‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 4 sur 144 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

LE DOCTEUR RICHARD LIEBREICH DE BERLIN (i).

g I. — Invention de l'ophthalmoscope par M. Helmholtz.

L'iris est percé d'une ouverture qui livre passage aux rayons lumineux el leur permet de traverser les milieux transparents de l'œil pour venir en frapper les membranes internes. Un grand nombre d'auteurs ont déjà recherché pourquoi rien de ces rayons n'est réfléchi au dehors de manière à être vu par l'observateur; pourquoi, en un mot, la pupille est ordinairement d'un noir parfait. La couleur sombre du pigment, l'obscurité de l'intérieur de l'œil par rapport au monde extérieur, et, avant tout, les propriétés réfringentes des milieux transparents, sont toutes circonstances qui, tour-à-tour, ont servi à donner une explication plus ou moins satisfaisante de ce phénomène; explication qui ne se trouve pas en réalité dans l'une de ces conditions, prise isolément, mais bien dans leur association. L'absence de l'une d'elles sufQl déjà pour transformer le noir parfait de la pupille en un gris clair. Lorsque la quantité du pigment noir de la choroïde est moindre que dans l'état normal (albinisme) et que, par conséquent, l'absorption des rayons par ce pigment est imparfaite, l'ouverture puplllaire cesse de se trouver dans une obscurité absolue. En effet, une quantité de lumière beaucoup plus grande que de coutume se trouve alors réfléchie par la face interne de la sclérotique. Un résultat analogue est la conséquence de la dilatation de la pupille (mydriase), qui permet à une quantité de lumière bien plus considérable qu'à l'étal normal, de pénétrer dans l'mlérieur de l'œil. Enhn, la diminution de l'inlensité du noir puplllaire peut aussi résulter de ce que la surface rélléchissante du fond de l'œil se trouve anormalement placée en avant du plan focal des milieux réfringents; condition qui peut être le résultat soit d'un état d'hyperpresbyopic, soit de la présence d'une tumeur dans le globe de l'œil. En un mot, aussi bien dans les cas d'albinisme que dans ceux de mydriase cl d'hyperpresbyopic, la pupille prend une leinle d'un gris clair miroitanl en rougeâlre.

Mais la perte complète de la couleur noire de la pupille el l'éclat brillant que cette dernière peut revêtir dans certaines circonstances, trouvent surtout leur raison d'être dans certaines conditions dioplriques des milieux oculaires. Lorsqu'un corps lumineux projette des rayons sur l'œil, ces rayons sont réfractés par les milieux réfringents de cet organe et vont se réunir en un certain point pour y former une image renversée el parfaitement nette du corps dont ils émanent. Ce poinl se trouve nalurellenicnl plus ou moins rapproché de la réline, selon que l'œil esl plus ou moins exactcmenl accommodé pour la distance à laquelle le corps lumineux se trouve placé. L'image renversée éclaire une certaine place déterminée du foiul de l'œil, et l'on comprend qu'un observateur pourra apercevoir, dans une cerlaine dircclion, cette place éclairée de In profondeur de

(1) Travail original iipiiurlfiiaiil » la ira.liioiioii.

DE l'examen de l'oeil

l'organe. Si nous recherchons quelle est cette direction, nous trouvons que les milieux réfringents placés devant le point éclairé du fond de l'œil réfractent la lumière qui émane de ce point, de manière à lui l'aire prendre en sortant de l'œil une direction qui répond plus ou moins exactement ù la position occupée par le corps lumineux. Il s'ensuit que l'observateur, à mesure qu'il se rapproche de ce dernier, reçoit une quantité de plus en plus grande des rayons qui, renvoyés par le fond de l'œil observé, se dirigent de nouveau vers la source lumineuse d'où ils sont partis. C'est sur ce principe que reposent les diverses méthodes de faire luire l'œil. M. Brueclie a imaginé de placer devant une lampe servant à l'expérience, un écran qui lui permit de diriger son regard vers l'œil observé, tout en étant lui-même placé immédiatement derrière la flamme, sans cependant en êire ébloui. Dans ces conditions, il a vu que la pupille luisait d'autant plus que l'œil était moins accommodé pour la distance de la lampe. Cumming, de son côté, arrivait par la même méthode à un résultat semblable. M. d'Erlach avait déjà remarqué que les yeux d'un de ses amis lui paraissaient luire lorsqu'il était lui-même placé en face d'une lampe de manière à pouvoir regarder l'œil de son ami au travers de l'image spéculaire de la lampe qui se formait sur ses propres lunettes (1).

Lorsque M. Helmhollz inventa l'ophthalmoscope, il jugea que le principe sur lequel était fondée l'observation de M. d'Erlach était celui qui lui permettrait de réaliser l'éclairage le plus intense du fond de l'œil. La quantité de lumière que réHéchit une plaque de verre plane est d'autant plus grande que l'angle d'incidence sous lequel elle est reçue est plus grand. Des calculs très-exacts Urent découvrir à M. Helmhollzque l'incidence sous un angle de 70° était la plus avantageuse pour l'éclairage de l'œil dans le cas où l'on fait usage d'une simple plaque de verre plane. Il reconnut de plus qu'on peut obtenir la même intensité lumineuse au moyen d'une incidence de bO», lorsqu'au lieu d'une seule plaque de verre plane on en emploie trois superposées, et d'une incidence de 50» lorsqu'on en emploie quatre. En effet, les images spéculaires dues a plusieurs surfaces parallèles et placées les unes derrière les autres se recouvrant a peu près exactement, donnent lieu à une somme de clarté égale à celle des quantités de lumière provenant de toutes ces images ensemble. On voit par là qu'il y a deux procèdes pour arriver à obtenir le degré d'éclairage nécessaire: d'une part, la grandeur de 1 angle d incidence: d'autre part, la multiplicité des plaques. C'est à ce dernier moyen que il/. EelmhoUz a eu recours, parce qu'il a trouvé qu'il était plus avantageux et plus commode de ne pas regarder trop obliquement à travers les verres, et que d'ailleurs le système de plaques de verre planes et parallèles a, en outre, l'avantage d'agir comme un appareil de polarisation pour modérer l'intensité incommode du refiel cornéen (2).

