‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 132 sur 144 · OPHTHALMIES · texte numérisé non relu

OPHTHALMIES

mies aplilhcusc, plilyclcnulaire , et rinllammalion de la conjonclive qui sui'vicnl dans la rougeole, la scarlaline, rérysipèle et la variole. Je l'ai vue très évideinnienl aHeclée dans l'herpès, la lèpre, et l'éléplianliasis. J'ai été appelé en consultation avec le docteur Lawrie pour un enfant chez lequel un ponipholyx avait débuté par l'une des paupières, (|uatre jours après la naissance; la maladie se répandit sur presque toute la surface du corps, et se termina par l'inllammation de la conjonctive et l'ulcération de la cornée du côté qui avait été le premier alTccté. Un malade atteint d'aflection tuberculeuse syphilitique de la face et du corps vint me consulter : un de ces tubercules occupait la conjonctive scléroticale. Il disparut, ainsi que les autres tubercules, sous l'influence des mercuriaux (1).

La variété aphtheuse de la conjonctivite se distingue de la phlycténulaire par les particularités suivantes :

1 . Au lieu de petites élevures situées sur la cornée ou contre sa circonférence, on aperçoit une ou plusieurs aphthes assez étendues qui, en se rompant, forment de larges ulcères élevés, situés en général à une demi-ligne ou à une ligne de la circonférence de la cornée. Bien que l'on donne souvent à celte maladie le nom d'ophthalmie pustuleuse, l'éruption qui se forme sur la conjonctive ne participe point de la nature des pustules proprement dites. Il ne s'en échappe point de pus lorsqu'elles se rompent, mais seulement un peu de fluide aqueux ; de sorte que ce sont plutôt des aphthes que des pustules.

2. L'injection, au lieu d'être fasciculaire, est plutôt réticulaire. Elle part en rayonnant du pourtour des aphthes, mais s'étend le plus souvent sur une étendue assez considérable de la conjonclive, et s'accompagne quelquefois de petites ecchymoses situées sous cette membrane.

5. L'ophthalmie aphtheuse est souvent combinée avec la conjonctivite calarrhale.

4. La photophobie est beaucoup moindre dans l'opbLhalmie aphtheuse que dans la phlycténulaire ; souvent elle est nulle, et le blépharospasme continu , si caractéristique de la seconde de ces afl'ections, n'existe point dans la première.

3. L'ophthalmie aphtheuse ne se rencontre jamais chez les enfants qui font leurs dents. On l'observe surtout chez des enfants de 10 à 12 ans, et assez souvent chez de jeunes adultes.

6. Elle est beaucoup moins dangereuse et plus maniable que la phlycténulaire, en laquelle elle a quelque tendance à se transformer, ainsi qu'en la forme scrofulo-catarrhale.

Traitement. — Cette aff"ection cède généralement à quelques remèdes simples.

1 . On touche l'œil une fois par jour avec une solution de 4 à 1 0 grains

(n Voyez une observation de Smee, Meilical Gazelle, vol. XXXV, p. 347. London, 18U.

OPIITIIALMIE PllLYCTÉNULAlRE.

(le nilralc dargcnl clans une once d'eau distillée, cl ou le baigne trois l'ois par jour avec une solution d'un grain de deuto-chlorure de mercure ol de 0 grains d'iiydrochlornle d'annn()nia(|ue dans 8 onces d'eau.

2. On administre une dose active de caionicl et de jala|); puis le malade prend trois fois par jour de 10 à 20 grains de carbonate de 1er obtenu par précipitation.

SECTION XIII

OPllTHALMIE PULVCTÉNULAIRE.

Syn. — Conjiinclivilis plilycleniilosa. Oplillialniie scroCuleiiso. Ophllialniie slrumciisc. l'iiolopliobia iiifanttim scrol'iilosa. Oplitlialmio cxanllicmateuse ; Wardrop. Oi)lillialii)ie rcmillcnlf ; /lanioïk.

Fig. Wnrdrop, pl. I, Dg. 2 et 3; pl. Il, llg. 1 ol 2 ; pl. V, flg. 1; pl. VII, lig. 3; pl. X, (Ig. I. Von Ammon. Ihl. 1, tub. IV, a,!. 2. Dalrympic, pl. VIII ; pl. XIII, lig. 2el 3; pl. XIV, lig. 1,2 el 5. SicUel, pl. V, llg. I : pl. IX, llg. 3, 5 el e.

L'opbtbalmie phlycténulairc est la maladie connue communément sous le nom d'ophthalmie scrofuleuse. Elle se distingue de toutes les autres inflammations de l'œil par des symptômes si frappants, qu'il suffît de l'avoir observée un petit nombre de fois pour ne plus la confondre avec aucune autre.

Injection peu marquée, photophobie intense, phlycténules à la circonférence ou sur la surface de la cornée, ulcères et taches qui leur succèdent, tels sont les symptômes qui caractérisent cette ophthalmie. Les enfants y sont si sujets, que sur 100 cas d'inflammation qui se présentent chez eux, 90 sont de cette nature. Cette ophthalmie est très souvent la première manifestation de la constitution scrofuleuse ; et, lorsqu'on la néglige ou qu'on la traite mal, elle devient fréquemment la cause d'un affaiblissement permanent de la vision, ou même de la perte totale de la vue. Elle attaque rarement les enfants à la mamelle; le temps qui s'écoule depuis le sevrage jusque vers l'âge de huit ans est la période de la vie où elle se montre le plus fréquemment. Il est rare que les adultes en souff"rent, à moins qu'ils ne l'aient déjà eue dans leur enfance. Quelquefois un seul œil est entrepris, d'autres fois tous deux le sont dès le début. Assez souvent la maladie passe d'un œil à l'autre. Lorsque tous deux sont enflammés en même temps, l'un d'eux l'est en général plus que l'autre.

