H MAI.ADIKS DES OHGANlîS Sl'iOUÉTlillUS 1)KS LARMES
SECTION VI
ENGORGEMENTS CHRONIQUES ET SPÉClFiyi'ES DE LA GLANDE LACRYMALE.
Les cngorgemcnls chi-oiiuiucs, aussi bien que riunammalion, alluquent d ordinaire séparémenl, soit les glandules conglomérées, soil la glande innominée; mais il est rare que les deux portions de 1 organe sécréteur des larmes soient prises en même temps.
I X. — Hypertrophie des glandules conglomérées.
J'ai vu les glandules conglomérées des deux côtés affectées d'engorgement chronique. Les paupières supérieures étaient pendantes a leur extrémité temporale, tandis que les glandules formaient des tumeurs granulées du volume et presque de la forme de pépms d orange. Des cas semblables ont été vus par MM. Laugier et Richelot qui, après les avoir traités par les antipblogistiques, ont ensuite eu recours au sullate de auinine ('l).Le docteur A. Andersen, dans un cas de cette nature, après de fre'quentes applications de sangsues, a eu recours avec succès aux frictions avec longuent mercuriel (2).
^ II - Hypertrophie, chloroma, squirrhe, et fongus médullaire de la glande ' lacrymale.
U glande lacry.nale, comme toutes les autres glandes d'^ "*«;;^'™»; lure, est sujette à des engorgements lents de nature diverse ; lu, deux a été généralement considéré comme de nature sqmrrheuse. Outre e snuh-riron a publié des observations qui démontrent que la glan Z augmenter de volume par suite d'une hypertrophie stmple dtm Fo,"sus médullaire, ou enfin dune affection partictU.ère dtlTerente de
'X:^^'"^'^'^- rengorgement chroni- qufrrgrande YacrymaV, on peut diviser -juat,. ix-,™ es | nnrche de cette affection. Dans la première, le globe de lœ" «i' :;tdheete,nenten avant, et le malade ne 1-^ j
cilcmentdu côté de la tempe; » ï » «P'P '!Xt ÏÏ^ lancinante dans la partie supérieure et externe de loibe ma s le trace de gonnemenl aiiparent dans cette région. Il est pai «. dMc e de diag lostiqucr une alfection de la glande aerynia le peu, 1
uet^rtde q'ui pet^t durer quelques ^'^^^^^^^^Z'^S l'œil forme une saillie encore plus considérable bois de
,„ Tr,.l„c..o„ r,,nç.i» .1. ,l-»«, l";;^'';--:^!:''^"' " (4 Jlonllily Journal »f ""li"! '
KNGORGEMEiNTS CHllOiMQUES KT SPÉCIFIQUES UE LA GLANDE, ETC. 119
survient (|iiclqiiot'ois dos saignements par la narine; la |)aupière supél ieurc est distendue et bounic ; le volume de la glande est augmenté au point qu'elle forme une tumeur saillante ; le doigt peut sentir à iravers la peau de la paupière supérieure, ou en se portant dans le sinus supérieur de la conjonctive , rprelle est dure et lobulée. Dans la troisième période, la glande s'accroît tellement, ([u'elle ('liasse Tœil en bas, en dedans et surtout en avant, jusqu'au j)oini qu'il paraît pendre siu' la joue. Si la maladie est négligée , ou si le malade se refuse au traitement, la quatrième période survient, pendant laquelle on peut voir le côté temporal de l'orbite se dilater, l'ésistant alors mieux que les os à la pression ; mais le plus ordinairement l'œil déplacé s'enflamme, se gonfle, suppure et éclate : son contenu s'écbappe en partie, le reste est absorbé. La glande continue (le s'accroître jusqu'à ce qu'elle remplisse complètement l'orbite qu'elle "'aie; les os qui composent cette cavité disparaissent sous Tinfluence l'absorption progressive, ou sont détruits par inflammation ulcéraive; les paupières sont fortement distendues, l'inférieure est renversée; 011 aperçoit les restes du globe de l'œil étendus à la face antérieure de a tumeur qui, recouverte de la conjonctive distendue et enflammée, ut être prise pour un fongus liématode ou pour quelqu'autre tumeur l'œil lui-même. Continuant de s'accroître, la glande se porte en bas à travers la fente spbéno-maxillaire, oblitère la narine correspondante, et déforme même le cerveau. Le malade est pris, à la lin, de symptômes apoplectiques, ou meurt épuisé par la fièvre et la douleur.
