‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 86 sur 144 · ML'COCÈLE DIT SAC LACRYMAL · texte numérisé non relu

ML'COCÈLE DIT SAC LACRYMAL

Sijti. — llydrops sacei laerymalis, Beer. Varix sacri laci'ymalis, Schmidt. L'ig. Von Animon, llil. II, liib. VIII, lig. 18.

Sijmplànies. — Celle maladie présente au début la forme oblongue du sac ; la tumeur qu'elle constitue s'accroit lentement, et je l'ai vue atteindre sans se rompre la dimension d'un œuf de pigeon. Quelquefois la tumeur étant en partie divisée à sa partie moyenne par une dépression, parait double. Les téguments qui recouvrent la tumeur finissent par prendre une couleur livide. Le mucocèle est souvent si dur qu'il cède à peine à la pression du doigt. D'autres fois, il est mou et élasli- (|ue. Mais qu'il soit dur ou mol au toucher, aucune pression n'est capable d'évacuer, soit par les points lacrymaux, soit par la narine, le mucus qui, dans cette alfection, est versé dans le sac. Le mucocèle peut acquérir une dimension considérable, qu'il conserve plusieurs années sans occasionner de douleur; l'œil, pendant ce temps, est larmoyant, la narine sèche, el le volume el l'aspect de la tumeur déterminent une difformité considérable. Ce n'est que lorsque la distension du sac a dépassé les plus extrêmes limites, el qu'il menace de se rompre, que la maladie s'accompagne d'une sensation de tension douloureuse. A celte épo(iuc, le volume de la tumeur ne permet plus au

MLCOCÉLE DU SAC LACllYMAL.

malade crouM'ir les paupières, si ec n'est à demi. La paupière inférieure surtout est distendue et lait saillie vers le nez. Le sac est aussi lorlement disteiulu à rinlérieur de l'orbite.

Lorsqu'on explore un nuu'ocèlc, on n'y perçoit qu'une fluctualion douteuse, et même souvent on n'y en perçoit pas. Cela dépend de l'étal du mucus accumulé, qui peut être complètement liquide ou avoir acquis une consistance glutineuse. Dans le premier cas, on perçoit une fluctuation peu distincte ; la lumeur est encore un peu élastique et n'excède pas les dimensions d'une lève. Dans le second cas, la coloration des téguments est livide, comme celle d'une veine variqueuse; le mucocèle parait dur comme une pierre et ne présente pas le plus lé^er degré de fluctuation, tandis que la lumeur est déjà assez volumineuse pour s'élever au-dessus de la caroncule lacrymale.

La couleur livide que présentent souvent les téguments dans le mucocèle a porté quelques auteurs à le décrire sous le nom de m/-/ce ilH sac lacvijmaU d'un autre cùlé, la dureté el les dimensions de la lumeur, jointes à sa coloration , ont quelquefois déterminé l'ablation (lu sac, dans la croyance qu'il s'agissait d'une tumeur carcinomateuse.

Causes. — Le mucocèle est la conséquence de l'obstruction des canaux lacrymaux et du canal nasal. Quelquefois il est dû à un rélrécissement congénital de l'extrémité inférieure du canal nasal, combiné ou non avec une déviation de ce canal dans la narine. En pareil cas, la muqueuse de la surface interne du sac sécrète du mucus comme à l'ordinaire ; mais, comme il ne peut être dilué par les larmes, évacué dans le nez, ni complètement résorbé par la membrane qui l'a sécrété, il s'accumule et forme la tumeur dont nous nous occupons.

Traitement. — On doit enfoncer la lancette dans la^partie la plus sâillante de la tumeur. La plaie demande quelquefois à' être agrandie on haut el en bas, dans le sens de la longueur du sac, tant pour que son contenu puisse être évacué, que pour que l'on puisse procéder aux iuUres parties du traitement ; néanmoins, le plus souvent, une simple ponction avec la lancette sulTit. Il faut dans cette opération, comme dans toutes celles qui se pratiquent sur le sac, éviter de diviser le lendon de l'orbiculaire des paupières. Néanmoins, les inconvénients qui résultent de cette section sont beaucoup moins considérables qu'on pourrait le supposer; car, après la guérison de la plaie, les paupières oonscrvenl leur position normale, et le muscle continue d'exécuter ses loiictions. Ce résultat est dû, en partie à la présence de la couche ligamenteuse qui est située au-dessous du muscle et maintient les paupières; en partie aussi, ainsi que l'a fait remarquer Sharp (1), à la cicatrice solide qui s'établit lorsque la guérison esl complète. En ! divisant le tendon, néanmoins, on court le risque de couper en travers

(1) Treaiiseof the Opcralions of Surgc-ry. p. 181. l.oiulon. 17.')8.

