‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 22 sur 144 · II. — Fractures du rebord orbîtaîre · texte numérisé non relu

II. — Fractures du rebord orbîtaîre

Le seul exemple réceiU de cet accident que je me rappelle, a été piotluil par le choc de rexlrémilé d'une longue pièce de bois contre le bord inréi-icur de l'orbite; il s'en détacba un fragment que je pris pour l'angle antérieur de l'os malaire. La portion dos fracturé, ([ue le doigt pouvait d'abord faire mouvoir aisément dans din'érentes directions, fut réunie au bout de quelques semaines. On n'employa aucun bandage, llpeut néanmoins se présenter des cas où il serait bon d appliquer, après avoir fait fermer les paupières, quelques compresses soutenues à l'aide d'une bande roulée autour de la tète, afin de maintenir, jusqu'à consolidation parfaile, la portion fracturée dans ses rapports.

Obs. 4. - Un boucher saulanl d'un baril à terre, sans prendre garde à un crochel n viande suspendu près de lui, fut accroche par le milieu de ''«'•'^«'1'^,°';^' "'^^^ " J^^^^^^^^ porllon d'os correspondante fut arrachée, ainsi que la peau et le sourcil qui 1 [ecou; a enl |.a plaie guéril de telle façon que la paupière se trouvait divisée a «'i. P'''">';"'lf ,f . que le blessé ne pouvait fermer l'œil coniplélemenl, ce qui exposai «^S''"^ fréquentes inflammations. 11 me consulta pendant la durée de l'une deUes pluMeu années après l'accident. L'absence de la portion d'os était facile à la difformité produite par cette lagophlhalmie. L'ophthalmie était puro-muqueuse (t céda promptement à l'usage d'une solution de nitrate d'argent.

Obs S. - Le docteur Scott rapporte qu'un soldat qui. parcourait à cheval, pendant une nuit de décembre, la ville de Douglas, dans l'Ile de Man, fut atteint par le cro het e er d'un poteau à réverbère, qui, venant se lixer au-dessous du bord ^^^J^^^^ .Iroil, arracha complètement cette portion d'os et blessa le cerveau. Au bout de quelques semaines il fut parfaitement rétabli (1).

Obs 6 - Biermayer a rapporté l'histoire d'un jeune garçon qui fut fn>PPé P^'' une nierre à l'angle interne de l'un des yeux; cinq jours après, il tut pris de lelano. e mouïen q l ues heures. A l'autopsie, on trouva, llottant dans développé dans le lieu de la blessure, une petite portion de l'apophy e nasale de os maxiSe supérieur; cette portion d'os était en contact avec une des branches du nerf sous-orbitaire (2).

Dans les fractures du rebord orbitaire qui s'étendent jusqu'aux sinus frontal ou maxillaire, ou bien jusqu'aux cellules etbmoidales, lorsque le blessé vient à se moucher, l'air s'échappe quelquefois a travers la fracture et s'introduit dans le tissu cellulaire des paupières qui s'enflent tout à coup et crépitent à la pression, ^ous aurons a revenir sur ce phénomène, et nous en traiterons dans un paragrapiu spécial sous le titre d^emphysème des paupières. Disons seulement . ue l'air, par sa présence, ne détermine aucun accident : il n est p. i conséquent, presque jamais nécessaire de lui ouvrir une issue a lauk d la 1 ce te ; il faut seulement recommander au malade d éviter de se moucher jusqu'à ce que la fracture soit parfaitement consolidée.

rn;,c 7 The-/ un caporal du 2-= régiment léger, qui, au combat de Sig, cxpédilion JZ2;^l^l^^ supérieure complètement déchirée par une balle dont ,e

(2) insa;..n> nos...:..n>ii Vin.DlH.nrnsis. p. 45. V .n.l.b.n.a.-, ISK,.

BLKSSIIUKS UK L 0U151TF. . /

Choc, avait ilctruil les cnvoloppes de l'œil, et qui ensuite était venue se loger eu avant du pavillon de l'oreille, où j'en lis l'extraction, la paroi orliitaire externe avait été brisée, et une foule d'esquilles mobiles et adhérentes, n!mises en place, se soudèrent. Quand la guérison fut complète, la paupière n'olïrait d'autre lésion qu'une fente longitudinale et médiane qui, de son bord libre, s'élemlail à G lignes au-dessus. Les lèvres de la plaie furent avivées comme dans l'oi)ération du bec de lièvre et une réunion immédiate s'opéra très-rapidement à l'aide d'un point de suture (1). T. W.]