La marcbe des symptômes peut varier. Quelquefois l'œil est lentement poussé de côté, et l'orbite se dilate sans qu'il survienne beaucoup il inflammation. D'autres fois, il survient de bonne heure une forte i vophlhalmie, avec une iisHanmiation de tout le contenu de l'orbite. La iliplopie se montre parfois dans la secofide période, d'autres fois dans I l troisième. -La vue s'obscurcit d'abord, puis la cécité complète survient plus ou moins prompLement; mais la vision se conserve quelquelois d'une manière surprenante malgré une saillie extrême du globe de I led, et l'allongement excesGif du nerf optique. La tumeur chasse le plus "i dinairement l'œil hors de Torhite, mais elle passe quelquefois au-dey<ml de lui et vient le recouvrir complètement. Ainsi, dans un cas opéré l'îirSirP. Crampton,on s'aperçut, en enlevant la tumeur que l'on avait pi isc pour un fongus oculaire, que l'œil aflaissé était situé derrière et ■^ous elle (1).
La glande engorgée étant située entre l'orbite et l'élévateur delà l'iuipiere supérieure, ce muscle se trouve comprimé et perd la faculté •K" se contracter; la paupière supérieure pend donc presque sans mou- ^•'ment au-devant de l'œil déplacé; elle est molle, gonflée cl parcourue
I) D"l'li>'guaiM.'ply.I„„. nalof Médical Science, vol. I, p. 80. Dublin, \m.
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120 MALADIES DUS OUGANKS SÉCIlÉTEUllS DES LARMES.
par des vaisseaux variqueux. La paujjière inférieure subit i)resque toujours un degré plus ou moins prononcé de renversement.
Diagnostic. — Il y a i)lusieurs autres espèces de tumeurs à l'inlé- , rieur de Torbite, qui peuvent déterminer la saillie et la désorganisation de rœil; il faut donc examiner soigneusement, en pareil cas, si l'on sent la glande dure, lobulée et augmentée de volume. La glande lacrymale et l'œil sont quelquefois poussés tous deux en avant par une tumeur . développée profondément dans l'orbite ; on peut en pareil cas se tromper et s'imaginer que la glande est la cause de l'exopthalmos, tandis qu'elle n'est nullement augmentée de volume, mais seulement déplacée. Mais alors la glande, bien qu'on la sente lobulée, est molle, et nullement dure et résistante. Lorsque l'œil a éclaté, un observateur superficiel peut aisément confondre l'engorgement cbronique de la glande lacrymale avec le fongus hématode de l'œil, ainsi qu'on le voit eu examinant les deux figures de la planche 5 de M. Travers. La fig. 1 représente le fongus hématode de l'œil et la fig. 2 l'engorgement de la glande lacrymale (1).
11 doit être extrêmement difficile de distinguer l'engorgement chronique de la grande lacrymale d'avec la maladie que Schmidt a décrite sous le nom àliydatide, mais qui, j'en suis convaincu, n'est qu'une tumeur enkystée étroitement unie à la glande. Une ponction exploratrice déciderait la question.
Variétés. — Il est fort probable que l'on a confondu ensemble plusieurs espèces d'engorgements chroniques de la glande lacrymale. Les raisons suivantes me portent à douter que les engorgements qui produisent les symptômes que nous venons de décrire soient toujours ou même jamais dénature maligne : l-'on les rencontre chez les enfants aussi bien que chez les adultes ; 2° leur marche est ordinairement d'une lenteur extrême ; 3° ils n'affectent que rarement ou même jamais le système lymphatique; 4° rarement ou jamais y voit-on survenir quelque chose d'analogue à l'ulcération cancéreuse ; S" on n'a presque jamais vu, après l'extirpation de la glande, de récidive semblable a celle des affections malignes.
Outre les engorgements scrofuleux dont nous avons parle dans la dernière section, je crois qu'on peut admettre les variétés suivantes d'engorgement de la glande lacrymale : - 1 hypertrophie simp e; 2 chloroma, ou tumeur fibro-plastique ; 5 squirrhe; 4 fongus médullaire. Enfin, dans quelques observations publiées, l'affection est de
nature douteuse. • .
1. Hypertrophie simple. — Gluge rapporte le cas suivant de cotte
sorte de lésion à l'état congénial :
Obs. m. - Il s'agit d'un enfant chez lequel on avait observé à partir de la naissance^ {{) TnAVEKS. Synopsis or Iho Discascs of ihc ICyc. Lon.lon, 1820.
