OEDÈME DES PAUPIÈRES
La laxilé de la couche celluleuse des paupières et l'absence de tissu adipeux font qu'elles deviennent facilement le siège d'un œdème considérable. Cette aiTection peut dépendre de causes locales ou de causes
générales. . , , „,
Un certain degré d'œdème accompagne presque toujours les ophthalmies à l'état aigu. L'œdème des paupières est encore la conséquence des coups, des contusions, de l'érysipèle; de certaines afTect.ons de rorbite, comme la nécrose, ou des tumeurs qui se développent a l intérieur de celle cavité ; des alfeclions des divers sinus du nez, comme les polypes; de l'irrilation produite par des abcès de la face ou de la peau du crâne; de la compression exercée sur la partie de la face située au-dessous d'elles, comme après l'opération pour le bec de lle^rc, e même de la compression produite par l'usage des l^^qu'Ho^- Q»^"J' l'œdème est dù à une maladie de l'extérieur ou de 1 mler.eur de o. île, ou à une maladie des narines, il ailecte souvent également \c. pau-
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pièi'cs des d(Mi.\ yeux; il en est de même lorsqu'il reeonnail pour cause quchiue abcès de la tèle. Après ropluhalmic scarlalineuse et l'usage trop longlcinps conlinué des fonicnlalioiis ('mollienlcs et des cataplasmes, dans les allections inllamnuUoires de l'œil, surtout lorsqu'on laisse les cataplasmes se l'cfroidir et qu'on ne les renouvelle pas assez IVéquommenl, on trouve assez souvent les paupières dans un état d'cnipàtcment œdémateux.
D'autres Ibis, l'œdème des paupières est la conséquence d'une hydropisic générale, comme dans l'anasarque consécutif à la fièvre scarlatine; ou bien il se montre aux paupières, sans qu'il en existe de traces sur le reste du corps, cbez des adultes d'une constitution lymphatique, ou des enfants scrofuleux. C'est quelquefois une allection sympathique, produite par la maladie d'un organe éloigné. Le docteur Parry l'a observé plusieurs fois à la suite de violentes céphalalgies qui dépendaient probablement de la constipation (1). On doit soupçonner l'albuminurie et examiner les urines, chaque fois que les paupières Testent longtemps boursouflées. Il est très rare que l'œdème des paupières se développe spontanément chez un individu dont la santé générale est bonne.
Les paupières affectées d'œdème sont tantôt gonflées, unies, pâles, tantôt rouges, semi-transparentes et molles ; elles cèdent facilement à la pression du doigt, et, dans quelques cas, conservent pendant un certain temps la marque qu'il y a imprimée. Leurs mouvements se trouvent gênés, et les yeux ne peuvent s'ouvrir complètement.
L'œdème des paupières produit par une plaie, une contusion, une attaque d'érysipèle, ou la pression d'un bandage sur la partie inférieure de la face, disparait graduellement et complètement lorsque la cause qui l'a occasionné a cessé d'agir. Celui qui se montre le matin chez des personnes lymphatiques, diminue pendant le jour et n'est pas dangereux. Celui qui survient sans cause apparente chez les enfants scrofuleux, et chez les adultes, dure longtemps ; il survient ou disparait à des intervalles variables.
Les saignées et les diurétiques, dans l'hydropisie scarlalineuse, et dans la variété inflammatoire de la maladie de Bright, ne font disparaître l'œdème des paupières qu'autant que l'urine redevienne normale et abondante. Dans l'albuminurie qui dépend de la dégénérescence graisseuse du rein, on doit suivre un régime doux, éviter l'usage des alcooliques, et ne prescrire ni purgatifs, ni mercure.
On peut employer avec avantage, dans les autres cas, de légers sumu ants à l'extérieur et des toniques à l'intérieur. On se trouve »ien de baigner les paupières avec de l'eau de roses, ou avec de l'eau ae chaux aiguisée d'un peu d'eau-de-vie. On recommande beaucoup
Lomlon'''l8Î"' '^'•^">''=«' W''""'?'' of C. II. IVunn, M. I). vol. I, p. o81.
MALADIES DU SOUnciL KT DIÎS l'Ai l'IKUKS.
l'usage de saehcls conlcnanl, des herbes ai'onuUif|ucs sèehes, telles les fleurs de camomille, de sauge, de romarin, avec un peu de camphre . en poudre ; on les place sur le sourcil de façon qu'ils pendenl sur la paupière. Ces sacs doivent êlre faits avec du vieux linge, et piqués, pour que les herbes restent également distribuées. Quand l'oMlème est périodique et n'a pas de cause a))parente, on se trouve bien de l'application d'un vésicatoire à la nu(iuc. Chez les sujets scrofuleux et débilités, les ferrugineux et les préparations de quiiupiina sont indiqués.
SECTION XXVII
EMPUYSÈME DES PAUPUÏUES.
Le gonflement des paupières, produit par la présence de l'air dans . leur couche celluleuse, peut dépendre soit d'un emphysème général, dù à une lésion des organes de la respiration (en pareil cas, l'air qui i s'échappe des poumons se répand par tout le corps, et s'accumule ' surtout dans les points où le tissu cellulaire estle plus lâche), soit d'une lésion ou d'un état morbide des parois des cavités nasales, qui laisse passer directement l'air de la cavité du nez dans la couche celluleuse des paupières.
Les observations suivantes donneront une idée de cette seconde variété de l'emphysème des paupières (1) :
OIjs 172. — Un jeune homme recul sur le nez un coup violent à la suite duquel il éprouva une douleur assez vive. Quelques lieures après, pendant qu'il se mouciiait avec force il resseulil au nez une sensation particulière qui, montant de chaque cote le long de cet organe se répandit dans les deux paupières. Celles-ci devinrent inimediatemenl si enflées que l'œil en fut complètement couvert. Lorsque le malade fui reçu a I Holel- Dieu les paupières élaient très lendues et luisanles, mais indolcnles et sans aucun changement de couleur à la peau. On y percevait distinctement la crépilation emphysémateuse. On pratiqua une saignée du bras, et des compresses trempées dans une lotion résolutive lurent appliquées sur les parties gonflées. La guérison lut comple e au bout de quatre à cinq jours. M. Dupuylren supposa que la pituilaire avait ele déchirée au niveau de l'union du cartilage latéral avec l'os propre du nez, el que ces deux parties avaient été désunies (2).
Ql^g 473 Un garçon de 16 ans recul, dans une rixe , un coup violent au niveau du sinus frontal droit. Pendant qu'il se mouchait, une heure après, les paupières et es oarties avoisinanles s'enllèrent immédiatement au point de fermer complètement Uu ,
I sentit dit-il, l'air se précipiter avec violence dans ces parties. Lorsqu'il fut admis ai^ G ^'sH spitàl, dans le service de M. Morgan, les paupières étaient très ^l'si^" "^s e si fortement rapprochées, qu'aucun des efforts volontaires du malade ne parvenait a les éca - so • il était ;,ussi fortement houfli, et la couche cellulaire flu. setond d
'or i 'à 'oreille offrait le même état emphysémateux. Les parties " ^ '. ^-^ J
douloureuses à la pression qui y développait une sensation de craquement; elle, n ctaient
(1) M. BK,n..s n ..appo.... un cns .rompl, sùmc dos pa.M.i^;-, -^suluin. .Kun coup de (V- qui avm lésé le sinus fronlal. Clinique des plau-s .1 annes a Ion, 1 >2^ 1 • «Sob
(2) Leçons orales do clinique chirurgicale, par Dt-i'UVinEN, lome I, ].. 12b. Pa. i>,