[M. Iliffolshoim cilc (!2) robscrvation dune IVaclure directe de lapophyse zygoimiliqiie el de Tarcade du Irou sous-orbilaire avec compression "du nerf dentaire antérieur et sous-orbilaire, suivie d'anes- Ihésie partielle de la face, et délerniinée par une chute laite en avant sur la glace. La joue et la narine de ce côté étaient insensibles et il existait une gêne vague au niveau du trou sous-orbitaire. Les fractures au niveau du trou sous-orbitaire sont excessivement rares; il n'en est fait mention dans aucun auteur. T. W.]

^ III. — Fractures des parois de l'orbite accompagnant les fractures

du crâne.

Les fractures du crâne s'étendent assez souvent jusque dans Tun ou l'autre orbite, et il est digne de remarque que, lorsque la voùle orbilaire se fracture de celte façon , il y a souvent en même temps déchirure de la dure-mère et lésion des lobes antérieurs du cerveau qui reposent sur l'orbite. Si cet accident survient en même temps qu'une fracture du crâne avec dépression, à la région temporale par exemple, lors même qu'à l'aide du trépan on aura relevé et mis en place la portion d'os enfoncée, le blessé n'épi'ouvera très-probablement aucune amélioration; les symptômes de compression cérébrale ou d'inflammation des parties internes de la tète demeureront ce qu'ils étaient, et la mort surviendra, contrairement à ce qu'on aurait peut-être pu espérer si la fracture de la région temporale eût été la seule lésion. Ce n'est très-vraisemblablement qu'à l'autopsie qu'on découvrirait, en semblable circonstance, la cause de la mort.

Obs. 8. — Sir George Ballingall (3^ a publié un cas de fracture compliquée de fos frontal, dans lequel, après que l'on eut enlevé les pièces d'os enfoncées, on vit le malade reprendreses sens et répondre avec lucidité aux questions qu'on lui adressait. Néanmoins, il tomba bientôt dans le coma et mourut 48 heures après avoir été blessé. A l'autopsie, on trouva que la fracture s'étendait en arrière le long des deux voûtes orbitaires du frontal et traversait l'ethmoïde derrière l'apophyse crista-gallL La dure-mère, au niveau des fractures de la voûte de l'orbite, était largement déchirée et laissait saillir des portions considérables de matière cérélirale. Les lobes antérieurs du cerveau étaient écrasés el desorganisés, on distingnail parfaitement de la matière i)urulente sur l'arachnoïde qui recouvre l'un et l'autre hémisphères, bien que le malade n'eut survécu que peu de temps a la blessure, qu'il eût perdu une quantité de sang considérable et qu'il ne se fût manifesté aucun symptôme d'inflamnuilion.

f(l) DKSMinni-s.Tmilr lliéorifiui- cl, pniliquc des midudii's «les veux, 2<' étiil., \.)1. i. ii. 100. i'iins, I8.')/|..] / ■ '

[(-i) (i.'iz. iikmI. cir Piiris, 18,'j/i-, p. KO.]

(5) Cllnical Lmiircin ilif Hoyal Inrirmury of K.linbiirgli, p. •>. Mnrcb, IS2S.

8 MALADIRS Dlî L UUBlTii.

Dans les cas de l'racliire du crâne s'élendani, jusqu'à l'orbite, il arrive ([uelquelois que ccrlaines portions des parois de celle cavilé sont si coniplélenienl délaehées, qu elles peuvenl s eidever facilement lorsqu'on panse la blessure, ou qu'on cherche à relever les portions enloncées des os du crâne. La circonstance qu'une portion d'os est complètement mobile ne suffit pas pour autoriser à l'enlever; car elle peut avoir conservé des adhérences par ses deux laces avec les nRMnbrancs qui la recouvrent, et être susceptible de se réunir; mais si l'os a été broyé et que des fragments en ont traversé en partie la dure-mère, on ne peut qu'en approuver l'extraction.

Oi)s 9 — Clieseklen a recueilli une ol)servation de ce genre dans la pratique de M Cagua. On enleva cinq esquilles du crâne enfoncées dans la sulislance cérébrale; la plus grande compreiiail une partie de la voûte orbitaire du frontal, de la grande aile du sphénoïde et de la suture qui réunit l'apophyse orbitaire du frontal a 1 angle supérieur de l'os malaire. L'extraction de celle esquille fut suivie de la sortie d une portion de malière cérébrale; néanmoins le blessé, garçon de 10 ans, guérit parlai temenl (1).