KNGOlKniMliNTS CllUOMQUr.S ET SPÉCIFIQUES Ulî LA (JLANDE, ETC. 1^21
iiiie liiiiieui' au iiiveiiu de la région de la glande lacrymale gauche. Elle augmenla lenleiiient en poussant l'œil en bas et en dedans. Le docteur Cunier l'extirpa quand le malade l'Ut atteint l'âge de 5 ans et demi. L'opération fut longue et (iillicile. La masse extirpée fut envoyée coupée on morceaux à M. Gluge; son volume égalait au moins celui d'un œuf de jioule. Elle était formée par la substance delà glande et de ses canaux excréteurs tous lieux liyi)ertropliiés. La surface interne des vésicules glandulaires était tapissée par des i L'llulos cpitliéliales; tout dans la structure de l'organe était normal, son volume seul l'iait accru (\).
[M. DesinaiTCs (T) publie robservation suivanle qui lui a été communiquée par M. Lebei't. C'est le seul cas d'hypertrophie de la glande hicryniale qui ail.été étudié d'une manière aussi complète sous le iapport clinique, auatomiquc cl microscopique. Nous ne donnons (|ti'un court exposé de celle observation :
Obs. 116. — Le 22 octobre tSSl, M. Chassaignaca présenté à la Société de chirurgie une malade âgée de 26 ans, atteinte d'exophthalmie de l'œil droit résultant d'une tumeur (liii poussait l'œMl hors de l'orbite en avant et en dedans. L'on sentait très distinctement line tumeur dure, élastique, saillante, arrondie sur toute la moitié supérieure externe et inférieure de l'orbite. La tumeur, point douloureuse du reste, n'était pas mobile. La malade s'était aperçue de la proéminence anormale de l'œil dès l'âge de 20 ans. Dès lors, ilans l'espace de six ans, la tumeur s'est lentement accrue; l'exophthalmie a fait des progrès, et la vision a été peu à peu abolie; un bruissement sourd et continu s'entendait à l'iiuscultation de cette région et la malade elle-même l'éprouvait de temps en temps, surtout M\ époques menstruelles. Le 28 octobre, M. Chassaignac fit l'extirpation de cette tumeur li s'étendait profondément dans l'orbite, tout en ménageant complètement l'œil qui a pu (Ire replacé et reprendre son aspect normal. La tumeur fraîche avait environ 35 millimètres • 'v long sur 2 centimètres de large et à peu près autant d'épaisseur. Elle était presque nique aux deux extrémités, dont l'une constituait une espèce de pédicule de 5 à 6 miliiiètres de long sur 3 à 4 de large. La forme de la tumeur se rapprochait beaucoup de n lle du testicule. Extérieurement, elle était entourée d'une enveloppe libro-cellulaire peu \;isculaire. Sur une coupe fraîche on constate un aspect grenu, rougeâtre, ayant la ressemblance la plus frappante avec la structure des glandes en grappe; à la pression, on obtient de nombreux grumeaux que le microscope reconnaît pour des culs-de-sac glaniliilaires. A de faibles grossissements microscopiques, on voit bien la réunion de ces culs- 'ic-sac allongés, en grappes et lobulés. Les cœcums terminaux sont allongés et varient entre 1/12 et 1/2 millimètre de largeur. A de forts grossissements, on reconnaît leur membrane propre finement grenue recouverte de fibres très ténues, éloignées les unes lies autres; à la face interne on voit beaucoup de noyaux d'épithélium de i/200 de millimètre renfermant un ou deux nucléoles punctiformes. On ne voit qu'un petit nombre de n'Ilules rondes de 1/iOO de millimètre, mais un grand nombre de corps allongés, cvlindriqiies ou cunéiformes de 1/20 de millimètre de longueur sur 1/130 ou 1/120 au plus de large; leur intérieur est homogène et opalescent. L'acide acétique, ainsi que la solution de jMilasse, ne les altèrent point, et tout fait croire qu'il s'agit là de cellules d'épithélium I \lindriques à la fois carnifiées et infiltrées d'une substance qui offre l'aspect opalescent de i:i graisse.
Il résulte de l'ensemble de ces détails qu'il s'agit d'une hypertrophie 'l<' la glande lacrymale. L'extension de la tumeur vers la partie inféiK'ure et externe du plancher orbilaire pourrait faire supposer que 1 liyperlrophie a pris son point de dé|)arl dans la partie inférieure de
(1) Aiinak's .fOciilisliquc, t. XXIIi, p. I«. nnixcUcs, 18!j0. [(2) Loc. cit., t.. I,p. 2G7.]
122 MALADllîS l)i:s ORGANES SÉCIIÉTEURS DUS LARMES.
la porlion de la glande qui a été si bien décrite par Mom-o et (jue les anatomistes allemands ont appelée glande lacrymale de Roseniniiller. D'un autre côté, la position anormale de la tumeur n'exclurait nullement la possibilité d'une bypertropbie de la glande lacrynude dans sa totalité qui, à mesure qu'elle prenait des dimensions plus considérables, s'est étendue davantage en bas, en avant et en dedans. T. W.]
