‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 85 sur 144 · RELACHEMENT DL SAC LACRYMAL · texte numérisé non relu

RELACHEMENT DL SAC LACRYMAL

Si/n.— Hernia sacci lacrymalis, Beer.

Fig. Von A m mon , llil. Il, lab. VIII, fig. (1.

Le sac lacrymal forme quelquefois saillie hors de sa cavité, sans qu'il ail pour cela subi une grande dilatation (1). On appelle hernie rel état des parties; mais, le plus généralement, cette dénomination s'applique à l'état du sac que je vais décrire.

Symptômes. — Le sac constitue une tumeur de la forme et généralement de la dimension d'une fève , quelquefois cependant plus grande. La couleur des téguments qui le recouvrent n'a point ou n"a que peu changé; il n'y existe pas de douleur, el la tumeur cède plus ou moins facilement sous la pression du doigt. Ces symptômes sont suffisamment caractéristiques pour permettre de distinguer le rclôcheiiienl (lu sac du mucocèle.

Lorsque l'on comprime le sac en état de relâchement, son contenu s'échap|)esoit par les points lacrymaux, soit par le canal nasal, selon

H) Archives gunéralfs di- iiu-iIih iiu', I. XX, p. î)78, Paris, 1829.

MALADIIÎS DKS OIKiANES KXtUÉTElIRS DES LARMES.

la (lirccliondc la pression. Qiiol(|iicl'()is(;ep(Mi(laiil le sac ne peul se vider i que par en bas, par le canal nasal. Le liquide est ordinairement Iransparenl, ou n'odin; (pnine légère sirie de matière lilanehàtre ; mais d'au-^ 1res l'ois il est rendu tout à lait jaune et opa(|ue par rexislenee d'une » Ijlennorrhée. Loi-sipiOn vient d'évacuer le sac, la tumeur a presque» con\|)létemenl disparu, mais la peau qui le recouvrait reste plissécM el ridée, et bientôt il se distend de nouveau. Si le li(piide, au lieu dee consister dans un mélange nornuil de mucus el de larmes, contient des stries blancbàtres, ou s'il est entièrement formé de malière calarrliale, on éprouve une sensation d'élasticité après l'évacuation du sac, et ih reste un certain gonllement dû à la tuméfaction de la nuKiueuse.

Le sac à l'état de relâcbemeut a perdu sa contractililé naturelle. La partie du muscle orbiculaire des paupières qui le recouvre, et qui a en partie pour fonction de le vider lorsqu'il est renq)li , ayant été altérée par l'extension continue qu'elle a supportée pendant longlenq)s, a perdu la faculté de se contracter à un degré sullisaut; elle se trouve dans le même état que les muscles de l'abdomen, après qu'on vient d'évacuer le liquide d'une ascite. Le malade se trouve par conséquent obligé de faire avec le doigt ce que les parties devraient exéculer d ellesmémes. Il faut qu'il vide le sac plusieurs fois par jour en le comprimant, beurcux s'il peul réussir à l'évacuer constamment par la voie naturelle, le canal nasal, el s'il ne fait pas refluer le liquide par les canaux lacrymaux.

La cause générale du relâchement du sac est son excès de distension par du mucus puriforme, état qui se manifeste pendant le cours d'une dacryocystite négligée. Quelquefois, ainsi que nous l'avons déjà dit, la blennorrhée n'a pas cessé, ou elle a reparu. Le plus souvent, la blennorrhée a disparu , laissant après elle le relâchement du sac, et une sécrétion exagérée de mucus normal. On a donc, en pareil cas, à diminuer celte sécrétion et à rendre à la partie antérieure du sac, à l'orbiculaire, et aux téguments, leur cohésion et leur élasticité naturelles, afin quils puissent reprendre leur importante fonction qui consiste à faire passer le contenu du sac à travers le canal nasal.

Pronostic. — On doit prévenir le malade que la cure sera longue et exigera de sa pari beaucoup d'attention.

• Traitement. — Il consiste dans l'emploi de deux moyens distincts, qui, mis en usage séparément, sont sujets à échouer, ainsi que. démontre le témoignage de Pellier (1) et d'autres chirurgiens.