Obs 10. - Le docteur Klein rapporte un cas semblable qui se termina aussi , favoralM^meit. On enleva plusieurs portions considérables ^^l ^^'^^^^ des orbites était complètement détachée ; on voyait un vaste hiatus séparant 1 elbniom^ des os voTsins cl se portant en arrière vers la base du crâne; des portions considérables de cerveau s'échappèrent (2).

nh^ H - Je fus consulté, en octobre 1842, par un homme dont l'œil droit était comp élément amaurol^que, abaissé et Wurné en dehors. En Pf--;^ 'j, -'"^ rr, n on spnlail à droite une élévation iriangulaire indiquant le siège d une fiaclure iront, on sentait ^ " ; g^g^ ,ecu un coup violent sur la tempe droite; on

fracture de l'orbite.

IV. - Fractures des paroîs de l'orbite, accompagnant la fracture des os ^ de la face.

L'exemple suivant suffira pour donner une idée de cette sorte d'accident :

Bfirlin, 1821.

BLF.SSDUF.S 1)K l/oRBlTF,

perdu ses iKlliéreiiccs au niveau dos eccliynioscs; partout ailleurs l'adluîreiico était considéraliie. La surface interne de la dure-mère était d'un rouge clair; à gauclie, entre elle et l'araclinoïde, existait une couclie assez généralement étendue d'une lymplie puriforme de couleur jaune clair mêlée d'une teinte de vert , adliéraiit partie à la dure-mère, partie ù l'araclinoïde. Elle s'enfoiu;ait entre les deux hémisphères, mais ne dépassait point le côté gauche de la faux cérébrale. A la |)artic inférieure du lohe antérieur gauche, existait une portion du cerveau de la grandeur d'un sciielling, ramollie jusqu'à la profondeur d'un demi-pouce; on voyait dans le même point quelques-unes de ces petites taches ecchymotiqucs, telles qu'on en rencontre dans les cas de déchirure du cerveau. La duremère n'était que très-peu déchirée, mais une portion de la voûte orhilaire gauche avait été refoulée en dedans, de façon h contondre le cerveau dans le point dont nous avons parlé. La fracture se continuait à travers l'os sphénoïde, le long du côté gauche du sinus caverneux; il y avait en cet endroit au-dessous de la dure-mère une grande quantité de sang exlravasé et coagulé (1).

§ V. — Fractures de l'orbite par un coup reçu sur l'œîl.

Quelques auteurs out considéré comme un exemple de celle sorle d'accident le fait cité par Duverncy (2), que nous allons reproduire ; mais il est plus que douteux que dans ce cas la fracture de Torbile ail été produite par l'intermédiaire de l'œil.

Obs. 13. — Un gentilhomme eut l'œil gauche écrasé d'un coup de pierre et l'orbite refoulé en dedans contre le cerveau. Après le premier moment d'émotion passé et jusqu'à sa mort, qui survint le septième jour, ses facultés demeurèrent intactes, de sorle que quelques-uns des médecins qui le soignaient déclarèrent qu'il était impossible que le cerveau fût lésé. A l'autopsie, on trouva la substance cérébrale ramollie; des fragments d'os y étaient mêlés. Toute la substance du cerveau, y compris celle du cervelet, était altérée. La partie antérieure de la selle turcique était fracturée.

§ VI. — Fractures de l'orbite par contre-coup.

On voit quelquefois survenir des fractures de Forbite par ce que Ic^ français appellent contre-cotip (3), à la suite de coups ou de chutes sur le front, ou même sur Tocciput.

Obs. 14. — Bohnius a ouvert le corps d'un homme qui mourut des suites d'un coup de l)àlon reçu contre le sourcil droit. Dans le lieu qui avait été frappé existait une ecchymose, mais point de plaie : au-dessous de l'ecchymose, l'os était sain et entier: mais à la voûte orbitaire il y avait une fissure d'un pouce et demi de long, se dirigeant vers la selle turcique; la portion correspondante de la dure-mère était déchirée (4).

Quand, à la suile d'une chute ou d'un coup sur la tète, on voit survenir un épaii(;hcment de sang dans la paupière supérieure sans que celle-ci ail été contusionnée, on doit soupçonner une fraclure par contre-coup de la voùlc orhilaire; (|uaml ccsl la paupière inférieure, une fraclure du plancher de rori)ile.

[Mi\I. Laugior et Richclot s'expriment en ces termes sur la valeur

(1) BnicHT. Bcport ofMcdical Cases, vol. Il, ,,. I.on.lon, 1831.

