LÉSIONS TUAI M.VTIQLES DE LA CONJONCTIVE
Lésions
mécaniques.
1. Les plaies par incision tic la conjonclive ne s observent guère que conjoiiilenienl avec celles de la sclérotique. J'en ai cependant vu |)lu8ieui's exeinjjles : dans l'un d'eux, la plaie avait été faite par un morceau de verre Iraiichanl. Elle se guérit rapidement, bien qu elle reslùt béante à un point que je n'aurais pas imaginé.
2. J'ai vu nombre de lois de légères égratignures de l'épitbélium de la cornée, laites par les ongles des doigts des enCants que l'on porte Mirles bras, occasionner une douleur intense avec larmoiemeyt. La personne ainsi blessée éprouve la même sensation que délerminc mil' i)arcelle de sable derrière la paupière supérieure. Le malai.se extrême (pii en résullo est souvent soulagé d'une façon reinar-
I^Tlii!'l«2o' •'""'•""1 dcr Cliirurgic uml ..Augcnl.cilkundc , vol. I, p. 1G3.
MALADIES DE LA CONJONCTIVE
qualilc, en quelques iniuules, par rapplicalion de l'exlraiule l)elladone sur les paupières el le sourcil. Ou applique par-dessus la belladone un linge liuineelé d eau froide. L'épilludiuin se re[)roduil au bout de deux à Irois jours, el Tœil se trouve parlailenienl rétabli.
Les abrasions de la cornée, (jue les épis de blé font éprouver aux moissonneurs pendant la moisson, produisent des eilels semblables, mais beaucoup plus sérieux. Mon exi)érienee personnelle est tout à l'ait i d'accord sur ce point avec celle du professeur Waltber (1), qui établit i que dans le seul district d'isar en Bavière, 50 à 00 yeux sont détruits ^ chaque année par des inllammations qui doivent leur origine à des > lésions de celle façon produites pendant la moisson. Beaucoup des ^ malades ainsi blessés en Écosse sont des femmes, el une grande partie i des accidents graves qui s'ensuivent sont incontestablement dus à la ■ négligence. Les tissus internes de l'œil s'enflamment, la cornée s'infiltre i de pus else rompt, ce qui donne lieu à la formation d'un slapbylônie. Les symptômes ressemblent beaucoup à ceux de ropblhalmie calarrliorhumalismale. On doit recourir aux moyens les plus actifs pour sauver l'œil, employer à la fois les déplélifs, les mercuriaux el la belladone.
5. Un corps étranger, s'il est dur el anguleux, peut traverser la conjonctive sclérolicale el être enfoncé profpndémenl au-dessous d'elle par la force de projection qui l'a lancé dans l'œil, ou s'insinuer graduellement après coup au-dessous de celte membrane par la pression des paupières. On se voit quelquefois obligé, en pareil cas, de soulever avec les pinces à dénis la portion de conjonctive sous laquelle se trouve le corps étranger, el à emporter le tout d'un coup de ciseaux. Si on ne le fait pas. la conjonctive se cicatrise par-dessus le corps étranger et ■ rirrilalion cesse. M. Wardrop (2) rapporte qu'il trouva une fois,, dans un sac clos formé par le tissu cellulaire, el situé contre la sclérotique, un morceau de graine de houx; il avait séjourné là pendant 10 ans, jusqu'à la mort de la personne qui n'en éprouvait pas la moindre incommodité et n'en soupçonnait probablement pas la présence. Le même auteur (5) cite en l'empruntant au Journal de Loder, l'exemple suivant d'un corps étranger qui, après avoir perforé la conjonctive sclérolicale, pénétra jusqu'au centre de la cornée :
911 — Un prêtre viiU demaniler assistance pour une taclie noire située sur la cornée de l'œil droit, el qui génail beaucoup la vision. Deux années auparavant il ajoiu ressenti une légère douleur dans cet œil, el en l'examinant il ava.t remarque si|r J b -in^ au-dessous de la paupière supérieure, une lacbe noire ; n.ais comme a v'^'on ne s l.n 1)^ trouvéegênéeelqueladouleuravaitdisparupromplenienl,iln'availpluspnsgardeat la^
c denl.^Quelque temps après, il s'aperçul que le i.oinl noir ava.l ciiange de place el qu t n on ail mainlenan à l'union de la cornéeavec la sdéroUque. Celle laclie con .nua de n ar c!.er Irèl ïenlemenl, mais d'une manière continue ; elle descendit au-devanl de la cornée el
(1) Mcrkwunlige Heiluns cines Eilen.ug.-s, p. 23. I.«.ul,sbut 1810^
(2) E.ssnys on Ùic Morbid Aiuilomy of Ibe Iluman Eve, vol. I, p. /O. London, IM.i.
(3) Ibid."