Symptômes. — 1. Rougeur. — Au début de la maladie, la rougeur de la conjonctive est généralement très légère. Elle n'existe souvent qu'à la surface interne des paupières. On aperçoit quelques rares vaisseux éparpillés sur la conjonctive et se portant vers la cornée : d'autres fois, on n'aperçoit point de vaisseaux dilatés ; de sorte qu'au début cette maladie se reconnaît plutôt par la photophobie que par aucun signe direct d'inflammation. On découvre parfois trois ou quatre

OlMITlIALMllîS,

vaisseaux dilatés se portant de run ou l'autre des angles de l'œil vers la cornée ou sur sa circonrércncc; ils sont évidemment suT)erliciels, ou s'élèvent même au-dessus du niveau de la conjonctive. Assez souvent ils sont réunis en un seul faisceau considérable (fig. 90, p. 049). Dans le plus grand nombre des cas, la rougeur est éparpillée. 11 arrive même parfois qu'elle est assez généralement étendue sur toute la surface de la conjonctive, même dès le début. A mesure que la maladie marche, la rougeur s'accroît, et la sclérotique parait aussi un peu injectée.

2. Plilycténules. — Ulcères. — Hernies de l'iris. — Taches. — Cette ophlhalmie, ainsi que celle dont nous avons traité dans la section précédente, est une maladie éruptive. Elle attaque la conjonctive, non comme muqueuse, mais comme continuation de la peau sur l'œil. Un de ses symptômes les plus remarquables consiste dans l'existence d'une ou plusieurs plilycténules ou petits boutons sur la surface du globe de l'œil. Souvent une petite élevure, de couleur opaque et blanchâtre, située près du centre de la cornée, est le seul symptôme apercevable ; d'autres fois les phlyclénules sont très nombreuses : quelques unes occupent la cornée; d'autres sont situées juste au niveau de sa circonférence : c'est là une situation qu'elles occupent très fréquemment. Leur volume est variable suivant le lieu qu'elles occupent ; celles qui se trouvent sur la cornée sont les plus petites.

Ces phlyclénules peuvent être résorbées, et alors, si elles étaient situées sur la cornée, elles laissent généralement après elles un albugo, produit par le petit épanchement de lymphe coagulable qui environne tout abcès circonscrit, mais qui en général, avec le temps , s'efface complètement. Il arrive quelquefois qu'un albugo, repris par l'absorption, laisse à sa place dans la cornée un creux transparent qui est longtemps à se remplir. Dans certains cas, au lieu de disparaître, l'albugo s'accroît, s'élève au-dessus du niveau de la cornée, et s'étend irrégulièrement sur sa surface. On aperçoit des vaisseaux rouges d'une dimension considérable qui s'y rendent. De la lymphe vient s'y ajouter, et il se forme ce que j'appelle une tache vasculaire. Ce symptôme est très tenace et très gênant.

Le plus souvent, les phlyclénules suppurent, se rompent, et se transforment en ulcères, quelquefois superficiels et d'une étendue considérable, souvent profonds et infundibuliformes. Ce symptôme, qui est précédé de l'apparition de nouveaux vaisseaux rouges qui se portent vers la phlycténule, est l'un des plus dangereux de la maladie. Les ulcères qui se forment au-devant de la sclérotique par suite de la rupture d'une phlycténule ont moins d'importance ; mais sur la cornée, qui ne permet l'entrée de la lumière qu'à la condition d'une parfaite transparence, les ulcères, de quelque espèce qu'ils soient, sont toujours fort à redouter. Ils entraînent souvent une difformité de 1 œil, et la

OPIITIIALMIE PIILYCTÉMJLAlUr:, 791

.•icall'ic'o opaque qu'ils laissent après eux constitue un obstacle permanent à la vision.

La formation d'un ulcère, surtout sur la cornée, détermine toujours un accroissement de la douleur, qui s'aggrave beaucouj) cluKiue lois (jue Ton essaie de mouvoir roeil.

11 n'arrive que trop souvent qu'un ulcère s'étende à toute l'épaisseur de la cornée et pénètre dans la chambre antérieure. Fréquenunent ce i^rave accident ne peut être attribué qu'à la lu'gligence ou à un traitement mal dirigé. L'humeur aqueuse s'échappe brusqueinenl par la i)elite ouverture lisluleuse formée par la perforation de l'ulcère, et une petite portion de l'iris vient faire saillie au dehors, assez semblable à la tète d'une mouche, d'où le nom de myocéplialon donné à ce symptôme. Si l'action de la belladone ne parvient i)as à faire rentrer cette |)orlion d'iris, une inflammation adhésive la fixe au pourtour de l'ou- Ncrture qui lui a livré passage (synéchie antérieure) ; l'ulcère diminue ivraducllemenl d'étendue et blanchit à sa circonférence, la portion saillante de l'iris disparaît, la pupille est attirée de côté, et une cicatrice i)lanche et indélébile se forme sur la cornée, empêchant partiellement ou totalement l'exercice de la vision (F. fig. 94). On donne aux cicatrices de la cornéele nom de leucoma, par opposition à celui {ïalbugo, qui sert à désigner une opacité qui est la conséquence d'une exsudation, et non celle d'une ulcération. Si l'ulcère a pénétré profondément dans la substance de la cornée, et, à plus forte raison, s'il l'a complètement traversée, le leucôme qui survient, étant le résultat de la formation d'une substance fibreuse qui ne ressemble point au tissu normal, persiste toute la vie, bien que, par suite des progrès de l'âge et avec le temps, il puisse considérablement se rétrécir. La cicatrice qui succède à un ulcère superficiel peut disparaître complètement. Elle est parfois transparente dès le début, et constitue une variété de fossette qui diifère de celle que nous avons déjà mentionnée.

Si plusieurs phlycténules se développent en même temps sur la cornée, elles peuvent s'unir avant de se rompre; de sorte que la matière purulente qu'elles contiennent se trouve infiltrée entre les lamelles et quil se forme ainsi une sorte d'onyx. D'autres fois, un onyx apparaît au bord inférieur de la cornée, iiulépendamment de l'existence des phlycténules.