2 Mémoires de l'Académie royale des sciences, année 1705, p. 353. Amslcr.lnni, 1738.

3 tiioPAnT. Mémoire sur les lésions de la tèu- par coiiire-conp. p. I. Paris, 1771. (4) Dercnuncialione vulncrum, p. m. I.ipsiie ITIUi.

]() MALADIES DK l/oUBIlT..

séméiologique de ce symplômc, signalé pour la première fois par M Velpeau (1) : « Dans les percussions de la voûte du craue sans contusion directe des paupières, Tecchymose de l'une ou Taulre est tellement caractéristique aux yeux des chirurgiens expérimentes, qu'elle suffît pour faire admettre, sans autre signe, une iracture par contre-coup des parois de l'orhile. Alors, quand la paupière supérieure estecchymosée, c'est le plussouventla voûte orbitairc qui est iracluree. Ce pourrait être la zone supérieure de la paroi externe de cette cavUe, et dans ce cas recchymose procède de la partie externe a la partie antérieure et moyenne de la paupière. La fracture de la paroi exU^rne de l'orbite peut donner lieu à l'eccliymose des deux paupières ; elle se dirige alors obliquement de la région temporale à la région zygomatique II est évident que les fractures de l'os maxillaire sivperieur donnent lieu aussi à l'ecchymose de la paupière inférieure La connaissance de l'accident éprouvé ajoute donc à la précision du diagnostic Un caractère de ces ecchymoses symptomatiques qui ^ ^ ' sionalé, c'est qu'elles se prononcent de plus en plus dans les piemiers

ours à la manière de celles qui suivent les contusions profondes, et qu'elles ne sont pas nécessairement et même ordinaii^ment accompagn es de tuméfaction notable des paupières. Dans les contusions Ses de celles-ci, au contraire, le gonflement et l epancbemei t s ngu n les distende'nt aussitôt. L'ecchymose symptomatique de a

ricture de l'orbite arrive graduellement à la paupière qu elle colore de [Cen plus; celle de la contusion directe s'étend, au contraire, des

'^7' wJuitsL^;^ caractères difl^rentids des

ecchvmo^es, \,nséssur (les données analomiques que 1 on saisira acilemtf .1 y a, diue chirurgien, un Teuillet aponovrouque qu, se en du ourtour de l'orbile au^ carlilages tarses, et qu, se|>a,-e le ,>su Slu a r ° nt,-a-o,-bi,ai,.e et sous-conjonctival d'avec le t,ssu cellu a,r ^ , auniércs. Lo,-s donc que, i.ar le fait d'une contus,,,,, ou é ,„.» aie du sa,,? s épanche sur ra|>on,;vrose occipito-fronlale, ,1 pour,., r ; ctr ;o,^s,itier une ecchyLse dans l épaisseur ,naisia,nais il n'inlilti-c-a le tissu so„s-co„jonct,val. S, l eccn;,nosc " parait de bonne heure aux paupiè,-es et s'y n,a„, es,c avan uS puisse la voir sur la peau qui est cnire l'c-bue e, le heu o «is la plaie, c'est à cause de la teMu,-c ot de lu transpa,-ence d ?" u „ hrfb,., . Il va sans di,-e que si le point contus ela.t place a ;;::.Uc'^ ,Srieu,-e du cine, ce serait sous la peau du cou que se p,-opagerait l'extravasalion du sang.

[({) Réperioire (les sciences inc.licah-.s, I. XXIl, p. 307.] 3^il;iilio..,.-n;i V..I..I.-B. Bi.iHié.T, IS:;!.]

IJLESSl'UKS L ouBi ri:

QiKUit aux ecchymoses sous-coujonelivales, elles recoiiiiaissenl deux causes dislinctes : 1" mu; conlusion ou une déchirure des vaisseaux de la conjonctive; 2" un amas de sang dans la cavité orhilaire, (juel que soit le lieu d'où il y est conduit. Lorsque recchymose conjonctivale i apparaît à la suite dun coup sur lœil, c'est une preuve que la violence n a pas borné son action aux paupières et que le glohe oculaire a été lui-même contus. Quand au contraire il existe une fracture du crâne, l'ecchymose envahit d'abord la conjonctive; et bien qu'elle puisse s'étendre consécutivement au tissu cellulaire palpébral après avoir percé l'aponévrose qui est entre lui et le tissu cellulaire intra-orbitaire, lepoque diflërente de sa formation ne permet pas de la confondre avec I celles qui tiennent à une lésion des parties extérieures du crâne. Je noterai encore que, dans le cas de fracture, c'est la paupière inférieure qui devient le siège de l'infiltration sanguine. »

