ) Au commencement de l'alTection , quelques gros vaisseaux dilatés, et autour d'eux de petits épanchements sanguins en nombre considérable. Ils ne deviennent jamais étendus et ne se réunissent pas, comme ou le voit d'ordinaire dans les ecchymoses de la conjonctive. Us donnent à la muqueuse un aspect tacheté.

7) Muqueuse peu vasculaire, renfermant peu de sang pouvant servir ù la circulation.

S ) Produit de sécrétion consistant en un liquide ténu, d'un gris sale, semi-lranspareul, et dans lequel surnagent des flocons jaunâtres. Putréfaction assez rapide.

9 ) Augmentation de chaleur très prononcée.

10) Douleur toujours très vive. Mu- (|ueuse très sensible au moindre attouchement.

i l ) Tuméfaction du tissu conjonciival considérable, facile à constater par une incision de ce tissu.

12) Tuméfaction dure et rigidité de la paupière supérieure, se développant rapidement et s'annonçant par la disparition de ses plis. Teinte légèrement rougeàtre de la peau, ayant son point de départ au bord palpébral.

LMIES.

Membranes fibreuses et muco-pus sous toutes les formes.

Muqueuse molle, vasculaire,inflltréed"un exsudât liquide.

Paupière molle, tuniéliée et pouvant être facilement retournée.

Réseau vasculaire superficiel développé au point de donner lieu à une multitude de petites granulations rouges, ou à de petites excroissances, de forme variable, proéminentes ou papillaires, qui donnent à la nuiqueuse l'aspect chagrine.

Vaisseaux dilatés allongés et donnant facilement lieu à un écoulement desangahondant, suivi de l'affaissement delà muqueuse, à la moindre érosion.

Muqueuseextraordinairement vasculaire; la circulation s'y fait librement.

Pus assez homogène, d'un jaune pur, ne se putréfiant pas rapidement.

Augmentation de chaleur peu prononcée. |

Douleur très supportable, quelquefois nulle, disparaissant dès que la suppuration a fait des progrès.

Pas de tuméfaction du tissu de la conjonctive, qui n'est que soulevé par un exsudât liquide placé sous l'épilhélium. \

Tuméfaction moins dure, moins rigide, quoique très-considérable.

Traitement (1). — 1 . Évacuations sanguines. — Elles sont tout à fait indispensables ; toutefois, dans le haut degré de l'exsudation diplithérilique, il ne faut pas tirer du sang de la conjonctive par les incisions ou les scarifications de cette membrane. En effet, les scarifications ne produisent aucun écoulement sanguin, et les incisions plus profondes donnent à peine un peu de sang. Il faut donner la préférence aux sangsues

(I) GnAEFE, loc. cit.

OPHTIIALMIE DIPIITIIÉRITIQL'E.

appliquées au nombre de dix à douze à la racine du nez, vers l'angle interne de l'œil, et dont on enlrelienl récoulenicnt aussi longtemps qu'on a à redouter l'inliltration diphtlu''riti(|ue et que les forces des malades peuvent le permettre. Si l'on s'apeiroil <[ue l'écoulement diminue, on lait appliquer de nouvelles sangsues, au nombre de six à huit, jusqu'à ce qu'on ait obtenu le résultat désiré; et dans les cas urgents, au fur et à mesure qu'une sangsue tombe, on la fait aussitôt remplacer, de manière à produire non-seulement un écoulement de sang, mais même à obtenir une plus forte déplélion. L'application des sangsues à la racine du nez olfre l'avantage, d'après M. Graefe : 1° de fournir Técoulement de sang le plus abondant ; 2" de permettre le placement d'un grand nombre de sangsues dans un court espace de temps. Chez certains malades, M. Gracie a fait appliquer dans celte région jusqu'à 160 sangsues en sept jours. On doit avoir recours aux émissions sanguines pendant toute la durée du premier stade et aussi longtemps qu'il existe quelque danger.