2. Chloroma, ou tumeur fibro-plastique. —Le plus grand nombre des cas d'augmentation de volume de la glande lacrymale se rapportent à cette altération, le mot tumeur fibro-plastùjue étant presque synonime de celui de sarcome simple, employé autrefgis par les chirui'gieus (1).
Obs. 117. — J'ai en ce momenl sous les yeux des glandes lacrymales considérablement augmentées de volume el qui sont devenues une cause de mort pour une jeune lille de 8 ans, qu'on avait amenée du dehors, le 17 décembre 1830, au Eye Infirmary de Glascow. Les parents de l'enfant racontaient que cinq semaines auparavant ils avaient vu l'œil gauche commencer à faire saillie hors de l'orbite; il en avait été de même du droit, une semaine plus lard. La maladie avait marché rapidement des deux cotes. La cornée gauche était déjà mortifiée; l'œil droit était œdémateux, mais la vision y était encore fort bonne L'enfant s'était plaint de douleurs soudaines dans les yeux, mais n'avait rien ressenti ailleurs. La veille de son entrée, il s'était écoulé un peu de sang par la narine droite. La malade éprouvait de l'inappétence et de la constipation ; son urine était rare, et elle dormait peu. Les cahiers de l'infirmerie portent qu'on lui prescrivit l'iode, un opial, des laxatifs et des vésicaloires derrière les oreilles.- Le 24, les douleurs ont diminue La saillie de l'œil gauche s'est néanmoins accrue. La cornée droite s'est en partie ulcérée, l'iris est enflammé, et les humeurs sont troubles. Selles plus régulières, urmes rendues en quantité normale.-Le 22 janvier 1831, la tuméfaction de l'œil gauche est augmentée ; l'affection est stationnaire à droite; la malade distingue encore de ce cote la lumière d avec l'ombre- plus de douleur, pas d'écoulement par la narine; appétit el somraed bons.— Le 31 les deux yeux sont énormément saillants ; leur partie postérieure, recouverte par la conjonctive palpébrale renversée, fait hernie entre les paupières. Depuis deux jours l'œil droit a été plus douloureux. A partir de celte époque, l'enfant n'est plus amenée a 1 infirmerie Nous avons appris qu'elle a continué à éprouver du soulagement de son opiat pris le soir", de sorte que, bien qu'elle restât la plupart du temps sans dormir et couchée sur la face elle ne se plaignit jamais de souffrir. Elle devint sourde quelques semaines avant sa mort qui eut lieu le 9 mars; 48 heures avant, il s'était échappé beaucoup de sang par la narine droite Elle fut prise de convulsions une heure avant de mourir, mais el e n eut jamais ni coma ni délire. - Je suis redevable des détails suivants sur l'autopsie, a M. John W-ill chirur-ien à Glascow : en enlevant suivant le procède ordinaire les téguments du S ' 0 ï oit que les os sont çà et là d'une légère teinte verte. Pendant qu'on scie le cr'ïe' Ts' coule p r la veine qui communique des téguments, à travers le pariétal droit, au inu onSSma , environ Quatre onces de sérum sanguinolent. On aperçoit plusieurs net t s un^u s .-en ni naissance à la dure-mère et correspondant aux points ou les o. ' aissT v 1 la teinte verte dont nous avons parlé. On aperçoit aussi qua re pe . le h ineu s du volume d'un shelling, naissant delà dure-mère, l'une au-dessus de la laui 1 rifôrme cl dë îapophyse cris! -galli de l'ethmoïde ; une autre sur la portion pelreuse de c aq e emi^nl e alioÎMiiè^ la onctio» delà suture lambdoïdeavecla suture sag taie iS tous ces po nts les os étaienl cariés el les tumeurs profondément enfoncées dan^ es l'nl 1 existait une grande (luantilé de sérum au-dessous de l'araclinoide,
(1) voyez. Pact's Leclurcs on Tumeurs, U-C. V, pari. IL Médical Gaz.-..c. vol. Xl.VllI, l". Loridoti, 1851.