MM.Denonvilliers et Gosselin (1) attribuent les caractères suivants à l'ecchymose palpébrale survenant à la suite des fissures orbilaires : « 1° Elle ne parait ordinairement que trente-six à quarante-huit heures après l'accident; 2° elle commence par la paupière inférieure; 5" elle se montre à la surface conjonctivale plutôt qu'à la surface ! cutanée; elle est précédée par une ecchymose de la conjonctive ocuj laire. Tous ces phénomènes tiennent à la marche suivie par le sang j que fournissent les vaisseaux rompus. Après s'être épanché dans le I crâne, le liquide tend, en vertu de sa pesanteur, à s'infiltrer dans le tissu cellulaire lâche de la cavité orbitaire; une fois arrivélà, il gagne de proche en proche, du fond vers l'orifice, et s'étend d'abord à la surface I de l'œil dans le tissu sous-conjonctival. Ce n'est que plus tard et quand I le liquide est abondant, qu'il pénètre et se montre dans les paupières idont il est séparé par l'aponévrose tendue entre le pourtour de ll'orbite et les cartilages tarses. Enfin il doit naturellement apparaître d'abord dans le plan le plus profond , c'est-à-dire au-dessous de la conjonctive, et à la partie la plus déclive, c'est-à-dire à la partie inférieure. » T. W.]

I Ce n'est guère qu'après la mort qu'on peut se prononcer positivement sur l'existence d'une semblable fracture. Il n'y a, à la vérité, pas grande importance à la reconnaître pendant la vie, puisqu'elle n'exige aucun traitement particulier; toute l'attention doit être fixée sur les symptômes de commotion ou d'inflammation du cerveau (jui peuvent accompagner les fractures par contre-coup.

^ S VII. — Plaies pénétrantes des parois de l'orbite.

Le poli et la mobilité du globe de l'ceil, joints à la petitesse relative de cet organe, comparée à la grandeur de ia cavité dans laquelle il est

! m Trailc théorique et pratique .les maladies .les yeux, p. 878. Taris, 1834. I.abé.]

logé, la rcsisUincc qu'il prcscnle, la laxilc des parties situées enlrc lui et Torbite, servent à expliquer coniineiit des instruments pointus dirigés eontre eet organe le laissent souvent intaet, tandis qu ils vont s'enfoncer proloiulément dai»s l'orbite, ou même traverser ses parois et pénétrer dans une des cavités avoisinantes. Le côté nasal de 1 orbite et la voûte sont les deux points qui, à raison de leur peu d'épaisseur, sont le plus souvent traversés. La perforation de la voûte orbitaire, surtout, est un accident qui frappe tout d'abord l'atlention de celui qui tHudie la cbirurgie. Le peu d'épaisseur et la fragilité de cette voûte, la facilité avec laquelle le cerveau peut être atteint par les agents qui Tout traversée, l'instantanéité delà mort qu'on a vue alors survenir, sont des points qui se gravent de bonne heure dans l'esprit du jeune chirurgien. M. John Bell dit, après avoir attribué le peu d épaisseur de la voûte orbitaire « au mouvement continuel de va et vient de l œil « remarquons que l'œil n'est jamais en contact avec ce point et que par coSuent s s mouvements ne peuvent l'amincir - ajoute : « C est un I de mire pour lespadassin ; nous avous vu, dans ce pays, un jeune Lomme tué par un coup de fleuret qui avait perdu

Les conséquences des plaies pénétrantes de orbite sont ties variables plusieurs cas peivent se présenter. Ainsi, l'instrument qui 1 t ;bl ssure peut avoir été retiré au moment même ; il peut e re e^é i^iîs la plaiJ, mais de façon à Po^V^- I^:::^:^ enfoncé de telle façon qu'il ne présente plus de prise. Quant aux elîcts de a bl sure, ils peuvent être légers et passagers, ou intenses et t^é^^ dangereux, ou enfin leur durée peut être tres-pi^ ré n est évident qu'un poignard, ou tout autre arme dirige en dehoi^ d f con à pénétrer dans la fosse temporale à travers la suture u exis n e le Iphénoïde et l'os malaire, ou dirigé en bas de telle I te au'l fracture le plancher de l'orbite et pénètre dans le sinus n xUhii' n'en rainera pas de conséquences aussi fâcheuses que s i Z^vlZ^^^ée au nLau de Vos planum, ou 1;;^-^^^^^^^^ frontal, ou fracturé le sphénoïde ^^^^^Z^^^]^

^ eeux

wmÊsmm

,„ , , ,Qi 1 I ., minceur .le la voûte orhilairc, comme celle (,) ,i,irs Annlomy. vol. 1, p. /^O- ^on.lon « ' "co. s uléroc comme IVlTot .ie la eonfor-

(le rœil.