Le premier consiste dans la compression du sac. Je ferai observer ici que cette affection est la seule dans laquelle la compression du sac puisse être utile. Dans toute autre maladie de cet organe, elle produirait des elTets fâcheux. Cette compression doit être appliquée avec soin,

(1) PoTT. Observations on Ihe Fislula Lacrymalis, Works, v. I, p. m. >-o'"lj;"' DE QuENGSY. Cours d'opéralions sur la chirurgie des yeux, l.ll, p. 270. Pans, l/l>0

UELACIIEMENT DU SAC l.ACnY.MAI.. ''^ '

^tre ncnnanenle cl augnuMilée gnuluelleuicnl. On a ii.vonlo pour cela L machines, mais aucune ne remplit exaclenuml ces condilu.ns. On ne neut à Taide du compresseur de Siu.rp ou de Petil, mslrunienls Sont nous devons la première idée à Ilieronymus l^ahr.cius, oblen.r une compression régulière cl graducllcnuml cro.ssanle; la surlacc comprimanlc se dérange à la nu)indre occasion, surloul pendanl la nuit et la présence d'un semblable appareil empêche le nuilade de se livrer à ses occupations ordinaires. On doit donc leur prélérer des compresses graduées. Garangeot recommande au chirurgien de mâcher un morceau de papier brun et de l'appliquer dircclemcnl sur la peau. Il comprimera, dit-il, le sac cxactemenl, cl à mesure qu il se séchera, il se moulera de lui-même sur la partie, de sorte que la compression sera toujours la même (1). On place par-dessus les compresses un coussin de cuir terme d'une forme convenable, et Ton maintient le tout à l'aide d'une bande étroite qu'on roule autour de la téle. De celte laçon, la pression s'exerce exactement sur la partie sur laquelle il importe d'agir; on peut l'augmenter tous les jours, et quelle que soit lagilation à laquelle se livre le malade, le coussin de cuir ne peut glisser. Cet appareil ne s'oppose point à ce que le malade se livre à ses occupations, même quand il doit pour cela sortir de chez lui.

[Nous donnons ci-après la description d'un petit appareil destiné à exercer sur la tumeur lacrymale 'une compression directe, présenté en 1854 à l'Académie de médecine de Paris, par M. Bonnalont : cet appareil est composé d'un frontal d'acier poli de 5 centimètres de large et 15 centimètres de long, garni à sa face interne d'un coussinet de peau de chamois. La face externe présente dans toute sa longueur un coulisseau destiné à recevoir une tige verticale qu'on peut faire glisser à droite et à gauche, selon l'œil allecté. Cette tige, qui peut ainsi se transporter d'un côté à l'autre, peut aussi monter et descendre pour mettre le compresseur au niveau du point que l'on veut comprimer. La lige compresseur, longue de 5 centimètres environ, porte à l'une de ses extrémités une petite olive creuse de caoutchouc, tandis que l'autre s'engage dans une mortaise de l'extrémité inférieure de la tige verticale, et présente un pas de vis reçu dans un écrou arrondi, lequel permet de modérer à volonté la compression. L'instrument est tenu en place au moyen d'une courroie élastique fixée par une boucle à la partie postérieure de la tète. T. W. ]

Le second moyen de traitement consiste dans l'application de quelque licpiide astringent à la surface externe de la tumeur et à la surface interne du sac. On peut recommander pour cela un grand nombre de substances astringentes, telles qu'une solution d'alun, une infusion d'écorce de chêne, etc. On doit humecter deux ou trois fois par jour

(I) Trailc des opérations de chirurgie, l. 111, (i. 78. Paris, 1731.

MAI.ADIKS l)i;S ()Iu;AM;S KXCKKTiainS DES LARMES.

les ('om|)i'csscs graduées avec le liquide aslringcnl dont on ;iuia l'ait, choix. On l'ail londicr éi^alcmciit quelques gouttes du même liquide» dans le lac lacr)uial el ou \ y laisse absorber par les points lacrymaux J'ai vu ces moyens échouer, (|uoi((u'on eùl apporté U' plus grand soin dans leur emploi. I n médecin qui vinl me consulter pour un relâchement du sac, trouvait la compression plus nuisible (|u'utile. Il se louait • au eontraii-e beaucoup de l'usage de la décoction d'écorce de chèiie instillée dans le sac lacrymal, el employée en lotion. La maladie s'était déclarée sans blennorrhée antécédente, simplement par raccuinulalioii des larmes et du mucus dans le sac. La blennorrhée était sursenue consécutivement. Si le malade allait se coucher avec le .sac plein, il le trouvait vide le matin. L'usage d'un stylet fut ce qui procura h; plus de soulagement à ce malade. Dans un autre cas, une ouverture listuleuse qui avait persisté après qu'on eut cessé l'emploi d'un stylet, fournissait au malade le moyen de vider le sac, une ou deux l'ois par jour, d'une grande quantité de mucus sain. On pourrait, en pareille circonstance, ouvrir le sac à l'aide d'une incision faite aux téguments, et en retrancher une portion avec des ciseaux, opération à laquelle on a quelquefois recours contre le mucocèle.

SECTION VIH.

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