Quelquefois l'ulcère de la coi'uée marche à ti'avers toute l'épaisseur de celle membrane qu'il pei-fore, à rexcei)tion de la lame élastique postérieure qui la tapisse en arrière, cl qui s'oppose, pour un temps,

Ol'HTHALMlES.

aux progrès de riilcéralion ; mais, incapable de résislcr à la pression de riiunieur a(nieiise, elle (ail saillie à travers l'ulcère sous la lorine .d'une pelile vésicule. C'est ce que l'on a ap[)elé hernie de la cornée. A la lin, la saillie formée par cette membrane se déeliire, l'Iiumeur aqueuse s'échappe, et il survient une hernie de l'iris, d'où résulte une cicatrice dense opaque.

Lorsqu'il y a eu à travers un ulcère de la cornée un |)rola|)sus étendu de l'iris, la cicatrice ou l'espèce de pseudo-cornée qui se lonne au-devant de la portion d'iris déplacée, est quelquefois incapable de soutenir la pression de l'humeur aqueuse ; "elle est alors refoulée en avant et forme un staphylome partiel.

o. Douleur. — Pholophobie. — B lépliaro spasme . — Ëpiphora. — La photophobie excessive qui accompagne en général rophthalmie phlycténulaire, est un de ses symptômes les plus caractéristiques et les plus douloureux. L'enfant (car ce sont le plus souvent des enfants qui sont atteints de cette maladie) est ordinairement tout à fait incapable de supporter la lumière du jour et, quelque eflort de volonté qu'il fasse, d'ouvrir assez les yeux pour permettre de s'assurer de leur état : tous les efforts qu'il fait pour regarder sont à l'instant même annihilés par la contraction spasmodique des paupières. Un enfant atteint de cette maladie restera des jours, des semaines, des mois, couché la face sur son lit ; ou, si on l'oblige à se lever, il se tiendra les yeux appliqués sur le bras, et aucun elTort de persuasion ne pourra le déterminer à lever la téte et à regarder la lumière. La pholophobie est toujours beaucoup plus marquée pendant le jour. Elle s'apaise souvent le soir de façon à permettre au malade d'ouvrir les yeux et de jouir pendant quelques heures d'un degré de vision très remarquable.

On pourrait peut-être supposer que celte photophobie excessive et celte contraction spasmodique de l'orbiculaire des paupières ne se rencontrent que dans les cas les plus graves, dans ceux où il existe un haut degré d'inflammation. Mais il n'en n'est pas ainsi. On prescrit à la mère ou à la nourrice de tenir l'enfant en travers sur ses genoux, tandis que le chirurgien, saisissant fortement la tête entre les siens, écarte les paupières, sans permettre à la conjonctive de faire hernie ou de se renverser en dehors, et soulève la paupière supérieure de façon à découvrir la sclérotique. La cornée est dirigée en haut hors de l'accès de la vue, et il faut quelquefois manœuvrer longtemps avant de pouvoir soulever la paupière supérieure et abaisser suffisamment le globe de l'œil pour parvenir à examiner complélement la cornée. Il est néanmoins possibled'y arriver, ce qui est indispensable pour pouvoir établir le pronostic. On est souvent étonné, lorsque l'on a réussi à examiner l'œil, de n'y trouver qu'une rougeur très insigniliante, à peine plus prononcée que celle qu'on trouverait sur un œil sain examiné de celte façon, et la cornée souvent parfaitement transparente et sans lésions, ou oiVrani

OPUTIIAI.MIIÎ PIII.YCTKM I..UUI-.. / '''^

il peine uii simple point opaque, avec (luelques vaisseaux rouges peu nonihreux pareouranl la sclérotique. La pliotopliohie excessive constilue, dans beaucoup de cas, le seul syniplônie, cl c'est ce ([uiaconduil Benedict (I) à en traiter comme d'une all'ection distincte sous le nom de pholophobia hifantum sera fui osa.

Ce symptôme s'accompagne d'épiphora et souvent de violents accès d éteniuements. Chaque fois que le malade essaie volontairement d'ouvrir l'œil, ou qu'on le lui ouvre de force, il s'en échappe un Ilot de liirmes qui l'ont rougir l'œil, lumélient les paupières et excorient l:i joue. L'irritation produite par les larmes détermine sur la face uniéruption pustuleuse, et, par suite de la même cause, la joue devient quelquefois excessivement goniléc, rouge et douloureuse. Ce symptôme est souvent aggravé par l'usage intempestif des cataplasmes.

Lorsque le "malade n'essaie pas d'ouvrir les yeux, il ne parait pas ressentir une douleur bien vive. Si on le laisse tranquille, il reste couché toute la journée, dans quelque coin obscur de l'appartemeut, sans se plaindre. Mais l'accès du moindre rayon de lumière lui est tellement pénible, qu'il renonce plutôt à tout espèce d'amusement que de se décider à écarter les paupières. L'action de mouvoir les yeux pour regarder la lumière ou tout autre objet, cause la même ini pression que s'ils étaient remplis de sable, et parfois une sensation intolérable de llamme étincelante. Il n'est cependant pas rare que la douleur se fasse sentir la nuit. Elle parait même se produire pendant le sommeil, car l'enfant s'éveille quelquefois en poussant des cris que lui arrache la douleur. Les yeux sont ordinairement en proie à une démangeaison très intense qui pousse les malades à se les frotleisouvent.