ENGORGKMENTS CIIUOMQUES KT SPÉCIFIQUES DE LA CE.VMJE, ETC. 123
|)ivs (lo -2 ii-î pouces do longiRHir cl l 'Aj'i- pouce (l'djjaisscur. Ces luiiicurs, qu'on considère coniMic les gliiiidcs lacryniiilcs très auginciitées de volume, iidlièrenL l'ortenicnl nu périoste dans le point où il se rénécliil du frontal pour donner insi.'rtion aux paupières supérieures et aux parties contenues dans l'orbite. Cette i!ienil)rane incisée, on peut enlever lacileinent avec les doigts les glandes engorgées el les séparer de la conjonctive et des légumenls. Les tumeurs polies à l'extérieur, (pioi(iuc lolnilées, se ressenil)lent pour les dimensions, la texture et sous tons les autres rapports. Elles olfrent une légère teinte verte semblaljle à celle du petit lait et tout à fait pareille à celle des tumeurs de la dure-mère, auxquelles elles ressemblent aussi sous le rapport de la consistance qui est uniformément ferme, parfaitement homogène, et n'olTraiit pas la moindre trace des bandes blanches propres au squirrhe. iS'on-seulement elles remplissaient l'orbite, mais elles formaient de plus, au delà du frontal, une saillie de trois quarts de pouce, qui refoulait en bas les globes oculaires dont les humeurs s'étaient échappées ou avaient disparu par absorption, tandis que leurs tuniques ratatinées et desséchées étaient appliquées sur les joues. Il existait aussi sur la portion plane de l'ethmoïde, dans l'orbite droit, une petite tumeur offrant la même teinte verdàtre et plongeant dans la narine à travers l'os carié. L'hémorrliagie avait pu provenir de celte tumeur ou de celle qui siégeait sur la lame cribriforme.
Celte observation ressemble beaucoup à une autre recueillie par M. Alian Burns et dans laquelle la glande lacrymale de chaque côté, la membrane des sinus et la dure-mère offraient Taltération que nous venons de décrire, M. Burns (1) la considère comme une affection spécifique, suigeneris.
C'est certes un fait remarquable que de voir la glande lacrymale se convertir quelquefois en une substance ferme, de couleur verdàtre, en même temps qu'il se développe des tumeurs semblables sur la duremère, le périoste et la membrane de Schneider. Outre lobservation que j'ai rapportée et celle de M. Burns, il en existe d'autres. Dans un cas publié par le docteur J. H.Balfour (2), les globes oculaires étaient chassés de l'orbite et détruits, et l'on trouva un grand nombre de tumeurs vertes semblables à la matière en laquelle les glandes lacrymales étaient converties, attachées tant à la face interne qu'à la face externe du crâne; elles prenaient naissance sur les deux faces de la dure-mère. Dans un cas publié par M. Durand-Fardcl (5), les glandes lacrymales n'étaient point prises ; mais il y avait des tumeurs vertes entre la dure-mère el l'arachnoïde, entre la muqueuse el les os du méat auditif externe de cbaque oreille, dans chaque cavité du tympan, dans la raie, et dans la couche celluleuse qui entoure le rectum (4).
Obx. i 18. — Le docteur King de Glascow a observé en juillet 1849, un cas de chloroma sur une petite fille de 6 ans et 7 mois. Les tumeurs occui)aienl les deux tempes, la voûte et la région sourcilière de chaque orbite, la partie supérieure du front el le vertex. Une parlicularite remarquable, c'est (juc les tumeurs augmentaient de volume et s'aiïaissaienl dlternativcmenl. Ainsi, celle de la voûte orbitaire droite acquit un tel volume que l'œil ne pouvait plus être découvert ; puis elle diminua au point de rendre à la paupière sa liberlé
(I) S.n-Kical Anainmy of ihn Ilead an.I iVock. p. 58Î5. Glascow, 1821.
f -d.nburgh Alcdicaland Surgirai Journal, vol. \\.\\\, p.:^l9. E.linbnrRi., 18Ô.S.
W Journal liduloinadairc .Irs progrès ,k-s sri.-nc-s médicales, lomr III, p. 207. Paris. ISÔfi. J!; '■«..'^''s «^as. voyez une chscrvatlnn j.ar Wim.iams, dans laqn..|l.- I,- périrrànr. la duredon 18/9 ""' '^""'"'^ tin/.elle, vol. XLIV , p. 8o4. Lon-
i2/|' MALADIES DES ORGANES SÉCHÉTEL'US DES l.All.MES.