fl) Quant à la Ibéoi-ie du cliàloiemcnt de l'œil, nous n'en devons dire que ce qui est nécessaire nour arriver h notre but pratique ; pour lout le reste, nous renvoyons le lecteur aux travaux de : Mery Annales de l'Académie des sciences, 1704. - La Hiue. Annales de TAcadémie des sciences, 1709 -PuEVOST. Bibliothèque brilannique, XLV. - Gnu.Ti.uiSEr,-. Beilrage zur Phys.ognos.e und Eaulognosic.S. 199.-HiiDOLru,. Physiologie. I. 197.-J. JliiL,.En. Zur verglcichenden Physiologie dcr Gesiehlsins. Lei,..ig. S 49.-EssEn. Kas.ner's Archiv, VIIl. 599.- H.ssE^•STE.^^ De luce rx quorundam aninialium ocuHs prodeunle atque de lapelo lueido. Jenae. - Be.ir Uccker s Annalen Bd I S. 575. -E. Buuecke. Ueber die physiologische Bedeulung der slabforniigeu kôrnerehen.'Mûll<.--s Archiv fur Anatomic und Physiologie, 1844. S. 444. - E. Buuecke. Anatomische Unlersuchungen ûber die sogenanU n leuehienden Augen bei den Wirbellhieren. Muller s Archiv fur Analomie und Physiologie, im. S. 587- - Kl-ssmaul. Die Farbenersehe.nungen .m Grunde des menschlichen Auges, lleidelberg. - W. Cumn.c Med.eo-Ch.rurg.eal Transactions. XXIX, 284.-E. BuuKCKE. Ueber das leuchlendcr menschlichen Augen. Muller s Archiv, 184/.

^'fS'utnive qui est jetée sur l'œil par cet appareil polarisateur, se trouve dépolarisée par le fond de lœil. La partie de celle lumière qui est réllécliie par la cornée reste, au contraire 0 arisée el n'est ,.lus susceptible de passer au travers des plaques de verre pour arriver à œil !lc l'observateur. Il en résuUe que le rede. cornéen se trouve affaibli par cet appareil de polarisation en proportion de la netteté du fond de l'œil.

W MOYKN OK l'oPHTII.U-MOSCOPE.

Un premier point était donc acquis îi in construction de l'oplUliaimoscope, à savoir la partie de l'instrument qui devait servir h éclairer l'intérieur de l'œil. Restait à trouver un moyen qui permît à l'observateur d'ol)tenir une image disliiicle du fond de l'œil éclaire; il fallait, pour cela, faire diverger les rayons émanant en état de convergence, de l'œil en ob<^ervation. C'est dans ce but que M. lldmhoUz adapta à son appareil des verres concaves et qu'il lui donna, en délinitive, la disposition que nous allons décrire :

Descuiption ue L oruniALsioscopi-: un M. Helmiioltz. - Les plaques de verre rectangulaires (lig. Il b) qui servent à l'éclairage, sont fixées sous un angle de 56" (correspondant à l'angle d'incidence) contre un pelit disque de métal ( lig. i « ) , à l'aide d'un cadre en laiton ayant la forme d'un prisme tétraèdre droit. Elles sont susceptibles de se mouvoir autour d'un arc placé perpendiculairement sur le centre de ce disque. Un cylindre creux, assez court, destiné à recevoir dans son intérieur une ou plusieurs lentilles concaves (lig. ii c), est ajusté par l'une de ses extrémités sur le disque. L'extrémité opposée est fermée par une plaque ronde, percée d'un trou en son milieu, et fixée au moyen d'un pas de vis (fig. ii cl). En outre, ce cylindre est fixé à une lige courte (fig. i h) qui sert de support à l'appareil. La force de la lentille concave introduite dans le cylindre doit être suljordonnée, d'une part, à la longueur de la vue du patient, de l'autre, à celle de la vue de l'observateur. En effet, la lentille concave doit être d'autant plus forte que les rayons renvoyés par l'œil en expérience arrivent à l'observateur sous un angle de convergence plus aigu. D'un autre côté, elle doit être d'autant plus puissante que les rayons ont besoin d'une plus grande divergence pour venir se croiser exactement sur la rétine de l'observateur. On voit par là qu'il est nécessaire de choisir une lentille à dislance focale d'autant plus courte que la myopie du patient ou celle de l'observateur est plus prononcée.

Les diverses modifications qui ont été apportées plus tard à la confection de cet instrument ne sont que d'une très minime importance. La plupart ont pour but de faciliter le cbangement des verres concaves. C'est ainsi que M. Rehoss, opticien à Kœnigsberg, a imaginé de remplacer le court cylindre destiné à recevoir les lentiUes concaves, par deux disques mobiles l'un sur l'autre et susceptibles de tourner autour d'un même axe. Chacun de ces disques est percé de cinq trous dont quatre sont fermés par des verres concaves d'une dislance focale de six à treize pouces, et dont le cinquième reste ouvert. Par la simple rotation des deux disques, les ouvertures

peuvent être amenées tour il tour devant le diaphragme; de sorte que l'œil de l'observateur peut s'armer à volonté, et avec facilité, soit d'une seule de ces huit lentilles, soit de deux à la fois.