Une particularité anatomique, que j'ai déjà eu occasion de signaler (p. 111), peut servir à expliquer la photophobie extrême, la contraction spasmodique des paupières et l'épiphora qui accompagnent l'ophthalmie scrofuleuse, même dans les cas où il existe à |)eine de la rougeur. Le nerf lacrymal, après avoir fourni à la glande lacrymale, se rend à la conjonctive et à l'orbiculaire des paupières, et peut servir à établir des liens étroits de sympathie nerveuse entre ces diverses parties. La même action réflexe se manifeste chaque fois qu'une particule de poussière vient se fixer sur la face interne de la paupière supérieure. On voit alors survenir la même photophobie, avec spasme de l'orbiculaire des paupières et écoulement abondant de larmes, que dans l'ophthalmie phlycténulaire; de sorte qu'il paraîtrait que, même à son début, celte maladie détermine la même série d'elfcts que l'irritation produite par la présence d'une particule de poussière à la face interne de la pauj)ière supérieure. Elle irrite le nerf sensitif de l'œil ou nerf de la cin-

(I) Beilrage fur praclischc Medizin iiiid Oplilliaimiatnk, vul. I, p. 5. Leipzig, 1812. 1- 67

OPIITIIALMIES.

(|ui('ino paire, ce (|tii provoque raclion réflexe du nerl' moteur ou porlion (lui'c (le la seplièine |)aire.

La pliolopliobie qui exisie dans celle maladie a élé considérée par un auteur (1) comuie dépendant d'une alleclion de la rétine, d'une action réflexe de l'orhiculaire des paupières, provoquée par l'arrivée de la lumière sur la rétine irritée. Cette opinion semble en partie confirmée parce lait, que, dans l'obscurité, le malade peut ouvrir les yeux. Or, si ce symptôme dépendait de l'état de la conjonctive, il devrait cire aussi marqué dans l'ombre qu'à la lumière; il devrait même être plus prononcé dans l'opblbalmie catarrhale que dans la i)blyctéimlaire. l.n rémission qui survient- le soir est une particularité qu'on ne peut expliquer complélement.

4. Ophthalmie tarsienne. — Iritis. — Aslhénopie. — Amaurose. — 'Atrophie du globe oculaire. — Outre les symptômes que nous avons déjà énumérés, on en observe souvent d'autres. Ainsi-, celte maladie est fréquemment combinée avec l'ophtbalmie tarsienne. On rencontre assez souvent aussi l'inflammation zonulaire de la sclérotique ; et, bien quel'iritis accompagne plus fréquemment la cornéite que l'ophthalmie pblycténulaire, on trouve cependant quelquefois la pupille petite, avec perte de son éclat et léger changement de la coloration de l'iris, quoique généralement il n'y ait ni é|)anchement ni adhérence. Lachoroïdile est encore plus rarement associée à cette maladie. Toutefois, lorsqu'on la néglige ou qu'on la traite mal, elle peut quelquefois dégénérer en ophthalmie scrofuleuse interne, caractérisée par des nébulosités de la capsule, une pupille contractée et irrégulière, une durelé contre nature (lu globe de l'œil et un afVaiblissemenl plus ou moins marqué de la sensibilité de la rétine.

Dans un cas que j'ai vu , la photophobie et le blépharospasme avaient duré plus d'un an, lorsque, à la fin, ils disparurent d'euxmêmes sans l'emploi d'aucun remède (la mère ayant négligé de venir à l'infirmerie). L'enfant se servait de ses mains comme s'il eût élé aveugle, bien qu'il vit parfaitement, tellement l'habitude de remplacer par le toucher le sens de la vue était chez lui fortement enracinée.

Dans un autre cas, lorsque la photophobie disparut, je nraper(?us que l'enfant était amaurotique, bien qu'il eût joui d'une vue parfaite jusqu'à l invasion de Tophlbalmie. L'asthénopie et l'amaurose incomplète sontdessuites fréquentes de l'ophthalmie scrofuleuse; on peut les attribuer à des entraves apportées à la nutrition, ou à des changements de texture survenus dans les tissus internes de l'œil, et dus en partie à une action inflammatoire, en partie à la pression externe exercée sur les yeux par le malade dans les cas négligés.

Dans des cas (jui ne sont pas rares, Tinlerruption de la uulriUon est

'1) .MiiiAiîLT. Archives gciii-nilcs de mcdccine, t. XX, p. 477. Paris,

OPllTllALMIK PIlLYCTÉNlll-AlUF,. 79:)

lellc, lorsque roplillialinie phlyclcmilairc a duré louglcnips, que l'œil reste pour loule la vie pelil et atrophié.

5 D'anlres symptômes scrofxlmx se montrent dans pres(|ue tous les cas tels que" des éruptions à la tète, des maux d'oreilles, le goulleinent'de la lèvre supérieure, un écoulement par le nez, des excoriations des narines, rengorgemenl des glandes lyuipliali(|ues situées sous la mâchoire inicrieure, Thyperostose des doigts, le gonllement des articulations, le carreau (/«^f's ?yy6'ÀTn/rà) , etc. On voit souvent lophthalmie alterner avec l'un ou l'autre de ces symptômes, s aggraver, par exemple, (luand l'écoulement d'oreilles cesse, cl s'amender lorsque celui-ci reparait. J'ai vu fréquemment celte ophthalmie alterner avec le gondcment scroluleux du genou. L'éruption du cuir chevelu, qui accompagne généralement cette adection, est de nature porrigineuse. Il exisle assez souvent sur le corps une éruption impétigineuse, surtout chez les enlants qui consomment beaucoup de lait.

6. Drjspcpsie, dérangement des intestins, ventre gros et dur. — Ces accidents accompagnent d'ordinaire l'ophthalmie scrofuleuse. L'appétit est variable ; généralement il fait défaut; quelquefois il est insatiable. L'estomac et les intestins paraissent surchargés de sécrétions morbides. Les évacuations sont quelquefois foncées, le plus souvent pâles, de couleur grisâtre, et semblables à de l'argile humide. L'haleine est fétide ; les dents se gâtent par suite des acidités de l'estomac. La tuméfaction du ventre paraît due en partie à la faiblesse et au relâchement des muscles.