BLESSL'UHS Ui: L OUBITE.

des os, etc. A la suite de ces blessures, les sym|)U)ines de |)aralysie i sont presque toujours dus à un épanclienicnl de sang à rintcrieur du i crâne; la lièvre et le délire indiquent rinllammation des mendjranes;

les frissons, la suppuration, le coma, les convulsions, et la dilatation

des pupilles, un abcès du cerveau.

1 . Insignifiance de la plaie extérieure. — Un instrument vulnérant

peut, tout en ne faisant à l'extérieur qu'une plaie si petite qu'elle ' n'éveille aucun soupçon de danger, traverser complètement l'orbite et

pénétrer profondément dans le cerveau.

Ohs. lî). — Ruyscli rapporte le cas d'un homme qui fut blessé, dans l'orbile gauche, par l'extrémité d'un bâton qui n'était pas très-pointu. La plaie paraissait insignifiante : néanmoins le malade mourut peu de temps après. Ruysch l'ut désigné par les magistrats pour reciiercher la cause d'une mort aussi soudaine. A l'extérieur, il ne trouva qu'une légère ecchymose de la paupière supérieure; mais ayant ouvert le crîine, il vit que la j blessure s'étendait dans le cerveau jusqu'à une profondeur considérable (1).

Obs. 16. — Pierre Borel mentionne le cas, beaucoup plus remarquable encore, d'un homme qui reçut un coup d'épée dans l'orbile gauche. Croyant que la blessure n'avait point pénétré profondément, il se borna à la couvrir d'un emplâtre; après quoi il fil I deux lieues à pied, but et mangea joyeusement avec ses compagnons, comme un homme : bien portant, car il ne ressentait aucune souffrance. Le lendemain matin, on le trouva : mort. On ouvrit le crâne et on reconnut que l'épée avait pénétré jusqu'au cervelet (2).

Ces faits (5) démontrent avec quel soin nous devons examiner toute i blessure qui parait avoir pénétré dans la direction de la voûte orbitaire, jet quelle réserve il faut mettre alors dans le pronostic. Dans le cas I suivant, les symptômes graves se montrèrent de bonne heure et I furent combattus convenablement, mais malheureusement sans succès.

Obs. 17. — Le 12 avril 1832, on amène au London Hospital un homme atteint d'une plaie par arrachement de la paupière supérieure droite. Il raconte que, pendant qu'il travaillait à bord d'un vaisseau à décharger du charbon, un crochet destiné à soulever les charges l'atteignit à l'œil gauche, et qu'il fut ainsi enlevé à plusieurs pieds de hauteur. Ses compagnons s'apercevant de ce qui était arrivé, lâchèrent brusquement la corde, de telle sorte que le malheureux tomba pesamment sur le pont. Il relira immédiatement lui-même le crochet et, à son entrée à l'hôpital, il ne paraissait avoir aucune lésion grave. Le globe de l'œil était intact, et l'on ne put découvrir aucune fracture. La respiration était naturelle; le pouls à 76, plein, mais pas plus qu'on ne devait s'y attendre chez un homme robuste; pu|)illes sensibles à l'action de la lumière; pas de céphalalgie. — Saignée de vingt onces ; lotions froides sur le front; deux grains de caloniel toutes les deux heures. — La nuit fut tranquille. Le lendemain matin, le pouls était à 74, plein, mais sans dureté. Douleur de têle légère; il y a eu trois selles. — Application de douze sangsues au front, et continuation du calomel. — Vers six heures du soir, il survienf brusquement des symptômes de compression du cerveau; respiration sterloreuse; pupilles contractées et insensibles à l'aclion de la lumière; pouls à 52 et embarrassé; ■aucun bruit ne parvient à le rappeler à lui. A ce moment une quantité de sang paraissant mélangé de substance cérébrale, et qu'on peut évaluer à deux onces, s'échappe de la

I (1) Rtîvsciiii Obscrvalionum ccniurin. Obs. U. Amstclodanii, 1691.