MM. Follin et Nachet ont imaginé de fixer l'instrument sur un pied au moyen d'une articulation. Ce pied peut être allongé et raccourci à volonté; il porte un bras horizontal destiné h supporter une lumière, et devant celle-ci une lentille convexe. Les rayons qui parlent de la lumière ne se trouvent que peu concentrés par la lentille cl viennent tomber, encore divergents, sur le miroir. (Il est en effel à remarquer que la lumière est placée en

Fis

DE l'examen de l'oeil

dediins de la dislance focale de la lenlllle.) On ne peut donc, par ce moyen, obtenir un éclairage aussi intense qu'à l'aide d'une lampe susceplihle d'èlre déplacée avec facililé en divers sens et donnant une llamme bien plus grande que celle d'une bougie.

§ II. Description des divers ophthalmoscopes.

Dans son mémoire sur l'oplithalmoscope, M. IlelmhoUz avait énuméré les diverses mélliodes à suivre pour la construction de cet instrument. Plusieurs praticiens ont cru plus lard devoir donner la prél'érence précisément à celles qu'il n'avait pas choisies, et ont ainsi mis au jour une foule d'oplithalmoscopes des formes les plus diverses. Dans tous ces instruments, nous trouvons le principe ii'Erlacli abandonné, et les simples l)laques de verre de l'opblbalmoscope de M. tIelinhoUz remplacées par des plaques de verre ou des lentilles élamées, des miroirs métalliques ou des prismes. M. HelmhoUz faisait tomber dans l'œil observé des rayons divergents; ses successeurs y lirenl au contraire arriver une lumière convergente réalisée par divers systèmes de réflecteurs. Nous diviserons ces derniers, d'après M. Zehender, en deux catégories : les homocenlriques et les hélérocentriques. La première de ces catégories renferme les simples miroirs concaves, comme ceux de MM.Ruele, Jaeger, Slellwag, Anagnoslakis, Ulrich jeune, Hasner et Liebreich. La seconde comprend les réflecteurs où la lumière, avant d'être réfléchie, doit traverser des surfaces à centres de courbure difl-érents. Cette catégorie comprend les subdivisions suivantes :

\o Les réflecteurs formés par la combinaison d'un miroir plan et d'une lentille convexe. (L'instrument de M. Coccius et celui de MM. Epkens et Donders.)

2° Les réflecteurs formés par la combinaison d'un miroir convexe et d'une lentille convexe. (Ophthalmoscope de M. Zehender.)

3» Les réflecteurs formés parune lentille étaraée. (Instruments de MM. Jaeger, Klannig,

Bîirow, Hasner, Zehender). . ^ ■

40 Les miroirs prismatiques. (Instruments de MM. Ulrich, Meyerstein, Coccius,

Après avoir terminé la description de ces instruments, nous dirons un mol de l'ophthalmoscope sans réflecleur, dû aussi à M. HelmhoUz.

La partie dioplrique de ces différents instruments n'est pas formée seulement par des lentilles concaves, mais aussi par des verres convexes, ou même exclusivement par ceux-ci. Il esl en effet deux méthodes distinctes apîMcables à l'examen du fond de l'œil éclairé : celle par Vimage droite et celle par ['image renversée. Lorsqu'on suit la première de ces méthodes, on se sert des milieux transparents de l'œil comme d'une loupe au moyeu de laquelle on voit une image virtuelle et fortement grossie (lîg.iii,AB) du fond de l'œil (a&), et qui est placée derrière lui. Il peut arriver que l'on trouve cette loupe naturelle trop fortement réfringente, et, dans ce cas, l'on en afl-aiblit l'efl-et par 1 in-

terposition d'un verre concave que l'on choisit d'une certaine force, iéXovmme par les cirïonlunces déjà mentionnées plus haut, à propos de lophthalmoscope deM. HeUnhoU..

Al) MOYEN DE L OPIITILVL.MOSCOPE.

Dans la mélliode d'observalion par riniage renversée, on fait jouer au contraire aux milieux réfringents de l'œil (tig. iv. A) le rôle de l'objectif d'un télescope astronomique, c'est-à-dire qu'ils projellenl une image réelle et renversée du fond de l'œil, (fig. iv.

Fig. iv.

Cette image se trouve dans un plan qui répond à la distance pour laquelle l'œil est accommodé. Lorsque l'objectif en question est trop faible, on le renforce par l'adjonction d'une lentille convexe Par ce moyen, l'on rapproche l'image réelle, aérienne (c), du plan de la figure du patient; ce qui permet de l'amener dans le domaine de la vision distincte et de l'observer avec facilité. Dans le cas où l'on désire grossir encore davantage cette image, on peut combiner l'objectif du télescope avec un oculaire (rf), en un mot, observer l'image ù l'aide d'un verre convexe dont on arme son propre œil.

A. ÛPHTHALMOSCOrES A RÉFLECTEUR HOMOCENTRIQDE.

I. Ophthnlrnoscopc de M. Ruete. — M. Ruele a été le premier à employer, dans la construction d'un opbtbalmoscope, un miroir concave percé d'une ouverture à son centre. Ce miroir (fig. v, v) est d'une distance focale de dix pouces et d'un diamètre de trois. Il est fixé sur un pied, de manière à pouvoir être élevé ou abaissé, et tourné autour d'un axe horizontal et d'un axe vertical. Le bras supporte en outre deux bras horizontaux: le plus court (7) sert à soutenir un écran noirci, destiné à protéger l'observateur, et aussi, le cas échéant, une partie du miroir; le plus long (s) est divisé en douze pouces el porte deux tiges verticales (9, io) susceptibles d'être avancées ou reculées, et destinées à supporter diverses lentilles concaves ou convexes.

Supposons que nous placions sur l une de ces tiges un verre concave d'une dislance focale de huit à neuf pouces, par exemple : les rayons qui proviennent de l'œil du patient dans un état de convergence, sont rendus divergents par celte lentille concave. C'est donc comme si nous observions le fond de l'œil avec un télescope de Galilée. L'objectif

Kig. V.