7. Bien que, en général, les malades aient le corps volumineux, lorsque la maladie se prolonge, ils n'en sont pas moins souvent pris d'une débilité générale considérable. La peau devient lâche et llasque, et l'émaciation est parfois très prononcée. Cet état du corps précède quelquefois l'oplithalmie, et s'aggrave toujours lorsque les yeux deviennent malades. Le sujet est brûlant et agité pendant la première partie de la nuit, et sue abondamment vers le matin. Cette maladie rend les enfants très chagrins, ce qui contribue à en prolonger la durée.

Causes éloignées ou prédisposantes . — 1. L'état scrofideux de la constitution peut être considéré comme la principale cause prédisposante ou éloignée de cette ophthalmie.

2. Nourriture. — Air. — Exercice. — Habillement. — Bien que nous considérions la constitution scrofuleuse comme la principale cause prédisposante de cette ophthalmie, il ne faut point négliger de mentionner les autres causes éloignées qui contribuent puissamment à la faire naître : ce sont une nourriture mal appropriée, le manque d air et d'exercice, et des habillements qui ne préservent point sunisamment du froid. C'est par suite de l'action de ces causes que rophthalmie et les autres adections scrofuleuscs sont si communes dans les grandes villes où la population est condensée, et sévissent si fréquemment sur

79() Ol'IlTII.VI.MIKS.

les (Mifanis dos pauvres qui hahilenl les rues élroiles cl les allées, respiranl un air impur, réduits à des aliments peu abondants el peu nulriiils, ehez qui les soins de j)ropreté sont, nét^lii;;és, (!l (|ue leurs véUiments protégeai mal contre les variations almospliéri(|ues. Cette oplitlialniie peut être, en grande partie, considérée comme une alTection secondaire, qui doit son origine à un état général ])articulier de la constitution , engendré par un alTaiblissemenl de la nutrition. La lactalion insuftisante pendant la première enfance, suivie, après le sevrage, d'un régime irrégulier ou im|)ropre, donne naissance à un étal d'appauvrissement du sang qui, aidé par les causes nuisibles dont nous avons fait l'énuméralion, manifeste ses edels par la production de diverses maladies locales , dont une des plus fréquentes est l'ophllialmie (^ui nous occupe. Une des causes les plus actives de cette aflection est l'enlassement des enfants dans des écoles sales, petites et malsaines.

3. Climat. — Notre climat variable favorise d'une manière puissante le développement de cette maladie, rare dans le midi de l'Euiope, au milieu des terres, comme en Italie, même dans les classes plus pauvres, dont les aliments sont cependant aussi indigestes et aussi peu nourrissants que possible (l). Nous pouvons constater les effets du climat par les changements rapides qui surviennent dans l'état des malades, suivant que le temps devient tout à coup froid et humide, ou sec et chaud. Dans le premiers cas, tous les symptômes s'aggravent: ils s'améliorent, au contraire, d'une façon remarquable dans le second. C'est surtout lorsque le vent souffle du nord-est, que les attaques de cette alfection sont communes, tant chez ceux qui l'ont déjà eue, que chez ceux qui n'en ont point encore été atteints.

Causes excitantes. — 1. Une des causes excitantes les plus fré- 1 quenles est V exposition au froid, surtout lorsque le temps est à la | fois froid et humide. Il suffit souvent qu'un malade convalescent reste exposé à un courant d'air jusqu'à être pris d'un frisson, pour que la maladie reparaisse.

2. La rougeole, la fièvre scarlatine et la petite vérole éveillent la diathèse scrofuleuse. Ces maladies elles-mêmes agissent sur les yeux elles laissent sensibles et très disposés à contracter cette ophlhalmic.

5. L'ophthalmie catarrhale, amenée par ses causes ordinaires, a beaucoup de tendance à dégénérer, chez les enfants scrofuleux, en ophthalmie phlycténulaire.

4. L'exercice excessif des yeux sur de petits objets , surtout à la lumière d'une bougie, provoque souvent l'oplilhalmie scrofuleuse.

5. La dentition est une cause excitante fort commune. Il paraîtrait que, par suite des rapports qui existent entre la seconde et la troisième branche du nerf de la cinquième paire et le nerf lacrymal, la denli-

(I) WEUEn. Krankhfilen des inensclilichen Auges, p. iCO. Wion, IS3I .

OI'IITUAI.MIE PULYCTÉNDLAIUE.

lion provoquerai! le larmoicriuMil , le hh-pharospasmc, el (iiiaicmcnl rophlliaiinio phlyclcnulairo.

0. Les lésions tmumatkfues , telles (jne eeiles produites i)ar des parlieulcs de poiissiiM-e qui viennenl se loger dans lefi replis de la conjonetive, les égralii^miies de rœil , les coups légers el autres, délerminent iVéqueminenl roplilhalniie phlyclénulaire.

Pronosiic. — Il laul èlre Irès réservé dans le pronostic que l'on porte sur cette alleclion. Le succès dé|)cn(l beaucouf) des soins méthodiques qui pourront èlre donnés au malade, non-seulement jus(|u a la guérison complète, mais encore longtemps après, jusqu'à ce que l'état constitutionnel se soit amélioré. Aucunemaladien'esl plus sujette à récidiver; les parents doivent en être prévenus, etl'on.doit leur recommander de consulterchaque fois qu'ils observent quelque retour des symptômes.

Lorsqu'il y a des ulcères sur la cornée, il en résulte nécessairement des opacités. Celles-ci seront plus ou moins opiniâtres, suivant la profondeur de l'ulcération qui les a précédées, et gêneront la vision en raison de ce qu'elles s'étendront plus ou moins dans le champ de la pupille. L'ulcère perforant, qui s'accompagne de hernie de l'iris, laisse presque toujours un leucome épais et une déformation de la pupille.