(l'aclion. Une lumcur beaucoup plus grosse (ju'iin (liul dc pigeon cl (lui s'élail foniiée au nivenu de l'apophyse inasloïile, avait presque disparu au niouieiilde la n)orl. La malade s'affaissa graduellenienl cl inoiiriiL le 5 oclohre. — En enlevant la peau, la tèlc offrit un aspect extraordinaire, elle était parsemée de tumeurs aplaties d'un janne verdàtre. En incisant les aponévroses lemporales, on trouve les muscles remplacés parcelle substance verte particulière. Les deux tumeurs du dessus des yeux sont de la même nature, elles recouvrent le bord sourciller et la partie externe des portions orbitaires des frontaux, refoulant l'œil gauche en l)as et en dehors, cl le droit plus directement en bas. Tout le contenu des orbites, à l'exception des yeux, de leurs muscles et des nerfs optiques, est con- ] verti en matière verte. Les divers os qui forment l'orbite sont attaqués par jilaces, des I aiguilles osseuses s'enfoncent des points malades dans les tumeurs. Toute trace de l'orbiculaire des paupières a disparu de chaque côté. Il y a une tumeur à la surface externe du maxillaire inférieur. On voit à la face interne de la dure-mère deux masses aplaties, une de chaque côté de la faux, qui compriment le cerveau. Dans tous ces divers points, les masses morbides présentent exactement les mêmes caractères, elles ne diffèrent que par leur mélange avec les parties voisines qui sont libreuses, osseuses, ou musculaires. Le tissu fibreux est celui qui paraît avoir servi de matrice h ce produit. Les masses sont parfaitement homogènes et sans traces de vaisseaux sanguins. L'eau et l'alcool diminuent promptemenl l'intensité de la couleur verte. On ne découvre aucune Irace de bile dans l'alcool où les pièces ont macéré. La substance de ces tumeurs ne contient aucune trace de soufre, ce qui porle à penser qu'elles ne sont composées ni de ril)rine ni d'albumine. Quelques 'parties de la table externe du crâne et de son périoste sont parfaitement saines; mais dansions les points occupés par les tumeurs, le périoste adhère fortement avec la masse morbide, ou se confond avec elle. Dans tous ces points aussi, la surface du crâne est recouverte par une couche de substance osseuse de nouvelle formation, offrant une disposition alvéolaire, ou consistant en aiguilles ou en minces lamelles naissant de la table externe de l'os et laissant entre elles des dépressions irrégulières qui paraissent aboutir à la surface naturelle de l'os. La substance morbide ou le périoste altéré envoie des prolongements irrénuliers dans ces dépressions. La même disposition existe sur certains points plus limités de la table interne, en regard des parties où la table externe est
En examinant les préparations conservées au Musée anatomique du Glascoiv Collège, le périoste des fosses lacrymales semble avoir donné naissance aux tumeurs qui saillaient de l'orbite, et les glandes lacrymales paraissent transformées en une substance semblable à celle des lumeurs. La matière fibro-plaslique est infiltrée et a transforme, plutôt qu'elle n'a déplacé toutes les parties avec lesquelles elle s'est trouvée en contact, a l'exception des nerfs et des muscles de l'orbite et des globes oculaires (1).
Le chloroma ou tumeur verle, à moins qu'il n'appartienne à la classe (les tumeurs fibreuses amorphes de Vogcl, ou à celle des tumeurs fibro-plastiques de Lebert (2), diffère probablement de toutes les altérations morbides décrites par les patbologistes. La coloration verte a attiré l'attention de Vogel et de Lebert; et comme elle n'est point due à la présence de la bile, ils l'attribuent à un principe immédiat particulier.
L'observation suivante me parait appartenir à 1 espèce libro-plastique :
01,, l,l<j. J'ai examine, il y a quelques années, le corps de M- F., âgée de 60 ans une des malades du feu docteur G. C. Montealh. Elle avait été afTecleependantlongtnps 'un d pincement de l'œil droit en bas, en dedans et en avant, et quelques ^^^-^^ sa mort l'œil avait crevé. Nous trouvâmes la sclérotique vide, couchée au-de a il d une tumeur bl!;;!che et granuleuse, constituée évidemment par les acini hypertrophiés de la
gique, lomc 11, p. 120, Pari., \m. ib. Eancel. iM-bn.i.ry %, 18i.o, p. 20o.
ENfiOUGEMKîSTS ClIUOiSigUIiS Kï SPÉCIFIQUKS l)K LA CLANUi:, IvTC. 125
"ijindo lacrymale. Elle avait le volume du poing d'un homme, occupant l'orhite lortemeiU dilaté cl s'ënl'oncanl en bas dans la l'ente spliéno-maxillaire. Elle avait détruit par absorption la voûte de l'orhite fini était encore recouverte par la dure-mère, excepté en (juehiues points où elle était en contact avec le cerveau. Elle avait déforme le cerveau à un liuul denré, ayant refoulé en haut la face inférieure du lobe antérieur de l'iiémisphère droit cl on^'arrière la face antérieure du lobe moyen. Le nerf moteur oculaire commun droit avait été absorbé. A l'intérieur du crâne, le nerf optique droit était plus petit que le gauche; à l'intérieur de l'orbite, il ne restait plus guère que son iiévrilèmc. La narine droite était obstruée par la présence de la tumeur. Les sinus frontaux et maxillaires du côté droit étaient pleins d'un mucus puriforme. Cette malade s'était constamment refusée à toute opération.