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les canaux lacrymaux, ce qui occasioniierail pi'ohahleinciil un lannoie-t 1 inenl incurable. I

Si le mucus est li(jui(ie, ou si, comme cela arrive (|uel<|uerois, le sac 1 esl rempli d'un pus lelide et épais, il s'en échappe une pelile portion il au moment de l'incision. On doit faire sortir le reste à laide d'uneitl petite seringue introduite dans la plaie, et qui sert à pratiquer de nom-uil breuses injections. Si le mucus est complètement é|)ais, on l'enlève à || l'aide d'une petite pince inti'oduite autant de l'ois (|ue cela est néce.s-v| saire ; après quoi on lave bien le sac. 1

On l'ait passer alors, à travers le sac, une sonde ordinaire danslali direction du canal nasal ; ou bien l'on peut se dispenser pour le monienlut de celte exploration et se borner à placer entre les lèvres d(! la |)laieuii > peu de charpie douce, qu'on recouvre d'un morceau de laU'etas d'An-i iîlelcrre. Le lendemain, on procède à l'examen des canaux lacrymaux et ' du canal nasal, et une l'ois que l'on s'est bien assuré des causes du mu-ii cocèle, on leur oppose un traitement approprié. I

Lorsque le mucocèlè est considérable, on peut commencer par mettre * le sac à nu, puis en enlever une poi-tion avec des ciseaux.

SECTION IX

RELACHEMENT DES POINTS ET DES CANALX LACRY.MAL'X.

On rencontre des cas dans lesquels les points et les canaux lacry- ■'■ maux sont dans un étal de relâchement qui s'accompagne d'atonie de » l'orbiculaire, el probablement du tenseur du cartilage tarse; il en ré-i suite un larmoiement ou slillicidium lacrymanun , symptôme qui i dépend toujours de quelque défectuosité dans l'absorption et le trans- ■ port des larmes de l'œil au nez, el qu'on doit par conséquent soigneusement distinguer de l'exagération de la sécrétion lacrymale ou » epiphora.

Symptômes. — Les points lacrymaux sont largement béants; les canaux sont dilatés, et ont perdu leur contractibilité de tissu ella faculté d'absorber. Il eu résulte que les larmes s'accumulent constamment le long de la paupière iuférieure vers l'angle interne, rendent la * vision confuse, et obligent le malade à les absterger constamment avec i son mouchoir. La quantité de larmes qui coulent sur la joue n'est pas > considérable ; elles s'échappent une à une, à de certains intervalles, cl seulement de l'angle interne de l'œil. La narine qui correspond au côté affecté est sèche, attendu que les liquides qui se rassemblent dans le lac i lacrymal n'y parviennent que peu ou pas du tout, el qu'ils doivent passer r dans le sac pour s'y mêler avec le mucus qu'il sécrète et s'échapper dans le nez. Il n'y a ni tumeur ni blennorrhée du sac. Lorsqu'on injecle f

«ENVEnSEMKNT EN DEIIOUS DES POINTS LACUYMAl'X. 41 0

„M peu d'oau avec la serii)2;ue d'Anel, le li(|iiidc s'écoule dans le nez, el ,|c là dans la gori^e, ce (\m dcnionlre (juc le sac lacrymal cl le canal nasal sonl sains.' En ellet , robslruclion n'cxisle nulle part , il n'y a qu'un manque d'action.

Causes. — Les causes de ce larmoiement aloni(jue sonl variables. i;inllammalion érysipélateuse des paupières et ro|)lilhalmie |)uro-mii- (pieuse de longue, durée, ainsi que les oplitlialmies produites par la petite vérole el la rougeole, sonl sujelles à amener cet élal des parties. L'usage i)eu judicieux de la sonde el de la seringue d'Anel, dans le Iraileinent de la dacryocyslile chronique, constitue une autre cause. Sehniidl rapporte deux cas observés par lui, dans lesquels les papilles lacrymales avaient été fendues dans toute leur longueur par l'introduction réitérée de ces inslrumenls.

SECTION X

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