J'ai déjcà signalé le danger qu'il y a de voir l'iritis, la rétinile, etc., s'ajouter à l'ophthalmie phlycténulaire. Je puis ajouter que, plus tard, beaucoup de ceux qui deviennent amaurotiques, avec l'œil dur et glaucomateux, avaient dans leur jeunesse beaucoup soufiert de la maladie dont nous parlons. Les yeux qui ont été atteints fortement et pendant longtemps d'ophthalmie scrofuleuse, ne redeviennent jamais aussi bons qu'auparavant, et sont plus disposés que d'autres à devenir amaurotiques, si on les fatigue beaucoup, ou s'ils sont soumis à des causes nuisibles, telles que l'usage du tabac, des liqueurs alcooliques, etc.

Trailement. ■ — Nous sommes obligés de parler du traitement de Tophlbalmie phlycténulaire en d'autres termes que ceux que nous avons employés pour presque toutes les inflammations de l'œil. Dans les autres ophthalmies, nous disons : suivez le traitement que nous indiquons, et vous vous rendrez promptement maître de l'indammalion. C'est ce que nous avons dit à propos de l'ophthalmie catarrhale et de plusieurs autres ; mais nous ne pouvons dire la même chose à propos de l'ophthalmie phlycténulaire. Nous sommes forcés d'avouer que, dans beaucoup de cas, cette ophthalmie se montre rebelle. Si l'on nous demande comment il se fait qu'elle ne cède pas, même au traitement le mieux dirigé, nous répoudrons en denumdanl à notre tour pourquoi, chez un sujet scrofuleux, l'inllammation d'une glande du cou se montre si opiniâtre, suppurant en dépit de tous les moyens mis en usage pour eu obtenir la résolution, puis, après que le pus s'est évacué au dehors, continuant pendant des années à fournir dé la suppuration. C'est la constituiion scrofuleuse qui est la cause de

OPiriIlALMlKS^

roxli'ènio durée de celle ophlhiiliiiic, de même quelle esl aussi la cause de la iialurc si IVéquemnienl rchclle des autres adedions scrolulcuses; cl laiil (|uc Ton n'aui-a pas trouvé de remède cflicace conli-e la s('r(!l'ule, celle opiithalinie coutiiiucra de se jouer, par son opiniâtreté, des traitements les mieux combinés et les plus exactement ap|)rKpiés.

Est-elle donc incurable? N'y a-l-il donc qu'à secouer la téle et à laisser les yeux se détruire? INullemeiit. L'art peut beaucoup pour le soulagement de cette allcction. Bien qu'il soit dillicilc de la guérir •■adicalcment, surtout lorsque le malade reste exposé aux causes (|ui l'ont amenée, il est cependant rare que le traitement médical ne parvienne pas à modérer beaucoup les symptômes et à prévenir les altérations de la portion transparente de la lace antérieure de l'œil, qui, dans les cas négligés, entraînent la perte de la vision. Mais lorsque le praticien rencontre des cas — et il en i-ejicontrera — qui, au bout de semaines ou de mois entiers de traitement, ne font qu'aller en s'aggravant, loin de s'améliorer, malgré tout ce (ju'il a pu faire, il ne doit pas s'accuser, mais bien plutôt songer contre quelle diatbèse opiniâtre il a en pareil cas à lutter. Il ne peut la cbanger, et souvent même il ne peut parvenir à y apporter la plus légère amélioration.

Dai.s le traitement de cette allection, il ne faut pas perdre de vue qu'elle est sous la dépendance d'une cause constitutionnelle. 11 ne suflira donc pas d'essayer de guérir l'affection locale, il faudra, de plus, tenter d'améliorer la santé générale.

Moyens généraux. — 1 . Saignée. La saignée générale esl rarement requise; elle n'est guère nécessaire que cbez les adulles ou les adolescents afleclés de douleur sus-orbitaire. On ne doit non plus recourir à la saignée locale qu'en présence d'une excitation fébrile considérable, ou d'une irritation locale vive. Lorsque l'action inllammatoire est plus marquée que de coutume, ou lorsqu'elle esl soudainement ou violemment augmentée par la formation d'ulcères sur la cornée, il est bon de modérer l'afflux du sang par l'applicaliou de quelques sangsues au voisinage de l'œil, sur la veine nasale, à la tempe ou derrière loreille. Si la constitution n'est pas encore affaiblie par la longue durée de la maladie et l'emploi de nombreux remèdes débilitants, on doit recourir plusieurs fois à l'usage des sangsues, tant que la rougeur de la conjonctive est considérable et la pbotopbobie prononcée. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l'on peut assez souvent se dispenser complètement de tirer du sang, soit en émétisant le malade, soit en lui administrant le sulfate de quinine, ou à l'aide d'autres moyens généraux et locaux, et que les déplétions sanguines seules ne suffisent jamais pour amener la guérison. Les saignées trop répétées, employées seules, diminuent trop les forces et rendent l œil plus susceptible de subir des altérations destructives.

2 Êméliques et nauséeux. — Une des mélbodes les plus puissantes

OlMITII.Vl.MIK PIII.YCTÉNULAIIIE.

Cl les plus elllcaccs de Iraileineiil de rophthalinie phlyclénulaii-c cousisle dans radininislralion du larlre (Mnéli(|ii(', soil à dose sullisaule pour produire les voniisseinents, soil à plus peliles doses Irétiuemiiienl répélées, de laeou à exeiler des nausées, ou bien enlin combiné avec un pur^^ali^. U n existe peul élre pas dans loule la malière médicale un autre agenl qui, dans celle alleelion, possède une pareille verlu sédative, jî réduit de beaucoup les indications des saignées générales ou locales.

Je commence ordinairement le Irailemenl par radminislialion d un cnu'li(iuc, l ipécacuanba ou le larlre slibié, cl je m'en Irouve toujours bien. On fait dissoudre 4 grains de celle dernièi-e substance dans G onces d'eau, cl l'on administre une cuillerée à bouche de celte préparation , jusqu'à ce qu'elle amène des vomissemenls abondants.