L'obsenalioncrAiidrcwSmilh, rapporlcepar le docleiir Ilalpin (1), celle de Mary Gibbons par M. Pembcrlon (2), et celle de David Gibsoii parledocteur A. Andersoii(5), ressemblent, sous beaucoup de rapports, à la description que M. Lebert a donnée des tumeurs fibro-plasliques.
3. Squirrhe. — Il n'est pas bien démontré que la glande lacrymale puisse devenir squirrbeuse.
Himly extirpa celte glande pour une affection qu'il crut être un squirrhe. Il parait qu'il fut désappointé par le résultat, car il n'eut jamais plus recours à cette opération. L'œil ne rentra pas dans l'orbite; la vision ne futpas améliorée, etl'opérée revint avec l'œil affecté, dit-il, de la même maladie. Il n'est cependant pas démontré d'une manière satisfaisante que l'œil eût été pris de squirrhe. La malade était une jeune femme évidemment en proie à la scrofule , et l'affection de son œil me parait bien plutôt avoir été une dégénérescence sLaphylomateuse de la choroïde et de la sclérotique qu'une affection maligne (4).
M. Travers dit « qu'il a enlevé la glande lacrymale considérablement augmentée de volume, et à l'état de squirrhe vrai, sur un homme d'âge moyen (3). » Mais, ainsi que le fait remarquer M. Lawrence, la circonstance que la glande avait augmenté de volume dépose contre l'idée qu'elle lut affectée de squirrhe. « Chez la femme, dit-il, la mamelle affectée de squirrhe n'augmente ordinairement pas de volume; quelquefois, au contraire, celui-ci diminue (6). >>
Dans le cas de John Clifton de M. Lawrence, la glande extirpée « avait le volume d'une grosse noix; sa texture était compacte et homogène, d'une teinte jaune claire, avec une apparence de fibres rayonnées en un point; elle offrait presque la résistance du cartilage, et ressemblait beaucoup à la portion la plus solide d'une glande mammaire squirrbeuse. » L'opération fut pratiquée en 1826. La plaie se réunit complètement par première intention, et le globe de l'œil, qui
0) Dublin Quarlcrly.(ournaIofMe(li«ul Science, voL l,n.88. Dublin, 1846 (2) 11)1(1., vol. IV, p. 2«. Dublin, 18/..7.
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(5) Op. cit., p. 228.
(6) Treali.scon Ihc Di.sca.scsof Ihc Eye. ].. 798. London, 1841.
MALAniKS DKS OUOANKS SKCKKTI'.llUS DKS I.AIIMKS.
avait élc doplacc, revint à sa position naturelle. Néanmoins, lorsque , M. L. revit son malade en 183',), il s était formé une tunieur dure audessous de Tareade soiircilièreelvers la partie moyenne de la eiealriee, circonstance assurément très suspecte (1).
M. Gluge rapporte le cas d'un homme de 40 ans, chez lequel la glande • lacrymale hypertrophiée passa à l'étal de cancer. La cause de l'adection resta inconnue. La tumeur ayant été partiellement extirpée, repullula promptement (2).
[M. J. Cloquei a publié (3) l'observation d'une extirpation de glande lacrymale cancéreuse sur une femme qui ressentait de vives douleurs dans l'orbite toutes les fois qu'elle voulait pleurer. Les auteurs qui ont rapporté les cas d'ablation de cette glande dégénérée ne mentionnent pas ce phénomène, et ils n'eussent sans doute pas manqué de le signaler, s'ils l'avaient observé. Lundberg (4) rapporte l'histoire d'une femme qui avait été opérée de la cataracte, chez qui survint une augmentation de volume avec endurcissement de la glande lacrymale ; l'œil fut bientôt chassé hors de sa cavité; il y eut de violentes douleurs et le globe ne tarda pas à suppurer. Une méningite, qui se déclara, détermina la mort. A l'autopsie, on trouva que la glande lacrymale était squirrheuse; les grandes ailes du sphénoïde étaient ramollies, la dure-mère fortement injectée, et la substance cérébrale ramollie. W. T.]
4. Fongus médullaire. — Le seul cas de fongus médullaire de la glande lacrymale que je connaisse, appartient au docteur Tourtual jeune, qui extirpa la glande avec le globe de l'œil. L'œil avait été refoulé de près d'un pouce au delà de la circonférence de l'orbite, et le malade était en proie à la fièvre hectique. La tumeur était recouverte d'une enveloppe brune ressemblant à de la matière cérébrale. Trois ans après l'opération, il survint dans la fosse temporale une tumeur molle et douloureuse ; la fièvre hectique se montra de nouveau, et six mois après, le malade mourut (5).