DE l'examen de l'oeil

(lu télescope, c'est ici l'ensemble des milieux réfringents de l'œil du patient; l'oculaire, c'est la lentille concave. En avançant et en reculant l'oculaire, nous pouvons adapter l'instrument à des vues différentes. On peut, du reste, se construire aussi un télescope astronomique à la place du télescope de Galilée. Pour cela, il suffît de remplacer la lentille concave par un ou bien par deux verres convexes, en donnant une distance focale d'un pouce et demi au premier et de trois pouces au second, à celui qui est situé en arrière de l'autre. On se sert alors de cet appareil, comme nous l'avons déjà indiqué, pour projeter et grossir une image renversée.

II. Ophlhalmoscope de M. Edouard Jaeger. — Cet instrument, tout en étant de dimensions peu considérables et d'une forme peu compliquée, a l'avantage de pouvoir être employé, à volonté, comme l'ophlbalmoscope de M.IIelmhoUz,o\i bien comme un simple miroir concave (fig.vi et vu). Il consiste en un tube court (fig. vi a), mobile autour d'un axe horizon tal et porté par un manche {b).l\ est tronqué en avant sous un angle de 60° et présente à son bord antérieur deux échancrures destinéesù recevoir les extrémités de l'axe (fig. vu e) qui sert à fixer le miroir. Sur le côté externe de la paroi du tube et à des places correspondantes aux deux échancrures, se trouvent deux ressorts qui fixent le miroir dans celles-ci {[). Le tube est pourvu, en outre, dans son intérieur, d'un diaphragme perce d'une ouverture de trois lignes de largeur. Dans la partie postérieure du tube se trouve un anneau, muni également d'un diaphragme à ouverture correspondante. Cet anneau est assujéti de manière à pouvoir être facilement enlevé pour permettre l'introduction dans le tube des différentes lentilles qui doivent être fixées entre les deux diaphragmes.

L'instrument de M. Ed. Jaeger est ordinairement accompagné de huit lentilles concaves (n- 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12) et de quatre lentilles convexes (n- 2, 6, 8, 12). Ces différentes lentilles peuvent être introduites avec facilité dans la partie postérieure du tube.

A la partie antérieure de l'instrument s'adapte un système de plaques de verre planes et parallèles, tandis qu'on place danssa partie postérieure une lentille concave convenable. L'ophthalmoscope de M Helmholtz se trouve ainsi réalisé. D'un autre côté, au lieu de munir la partie antérieure de plaques de verre non élamées, on peut la pourvoir d'un miroir concave. On peut alors se servir de l'appareil de la même manière que de P ophlhalmoscope de M Buete en tenant librement à la main, tantôt le verre concave, tantôt le verre convexe qu'on tient devant l'œil du patient. Dans ce dernier cas, on peut fixer derrière le miroir, entre les deux diaphragmes, un autre verre convexe servant d'oculaire; ce qui est d'ailleurs plus avantageux que de placer le second verre convexe devant le miroir, m Simple miroir concave d'après MM. Stellwag von Carios Anagnostakts. -iW. Steltwag von Carion a cherché a expUnuer le mode d'action des dilTérenls opbthalmoscopes, en S appuyant sur des données mathématiques. 11 a taché de démontrer que l'eclai- ,,rc par le moyen d'un simple miroir concave, derrière lequel se trouve placé Tappareil dioptrique, suffît parfaitement au but desiré. Son instrument, dont il donne la description, consiste en un ni i roi r concave d'une distance locale de quelques pouces, et muni dune ouverture à son centre. Il est fixé sur un manche par une arli- ^culation qui permet do le mouvoir dans tous les sens ^n «m ie de ,.e miroir se trouve placé, excenlriquemenl, le disque de3/. Rehoss le . i re ù ce qu'on puisse amener à volonté derrière le trou ont est7e"èê le centre du miroir, une de ses huit lentilles ou bien deux placées l'une devant l autre.

l'it

AU MOYEN 0I£ l'oI'IITM.VLMOSCOPE.

M. Anagnostakis, trAlliôiies, a luiblié la desoriplioii d'un oplillialmoscope coiisislanl en un miroir concave de doux pouces, d'une dislance focale de quatre pouces de diamètre et percé d'une ouverture à son centre. Ce miroir est monté sur un manche droit (1).

IV. Ophthalmoscopes de MM. Ulrich, Hasniîr et LinuREicn. — Ces inslrumenls sont tous destinés à faire voir l'image renversée, et possèdent, comme moyen d'éclairage, un simple miroir concave combiné avec une lentille objective située devant lui el une lentille oculaire placée derrière, à peu près comme dans un télescope.

L'ophtlialnioscope de M. Ulrich consiste en deux tubes réunis bout à bout sous un angle de 40° environ. Le premier de ces tubes est muni à l'une de ses extrémités d'un miroir concave d'une distance focale de trois pouces, et à l'autre d'une lentille convexe, tandis que le second est simplement destiné à diriger la lumière sur le miroir. Ce dernier est fixé d'une manière inamovible, de telle sorteque son axe fasse lemêmeangleavecl'axede chacun des tubes. La lentille objective est placée dans un cadre qui permet de l'avancer ou de la reculer à volonté, et la distance qui la sépare de l'œil du patient est déterminée par un petit tube d'allongement qui s'appuie sur le bord de l'orbite de cet œil. Derrière le miroir se trouve en outre une lentille oculaire possédant une distance focale de quatre pouces et demi. La flamme que l'on emploie pour l'éclairage peut être dirigée vers le miroir au moyen d'un anneau.

M. Hasnsr a sensiblement amélioré cet instrument. Il a réuni le miroir et l'objectif par un système de deux tubes susceptibles de rentrer l'un dans l'autre, et qui permet d'éloigner jusqu'à une distance de huit pouces la lentille objective du miroir, tandis qu'une échelle graduée permet de déterminer immédiatement cette distance. Dans l'ophthalmoscope de M. Ulrich, la lentille objective étaitimmobile et placée perpendiculairement à l'axe du tube, d"où il résultait que le reflet de sa face antérieure el celui de sa face postérieure se recouvraient l'un l'autre, circonstance fort gênante pendant l'observation. Dans l'instrument deiU. Hasner, l'objectif est au contraire susceptible de se mouvoir autour d'un axe vertical.

