‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 57 sur 144 · EMPHYSÈME DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

EMPHYSÈME DES PAUPIÈRES

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point décolorées. On supposa qu'il existait une fracture dont le siège était situé un peu au-dessus de l'arcade sourciliùre, dans un point où l'on sentait une légère dépression; mais on n'y percevait point de crépilalion. Le glol)e de l'œil était à l'élat naturel. On pratiqua aux téguments deux petites incisions, à environ un linitiènie de pouce en arrière de l'angle externe du frontal; elles laissèrent échapper l'aii'. Le gonflement disparut au Ijout de "24 heures, laissant l'œil et les parties avoisinanles dans un état d'intégrité parfaite (1).

Obs. 174. — Un homme robuste, âgé de48 ans, fut apporté à l'Hôtel-Dieu sans connaissance, et placé dans une des salles de chirurgie; mais comme il était en proie à une stupeur profonde avec respiration stertoreuse et résolution complète des membres, sans lésion externe apparente, on le transporta dans une des salles de médecine. En l'examinant avec attention , on constata que les mâchoires étaient fortement et convulsivement rapprochées, et que les muscles du cou étaient raides. Le nez ayant été pressé alin d'y intercepter le passage de l'air, la respiration resta suspendue pendant au moins une deniiniinule; puis tout à coup une violente expiration ayant eu lieu, on vit la paupière supérieure se gonfler un peu. L'épreuve ayant été renouvelée, le même résultat se reproduisit; la paupière devint le siège d'un gonflement considérable avec crépitation emphysémateuse. En examinant la paupière, on y découvrit une légère excoriation avec une teinte jaunâtre de la peau; ce qui fil croire à une fracture de la voûte de l'orbile ou de la base du crâne, permettant à l'air des sinus etbmoïdaux et sphénoïdaux de s'échapper dans la paupière lorsqu'on s'opposait à sa sortie par le nez. Les renseignements qu'on obtint apprirent que, douze jours auparavant, il avait été attaqué par plusieurs hommes qui l'avaient frappé sur la face avec un parapluie, et l'avaient laissé sans connaissance dans la rue. Il mourut le second jour après son admission. On découvrit, à l'autopsie, une fracture de la voûte de l'orbite, avec une déchirure du lobe antérieur du cerveau, qui s'étendait jusqu'à la profondeur de huit lignes. La dure-mère était séparée des os dans une grande étendue, mais elle n'était point déchirée. Un des fragments osseux s'étendait jusqu'à la grande échancrure du frontal et communiquait avec les cellules ethmoïdales moyennes, qui contenaient une petite quantité de sang liquide (2).

J'ai rencontré plusieurs cas d'emphysème des paupières à la suite de coups; dans quelques-uns la crépitation était distincte, mais elle ne l'était pas dans d'autres. Dans un cas, la paupière supérieure pendait au-devant de l'œil, comme si elle avait été paralysée. Dans un autre, l'œil était fortement poussé en avant par la présence de l'air dans le tissu aréolaii^e de l'orbite.

Cette ailection peut se développer sans que le malade ait reçu de coup.

Obs. 175.

pières droites atli

Une petite fille scrofuleuse, s'étant mouchée avec force, sentit ses pau- .irées l'une contre l'autre. Le lendemain je les trouvai gonflées mais n'offrant pas de crépilalion. Elle n'avait dans le nez aucune affection apparente, mais souffrait depuis longtemps d'une ophlhalmie scrofuleuse. Le second jour aiirès l'accident, le gonnemenl était moindre: mais lorsque je pressais les paupières, la crépitation emphyscnialeuse y était distincte.

Obs. 176. — Un homme, dont la narine droite était presque obstruée par une distorsion ue la cloison, essaya de la déboucher en souillant par le nez. Tout à coup les paupières iroites furent gonflées par l'introduclion de l'air, et le globe de l'œil devint un peu

L'application de l'eau froide et l'administration d'un laxatif compo-

!i| ^ l"-' l-'inccl, vol. X, p. ôl. Loiulon, I«2G.

(2) Meméiie. Archives générales de médecine, lonieXlN, p. 511. Paris, ISW.

MALADIES DU SOURCIL KT DES l'AUPlÈRES.

sèrent lout k; U*ailcmeiU clans ces deux cas, (|ui ilépendaieiil proliahlenieiil de quelque rupture de la incndjraiie de Schneider.

L'incision pratiquée aux légumenls, comme dans Tobservalion 171 , est un moyen auquel on a aussi recours lorsque les paupières sonUoi-leiniMii distendues dans remphysème général. Elle n est, bien entendu, (ju'uii moyen palliatif; la guérison radicale dépend de celle de la lésion du poumon ou du conduit respiratoire. Même dans les cas de rupture d'une portion des parois nasales, l'évacuation de l'air éj)anché n'est (pi'un moyen palliatif qui ne mérite guère qu'on y ail recours. Tant (jue la consolidation n'a pas eu lieu, l'emphysème est sujet à revenir cha([ne fois que le malade se mouche; il faut donc l'engager à ne pas le faii-e.

SECTION XXIX

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