2. Fomentations glacées. — Elles constituent un des moyens les plus importants. Elles permettent de nettoyer et de ^désinfecter les parties affectées, empêchent les stases de s'établir, en enlevant l'excès de calorique et en favorisant la contraction des vaisseaux des parties voisines, dans lesquelles la circulation n'est pas encore entravée. Les affusions doivent être renouvelées très fréquemment ; elles sont, avec les émissions sanguines, le meilleur moyen de calmer les douleurs ; il faut les continuer pendant toute la durée du premier stade, et les suspendre dès que la période d'engorgement commence à se manifester; sans quoi, elles retardent le passage de la maladie au deuxième stade. On doit veiller à la propreté de l'œil avec plus de soin que dans la blennorrhée, parce que le sécrétum a des propriétés corrosives. Le lait est un excellent moyen de nettoyer les yeuX.

5. Cautérisation. — DmsV exsudation diphthéritique purejM. Graefe croit qu'il faut proscrire entièrement le caustique, parce que la congestion qu'il détermine contribue à augmenter l'état de stase auquel la muqueuse est si disposée, au lieu d'y amener la contraction et le dégorgement des vaisseaux. Mais il peut avoir une large part dans le traitement de la diphthérite, dans les circonstances et avec les modifications suivantes :

1° Dans le deuxième stade, s'il existe une grande tendance à l'état blennorrhoïdal et que la marche de l'affection ne puisse être abandonnée à elle-même. Il doit donc être employé dans toutes les formes qui se rattachent à la blennorrhée, car l'état de la muqueuse y est à peu près le même que dans cette affection; toutefois, l'eschare se détache alors beaucoup plus lentement à cause de la stase de la circulation qui existe encore çà et là, et aussi à cause de l'oblitération vasculaire qu'a produite la rétraction cicatricielle du tissu de la conjonctive. On conçoit

OPIITUALMIES.

qu'alors on ne devra l'enouveler la caulérisalion qu'avec la plus grande circonspection.

2° Lors de la Iransforinalion du premier stade dans le deuxième, lorsque cette transformation traîne en longueur. Ainsi, il y a assez souvent des cas dans lesquels le tissu conjonctival est déjà infiltré de liquide, qui cependant ne suffît pas pour détacher les exsudats solides. La conjonctive, ainsi pénétrée d'exsudations fibrineuses, a bien encore un aspect jaunâtre, sans réseau vasculaire ; mais elle est déjà ramollie et comme boursouflée. La première application du caustique doit être légère, comme cxploralive, ne s'étendre que sur quelques parties de la conjonctive, celles où l'infdtration blennorrhoïdale semble le plus évidente. M. Gracie cautérise d'abord à la paupière inférieure plutôt qu'à la supérieure, car il y a moins de danger pour la première (jue pour la seconde, dans la durée un peu longue que met l'eschare à se détacher. Si celle-ci se sépare assez rapidement et que la muqueuse paraisse, à la suite de cette cautérisation, d'une teinte plus rouge, plus disposée à saigner et assez nette, il cautérise plus hardiment la fois suivante. Mais si l'eschare met beaucoup de temps à se détacher, et si la production de l'eschare donne lieu, outre l'exsudation d'un liquide ténu, à une nouvelle infiltration fibrineuse, il retarde, dans ce cas, le plus possible la cautérisation, et la recommence avec les mêmes précautions. Pendant celte période de transition, les fortes scarifications sont très utiles.