L'ophthalmoscope que j'ai fait construire dans le but de servir à des dessins, à des mesures exactes et à des démonstrations cliniques, réalise une fixation aussi complète que possible de la lentille, du miroir, de l'œil et de la tête du patient. 11 se compose (fig. viii)de deux tubes courts, A et B, mobiles l'un sur l'autre au moyen d'un pas de vis. L'un de ces tubes. A, celui qui est tourné du côté de l'observateur, présente à son côté droit une échancrure analogue à celle du porte-objet d'un microscope, et dans laquelle un petit miroir métallique concave est fixé par deux ressorts doubles, comme le miroir de l'instrument de Jaeger. Ce miroir est, par conséquent, susceptible de tourner autour de son axe vertical et peut être éloigné avec facilité. L'autre tube, B, porte, du côté qui est tourné vers le patient, un cadre fixé de la môme manière que le miroir, mobile autour de son axe vertical el facile à enlever; une lentile convexe, jouissant d'une distance focale d'un el trois quarts à quatre pouces, est insérée dans ce cadre. Au-dessus de lui se trouve une baguette de laiton G à section quadrangulaire, longue de quatre pouces el épaisse de trois lignes, placée de telle manière qu'un élrier B G, muni de coussinets et lixé à sa partie antérieure, puisse être mù par elle dans une direction horizontale. L'élrier a pour but de fixer le front du patient et de maintenirson visage à une distance du verre convexe variable selon lesexigencesde l'examen. Lafixitéde la tête est encore assurée paruno mentonnière F,qui, sans être reliée aux deux IuIjcs, peut se mouvoir comme eux au moyen d'une tige verticale

(1) L'inslrumenl dont se sert M. Dcsiiiarres conslslc en deux miroirs concaves appliqués riiii conirc 1 autre par leur face élamée. Ces deux miroirs sont de dislance focale dill'érente : l'un est de douze ccnlimèlres, raiilrc de neuf.

L'ouverliire ceiiiralc esl remplacée par une ouvcrlure plus pclilc, placée, pour chaque miroir, tout prés de la circonférence. Tout l iiislrumcnl esl renfermé, avec un verre convexe, dans une monture d'écaillé, qui le rend Irès-porlalif.

DE l'examen de l'oeil

Vissée à la table. La menlonnière consisle en une espèce de pelile tasse rembourrée qui est fixée à deux règles (e et e') mobiles et placées l'une au-dessus de l'autre, et par consé-

Fia. viii.

nuent prendre les positions les plus diverses par rapport à l'instrument. Pour donner a l'œil du patient une direction déterminée, on lui fait regarder fixement un petit boulon de laiton h assujéti à l'extrémité d'une brandie articulée, longue de dix pouces. Ce bouton est Placé à l'extrémité oculaire du tube, de manière à rester dans toutes les positions possibles qu'on lui assigne par rapport à l'œil du patient. Un petit écran, de la forme d un demi-ovale, placé derrière le miroir, protège, contre la lumière delà lampe, 'œil de l observateur ; un autre un peu plus grand protège celui du patient. Dans le but de permettre des mesures exactes, des déterminations de grossissement, etc., on trouve sur la ferronnière et au tube interne des divisions décimales au moyen desquelles on peut voir exact mcn a dislance qui sépare Pœil de l'observateur de la lentille et la lentille du mnw.

s f ci de mesurer la distance du petit bouton à l'œil et à l'axe des tubes - Au lyen d'une cUambre claire, on peut projelersur la table l'image produite dans le tube(l).

B. Ol'HTnALMOSCOl'HS A UÉFMCCTKllU UKTÉROClilVTRIQIE.

I omhalmoscove^ de M. Coco.iis et de MM. Epke«s cl Dosukus. - Dans ces instruments, la îumière est concentrée par une lentille convexe, de manière que les rayons (i) On peul procurer CCI inslrumci.t chez Paelz et FioAr, opticiens à Berlin.

AU MOYKiS DE l'OPIITII.VLMOSCOPE.

Mil

viennent tomber, à l'état de convergence, sur un petit miroir plan carré qui les renvoie sur l'œil du patient, tandis que l'observateur regarde à travers une ouverture dont est uercé le miroir Dans l'un de ces instruments comme dans l'autre, la lentille peut être à volonté rapprochée ou éloignée du miroir sans que son centre cesse pour cela d'être a une inuleur narfaitement identique à celle où se trouve l'ouverture percée dans le centre du miroir i)lan On peut, d'ailleurs, mettre de côté la lentille pour n'éclairer l'œil que par le miroir plan 'ce qui est important, par exemple, pour l'examen de la maculalutea. L'appareil dioptriiue n'est, du reste, point disposé de la même manière dans l'un et dans l'autre oplilhalmoscope,et la construction mécanique de ces derniers offre de notables différences. V Cocciits décrit son instrument de la manière suivante (F. fig. ix) : il consiste en un petit miroir plan carré (fig. ix a) de 14 lignes de diamètre et percé à son centre d'une ouverture large de 2 lignes et dont le bord est usé du côté qui regarde l'œil à observer. Le miroir est lixe dans un cadre en laiton dont le bord inférieur est muni d'un appendice ou prolongement b, destiné à l'assujétir sur une tige verticale. Le nœud d'union de ce cadre et de la tige est tel qu'aucune espèce demouvement n'y est possible. En effet, la tige est pourvue, à la partie supérieure, d'une profonde rainure située dans un plan vertical, ou, si l'on aime mieux, cette tige {b) est fendue à son extrémité en deux branches. Ces deux branches sont percées transversalement par une vis(c) qui peut les rapprocher l'une de l'autre. Le prolongement dont est muni le cadre est lui-même percé d'une ouverture et s'adapte dans la rainure qui sépare les deux branches de la tige. La vis qui sert à rapprocher les deux branches passe au travers du trou dont ce prolongement est percé, et il suffit de la tourner pour pincer le cadre entre les deux branches, de manière à empêcher qu'il s'incline d'un côté ou de l'autre. La tige, les deux branches comprises, est longue de 21 lignes. Elle repose sur une règle horizontale (d), munie d'une fente allongée destinée à livrer passage à la partie inférieure et amincie de la tige. Celle-ci est reçue au-dessous de la règle dans le pas de vis d'un manche {e) qui sert à la fixer sur la règle. Lorsqu'on veut faire avancer ou reculer le miroir dans la fente de celle-ci, il suffit de desserrer le manche. La règle, longue de 18 lignes, porte, en outre du miroir et à l'extrémité opposée à celui-ci, une tige (//) surmontée d'un anneau ouvert (/') qui peut admettre, comme dans un cadre, une lentille convexe. Le centre de la lentille se trouve placé précisément vis-à-vis du trou dont est percé le centre du miroir. Toutes les parties métalliques de l'instrument sont noircies à l'aide du nitrate d'argent.