Dans les cas où il existe une grande acccléralion du pouls cl de la chaleur à la peau, je prescris fréquemment pendant un certain temps les nauséeux ou lesémélo-calharliques. On peul prescrire, par exemple, pour un adulte, une mixture composée de 1 à 4 grains de larlre émétique et de 1 à 2 onces de sulfate de magnésie dissous dans une livre d'eau. On prendra de 2 à 3 cuillerées à bouche de celte solution toutes les demi-heures jusqu'à production de vomissements; puis on répétera la même dose toutes les trois, quatre ou six heures, suivant les circonstances. Cette méthode est celle qui convient dans les cas aigus. On peut éloigner les doses dans les cas chroniques. On peut aussi les administrer en pilules, chaque pilule contenant un quart, un demigrain ou plus de larlre émélique.

Celle même solution peut s'administrer aux enfants, ou bien une solution de tartre émélique seul, ou celte même substance en poudre et mélangée avec du sucre en poudre. On en fait prendre un douzième à un sixième de grain, suivant l'âge de l'enfant, trois fois par jour. Lorsqu'il existe beaucoup d'irritation fébrile, celle méthode réussit souvent, tandis que les purgatifs et les toniques ne produiraient que peu ou pas d'amélioration.

3. Purgatifs. — Chez les enfants atteints d'ophlhalmie phlycténulaire, l'abdomen est habituellement plein cl dur, et il existe un état de surcharge de l'estomac cl des intestins. On constatera que, même chez les enfants faibles etémaciés, les purgatifs provoqueront l'expulsion d'une grande quantité de malière morbide féculente. Ces agents déterminent, en pareil cas, une amélioration marquée, et sans eux les autres remèdes ne produisent presque aucun eflel.Dans les casrécents, un purgatif composé de calomel associé au jalap, à la rhubarbe ou à la scammonée, suHira souvent pour faire disparaître d'un seul coup l'atlaque d'ophlhalmie. Ce moyen n'a pas seulement pour ellel de désemplir les intestins, mais il modère considérablcmenl l'abord du sang dans les parties alleetées, accroît raclion des absorbants, et

OPIITIIALMIES.

ramène à l'élal normal les sécrclions des organes digcslifs. il agit, en un mol, comme alléranl el comme déplélil", el Ton peul en continuer l'usage, dans beaucoup de cas, pendant un temi)s assez long, avec beaucoup d'avantage. Je me suis l'orl bien trouvé d'administrer chaque soir une poudre composée d'un sixième à un tiers de grain de tartre cmélique et de 5 à 10 grains de rhubarbe. Le traitement purgatif est l'un des plus utiles auxquels on puisse avoir recours dans les cas où quelque éruption impétigineuse accompagne l'aneclion oculaire. Il faut cependant prendre garde que son action débilitante soit poussée trop loin.

4. Sulfate de quinine et autres toniques. — Il est extrèmemciil important, dans rophthalmie scrol'uleuse, de l'aire cesser l'état de débilité dans lequel se trouve le malade, car sans cela l'œil ne se rétablira pas. Le principal moyen d'atteindre ce but consiste à améliorer les facultés digestives. Ce résultat s'obtient quelquefois à l'aide des moyens indiqués ci-dessus , et surtout à l'aide de la rhubarbe qui maintient la liberté du ventre et améliore les fonctions de l'estomac. Il existe plusieurs autres remèdes, appartenant plus directement à la classe des toniques, qui produisent dans ces affections des effets remarquablement heureux.

L'essai que j'ai fait de plusieurs remèdes internes m'a démontré qu'aucun n'était aussi utile que le sulfate de quinine. Il exerce une action remarquable sur l'affection constitutionnelle qui accompagne l'ophthalmie, et par conséquent sur l'affection locale elle-même. Je l'emploie d'habitude à la dose d'un grain trois fois par jour, d'un demi-grain chez les très jeunes enfants , et de deux grains chez les adultes et les adolescents. On peut l'administrer mélangé avec du sucre en poudre; mais il paraît agir mieux en solution. Je le mélange donc avec l'acide sulfurique aromatisé (acldimi sulfuricum aromaticum) auquel j'ajoute suffisante quantité d'eau et de sirop. Dans la plupart des cas, ses effets sont très remarquables. Bien que j'aie rencontré un petit nombre de cas qui ont paru résister à son action, il n'en a pas moins agi d'une façon extraordinaire sur la plupart des petits malades à qui je l'ai prescrit, diminuant ordinairement au bout de quelques jours la photophobie excessive et l'épiphora, provoquant l'absorption des phlycténules et hâtant la cicatrisation des ulcères de la cornée. Dès que l'estomac a été nettoyé par un émétique et que les fonctions intestinales ont été bien rétablies à l'aide de quelques doses de calomel avec la rhubarbe, ou de quelque autre purgatif semblable, on peut commencer l'usage de ce médicament, à moins que le pouls ne soit fréquent et la peau chaude. Dans ces cas, on devra lui préférer de petites doses de tartre émétique , de même que dans ceux où il existe quelque éruption impétigineuse sur la surface du corps, qui réclame l'usage d'une série de purgatifs.

OPIITIIAI.MIE PIILYCTÉNULAIRE.

Je ne puis iirompôcher d'extraire des cahiers du Glasgow Eye Jn/irmary les deux observations suivantes qui démontrent les ellets avantageux du suU'ate de quinine.