3" Dans certaines formes complexes, le caustique peut être employé dès le principe. Ce sont celles dans lesquelles, avec les exsudations fibrineuses, il n'y a qu'une légère infiltration dans l'épaisseur du tissu, la circulation dans les couches profondes restant libre et pouvant ainsi, lors d'une congestion artificiellement produite, s'opposer à ce que la stase prenne trop d'extension. C'est à cette catégorie qu'appartiennent surtout certains cas d'ophthalmie des nouveau-nés, qui n'excluent pas l'emploi du caustique, malgré l'apparence diphthéri tique que présente la surface de la conjonctive. Mais il faut aussi, dans les cas de cette espèce, employer après chaque cautérisation les fomentations d'eau glacée , continuées avec persistance, et faire de fortes scarifications dont on doit, autant que possible, favoriser l'action déplétive.

La meilleure indication pratique qu'on puisse fournir en toute circonstance pour l'emploi du caustique, c'est de bien apprécier le caractère de la muqueuse, sans s'inquiéter du nom de la maladie. Dans l'état franchement blennorrhoïdal, l'application hardie du caustique est indiquée, et c'est le moyen le plus sûr et le plus efficace. Mais si la conjonctive est atteinte de diphthérite légitime , le caustique est franchement contre-indiqué, même dans les cas où l'œil a déjà perdu toute faculté visuelle, car alors la cautérisation ne peut que donner lieu à l'ophthalmitis. Si, au contraire, l'exsudation est en

OPIITIl.VLMIE APIITIIEDSE.

voie de ramollisseinoiil , et si les deux espèces d'cxsudat existent en même temps dans dillorentes parties ou couches de la conjonctive, alors, et selon les circonstances, il faudra, ou retarder autant que possible l'application du caustique, ou l'aire une cautérisation exploratrice.

4. iMoyens internes. — M. Gracie a employé beaucoup de moyens internes et n'en a trouvé parmi eux qu'un seul qui eût une cllicacité incontestable : le mercure administré énergiqnement. Il fait prendre aux adultes, toutes les deux heures, jour et nuit, un grain de calomel, et, dans le même espace de temps, auxenlants, 1/8, 1/4 ou 1/5 de grain. Chez les adultes, il fait frictionner, trois fois par jour, avec 1 ou 2 gros d'onguent mercuriel gris , les bras, les cuisses et le tronc ; chez les enfants, les frictions sont pratiquées sur le front, trois fois par jour, avec un demi à un scrupule d'onguent gris. Il a obtenu de ce mode d'administration du mercure, des résultats plus satisfaisants qu'en prescrivant le calomel à haute dose. L'action du mercure est manifeste lorsque les exsudais commencent à se ramollir et que les symptômes qui annoncent le stade blennorrhoïdal ont une marche plus rapide. Chez l'adulte, cette action est liée ordinairement à la salivation, ou tout au moins à quelques-uns de ses prodromes. Chez l'enfant, où la salivation ne se montre que difficilement, l'action du mercure, qui semble en être indépendante, n'en exerce pas moins une influence salutaire sur le processus diphthéritique.

5. Régime. — Il doit être en général sévère et ne se composer que d'un peu de nourriture liquide. A la suite d'écarts de régime, on voit souvent l'exsudation fibrineuse se montrer de nouveau, d'une manière si prompte, qu'il est impossible de méconnaître la cause de la recrudescence.

6. Occlusion de l'œil resté sain. — Quand un seul œil est atteint, ce moyen, employé dans un grand nombre de cas , a suffi parfois à préserver l'œil ainsi caché. 11 faut, toutefois, lever deux fois par jour l'appareil de protection, et le supprimer tout à fait si l'on y observe la moindre tuméfaction de la conjonctive oculaire avec une sécrétion plus ou moins abondante. T.W.]

SECTION XII

OPHTHALMIE APHTHEUSE.

Syn. — Conjuiiclivilis aptithosa. Oplillialmie pusluleiisc. Fig. Dalrymplc, pl. XIII, flg. i, 5 et G. Sichcl , pl. V, ng. 2.

Après avoir traité des affections blennorrhagiques de la conjonctive, nous porterons notre attention sur quelques-unes de ses maladies cutanées ou éruptives. Les principales d'entre elles sont les ophthal-

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