Lesverres convexes et concaves, qui sont nécessaires à l'examen de l'image renversée, peuvent être placés d'une manière quelconque devant l'œil du patient et devant celui de l'observateur, comme, par exemple, à l'aide d'une monture de lunettes. Parmi les modifications que M. Cocchis lui-même ainsi que d'autres ont apportées il cet instrument, nous mentionnerons celle de M. 0. Saemann. {De spécula ociili. Regiomonti.) Celui-ci enferme le miroir dans une caisse de forme cubique, semblable à celle qui contient le miroir carré de rinstrumcnt construit par MJL Epkeiis et Donders. La lentille d'éclairage eties lentilles de correction doivent être appliquées sur deux parois placées l'une ù côté de l'autre.

M. Epkciix, opticien à Amsterdam, a construit un instrument dont une description a été donnée par M. Van Trigl dans sa dissertation. Cet ophtlialmoscopc, à la suite de diverses modilications qu'y a apportées M. Donders, a pris la forme suivaiilc :

Le miroir, carré et percé d'une ouverture à son milieu, est mobile autour d'un axe vertical et fixé dans une caisse de forme cubicpie. Des quatre faces verticales de ce cube, il n'y en a qu'une qui soit fermée: celle qui lui est directement opposée présente une large ouverture destinée à livrer passage ù la lumière incidente; les deux autres sont munies

DE l'kX.VMEN de l'oeil

chacune d'une pelile ouverture pour l'œil de l'oliservalifur cl pour celui du palienl. Celle de ces pclites ouvertures qui correspond à l'œil de l'oliservateur est pourvue d'un disque semblable au disque de M. Rekoss (dont nous avons déjà parlé plus haut, à propos de rophthalnioscope de M. Uelmhollz), ce qui permet d'amener à volonté devant l'ouverture dilTérenles lentilles concaves ou convexes. Cette caisse cubique est reliée à deux tubes susceptibles de rentrer l'un dans l'autre, et dont le plus extérieur peut être fermé à son extrémité libre par une lentille convexe. La distance qui sépare cette lentille du point d'intersection des rayons dirigés dans l'œil du patient peut se mesurer à l'aide d'une échelle dont est muni le tube intérieur. On peut aussi remplacer la lentille convexe en question par un micromètre qui permette de mesurer l'éloignemenl réciproque de deux pointes faisant saillie dans l'intérieur du tube, et qu'on peut amener à une place quelconque de l'ouverture en tournant le micromètre. L'ombre que projettent ces deux pointes se fait reconnaître sur le fond de l'œil du patient dès que cet œil est accommodé pour la distance où elles se trouvent. Nous expliquerons plus bas, au chapitre intitulé : De quelques considérations spéciales à certains instruments, comment on peut calculer, à l'aide de ce mécanisme, la grandeur réelle des objels sur le fond de l'œil et leur degré de grossissement.

IL Ophthalmoscope de M. Zehender. — Cet instrument a, au point de vue mécanique, la plus grande analogie avec l'ophthalmoscope de M. Coccius, que nous avons décrit plus haut. Il consiste en un petit miroir métallique convexe, percé d'une petite ouverture en son milieu et porté par un manche assez court. A ce miroir sont fixés latéralement deux bras mobiles, dont l'un porte la lentille convexe qui sert à l'éclairage, et l'autre la lentille destinée à être placée, dans un but dioplrique, derrière le trou dont est percé le miroir. Le manche est muni d'un court pas de vis qui permet de le visser à volonté à deux points opposés l'un à l'autre du bord du miroir , selon qu'on veut avoir la lentille d'éclairage du côté droit ou du côté gauche. Le miroir a, d'ordinaire, un rayon de courbure de six pouces, et la lentille d'éclairage en a trois de distance focale.