01)^ m - JaneTliomson, âgée de 9 ans, est admise le 23 juilli:l 1828; elle est aUoiiilo'à l'œil liroil d'iiiui oplitlinliiiio iililycKMitiliiiro qui dure depuis quiilor/i; jours, il èxi*le près du contre delà cornée un ulcère; pi'OfundjCnlouré d'une cxsudiitlonélcndue de lynipiic, (!l un onyx au bord inlérieur de celle nieinbniiie. L'enlanl esl lournicnlL'e par (les snelirs noclurnes, cl sa snnlé générale a élé l'orl alTaiblie par la saignée, les purgalils el les vésicaloircs. On prescrit (rois grains de sullale de (luinine à prendre dans la journée Vapplicnlion à l'œil d'une g(Uille de la solulion de Milnile d'argenl, el le colhre au deuio-ciilorurede mercure. Le 24, l'onyx a presque disparu. Le 27, l'élcndue de l'ulcère a diminué. Le 29, ù raison de quelque désordre inleslinal on lui prescrit deux grains de calomel el un (|uarl de grain d'opium le soir en se couelianl. Après cela, la maladie conlinua d'aller rapidemenl en s'amélioranl, l'ulcère se cicalrisa, l'œil repril de la force, el le leucome s'amiiicil. Snivanl loule probabililé, l'ulcère aurait promplemont perloré la cornée, si l'on avait coiiliiuié le traitement déplétif, que la malade avait déjà commencé à suivre avant son entrée au Eye Infinnarij. En vingt-quatre lieures le sulfate de quinine a évidemment arrêté les progi'ès de la maladie.

Obs. 384. — .lames Tassie, âgé de huit ans, esl admis le 15 août 1828, pour une ophliialniie phlyclénulaire de l'œil droit. L'all'eclion durait avec un degré d'intensité plus ou moins marqué, depuis sept ans. Il existait antérieurement un albugo considérable sur lu cornée droite; mais il avait beaucoup diminué jusque quinze jours environ avant son admission, époque à laquelle il était survenu une reclinle. La cornée paraissait inégale et nébuleuse, mais la pliolopbobie était si grande que ce n'est (ju'avec une excessive difficulté qu'on pouvait découvrir une partie de celle membrane. On applique la solution de nitrate d'argent, el l'on administre, par doses divisées, la solution de tartre émélique jusqu'à vomissements. Le lendemain le petit malade ouvre l'œil plus lacilemeiil, et l'on aperçoit au bord inférieur de la cornée un onyx que l'on n'avait i)u reconnaître la veille. On prescrit un grain de sulfate de quinine trois fois par jour, et l'usage du collyre au deuto-chlorure de mercure. Le 18, l'onyx a disparu. On applique la belladone sur le sourcil et sur le front à cause de quelques craintes que l'on a sur l'étal de l'iris. — Le 20, la photopliobie ayant beaucoup diminué, on peut voir la cornéeplus complètement. On constate que le centre en est perforé par un ulcère, et que la pupille est contractée. — Le 22 l'œil conlinue.à s'améliorer, mais on remarque que l'iris est partout en contact avec la cornée. On continue le sulfate de quinine, la belladone, et le collyre. — Le 27, l'iris semble reprendre un peu sa position normale, la pupille esl en partie visible, et le malade voit un peu de cet œil. — i-e 28, la pupille s'agrandit évidemment el la cornée .s'éclaircil. — Le l"'' septembre, l'iris n'est plus en contact avec la cornée, si ce n'est vers son bord interne où il adlière encore en un seul point. — Le 16, l'iris est complètement libre. Peu après l'ulcère de la cornée se cicatrisa, la tache s'éclaircil graduellement, el l'œil conservii en tris grande partie la faculté devoir.

Cette dernière observation est l'un des cas les plus remarquables et les |)lus satisfaisants de guérison d'un ulcère perforant de la cornée avec l'iris compris dans la maladie, que j'aie jamais rencontrés. Ce résultat doit être attribué principalement à l'action salutaire du sulfate de quinine sur l'aiïeclion inflammatoire et à celle de la belladone sur l'iris. On peut employer le sulfate de bebcérine comme succédané du sulfate (le quinine ; les doses doivent alors être doublées.

Les ferrugineux sont, après le sulfate de (piinine et de bebcérine. les toniques sur lesquels on peut le plus compter dans le traitement de roi)htlialmie serofuleuse. Le carbonate de fer obtenu par précipitation

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el le larlrale de polasse et de fer, sont les préparations qui se sont montrées les plus utiles. Toutclois, elles réussissent mieux dans l'opiiihalmie aphlheuse, que dans la plilycténulaire. Dans Tune et raulrc de ces allcclions on pourra prescrire avec avantage, dans un siroj), dos composés tels que le citrate de 1er et de quinine, l'iodure de ler el de quinine.

Les acides minéraux, l'acide sulfurique surtout, agissent comme toniques.

Nous pouvons indiquer comme toniques efficaces le bain d'eau froide;, ou le bain de poussière; mais on ne doit y avoir recours (jue lors(|uc les symptômes aigus sont calmés. Ils constituent alors Tun des meilleurs moyens de prévenir les récidives.

L'usage des toniques, tant de ceux qui font partie des agents médicinaux que de ceux qui dépendent du régime diététique doit être continué longtemps après que les symptômes d'inllammation ont disparu, afin d'imprimer, s'il est possible, à la constitution le degré de vigueur nécessaire pour résister à la tendance à la récidive, qui persiste dans l'œil, et qui, si l'on n'avait recours à cette précaution, amènerait une rechute grave, sous l'influence de la cause excitante la plus légère.

On peut ranger le changement d'air parmi les toniques utiles contre cette alleclion, il est surtout propre tà prévenir la récidive chez les sujets qui ont déjà soulTert d'une première attaque. Une contrée sèche, chaude, et située au milieu des terres est préférable à celles qui bordent la mer. Le scintillement de la mer est très propre à aggraver les cas légers et à provoquer des récidives.

5. Anti-acides — Il y a lieu de croire que l'ophlbalmie phlycténulaire dépend fréquemment de la production d'acidités dans l'estomac, se portant de là dans les intestins où elles se mélangent avec la bile, et provoquant des selles vertes et une irritation générale. Les dents sont, en pareil cas, sujettes à se carier. Les anti-acides sont alors utiles, on peut administrer de petites doses fréquemment répétées de magnésie, ou de carbonate de magnésie, d'une mixture de rhubarbe et de bicarbonate de soude. On peut aussi employer avec avantage le carbonate d'ammoniaque avec la teinture de gentiane, recommandé dans les cas ordinaires de scrofules par le docteur Charles Armstrong (1).

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