‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 43 sur 144 · PHLÉBITE DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

PHLÉBITE DES PAUPIÈRES

Si/»!. — Blepliarilis plilebilica.

Ol'S. 145. — Un homme, âgé de 78 ans, fui admis à l'IIôlel-Dleu de Nanles pour un gonflement érysipéialeux de la face el des paupières. Il avail le pouls frëquenl, une céphalalgie frontale et une soif intenses. On mit en usage la saignée générale, l'abstinence el les délayants. L'état œdémateux des paupières s'accrut et s'étendit à la conjonctive oculaire. On ohscrva aussi un gonflement œdémateux considérable au niveau de la région parolidiennc droite. La tension et la rougeur diminuèrent considérablement, mais la fréquence du pouls persista; le malade parla beaucoup el commença à délirer, tandis que les membres étaient pris de tremblement. Il mourut avec des 'symptômes évidents d'affection cérébrale. A la disseclioii, une circonstance qu'on n'avait point remarquée pendant la vie attira rallenlion; les veines du front et des tempes élaient dures comme si elles avaient été distendues par une injection artificielle. La peau du crâne était lumeliee, surtout en arrière, et présentait au sommet do la tête, à gaucho do la su ure sagittale, un petit ulcère superficiel dont le malade n'avait point parlé, et qui olait reste Ignore pendant la vie, bien qu'il fût probablement la cause de tous les SYmplômcs. Les deux veines frontales et celles do leurs rainilications qui setendenl vers "le sommet

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Eïiï! r ""f- ^"«..'"•-'""^"'-'^ pal|)ébralos qui s'anastomosent avec ces deux troncs A e ilp^r f l"""""<"'l« 0" "'oins épaisse. Cet état était plus prononcé

a mêï; ;. r ? sous-orl.itaircs .le la veine froiilalo autériouro de ce côté ofTraient même alleiation, et une incision pratiquée eu travers de la paupière el de la joue mit

1 72 MALADIES DU SOl'UCII. F.T DES PALIMÈUES.

à découvert une iiiullilude de veines superlicielles ou profondes remplies de cailiols pnruleiils ou d'une sanie rougeâlre. Les deux l)ranclies leniporules el leurs raniilicalions môme les plus profondes, les braneiies auriculaires aiilérieures el postérieures el les ramiliealions par lesquelles elles tirent leur origine du crâne, étaient dans le même état à droite seulement. Une incision du tissu cellulaire sous-cutané et des muscles de (tette région présente, d'une manière encore plus distincte, le même aspect que la joue. IJnetrainéc d'un pus verdàtre et visqueux marque le trajet de ces vaisseaux, dont les tuniques sont détruites par places, intactes dans d'autres. Les anastomoses veineuses extérieures à la parotide, formaient un réseau qu'on pouvait comparer à une tumeur variqueuse en suppuration. La veine jugulaire externe contenait un caillot noir adhérent, un peu ramolli à son centre. La surface interne de ce vaisseau était d'un rouge foncé et évidemment injectée. Il n'était plus perméable au sang, si ce n'esta sa partie inférieure. La veine jugulaire interne était saine et vide. La veine oplitlialmique droite contenait un abcès veineux juste dans le point où elle quitte l'orbite pour pénétrer dans le sinus caverneux. L'affection s'arrêtait brusquement en ce point, étant bornée du cote du craiie par un caillot qui obstruait la veine. Les sinus cérébraux étaient sains, l'arachnoïde un peu opaque, surtout à gauche, à la partie antérieure du cerveau. Il existait sous lai-achnoïde un épancbement séreux considérable et un peu d'eau dans les ventricules. Un ne découvrit de pus dans aucune autre partie du corps que les veines déjà mentionnées. Le foie ne fut pas examiné (1).

Cette observation démontre que, dans le gonflement érysipélateux des paupières, il importe d'examiner la peau de la tète et l'état des veines de la face. Elle fait aussi voir qu'on ne doit pas trop se fier à la diminution des symptômes externes : dans ce cas, en eflèt, la tension et la rougeur diminuèrent , malgré l'état d'obstruction et de désorganisation d'une portion considérable du système veineux el l'approcbe de la mort. L'utilité de ces précautions est encore confirmée par un cas de phlébite rapporté par le docteur Silvester (2), dans lequel la maladie partie de la lèvre supérieure, se porta le long des côtés du nez, aux paupières, au front et au vertex, et se termina par la mort deux mois après l'apparition des premiers symptômes.

SECTION VI

ANTHRAX DES PAUPIÈRES

Si/Ji. — Anilirax palpcbrarum.

On observe quelquefois l'inflammation gangreneuse circonscrite du tissu aréolaire des i)aupières. Le gonflement est d'un rouge pourpro foncé, extrêmement dur, et accompagné d'une douleur brillante intense II s'élève à sa surface de petites vésicules qn. occasionnent une démangeaison insupportable. Il s'échappe de la matière ichoreiise; le tissu aréolaire et la peau aflectée noircissent se "fo';^';^;' ^ , sent par être éliminés. La cavité qui succède a la chute dele>chare se remplit de granulations et se cicatrise.

fl^ Archives aéiKSralcs de iiK'dociiic. Mai 1837, p. 63.

(2) Îl^dlco-Chirurgical Transac.ions, vol. XXIV, p. 5G. London, 1811.

PlISTlILt: MALIG.MC DKS l'All'IK UKS.

L anllirax se rencontre surloul chez les personnes âgées , dont la constitution a soufl'ert j)ar suite d'écarts de régime.

Le traitement général consiste dans l'administration de l'opinni pour calmer la douleur, du quinquina et du vin pour soutenir les forces, des laxatifs et des diaphorétiques légers.

Une large incision ))rati(piée de bonne heure en travers de la tumeur diniiiuie considérablement la douleur, jjei'met au pus de s'échapper et favorise la séparation de l'eschare. On doit appliquer un cataplasme énu)llient aussitôt après l'incision et en continuer l'usage jusqu'à ce que la cavité laissée par l'élimination de l'eschare soit comblée par des granulations. Oj» panse alors la plaie avec du céral simple.

SECTION VIL

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