, (2) Pi:Tni BoREi,i.i liistoriunim cl oliscrviilionuni (■(•iUui-i;i II. Obs. 19. Fraiicofiirli.lGTG.

(5) Voyez un cas scinblahle, par DiEMtuuHotcK, dans Aiialome corporis liiiiiiaiii, ii. 657. Ultrajecii, 1G72.

1^, MALAD1I".S DK l'oUIUTI;.

l.lPssure - Nouvelle saignée de ^ingl onces; le sang esl couenneux el relevé en coupe. orap,ii.,ue cloïïe ^.ngsties aux tcnïpes. - Il languit dans cet étal jusqu'à deux heures

'"j;;t;ri"'oS ovbilaire du frontal con.pléte.ent ''-y^^'^^^J^^t rable du lobe antérieur du cerveau, qui s'était échappée par la plaie, manquait (D.

rn/,.. 4« - ouelnues gamins s'amusaient à faire partir un petit canon d'enfant. Pour S , i -,.n.,Hnn i ^ rie ils imaginèrent d'y enfoncer un morceau de tuyau de i;*;; f'uno S eï rou^ fqS lès pas en'face du canon ; lorsqu'on y eut mis TfPn olV lomb L--le4^^^ e .luandon l'apporta à l'hôpital elle était morte Au

antérieur du cerveau, où on le retrouva ti). 1- W.J

2 DifTérences dans la siluation et rétendue des fractures de l'orbite - Il est digne de remarque que ce n'est pas seulement a portion orbitaire du frontal qui se fracture lorsqu'un instrument vulérant es dirigé contre la voûte de Torbite, et quon peut jusqua un etld i P inl juger du degré de violence employée par la mam qu. tenait rlrme, lien qu en voyant à 1 autopsie, dans les cas malbeureu., rmelle est la situation de la fracture.

' nous empruntons à Bonet le cas suivant de blessure du cerveau faite au travers de Torbile et de l'ethmoide :

0,s. 19. - un paysan, âgé de -s fut jnvi^ à ^ g^ ^P^^

rencontra sur sa route; mais comme . e P»^";^ ^ ^^^'^ ,^;3",f violemment de son lourd fardeau, il refusa, irrite de ce refus SOI anU.0^^^^^^

fouet entre les épaules; puis le "^^^j!, ,f,!; 'J^^^ X^ Ce i -ci ne crovant pas les l'extrémité aiguë de l'un des fragments a la ^, l'*^,^ le dos, sa voilure coups qu'il avait reçus dangereux, ^/J'^;^';' f " ^'i^^^^ changée de bois; lorsqu'il u ' S 1 m d f 1^^

où la scène s'était passée il tomba -^oY-^^c^ "^f „^ J^'^!^^ aiguë du manche avait

où se trouvait une quantité considérable de sang caille (3).

0,s. 20. - un homme qui se ^nait ù la tète ^^^^^^^^^^^^ j^eS.ïe tout à coup frappé à la face par l'animal qui v m p\,pr^.s lui, ce n'était

coup fut si violent qu'il en fut renverse, ma s ans ^ ,,arnaihement. Il y avait pas la tête du cheval qui l'avait ' ^^^^^ un pouce de long, comprenant

!,U,.c l'œil gauche et le ne/ 1^'' 'S^ dans la plaie une sondu

;;r^r Eu^ r ïlrSS^Îs L pouce, da. . dH-ection de la paro

a^^;;'::?SïS:^u' itbhM-ar W.... Coo.n. Annales a-OcuU.ique, XXX... %?r!L. S.n„n„ n.i...U:,nca, oi.M- «o.. dans .on Sn-.H.re.un., ,. .U, P- 3S0. L«B fluni, 1700.

ULESSUUES DE l'oUIUTE.