Lorsqu'un faisceau de rayons lumineux convergents vient à être projeté sur un miroir convexe, ces rayons sont réfléchis dans un état de parallélisme réciproque, à supposer, du moins, qu'ils eussent dù se couper au foyer apparent du miroir. Au contraire, lorsque ces rayons viennent couper l'axe, soit en avant, soit en arrière de ce foyer, ce parallélisme disparaît Dans le premier cas, ils convergent après la réflexion; dans le second, ils diver-ent La convergence et la divergence sont d'autant plus considérables que le point où les rayons viennent couper l'axe est plus éloigné du foyer. Dans l'ophthalmoscope de M Zehender, tous les rayons lumineux qui tombent sur la large surface de la lentille convexe sont concentrés par celle-ci sur un cercle bien plus petit du miroir. C'est, du reste ce qu'on peut aussi réaliser à l'aide de l'ophthalmoscope de M. Coccius, mais avec cette 'différence que, dans l'instrument de M. Zehender, le faisceau de rayons lumineux oui tombe sur le miroir convexe dans un état de forte convergence, est susceptible d'être réfléchi par lui dans un état de (aihle converçjence, tandis que le miroir plan de l'ophllialmoscope de M. Coccius le réfléchit sans modifier aucunement son degré de convergence. Pour pouvoir comparer la valeur relative de ces deux instruments, supposons que nous leur donnions des lentilles d'éclairage de grosseur ,,arfaitement semblable, qui concentrent les rayons lumineux sur le miroir dans un cercle également petit pour tous deux. Il est clair que les rayons lumineux renvoyés dans l'œil observé par le miroir plan de M. Coccius devront se couper bien en avant du fond de l'œil. A partir de ce point d'intersection, ils vont en divergeant frapper une étendue du fond de l'œil qui est d'autant plus grande que la nvergence en étal! plus forte auparavant, c'est-à-dire que le point d'nUersect.on en est moins rapproché de la rétine ; mais la quantité de lumière qu. tombe sur chaque point éclairé est naturellement d'autant moindre. Au contraire, les rayons lumineux sont reneclus nar le miroir de M. Zehender dans un état de convergence bien moins considérable cl il en r sil que leur intersection n'a lieu qu'immédiatement au-devant du fond de 1 œ. . Ils do. nent, par suite, lieu, sur la rétine, à une image de la flamme, petite et assez nette, et

AU MOYEN DE l/oPIITlIALMOSCOPE.

chaque poiiil isolé do la pclile portion éclaircc du fond de l'œil reçoit une quantité de lumière d'autant plus considérable. Cette intensité de lumière est encore augmentée par la circonstance que les rayons qui ont été déviés par l'aberration de sphéricité sont réfléchis par le miroir convexe, de manière ù tomber en partie dans la lumière centrale de l'image de la flanune sur la rétine, en partie dans la demi-lumière qui forme une lisière étroite sur le bord de cette image. Le haut degré de convergence des rayons réfléchis par le miroir plan fait que les rayons déviés tombent trop loin de la lumière centrale pour pouvoir être utilisés.

m. ie«^i//es eVrtHJc'esrfcMM. Ed. Jaiîgeu, Klaunig, BuRow, Hasneu et Zehender. — On peut employer comme miroirs, en ayant soin de les couvrir d'un côté avec de l'amalgame d'étain, les lentilles collectives (lentilles bi-convexes. piano-convexes et concave-convexes), aussi bien que les lentilles dispersives (lentilles bi-concaves, pianoconcaves et convexo-concaves) ; selon les rapports de courbure de leurs surfaces, ils font alors l'otHce de miroirs plans, convexes ou concaves. Ces derniers surtout sont les plus propres à être employées avec avantage comme ophthalmoscopes; il faut, dans ce but, ou bien les percer d'une ouverture à leur centre, ou bien enlever à cette place une petite portion du tain. Dans ce dernier cas, l'observateur est obligé d'examiner l'œil du patient au travers de la lentille, ce qui lui permet d'utiliser l'image droite, dans le cas, du moins, où cette lentille est divergente. Au contraire, lorsque la lentille est convergente, le miroir ne peut servir qu'à l'élude de l'image renversée. La lentille sert alors d'oculaire destiné à grossir l'image renversée, projetée par la lentille objective.

M. Ed. Jaeqer emploie des lentilles de diverses courbures portées sur deux manches, et qu'il introduit dans l'appareil que nous avons décrit plus haut, ou bien il les fixe à une tige et s'en sert comme d'une lorgnette.

M. Klaunig recommandait dans l'origine l'emploi d'une lentille bi-convexe, élaméesur l'une de ses faces et percée à son centre d'une ouverture. Cette lentille a une largeur de 15 lignes et une distance focale de 14 pouces; l'ouverture est large de 2 lignes. M. Klaunig pensait arriver par là à modérer le reflet cornéen pendant l'observation de l'image droite. Lorsqu'on veut employer l'instrument à observer l'image renversée, on remplace cette lentille bi-convexe par une lentille piano-convexe, large de 22 lignes, jouissant d'une dislance focale de 18 pouces et dont la face plane est étamée. Plus tard, M. Klaunig renonça à faire percer la lentille en son centre pour l'observation de l'image non renversée, et il eut recours à une lentille concave, possédant une distance focale de 12 pouces, qu'il fit appliquer sur une lentille bi-convexe étamée, et jouissant d'une dislance focale de 14 pouces, lentille qu'on avait eu soin de dépouiller de son amalgame à son centre sur une largeur d'une ligne.

M. Burolu emploie des lenlilles convergentes périscopiques, dont la face concave est étamée et qui possèdent à leur centre une petite place dépourvue d'amalgame. L'instrument sert à l'étude de l'image renversée du fond de l'œil, ainsi qu'à l'examen des parties moins profondes de cet organe.

M. Hasner, au contraire, se sert de lentilles de dispersion, périscopiques, de distance focale diverse, dont il fait étamer la face convexe, c'est-à-dire celle dont le rayon de courbure est le plus grand. Le centre est dépouillé de son étamage pour permettre à l'observateur de voir au travers. M. Ilasner a soin de choisir des lentilles dont le rayon de la face concave a un peu plus d'un tiers de la longueur du rayon de la face convexe, de sorte qu'elles jouent toujours le rôle de miroirs concaves. En même temps, l'observateur qui regarde au travers de leur centre dépouillé d'étamage, en fait usage comme de lentilles de dispersion de force différente. Pour étudier l'image non renversée, il suflil d'avoir à sa disposition un étui renfermant sept ou huit de ces lenlilles.

M. le docteur Zehemler, dans son second article sur la manière d'éclairer l'intérieur de l'œil, calcule plus exactement les propriétés des lentilles étamées et les efl'els qu'elles produisent. Nous relèverons ici quelques-unes des conclusions auxquelles il est arrivé.