Cas douteux. — Trois cas de Daviel (6) , un de Todd (7), un d'O'Beirne (8), la seconde observation de Lawrence (9), un cas de Schott (10), l'observation de Bridget/Mc/(/e par Roc (11), doivent être
(1) TrealiseonIheDiseases, of llie Eye,p. 802 Lomlon. 1841.
(2) Allas dcr palliologischcn Analomic, Zwcilcr Theil; I7i» Licforung ; Tab. o. Icna, [(5) Archives générales de médecine.]
rU) Hyciea. Medieinskoch idiannaeculiscli Miinails-Skrifl.]
(5) IIiMi.y. Op. cil,., vol. I, p. 2M: VoN Ammos. Kliniselie Darslellungcn, vol. II. p. -/•
^'î'cillfiians Médical Ga.clte, vol. III, p. !i2â. London, 1829 ; extrait d'un journal médical de Dordeaiix, pnblié en 1829.
(7) Dublin llospilal Reports, vol. III, p. m. Dublin, 1822.
(8) lbi.l.,p. 42(i.
S ïu.Îo'versScr die Ncrvcn des Nabelslrangs, ù la fin dcravertîsscmenl. Franckfnrt am ^Ih) \fublin Quar.erly .lournal pf Médical Science, vol. I. p 1)2. Dublin, 1846.
KNfiOUCKMK.MS CIIIIONIQUKS KT SI'lCCIKigri-.S DK l,A (JI.AiNDK, F.TC. 127
raiigi's dans celle calégorie , Iciii- iialure n'élaiil pas assez évidente.
Causes. — Dans la niajoi'ilé des cas d cngorgenieiil chronique de la glande lacrymale, on Iroiivc désignés, comme causes excilanles, les coups et autres lésions traumaliques.
TraUemenl. — On doit, au début de rcngorgemcnl chronique de la glande lacrymale, essayer les sangsues et les ventouses scarifiées, en vertu du même principe qui nous guide lorsque nous essayons de faire diminuer de volume une tumeur du sein soupçonnée d éti-e un squirrhe. On appliquera des vésicatoires répétés sur le front el la tempe, on emploiera l'iode el les autres fondants. Si ces moyens ne parviennent pas à faire diminuer le gonflcmenl, rcxtirpation de la glande est la seule ressource qui reste, et on doit y avoii' recours, surtout si Ton a quelque raison de croire qu'il s'agit d'un engorgement simple ou d'un cas de chloroma. Dans les cas de squirrhe ou de fongus médullaire, l'opération n'est qu'un palliatif. Le chloroma ou tumeur fîbro-plastique est une affection non maligne; mais le fait que d'autres organes que la glande lacrymale, et notamment la dure-mère, sont souvent atteints de la même afléclion, doit peser sur le pronostic.
Le mode opératoire à suivre consiste à inciser directement sur la tumeur, à travers les téguments et la couche fibreuse de la paupière supérieure, parallèlement au contour de l'orbite. Comme la glande est située au-dessus de l'élévateur de la paupière, on évite ainsi d'intéresser ce muscle; ce qui serait presque impossible si l'on lenlail d'opérer à travers la conjonclive. La glande étant mise à nu et faisant saillie hors de la fosse lacrymale, doit être isolée autant que possible à l'aide du scalpel. Si l'augmentation de volume est considérable, ce temps de l'opération n'est point toujours facile à exécuter, car la glande se trouve comme enclavée entre les os en haut, el le globe de l'œil en bas. Il est quelquefois bon d'employer un instrument à extrémité mousse pour déchirer le tissu cellulaire, ou bien, après avoir làlé soigneusement avec le doigt, de couper les adhérences avec précaution. Quand la glande est suffisamment isolée, on la saisit à l'aide d'une érignc double, et l'attirant autant que possible hors de l'orbite, on achève de diviser ses dernières connexions. Celle partie de l'opération s'accomplit avec plus ou moins de difficulté, suivant que des inHammalions antérieures ont plus ou moins confondu toutes les parties entre elles.
Si l'œil a été détruit, il faut enlever ce qui en reste; mais s'il est encore enlier, que la vision soit ou non conservée, il faut le laisser sans 1 endommager. L'écoulement de sang est ordinairement peu de cnose ; quand il a cessé, on rapproche les lèvres do la plaie el on les maintient à l'aide de points de suture el de bandelellcs aiïglulinalives.
Lœil rentre immédiatement plus ou moins dans l'orbite, et le ma- •aae peut le fermer et l'ouvrir librement, si l'élévateur de la paupière