inlcnie Je l'orbile, maison no pul sentir l'os. L'œil gnuclio olail inUict. Le droit, liien qu'il parût l'èlro égalenienl, avait compléteiiiciit perdu la faculté visuelle, la pupille était dilatée à rexlrènie, et bien qu'il eût conservé sa sensiliilité générale et l'intégrité de ses mouvements, une 'lumière placée tout contre lui ne déterminait ni contraction de la pupille ni aucune sensation lumineuse. Le malade répondait promplcmeiil et clairement aux questions, et, à part une légère céplialalgie, il n'offrait aucun symptôme (|ui |)ùl faire ■ croire à une lésion cérébrale. On examina les os du nez, mais sans obtenir de crépitation ; i h droite pas la moindre ecclivmose (\m pût décéler l'existence d'un coup. Néanmoins, le I jour suivant, on vil survenir itu délire et de la stupeur. Comme on attribua ces symptômes t à une méningite, le malade fut saigné et purgé, et mis à l'usage répété du calomel et de l'antimoine. ^Apparition de convulsions dans la soirée, le bras et la jambe gauches sont raideset contraeturés, tandis que les membres droits sont sans cesse en mouvement; la I pupille de l'œil droit est maintenant resserrée. Comme le malade ne peut plus avaler de I pilules, on lui dépose le calomel sur la langue; on lui applique aussi un vésicatoire à la î nuque. On voit survenir ensuite la paralysie des membres gauches, tandis que l'agitation i cesse dans les droits. Il meurt au milieu des convulsions le cinquième jour après i l'accident.

I A l'autopsie, on trouve le cerveau et ses membranes fortement injectés; il existe sur ' les deux hémisphères un dépôt abondant de lymphe plastique entre l'arachnoïde et la pie-mère. Chacun des ventricules latéraux est distendu par du sérum contenant de la matière purulente en suspension. Toute la face inférieure des lobes antérieurs adhère à la . dure-mère par l'intermédiaire d'une lymphe coagulable. En mettant à nu les nerfs opli- I ques, on \oit que le droit a été complètement déchiré en travers; ses deux bouts ne tiennent plus que par une membrane délicate qui les réunit au niveau du trou optique. La base du cerveau, depuis la moelle allongée jusqu'au chiasma, est recouverte d'une couche épaisse de lymphe plastique qui empêche de suivre les racines des nerfs. A la partie . postérieure du lobe antérieur, tout contre le point où le nerf optique est lésé, et près de la corne antérieure du ventricule latéral, le cerveau est conlus, ramolli et ecchymosé. Ces lésions ont été produites par la fracture de la lame criblée de l'ethmoïde et de la portion du sphénoïde qui forme la voûte du trou optique. Le fragment d'os fracturé est lâchement I unipar la dure-mère àla partie antérieure delà selle lurcique, au-dessus du sinus caverneux 1 droit. En introduisant une sonde par la plaie extérieure, on peut, à l'aide d'une certaine I manœuvre, la faire saillir à l'intérieur du criine. Il est donc de toute évidence que la plaie avait dû être produite par un corps pointu qui avait pénétré dans l'orbite et heurté l'os I planum qu'il avait refoulé en dedans; le choc se transmettant en même temps en haut, I avait déterminé la fracture de la lame criblée de l'ethmoïde et la déchirure du nerf optique ! du côté opposé (1).

Obs. 21. — Le 10 décembre 1819, j'assistai à l'examen du corps d'un homme qui, la I veille au soir, pendant une rixe dans la rue, était tombé subitement mort par suite d'une plaie pénétrante de l'orbite, produite par l'extrémité aiguë d'un parapluie. Il s'était écoulé beaucoup de sang par le nez et la bouche. La paupière supérieure était gonflée et livide, el la conjonctive soulevée par du sang épanché. Il existait, juste au-dessus du tendon de l'orbiculaire, une plaie pénétrante qui permettait au petit doigl de s'introduire facilement jusqu'au fond de l'orbite, entre la paroi interne el, le globe de l'œil. L'extrémité du doigt sentait l'orbile fracturé. — En ouvrant le crâne, on trouve dans la cavité de l'arachnoïde et celle de la pie-mère une grande quantité d'un sang noir et fluide. La dure-mère est déchirée juste au-dessus du bord qui limite la fosse moyenne de la base du crâne, el qui est formé ])ar la petite aile du sphénoïde. Le cerveau est déchiré en ce point, et une petite portion en est complètement détachée. En enlevant la dure-mère, la fracture, quon avait pu distinguer (lès qu'on avait soulevé le cerveau, est complètement mise a nu. La petite aile du sphénoïde fracturée est séparée du frontal le long de la suture sphénoïdale. La fracture s'étend d'arrière en avant sur la voûte orbitaire du frontal dans la moitié environ de son étendue; mais ce qui est beaucoup plus remarquable, la portion relativement épaisse el résistante du sphénoïde, qui complète en arrière la voûte de l'orbite, est rompue en travers à son extrémilé Interne; preuve, ainsi que l'état de la dure-mère et du cerveau, de la, violence avec laquelle avait élé dirigé l'instrument de mort. .)e dois

(I) Médical (Jnznlle. vol. XXVII, p. ;i87. Lon.li)ii, 1811.

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