DE I. FAAMEN DE L OEII-

Dans rcxamen de l'œil à une distance aussi rapprochée que possible, les miroirs hélérocenlriques fournissent un écliiirage loul spécialement avantageux, lorsque leur première face, c'esl-à-dirc leur face réfringente, réunit les rayons incidents sur une partie plus restreinte de la face rénccl:issante, et que celle-ci les renvoie dausl'œil sousuu angle de convergence moins ol)tus. Ces conditions sont le mieux remplies par l'instrument de M. Zehender, que nous avons décrit précédemment. Lorsque ces conditions sont réalisées par des lentilles étamées, il faut avoir recours à un ménisque dispersif jouissant d'une distance focale dioplrique quelconque, et à face convexe élamée, ou bien à un ménisque collectif dont la distance focale dioptrique soit plus petite que le double de la distance focale de la surface réfléchissante cl à face concave étamée, ou bien enfin à une lentille bi-convexe étamée ayant une distance focale dioptrique plus grande que le double et plus petite que le sextuple de la distance focale catoptrique.

Il est à remarquer que, quelle que soit du reste celle de ces trois formes que l'on emploie, l'intensité de l'éclairage augmente en raison directe de l'épaissseur de la lentille et en raison inverse de la distance focale de la catoptrique.

IV Miroirs prismatiques de MM. Ulrich, Meyerstiîin, Coccius, Zehekder. — Dans son mémoire sur l'ophthalmoscope, M. Ruele décrit les miroirs prismatiques ima-inés par M. le professeur Ulrich (aîné) et M. Meyerstein, mécanicien. Le premier emp'îoie deux prismes droits liypolbénusiens à catbètes égales. Il les place base contre base de manière à ce que l'une des cathètes de l'un des prismes soit appliquée contre une catliète de l'autre et que les deux faces hypotliénusiennes fassent entre elles un angle droit Supposons maintenant que d'une lumière placée latéralement, des rayons partent nour'venir tomber perpendiculairement sur l'une des faces qui comprennent I angle droit dans le prisme inférieur. 11 arrivera alors, conformément à la loi de la réflexion totale, que le faisceau de rayons sera réfléchi totalement par la face hypothenusienne contre la seconde des faces qui omprennent l'angle droit et que, traversant cette face surlaquel le . ombe perpendiculairement, il pourra veniréclairer le fond de l'œil à observer. Les rayon auT son envoyés par celui-ci et qui viennent frapper verticalement l'une des ca heles 3^ 0 sme ïp îieur sont, conformément à la même loi, réfléchis totalement par l'hypo- U é use de ce pri^'"^' •'««««^^«"^ perpendiculairement à la seconde des faces qm forment 'angle droit, de manière à venir tomber dans l'œil de l'observateur. Afin de on^tr r a umièr et d'obtenir par là un éclairage plus intense de I œil en observar ai si q une plus grande netteté de l'image, on peut faire tailler en surfaces convexe s at l es du p?isme. Les prismes reçoivent, par suite, les propriétés d'une entill ordinaire; en outre, on peut' encore, à l'aide d'un oculaire, observer plus exactement l'image du fond de l'œil qui vient se former à cote du prisme. ' M.°;;.r„«» en,p,„. un seu, prisse («g. . « . c, . '«esjl.,..^-;^^--;-

faces qui comprennent l'angle droit à la face liypothénusienne. La lumière est ici, de la même manière que dans l'instrument de M. Ulrich, réfléchie totalement par la face hypothénusienne cl renvoyée par elle dans Tœil en observation. Les rayons qui reviennent de celui-ci parviennent à l'obser-

pourvue d'un tube lou mnn^i- ^ i ,.1 l'niwprvation de i mage ren-

Fit

Ai; MOYEN DE l/OPIITH.\LMOSCOPE.

M. Coccins emploie un seul prisme dont les faces ne sont pas égales entre elles, mais dont l'un des angles est cependant droit comme dans le cas précédent, et il en tourne riiypolliénuse du côté de la source de lumière. Les rayons qui traversent celle-ci se trouvent dirigés par la réfraction sur la face qui est tournée vers l'observateur, et sont renvoyés parcelle au travers de la seconde des faces qui comprennent l'angle droit, jusque dans l'œil observé. Le prisme repose sur un plancbcr en lailon, dans lequel vient se visser un manche de longueur modérée. Ce mancbc porte en même temps une monture destinée à recevoir une lentille concave qui se trouve par là fixée dans la position voulue relativement au prisme. Cette monture est ouverte de côté afin de permettre l'introduction de lentilles différentes. Le verre concave se trouve lui-même toucher immédiatement au prisme. L'observateur doit tenir son œil très près de la face du prisme qui réfléchit la lumière venant de la lampe, et, par conséquent, tout près de l'arête du prisme.

M. Zeheuder emploie des prismes dans lesquels les faces qui comprennent l'angle droit sont diversement taillées en surfaces convexes ou concaves. Il y trouve divers avantages, qui ressortant du reste des principes que nous avons énoncés plus haut. L'épaisseur est, en effet, dans ces prismes, plus grande que dans de simples lentilles; de plus, les trois rayons de courbure des faces du prisme sont trois valeurs parfaitement indépendantes les unes des autres, tandis que dans les miroirs hétérocentriques et centrés, le premier et le troisième rayons qui entrent en considération dans le calcul ont nécessairement toujours une seule et même grandeur.

La quantité d'effet dioptrique qui est perdue dans cette méthode peut être regagnée par un second prisme qui corrige l'effet du premier. Enfin, un autre avantage des miroirs prismatiques consiste en ce que la lumière peut tomber perpendiculairement sur la première face du miroir, et non pas seulement sous un angle très-ouvert, comme cela a lieu dans le cas des miroirs centrés.

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